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Revue de presse Afrique

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Rating
★★★★★
5
from
3 reviews
Categories
Country
United States
This podcast has
51 episodes
Language
French
Publisher
RFI
Explicit
No
Date created
2020/02/24
Latest episode
2026/10/28
Average duration
5 min.
Release period
2 days

Description

Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.

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À la Une: l’opposition donne de la voix en RDC
2026/10/28
C’est le ni-Tshisekedi ni-Kabila… « L’opposition congolaise réunie sous la bannière de la C64, la Coalition article 64, a réaffirmé, hier, son opposition, pointe le site de Radio Okapi, à toute modification de la Constitution en République démocratique du Congo, à un troisième mandat présidentiel ainsi qu’à un éventuel report des élections prévues en 2028. La C64 s’oppose également à toute prise du pouvoir par les armes et toute tentative de balkanisation du pays. » Un dialogue inclusif ? En fait, analyse Afrikarabia, site spécialisé sur la RDC, « la Coalition C64 tente de sortir du piège du face-à-face Tshisekedi-Kabila qui vampirise la crise politique congolaise depuis que l’ancien président a annoncé prendre la tête de la rébellion armée avec la création du FRN, le Front pour la Refondation de la Nation. Pour encore peser sur la scène politique, l’opposition devait trouver un nouveau positionnement. Après deux jours de réunion à Rome, hier et avant-hier, les cinq leaders de la C64, Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga, Augustin Matata Ponyo et Jean-Marc Kabund, ont trouvé un trou de souris, pointe Afrikarabia, une stratégie lisible, entre la condamnation du recours aux armes de Joseph Kabila et la volonté de changer la Constitution de Félix Tshisekedi pour s’offrir un troisième mandat. (…) Le communiqué final de la C64 renvoie donc dos à dos Tshisekedi et Kabila, avec un message commun : "il n’y a pas d’issue militaire à la crise". Les opposants plaident donc "pour un dialogue inclusif avec toutes les parties sans exclusive", ce qui valide leur soutien (sans le nommer) à la présence de Joseph Kabila (à ces éventuelles négociations). Un point qui a fait particulièrement débat au sein de la C64 ». Convier Kabila ? Interrogé par Jeune Afrique, l’opposant Delly Sesanga, président d’Envol, défend la stratégie de la coalition : « Je rejette la conquête du pouvoir par la force armée, comme je rejette sa confiscation par des manœuvres contre la Constitution. Toutefois, affirme-t-il, rejeter une rébellion ne signifie pas exclure ses responsables de toute discussion destinée à y mettre fin. Une place dans une négociation de paix n’est ni une approbation politique ni une absolution, encore moins un droit à gouverner. » Alors s’asseoir à une table de négociation avec Kabila, oui, mais pour Delly Sesanga, « la C64 ne doit être ni son relais politique ni sa caution démocratique. L’opposition à Félix Tshisekedi ne suffit pas à rendre compatibles des projets et des méthodes qui ne le sont pas. La logique militaire a montré ses limites ». Quel impact réel ? Le quotidien Le Pays au Burkina s’interroge sur cette crise militaro-politique en RDC : « Peut-on encore éviter l’engrenage ? (…) Cette offensive diplomatique de l’opposition congolaise est menée tambour battant : Rome, puis Bruxelles, en passant par Paris, Madrid et Londres. Elle vise à exercer une pression sur Kinshasa afin de prévenir une aggravation de la crise politique et sécuritaire. Mais, s’interroge le site burkinabé, au-delà des rencontres annoncées et des déclarations de principe, quel impact réel cette démarche peut-elle avoir sur une crise dont les racines sont profondément ancrées dans les contradictions d’une classe politique qui a fini par transformer l’espérance des Congolais en un éternel rendez-vous avec la déception ? Les diplomates européens peuvent certes ouvrir des portes et encourager le dialogue, mais, affirme Le Pays, ils ne sauraient fabriquer l’unité d’une opposition longtemps traversée par des ambitions concurrentes, ni imposer une solution durable à des acteurs qui peinent à s’accorder sur l’essentiel. Le risque est donc de voir cette tournée accoucher de quelques promesses diplomatiques, de communiqués convenus et de poignées de mains symboliques, sans véritable infléchissement de la situation intérieure. » Jouer la montre ? Enfin, on revient à Afrikarabia qui n’est pas plus optimiste… « C’est donc par la voie d’un dialogue inclusif que l’opposition souhaite résoudre la crise. Reste maintenant à savoir si les deux protagonistes, Tshisekedi et Kabila, qui n’ont aucun intérêt à donner des gages à l’opposition politique, vont accepter la rencontre et dans quel calendrier. Félix Tshisekedi a tout intérêt à jouer la montre jusqu’à l’approche des élections de 2028 et Joseph Kabila doit désormais montrer que le FRN est en mesure d’inquiéter militairement Kinshasa. Deux calendriers peu compatibles avec une quelconque volonté de dialogue national. »
À la Une: la maigre moisson des footballeurs africains au Ballon d’Or 2026
2026/10/27
