
Advertise on podcast: Aujourd'hui l'économie
Rating
4.7from
This podcast has
26 episodes
Language
FrenchPublisher
RFIExplicit
No
Date created
2020/02/24
Latest episode
2026/10/26
Average duration
4 min.
Release period
2 days
Description
Aujourd'hui l'économie, présenté par Stéphane Geneste, vous propose un rendez-vous quotidien pour décrypter un fait marquant de l'actualité économique, du lundi au vendredi à 06h16 TU, toutes cibles.
Unlock Aujourd'hui l'économie podcast Email contact info,
Listeners & Audience details
Email contact information
Direct podcast contact details

Listeners
Audience numbers & engagement insights

Audience details
Podcast Insights

Podcast episodes
Check latest episodes from Aujourd'hui l'économie podcast
Royaume-Uni: pourquoi les milliardaires quittent Londres
2026/10/26
Selon une enquête de Bloomberg, plusieurs milliardaires ont quitté le Royaume-Uni ou réduit leurs liens avec le pays au cours des deux dernières années. En cause, notamment, les réformes fiscales du gouvernement travailliste et les inquiétudes qu'elles suscitent. Un phénomène qui soulève des questions sur l'attractivité de Londres et l'avenir de sa place financière.
Le Royaume-Uni est-il en train de perdre l'un de ses atouts historiques : sa capacité à attirer les grandes fortunes internationales ? À en croire le site d'actualités économiques et financières Bloomberg, la réponse est oui. Aujourd'hui, le patrimoine cumulé des milliardaires et des familles fortunées recensés atteint 160 milliards de dollars. À titre de comparaison, ce montant dépasse celui des milliardaires britanniques qui résident toujours dans le pays. Mais ce chiffre ne correspond pas à 160 milliards de dollars retirés de l'économie britannique, mais au patrimoine des personnes qui ont rompu ou réduit leurs liens avec le Royaume-Uni.
Ces départs s'expliquent d'abord par la fiscalité. Depuis avril 2025, le gouvernement travailliste a supprimé le régime des « non-dom », qui permettait à certains résidents étrangers fortunés de bénéficier d'avantages fiscaux sur leurs revenus et leurs gains réalisés à l'étranger. À ces changements s'ajoutent d'autres hausses d'impôts et, surtout, la crainte de nouvelles mesures. Or, les grandes fortunes sont mobiles. Elles peuvent choisir de s'installer en Suisse, à Monaco ou aux Émirats arabes unis, où les conditions fiscales sont différentes. Pour les finances publiques britanniques, l'enjeu est important. Selon les chiffres du gouvernement, les 1 % de contribuables les plus aisés contribuent à environ 27 % des recettes de l'impôt sur le revenu.
À lire aussiHausse d'impôts: y a-t-il un risque de fuite des grandes fortunes?
Immobilier de luxe : Londres confrontée à une forte baisse des prix Les conséquences potentielles de ces départs dépassent les seules recettes fiscales. Les grandes fortunes achètent des logements, dépensent dans les commerces de luxe, emploient du personnel et investissent parfois dans des entreprises. Leur départ peut donc fragiliser tout un écosystème économique. L'immobilier de prestige londonien en donne une illustration. Selon les données de Savills, société internationale de conseil en immobilier, les prix des biens les plus luxueux ont chuté d'environ 27 % depuis leur sommet de 2014. En tenant compte de l'inflation, la baisse dépasse même 49 %, selon l'analyse publiée par Bloomberg.
Cette dégringolade ne s'explique pas uniquement par les départs de grandes fortunes. Le Brexit, la pandémie et les taxes immobilières ont également pesé sur le marché. Mais ce recul témoigne des difficultés rencontrées par Londres pour attirer certains acheteurs internationaux. Au-delà de l'immobilier, les dépenses de cette clientèle contribuent à l'activité des hôtels, des restaurants et des commerces haut de gamme. Une diminution durable de leur présence pourrait donc avoir des répercussions sur plusieurs secteurs de l'économie londonienne.
À lire aussiPourquoi l'Italie devient la nouvelle destination des riches Européens
La City peut-elle perdre son attractivité financière ? Faut-il pour autant craindre un déclin de la City, le cœur financier de Londres ? Pas nécessairement. La capitale britannique conserve des atouts majeurs, notamment ses banques, ses marchés financiers et son réseau de professionnels. Mais en économie, le signal envoyé peut parfois compter autant que la situation réelle. Dans une économie mondialisée, la réputation d'une place financière est essentielle. Si les investisseurs jugent les règles fiscales trop changeantes, ils peuvent choisir de s'installer ailleurs, voire d'y développer directement leurs activités.
Le gouvernement britannique doit donc trouver un équilibre entre la taxation des plus riches et l'attractivité du pays. Car taxer davantage peut rapporter plus si les contribuables restent. Mais si leur départ réduit également les investissements et l'activité économique, le gain fiscal risque d'être moins important qu'espéré. Pour Londres, comme pour d'autres capitales européennes confrontées à ces arbitrages, le défi est de conserver son statut de place financière mondiale sans renoncer à ses ambitions de justice fiscale.
Montres connectées: comment les marques de luxe essaient de reconquérir nos poignets
2026/10/23
Les montres traditionnelles doivent faire face à une concurrence croissante des montres connectées. Suivi de l’activité physique, surveillance du sommeil et notifications : ces nouveaux usages séduisent les consommateurs, notamment les jeunes générations. Pour les horlogers traditionnels, y compris les grandes maisons du luxe, l’enjeu est de continuer à faire désirer un objet dont la fonction première, donner l’heure, est devenue presque secondaire.
Pendant longtemps, les montres ont rempli une fonction essentielle, celle de donner l’heure. Mais aujourd’hui, avec les smartphones et les montres connectées, cet usage est devenu presque secondaire. Et pour les horlogers traditionnels, cette évolution est prise très au sérieux. Selon une étude du cabinet Deloitte, la proportion de consommateurs qui portent une montre traditionnelle est passée de 46 % en 2020 à 26 % en 2025.
À l’inverse, les montres connectées ont le vent en poupe. Elles permettent de suivre son activité physique, de surveiller son sommeil ou encore de recevoir des notifications. En somme, elles deviennent de véritables assistants personnels au poignet.
Cette évolution a des conséquences économiques pour les fabricants. L’Américain Fossil, positionné sur le marché du milieu de gamme, a ainsi vu son chiffre d’affaires lié aux montres traditionnelles chuter de 67 % entre 2015 et 2025. Même les grandes maisons du luxe ressentent les effets de cette transformation des usages.
Une Apple Watch et une Rolex ne répondent pas aux mêmes attentes. La première coûte quelques centaines d’euros et sera généralement remplacée au bout de quelques années. La seconde est un objet de prestige, un symbole de réussite, parfois même un héritage familial. Mais ces deux univers ont un point commun : ils se disputent une place au poignet des consommateurs. Et, jusqu’à preuve du contraire, on ne porte généralement qu’une montre à la fois.
À lire aussiComment le chinois Xiaomi talonne Apple et Samsung sur le marché mondial du smartphone
Horlogerie suisse : les montres de luxe résistent à la concurrence Pour le moment, les volumes donnent un avantage considérable aux montres et bracelets connectés. Selon les estimations du cabinet d’études de marché IDC, ces accessoires devraient représenter environ 200 millions d’unités vendues dans le monde en 2026. En comparaison, l’horlogerie suisse de luxe écoule autour de 15 millions de montres par an. Pour autant, le secteur traditionnel n’est pas condamné. Les derniers chiffres de la Fédération de l’industrie horlogère suisse montrent même un redressement des exportations. En septembre 2026, celles-ci ont progressé pour le quatrième mois consécutif, sous l’impulsion notamment des montres de luxe.
Cette résistance s’explique par la différence de valeur entre les deux catégories de produits. Là où les montres connectées misent principalement sur les fonctionnalités technologiques, les montres de luxe reposent aussi sur le savoir-faire, l’histoire des marques et leur prestige. Les grandes maisons doivent néanmoins s’adapter à de nouvelles habitudes de consommation. L’objectif n’est pas nécessairement de rivaliser directement avec les fabricants de technologies, mais de trouver des moyens de coexister avec leurs produits, voire de nouer des alliances.
