
Advertise on podcast: Revue de presse Afrique
Rating
5from
This podcast has
51 episodes
Language
FrenchPublisher
RFIExplicit
No
Date created
2020/02/24
Latest episode
2026/10/07
Average duration
5 min.
Release period
2 days
Description
Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.
Unlock Revue de presse Afrique podcast Email contact info,
Listeners & Audience details
Email contact information
Direct podcast contact details

Listeners
Audience numbers & engagement insights

Audience details
Podcast Insights

Podcast episodes
Check latest episodes from Revue de presse Afrique podcast
À la Une: un premier décès d'Ebola au Kenya
2026/10/07
Le patient décédé à son retour dans le pays, après être parti de RDC et avoir voyagé en Ouganda, a été inhumé à Nairobi. Le journal kenyan The Nation raconte cet enterrement sous protocole strict :« les membres de la famille ne sont pas autorisés à le toucher et il n'y a pas de veillée funèbre (...), les matériaux utilisés lors de l'inhumation, y compris les combinaisons de protection chimique et les bottes en caoutchouc, sont détruits sur place. Cette scène offrait un aperçu des précautions extraordinaires » prises au Kenya, observe The Nation.
Une course contre la montre « À Nairobi, tout est actionné pour empêcher que ce cas importé ne se transforme en chaîne de transmission. Les autorités ont identifié 28 personnes ayant été en contact avec le malade et recherchent encore d’autres passagers et membres d’équipage du vol qu’il a emprunté », déclare le site d'information panafricain Afrik.com mais ce décès « rappelle surtout que l’épidémie ne s’arrête pas aux frontières. »
Et la presse nationale s'interroge : « Où le Kenya a-t-il commis une erreur ? » titre The Standard, « Comment un homme gravement malade depuis des semaines a-t-il pu franchir tous les points de contrôle sans être détecté ?, demande The Nation, cela signifie-t-il que le système de dépistage kényan, pourtant si vanté, n'a pas fonctionné comme prévu ? »
« La fièvre du patient aurait dû être détectée à l'aéroport », estime un virologue interrogé par le journal, avant d'ajouter que « ce n'était pas le moment de désigner des coupables, mais de renforcer la surveillance. »
La reprise stratégique de Kidal L'armée malienne « signe une rare victoire », titre le journal français Le Monde. « Les FAMa, les Forces armées maliennes, et leurs partenaires paramilitaires russes sont entrés dans Kidal le 6 octobre, après l’annonce par le FLA d’un repli stratégique », précise le site d'informations malien Sahel Tribune. Une annonce faite, après « une opération aéroterrestre engagée depuis plusieurs jours dans la région », ajoute de son côté le média MaliJet.
« Le drapeau national flotte de nouveau sur Kidal, mais cette issue n’est pas tombée du ciel, estime Sahel Tribune, elle couronne une montée en puissance patiente : frappes répétées sur la ville depuis la fin avril, défense acharnée d’Anéfis en juillet, frappes de précision sur Kidal le 4 octobre (...). Le FLA n’a pas choisi de partir. Il a constaté qu’il ne pouvait plus tenir face à une armée malienne plus déterminée, plus combattive et donc plus professionnelle. »
« Cette annonce de la reprise de cette ville devenue un bastion de la rébellion touareg intervient après une série de revers pour l’armée », analyse de son côté Le Monde, qui rappelle que l'armée malienne en avait été chassée en avril dernier, par les FLA et ses alliés djihadistes du JNIM. « Cette perte de Kidal avait à l’époque constitué un véritable camouflet pour les FAMa. »
Mais « pourquoi tant de moyens pour une cité de quelques dizaines de milliers d’habitants ? » interroge Sahel Tribune. Et le média de répondre que c'est « parce que Kidal n’a jamais été une ville comme les autres. De 2014 à 2023, elle fut une enclave où l’emblème national ne flottait plus, placée sous la tutelle de fait des groupes armés et sous le regard complaisant d’une partie de la communauté internationale. Son retour dans le giron de l’État, le 14 novembre 2023, avait été accueilli dans tout le pays comme la fin d’une humiliation longue de près de dix ans, et comme la démonstration que la souveraineté retrouvée n’était pas un mot d’ordre vide de sens », se remémore le journal.
Quel avenir pour la ville ? « La victoire d’aujourd’hui ne doit pas faire oublier la leçon d’avril », met en garde Sahel Tribune. « En 2023, l’armée était entrée dans Kidal. En 2026, elle en a été chassée. Reprendre une ville ne suffit pas, il faut la tenir. Tenir, c’est aussi administrer, insiste le journal, le retour des services de l’État, de la santé, de l’école, de l’eau et de l’électricité, conditionne celui des familles parties depuis avril. Une armée nationale qui protège, une administration qui sert, une justice qui distingue entre les combattants et les civils. Voilà ce qui rendra la reprise de Kidal définitive. »
À la Une: le bilan de la visite de Romuald Wadagni en France
2026/10/06
La première visite de Romuald Wadagni en France depuis son investiture. Un voyage diplomatique qui aura duré deux jours, avec ce lundi la rencontre avec son homologue français, Emmanuel Macron. Pour La Nation, journal béninois, « cette audience reste un temps fort de la première visite officielle qu’effectue le chef de l’État » à Paris, elle entre « dans une dynamique de dialogue et de concertation entre les deux pays. »
« Pour Cotonou comme pour Paris, cette visite revêt une importance particulière, analyse ensuite La Nation, elle offre l’occasion de consolider des liens historiques tout en explorant de nouvelles pistes de collaboration adaptées aux défis actuels. À travers cette séquence diplomatique de haut niveau, Romuald Wadagni entend donc poursuivre sa stratégie d’ouverture et de diversification des partenariats, dans un contexte marqué par une volonté commune de renforcer les relations entre les deux pays. »
La signature de plusieurs accords financiers entre Cotonou et Paris La Nouvelle Tribune, autre titre béninois, en compte trois, dans les domaines de l'électricité, de l'agriculture et de la santé. « Celui qui retient l’attention est le programme consacré à l’extension et au développement des réseaux électriques. (...) un projet d’une valeur de 173 millions d’euros », souligne le journal.
« L’autre retombée de la visite, remarquée par le site Afrik.com, est le lancement des négociations pour financer une plateforme de recherche, d’investigation et d’analyse médico-légale. » Le média ajoute qu'« à terme, le Bénin ambitionne de disposer d’un laboratoire national d’expertise ADN capable de réaliser jusqu’à 30 000 analyses par an. » Afrik.com note enfin que ce sont au total « près de 100 millions d’euros mobilisés en une matinée » pour les projets de Cotonou.
Abiy Ahmed rempile pour un nouveau mandat de Premier ministre en Éthiopie Quatre mois après les législatives, le dirigeant éthiopien a été reconduit à la tête du gouvernement fédéral, par son parti, le parti de la Prospérité, qui a obtenu 87 pour cent des sièges à la Chambre des communes, rappelle l'hebdomadaire éthiopien Addis Fortune. « Une réélection en plein regain de tensions avec le Tigré, pointe Afrik.com, alors que les combats ont repris dans le nord du pays entre les forces fédérales et le Front de libération du peuple du Tigré, le TPLF. »
Cependant, « la crise ne se limite pas au face-à-face entre Addis-Abeba et le TPLF, rappelle le site internet, les relations entre l’Éthiopie et l’Érythrée se sont également fortement dégradées ces dernières semaines. (...) Addis-Abeba accuse Asmara de soutenir les forces opposées au gouvernement fédéral, ce que l’Érythrée conteste. » Ces tensions se sont fait sentir dans le communiqué signé par le ministère des Affaires étrangères éthiopien, et publié ce lundi. Addis-Abeba y déclare que « ni les pressions ni les manœuvres de déstabilisation ne changeront la place du pays sur le Nil Bleu et en mer Rouge. Le pays n’a plus d’accès direct à la mer depuis des décennies, mais le ministère y voit pourtant un lien intact », remarque La Nouvelle Tribune. « Aucun pays n’est nommé, mais les dossiers en cours laissent peu de doute sur les destinataires du message », et parmi eux, l'Érythrée.
Pour Afrik.com, le gouvernement d'Abiy Ahmed devra donc « composer avec la reprise des affrontements au Tigré, la dégradation des relations avec l’Érythrée et les risques d’une extension du conflit. »
Au Sénégal, la capitale sous l'eau « Dakar boit la tasse », c'est le titre d'un article du Quotidien, qui relate les conséquences des fortes pluies qui ont touché la capitale sénégalaise ce week-end en pleine période d'hivernage.
