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112 episodes
Language
FrenchPublisher
France TélévisionsExplicit
No
Date created
2019/02/21
Latest episode
2024/02/24
Average duration
11 min.
Release period
2 days
Description
Tous les matins, le journaliste Thomas Sotto, du lundi au jeudi, et ses confrères, Jeff Wittenberg ou Guillaume Daret, le vendredi, interviewent en direct pendant dix minutes une personnalité de la vie politique, sociale, économique ou culturelle, sur l'actualité du jour. Un entretien quotidien, inclus dans l'émission Télématin, sur France 2.
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Arnaud Rousseau - 24 février 2024
2024/02/24
Le salon de l’agriculture débute ce samedi 24 février 2024. Comme le veut la tradition, Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, et invité de l’édition spéciale des 4 vérités en direct du salon de l’agriculture, ira accueillir le président de la République. Malgré les vives tensions suite aux mesures qui n’ont pas convaincu les terriens de France, le chef de l’État a maintenu sa visite. Un grand débat était prévu avec les protagonistes du monde agricole, mais il a finalement été annulé. Arnaud Rousseau indique qu’au vu de ce qui avait été proposé par les représentants de l’État et de ce qui était voulu par les agriculteurs, le décalage était si grand qu’ils ne souhaitaient, de toute manière, pas prendre part à cette conversation.
La politique de la chaise vide n’aurait-elle pas été la bonne méthode pour montrer son mécontentement ? L’agriculteur ne le pense pas. Il a toujours, indique-t-il, favorisé le dialogue. « C’est notre rôle [à lui et à la FNSEA, NDLR] d’être un corps intermédiaire et de parler avec les pouvoirs publics ». Mais ce qui est attendu par les agriculteurs, maintenant, sont des « décisions concrètes »
L’exploitant agricole céréalier indique que si tant de difficultés de trouver un terrain d’entente demeurent aujourd’hui, c’est parce que le sujet de la « juste rémunération » et celle des difficultés des agriculteurs « revient de très loin. »
Ce que les paysans réclament concrètement ? Donner du sens à leur métier, revoir le sujet du juste revenu et changer le rôle de la production, entre autres. Selon Arnaud Rousseau, malgré ses annonces, Gabriel Attal n’est pas proactif et continue de laisser passer des lois qu’ils était censé juguler. Par exemple, celle sur les céréales ukrainiennes, qui vont pouvoir continuer d’être importées sans taxes.
La FNSEA veut que l'agriculture soit reconnue comme d'intérêt général majeur
Le syndicaliste tempère néanmoins, et parle de mesures de simplification du premier ministre qui « vont dans le bon sens », comme celle qui va protéger les éleveurs contre les plaintes pour nuisances sonores et olfactives qui devrait être mise en place très prochainement.
D’autres efforts sont encore à faire. « Par exemple, on veut que dans la loi, l’agriculture soit reconnu comme d’intérêt général majeur », martèle l’exploitant, rappelant les mots mêmes de Gabriel Attal, qui, lors de son discours successif aux blocages et aux manifestations, avait lui-même dit que l’agriculture était « au dessus de tout ».
Vendredi 23 février 2024, les principaux patrons de la grande distributeur, dont E. Leclerc, Carrefour, et Intermarché, ont appelé à étendre les obligations d’Égalim aux acteurs de la restauration hors-foyer ainsi qu’aux grossistes industriels. Arnaud Rousseau est d’accord. «Nous sommes conscients que 40 à 50% de la consommation de nos produits se fait en grand surface (…) mais ils ont en tout cas raison d’écrire qu’une partie importante se fait aussi dans la restauration hors du foyer (…) et il faut évidemment traiter ce sujet. » Comment ? En faisant en sorte que la matière première agricole soit « justement rémunérée », justement.
Pour l’instant, l’opinion publique soutient massivement les agriculteurs. Mais Arnaud Rousseau et les syndicats ne craignent-ils pas un basculement ? Ils se disent prêts à supporter l’agriculture envers et contre tout et assurent que le but est de « continuer à produire pour nourrir les français ». Ils sont conscients qu’il y a encore des progrès à faire, mais souhaitent les faire dans un cadre qui « respecte les biens et les personnes. »
Pascal Canfin - 23 février 2024
2024/02/23
Christophe Béchu - 22 février 2024
2024/02/22
Le jeudi 22 février 2024, Christophe Béchu, le ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires en France était au micro d'Anne Bourse dans Les 4 Vérités sur Télématin. Il s’est d’abord exprimé au sujet de la crise agricole. Pour Christophe Béchu, le dialogue est bel et bien présent entre le gouvernement et les agriculteurs. Il a dit avoir entendu le ras-le-bol par rapport aux empilements normatifs, à la baisse de revenus et aux intérêts divergents avec la grande distribution. Mais il souligne les avancements qui ont été faits depuis le début de la crise : « pas moins de 62 chantiers qui ont été ouverts, et 32 déjà refermés car les résultats ont été obtenus ».