Bagues connectées et partenariats : comment les marques de luxe veulent reconquérir les poignets Pour riposter, les marques traditionnelles peuvent notamment miser sur des collaborations avec les fabricants de montres connectées. Hermès s’est ainsi associé à Apple pour proposer des bracelets en cuir destinés à l’Apple Watch. Une manière pour la maison française de faire entrer son savoir-faire dans l’univers des objets connectés. Une autre piste, plus inattendue, se dessine avec les bagues connectées. Leur avantage est simple, elles permettent de suivre certaines données liées à l’activité physique ou au sommeil sans occuper le poignet. Les consommateurs peuvent donc conserver les fonctionnalités technologiques qu’ils recherchent tout en portant une montre traditionnelle.
La marque américaine Oura illustre l’essor de ce marché. Selon un article du Financial Times, elle a vendu 3,6 millions de bagues en douze mois. Pour les horlogers, le pari est que ces accessoires puissent libérer de la place au poignet et redonner de l’attrait aux montres classiques.
Reste un défi majeur : séduire les jeunes générations, davantage attirées par les fonctionnalités connectées. Pour les grandes maisons, il faut parvenir à renouveler leur clientèle sans perdre ce qui fait leur valeur : le savoir-faire, l’histoire et le prestige. Elles misent notamment sur leurs modèles iconiques, reconnaissables au premier coup d’œil, y compris sur les réseaux sociaux. Car une montre de luxe est désormais bien plus qu’un instrument qui donne l’heure : c’est aussi un accessoire de mode, un signe d’appartenance et une manière d’afficher son style. Pour continuer à vendre des montres à plusieurs milliers d’euros, les fabricants doivent donc désormais vendre bien plus que l’heure.
Netflix: la machine à succès commence-t-elle à s’essouffler?
2026/10/22
Avec près de 3,7 milliards de dollars de bénéfice entre juillet et septembre 2026, Netflix reste une entreprise très rentable. Pourtant, le ralentissement de sa croissance et des perspectives moins favorables qu’espéré inquiètent Wall Street. Pour le géant du streaming, le défi consiste désormais à capter une ressource précieuse : notre attention.
Son « tadam » est immédiatement reconnaissable. Mais derrière cette signature sonore familière, Netflix montre des signes d’essoufflement. Pas au point de perdre de l’argent, loin de là : son bénéfice net a progressé de 44 % au troisième trimestre par rapport à la même période de l’année précédente.
Le paradoxe est là : le chiffre d’affaires continue d’augmenter, mais sa croissance ralentit. Et les perspectives pour la fin de l’année ne suffisent pas à rassurer les investisseurs. Avec près de 3,7 milliards de dollars de bénéfice en trois mois, Netflix est très loin d’une entreprise au bord de la faillite.
Pourtant, ces résultats ne dissipent pas les inquiétudes sur la suite. Les investisseurs attendent davantage que des profits élevés : ils veulent être convaincus que l’entreprise pourra continuer à développer ses revenus. Or, les perspectives de fin d’année sont moins favorables qu’espéré, tandis que la publicité rapporte moins que prévu. Derrière ces chiffres se pose une question très simple : Netflix nous donne-t-il encore suffisamment envie de regarder Netflix ?
À lire aussiQuel avenir économique pour la télévision face à YouTube et Netflix
La bataille pour garder l’attention des abonnés La scène est familière à de nombreux abonnés. Vous allumez votre télévision, ouvrez l’application et faites défiler le catalogue. Vous hésitez entre plusieurs films ou séries… puis vous allez finalement regarder autre chose. Pour la plateforme, tout l’enjeu consiste à éviter que cette hésitation ne devienne une habitude. Au premier semestre 2026, le temps total passé devant les programmes de Netflix n’a augmenté que de 2 %. Pourtant, le groupe consacre environ 20 milliards de dollars par an à ses contenus. Dépenser beaucoup ne garantit donc pas que les spectateurs passeront davantage de temps devant l’écran. D’autant que les concurrents, comme Disney+ ou Amazon, cherchent eux aussi à multiplier les raisons de rester dans leur univers.
Netflix peine ainsi à nous faire regarder davantage ses programmes. À terme, cela peut fragiliser l’abonnement : un utilisateur qui fréquente moins la plateforme peut finir par se demander s’il a encore besoin de payer ce service chaque mois. Il ne s’agit pas nécessairement d’une résiliation immédiate, mais d’un risque pour la fidélité des clients.
Pour poursuivre sa croissance, Netflix comptait notamment sur la publicité. Le principe est simple : proposer un abonnement moins cher, avec des annonces pendant les programmes. Les revenus proviennent alors à la fois des abonnés et des annonceurs. Seulement, ce moteur se développe moins vite que prévu. Et il dépend lui aussi du temps passé sur la plateforme. Pour diffuser davantage de publicité, Netflix doit donner aux spectateurs des raisons de regarder davantage.
Économies, nouveaux programmes et jeux : comment Netflix veut rebondir Face à ces difficultés, Netflix a engagé des économies. Environ mille postes ont été supprimés et plusieurs responsables ont quitté l’entreprise. La directrice des contenus a été remplacée par un ancien dirigeant de Fox et de Disney, tandis que le patron du cinéma est lui aussi parti. L’équation reste délicate : surveiller les dépenses sans décourager celles et ceux qui inventent les films et les séries susceptibles de séduire le public.
En parallèle, Netflix enrichit son catalogue en achetant des programmes à d’autres groupes. En France, les abonnés peuvent ainsi accéder aux contenus de TF1 sans quitter l’application. L’idée est de multiplier les raisons de rester au même endroit, plutôt que de passer d’un service à l’autre. Les jeux vidéo participent également à cette diversification. Aux côtés des films et des séries, ils proposent une autre façon de passer du temps sur la plateforme. Ces initiatives répondent toutes au même objectif, celui de renforcer l’intérêt de l’abonnement. Car l’ambition de Netflix reste double, nous donner envie de regarder la suite et redonner aux investisseurs l’envie d’y croire.
Pourquoi la fermeture de l'aéroport de Riyad menace l'économie saoudienne
2026/10/21
Après des frappes de missiles meurtrières attribuées aux rebelles houthis du Yémen, l'aéroport international de Riyad est à l'arrêt depuis plus de dix jours. Au-delà des perturbations du trafic aérien, cette paralysie sécuritaire porte un coup dur aux ambitions économiques de Mohammed ben Salman et menace le grand plan de transformation du royaume.
Riyad s'est imposée au fil des années comme un centre névralgique et un carrefour économique incontournable pour toute la région. Dès lors, lorsque les liaisons aériennes sont totalement interrompues, que les réunions d'affaires s'annulent en série et que les missions professionnelles se voient reportées, les répercussions financières se font ressentir de manière immédiate et brutale.
À court terme, ce sont en premier lieu les entreprises du secteur touristique, de l'événementiel, de l'hôtellerie-restauration ainsi que des services qui subissent de plein fouet les effets de cette paralysie. Sur le moyen et le long terme, la dynamique est plus insidieuse. Cette situation risque de modifier durablement les habitudes de déplacement, de décourager les acteurs économiques et de bouleverser en profondeur des projets d'investissement d'envergure internationale. Concrètement, pour un chef d'entreprise ou un investisseur qui possède un contrat majeur à signer dans la capitale saoudienne mais se trouve dans l'incapacité absolue de s'y rendre, c'est l'ensemble du processus de négociation qui se retrouve bloqué.
À lire aussiGuerre en Iran: un faramineux coût militaire et économique qui fragilise la puissance des États-Unis
Le report du « Davos du désert », un signal défavorable pour les investisseurs Dans ce contexte tendu, un symbole fort vient illustrer la fébrilité ambiante : le report d'un événement d'importance capitale pour la région, plus communément appelé le « Davos du désert ». Initialement programmé pour s'ouvrir dès le début de la semaine prochaine, cet événement de premier plan n'aura finalement pas lieu aux dates prévues. De son vrai nom la Future Investment Initiative (FII), ce sommet sert de vitrine internationale de premier ordre à la stratégie menée par le prince héritier saoudien. Chaque année, il rassemble un parterre impressionnant de dirigeants politiques, de directeurs des plus grandes banques mondiales, d'investisseurs institutionnels et de responsables de multinationales venus des quatre coins du globe avec un objectif précis : faire des affaires en Arabie saoudite. Pour mesurer l'ampleur du rendez-vous, l'édition précédente avait permis d'officialiser l'annonce de pas moins de 50 milliards de dollars d'accords.