« Dans certaines concessions, les occupants ont ressorti les vieilles méthodes. Seaux à la main, ils tentent d’évacuer l’eau qui s’est frayé un chemin jusque dans les maisons. Ici, on puise, on transporte, on vide. Là, on tente de protéger meubles et appareils avec les moyens disponibles. »
« Pendant ce temps, le ciel reste menaçant. Cette atmosphère fait craindre de nouvelles précipitations (...) Dans les quartiers touchés, la fatigue et l’inquiétude se font sentir. Des habitants déplorent l’absence des autorités sur le terrain durant ce week-end pluvieux », note le Quotidien, avant d'annoncer qu'« après la pluie, une autre bataille commence donc, celle de l’évacuation des eaux. Et pour les populations, la question de la capacité des quartiers à faire face aux fortes précipitations reste entière. »
À la Une: la mort de l'écrivain sénégalais Cheikh Hamidou Kane
2026/10/05
L'écrivain et ancien ministre sénégalais, Cheikh Hamidou Kane est décédé, ce samedi à Dakar, à l'âge de 98 ans. Cette annonce fait évidemment les gros titres de la presse sénégalaise, qui lui rend hommage : « Le Sénégal et le monde des lettres sont en deuil », déclare le média Seneweb, qui estime que l'auteur laisse derrière lui « l'héritage d'un parcours exceptionnel dédié au service de l'État et au rayonnement culturel du continent. Cheikh Hamidou Kane a effectué un brillant parcours académique entre le Sénégal et la France, obtenant des licences en droit, en lettres et en philosophie à la Sorbonne », avant de devenir ministre sous la présidence de Léopold Sédar Senghor.
À lire aussiL'écrivain sénégalais Cheikh Hamidou Kane, auteur de «L'aventure ambiguë», est mort à l'âge de 98 ans
« C'est toutefois son œuvre littéraire qui l'inscrit définitivement dans la postérité », souligne le journal, faisant référence à son roman L'Aventure ambigüe, publié en 1961 et couronné par le Grand prix littéraire d'Afrique noire. Un roman en grande partie autobiographique, qui suit le parcours d'un talibé, un élève d’une école coranique, que sa famille envoie étudier la philosophie à Paris. « Le livre raconte la collision entre les valeurs africaines et islamiques et la culture occidentale », relate Le Soleil, autre titre sénégalais. Mais « après ce coup d’éclat, l’écrivain se tait longtemps. Près de 35 ans de silence littéraire s’écoulent avant la parution d’un second roman en 1995. Deux romans seulement, mais une influence considérable. »
Une influence reconnue par la classe politique sénégalaise « J’ai appris avec une profonde tristesse le rappel à Dieu de Cheikh Hamidou Kane », a écrit sur Facebook le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye. « Avec L’Aventure ambiguë, il a donné à des générations d’Africains les mots pour penser une question qui nous habite encore, celle de s’ouvrir au savoir du monde sans rien perdre de ce que nous sommes. Ministre de la République, il a aussi servi le Sénégal avec dévouement », a-t-il ajouté. Des propos relayés par Senego, qui ajoute que c'est le Premier ministre du pays, qui « a présidé ce dimanche la cérémonie de levée du corps de l’écrivain (...). Par cet hommage, le gouvernement a salué la mémoire d’un grand serviteur de l’État et d’une figure emblématique de la vie intellectuelle et culturelle du Sénégal. »
Des hommages qui dépassent les frontières du pays de la Teranga Comme l'évoque le journal panafricain Financial Afrik, c'est « un géant de la littérature africaine » qui s'en est allé. «Traduit dans une quarantaine de langues, son roman L’Aventure ambiguë est devenu un classique de la littérature africaine francophone. L’ouvrage est étudié depuis des décennies dans de nombreux lycées, collèges et universités à travers le continent africain », relève de son côté Le Monde Afrique. Rien d'étonnant donc, à ce que les hommages à l'écrivain se multiplient hors de Dakar.« L'Afrique perd une voix », écrit depuis Porto-Novo Le président béninois, Romuald Wadagni, qui pleure la disparition d’une « grande voix de la génération des indépendances », dans un message sur Facebook, relayé sur le site PressAfrik.com.
La presse aussi marquée par l'écho de ses œuvres dans l'esprit de millions de lecteurs Cheikh Hamidou Kane était « une lumière dans notre mémoire », titre Le Soleil. « L’Aventure ambiguë apparaît comme bien plus qu’un roman. C’est l’œuvre d’une éternité, entrer à jamais dans l’histoire, son auteur avec. » En écrivant ce livre, « Il pose une question qui n’a pas vieilli : que garde-t-on de soi quand on apprend le monde des autres ? », interroge le journal.
« Derrière ce destin individuel se dessinait quelque chose de plus vaste : le trouble d’un continent confronté à la modernité, au moment où les peuples africains commençaient à reprendre possession de leur histoire. Le roman connut une destinée exceptionnelle et continue, des décennies plus tard, de trouver des lecteurs qui reconnaissent dans ses pages une part de leurs propres interrogations », poursuit Le Soleil. « Il nous reste ses livres, bien sûr. Il nous reste aussi le souvenir d’une voix, d’une génération et d’une certaine idée de l’homme africain : debout entre plusieurs héritages, attentif au monde, mais fidèle à sa mémoire », affirme le journal, avant de conclure : « Cheikh Hamidou Kane s’en va. Son œuvre, elle, continuera de cheminer de génération en génération, comme une parole ancienne que le temps n’a pas réussi à faire taire. »
À la Une: l’inquiétant nombre d’infanticides et de féminicides au Cameroun
2026/10/02
L'inquiétude ne cesse d’augmenter. Depuis le début de l’année, annonce le journal en ligne Afrique XXI, « le Cameroun égrène les noms de ses enfants morts, comme on égrène un chapelet funèbre. Divine 11 ans, enlevée puis tuée après des sévices sexuels à Nkoabang, en périphérie de Yaoundé. Mathis, 6 ans, assassiné par un voisin à Yaoundé. Karl Ethan, 11 ans, tué à son domicile de Minkan ».
La liste est longue. Selon Afrique XXI, « chacune de ces affaires a suivi la même trajectoire : un emballement sur les réseaux sociaux camerounais, une indignation qui déborde les frontières nationales puis, invariablement, un silence institutionnel qui finit par devenir, lui aussi, un objet de scandale ».
Ce silence institutionnel a toutefois fini par être brisé. Le 1er juin, rappelle Afrique XXI, « une conférence de presse gouvernementale a officiellement recensé 77 féminicides pour la seule année 2025, ainsi que "des dizaines" de violences graves commises contre les enfants (…) un chiffre que les observateurs jugent (toutefois) très inférieur à la réalité ».
Le journal en ligne a interrogé la psychologue clinicienne Agnès Tsimi, qui livre son analyse : « La famille reste le premier lieu de danger pour l’enfant camerounais, bien avant la rue ou l’inconnu. C’est ce qui rend le sujet si difficile à traiter socialement : il faut accuser quelqu’un qu’on connaît. » La question ébranle désormais la société camerounaise : une manifestation contre les infanticides et les féminicides a eu lieu il y a 2 semaines, à Yaoundé.
Confessions religieuses et prévention En RDC, l’église se mobilise pour la lutte contre le virus Ebola. C’est la Cenco, la Conférence épiscopale nationale du Congo, qui a réuni hier « les responsables des confessions religieuses sur la prévention et la riposte contre Ebola », explique Beto. Le média en ligne congolais précise que le secrétaire général de la Cenco, Mgr Donatien Nshole « a ouvert les travaux, en invitant ces responsables à s’engager davantage ».
La Cenco met particulièrement en avant la question des contacts des proches avec un défunt. Question cruciale car, explique Beto, « le virus Ebola se transmet par les liquides biologiques et le corps d’un défunt reste contaminant. Les rites funéraires, la toilette mortuaire, les veillées et les contacts avec la dépouille comptent parmi les principaux vecteurs de transmission connus de cette maladie ».
C’est là que la responsabilité des autorités religieuses intervient, ajoute Beto : « Ce sont les autorités religieuses et coutumières qui encadrent ces rites. Un enterrement sécurisé accepté par une communauté coupe une chaîne de transmission ». Conclusion de Mgr Donation Nshole : « Notre engagement est précieux, car la lutte contre Ebola doit être fondée sur la confiance, la solidarité et la responsabilité collective. »
Octobre rose C'est aussi une préoccupation concernant le domaine de la santé en RDC : la lutte contre le cancer du sein. Avec hier, le début de la campagne internationale Octobre rose. « La RDC lance une vaste campagne de dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus », annonce le Journal de Kinshasa. Selon le ministère congolais de la Santé, « plus de 9 700 nouveaux cas de cancers du sein sont enregistrés chaque année en RDC ».