« L’Afrique a été représentée par deux joueurs dans le classement masculin du Ballon d’Or 2026, relève Fraternité Matin à Abidjan. Le défenseur marocain Achraf Hakimi s’est hissé à la 13e place du prestigieux trophée, confirmant son statut parmi les meilleurs joueurs de sa génération. De son côté, l’attaquant sénégalais Sadio Mané occupe la 29e place ex aequo avec le défenseur français William Saliba. » Déception donc… Le site Foot Africa s’interroge : « Comment Sadio Mané est-il passé de la 2e place en 2022 à la 29e en 2026 ? Ce classement (médiocre) de l’attaquant sénégalais intervient malgré une saison impressionnante avec Al-Nassr et sa contribution au parcours du Sénégal jusqu’en finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025. » Même constat pour Achraf Hakimi… « Le Marocain du PSG avait de solides arguments à faire valoir, pointe Afrik-foot. L’exercice 2025-2026 lui avait permis de garnir encore son armoire à trophées avec la Ligue des champions, la Ligue 1, la Coupe d’Afrique des nations (dans l’attente de la décision du TAS), la Supercoupe de l’UEFA et le Trophée des champions. À cela s’ajoute un quart de finale de Coupe du monde. De ce point de vue, sa treizième place représente une forme de déception. Sixième en 2025, le Marocain recule de sept rangs en un an, ce qui peut sembler sévère au vu de son palmarès. » Pourquoi ? Plus largement, soupire Afrik.com, « aucun joueur du continent ne figure parmi les douze premiers, alors que l’édition 2025 avait placé Mohamed Salah et Achraf Hakimi dans le top 6. (…) L’Afrique enregistre (donc) un net recul dans le classement du Ballon d’Or, constate le site panafricain. Plusieurs éléments d’explication : Mané joue désormais en Arabie saoudite, un championnat moins exposé que les ligues européennes. Son parcours à la Coupe du monde 2026 a aussi pesé. Le Sénégal a été éliminé en seizièmes de finale, et l’attaquant n’a pas marqué en quatre matchs. Enfin, la finale de la CAN contre le Maroc fait (toujours) l’objet d’une procédure devant le Tribunal arbitral du sport, ce qui laisse planer un doute sur l’attribution du titre. Achraf Hakimi recule (donc) également, déplore encore Afrik.com. Sixième l’an dernier, le latéral marocain perd sept places malgré une deuxième Ligue des champions remportée avec le Paris Saint-Germain. (…) Hakimi paie peut-être la forte présence parisienne dans le classement, qui partage les voix entre coéquipiers. Marquinhos, Mendes, Neves, Pacho et Vitinha figurent tous entre la 14e et la 25e place. Et le tenant du titre, Ousmane Dembélé, figure encore parmi les onze joueurs restants ». « Vivement un successeur pour Mister George ! » « Le Ballon d’Or brille, l’Afrique dort ! », peste WakatSéra à Ouagadougou. « Le prochain Ballon d’Or sera-t-il Africain ? Rien n’est moins sûr, répond le site burkinabè, mais « c’est une interrogation qui s’invite, malheureusement, très peu dans le débat, depuis le sacre, en 1995, du Libérien George Weah, le premier, et jusque-là, seul Africain, Ballon d’Or européen. (…) Certes, l’Afrique possède aussi son (propre) concours du Ballon d’Or, mais les meilleurs Africains sont sociétaires de ces grands clubs européens où ils ont exporté la magie du football du continent. Et à ce titre, ils doivent bien pouvoir être régulièrement nominés et parfois mériter le trophée ». Alors, « vivement un successeur pour Mister George, s’exclame WakatSéra, afin que l’Afrique ne dorme plus au Ballon d’Or ! » Les Églises évangéliques de plus en plus puissantes en Afrique Et puis tout autre chose avec cette enquête à lire dans Le Monde Afrique, enquête sur ces « lobbys évangéliques américains qui exportent leur guerre culturelle en Afrique » : « Profitant du discours en vogue sur le continent autour des "valeurs traditionnelles africaines" menacées par la "perversion" de l’Occident, la droite évangélique américaine, constate Le Monde Afrique, a su exporter son idéologie ultraconservatrice auprès de certains dirigeants africains. » Le premier des quatre volets de cette enquête nous emmène en Ouganda : « Ce pays, l’un des plus pieux d’Afrique, est l’épicentre d’un vaste mouvement réactionnaire qui déferle sur le continent. Depuis vingt ans, relève Le Monde Afrique, il est labouré par des lobbys évangéliques américains qui y ont vu un candidat idéal pour implanter leur idéologie visant à rejeter toute réforme progressiste : les rites évangéliques y sont en plein essor depuis le schisme du clergé ougandais avec l’Église anglicane en 2003. »
À la Une: des troupes algériennes au Niger
2026/10/26
C’est « un tournant militaire inédit », s’exclame Le Matin d’Algérie. « Sans surprise, le Conseil algérien de la nation a approuvé hier à l’unanimité l’envoi d’un détachement de l’Armée nationale populaire au Niger, une décision qui marque un tournant dans la doctrine militaire du pays. » En effet, précise le site algérien, « l’Algérie a longtemps été attachée au principe de non-intervention militaire hors de ses frontières. Si ce déploiement se concrétise, il s’agira d’un engagement terrestre inédit depuis la participation de l’armée algérienne à la guerre israélo-arabe de 1973. » « L’Algérie abandonne définitivement sa posture historique de neutralité stricte et de simple médiatrice, commente le site Algérie Patriotique. En entrant de plain-pied dans l’arène des interventions directes, elle s’affirme comme une puissance régionale prête à user de la force pour sanctuariser ses intérêts vitaux. » Intérêts pétroliers ... Alors pourquoi l’Algérie s’apprête-t-elle à envoyer des troupes au Niger ? La réponse tient en un mot : le pétrole. La Sonatrach, la compagnie pétrolière algérienne, exploite en partie le champ pétrolier de Kafra qui se trouve dans le nord du Niger, dans la région d’Agadez. C’est un « axe important de la coopération énergétique entre Alger et Niamey, précise le