La « Vision 2030 » de MBS face à l'épreuve de la réalité sécuritaire Pour bien saisir la portée de ces événements, il est nécessaire de prendre de la hauteur. Si ces turbulences ne remettent pas en cause l'intégralité de la stratégie impulsée par les autorités saoudiennes, elles menacent incontestablement de freiner et de limiter la réussite du grand plan de transformation amorcé depuis plusieurs années. Il s'agit bien sûr de la Vision 2030, le programme de modernisation et de réformes titanesque initié par Mohammed ben Salman afin de réduire la dépendance structurelle du pays aux hydrocarbures. Pour y parvenir, le royaume investit massivement dans des secteurs d'avenir tels que le tourisme, les loisirs, les infrastructures de pointe, la technologie, l'intelligence artificielle ou encore les services financiers. L'objectif de l'ensemble de ces chantiers est de stimuler la création d'emplois locaux et de développer de nouvelles sources de revenus pérennes pour préparer l'économie saoudienne à l'ère de l'après-pétrole.
Mais pour que cette transition réussisse, le pays a un besoin vital de capitaux frais, d'expertises pointues et d'entreprises étrangères solides prêtes à s'implanter durablement sur le territoire. Le véritable souci réside dans le fait que les investisseurs évaluent avant tout les risques inhérents à chaque marché. Or, face à des frappes de missiles répétées, peu de décideurs économiques souhaitent s'engager dans un pays exposé à de telles menaces à l'instant T. Puisque la sécurité demeure la pierre angulaire absolue de toute stratégie économique viable, ces attaques rappellent de manière brutale la fragilité des ambitions de Mohammed ben Salman. Entre promesses de diversification audacieuses et réalité sécuritaire complexe, le royaume saoudien doit désormais redoubler d'efforts pour préserver la confiance et la sérénité des marchés internationaux.
Pourquoi la crise politique et sociale pourrait peser sur la capacité d’emprunt de la France
2026/10/20
Les scènes de dégradations et de pillages du week-end dernier ont en partie éclipsé les revendications et les manifestations pacifiques du 17 octobre. Alors qu'un « acte II » du mouvement a été annoncé pour samedi prochain, l'impact pourrait largement dépasser celui des commerces saccagés.
Trois mille commerces ont été touchés selon le gouvernement dont certains entièrement pillés et ravagés. La facture pourrait s'élever « à plusieurs centaines de millions d'euros » d'après les professionnels du secteur, même s’il est un peu tôt pour préciser ce chiffre. La facture s'annonce salée pour les Assureurs comme pour l'État mais ce n'est que la partie immergée de l'iceberg. Les images de ces « rues entières » « méthodiquement ravagées », pour reprendre l’expression du maire de Paris, sans qu'intervienne le moindre policier ont fait le tour du monde. Tout comme, à l'inverse, les cas documentés de violences policières à l'encontre des cortèges de lycéens réclamant d'étudier dans des conditions décentes. Le ministère de l'Intérieur a promis de renforcer la protection des centres villes samedi prochain et de davantage encadrer les manifestations. Dans les deux cas le gouvernement semble donc impuissant à proposer une réponse autre que sécuritaire à la situation.
La charge de la dette déjà supérieure au budget de l'Éducation Nationale Alors que l'Assemblée nationale est en plein débat sur le budget 2027, ses marges de manœuvre sont très limitées. Les finances publiques sont sous pression : l'augmentation des prix de l'énergie du fait de la situation au Moyen-Orient pèse sur les entreprises, ralentit l'activité et donc les recettes de l'État. Dans le même temps, la hausse du prix de l'essence a poussé les ex-gilets jaunes à rejoindre le mouvement des lycéens pour remettre sur la table la question du pouvoir d'achat. Mais comment leur répondre alors que l’exécutif affiche toujours l'ambition de ramener le déficit à 5% en 2027 et qu'il cherche pour cela à faire 43 milliards d'euros d'économie. D’autant qu’il se refuse à toucher aux aides publiques aux entreprises qui, d'après les chiffres tout juste publiés par Bercy, ont représenté 166 milliards d'euros en 2024, presque autant que le déficit public.
À lire aussiFrance : comment gérer la dette qui s'accumule?
Dimanche la Cour des comptes a pourtant prévenu que si elle ne maîtrisait pas « la trajectoire de la dette » la France courrait le risque « d'un étouffement financier » rappelant que la charge de la dette dépassera 90 milliards d'euros l'an prochain. Davantage, donc, que le budget de l'Éducation nationale. Si on enlève la part de ce budget consacrée à payer les retraites, on peut même dire que la France consacre une fois et demie le budget de l'École à simplement rembourser les intérêts de sa dette. Sans majorité et en pleine année présidentielle parvenir à un compromis semble impossible.
Le début d'un cercle vicieux Les marchés regardaient déjà la dette française avec inquiétude depuis la dissolution en 2024, les images du week-end dernier, surtout si elles devaient se reproduire dans les semaines à venir, pourraient avoir un effet dévastateur. Vu de l’étranger, l’impression - même très exagérée - d'un pays à feu et à sang et hors de contrôle pourrait peser lourd. Moins sur le tourisme – le mouvement des gilets jaunes en 2018, les émeutes de 2023 après la mort de Nahel Merzouk, jeune homme tué par un policier n’avaient eu qu’un impact relativement marginal – que sur l’image du pays auprès des investisseurs.
Or d'après les chiffres de la Banque centrale européenne plus de la moitié de la dette française est détenue par des investisseurs à l'étranger. L’instabilité réelle ou supposée du pays pourrait les faire hésiter à prêter. Déjà depuis plusieurs mois ils demandent des taux d'intérêts de plus en plus élevés. Le début d'un cercle vicieux : le pays devant emprunter davantage pour rembourser des intérêts dont la hausse provoquera mécaniquement un ralentissement de l'activité et la baisse des recettes de l'État. Le point de départ d’une situation particulièrement grave sur le plan économique... et sur le plan social.
La souveraineté alimentaire au coeur de la crise agricole mondiale
2026/10/16
La journée mondiale de l'alimentation ce vendredi 16 octobre se déroule la veille de l'ouverture du Salon international de l'alimentaire (SIAL) de Paris. Alors que le spectre d'une crise alimentaire mondiale se profile, la question de la « souveraineté alimentaire » revient sur le devant de la scène, alors que les prix agricoles mondiaux ont augmenté de 13 % au troisième trimestre selon la FIDA (Fonds international de développement agricole).
Après un été marqué par la sécheresse et un contexte géopolitique qui fait flamber le prix des denrées et de la production agricole, le constat pour le secteur alimentaire mondial est alarmant. L'ensemble de la chaîne de production est touché, du paysan jusqu'au consommateur. Les prix de l'énergie flambent et font exploser les coûts de production, les rendements quant à eux baissent avec certaines parcelles parfois détruites à 100 %.
Ainsi, la France se dirige vers sa pire récolte de maïs depuis 50 ans alors que la Roumanie a perdu plus d’un million d’hectares de cultures cet été. Or, le coût de l'inaction face au dérèglement climatique est largement supérieur à celui de l'investissement dans la prévention et l'adaptation. Selon un rapport de la Commission européenne, l’agriculture européenne perd en moyenne 28 milliards d’euros par an à cause des aléas climatiques. Le phénomène El Niño, annoncé cette année avec une intensité inédite, pourrait perturber encore plus la chaîne de production agricole et aggraver l’insécurité alimentaire.
À lire aussi«Voilà où on en est, les bateaux sont à quai»: du Pérou au Guatemala, El Niño fait déjà des dégâts
Les modèles de production en question L'insécurité alimentaire touche quelque 260 millions de personnes dans le monde, selon les chiffres de l'ONU. Le taux d'autosuffisance alimentaire des pays est lui en constante baisse.