Le programme du gouvernement, précise le journal congolais, « prévoit le dépistage sur près de 912 000 femmes dans six provinces », dont « le dépistage gratuit de 5 000 femmes à Kinshasa ». « L’idée, explique le Journal de Kinshasa, est de favoriser la détection précoce des lésions pré-cancéreuses et des cancers afin de permettre une prise en charge plus rapide des femmes concernées. »
Que faire pour participer à ce dépistage ? Selon le ministère de la Santé, « les femmes sont invitées à s’inscrire, choisir le lieu de dépistage le plus proche et respecter leur rendez-vous, y compris lorsqu’elles ne présentent aucun symptôme ».
À la Une: quelle coalition et quelles orientations pour le Maroc?
2026/10/01
« À peine nommée, la cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, entame le jeu des alliances, pointe le quotidien L’Opinion à Rabat. L’enjeu est de parvenir à la coalition la plus harmonieuse. Mais avec qui ? », s’interroge le journal. « C’est toute la question des consultations entamées, hier, par la patronne du PAM. La nouvelle cheffe de l’Exécutif s’est déjà mise à l’œuvre. Elle a commencé ses discussions avec ses anciens alliés de la majorité sortante, le RNI, le Rassemblement national des indépendants, et l’Istiqlal. Le PJD, parti islamiste, a été également convié à des discussions », mais, souligne L’Opinion, il a d’ores et déjà affirmé « son refus catégorique de siéger dans un gouvernement présidé par le PAM auquel il promet une opposition féroce au Parlement. Il est clair que le Parti de la Lampe se considère le leader de l’opposition après son come-back inattendu aux législatives où il est arrivé quatrième avec 54 sièges. Un score qui le met en position de force pour incarner le camp adverse dans l’Hémicycle ».
Urgences… « Maroc : le PAM saura-t-il relever le défi du pouvoir ? », s’interroge Jeune Afrique. « Bâtir une coalition qui ne soit pas une simple distribution de postes », mais aussi « convaincre les abstentionnistes » et « donner un sens à la victoire électorale du 23 septembre : pour la nouvelle cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, le plus difficile commence », s’exclame le site panafricain.
En effet, « le futur gouvernement devra éviter le piège classique des coalitions, prévient Jeune Afrique : distribuer les portefeuilles avant de définir le projet. La question centrale ne sera pas seulement qui gouvernera avec qui, mais autour de quel contrat politique et économique. Une formation peut gagner une élection avec un récit politique ; elle ne peut gouverner durablement qu’avec une méthode ».
Et « cette méthode sera d’abord jugée sur l’économie réelle, pointe le site panafricain. L’année dernière, le Maroc a créé 193 000 emplois, mais le chômage concernait encore plus de 37 % des 15-24 ans, près de 20 % chez les diplômés et 20 % des femmes. Plus préoccupant encore, le sous-emploi est passé à 1,9 million de personnes. Le prochain gouvernement héritera donc moins d’une crise statistique que d’une question de modèle : comment transformer la croissance, l’investissement et les grands projets en emplois suffisamment nombreux et suffisamment qualifiés ? »
De plus, souligne Jeune Afrique, « il existe, parallèlement, une autre urgence, moins quantifiable : celle de la confiance. Le scrutin du 23 septembre n’a mobilisé que 38 % des électeurs contre un peu plus de 50 % en 2021. Plus de six inscrits sur dix ne se sont pas déplacés. Le chiffre ne permet pas, à lui seul, de déduire les motivations de l’abstention. Il constitue néanmoins un signal politique majeur ».
« Jusqu’où peut-elle aller ? » En corollaire, cette question posée par Afrik.com : « Face aux milliardaires, Fatima Ezzahra El Mansouri peut-elle bousculer le système ? La Première ministre succède à Aziz Akhannouch, l’une des plus grandes fortunes du pays. Carburants, dessalement, marchés publics : la patronne du PAM a dénoncé les conflits d’intérêts pendant la campagne. Elle a pourtant siégé cinq ans dans le gouvernement du milliardaire (comme ministre de l’Habitat). »
Alors « jusqu’où peut-elle aller ?, s’interroge encore le site panafricain. Les leviers d’une cheffe du gouvernement existent avec le renforcement du Conseil de la concurrence, la transparence des marchés publics, la fiscalité, l’accès des PME au crédit ou la loi sur les conflits d’intérêts. » Par ailleurs, « son bilan au ministère de l’Habitat montre une méthode tournée vers les ménages plutôt que vers les promoteurs, ce qui est déjà un bon signe ».
Toutefois, tempère Afrik.com, « sa marge de manœuvre reste surtout bornée par l’architecture du pouvoir. La Constitution de 2011 confère au chef du gouvernement d’importants pouvoirs exécutifs, mais c’est le Roi qui préside le Conseil des ministres, où sont décidées les orientations stratégiques de l’État. (…) Le projet de loi de finances 2027, que Fatima Ezzahra El Mansouri doit présenter au Parlement dans les prochaines semaines, offrira un premier test. On verra alors jusqu’où la cheffe du gouvernement est prête à aller face à ceux dont elle a partagé le pouvoir pendant cinq ans ».
À la Une: Fatima Ezzahra El Mansouri, première femme Premier ministre au Maroc
2026/09/30
Le continent africain comptait déjà trois femmes cheffes de gouvernement : en Namibie, au Togo et en RDC. Il y en donc désormais une quatrième : Fatima Ezzahra El Mansouri, 50 ans, a été nommée hier à ce poste par le roi Mohammed VI. « La nomination de la cheffe de file du PAM, le Parti authenticité et modernité, intervient après la victoire de sa formation aux législatives du 23 septembre, précise le site marocain Yabiladi, avec 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants. El Mansouri doit maintenant s'atteler à constituer une majorité gouvernementale en négociant avec les partis représentés au Parlement ».
« Avec cette nouvelle fonction, pointe le magazine Tel Quel, Fatima Ezzahra El Mansouri ajoute une troisième corde à son arc, et pas n’importe laquelle. Elle était déjà "raïssa" (maire) du conseil communal de Marrakech et, dans les faits, la véritable patronne du PAM ». Tel Quel qui qualifie la nouvelle Première ministre de « crainte, respectée, et parfois cassante ».
Proche des cercles du pouvoir Tout commence pour elle en politique en 2009, relate le Desk, autre site marocain : elle a alors 33 ans. « Le conseil communal de Marrakech, sa ville natale, la porte à sa présidence. Elle devient la première femme à diriger la cité ocre et, accessoirement, la plus jeune maire que le Maroc ait connue. À l’époque, la jeune avocate n’a rien d’une femme politique. Élevée dans les écoles de la mission française, formée au droit à Rabat puis à Montpellier, elle maîtrise alors mal l’arabe, se souvient un proche de la famille. Mais elle a pour elle un nom et un réseau. »
En effet, pointe Yabiladi, Fatima Ezzahra El Mansouri a baigné dans un milieu proche des cercles de pouvoir… « Surnommée "la fille du pacha", elle est la fille d’Abderrahman El Mansouri, ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats de Marrakech, pacha de la ville, puis ambassadeur du Maroc aux Émirats arabes unis ».
« Première femme à administrer une ville marocaine de plus de 500 000 habitants, elle est aux avant-postes, rappelle Le Monde Afrique, lors du séisme du 8 septembre 2023, qui fit plus de 3000 morts dans la région de Marrakech. (…) Deux ans plus tard, elle est l’une des rares voix au gouvernement à faire son mea culpa, alors qu’une partie de la génération Z proteste contre les inégalités territoriales et la déliquescence des secteurs de l’éducation et de la santé. "Si nous avions réussi, cette colère n’existerait pas. Donc nous n’avons pas réussi", lançait, il y a un an, devant des jeunes du PAM, celle qui était alors ministre de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme ».