Alors que le salon de l'Agriculture va bientôt ouvrir ses portes, un moment que Christophe Béchu considère comme un événement qui va permettre à « la grande famille de l'Agriculture de se retrouver », il réaffirme avoir entendu les attentes des agriculteurs et être en train de mettre en place des actions en ce sens. « Quand je vais sortir de ce plateau, j'ai précisément rendez-vous avec des organisations agricoles sur une partie des chantiers qui dépend de mon Ministère », a-t-il expliqué. Concernant la visite du président de la République, prévue le samedi 22 février 2024, elle laissera la place au dialogue selon son ministre, qui a rappelé au sujet de son président « qu'il prend toujours le temps de discuter avec les agriculteurs ».
Enfin, Christophe Béchu a réaffirmé la compatibilité avec les enjeux environnementaux. Selon lui, l'écologie ne doit pas s'opposer à l'écologie. « Si à la fin une règle aboutit à ce qu'on s'éloigne de l'objectif, on a droit de s'interroger sur la pertinence de la règle » ,a-t-il commenté au sujet des haies, initialement censées préserver la biodiversité, mais qui ont finalement diminué de 20.000 km chaque année à cause de normes complexes. Cependant, Christophe Béchu précise que des lignes rouges subsisteront tout de même sur certaines règles, notamment celles sur la santé. Et selon lui, une entente européenne ne nuira pas à cet objectif. « Que l'on résonne en européen sur un sujet de santé et agricole, non seulement ce n'est pas absurde, mais c'est même assez logique », a expliqué le ministre de la Transition écologique concernant les pesticides. Une question de santé qui soulève deux débats : l'un sur la quantité de pesticides utilisée, l'autre sur leur dangerosité.
Une tête de liste pour la majorité aux les élections européennes ?
Concernant les élections européennes, le premier meeting de campagne de la majorité aura lieu le 9 mars prochain. D'ici là, aucune annonce de la tête de liste. « Mon travail au sein du gouvernement n'est pas de désigner la tête de liste. Ça c'est la responsabilité du président de la République », a commenté Christophe Béchu tout en réaffirmant son soutien à l'Europe dans un contexte international tendu.
Grégory Doucet - 21 février 2024
2024/02/21
La cérémonie d’entrée au Panthéon de Missak Manouchian aura lieu ce mercredi 21 février 2024 en fin d’après-midi. Il y a 80 ans, le résistant et poète était fusillé au Mont Valérien. Grégory Doucet, maire (EELV) de Lyon et invité des 4 vérités, sera bien présent à cette cérémonie. Pour Lyon, précise-t-il, la résistance « signifie énormément ». De Gaulle l’avait d’ailleurs qualifié de "ville de la résistance". » La cité des Gones est aussi « l’un des symboles de la république, et de la défense de [ses] valeurs ». Le maire a donc la responsabilité d’un passeur de mémoire.
Missak Maouchian, qui avait échappé au génocide arménien, est aussi le symbole de cette union entre les deux pays. La France, rappelle également le maire, a une grande histoire avec l’Arménie, qui a été une terre d’accueil à l’époque de la Seconde Guerre mondiale. Une fois encore, le maire insiste sur "l’importance que les deux collectivités [Paris et la Métropole de Lyon, NDlR] accordent au travail de mémoire autour du génocide des Arméniens ».
Malgré les réserves du chef de l’État, Marine Le Pen sera bien présente à l’hommage à Missak Manouchian. L’homme politique considère qu’il n’est pas le jour à polémiquer, mais espère que les gens qui seront présents « auront à cœur d’honorer la mémoire [du résistant]. Le sujet aujourd’hui, c’est lui. »
Cet hommage est-il l’occasion de réconcilier résistants communistes et gaullistes, souvent opposés ? L’homme politique rappelle que les deux partis formaient une alliance contre Vichy lors de la résistance, avec, comme « grand unificateur », Jean Moulin.
Pour Grégory Doucet, l’Europe est « le bon échelon » pour parler du dérèglement du climat
Les élections européennes auront lieu du 6 au 9 juin 2024, soit dans un peu plus de trois mois. Le parti Europe Écologie les Verts est autour de 8% des intentions de vote. L’enjeu de cette élection est de réaffirmer l’« attachement [du parti] au projet Européen ». Le diplômé de l’ESC Rouen parle d’élections qui seront « sans doute les plus importantes depuis le début de ce siècle ». L’Europe est « le bon échelon pour traiter du dérèglement du climat », martèle-t-il.
À la suite des blocages et manifestations des agriculteurs qui ont lieu début février, le Gouvernement, par le biais de Gabriel Attal, a présenté un lot de mesures pour montrer son soutien à « ceux qui nourrissent la France ». Des mesures qui n’ont « pas réussi à répondre aux attentes des agriculteurs et agricultrices », juge Grégory Doucet. La différence de normes au sein même de l’Europe, la difficulté de l’accès au foncier, restent parmi les difficultés que les suscités vivent toujours. Pour ceux qu’il est « allé rencontrer », «il faut des règles communes à toutes et à tous », pour éviter notamment la distorsion de concurrence.