Plus d'un tiers des pays dans le monde sont en incapacité d'assurer leur autosuffisance alimentaire aujourd'hui sous l'effet notamment du changement climatique et de la mondialisation. Les conflits prolongés et les tensions géopolitiques perturbent les approvisionnements en énergie, en intrants agricoles et les produits alimentaires. Selon le rapport mondial des crises alimentaires, la situation s’est détériorée dans quinze pays depuis une dizaine d'années, notamment le Bangladesh, le Kenya, Madagascar, la Somalie et le Nigeria, qui compte la plus grande population au monde en situation d’insécurité alimentaire aiguë, soit 36,3 millions de personnes.
Des risques de famine sont signalés en Somalie, et au Soudan, ainsi que dans la bande de Gaza, les zones de conflit étant les plus problématiques.
À lire aussiAu Soudan, le Darfour fait face à sa pire sécheresse depuis 40 ans
Financements climatiques Contre l'insécurité alimentaire, le FMI préconise d'aider les ménages vulnérables via des transferts ciblés, ou des programmes d'alimentation scolaire. Mais il faudrait surtout faire en sorte que les systèmes deviennent plus résilients. Pour cela, limiter les importations est un premier levier qui s'avère essentiel en temps de hausse des prix de l'énergie et des intrants comme les fertilisants et les pesticides. Privilégier un modèle de proximité, cela fait partie de la réponse, afin de relier la production locale à l'assiette du consommateur. Pour cela, il faudrait une refonte profonde des surfaces agricoles et du foncier. Renouveler les générations d'agriculteurs vieillissantes, c'est un autre vaste chantier avec le fait de garantir notamment un revenu minimum aux agriculteurs. Assurer une meilleure répartition des aides et de la politique agricole commune, c'est aussi un élément essentiel. Et à tout cela, seules les politiques publiques pourront répondre.
La France, «homme malade» de l'Europe?
2026/10/15
La France est-elle le nouvel « homme malade » de l'Europe ? La formule est largement reprise ces jours-ci par la presse étrangère alors que les marchés internationaux s'inquiètent de la solidité de la deuxième économie européenne, dont les finances publiques sont en déroute. La dette abyssale, le budget 2027 en discussion et l'incertitude politique alimentent les doutes quant à la capacité de la France de se relever.
Premier signe de cette perte de confiance sur les marchés internationaux : le coût de l’emprunt de la dette française qui frôle les 5 % en octobre, son plus haut niveau depuis 2002. Encore plus étonnant, plusieurs entreprises du CAC 40 empruntent désormais à des taux moins élevés que la France alors que les États sont généralement jugés plus sûrs que les sociétés privées. La France, plus risquée qu'un groupe comme LVMH ? La perception du pays s'est en tout cas progressivement dégradée depuis la dissolution de l'Assemblée nationale il y a 2 ans et demi, et les investisseurs étrangers sont dans une forme d'attentisme alors que le débat sur le budget 2027 vient de s'ouvrir à l'Assemblée nationale.
Scénario à la grecque ? Est-ce pour autant le début d'un scénario à la grecque comme en 2015 lorsque le pays avait failli sortir de la zone euro en raison de graves dérapages budgétaires ? Pour le moment, il semble qu'on en est loin. C'est en tout cas ce que pense le gouverneur de la Banque de France qui a affirmé : « La France n'est pas la Grèce ». Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, estime de son côté n'avoir aucun problème pour émettre de la dette française sur les marchés, mais les coûts supplémentaires sont un signal d’alarme, a-t-il renchéri. La fébrilité est en tout cas palpable : la Banque centrale européenne a elle-même jugé bon d’intervenir dans le débat français en avertissant la classe politique française. « Il n'y aura pas de filet de sécurité de la BCE » et la solution aux problèmes de la France « se trouve d'abord fondamentalement en France » a averti l’institution.
Pour rappel, la dette française s'élève à plus de 3 600 milliards d'euros fin 2025 selon l'Insee, soit presque 120 % du PIB, un niveau record qui devrait encore s'aggraver dans les années à venir. La charge de la dette, elle atteint 74 milliards d'euros cette année et constitue le premier poste du budget de l'État, devant l'éducation et la défense, ce qui vaut à la France un acronyme : FROGS en anglais pour « French Oversized Government and Social Security » ( « État et Sécurité sociale français surdimensionnés »).
L'enjeu de l'attractivité Comment faire revenir la confiance et maintenir l'attractivité de la France avec un tel constat ? La France maintient son rang, pour le moment, puisqu'elle reste le pays le plus attractif d'Europe pour la 7ᵉ année consécutive. C'est dans les mois qui viennent que tout va se jouer. Au parlement tout d'abord, où le projet de budget doit être adopté avant la fin de l’année et où, faute de majorité, il aura du mal à passer. « L'exécutif et les parlementaires doivent prendre leurs responsabilités » a prévenu le gouverneur de la Banque de France hier lors de l’assemblée annuelle du FMI à Bangkok. Le gouvernement n'a d'ailleurs pas exclu de faire adopter le budget de force avec le 49.3. L'autre inconnue, c'est celle de la présidentielle car le choix d’un dirigeant plutôt qu’un autre influera grandement sur la trajectoire que prendront les finances publiques. Ce qui semble acquis, c’est une période de quelques années qui s’annonce comme une longue cure d’austérité pour les Français.
Les «Big Pharma» occidentales achètent en masse des médicaments expérimentaux en Chine
2026/10/14
Depuis plusieurs années, les grands groupes pharmaceutiques occidentaux ont multiplié les accords de licence pour obtenir des droits de commercialisation sur des médicaments expérimentaux développés en Chine. Une frénésie qui inquiète notamment aux Etats-Unis.
C'est la dernière annonce en date. Le géant pharmaceutique suisse Roche vient de conclure un accord de licence avec une société de biotechnologie chinoise. Un accord à plus d'un milliard de dollars qui concerne un médicament expérimental contre l’obésité. Début octobre, le suisse Novartis signait un accord avec la société chinoise Abogene pour une thérapie expérimentale à base d’ARN pour les maladies auto immunes.
En septembre, c'était au tour du groupe suisse Novo de signer un accord de licence pour une pilule expérimentale pour la perte de poids. L'américain Merk pour un médicament novateur contre le cancer. La liste est longue. Si on ne prend que les grands groupes pharmaceutiques américains, 32 accords de licence ont été signés entre janvier et juillet 2026 selon les informations de Bloomberg.
À écouter aussiJusqu’où nous entraînera l’ARN Messager ? Coulisses d’une révolution scientifique
Des entreprises chinoises qui développent ces médicaments ne concèdent pas tous les droits Les entreprises chinoises de biotechnologie conservent souvent leurs droits nationaux et leurs brevets et s'assurent donc de futurs revenus. Elles concèdent en revanche des licences pour que leurs médicaments puissent passer des essais cliniques et être commercialisés en dehors de Chine. En échange, les grands groupes pharmaceutiques eux financent et prennent en charge une partie du développement clinique et ont ainsi accès à des traitements de pointe, à moindre coût.
L'appétit des grands groupes pharmaceutiques pour ces accords de licence prouve que la Chine n'est plus seulement un grand marché de fabrication de médicaments. Elle est devenue un acteur majeur de la recherche, notamment dans la lutte contre le cancer.
À lire aussiComment la Chine est passée de «copieuse» de médicaments à championne de la recherche pharmaceutique
Une frénésie à l'approche de la « falaise des brevets » Si les accords se multiplient c'est aussi en raison de l'arrivée à expiration en 2030 de très nombreux brevets protégeant des médicaments. C’est ce qu’on appelle la « falaise des brevets ». Or, certains de ces médicaments génèrent à eux seuls plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaire annuel. C’est le cas de certaines immunothérapies anticancéreuses. Le lancement de génériques, moins chers, va représenter pour ces groupes une perte très importante de chiffre d'affaire.