« Qu’apportera-t-elle de différent ? » « Enfin, une femme à la tête du gouvernement », se réjouit l’éditorialiste du site marocain le 360 : « l’histoire retiendra qu’une femme a, pour la première fois, dirigé le gouvernement marocain. Mais la société marocaine jugera surtout son action. (…) Qu’apportera-t-elle de différent ? », s’interroge la journaliste. « Nous l’attendons sur l’école, la santé, l’emploi et le chômage des jeunes, le pouvoir d’achat, les inégalités sociales et territoriales, les services publics et la protection sociale. Nous l’attendons aussi sur la situation des femmes, les violences à leur encontre, les personnes handicapées, l’application effective de leurs droits, les enfants en situation de vulnérabilité et la lutte contre la précarité… Et sur cette question : comment faire du développement économique une amélioration réelle de la vie quotidienne des Marocains ? »
Vaste programme… À cet effet, relève L’Opinion, « Fatima Ezzahra El Mansouri entame, dès ce matin, les consultations avec les partis politiques en vue de former le gouvernement. Elle recevra une délégation du RNI, le Rassemblement national des indépendants, puis celle du Parti de l’Istiqlal ». Les deux formations qui sont arrivées juste derrière le PAM à l’issue des législatives. D’autres consultations devraient suivre.
Et ce nouveau gouvernement est donc très attendu… « Le Maroc n’attend pas seulement un gouvernement capable de gérer, pointe le site marocain Medias 24. Il attend surtout un gouvernement capable de réformer et de rétablir la confiance. Un gouvernement qui aura l’audace de mettre le pays sur les rails du progrès et de s’attaquer frontalement aux freins qui entravent encore son développement ».
À la Une: l’Éthiopie s’embrase à nouveau
2026/09/29
« Le nord de l’Éthiopie se trouve une fois de plus au bord d’une catastrophe dévastatrice, soupire The Reporter à Addis-Abeba. Les violents affrontements qui ont débuté cette semaine entre les Forces de défense nationale éthiopiennes et le TPLF, le Front de libération du peuple du Tigré, indiquent que le silence précaire instauré il y a près de quatre ans est en train de se fissurer (…). Alors que les opérations militaires s’intensifient, les deux camps s’accusent mutuellement d’avoir tiré le premier. Pourtant, souffle le journal, ce qui importe maintenant, c’est la terrifiante réalité de l’issue de ce conflit s’il n’est pas immédiatement stoppé : un effondrement institutionnel total et des souffrances humaines inimaginables ».
En effet, prévient The Reporter, « si elle s'étend, cette reprise des hostilités pourrait avoir des conséquences humanitaires, politiques, économiques et diplomatiques encore plus catastrophiques que la guerre civile dévastatrice de 2020-2022. Lors de ce conflit, on estime à 600 000 le nombre de morts et à des millions le nombre de déplacés. Dans un contexte déjà fragilisé par une forte inflation, des déplacements massifs de population et une sécheresse persistante, la répétition de ce cauchemar pourrait engendrer un désastre économique, s’alarme encore l’hebdomadaire éthiopien. Et sur le plan politique, une nouvelle guerre à grande échelle risque de rompre définitivement le contrat social, créant un vide de gouvernance qu’aucune victoire militaire ne pourra jamais combler ».
Des combats dans le sud du Tigré « L’Éthiopie a bel et bien replongé dans la guerre, constate Afrik.com. Après quelques jours d’affrontements féroces avec les troupes du TPLF, les forces fédérales et leurs alliés affirment avoir mis la main sur Alamata, une localité stratégique du sud du Tigré. Cette bataille porte une charge symbolique. Située à proximité de la frontière avec l’Amhara, Alamata constitue un important point de passage et un centre logistique pour les troupes, les vivres et le carburant. Son contrôle pourrait donc faciliter la progression des forces fédérales vers Mekele, la capitale du Tigré, située plus au nord. La ville avait déjà changé plusieurs fois de mains durant la guerre de 2020-2022 ».
Les forces fédérales opposées à… sept groupes rebelles. Le Monde Afrique fait le point sur les forces en présence : « les affrontements ont commencé peu après la formation d’une coalition de sept groupes rebelles, baptisée "Alliance des forces populaires éthiopiennes pour la survie", officiellement formée le 20 septembre et qui affiche pour objectif de "destituer le gouvernement fédéral" dirigé à Addis Abeba par Abiy Ahmed. Ces différents groupes, constitués le plus souvent sur des bases ethniques, entretiennent des relations complexes, avec parfois des objectifs contradictoires ».
Il y a donc, précise Le Monde Afrique, le TPLF, « la première force au sein de la coalition rebelle, et la plus aguerrie, mais aussi un parti historique en Éthiopie : durant près de trente ans, entre 1991 et 2018, le TPLF a dirigé le pays et a été l’architecte de sa modernisation ».
Il y a aussi le mouvement Fano : « une milice nationaliste de la région Amhara. Ses membres et ses sympathisants reprochent de longue date au gouvernement fédéral de marginaliser la population amhara ».
Parmi les rebelles, on compte également l’Armée de libération oromo « qui depuis 2018, affronte les forces fédérales dans l’Oromia, un territoire grand comme la Côte d’Ivoire qui enserre la capitale, Addis Abeba. Avec ses 40 millions d’habitants, dont 80 % appartiennent à l’ethnie oromo, c’est la région la plus peuplée du pays ».
Et en face, donc, pointe Le Monde Afrique, « l’adversaire commun à tous les membres de la nouvelle alliance d’opposition : le Premier ministre, Abiy Ahmed, et son gouvernement, issu du Parti de la prospérité. Son but est de conserver son pouvoir et d’éteindre les différentes rébellions à travers le pays ».
L’Érythrée et le Soudan : un rôle trouble ? Enfin, Le Pays au Burkina pointe « le jeu trouble auquel se livrent certains pays voisins, en l’occurrence l’Érythrée et le Soudan accusés par Addis Abeba de soutenir des groupes armés. Comment expliquer ce revirement subi de l’Érythrée, s’interroge le quotidien ouagalais, qui s’était pourtant battue aux côtés des forces fédérales contre les rebelles tigréens pendant la guerre civile de 2020 à 2022 ? Autant dire que dans ce conflit sans fin, il y a des intérêts cachés qui se jouent à plusieurs niveaux, au-delà même des engagements qui avaient permis de parvenir à l’accord de paix de 2022 ».
À la Une: à quoi servent les Russes au Mali?
2026/09/28
« Plus de 100 soldats maliens tués à Dioura il y a trois semaines, l’aéroport militaire de Sévaré visé quelques jours plus tard, des combattants russes de l’Africa Corps pris dans une embuscade à Kaka : ce mois de septembre 2026 a lourdement éprouvé le dispositif sécuritaire de Bamako. » C’est ce que constate Afrik.com.
« Après plusieurs années de coopération avec Moscou, la menace (terroriste) que ce partenariat devait réduire reste capable de coûter plus de 100 hommes à l’armée en une seule attaque et d’atteindre quelques jours plus tard l’un de ses principaux points d’appui aérien. »
Bref, pointe le site panafricain, « les armes russes ne suffisent plus à tenir le terrain. »
« Placé sous la tutelle du ministère russe de la Défense, rappelle Afrik.com, l’Africa Corps compterait autour de 2 000 à 2 500 hommes au Mali selon les estimations. Formation, appui au sol, aviation, blindés et artillerie, les moyens existent. Mais leur présence n’a pas empêché les pertes territoriales du printemps dernier ni les attaques majeures de septembre. Le débat sur l’efficacité du partenariat porte désormais moins sur le volume d’équipements livrés que sur ce que ces moyens permettent réellement de sécuriser, puis de conserver dans le temps. »
« Nommez un seul pays où la présence russe a apporté stabilité et sécurité… » Le site Sahel Horizon, site d’opposition aux régimes militaires de l’AES, élargit le débat : « Nommez un seul pays. C’est la question, sans détour, à ceux qui voient désormais en Moscou le garant naturel de notre sécurité : un seul pays où la présence russe a apporté la sécurité et la stabilité. (…) Les noms viennent vite, puis, pointe Sahel Horizon, se retirent un à un à l’examen. Ce n’est pas faute de terrains : Syrie, Libye, Centrafrique, Mozambique, Haut-Karabakh, Kazakhstan, Mali, Burkina Faso, Niger. Aucun ne résiste à une distinction que l’on se garde bien de faire : la durée d’un régime n’est pas la sécurité d’une population, et la survie d’un palais n’est pas la stabilité d’un pays. »
Et Sahel Horizon de préciser : « Que ceux qui citeront Bangui disent jusqu’où l’on peut rouler seul au-delà de ses faubourgs. Que ceux qui citeront Damas disent où se trouve aujourd’hui celui que l’on y protégeait. Et que ceux qui citeront Kidal disent qui l’occupe actuellement. Moscou sait garder un palais. Il reste aux Maliens à se rappeler qu’un palais n’a jamais été un pays, et que la sécurité qui ne descend pas jusqu’au village n’est que la sécurité de ceux qui l’ont commandée. »
L’amertume des militaires maliens en première ligne On revient plus spécifiquement au Mali, où la dégradation de la situation militaire inquiète… Témoin, les propos de cet ancien ministre, cité par Le Monde Afrique : « Toute la propagande sur la souveraineté retrouvée et la montée en puissance de l’armée s’est fracassée sur la réalité. Et celle-ci est implacable : nous avons perdu Kidal fin d’avril et nos soldats se font massacrer, comme récemment à Dioura. »
« En interne, poursuit Le Monde Afrique, plusieurs sources militaires et proches de l’armée reconnaissent une forme de ressentiment, voire de démotivation, chez certains soldats déployés sur le terrain. “Ceux qui sont en première ligne sont en colère. Ils ne veulent plus être des moutons qu’on emmène à l’abattoir“, confie un officier. “Quand il y a des pertes comme celles qu’on a connues récemment, il y a évidemment des rancœurs. Mais cela n’impacte pas le moral de nos hommes, qui tiennent encore debout et défendent la patrie, quoi qu’il arrive“, tempère un haut gradé. »
En tout cas, pointe Le Monde Afrique, « Assimi Goïta se trouve à nouveau sous pression depuis le carnage de Dioura et la série d’attaques survenues dans le centre du pays. Signe de la tension actuelle : le 20 septembre, deux jours avant la fête de l’indépendance, il a tenu une réunion de crise avec les principaux responsables militaires et sécuritaires du pays. “L’insatisfaction est palpable, conclut un officier. Mais, tant que la troupe mécontente est à plusieurs centaines de kilomètres de Bamako, cela n’est pas gênant pour lui“. »
Enfin, pour sa part, la presse malienne, le site Bamada, entre autres, continue de dérouler les communiqués victorieux de l’armée. D’autres sites maliens, à l’instar de Maliweb, répercutent les récents propos des autorités de Bamako accusant l’Ukraine de soutenir des groupes terroristes opérant dans l’espace de l’AES.