En France, la crise du logement connaît actuellement une ampleur inédite depuis plus de 30 ans. Le Gouvernement a proposé plusieurs solutions pour redynamiser ce secteur, parmi lesquelles une construction doublée de logements inédits. En tant que maire et donc, en tant que personne en première ligne, Grégory Doucet confirme qu’il « faut agir sur le logement », et notamment sur le logement social. Il parle de signaux « incompréhensibles » envoyés par le Gouvernement, qui dit vouloir porter de l’intérêt aux classes moyennes mais qui en fait les premières victimes de cette crise.
Arnaud Rousseau - 20 février 2024
2024/02/20
Du 24 février au 3 mars prochain se tiendra le Salon de l’Agriculture, à Paris. Un événement annuel festif qui permet aux agriculteurs et éleveurs français de mettre en avant leur filière et leurs produits. Mais cette nouvelle édition risque d’être ombragée par la colère des acteurs de l'agro industrie qui gronde depuis l’automne. Si les manifestations et blocages de routes se sont effectivement calmés depuis fin janvier, ce ne veut pas dire que les revendications se sont également tues. Le président de la République, ainsi que les représentants des différents partis politiques, profiteront de l’opportunité de leur habituelle visite pour s’exprimer sur la situation des agriculteurs en France. Si les annonces d’Emmanuel Macron sont attendues avec impatience par un corps paysan en manque de réponses de la part du gouvernement face à son militantisme, risque-t-on de voir une reprise politique de la conférence agricole la plus importante de l’année ?
Invité des 4 vérités ce matin, Arnaud Rousseau est exploitant céréalier et président de la FNSEA. Il ne connaît que trop bien la colère de ses confrères et consœurs, et les prescriptions antithétiques qui pèsent sur leurs épaules. Au micro d’Anne Bourse, il dénonce l’impasse dans laquelle ils se trouvent, entre une volonté d’assurer une transition écologique dans leur secteur pour aller vers plus de souveraineté alimentaire, et l’absence de financement de la part du gouvernement pour aider les producteurs dans ce changement de leur activité.
Face à ces contradictions et aux mobilisations des agriculteurs qui se poursuivent, quoique en plus petite quantité, le syndicaliste salue l’opportunité qu’il a eu d’échanger avec les ministres de l’agriculture la veille, et l’invitation qu’il a reçue de l’Élysée pour s’entretenir avec le Président à quelques jours du Salon de l’Agriculture. Des pourparlers qui vont, selon lui, dans le bon sens, et annoncent un apaisement des relations entre les politiques et les agriculteurs. Il attend malgré tout avec impatience les réponses présidentielles lors de sa visite au Salon, considérant caduque le dernier grand discours d’Emmanuel Macron au sujet de l’agriculture à Rungis au du début de son premier quinquennat. Il espère que le Président saura rectifier le tir, et « apporter des décisions très concrètes qui changent la vie dans [les] exploitations agricoles ».
Vers l’agriculture de demain
Si Arnaud Rousseau estime que le monde agricole « ne peut plus attendre », c’est parce qu’il est bien conscient des enjeux climatiques urgents, de l’importance d’assurer une transition écologique, et de la place centrale qu’occupe l’agriculture dans l’équation. S’il préfère éviter de faire du Salon de l’Agriculture un rendez-vous politique, il réitère la fermeté qu’il entend avoir avec les politiques qu’il y croisera pour avoir des réponses et un positionnement clairs de leur part face aux revendications des agriculteurs. Il martèle l’importance de soutenir la filière française et d’éviter la mise en concurrence des agriculteurs du monde entre eux. Il rappelle qu’un « tiers de notre alimentation est importée » et qu’il faut encourager la consommation locale. Il veut répondre aux envies des Français de consommer de meilleure qualité, et que ce ne peut être exaucé que lorsque le gouvernement mettra en place des régulations sur l’importation de produits étrangers, qui ne respectent « ni nos normes ni nos standards ».