site Algérie 360. En août dernier, les deux pays ont posé la première pierre d’un programme de quatre puits d’exploration. Un gazoduc stratégique, en cours de réalisation, doit aussi exporter du gaz vers l’Europe. D’après le ministère nigérien du Pétrole, les ressources prospectives du champ pétrolier de Kafra pourraient atteindre 2 milliards et demi de barils dans sa partie nord. » … et sécuritaires Au Niger, la presse insiste sur le volet sécuritaire : « Cette décision des autorités algériennes s’inscrit dans le prolongement d’une série d’actions d’assistance menées au cours des derniers mois par l’Algérie pour soutenir le pouvoir en place à Niamey face aux menaces de déstabilisation, pointe le site Actu Niger. Début août, l’Algérie avait matérialisé son soutien logistique en livrant quatre hélicoptères militaires aux forces armées nigériennes. Quelques semaines plus tard, le 30 août, suite à la tentative de coup de force à Niamey, Alger avait déployé quatre avions de combat de type Sukhoï Su-30, dans le cadre d’une mission de soutien à l’armée nigérienne. (…) Et mercredi dernier, précise encore Actu Niger, l’Algérie et le Niger signaient un nouveau protocole d’accord de coopération militaire. » Le site nigérien constate par ailleurs que les autorités de Niamey restent plutôt discrètes sur cette aide militaire : « Il faut dire que le sujet est très sensible dans le contexte de la refondation portée par les militaires du CNSP au pouvoir, qui ont fait de la fin de la présence des troupes étrangères sur le sol nigérien le symbole par excellence de la “souveraineté retrouvée et effective” du pays. Leurs premiers faits d’armes au lendemain du coup d’État contre Mohamed Bazoum, en juillet 2026, avaient été de “chasser” du sol nigérien les troupes étrangères, notamment françaises, américaines et européennes. » Contrer les groupes armés qui opèrent depuis la Libye Enfin, Le Monde Afrique précise qu’avec l’envoi de ce contingent, « l’Algérie ciblerait avant tout les flux de passages entre la Libye et le Niger et, au-delà, le contrôle des accès entre le Maghreb et le Sahel. Elle aurait notamment dans son viseur certains groupes armés préparant des attaques contre le régime de Niamey à partir du Sud libyen, notamment le FPL, le Front patriotique de libération. Dirigé par le chef toubou Mahmoud Salah, le FPL se réclame de l’ancien chef d’État nigérien Mohamed Bazoum, renversé par le putsch de 2023. Et il bénéficie du soutien plus ou moins avoué de Saddam Haftar, le fils et dauphin du maréchal Khalifa Haftar, l’“homme fort“ de la Cyrénaïque (la Libye orientale). » D’après un expert cité par le journal, « l’Algérie veut surtout neutraliser cette menace en provenance du nord du Niger et qui risque de renverser la junte de Niamey ». Commentaire du Monde Afrique : « Cet impératif s’impose d’autant plus que certains de ces groupes repliés dans cette zone – le FPL de Mahmoud Salah ou le MPLJ de Moussa Kounaï – se sont illustrés à partir de 2025 par des attaques ciblant des infrastructures pétro-gazières du Niger. »
À la Une: la libération de deux otages européennes détenues au Niger
2026/10/23
« C’est la fin d’un long calvaire pour Claudia Abbt et Eva Gretzmacher, écrit Jeune Afrique. Les deux otages détenues depuis plus d’un an et demi par les jihadistes de l’État islamique au Sahel ont été libérées. » Une photo les montre côte à côte, chacune le front ceint d’un turban, assises dans l’avion qui les a ramenées à Benghazi, en Libye. Car c’est la Libye qui est à la manœuvre derrière la libération de la Suissesse de 76 ans et de l’Autrichienne de 69 ans.   « C’est Saddam Haftar (le fils du maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle l’est de la Libye), nous explique Jeune Afrique, qui a servi de courroie de transmission au cours de longues et complexes négociations, durant lesquelles se sont multipliés les intermédiaires chargés de traiter avec le groupe terroriste ». Les deux femmes ont donc quitté le Niger. L’Autrichienne Eva Gretzmacher vivait à Agadez depuis près de 30 ans et « était active au sein de l’association culturelle Amanay », précise Jeune Afrique, alors que Claudia Abbt, « mariée à un Nigérien, avait fondé Tellit, une organisation soutenant les artisans locaux ». L'Ouganda à l'offensive « Ebola à Abuja : la guerre diplomatique du déni sanitaire entre l’Ouganda et l’OMS », titre Afrik.com. À la base de cette guerre diplomatique, explique le site d’information panafricain, « la confirmation d’un cas d’Ebola à Abuja plonge l’Afrique de l’Ouest dans l’inquiétude. Diagnostiquée positive à la souche rare de Bundibugyo, la patiente, diplomate, se trouve au cœur d’un litige épidémiologique continental. Les institutions sanitaires internationales cherchent à retracer son itinéraire pour comprendre l’origine de sa contamination. » Car c’est cet itinéraire qui est au cœur du débat : les autorités cherchent à savoir où précisément la patiente a pu être contaminée. L’Ouganda, où elle a séjourné, « affirme qu’elle s’est rendue en République démocratique du Congo. À l’inverse, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l’Africa CDC (institution de santé publique de l’Union africaine) soutiennent qu’aucun séjour congolais n’apparaît dans son dossier ». Afrik.com rappelle que « l’Ouganda, qui s’est déclaré exempt de la maladie en juillet, rejette fermement l’existence de tout foyer actif sur son propre territoire national ». C’est la science qui devrait finalement permettre d’en savoir plus. « Pour