Mais le rapprochement avec la Chine dans le domaine médical est un sujet politique Un nombre croissant de voix s'élèvent, notamment aux Etats-Unis pour alerter sur les conséquences d'une telle collaboration en matière médicale avec la Chine. Selon eux, l'injection de capitaux et de savoir-faire américains dans les entreprises chinoises pourrait menacer la domination américaine en biotechnologie. Certains parlementaires font donc pression pour ralentir le rythme des investissements.
En France, l’intelligence artificielle menace déjà l’emploi des plus jeunes
2026/10/13
Pour la première fois, une étude menée par les chercheurs de l’école de commerce HEC et la Banque de France pointe une baisse des embauches chez les jeunes dans les métiers les plus exposés à l'intelligence artificielle.
C'est une étude dont les conclusions ne devraient pas surprendre certains recruteurs. Selon les chercheurs de l'école de commerce HEC, les entreprises françaises semblent bel et bien freiner les embauches dans les métiers où les tâches peuvent être effectuées par l’intelligence artificielle. Pour mener à bien leur étude, les chercheurs ont créé un indice d’exposition des métiers à l’IA qu’ils ont ensuite rapproché avec les données sur les créations de postes et les fins de contrat entre janvier 2019 et mars 2026.
Un recul important des embauches en grande partie chez les plus jeunes L'analyse des résultats par groupe d’âge montre un recul des embauches particulièrement marqué chez les 21-29 ans. En mars 2026, les embauches en CDI dans les 20% de métiers les plus exposés à l’IA ont baissé de 28% par rapport à novembre 2022, date du lancement de ChatGPT pour le grand public. En comparaison, pour les métiers considérés comme les moins exposés à l'IA, le recul des embauches n'est que de 8%.
Cet écart entre les deux trajectoires, entre les métiers exposés ou non à l’IA, se réduit chez les 30-39 ans et les 40-49 ans, puis il devient presque inexistant pour les salariés de 50 ans et plus. En résumé, l’expérience d’un salarié fait l’effet d’une sorte de bouclier anti-IA.
À lire aussiComment l'IA a déjà commencé à remodeler le marché du travail
Une baisse des embauches qui ne se reflète pas dans les chiffres du chômage global La baisse des embauches en CDI des 21–29 ans est aujourd'hui en partie compensée par le fait que les licenciements et ruptures de contrats sont moins nombreux. Les entreprises ne suppriment pas davantage de postes dans l’absolu mais elles réduisent la part des embauches des plus jeunes. Le marché du travail est en quelque sorte gelé. Les employeurs sont prudents face à cette technologie qu'ils maîtrisent encore mal et puis il y a le poids de la conjoncture économique globale et des jeunes qui ont plus tendance à conserver leurs postes.
Mais ce n’est probablement qu’une étape transitoire. L’an dernier déjà, une étude majeure de l’université de Stanford, aux États-Unis, avait mis en lumière une baisse effective de 13% dans l'emploi des plus jeunes dans les métiers exposés.
À lire aussiDéveloppement de l'IA dans les entreprises: une menace pour l'emploi des femmes?
Les auteurs de l’étude mettent en garde les employeurs Les auteurs de l'étude alertent par ailleurs les entreprises : l'automatisation des tâches qui incombaient auparavant aux salariés les plus jeunes pourrait réduire la production à long terme, car les postes de début de carrière sont, aussi, ceux où se forment, par la pratique, les compétences des professionnels expérimentés de demain. Par ricochet, il pourrait également y avoir une raréfaction des profils expérimentés sur ces tâches.
Cette étude vient en tout cas nourrir une angoisse réelle chez les étudiants, d'ores et déjà lucides sur les risques de l'IA vis-à-vis de l'emploi. Selon le dernier baromètre Talents conçu par l’école de management Skema, près de trois étudiants sur quatre (74%) perçoivent l'IA générative comme « une menace » sur les postes de début de carrière. De quoi nourrir l’inquiétude et la colère des lycéens qui manifestent dans les rues en France.
À écouter aussiMouvements lycéens en France : symbole d’une jeunesse en crise
Mondial de l'Auto 2026: comment l'intelligence artificielle transforme la voiture
2026/10/12
À l’occasion de l’ouverture du Mondial de l’Automobile de Paris, l’intelligence artificielle s’impose comme l’un des grands enjeux de l’industrie. De la conception des véhicules aux chaînes de montage, en passant par la maintenance, la conduite et les services à bord, l’IA transforme progressivement toute la chaîne de valeur du secteur. Avec, derrière cette révolution technologique, une bataille économique majeure face aux constructeurs asiatiques.
Paris devient cette semaine la capitale mondiale de l’automobile. Tous les deux ans, le Mondial de l’Automobile réunit les professionnels du secteur, mais aussi des dizaines de milliers de visiteurs. Et pour cette édition, un mot revient partout : IA, pour intelligence artificielle. Car l’IA n’est plus seulement un gadget technologique ou un prototype futuriste. Elle devient progressivement un facteur déterminant de la compétitivité automobile. Cette transformation porte notamment un nom : le Software-Defined Vehicle, ou véhicule défini par logiciel. La voiture devient ainsi une véritable plateforme numérique, de plus en plus dépendante du logiciel et des données.
Cette révolution commence dès la conception. Jusqu’à présent, concevoir un nouveau modèle à partir d’une feuille blanche pouvait prendre quatre à cinq ans. Les constructeurs cherchent désormais à raccourcir considérablement ces délais. Pour y parvenir, leurs bureaux d’études utilisent l’intelligence artificielle et la simulation numérique. L’idée est de pouvoir tester virtuellement des milliers de configurations avant même de fabriquer une pièce. Crash-tests, aérodynamisme, comportement des composants ou encore vieillissement des batteries peuvent être simulés par ordinateur. L’IA permet ainsi d’accélérer les phases de recherche et développement et de réduire le nombre de prototypes physiques nécessaires. Cette réduction peut ainsi atteindre près de 30% des cycles de développement. L’enjeu est ainsi considérable : dans une industrie où le développement d’une nouvelle plateforme coûte des milliards d’euros, gagner du temps sur la conception peut rapidement devenir un avantage concurrentiel majeur.
À lire aussiCamions électriques: la stratégie de la Chine pour conquérir les routes européennes
De l’usine à la maintenance, l’IA traque les défauts et les pannes L’intelligence artificielle ne reste évidemment pas dans les bureaux d’études. Elle s’invite également directement dans les usines automobiles. Dans les chaînes de montage modernes, des systèmes de vision par ordinateur peuvent inspecter en temps réel la peinture, les soudures ou encore le positionnement des composants. L’objectif est simple : détecter un défaut immédiatement, directement sur la chaîne de production, plutôt que plusieurs mois plus tard lorsqu’un véhicule est déjà entre les mains d’un client. L’intérêt économique est évident. Plus un défaut est détecté tardivement, plus son coût augmente, notamment lorsqu’il faut organiser un rappel de véhicules. L’IA permet donc d'améliorer le contrôle qualité tout en limitant les coûts liés aux erreurs de production.
Même logique pour la maintenance. Grâce aux données fournies par les machines, l’intelligence artificielle peut détecter des signes annonciateurs de panne : vibrations, température ou anomalies acoustiques. L’objectif est de passer d’une maintenance qui intervient après la panne à une maintenance prédictive, capable de l’anticiper. Sur une chaîne de production, éviter un arrêt imprévu peut représenter des économies considérables. Et cette logique commence également à s’appliquer aux véhicules eux-mêmes. Les voitures modernes sont équipées de nombreux capteurs qui produisent en permanence des données. Elles peuvent notamment être utilisées pour anticiper l’usure de certaines pièces, améliorer le suivi des batteries ou mieux comprendre les conditions réelles d’utilisation des véhicules.
À lire aussiUn véhicule électrique ne «fait pas vroum»: le modèle économique des voitures de luxe bouleversé
De la conduite autonome aux assistants intelligents, la voiture devient un service L’autre grande transformation concerne évidemment la conduite. Caméras, radars et autres capteurs permettent aux systèmes d’aide à la conduite d’analyser l’environnement du véhicule en temps réel et de prendre en charge une partie croissante des opérations. Il faut toutefois distinguer les différents niveaux d’automatisation. Une voiture capable de tourner seule, d’accélérer, de freiner ou de changer de trajectoire n’est pas nécessairement autonome au sens où le conducteur pourrait complètement abandonner la surveillance. Les systèmes de niveau 2 avancé, par exemple, restent sous la responsabilité du conducteur. Les progrès de l’intelligence artificielle permettent néanmoins d’aller toujours plus loin. Certains prototypes sont capables de mieux comprendre leur environnement et de réagir à des situations complexes.