Comment penser une agriculture de demain, plus respectueuse de l’environnement et de la santé des consommateurs ? Pour Arnaud Rousseau, le « green deal » européen n’est pas la solution, car il ne permet pas plus de financements vers le secteur agricole pour assurer sa mutation. Il s’agit dans un premier temps, pour lui, de permettre aux agriculteurs de mieux vivre de
Thomas Cazenave - 19 février 2024
2024/02/19
Le couperet est tombé. Bruno Le Maire a annoncé une vaste politique de restrictions budgétaires avec 10 milliards d’euros d’économie. Alors que le trésor public est dans le rouge depuis plusieurs années, creusant dangereusement la dette, l’économie est en berne. Et ce à cause d’un ralentissement de la croissance dans le monde provoqué par des tensions géopolitiques qui persistent. La guerre en Ukraine à laquelle s’ajoute le conflit au Hamas et la baisse de productivité en Chine creusent les incertitudes. Si la France « résiste », ce n’est pas le cas de nos homologues européens à l’instar de l’Allemagne qui est rentrée en récession l’année dernière. Pourtant, le gouvernement Macron s’est obstiné à conserver un taux de 1,4% malgré les préconisations du Fonds monétaire international et l’OCDE, jouant un peu plus d’imprudence. Doit-on s’attendre à de nouvelles coupes dans le budget ? Thomas Cazenave, ministre délégué aux Comptes publics se veut rassurant : « Notre objectif avec Bruno Le Maire c’est redresser les comptes publics et réduire le déficit public. C’est un enjeu de justice. Ne pas laisser à nos enfants et nos petits-enfants financer nos dépenses. Et c’est un enjeu de souveraineté pour maîtriser notre destin » explique notre invité sur le plateau des 4 vérités ce lundi 19 février 2024.
Ces 10 milliards d’euros concernent l’État et plus précisément les ministères. Sur le papier, cela implique une baisse des dépenses de fonctionnement de l’État pour réduire la dépense ce qui devrait représenter 750 millions d’euros d’économie sur les achats. Le ministre délégué aux Comptes publics prévoit également de réduire les surfaces de bureau de près de 25% d’ici 2030 et les déplacements des agents publics à hauteur de 20%. « On peut bâtir un État plus sobre. C’est normal que l’État s’applique a lui-même cette exigence de baisse de la dépense donc d’une certaine manière de bonne gestion » soutient l’ancien député girondin. Et pour rectifier la note publique, ce dernier ne lésine pas sur les moyens : « Il y a aura 700 millions d’euros sur les dépenses de personnel dès l’année prochaine. Ça peut vouloir dire des recrutements qui seront décalés dans le temps. Nous prenons nos responsabilités parce que sans attendre nous souhaitons agir et baisser la dépense publique. Ce sont des dépenses de fonctionnement mais c’est aussi un certain nombre de projets qu’on peut reporter […] c’est le cas du compte personnel formation, de MaPrimeRevov » poursuit-il.
Initialement programmée sur leur feuille de route, la rénovation énergétique du bâtiment n’est plus à l’ordre du jour. En effet, le gouvernement a annoncé vouloir simplifier les diagnostics de performance énergétique et prolonger les délais pour les propriétaires. Avec un milliard d’euros de mois dans l’enveloppe prévue à cet effet, les 200 000 rénovations globales sont-elles toujours d’actualité ? « Aujourd’hui, on révise le budget que l’on va consacrer à MaPrimeRenov. Il va continuer à augmenter mais de manière moins importante d’abord parce qu’on doit faire des économies et d’autre part parce que Christophe Béchu a entrepris une révision du diagnostic de performance énergétique qui peut changer le nombre global de logements » explique notre invité. Un sacrifice supplémentaire au détriment de la transition écologique. Autre changement qui risque de faire grincer des dents le contribuable : le CPF. Longtemps envisagé, le gouvernement a finalement décidé de demander une participation à ceux qui en bénéficient. Autant de mesures pour permettre au gouvernement de maintenir le cap et de tenir ses objectifs de 3% de déficit pour 2027.
Élection : la bataille des européennes
Le Rassemblement National a annoncé l’arrivée sur sa liste de l’ancien patron de l’age
Anne Nivat - 17 février 2024
2024/02/17
C’était l’ennemi public en Russie… Alexeï Navalny s’est éteint à l’âge de 47 ans, dans une prison de l’Arctique « dans des conditions extrêmement mystérieuses ». Le principal opposant politique de Vladimir Poutine avait passé 1124 jours derrière les barreaux. Un décès prématuré qui questionne le grand reporter de guerre qu’est Anne Nivat. Pour la journaliste, ce drame marque une rupture : « C’est la fin d’une époque. C’est à dire qu’il y aura un avant et un après Alexeï Navalny […] il a complètement modernisé, transformé la façon d’être un homme politique en Russie et un homme politique d’opposition » explique notre invitée. Pour faire tomber le gouvernement Poutine, cet avocat russe n’a pas hésité à faire campagne dans la rue dans plus de 40 départements et à utiliser les réseaux sociaux pour prôner ce qu’il appelait « le vote intelligent ». Empêché de se présenter à la dernière élection présidentielle en tant que candidat, ce dernier avait appelé ses compatriotes à porter leurs voix sur les adversaires de Poutine, quels qu’ils soient.