trancher ce différend politique, les scientifiques effectuent actuellement le séquençage génétique du virus prélevé sur la malade », explique Afrik.com. La Gambie, nouveau point de départ des migrants africains Les routes migratoires depuis l’Afrique de l’Ouest sont en train de changer… C’est l’analyse que fait APA News sur la base de données de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), publiée à la mi-octobre. Selon ces données, « le renforcement des contrôles migratoires au Maroc, en Mauritanie et au Sénégal contribue à déplacer vers le sud les points de départ des migrants ouest-africains qui tentent de rejoindre l’Europe ». C’est ainsi que la Gambie se distingue, « dans cette recomposition des itinéraires vers les îles Canaries, tandis que les opérations de sauvetage et les naufragés témoignent des risques associés à ces traversées ». « Le 3 septembre dernier, une pirogue partie des côtes gambiennes a été secourue au sud des Canaries, après 26 à 27 jours de dérive, poursuit l’Agence de presse africaine. Selon la plateforme "Sur les traces du migrant", 128 personnes avaient embarqué au départ, mais seuls 45 passagers ont survécu. Plus de 80 personnes, dont un nourrisson, ont péri au cours de cette traversée. » Les itinéraires des migrants évoluent, donc, et les passeurs n’y sont pas pour rien, explique APA News. « La recomposition des itinéraires s’accompagne d’une activité de réseaux présumés de trafic de migrants opérant à travers plusieurs pays. Dans une affaire révélée le 1er octobre, un réseau transnational entre le Sénégal, la Gambie et la Guinée-Bissau aurait ainsi été démantelé. »
À la Une: la grève générale au Sénégal
2026/10/22
Le Sénégal a entamé mercredi 21 octobre trois journées de mobilisation sociale à l’appel du Front syndical pour la défense des travailleurs (FSDT). « Ce mouvement, relève le site Xalima, intervient dans un climat de tensions autour du pouvoir d’achat, de l’emploi, de la protection sociale et du respect des engagements pris par l’État. Plusieurs organisations syndicales se sont jointes au mouvement, notamment dans les secteurs de l’enseignement, de la santé, de la justice et des transports. » D’après le FSDT, rapporte Dakar Actu, « la première journée de grève a été massivement suivie, à 90 % sur l’ensemble du territoire national. Le FSDT qui dénonce des réquisitions illégales des autorités des régions ; des intimidations et des menaces de certaines directions ainsi que des tentatives de division entre syndicats. Enfin le Front syndical appelle l’ensemble des travailleurs à “se mobiliser davantage“ pour la poursuite de la grève aujourd’hui et demain. Il conclut son message par ces mots : “la lutte continue !“ » Certains journaux tempèrent ce bel enthousiasme : « grève générale, impact variable », nuance Walf Quotidien. « Un mouvement en demi-teinte », relève Le Soleil. En tout cas, constate Le Quotidien, « hôpitaux au ralenti, démarches administratives bloquées et tensions sur le réseau énergétique : la répétition des débrayages généraux plonge le Sénégal dans une crise d’une gravité inédite. Entre perte de productivité, recul des recettes fiscales et menace sur le climat des affaires, cette nouvelle vague de contestations met à rude épreuve la résilience de l’économie. » Le bras de fer Faye-Sonko Ce mouvement social intervient dans un contexte tendu entre le gouvernement et les parlementaires à propos du budget. « Le groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes, rapporte Seneplus, indique que, “malgré quelques compromis notés“, un “consensus global et solide“ n’a pas pu être trouvé avec le gouvernement sur le projet de loi de finances rectificative. À la demande du gouvernement, les parlementaires ont décidé de se retrouver ce jeudi pour poursuivre les travaux de la commission. »  Et le désaccord est profond entre l’exécutif dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye et le Pastef de son ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Walf Quotidien explique : « Ce n’est pas seulement une éventuelle hausse des prix des denrées alimentaires sous les diktats du FMI qui pousse le parti d’Ousmane Sonko à menacer de ne pas voter le projet de loi de finances rectificative. Le coordonnateur national des cadres de Pastef, Amadou Babo Ba, affirme que ce projet révèle une “dégradation préoccupante“ des finances publiques du Sénégal. Mais le plus inquiétant encore, selon lui, ce sont 555 milliards de francs CFA de crédits d’investissement qui sont réduits, alors que les besoins en infrastructures, en santé, en éducation et en emploi restent considérables. » Tendre la main aux syndicats ? Pour Le Pays au Burkina, « Bassirou Diomaye Faye a tout intérêt à circonscrire l’incendie au risque de le voir prendre des proportions insoupçonnées. Pour ce faire, il faudra, plutôt que de se contenter de bander les muscles, tendre la main aux syndicats afin que soient trouvées des solutions durables à leurs revendications. Surtout que ces derniers accusent le duo Faye-Sonko de n’avoir pas tenu sa promesse alors même qu’il avait promis le ciel et la terre à ses compatriotes. Aujourd’hui, le constat est tout autre, pointe le quotidien ouagalais. Car, non seulement Faye et Sonko ne parlent plus le même langage au point qu’ils ne veulent plus se voir en peinture, pire, les conditions de vie et de travail des Sénégalais se sont fortement détériorées (…). » La rupture n’est pas celle à laquelle s’attendaient les Sénégalais Enfin, le site