Mais la révolution ne se limite pas à la conduite. Avec l’IA générative, l’habitacle devient lui aussi un nouvel espace numérique. Les assistants vocaux peuvent permettre d’interagir plus naturellement avec la voiture, tandis que l’intelligence artificielle peut personnaliser les services proposés au conducteur et aux passagers. Surtout, le véhicule ne serait plus véritablement figé au moment de son achat. Grâce aux mises à jour à distance, les constructeurs peuvent ajouter ou améliorer des fonctionnalités tout au long de la vie de la voiture : aides à la conduite, optimisation de la batterie, services numériques ou personnalisation de l’expérience à bord. L’enjeu est donc aussi économique : transformer une vente ponctuelle en une relation durable avec le client et, potentiellement, en nouvelles sources de revenus récurrents.
Tout cela peut encore sembler futuriste. Pourtant, ces technologies sont déjà au cœur des stratégies des constructeurs et des équipementiers. Car derrière l’IA automobile se joue une bataille qui dépasse largement la technologie : celle de la productivité, des coûts, de la vitesse de développement et donc de la compétitivité. Pour les constructeurs européens, l’enjeu est particulièrement important face aux concurrents asiatiques. La bataille automobile ne se joue désormais plus seulement sur le prix, les batteries ou la capacité industrielle. Elle se joue également dans le logiciel, les données et l’intelligence artificielle. À terme, c’est donc une partie de la santé de l’industrie automobile européenne, de ses emplois et de sa capacité à conserver des marques mondiales qui se joue derrière cette nouvelle révolution.
Marché noir de la cigarette: l'impact économique de la hausse du prix du tabac
2026/10/09
En France, le paquet de cigarettes coûte désormais autour de 13 euros. Un prix élevé qui rend le marché noir particulièrement attractif pour les réseaux criminels. La production clandestine se professionnalise, tandis que le trafic de cigarettes représente un manque à gagner fiscal pour les États européens.
Ce n’est pas le marché de la tech ou des cryptomonnaies qui connaît une forte expansion, mais celui des fausses cigarettes. En Europe, le trafic de tabac est devenu une activité particulièrement lucrative pour les réseaux criminels, parfois considérée comme plus rentable et moins risquée que certains trafics de stupéfiants. Ce marché clandestin réunit plusieurs caractéristiques favorables aux trafiquants. La demande existe, les cigarettes sont relativement faciles à transporter et à stocker, et elles peuvent être revendues rapidement. Surtout, l’écart de prix entre le marché légal et le marché parallèle est considérable. Certaines cigarettes contrefaites, fabriquées clandestinement, coûteraient moins de 80 centimes à produire, avant d’être revendues entre 4 et 5 euros. Cette différence de prix rend le trafic particulièrement attractif et offre aux réseaux criminels des perspectives de gains importantes.
Le trafic de cigarettes se professionnalise et s’industrialise La vente de cigarettes provenant d’autres pays ou de produits contrefaits n’est pas nouvelle. Mais le phénomène évolue. Les filières se professionnalisent et s’organisent en plusieurs niveaux. Certains groupes se chargent de faire entrer les cigarettes sur le territoire, d’autres de les stocker, tandis que d’autres encore assurent leur distribution. Ces méthodes rappellent celles utilisées dans le trafic de stupéfiants. Mais certains réseaux ne se contentent plus d’importer des cigarettes fabriquées ailleurs. Ils les produisent désormais directement sur place.
Des usines clandestines peuvent ainsi fonctionner à une échelle quasi industrielle, avec des machines comparables à celles des grands fabricants de tabac, des ouvriers, des circuits logistiques et des grossistes. Certaines seraient capables de produire jusqu’à six millions de cigarettes par jour. En Belgique, les douanes ont démantelé douze usines clandestines en 2024, un record. Ce chiffre illustre l’ampleur prise par la production illégale en Europe et la capacité des réseaux à structurer leur activité.
Hausse du prix du tabac : un manque à gagner pour les États La hausse du prix des cigarettes contribue à rendre le marché clandestin plus attractif. Lorsque le paquet légal atteint 12 ou 13 euros, voire davantage dans certains pays européens, l’écart avec les cigarettes vendues illégalement peut inciter certains fumeurs à changer de circuit d’approvisionnement. Plus le produit légal est cher, plus la marge potentielle des trafiquants augmente. Cette activité entraîne également un manque à gagner pour les finances publiques. Sur un paquet vendu légalement, une part importante du prix correspond aux taxes. Lorsqu’une cigarette est vendue clandestinement, l’État ne perçoit ni les droits de taxation correspondants ni les recettes associées. Selon une étude de KPMG commandée par le cigarettier Philip Morris, les pertes fiscales pour les pays de l’Union européenne liées au commerce de cigarettes illicites s’élevaient à un peu moins de 17 milliards d’euros l’année dernière. Les revenus générés par ce trafic peuvent ensuite être blanchis et réinjectés dans l’économie légale.
C’est tout le paradoxe de la politique de taxation du tabac : la hausse des prix constitue d’abord un outil de santé publique destiné à faire reculer le tabagisme. Mais elle accroît aussi la valeur économique du marché clandestin pour les réseaux capables de l’exploiter. Pour les pouvoirs publics, l’enjeu est donc de réduire la consommation de cigarettes sans favoriser l’expansion de la contrebande et des circuits illégaux.
À lire aussiEn Australie, une cigarette consommée sur deux est issue de la contrebande
UE-Chine: l’Europe durcit le ton pour rééquilibrer une relation commerciale déficitaire
2026/10/08
Face à l’ampleur de son déficit commercial avec la Chine, l’Union européenne durcit le ton. Le commissaire européen au Commerce est à Pékin pour tenter de rééquilibrer les échanges, alors que les Européens s’inquiètent désormais de l’impact des produits chinois sur leur industrie. Mais Bruxelles veut éviter une escalade commerciale avec Pékin.
Les Européens haussent le ton face à la Chine, mais veulent encore éviter la guerre commerciale. Le commissaire européen au Commerce est à Pékin pour deux jours afin de discuter avec son homologue chinois. L’objectif de ce déplacement est clair : tenter de rééquilibrer une relation commerciale très largement déficitaire pour l’Europe. L’an passé, le déficit commercial européen vis-à-vis de la Chine était d’environ 360 milliards d’euros. Et ce n’est plus seulement un problème comptable. C’est désormais un problème industriel. Les Européens ont vu arriver sur leur marché des produits chinois de plus en plus compétitifs : batteries, équipements électriques, automobiles, produits chimiques ou encore panneaux solaires. De nombreux secteurs sont concernés. Bruxelles accuse notamment Pékin de soutenir massivement ses industriels, ce qui leur permettrait de produire à très grande échelle et à des coûts très bas. Pour les Européens, l’enjeu est donc de préserver leur industrie tout en continuant à commercer avec la Chine.
À lire aussiComment la Chine pousse l'Europe vers le protectionnisme
Le marché européen, principal atout de Bruxelles face à Pékin Si l’Union européenne envoie son commissaire au Commerce à Pékin, c’est aussi parce qu’elle n’est pas démunie face à la puissance chinoise. Son principal atout reste son marché intérieur. Le marché unique représente des centaines de millions de consommateurs disposant d’un pouvoir d’achat important. Pour les industriels chinois, accéder à ce marché est donc particulièrement précieux, d’autant que la demande intérieure chinoise reste fragile et que Pékin cherche justement à soutenir ses exportations. L’Europe dispose par ailleurs déjà de droits de douane et d’outils de défense commerciale. Bruxelles a notamment imposé des droits supplémentaires sur les voitures électriques chinoises.