À la Une: le président sénégalais Diomaye Faye à la tribune de l’ONU
2026/09/25
Une bonne partie de la presse sénégalaise reprend ce jeudi les grandes lignes de l’interview que Bassirou Diomaye Faye a accordée à RFI et France 24, et que vous pouvez écouter sur notre antenne ou notre site internet. Sénéplus retient ainsi que « sur l’ONU, le chef de l’État estime que l’organisation reste indispensable malgré ses limites actuelles » et « qu’il défend également la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au secrétariat général de l’ONU, estimant que ses chances restent ouvertes et que son expérience peut servir la défense des intérêts africains et la réforme de l’architecture financière internationale ».
Sénéplus a également retenu que « face aux interrogations sur les éventuelles mesures d’austérité, son gouvernement entend protéger les ménages vulnérables ». Walfnet, de son côté, revient sur le discours du président sénégalais à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, et titre : « Diomaye Faye appelle à une mobilisation face à la multiplication des conflits ». « Le Sahel ne doit pas être abandonné à son triste sort », a notamment lancé le président sénégalais.
À lire aussiBassirou Diomaye Faye sur RFI et France 24: «Qui de mieux que Macky Sall pour défendre la place de l'Afrique à l’ONU?»
Le Maroc dans l'attente d'un gouvernement Le résultat des élections législatives au Maroc fait l'objet de plusieurs commentaires. Le journal Le Matin se penche aujourd’hui sur « les scénarios d’alliance les plus probables », après ces élections. Arrivé en tête avec 97 sièges, « le PAM (le Parti Authenticité et Modernité) doit réunir une coalition d’au moins 198 députés, pour obtenir l’investiture de la Chambre des représentants », explique le quotidien marocain.
« El Mansouri dessine les contours du prochain gouvernement dirigé par le PAM » titre, de son côté, Hespress qui précise : « Fatima-Zahra El Mansouri, coordinatrice nationale de la direction collégiale du parti, refuse de préjuger des choix à venir (…) tout en affichant une ligne politique : aucune porte n’est fermée et les priorités devront désormais être le pouvoir d’achat, la jeunesse et le rétablissement du dialogue avec les citoyens ».
« Après les urnes, quelle majorité pour quelles priorités ? » C’est la question posée par Jeune Afrique. Le site panafricain estime « que l’élection pose plusieurs questions, du fait du fort taux d’abstention et de la remontée du PJD (le parti islamiste) ». « L’élection est terminée », conclut Jeune Afrique. « La négociation politique commence. Il faudra un chef du gouvernement, une coalition, un programme et une majorité pour le porter. Mais derrière cette mécanique institutionnelle demeure une question plus profonde : comment reconnecter la politique à ceux qui ont choisi de ne pas voter ? »
À lire aussiLégislatives au Maroc: le parti islamiste du PJD «a construit sa remontée autour d'un vote sanction»
Mécontentement dans les mines Au Mali, le secteur minier se prépare à faire grève. C’est à la Une d’Afric Telegraph qui annonce : « Au Mali, le secteur minier est menacé de paralysie par un préavis syndical ». Le site d’information panafricain précise que « le secteur minier malien, pilier budgétaire de la transition militaire, fait face à un risque de blocage. Plusieurs comités syndicaux, représentant à la fois des salariés d’exploitations privées et des agents de la Direction nationale de la géologie et des mines, agitent la menace d’un arrêt coordonné de l’activité », principalement dans les mines d’or. Les revendications portent notamment sur les salaires et les primes.
« Pour Bamako », poursuit Afric Telegraph, « la perspective d’une paralysie même partielle du secteur constitue un scénario redouté. Les régies financières s’appuient (en effet) sur les versements réguliers des sociétés minières pour couvrir une part significative des dépenses courantes ». « Le Mali, rappelle également Afric Telegraph, figure parmi les principaux producteurs d'or du continent, aux côtés du Ghana, du Burkina Faso et de l'Afrique du Sud ».
À la Une: Éthiopie, inquiétude autour de la situation au Tigré
2026/09/24
Après la prise de l'aéroport de Mekele et de plusieurs autres aéroports par les forces de défense du Tigré, le journal Libération, à Paris, livre une analyse de la situation.
Libé cite un chercheur de l'université de Mekele. Pour lui, la prise des aéroports vise à « rompre le lien aérien entre Addis-Abeba et le Tigré », et traduit « une volonté d'aller vers une confrontation ouverte afin de provoquer une intervention internationale ».
L'escalade couvait depuis plusieurs mois, rappelle Libération, qui esquisse les scénarios possibles désormais : « Addis-Abeba pourrait répondre par de nouvelles frappes, une rupture des circuits financiers ou un blocus du Tigré, comme pendant la première guerre. »
Mais le journal considère qu'une reconquête terrestre des aéroports précipiterait la région dans un conflit ouvert. Et de citer à nouveau l'universitaire de Mekele : « L'Éthiopie se trouve au bord d'une guerre de grande ampleur. L'escalade des dernières 24 heures, selon lui, marque le passage d'une "paix froide" à "une guerre active sur plusieurs fronts", où "l'espace réservé à la diplomatie a pratiquement disparu". »
Dans la foulée des révélations du Deportation Project Révélations auxquelles RFI est associée et que vous découvrez sur notre antenne depuis lundi. Ce nouveau témoignage : « Le regard perdu dans le vide, Carlos Telles Sanchez pense à son fils de cinq mois, resté aux États-Unis. Il ne l'a encore jamais vu. » À Paris, Le Monde raconte l'histoire de ce Vénézuélien qui avait fui son pays en 2021 et qui s'était installé à Dallas, au Texas, où il travaillait dans une concession automobile. Jusqu'au 20 août dernier, où il est arrêté par l'ICE, la police de l'immigration, alors qu'il est juste allé accomplir une tâche administrative.
Et voilà Carlos Telles Sanchez expulsé vers le Liberia. « J'ai d'abord pensé que c'était le nom d'un autre État américain », raconte-t-il. « Le vol a été un véritable cauchemar. Nous avons été traités comme des criminels. » Aujourd'hui, il est logé dans un hôtel de Marshall, une petite ville côtière située à une cinquantaine de kilomètres de Monrovia, la capitale.
Le Monde rapporte que le Liberia s'est engagé à accueillir jusqu'à 1 200 personnes expulsées des États-Unis au cours des douze prochains mois. Selon The New York Times, Washington aurait accepté de verser 5 millions de dollars au Liberia en échange de la prise en charge des migrants expulsés.