d’information Senego s’agace de ce bras de fer : « Lundi, les obligations du Sénégal ont plongé à New York, leur pire chute depuis début septembre. La raison est simple : Ousmane Sonko menace de bloquer le budget de Bassirou Diomaye Faye. Quand les deux hommes qui dirigent le pays ne se parlent plus que par menaces, les investisseurs font leurs valises. Ils nous avaient promis la rupture. Ils l’ont eue, s’exclame Senego, entre eux d’abord, puis avec ceux qui nous prêtent de l’argent. Résultat : un programme du FMI toujours en attente, une dette qui étouffe, des notes dégradées, une croissance tombée à 2,2 %. Le pays prend l’eau, et eux se disputent la barre. Mais qui paie au final ? Pas eux, s’insurge encore le site sénégalais. Ce sont les mamans qui comptent chaque franc au marché, les jeunes diplômés qui attendent un emploi, les malades qui attendent un lit. Chaque pourcentage d’intérêts en plus, c’est de l’hôpital et de l’école en moins. »
À la Une: la crise de l’énergie profite à certains et pas à d’autres
2026/10/21
« L’Algérie s’impose de plus en plus comme un acteur clé sur la carte énergétique mondiale ». Constat établi par le site TSA, Tout sur l’Algérie. En effet, les exportations de pétrole et de gaz algériens ne se sont jamais aussi bien portées. Avec un client qui demande encore et encore : la France. Alors qu’Emmanuel Macron est en tournée dans les pays du Golfe afin notamment d’accroître les importations de diesel, la France frappe aussi à la porte de l’Algérie. « Paris souhaite sécuriser ses approvisionnements auprès de sources alternatives, rapporte TSA, dans un contexte mondial tendu et alors que le pays fait face à des manifestations contre la vie chère ». Pour le pétrole, pas de problème, pointe le site Algérie 360 :  l’Algérie est actuellement en mesure d’augmenter ses livraisons de pétrole à la France. (…) Sur le front du brut et des produits raffinés, la demande française s’appuie sur une relation commerciale déjà dense. En avril dernier, la France s’est hissée au premier rang des acheteurs de pétrole algérien. Devant la Corée du Sud, l’Espagne, les États-Unis et l’Italie ». Le pétrole oui, mais le gaz… En revanche, poursuit Algérie 360, c’est plus délicat pour le GNL, le gaz naturel liquéfié : « si l’Algérie dispose des marges nécessaires pour augmenter ses livraisons de brut, la Sonatrach fait face à des contraintes légales d’un autre ordre sur le GNL. L’écrasante majorité de ses capacités de production de gaz est en effet déjà engagée dans des contrats de long terme fermes. Avec des calendriers de livraison rigides qui ne permettent pas de rediriger subitement des cargaisons. Ni de débloquer d’importants volumes sans négociations commerciales et ajustements logistiques préalables ». En fait, précise Afrik.com, « le facteur déterminant reste la demande nationale algérienne. Le gaz assure 99 % de la production d’électricité du pays, et les pics de consommation de juillet et d’août ont absorbé toute hausse de la production ». Test diplomatique… En tout cas, le fait que la France sollicite l’Algérie pour une fourniture énergétique accrue est un test pour le dégel des relations entre les deux pays. « La crise s’était ouverte en juillet 2024, rappelle Afrik.com, quand Emmanuel Macron avait inscrit le présent et l’avenir du Sahara occidental dans le cadre de la souveraineté marocaine. Elle avait culminé en avril 2025 avec l’expulsion réciproque d’une douzaine d’agents diplomatiques et consulaires et le rappel de l’ambassadeur Stéphane Romatet. Le dégel amorcé en février dernier avait ramené le diplomate à Alger en mai dernier. Deux ans après le début de la brouille, Paris se retrouve donc en position de demandeur ». Toutefois, relève encore le site panafricain, « aucun accord entre Alger et Paris n’a encore été annoncé à ce stade ». Le Niger en manque de carburant Le carburant toujours… En raison de la crise énergétique, de plus en plus de pays du continent connaissent des pénuries ou des restrictions. C’est le cas du Niger. « Depuis quelques jours, constate Actu Niger, la pénurie de carburants, qui affecte depuis des mois plusieurs villes de l’intérieur du pays, a fini par gagner la capitale, Niamey. De longues files d’attente sont visibles le long des artères, autour des stations-service et sur le marché noir, les prix ne font qu’augmenter à une vitesse exponentielle. Malgré les annonces des autorités sur un retour à la normale avec l’arrivée de plusieurs citernes pour ravitailler les stations-service, la situation reste critique en ce début de semaine, affectant les activités socioéconomiques et attisant des grognes circonscrites par endroits ». Deux raisons à cette pénurie, précise Jeune Afrique : « le Niger produit du pétrole, mais ne dispose que d’une unité de raffinage aux capacités insuffisantes. L’autre explication, c’est le renchérissement de l’essence traditionnellement complémentaire venue du Nigeria. Une essence de contrebande devenue trop chère, depuis la décision du président Bola Tinubu de mettre fin, en 2023, aux subventions publiques sur le carburant ». Pour autant, le site Tamtam info se veut rassurant : « gardons notre calme, restons unis et faisons preuve de résilience. Les pénuries actuelles constituent une difficulté à traiter avec sérieux et responsabilité, mais elles ne doivent pas nous faire oublier notre capacité à surmonter les épreuves. (…) Évitons les achats excessifs, les spéculations et la propagation de rumeurs susceptibles d’aggraver la situation ».