En parallèle, ce dernier avait initié les débats sur la politique intérieure depuis le début de la guerre en Ukraine. Malgré la violence du gouvernement à son égard et une tentative d’empoisonnement, le fondateur de la Fondation anti-corruption ne désertera jamais le pays. Soutenu par son épouse, peut-elle prendre sa succession en jouant à son tour un rôle d’opposante ? Jugée plus radicale que son mari, cette dernière devrait poursuivre le combat. Elle était d’ailleurs à Munich pour animer une conférence sur la sécurité à laquelle participaient des Européens et des Américains. Et Yulia Navalnaya n’a pas hésité à rappeler la responsabilité de Vladimir Poutine dans la mort de son époux. « Il est extrêmement difficile aujourd’hui de s’opposer à Vladimir Poutine. Encore plus depuis la guerre qui a tout changé. Depuis qu’il est au pouvoir c'est-à-dire depuis plus de 20 ans, on a eu le droit à une évolution vers toujours davantage de restrictions du point de vue de l’expression politique. Mais aujourd’hui, ça dépasse l’entendement » alerte Anne Nivat. Soumis au silence dans un climat de terreur, aucun Russe ne pourrait prendre la parole sans s’attirer les foudres du gouvernement et se voir jeter en prison pour de nombreuses années. « Les gens se taisent mais ça ne veut pas dire qu’ils n’en pensent pas moins. Ils n’ont plus le droit de parler. C’est volontaire, on les empêche de parler » poursuit-elle. Depuis l’annonce de la mort de Navalny, quelques centaines de militants ont osé déposé une rose en son honneur « mais ce ne sont pas des manifestations ».
Mort de Navalny : la réponse des occidentaux
Alors que le décès d’Alexeï Navalny accuse une tempête médiatique, quelle doit être la réaction des occidentaux ? Certains estiment qu’il faille prendre de nouvelles mesures, de nouvelles sanctions contre la Russie. Outre-Atlantique, Joe Biden a réagi à cette annonce bouleversante. Le président américain a immédiatement pointé du doigt Vladimir Poutine bien qu’il n’est pas clairement parlé d’assassinat. Et même cette grande puissance demeure impuissante face à l’oppression russe. De son côté, Emmanuel Macron s’est livré à une charge violente parlant même de « volonté d’agression » notamment à l’égard des Européens. Une escalade supplémentaire en faveur de la guerre ? Pour Anne Nivat, le discours du président de la République marque une nouvelle rupture avec la Russie. D’autant plus que ce dernier recevait à l’Élysée, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. « Dans ce discours, Emmanuel Macron a eu des mots très forts pour signifier à Vladimir Poutine que l’Europe répondrait et ne se laisserait pas faire et ça c’est nouveau dans le discours d’Emmanuel Macron qui dis
Bernard Guetta - 16 février 2024
2024/02/16
Ce vendredi 6 février, le président ukrainien sera en déplacement à Berlin, puis à Paris, en fin de journée. Volodymyr Zelensky et Emmanuel Macron s'apprêtent à signer un accord de sécurité bilatéral. « Concrètement il va s’agir d’une augmentation des fournitures d’armement par la France, d’une augmentation du nombre de soldats ukrainiens formés par la France et sans doute, probablement, du lancement d’une coopération entre l’Ukraine et la France dans la production d’armement », explique Bernard Guetta, député européen du groupe Renew, invité des 4 Vérités ce vendredi 16 février, sur France 2. Se pose également la question de la livraison des avions de chasse. La France doit-elle aussi sauter ce pas ? « Je crains que ça ne soit pas le cas et qu’on en reste à la fourniture collective de F16. Mais pour ma part j’aimerais que la France franchisse le cap. On ne peut pas tout faire. Cela coûte de l’argent », souligne l’élu européen. Il y a quelques jours, les services secrets estoniens ont notamment alerté sur une confrontation longue entre la Russie et l’OTAN, qui pourrait s’installer dans le temps dans les 10 prochaines années. « Si Monsieur Poutine ne perd pas cette guerre, évidemment que dans une poignée d’années il souhaitera récupérer une autre poignée de terres. Vladimir Poutine n’a jamais caché son objectif de reconstituer les frontières de l’empire russe », souligne Bernard Guetta.
Vladimir Poutine peut-il gagner la guerre ? « Il va marquer des points dans les jours et les semaines qui viennent. Les Ukrainiens manquent de munitions. Il va y avoir des avantages des Russes, mais gagner la guerre, ils en sont très loin. Et je ne pense pas qu’ils le puissent », assure le député européen. Selon lui, l’objectif du locataire du Kremlin est « la reconquête de l’Ukraine ».
Depuis plus d’un an et demi, Vladimir Poutine semble isolé politiquement. « Son soutien dans la pollution ne cesse de reculer », souligne-t-il.
Trump : la fin de l’OTAN ?
Il y a quelques jours, lors d'un meeting électoral l’ancien président américain, Donald Trump, candidat à un nouveau mandat, a réitéré ses attaques vis-à-vis de l'OTAN. « Trump décrédibiliserait l’OTAN comme il avait déjà commencé à le faire lors de son mandat. Il veut tuer l’alliance Atlantique car à ses yeux ça ne sert à rien et car ils nous détestent, nous les Européens », précise Bernard Guetta. « Son rêve, c’est de faire une alliance avec Poutine, sur le dos des Ukrainiens et de toute l’Union européenne ». Face à cela, que peut faire l’Europe ? « l’UE a véritablement pris conscience du danger énorme. Il y a une panique dans les grandes villes européennes face à la possibilité que nous soyons totalement démunis de défense. C’est pour cela qu’il y a une mobilisation générale », commente le responsable.