À écouter aussiÉtats-Unis- Afrique : que gagnent les pays qui acceptent les expulsés ?
Au Sénégal, les pannes de courant à répétition sont encore dans la presse ce matin Un compteur électrique, une bougie et le président Bassirou Diomaye Faye, c'est le photomontage à la Une de WalfQuotidien, à Dakar, ce matin. Et ce titre : « Coupures intempestives d'électricité : Diomaye face au tombeur de Diouf et Wade ».
Le journal a interrogé un analyste qui rappelle deux épisodes anciens. 1998, la grève du syndicat Sutelec qui plonge le Sénégal dans une crise de l'électricité. Cette crise, sans doute l'un des éléments déclencheurs du départ d'Abdou Diouf, estime l'analyste, qui rappelle ensuite l'épisode de 2009. Nouvelle crise de l'électricité qui conduira au plan Takkal du président Abdoulaye Wade, une importante restructuration du secteur énergétique. Mais notre analyste estime que, malgré cette réforme, les manifestants de juin 2011 à Dakar protestaient aussi contre les coupures de courant. Les délestages actuels peuvent être très préjudiciables pour le régime lors des prochaines élections, conclut l'article de Walf.
À la veille de l'arrivée du pape en France Cet article est à découvrir sur le site The Conversation : « Ce que les prêtres africains en France révèlent des reconfigurations du catholicisme ». Le site souligne qu'en France, cette année, ce sont 84 nouveaux prêtres qui seront ordonnés. Une baisse constante. En 1960, le pays comptait 65 000 prêtres ; aujourd'hui, il en reste environ 12 000 et 20 % d'entre eux viennent de l'étranger, dont l'écrasante majorité d'Afrique, République démocratique du Congo, Congo-Brazzaville, Bénin, Cameroun, Madagascar, Burkina Faso et Côte d'Ivoire en tête. Le catholicisme français, longtemps émetteur missionnaire, est devenu un espace récepteur, écrit The Conversation.
À la Une: l’Afrique à l’ONU, la portion congrue
2026/09/23
« Rétablir la confiance et gérer la transformation » : c’est le thème officiel de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies qui s’est ouverte hier mardi à New York.
« Et l’Afrique dans tout ça ? », s’interroge L’Observateur Paalga au Burkina Faso. « L’ONU joue un rôle central mais complexe en Afrique, où se concentrent une grande partie de ses opérations de paix, de ses défis humanitaires et de ses programmes de développement. Certes, des pays comme le Lesotho, le Botswana et autres, sont censés avoir la même voix que les États-Unis ou encore la France… Mais en réalité, pointe le quotidien burkinabé, la tribune des Nations unies, bien que prestigieuse, permet à nos chefs d’État de s’écouter parler, souvent dans des salles vides. Ce ne sont pourtant pas les difficultés, les problèmes endémiques qui manquent sur le continent. Une guerre succédant à une autre, et aujourd’hui du Sahel à l’est du Congo, en passant par le Soudan, le Soudan du Sud… de nombreux pays sont désorganisés, en raison de conflits qui perdurent, sans que la fameuse Communauté dite internationale ne puisse y faire grand-chose ».
Faut pas rêver… Le quotidien Aujourd’hui, toujours à Ouaga, renchérit : « Les questions de sécurité et de guerre en RDC, au Soudan, ou encore au Sahel, le problème de la dette et de la justice financière internationale seront aussi dans les discours de nos princes. Pour quels résultats ? Faut pas rêver ! », s’exclame le quotidien ouagalais. « Si l’Afrique est courtisée et est devenue le lieu d’une intense guerre géopolitique, c’est que les puissants de ce monde savent que c’est le continent de l’avenir pour sa jeunesse face à des pays anémiés démographiquement, mais aussi pour ses richesses en sous-sol. Ce sera donc le lieu de tenir des postures de fermeté, estime Aujourd’hui, face aux grands de ce monde dont les règles de coopération suivent le curseur de leurs intérêts : "dis-moi quelles richesses sont enfouies dans ton sous-sol et je te dirai quel genre de partenariat nous ferons". Les discours des Africains devront être de cette tonalité : "Respectez-nous et traitons d’égal à égal" ».
Le beau discours de Guterres… C’était le sens d’ailleurs de l’intervention du secrétaire général de l’ONU lors du récent forum Unstoppable Africa 2026 à New York : « Antonio Guterres en effet a appelé à un changement de modèle dans les relations économiques avec l’Afrique, relève Afrik.com. (…) "Nous devons passer de faire des affaires en Afrique à faire des affaires avec l’Afrique", a-t-il déclaré devant des responsables politiques, investisseurs et dirigeants d’entreprises. Le secrétaire général de l’ONU a plaidé pour davantage de transformation locale des ressources, d’investissements et de partenariats. Objectif : permettre au continent de conserver une plus grande part de la valeur créée. Antonio Guterres a ainsi souligné l’importance croissante de l’Afrique dans l’économie mondiale, relève encore Afrik.com. Il a notamment cité un marché évalué à environ 3 000 milliards de dollars, ainsi que la présence de l’Afrique sur près de 30 % des ressources minérales mondiales et environ 60 % du potentiel solaire de la planète. Le secrétaire général de l’ONU a également mis en avant la progression de la population active africaine, qui constitue l’un des principaux moteurs démographiques de la prochaine période ».
Mieux se faire entendre… Voilà pour les paroles, reste à passer aux actes… C’était le sens, remarque le site Africa News, du discours du président kenyan William Ruto, qui a appelé, en marge du sommet onusien, à « repenser les partenariats internationaux avec l’Afrique et à mieux mobiliser les ressources dont dispose le continent : "la question, a-t-il dit, n’est plus seulement de savoir combien d’argent nos partenaires peuvent apporter à l’Afrique. La vraie question, c’est : comment pouvons-nous mobiliser les ressources que l’Afrique possède déjà ? Cela suppose de repenser notre conception du partenariat international" ».
Déjà, un premier pas serait que l’Afrique puisse mieux se faire entendre… En effet, rappelle le site marocain Atalayar : « Paradoxe du multilatéralisme contemporain : l’Afrique concentre plus de 60 % des débats et des mandats opérationnels du Conseil de sécurité de l’ONU, mais ne dispose d’aucun siège permanent au sein de son instance décisionnelle ».
Et depuis des années, l’Union africaine réclame « au moins deux sièges permanents dotés de toutes les prérogatives — y compris le droit de veto — ainsi que de cinq sièges non permanents ». Et pour l’instant, rien n’a bougé.
À la Une: au Cameroun, l’affaire des lunettes du ministre de l’Économie
2026/09/22
Une affaire de lunettes perdues et quatre journalistes qui se retrouvent en garde à vue pendant cinq jours, accusés de vol… L’affaire se déroule au Cameroun. Et ce qui n’était au départ qu’un écho sur les réseaux sociaux s’est répandu dans nombre de médias camerounais et au-delà.
Tout commence le 16 septembre, raconte CamerounWeb, au Palais des Congrès de Yaoundé : « Quatre journalistes se déplacent pour couvrir la clôture d’une cérémonie officielle de la Banque islamique de développement, présidée par le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey. Mais au lieu de repartir avec leurs notes, leurs enregistrements, leurs reportages, les quatre journalistes repartent menottés. Le motif de cette arrestation ? Une suspicion de vol portant sur les lunettes du ministre… Parce que cet accessoire manque à l’appel, s’exclame Cameroun Web, quatre professionnels de l’information sont brutalement interpellés, transférés au commissariat du 10e arrondissement de Bastos, puis jetés dans les cellules du commissariat central N°1 de Yaoundé. »
De rebondissements en rebondissements Le site Le Bled Parle, autre site d’information camerounais, raconte la suite : « Le lendemain de l’arrestation, un premier rebondissement intervient : les lunettes recherchées sont retrouvées intactes à l’intérieur du véhicule personnel du ministre. Cette découverte écarte donc le soupçon initial de vol, mais ne met pas pour autant un terme à la procédure. Le dossier prend alors une nouvelle orientation. Deuxième rebondissement : les enquêteurs évoquent désormais une suspicion d’"intrusion non autorisée" dans une réunion tenue à huis-clos au Palais des Congrès. Le parquet ordonne alors des investigations complémentaires et le maintien en détention des quatre journalistes. » Maintien en détention qui durera tout le week-end… Finalement, pointe Le Bled Parle, hier lundi, ils sont libérés. « Aucune charge n’a été retenue contre eux et aucune infraction n’a été caractérisée à l’issue des investigations. »
La liberté de la presse au Cameroun « sous pression » Le site Camer s’insurge : « Pourquoi quatre professionnels identifiés, exerçant leur métier, ont-ils été traités comme des suspects pendant cinq jours ? Le premier grief, la disparition des lunettes, n’a pas résisté à 24 heures d’enquête. Les lunettes étaient dans la voiture du ministre. Personne ne les avait volées. Le second grief, l'"intrusion non autorisée" dans une réunion à huis clos, ne tient pas. Le Palais des congrès de Yaoundé est un espace public. La cérémonie de clôture des Journées de la BID était un événement officiel. Des journalistes y étaient présents pour la couvrir. »
Bref, s’interroge Camer : « Une question reste ouverte : combien coûte une paire de lunettes au Cameroun ? Pour ces quatre-là, elle a coûté cinq jours de liberté. »
Camer qui rappelle que « la liberté de la presse est sous pression au Cameroun : cette année, Reporters sans frontières a classé le Cameroun à la 133e place mondiale pour la liberté de la presse, contre la 131e en 2025. Le pays recule. RSF qui note que le Cameroun, malgré l’un des paysages médiatiques les plus riches d’Afrique, reste "l’un des pays les plus dangereux du continent pour les journalistes" ».