À la Une: le prédicateur kenyan Paul Mackenzie reconnu coupable de 191 meurtres
2026/10/20
Le Daily Nation à Nairobi nous raconte comment cet ancien vendeur ambulant, puis chauffeur de taxi, en est arrivé à devenir un véritable gourou prédisant la fin du monde, entraînant ses disciples dans une spirale mortifère infernale. Une histoire terrifiante racontée également par The Star : il y a trois ans et demi, relate le quotidien kenyan, « plus de 400 corps étaient découverts dans des tombes peu profondes dans la forêt de Shakahola, où Mackenzie avait amené ses disciples venus de tout le pays. Le pasteur avait fondé la secte Good News International Church en 2003. Au cours des 16 années suivantes, poursuit The Star, le mouvement avait gagné en popularité et attiré des milliers de fidèles dans ses différentes branches à travers le Kenya. Son église gérait une chaîne de télévision, Times TV, qui diffusait ses sermons depuis son église de Malindi. Des sermons sur la fin du monde qui incluaient des théories du complot décrivant l’éducation comme "maléfique", les soins de santé comme "contraires à la doctrine" et les cartes d’identité numériques comme "la marque du diable". En 2019, Paul Mackenzie et ses fidèles s’étaient repliés dans la forêt de Shakahola. C’est là, pointe le quotidien kenyan, qu’il avait instauré le jeûne forcé : Mackenzie avait dit à ses disciples que quiconque résistait à l’ordre de jeûner devait être forcé d’aller au paradis à coups de pied et de coups de poing. Les enterrements pratiqués dans la forêt où la secte était implantée étaient appelés "mariages". Ceux qui mouraient "étaient célébrés comme ayant épousé Jésus" ». Pourquoi n’a-t-il pas été arrêté plus tôt ? « Ce jeûne était imposé par étapes et commençait par les enfants, précise Afrik.com. Des proches de victimes ont décrit un plan en trois temps : les enfants d’abord, puis les femmes et les jeunes hommes, et enfin les hommes restants. Mackenzie assurait qu’il partirait le dernier. (…) Des enfants ont été ainsi isolés et privés de nourriture, parfois sous les yeux de leurs parents, tandis que des gardes surveillaient les déplacements et empêchaient les fidèles de s’enfuir ou de chercher des soins ». Hier, donc, rapporte Afrik.com, « trois ans et demi après la découverte des premiers corps dans la forêt de Shakahola, la justice kényane a rendu un verdict très attendu : Paul Mackenzie, fondateur de la Good News International Church, et 28 coaccusés, ont été reconnus coupables du meurtre de 190 enfants et d’un adulte. La justice kényane a rejeté l’argument de la défense selon lequel les victimes auraient jeûné de leur plein gré ». Et le site panafricain de s’interroger : « pourquoi les autorités n’ont-elles pas arrêté Mackenzie plus tôt ? Il avait été interpellé à plusieurs reprises dès 2017 pour radicalisation ; en 2019, l’Autorité des communications avait retiré la licence de sa chaîne Times TV, qui diffusait ses sermons ; et en mars 2023, après la mort de deux enfants, privés de nourriture à Shakahola, Mackenzie a été arrêté puis relâché contre une caution. Trois semaines plus tard, la police découvrait les premiers survivants agonisants dans la forêt. (…) Le scandale avait conduit le président William Ruto à présenter des excuses publiques en mai 2023, reconnaissant le laxisme de son gouvernement dans cette affaire ». Des vies auraient pu être sauvées… « Comment expliquer qu’en dépit de ses prêches basés sur une doctrine apocalyptique l’État kényan ait laissé faire jusqu’à ces hécatombes ? », s’interroge également le quotidien Aujourd’hui à Ouagadougou. « Comment ne pas avoir vu dans ce culte funeste et lucratif, car les biens des défunts revenaient à la secte, un succédané africain du Temple du peuple, dont les fidèles s’étaient suicidés en masse, ou encore de l’Ordre du Temple solaire ? Comment peut-on expliquer que parfois même des ingénieurs, donc des intellectuels à l’esprit cartésien, soient tombés dans ce dogmatisme mortel ? » Enfin, note le New York Times, « au Kenya, ce pays profondément chrétien, l’affaire Shakahola a suscité une véritable introspection (…). Des vies auraient pu être sauvées si les avertissements des anciens membres de la secte avaient été pris en compte et si les forces de sécurité locales avaient été plus assidues. Juste avant le procès, la Commission nationale kényane des droits de l’homme, organisation d’État, avait qualifié le bilan des autorités dans cette affaire de "déplorable" ».
À la Une: Macky Sall se retire de la course à la tête de l'ONU
2026/10/19
L'ancien président sénégalais a retiré sa candidature ce samedi, « au lendemain du sixième vote indicatif au sein du Conseil de Sécurité », rappelle Jeune Afrique. « La veille, poursuit le journal, le candidat sénégalais était apparu d’autant plus fragilisé – avec seulement 5 votes favorables sur 15 voix – qu’il s’est par ailleurs retrouvé sous la menace de trois veto potentiels émanant des membres permanents du Conseil ». « Un tour indicatif défavorable, un Conseil de sécurité verrouillé par cinq puissances, un appui de Dakar arrivé sur le tard. Selon Saourou Sène, porte-parole de l'APR, l'ancien président a jugé l'addition trop lourde ». Ce proche de l'ex-chef de l'État, « a livré la lecture de son camp sur cet échec » dans les colonnes de Seneplus. Pour lui, « l'explication se trouve d'abord dans l'architecture même de l'institution. Il voit dans le droit de veto des membres permanents le talon d'Achille de l'ONU. Les votes indicatifs suivis tout au long du processus laissaient selon lui présager des difficultés. Le responsable du parti de l'ancien président désigne aussi un obstacle plus domestique. Il rappelle le temps mis par les autorités sénégalaises avant d'accorder leur soutien à la candidature, longtemps réticentes à porter le dossier de l'ancien président ». Un soutien tardif de Dakar Macky Sall a reçu le soutien du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye au mois de juillet, rappelle Africa News. « Soutenue initialement par le Burundi, la candidature de Macky Sall suscitait des oppositions dans son propre pays. L’ancien chef de l’État (...), est notamment accusé par ses détracteurs d’avoir dissimulé une partie de la dette publique. Des victimes de la répression des manifestations survenues entre 2021 et 2024 s’étaient également opposées à sa candidature ». Même constat en Guinée, où le retrait de Macky Sall est vu comme « un moindre