A quelques mois des élections européennes, où le Front National porté par Jordan Bardella, caracole en tête des sondages, la majorité n’a quant à elle pas encore déclaré sa tête de liste. « J’espère qu’on va rattraper le retard. Nous avons perdu du temps et le déplore », conclut-il. Sera-t-il candidat ? "Si on me propose, je relèverai le défi", a-t-il admis.
Christophe Fanichet - 15 février 2024
2024/02/15
Pas moins d’un millier de trains seront supprimés entre vendredi 16 et dimanche 18 mars en raison d’une grève des contrôleurs de la SNCF. Une grève qui promet de largement perturber les départs en vacances scolaires. « Je souhaite présenter toutes les excuses de l’entreprise. Effectivement, les Français ne pourront pas partir en vacances comme prévu. Tous les trains ne vont pas circuler », s’est expliqué Christophe Fanichet, PDG de SNCF Voyageurs, invité des 4 Vérités, jeudi 15 février 2024, sur France 2. Il l’assure : « aujourd’hui, tous les engagements sont tenus ». Selon lui, cette « grève est incompréhensible et incomprise des Français ». « On a mis 400 euros sur la table au premier mars, qui sont une juste rémunération que les cheminots vont avoir. (…), on a ouvert un agenda social qui permet de regarder les sujets de retraite… », souligne-t-il. Ainsi, le trafic sera fortement perturbé ce week-end avec un TGV sur deux, un Ouigo sur deux et un Intercités sur deux qui circuleront, a indiqué la compagnie, mercredi 14 février. « Bien plus d’un Français sur 2 pourront voyager », affirme le PDG, déclarant que les « trains les plus complets seront privilégiés ». Le service Junior et compagnie sera également assuré. D’autres mouvements dans les autres week-end de départ en vacances. « Pour la semaine prochaine je ne peux pas en dire plus. Il y a des préavis mais je suis confiant pour qu’il n’y ait pas de perturbation la semaine prochaine ».
SNCF : un dialogue de sourds
Parmi les sujets de litige : la présence de 2 contrôleurs par train. « Aujourd’hui en 2024, 9 TGV sur 10 ont deux contrôleurs à bord », explique Christophe Fanichet, promettant 2 contrôleurs sur 100% des trains en 2025, « à la date prévue ». « On est dans un dialogue social permanent. Cela fait partie d’une grande partie de notre ADN ». Les salariés demandent également 200 euros brut d’augmentation par mois. « C’est non », assure le PDG. « En deux ans, un chef de bord a gagné 500 euros de plus par mois qu’il y a deux ans. C’est juste mais on ne peut pas aller plus loin ». Le chef d’entreprise a également annoncé des investissements dans le réseau, notamment pour la réparation. « On ne peut pas tout mettre dans la rémunération ».
A l’approche des Jeux Olympiques de Paris, une interdiction des grèves à certaines périodes de l’année est-elle envisageable, comme c’est le cas en Italie ? « Ce n’est pas à moi d’en décider. J’applique les règles et les lois », explique Christophe Fanichet.
Christophe Soulard - 14 février 2024
2024/02/14
Un hommage national à Robert Badinter sera rendu place Vendôme ce mercredi 14 février 2024 à Paris. Invité des 4 vérités, Christophe Soulard, premier président de la Cour de cassation depuis le 1er juillet 2022, se souvient de l’immense émotion ressentie lors de l’abolition de la peine de mort en 1981 : « J’étais en âge, déjà, de ressentir que c’était un grand événement, l’aboutissement d’un long combat ». Pour lui, l’humanité et la rigueur du grand avocat décédé le 9 février dernier se concentrent dans cette grande réforme. Par la suite, rappelle-t-il, d’autres réformes « considérables » ont été adoptées grâce à Badinter, notamment certaines sur les juridictions d’exception, d’autres qui aidèrent à faciliter les plaintes des victimes et favoriser leur indemnisation, ainsi que le droit de recours individuel devant la cour individuelle des Droits de l’Homme, réforme là aussi on ne peut plus porteuse de changements importants.
Lors de sa carrière, Robert Badinter citait souvent ces mots de Victor Hugo à propos de l’abolition de la peine de mort : « On ne doit jamais retirer à un être humain sa vie ni la possibilité de devenir meilleur. » Aujourd’hui, la société croit-elle encore qu’elle aide ceux qu’elle condamne à se corriger ? « Il faut le croire, en tout cas, nous n’avons pas le choix », juge Christophe Soulard, qui rappelle que l’écrivain français avait été lui-même membre du Sénat. En grand admirateur de ce « premier abolitionniste », selon ses propres mots, Robert Badinter est allé s’asseoir dans la chaise occupée en son temps par l’auteur des Misérables le jour de l’abolition de la peine de mort. Haut symbole.