Et on revient à Cameroun Web qui renchérit : « Cette affaire jette une lumière cruelle sur la vulnérabilité quotidienne des journalistes au Cameroun. En jetant des reporters en prison pour un soupçon aussi grotesque et sans le moindre mandat, la police ne cherche pas seulement des lunettes : elle aveugle la liberté d’informer. Elle envoie un signal terrifiant à toute une profession : celui que n’importe quel prétexte, aussi dérisoire soit-il, peut servir à museler, humilier et emprisonner un journaliste. »
Le « Lunettesgate » Cette affaire des lunettes du ministre a largement débordé les frontières camerounaises. On en parle au Gabon, au Bénin, et au Burkina Faso, où la presse locale, jamais avare de commentaires, en fait ses choux gras. « Une affaire biscornue aussi rocambolesque qu'hilarante », s’exclame le Faso.net.
« Chiffonnée aux entournures et en colère, on ne le serait à moins, s’exclame Aujourd’hui, la corporation est vent debout contre cet opprobre jeté à la profession. Ce "Lunettesgate" au Cameroun qui a envahi la toile n’en demeure pas moins un indicateur, affirme le site burkinabè : les journalistes côtoient le pouvoir, mais risquent à tout moment d’être pris à partie (…). Ce "Lunettesgate" souligne que les journalistes camerounais doivent avoir le dos large pour être prêts à encaisser les désidératas des puissants. »
À la Une: l’offensive des jihadistes dans le centre du Mali
2026/09/21
« Six pick-up et dix motos, plus de deux cents fusils d’assaut Kalachnikov, une cinquantaine de mitrailleuses lourdes, une dizaine de lance-roquettes, plusieurs mortiers, d’innombrables caisses de munitions… Dans des images de propagande, relève Le Monde Afrique, diffusées en fin de semaine dernière, le GSIM, le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans, la franchise sahélienne d’al-Qaida, a étalé l’impressionnant butin qu’il a saisi une semaine plus tôt dans le camp militaire de Dioura. De quoi équiper des centaines de ses combattants et lancer de nouvelles attaques dans les semaines à venir. Celle menée par les jihadistes le 10 septembre dernier contre cette place forte des FAMa, les Forces armées maliennes, dans le centre du pays, déjà ciblée à plusieurs reprises par le passé, a été la plus meurtrière, constate encore Le Monde Afrique, depuis leur offensive d’ampleur du 25 avril, lancée conjointement avec les indépendantistes à dominante touareg du Front de libération de l’Azawad. L’armée malienne a reconnu l’assaut contre son camp à Dioura et affirmé avoir mené des frappes de riposte dans la zone, mais n’a pas communiqué le nombre de victimes dans ses rangs ».
Au moins 100 morts dans les rangs des FAMa et plus de 80 prisonniers Selon une dépêche de l’Agence France Presse, qui s’appuie sur des sources militaires, sécuritaire et locale, dépêche reprise notamment par Le Monde Afrique : « au moins 100 militaires maliens et cinq paramilitaires russes de l’Africa Corps ont été tués, et plus de 80 ont été faits prisonniers, le 10 septembre lors de cette attaque jihadiste d’ampleur contre le camp militaire de Dioura. Une source sécuritaire à Mopti s’exprimant sous couvert d’anonymat en raison du contexte précise : "les soldats ont manqué de soutien aérien, beaucoup en étaient à leur premier déploiement sur le terrain". »
Contre-attaques et opérations d’évacuation Pour sa part, la presse malienne, notamment Sahel Tribune, Maliweb et Bamada, reprend un communiqué de l’état-major des FAMa daté de samedi dernier, communiqué qui annonce que « les unités engagées dans le secteur de Dioura ont poursuivi ce jour-là des frappes ciblées contre des positions ennemies résiduelles aux abords de la garnison militaire et dans la périphérie de la ville, infligeant de lourdes pertes humaines et matérielles aux groupes terroristes et contribuant à désorganiser leur dispositif ».
L’état-major malien affirme également qu’une « opération aéroterrestre d’envergure, combinant actions offensives et rotations d’hélicoptères de transport, a permis l’évacuation des deux compagnies des FAMa qui ont tenu la garnison de manière héroïque, malgré des conditions d’engagement qualifiées de difficiles ».
Et surtout, fait rare : l’état-major malien reconnait des pertes : « cette opération, engagée depuis plus d’une semaine, a coûté la vie à plusieurs soldats maliens, tout en infligeant des pertes importantes aux assaillants ». L’état-major malien n’annonce aucun chiffre.
Objectif Bamako ? Pour Le Matin d’Algérie, « la démonstration est brutale : malgré le renforcement des FAMa et l’appui de l’Africa Corps russe, le cœur du dispositif sécuritaire malien reste vulnérable. (…) La stratégie du GSIM, pointe le quotidien algérien, semble évoluer vers une combinaison de pression militaire, d’étranglement logistique et de harcèlement des centres de pouvoir. Après les offensives autour de Bamako au printemps, le groupe avait déjà cherché à perturber l’approvisionnement de la capitale en carburant. Le précédent blocus des axes routiers avait provoqué de graves pénuries et montré que les jihadistes pouvaient exercer une pression économique sur Bamako sans avoir besoin de conquérir la capitale. La nouvelle séquence est différente, donc, relève Le Matin d’Algérie. Elle vise directement les infrastructures militaires. Dioura, mais aussi Konna, Sévaré, Kasséla : les cibles dessinent une géographie inquiétante. Le centre du pays est attaqué, les capacités aériennes sont ciblées et les abords de Bamako sont de nouveau atteints. (…) Le paradoxe est désormais difficile à masquer, pointe encore le quotidien algérien : plus la junte concentre son appareil sécuritaire autour des centres de pouvoir, plus les groupes armés peuvent chercher à frapper ailleurs, puis à revenir aux portes de Bamako. Mais qui va arrêter les terroristes du GSIM ? La voie vers Bamako se précise ».
À la Une: l’espace médiatique se rétrécit en Guinée
2026/09/18
« De la mise en demeure au bannissement », constate Ledjely à Conakry. « La HAC, la Haute Autorité de la Communication, a ordonné hier l’interdiction totale et immédiate de diffusion de la chaîne de télévision France 24 “par tout vecteur technique“ : satellite, câble, applications mobiles, sites internet et réseaux sociaux. Une sanction radicale, pointe le site guinéen, sans précédent pour un média international depuis l’arrivée de Mamadi Doumbouya à la magistrature suprême et qui n’est pas tombée sans avertissement : la veille, le régulateur avait d’abord adressé une mise en demeure à la chaîne, avant de durcir le ton faute de réaction jugée satisfaisante. »
« Tout est parti, précise Ledjely, d’une séquence diffusée le 15 septembre, dans laquelle un présentateur de France 24 avait qualifié Mamadi Doumbouya de “président putschiste“. Dès le lendemain, la HAC a donc franchi un premier palier : une mise en demeure formelle reprochant à la chaîne l’emploi d’un “qualificatif inapproprié“ pour désigner le chef de l’État. Le régulateur estimait que cette qualification n’avait plus lieu d’être depuis l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 et la prestation de serment du président guinéen, et exigeait des rectifications éditoriales sous peine de sanctions. C’est cette étape intermédiaire qui change toute la donne dès le lendemain, pointe encore Ledjely. La HAC affirme alors que France 24 a opposé un “refus manifeste, délibéré et caractérisé“ d’appliquer cette mise en demeure et de cesser l’usage des termes incriminés. »
Pour sa part, France 24 affirme avoir présenté des excuses le jour même de la mise en demeure. Cette réaction n’a toutefois pas empêché la HAC de prononcer l’interdiction de la chaîne le lendemain.