La France et l’Allemagne veulent désormais aller plus loin. Les deux pays demandent la mise en place d’un mécanisme permettant de restreindre plus rapidement l’accès au marché européen lorsqu’un pays pratique, selon eux, une concurrence déloyale ou utilise massivement les subventions publiques. Paris et Berlin considèrent notamment que la Chine est concernée et souhaitent que la Commission européenne puisse réagir rapidement. Mais cela ne signifie pas pour autant que l’Union européenne négocie en position de force.
À lire aussiLa stratégie chinoise derrière la conquête mondiale des terres rares
Terres rares : la Chine dispose elle aussi de puissants leviers La Chine contrôle en effet une partie importante des chaînes de valeur mondiales, notamment pour certaines matières premières et certains composants stratégiques. Les terres rares en sont l’un des meilleurs exemples : l’industrie européenne dépend encore largement de la Chine pour ses approvisionnements. Le contrôle des exportations vers l’Europe constitue donc l’un des principaux leviers dont dispose Pékin. La Chine peut également riposter à d’éventuelles mesures européennes en visant certains produits européens, comme elle l’a déjà fait par le passé avec le cognac français. Le rapport de force est donc paradoxal. La Chine dispose d’un avantage en amont des chaînes de production, tandis que l’Europe conserve un avantage en aval, grâce à son marché intérieur. Les deux parties ont parfaitement conscience de cette situation. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elles cherchent à négocier. Si Pékin accepte de limiter les exportations de certains produits vers l’Europe, Bruxelles pourrait considérer que le dialogue fonctionne et, en retour, être prête à lâcher du lest.
Car la Chine produit énormément, mais elle a besoin de débouchés. Pour Pékin, mieux vaut donc trouver un compromis et exporter un peu moins que risquer de ne plus pouvoir exporter du tout vers certains marchés. D’autant que les tensions commerciales avec les États-Unis compliquent déjà les exportations chinoises. C’est précisément pour cela que la France et l’Allemagne souhaitent un rapport de force européen plus assumé. L’Union européenne peut profiter de cette situation pour défendre ses intérêts, mais comme toujours dans une négociation commerciale, durcir le ton est une chose : il faut aussi éviter de brusquer son interlocuteur au risque de provoquer une escalade que les deux parties cherchent justement à éviter.
À lire aussiTransition énergétique: l'Europe peut-elle réussir sans la Chine?
Inde: pourquoi les investisseurs étrangers retirent leur argent malgré une croissance solide
2026/10/07
La banque centrale indienne devrait relever ses taux d'intérêt ce mercredi, pour la première fois depuis près de quatre ans. Une décision qui intervient alors que l'inflation remonte, que le pétrole se négocie autour de 100 dollars le baril et que la roupie est proche de son plus bas niveau historique face au dollar. Dans le même temps, les investisseurs étrangers réduisent leur exposition aux actifs indiens.
C'est un tournant pour la Banque centrale indienne. Après avoir baissé ses taux ces derniers mois pour soutenir l'activité, elle devrait relever ce mercredi son principal taux directeur, qui pourrait passer à 5,5%. Une première depuis près de quatre ans. Plusieurs indicateurs se sont en effet dégradés en même temps. L'inflation remonte, le prix du pétrole évolue autour de 100 dollars le baril et surtout, la roupie est proche de son plus bas niveau historique face au dollar. Cette faiblesse de la monnaie indienne constitue un problème important pour le pays, qui importe une grande partie de l'énergie qu'il consomme. Lorsque le prix du pétrole augmente, la facture des importations augmente elle aussi, ce qui accentue la pression sur la roupie et peut alimenter l'inflation.
À lire aussiEn Inde, une classe moyenne désormais à deux vitesses
Pourquoi les investisseurs étrangers retirent leur argent d'Inde Autre sujet suivi de très près par les autorités et la Banque centrale: les investisseurs étrangers commencent à retirer leur argent de l'Inde. Depuis le début de l'année, ils ont vendu près de 29 milliards de dollars d'actions indiennes. Pourquoi partent-ils? Tout simplement parce que d'autres grandes économies, comme les États-Unis, offrent des rendements plus élevés. Pour un investisseur international, il peut donc être plus intéressant de placer son argent sur des marchés développés et considérés comme plus sûrs que sur des marchés émergents comme l'Inde.
La faiblesse de la roupie renforce encore ce phénomène. Lorsqu'un investisseur place son argent en Inde, il prend le risque lié à l'entreprise ou à la Bourse, mais aussi un risque de change. Si la roupie baisse face au dollar, une partie de son rendement peut disparaître au moment de rapatrier son argent. C'est donc un cercle défavorable pour l'Inde: la roupie baisse, les investisseurs étrangers sont moins attirés, ils vendent leurs actions et ces sorties de capitaux ajoutent à leur tour de la pression sur la monnaie.
À lire aussiPétrole: l'Inde se tourne vers le Venezuela pour sécuriser ses approvisionnements
Des taux plus élevés pour soutenir la roupie, sans casser la croissance C'est aussi pour cette raison que la hausse des taux décidée par la Banque centrale est importante. En rémunérant davantage les placements en roupies, elle peut rendre les actifs indiens un peu plus intéressants pour les investisseurs étrangers et contribuer à soutenir la monnaie. Mais cette stratégie comporte un risque pour l'économie indienne. Des taux plus élevés signifient des crédits plus chers pour les ménages et les entreprises, avec à la clé le risque de ralentir la consommation et l'investissement. Or l'économie indienne ne va pas trop mal. La croissance pour cette année devrait être autour de 7%. Le problème est donc moins la santé de l'économie indienne que l'environnement international, devenu beaucoup moins favorable.
Les actions indiennes sont par ailleurs relativement chères. Pendant longtemps, les investisseurs ont accepté de payer cette prime parce qu'ils misaient sur la très forte croissance du pays. Mais lorsque les rendements deviennent plus intéressants ailleurs, ils deviennent aussi plus exigeants. La Banque centrale indienne se retrouve donc face à un exercice d'équilibriste: elle doit défendre la roupie et contenir l'inflation, sans pour autant casser une croissance qui reste très solide.
À lire aussiL’Inde, nouveau centre de gravité mondial de l’intelligence artificielle
La dette mondiale atteint un montant record de 365 000 milliards de dollars et inquiète les États
2026/10/06
La dette mondiale a atteint un nouveau record de 365 000 milliards de dollars au premier semestre 2026, selon l’Institut de la finance internationale (IIF). Un chiffre vertigineux, qui recouvre les dettes des États, des ménages et des entreprises. Mais au-delà du montant, c’est surtout le coût de cette dette qui devient préoccupant, alors que les taux d’intérêt ont fortement augmenté ces dernières années.
Nouveau record mondial ! Il n'est pas sportif mais bien financier. En effet, la dette mondiale a atteint un nouveau record. Selon l’Institut de la finance internationale, elle s’élève désormais à 365 000 milliards de dollars, soit environ 310% du PIB mondial. Autrement dit, l’ensemble des dettes accumulées dans le monde équivaut à un peu plus de trois années de richesse produite par la planète. Attention toutefois à la comparaison : cela ne signifie évidemment pas qu’il faudrait rembourser trois années de PIB d’un seul coup. La dette est un stock, tandis que le PIB correspond à la richesse produite chaque année. Cette dette mondiale comprend celle des États, mais aussi celle des ménages et des entreprises, financières ou non financières. Et la dynamique est claire : elle continue d’augmenter. Au premier semestre 2026, elle a ainsi progressé de 10 000 milliards de dollars en seulement six mois.
À lire aussiFrance : comment gérer la dette qui s'accumule?
Une augmentation parce que les États continuent d’emprunter pour financer leurs déficits, tandis que les entreprises et les ménages continuent de recourir au crédit. Mais surtout, de nouvelles dépenses structurelles apparaissent. L’IIF parle même d’un « super-cycle » de dette. L’endettement ne répond donc plus seulement à des crises ponctuelles : il sert désormais aussi à financer des transformations de long terme.