Christophe Soulard évoque les conditions carcérales préoccupantes en France
Aujourd’hui comme hier, les prisons françaises sont pointées du doigt. Les conditions de vie des détenus, la densité carcérale explosant souvent son taux légal (taux supérieur à 271% à Mayotte, à 212% à Perpignan, à près de 205% à Foix…) et le travail de réinsertion quasi inexistant a été plusieurs fois dénoncé par la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Le premier magistrat français confirme ce triste constat. Il déplore des cellules surpeuplées, les matelas par terre à cause du manque de lits, l’heure unique de promenade autorisée, les douches peu fréquentes. « La France doit être très préoccupée par ses prisons », alerte-t-il.
Mardi 13 février 2024, l’entourage d’Emmanuel Macron a déclaré sur France Inter que le président de la République était favorable à une entrée de Robert Badinter au Panthéon. Christophe Soulard considère aussi qu’en tant qu’ « homme de lumière », l’ancien avocat y a en effet « évidemment » sa place.
Aujourd’hui, le sujet de la peine de mort revient parfois en France sous forme de débat. Cette abolition est-elle menacée ? Pour le premier magistrat français, cette loi a toujours été très controversée. Il rappelle néanmoins que revenir dessus serait aujourd’hui, d’un point de vue juridique, plutôt compliqué, puisque celle-ci est inscrite dans un protocole de la convention des Droits de l’Homme.
De même, faut-il inscrire l’IVG, un droit, qui, on l’a vu, a été menacé voir aboli dans plusieurs pays du monde, dans la Constitution ? Il s’agit selon Christophe Soulard d’une question complexe en ce qu’elle touche à des règles et des principes juridiques « pas évidents ».
Dans son discours d’intronisation tenu en juillet 2022, le premier président de la Cour de cassation avait mis l’accent sur « la défiance accrue envers les institutions et à l’égard de la justice ». Il a aujourd’hui rapporté dans les 4 V les propos des citoyens qui parlent, « à juste titre », d’une justice lente. La cause, selon lui ? Un manque de moyens, de magistrats, et même de système informatique. Une len
Frédéric Valletoux - 13 février 2024
2024/02/13
Depuis plusieurs années, médecins et personnels hospitaliers sonnent l’alerte sur l'état des établissements publics. Services engorgés, délai de rendez-vous rallongé, pénurie de spécialistes… Il est de plus en plus difficile de se faire soigner. Au sein du gouvernement Macron, les ministres préposés à la Santé défilent depuis sept ans. Frédéric Valletoux est le 7e ministre à se risquer à la tâche avec une feuille de route des plus complexes. À commencer par résoudre le problème des déserts médicaux qui constitue un réel risque pour la santé. Plus de 8 Français sur 10 ne parviennent pas à se faire soigner. Le nouveau ministre délégué chargé de la Santé et de la Prévention ne compte pas mettre de la poudre aux yeux aux patients. Ce dernier ne peut que constater une crise démographique colossale qui justifie aujourd’hui l’absence de professionnels de la santé dans certaines régions. « Pendant cinq ou sept ans, les choses vont sans doute encore se tendre avant que des générations plus importantes de jeunes médecins arrivent » prévient le ministre.
« Réarmer » : c’est le mot passe-partout du moment employé par le gouvernement Attal. Le Premier ministre a annoncé plusieurs mesures pour « réarmer » notre système de santé. Parmi ce set de propositions, l’ancien porte-parole souhaite nommer un émissaire pour aller chercher des médecins à l’étranger et régulariser ceux en exercice sur le territoire. « On va continuer à accueillir des médecins étrangers et surtout leur donner un vrai statut […] il y a 25 000 médecins inscrits à l’ordre qui exercent en France donc on continue à accueillir ces filières » soutient notre invité au micro de Thomas Sotto. Si cette mesure peut soulager les hôpitaux en situation d’asphyxie, elle ne règle pas le problème des déserts médicaux. Pour rendre les métiers de la santé plus attractifs et plus particulièrement celui des infirmiers, la question d’une nouvelle valorisation des salaires se pose. Revu à la hausse à hauteur de 10% net l’an passé, le successeur d’Agnès Firmin-Le Bodo envisage sérieusement un effort supplémentaire.
Infirmiers libéraux : les grands oubliés de la médecine ?
En attendant, la gronde au sein du personnel soignant ne désemplit pas. Les infirmiers libéraux se sont réunis ce lundi 12 février 2024 et se re mobiliseront ce samedi pour exprimer leur mécontentement, se considérant comme les grands oubliés de ce Ségur de la santé. Pourtant, leur rôle est fondamental, notamment en milieu rural. Ces derniers exigent une revalorisation à hauteur de l’inflation. Frédéric Valletoux est-il prêt à leur accorder ? « Ce sont des discussions entre l’assurance maladie et les organisations représentatives. Ce qu’il faut, c’est mieux reconnaître les professions de santé […] il faut sans doute mieux les payer et il faut aussi reconnaître leur rôle dans l’acte de soin et la prise en charge des patients en leur reconnaissant de nouvelles responsabilités et peut-être, sous couvert des médecins, les faire monter en compétence. C’est un chantier qui permettra de libérer du temps médical » soutient notre invité.