mal ». « L’ancien président sénégalais a fini par se rendre à l’évidence : il n’avait aucune chance d’être élu au poste de secrétaire général des Nations unies, estime pour sa part Le Djely, si sa candidature a eu du mal à fédérer, c’est en grande partie à cause de l’image que certains gardent de sa gestion du pouvoir. Il serait excessif d’expliquer son échec par son seul bilan. Mais beaucoup ne lui pardonnent pas d’avoir failli faire basculer le Sénégal : sa tentation d’un troisième mandat, ses manœuvres pour rester au pouvoir au-delà de la limite constitutionnelle, tout cela, certains ne l’ont pas oublié ». « Avec de telles casseroles, juge le Djely, certains n’ont pas jugé qu’il était à l’honneur de l’Afrique de le placer à la tête de l’ONU. Et ils n’ont pas forcément tort ». Néanmoins, le média tempère cette décision : « Au fond, Macky Sall pourrait lui-même relativiser son échec. Car, dans le monde actuel, y a-t-il vraiment un honneur à diriger l’ONU ? Pas franchement. L’organisation n’est plus qu’une coquille. Privée du soutien, de l’autorité, de la confiance et des ressources des grandes puissances, elle sonne creux et crie dans le vide. On se demande alors pourquoi certains se battent pour en prendre la tête ». Coup d'envoi de la COP 17 sur la biodiversité en Arménie Près de 200 pays sont réunis pour relancer les efforts en faveur de la protection du vivant, et l'Algérie compte bien en faire partie, raconte Le Jeune Indépendant. Dans un discours lu en son nom à la COP 17, le président algérien « a détaillé les mesures prises par l’Algérie pour préserver sa richesse faunistique et floristique face aux menaces liées notamment aux activités humaines, à la désertification, aux incendies de forêt et au changement climatique ». Il a notamment évoqué « le Barrage vert, relancé sur presque 5 millions d’hectares, qui vise à freiner l’avancée des sables, à renforcer le couvert végétal et forestier et à générer des retombées économiques pour les populations locales ». « Le chef de l’État démontre qu’en matière de préoccupation écologique, l’Algérie est pionnière », estime de son côté l'Expression. Autre prise de parole du dirigeant,  l'appel à « une solidarité internationale renforcée, notamment en faveur des pays en développement ». Un appel déjà lancé par ces pays, souvent les plus durement touchés par le réchauffement climatique, mais qui, selon l'Expression, se heurtent aux « promesses des pays développés, à ce jour, pas encore tenues ».
À la Une: la disparition de 700 millions de dollars en RDC
2026/10/16
« Où sont passés les 700 millions de dollars annoncés par les donateurs internationaux pour la lutte contre Ebola en République démocratique du Congo ? » La question est à la Une du Journal de Kinshasa, et elle a été posée publiquement mercredi par le Dr Jean Kaseya, le directeur du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC). « Cette question met en lumière, estime le journal congolais, les difficultés à établir une traçabilité complète des financements mobilisés pour répondre à cette urgence sanitaire (Ebola). » En effet, comme le souligne Afrik.com, « sur les chiffres communiqués par les donateurs, 962 millions de dollars ont été décaissés au profit des partenaires chargés de mettre en œuvre les interventions. Pourtant, lors d’un exercice de vérification organisé avec les autorités sanitaires congolaises, un peu plus de 200 millions de dollars seulement ont pu être retracés ». « Pour autant, ajoute le média panafricain, les montants non retracés ne signifient pas automatiquement que l’argent a été détourné. Des vérifications indépendantes devront établir s’il s’agit de dépenses non déclarées, de retards de justification, de fonds encore disponibles ou d’éventuelles irrégularités ».  Deuxième épidémie La RDC est confrontée au virus Ebola mais aussi à un autre fléau, le choléra. C’est à la Une d’APA News qui titre : « En RDC, le choléra gagne du terrain ». « Entre le 21 et le 28 septembre 2026, 2932 cas suspects et 86 décès ont été enregistrés », détaille l’Agence de Presse Africaine, qui précise « que les provinces du Sud-Kivu, du Nord-Kivu et du Haut Katanga concentrent près de 60% des cas suspects ». Pour Afrik.com « c’est l’autre urgence sanitaire qui progresse à l’ombre d’Ebola (…) avec près de 3 000 cas déclarés en une semaine, le niveau de notification reste six fois supérieur au seuil d’alerte de 599 cas hebdomadaire ». De plus, « les opérations de riposte, remarque Afrik.com, sont confrontées à des obstacles sécuritaires et logistiques. Dans l’est de la RDC, l’insécurité limite l’accès des équipes médicales à certaines localités comme Kibua et Masisi. » Surpopulation en prison Au Mali, les prisons sont pleines à craquer. C’est ce qu’annonce le Journal du Mali, qui parle d’un « grand embouteillage carcéral ». Publié début octobre, « le rapport du Mécanisme national de prévention de la torture de la Commission nationale des droits de l’homme met en lumière une forte surpopulation dans plusieurs prisons maliennes », explique le journal. À titre d’exemple, « à la maison centrale d’arrêt de Bamako, 3956 détenus occupaient fin 2025 un établissement prévu pour 400 places, soit un taux d’occupation de 989 %. » Comment expliquer cette surpopulation ? Selon le Journal du Mali, « la pression est largement alimentée par le poids de la détention provisoire (…) au-delà du manque de place, le rapport documente surtout la composition de la population carcérale. À Bamako, sur les 3 956 personnes détenues, seules 496 avaient été condamnées, contre 1548 inculpés et 1912 prévenus ». Interrogé par le Journal du Mali, le professeur Boubacar Bocoum, enseignant-chercheur et secrétaire général adjoint de l’Association malienne de droit pénal, explique que « lorsqu’une proportion aussi importante de la population carcérale est constituée de personnes en attente de jugement, la question devient avant tout celle du recours à la détention provisoire, de la durée des procédures et de la capacité de la justice à traiter les dossiers dans un délai raisonnable. » « Le problème, ajoute le Journal du Mali, est aussi celui des moyens humains (…) les cabinets d’instruction sont souvent engorgés. Disposer de davantage de places pourrait desserrer une partie de la pression, conclut le journal. Mais (...) le désengorgement se jouera aussi en amont de la prison, dans la manière dont les dossiers seront orientés, instruits et jugés » .