L’inflation donne un trompe-l’œil sur le niveau d’endettement À première vue, le ratio entre la dette mondiale et le PIB est pourtant moins inquiétant qu’il y a quelques années. Il a diminué d’environ 25 points depuis son sommet de 2021. Mais cette amélioration est en partie trompeuse. L’explication tient à l’inflation. En faisant augmenter les prix, l’inflation fait mécaniquement progresser le PIB en valeur. La dette paraît donc moins importante rapportée au PIB, sans que les économies se soient réellement désendettées. C’est comme si l’on prenait un gâteau pour représenter le PIB et que sa taille augmentait uniquement parce que les prix montent. La part correspondant à la dette paraît alors plus petite. Mais dans les faits, la dette n’a pas diminué.
Et cette inflation a créé un deuxième problème. Pour la combattre, les banques centrales ont relevé leurs taux d’intérêt. Aujourd’hui, c’est donc le coût de la dette qui commence à devenir préoccupant. Le mécanisme est assez simple. Lorsque les taux d’intérêt augmentent, le coût des nouveaux emprunts augmente lui aussi. Pour les États, le problème est d’autant plus important qu’une dette ancienne doit progressivement être refinancée. Lorsqu’une obligation arrive à échéance, il faut emprunter à nouveau pour la remplacer, potentiellement à des taux beaucoup plus élevés qu’il y a quelques années.
Le risque d’un cercle vicieux pour les États On arrive alors à un cercle vicieux. Plus la dette est importante, plus les intérêts augmentent, plus les intérêts augmentent, plus les déficits se creusent, et plus les déficits se creusent, plus il faut emprunter. C’est tout le risque de la situation actuelle. Les marges de manœuvre des États se réduisent. Lorsque les intérêts représentent une part croissante du budget, il reste moins d’argent pour investir, financer les services publics ou même répondre à une nouvelle crise. C’est pourquoi, derrière le chiffre spectaculaire des 365 000 milliards de dollars, le véritable sujet n’est peut-être pas tant le montant de la dette que son coût. D’autant que les besoins d’investissement ne disparaissent pas, bien au contraire. Défense, énergie, intelligence artificielle, transition écologique et technologique : autant de secteurs qui nécessitent des investissements considérables et donc, pour partie, des financements publics et privés.
À lire aussiLa dette des États flambe sur fond de crise énergétique et d'inflation
Le problème est aussi politique. À l’approche des élections, les gouvernements disposent de moins de marge pour prendre des mesures budgétaires impopulaires. L’Institut de la finance internationale met justement en garde contre le risque de voir les trajectoires d’endettement continuer à se dégrader. Le Fonds monétaire international appelle de son côté les États à assainir leurs finances publiques. Dans un scénario défavorable, la dette publique mondiale pourrait atteindre un niveau rapporté au PIB jamais observé depuis 1948. L’enjeu est donc de retrouver des marges de manœuvre budgétaires avant qu’une nouvelle crise ne survienne, alors même que la dette coûte désormais beaucoup plus cher à financer.
Shein: pourquoi la rentabilité du géant de la fast fashion s’effondre
2026/10/05
Le géant chinois de la fast fashion traverse une période de turbulences. Au premier semestre 2026, le chiffre d’affaires de Shein a quasiment stagné tandis que son résultat d’exploitation a été divisé par deux. Entre droits de douane, hausse des coûts de transport et concurrence accrue, le modèle économique qui a fait son succès est désormais sous pression.
Shein, le géant chinois de la fast fashion, traverse une période de turbulences. Les résultats publiés ces derniers jours montrent que son modèle est sous pression. Un chiffre résume bien la situation : au premier semestre 2026, le chiffre d’affaires de Shein a quasiment stagné. Et surtout, dans le même temps, son résultat d’exploitation, c’est-à-dire ce que l’entreprise gagne réellement grâce à son activité, a été divisé par deux. Autrement dit, Shein continue à vendre énormément, mais chaque dollar de chiffre d’affaires lui rapporte beaucoup moins qu’avant.
Cette situation s’explique d’abord par le modèle économique de l’entreprise. Shein a bâti son succès sur des vêtements à très bas prix, fabriqués essentiellement en Chine et vendus directement aux consommateurs occidentaux. Sa grande force est d’avoir réussi à produire extrêmement vite. C’est ce modèle qui a fait exploser les ventes pendant la pandémie de Covid-19. Mais aujourd’hui, plusieurs éléments viennent gripper cette mécanique.
À lire aussiPendant que Shein et Temu font débat en France, Jumia trace sa route en Afrique
Droits de douane et coûts de transport pèsent sur le modèle Shein Si Shein perd de la vitesse, il faut d'abord regarder du côté des États-Unis. Pendant longtemps, Shein y a bénéficié d’un avantage important : les colis d’une valeur inférieure à 800 dollars pouvaient entrer aux États-Unis sans droits de douane. Pour une entreprise qui expédie directement des millions de petits colis aux consommateurs, c’était évidemment un avantage considérable. Mais cette exemption a été supprimée par l’administration américaine en mai 2025 pour les marchandises provenant de Chine et de Hong Kong. L’Europe a également pris une décision comparable cet été. Depuis juillet, les petits colis de moins de 150 euros sont soumis à un droit de douane forfaitaire de 3 euros. Pour Shein, ces quelques euros supplémentaires pèsent lourd. Quand l’entreprise vend un tee-shirt cinq euros ou une robe dix euros, trois euros de droits de douane représentent une part considérable du prix du produit.
À cela s’ajoutent les coûts de transport. La flambée du prix du pétrole et surtout des coûts du fret, dans le contexte des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, a fortement pesé sur les bénéfices de Shein. Le problème est donc là : les ventes résistent, mais les coûts augmentent beaucoup plus vite. Et comme Shein vend des vêtements à quelques euros, l’entreprise dispose de très peu de marge pour absorber ces surcoûts sans augmenter ses prix.
Shein face à une concurrence accrue et à un nouveau défi de rentabilité Cette situation est d’autant plus problématique que Shein évolue sur un marché où la concurrence est devenue extrêmement forte. Il y a évidemment les acteurs traditionnels de la fast fashion, comme Zara ou H&M. Mais surtout de nouvelles plateformes chinoises comme Temu ou AliExpress, qui proposent elles aussi des produits à prix cassés. Les investisseurs sont donc beaucoup plus prudents avec Shein. Ils ne parient plus sur une croissance exponentielle de l’entreprise. Ils veulent désormais savoir si elle peut continuer à se développer tout en améliorant sa rentabilité. Le changement est particulièrement visible depuis l’entrée en Bourse de Shein à Hong Kong. Valorisée autour de 100 milliards de dollars en 2022, l’entreprise a réussi son introduction en Bourse sur une valeur d’environ 26 milliards de dollars seulement.
Pour répondre à ces difficultés, le groupe cherche à stocker davantage ses produits près de ses clients, et non plus uniquement en Chine. Il cherche également à monter en gamme. Mais cette stratégie pose elle aussi un problème. Plus Shein stocke ses marchandises près de ses clients, plus l’entreprise immobilise du capital. Et plus elle monte ses prix, plus elle risque de perdre son cœur de cible. C’est tout le défi pour Shein. Le géant chinois de la fast fashion ne s’effondre pas : il continue à vendre massivement. Mais son modèle économique est désormais confronté à des coûts plus élevés, à davantage de concurrence et à un environnement commercial moins favorable. Shein traverse ainsi une transition mouvementée entre l’hypercroissance et la rentabilité.
Podcast sponsorship advertising
Start advertising on Aujourd'hui l'économie relevant audience podcasts
You may also like to advertise on these Podcasts

3.99019564
20/20
ABC News

4.91363712
The Learning Leader Show With Ryan Hawk
Ryan Hawk

4.92112502
the bossbabe podcast
Natalie Ellis

4.3386152000
The Megyn Kelly Show
SiriusXM

4.947791414
The Shawn Ryan Show
Shawn Ryan

4.5185359
Who, When, Wow!
Tinkercast | Wondery

4.6687881118
Armchair Expert with Dax Shepard
Armchair Umbrella

4.9554162196
The MeidasTouch Podcast
MeidasTouch Network

4.639655
Only Murders in the Building Podcast
Straw Hut Media

4.7831518
The Home Service Expert Podcast
Tommy Mello: $200 Million Founder|Forbes, Inc., Entrepreneur Columnist