La semaine dernière, l’assurance maladie a proposé de faire passer la consultation de médecine de ville de 26€50 à 30€. Une mesure revendiquée depuis plusieurs mois par les syndicats du secteur face à l’engorgement des cabinets privés pour qui la charge administrative devenait trop lourde. De son côté, Frédéric Valletoux se dit favorable à cette augmentation sous couvert d’un « engagement des médecins à prendre plus de patients ». En contrepartie, le ministre plaide également le retour des gardes de nuit pour les médecins généralistes : « On peut encore trouver des marches de manœuvre » rassure notre invité qui ne souhaite nullement les contraindre. Et d’ajouter : « L’obligation ce sera la dern
Éric Zemmour - 12 février 2024
2024/02/12
À l’est de l’archipel des Comores, la révolte gronde. Et la décision du ministre de l’Intérieur suffira-t-elle à calmer les tensions à Mayotte ? En effet, Gérald Darmanin a annoncé ce dimanche 11 février 2024, la suppression du droit du sol pour tenter d’apaiser les esprits face à l’insécurité croissante et l’immigration massive. Aussitôt cette nouvelle mesure prononcée, Éric Zemmour a demandé à ce que cette réforme soit étendue à l’ensemble du territoire en réponse à ce qu’il qualifie « d’invasion migratoire » sur le département. Pour le polémiste et président du groupe Reconquête!, Mayotte est « le miroir grossissant et en accéléré de la France métropolitaine ». Intraitable sur la politique migratoire, ce dernier dénonce un abus du recours au droit d’asile pour s’établir en France. « C’est une véritable invasion » affirme l’invité de Jeff Wittenberg sur le plateau des 4 vérités. Et les récents propos de Gérald Darmanin, qui propose entre autres de construire un rideau de fer maritime, devraient, sur le papier, réconcilier Éric Zemmour avec la majorité présidentielle. L’homme politique d’extrême-droite attend des actions concrètes, bien qu’il salue la suppression du droit du sol qui est, selon lui, « une pompe aspirante énorme pour l’immigration / invasion ». Si l’on renonce à ce droit fondamental, comment acquérir la nationalité française ? Éric Zemmour plaide la naturalisation à condition que le demandeur soit parfaitement « assimilé » comme le prévoit le Code civil. Chaque année, 100 000 étrangers obtiennent la nationalité française par ce biais. Ce qui semble invraisemblable à l’homme politique : « C’est beaucoup trop parce que la plupart de ces gens ne sont pas vraiment assimilés. On voit des femmes voilées qui viennent demander la naturalisation » s’insurge-t-il.
Européennes : un test pour Reconquête!
Éric Zemmour et sa première tête de liste, Marion Maréchal Le Pen, portent ces arguments anti-immigration pour obtenir les suffrages aux élections européennes. Suppression du droit du sol et du droit au regroupement familial, limitation du droit d’asile (une centaine contre 140 000 aujourd’hui), révision des conditions, mise en place d’une caution de 10 000 euros pour l’obtention d’un visa… Autant de propositions visant à durcir l’éligibilité des candidats étrangers qui souhaiteraient s’installer en France. Et cette politique ultra conservatrice ne semble pas franchement séduire les électeurs à en croire les sondages qui placent la tête de liste entre 5 et 10% des intentions de vote pour les plus optimistes. 5% étant le seuil requit pour obtenir des députés européens, Éric Zemmour prévoit de corriger le tir en installant la candidature de Marion Maréchal Le Pen. Ces élections sont cruciales pour ce jeune parti de la scène politique qui n’a fait que 3% à la présidentielle. Mais force est de constater qu’il se fait distancer par la concurrence avec la candidature de Jordan Bardella qui, lui, bénéficie d’une vraie dynamique. Et le président du parti Reconquête! compte bien se distinguer du RN avec des idées bien plus arrêtées : « Madame Le Pen pense que l’islam est compatible avec la République. Pas moi. Madame Le Pen pense qu’il n’y a pas de guerre de civilisations sur notre sol. Pas moi. Madame Le Pen a voté la loi immigration qui régularise 10 000 clandestins. Je ne l’aurai pas fait. Madame Le Pen veut donner les allocations sociales de la solidarité nationale aux étrangers […] mais moi je ne les donne pas » argue-t-il.
Dans la pluie d’hommages et de réactions qu’a suscité la mort de Robert Badinter la semaine dernière, Éric Zemmour ne s’est pas encore exprimé. Quel regard porte-t-il sur ce ténor du barreau et homme politique humaniste qui a contribué à l’abolition de la peine de mort et d’autres
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