« La légitimité de la Guinée ne se commente depuis un plateau parisien » À lire sur le site Média Guinée, ce commentaire de Lansana Diawara, responsable d’un organisme public d’aide sociale : « que France 24 comprenne bien une chose : la légitimité de la Guinée ne se commente pas depuis un plateau parisien, affirme-t-il. Nous sommes une nation souveraine avec un peuple libre et un président élu. Vous pouvez être en désaccord avec nos institutions, mais le désaccord ne doit pas être désagréable. Le respect que nous exigeons, ce n’est pas pour un seul homme, c’est pour le choix souverain de plus de 17 millions et demi de Guinéens. » Et Lansana Diawara conclut ainsi : « l’Afrique a ses valeurs. La Guinée a ses modèles. Et notre modèle aujourd’hui, c’est le général Mamadi Doumbouya. »
Jeune Afrique aussi… « En Guinée, un mot de trop fait basculer France 24 dans l’interdit », relève pour sa part le site Afrik.com. Afrik.com qui relève que cette « décision visant France 24 intervient au lendemain d’une autre mesure prise par la HAC. L’autorité guinéenne avait annoncé le retrait immédiat de l’accréditation journalistique de Mamadou Diawo Barry, correspondant de Jeune Afrique. » Officiellement pour « manquements professionnels », sans préciser les articles incriminés.
Jeune Afrique qui a réagi hier en estimant que cette éviction « ne reposait sur aucune imputation précise susceptible d’étayer les accusations, aussi vagues que graves, censées la justifier. » Le média panafricain « demande donc à la HAC, laquelle se dit attachée “à la liberté de la presse et au pluralisme médiatique“, de reconsidérer une décision arbitraire qui n’honore pas les principes de cette institution. »
Les médias privés guinéens aussi… Outre les médias internationaux, certains médias guinéens ont également subi les foudres de la HAC ces dernières années. C’est ce que rappelle le site All Africa : « En décembre 2023, la HAC avait demandé à Canal+ de suspendre la diffusion de plusieurs médias privés guinéens. Djoma TV et Djoma FM avaient été concernés par une première décision, avant que des contenus d’Evasion TV et d’Espace TV ne soient à leur tour retirés du bouquet quelques jours plus tard. »
« La situation s’est durcie l’année suivante, pointe encore All Africa. Les autorités guinéennes ont retiré les agréments de plusieurs médias privés, dont Espace FM, Espace TV, Sweet FM, Djoma FM, Djoma TV et FIM FM. Selon le ministère de l’Information et de la Communication, ces décisions étaient liées au “non-respect“ des cahiers des charges et aux obligations imposées aux médias en matière de traitement de l’information. »
Enfin, ce rappel, à lire notamment dans Le Monde Afrique : « Depuis l’arrivée au pouvoir du général Doumbouya en Guinée, relève le journal, les principaux partis politiques ont été dissous, les manifestations, interdites, sont réprimées et de nombreux dissidents ont été arrêtés, condamnés, poussés à l’exil ou sont portés disparus. Ces dernières années, l’accès à Internet et aux réseaux sociaux a été restreint à plusieurs reprises. »
À la Une: la guerre asymétrique au Mali et son cortège de victimes civiles
2026/09/17
Les communiqués militaires se suivent et se ressemblent dans la presse malienne. L’accent est toujours victorieux et l’action des Forces armées maliennes (Fama) est portée aux nues.
Dernier exemple en date, à lire sur le site Maliweb : « Dans le cadre de la poursuite de leurs missions de sécurisation du territoire national et de la lutte implacable contre le terrorisme à travers l’opération Dougoukoloko, les Fama, appuyées par leurs partenaires, ont mené lundi dernier avec succès de nouvelles actions de neutralisation de groupes armés terroristes, dans la région de Dioura dans le centre du pays. »
Il s’agit d’une opération de représailles : jeudi 10 septembre, le camp de l’armée de cette localité de Dioura avait été attaqué par un groupe jihadiste. Plusieurs dizaines de militaires maliens et de combattants russes avaient été tués et plus de cinquante militaires avaient été faits prisonniers.
Autre communiqué victorieux à lire sur le site Bamada, publié ce jeudi et qui concerne toujours cette région de Dioura : « les Fama poursuivent leurs opérations aéroterrestres avec rigueur, professionnalisme et détermination. » Et dans ce même communiqué, on peut lire : « l’État-Major général des Armées invite les populations à maintenir leur soutien et leur confiance aux forces engagées. »
Au moins 25 % des morts sont des civils Justement, les populations civiles sont particulièrement exposées dans ce conflit. Elles sont en butte aux attaques des groupes armés mais elles sont aussi parfois victimes de l’armée régulière et des supplétifs russes. C’est ce que confirme une enquête publiée par Jeune Afrique. Durant plusieurs mois, le média panafricain et le site Bellingcat, avec la participation de l’ONG The Sentry, ont enquêté sur les frappes de drones menées par l’armée malienne et par les Russes d’Africa Corps. Au moins un quart d’entre elles font des victimes civiles. « C’est la face cachée d’une impitoyable reconquête », affirme Jeune Afrique.
Comment cette enquête a-t-elle été menée ? « À partir d’une base de données de 60 frappes de drones et explosions, et en fonction de la disponibilité de preuves en sources ouvertes », le média panafricain et ses partenaires « ont reconstitué de manière indépendante douze d’entre elles. Images géolocalisées, vues satellite, débris de munitions ou témoignages humains ont permis d’évaluer les résultats de ces bombardements qui se veulent chirurgicaux et d’en déterminer le contexte. Un constat s’impose, relève Jeune Afrique : des civils ont été pris pour cibles de façon répétée, dans des opérations présentées par les autorités maliennes comme visant les groupes terroristes. Ainsi, précise le site, sur les douze frappes analysées dans notre enquête, nous avons recensé un total de 146 morts civiles. Rapporté à une période de trois ans (entre septembre 2023 et août 2026), ce bilan s’établit à 731 victimes civiles pour 199 frappes menées par les Fama et leurs alliés. »
Punition collective ? Pour Jeune Afrique, on est en présence d’un « conflit asymétrique dans lequel les civils sont des victimes récurrentes. Éleveurs, orpailleurs et autres citoyens vaquant à leurs occupations sont régulièrement tués par des frappes dont il est difficile de déterminer l’intentionnalité, tant le secret entoure la décision de ciblage au sein du commandement malien. “Ce que l’on observe, c’est un élargissement considérable de la façon dont les autorités maliennes définissent ce qui constitue une cible légitime, leur permettant d’agir avec une forme d’impunité“, précise le chercheur Yvan Guichaoua. Une analyse partagée par un autre analyste senior, cité par le site : "les Fama et leurs partenaires semblent considérer les civils vivant dans des zones sous l’influence de militants ou de rebelles comme complices, appliquant ainsi une forme de punition collective dans laquelle la présence de civils ou leur association présumée avec des groupes armés sert à justifier des attaques". »
Et Jeune Afrique de préciser avoir « contacté l’armée malienne pour lui faire part des conclusions de cette enquête. Nous n’avons pas reçu de réponse substantielle au moment de la publication, pointe le site. À l’instar de nombreux gouvernements, Bamako ne reconnaît jamais officiellement la mort de civils lors de ses bombardements. Mais, en privé, des officiers admettent des “bavures“ (…). »
Podcast sponsorship advertising
Start advertising on Revue de presse Afrique relevant audience podcasts
You may also like to advertise on these Podcasts

4.82484177
Smosh Reads Reddit Stories
Smosh

4.975128744
Small Town Murder
James Pietragallo, Jimmie Whisman

4.71267593
Bulwark Takes
The Bulwark

4.8583398
Didn't I Just Feed You
Stacie Billis and Meghan Splawn

4.4503509
Warfare
History Hit

4.8296521975
Fantasy Footballers - Fantasy Football Podcast
Fantasy Football

4.712826544
True Crime All The Time
Emash Digital

4.8159981996
Watch What Crappens
Ben Mandelker & Ronnie Karam

4.638681155
Modern Wisdom
Chris Williamson

4.66166304
True Crime with Kendall Rae
Mile Higher Media & Audioboom Studios