À la Une: Madagascar, un an après le coup d’État
2026/10/15
Les jeunes de la Gen Z étaient descendus dans les rues le 25 septembre de l’année dernière pour dénoncer les coupures d’eau et d’électricité. Ensuite, les événements s’étaient enchaînés. Rejet des autorités en place, ralliement de l’armée, fuite du président Rajoelina et prise du pouvoir par les militaires le 14 octobre…  Le 14 octobre c’est aussi la date anniversaire de la proclamation de la république de Madagascar, en 1958. À cette occasion, le chef de l’État, le colonel Michaël Randrianirina, a affirmé hier que « l’indépendance de Madagascar restait à conquérir. » Petite phrase reprise notamment par le quotidien L’Express. La veille, lors d’un discours, rapporte Madagascar Tribune, le colonel avait affirmé qu’il ne « comptait pas ouvrir de négociations politiques autour d’une éventuelle redistribution des responsabilités gouvernementales. Pour lui, la priorité demeure la consultation des citoyens, sous la conduite du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar. » Avec en ligne de mire l’achèvement des concertations avant décembre, puis l’organisation des scrutins constitutionnel et présidentiel l’année prochaine.  Et la Gen Z dans tout cela ? « Le 25 septembre dernier, la Transition malgache a honoré la Gen Z avec une stèle singulière érigée pour l’an 1 de la révolution anti-Rajoelina », relève Afriquinfos. Une stèle, précise Jeune Afrique, constituée d’une « plaque en marbre noire, qui ne déparerait pas dans un cimetière, où l’on voit quatre jeunes qui brisent leurs chaînes sous la protection d’un béret vert, arme au poing, devant un drapeau malgache déployé au vent. » Alors, l’après de la transition militaire, c’est « tout l’enjeu, pointe le site panafricain, des concertations nationales qui ont démarré péniblement en mai, sous le patronage du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar. De ces consultations doit émerger le contenu des lois électorales qui seront appliquées l’année prochaine pour mettre un terme à la transition et surtout, de la vaste réforme constitutionnelle qui doit servir de prémices à la refondation qui suivra. Déjà repoussées six fois ces derniers mois, les concertations n’ont pas vraiment démarré, relève Jeune Afrique. Seule la jeunesse a déjà rendu sa copie : la même que celle qu’elle faisait entendre un an plus tôt. Les principaux responsables politiques préfèrent débattre de sujets stériles, déplore le site panafricain, comme la question récurrente du fédéralisme, plutôt que d’écouter une Gen Z trop affaiblie par ses divisions pour pouvoir peser sur les débats. Une portion de cette Gen Z a (en effet) rejoint le pouvoir, la grande majorité est rentrée chez elle, pendant qu’un dernier carré prépare l’avenir. » « J’ai l’impression d’avoir été trahi » « Pour la Gen Z de Madagascar, un an après le putsch militaire, les lendemains qui déchantent », titre pour sa part Le Monde Afrique qui publie ce jeudi le premier volet d’une série de quatre reportages dans la Grande Île. Le Monde Afrique qui revient sur cette fameuse stèle commémorative : « la célébration n’a pas été du goût de tout le monde. “On est un peu déçus par cette stèle“, maugrée Herizo, l’une des figures les plus connues du soulèvement de “Tana“, le surnom de la capitale malgache. “On aurait voulu, poursuit-il, que tous les personnages soient sur le même niveau, alors que, là, on a le sentiment que l’armée surveille la population et qu’elle a le rôle principal“. “Les militaires en haut, le peuple en bas : cette stèle dit tout“, renchérit une géographe, personnalité phare de la société civile malgache, qui se présente comme la “grande sœur de la Gen Z. “On nous avait promis une nouvelle aube en matière de droits et de liberté d’expression“, confie Elliot, un autre meneur de la Gen Z, avant d’ajouter : “J’ai l’impression d’avoir été trahi“. » Et Le Monde Afrique de s’interroger : « les indignés de “Tana“ auraient-ils laissé passer leur chance, le 12 octobre 2025 ? L’espace de quelques heures, entre la fuite en catimini d’Andry Rajoelina et l’adoubement de Michaël Randrianirina, le sommet de l’État a sonné vide. “Si on avait dit, à ce moment-là, que l’on prenait le pouvoir, l’histoire aurait pu être complètement différente, songe Elliot. Mais on n’avait pas de programme, pas de gouvernement prêt, pas de figure de consensus. Ça nous a manqué et ça nous manque toujours“. »
À la Une : avec ou contre Kabila
2026/10/14
« La création du FRN, le Front pour la refondation de la nation, dirigé par Joseph Kabila et annoncé hier à Goma, commence à produire ses premières secousses dans l’ancien camp présidentiel » : c’est ce que relève Afrik.com. En effet, en l’espace de quelques heures, plusieurs cadres du PPRD, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, ont quitté le navire. « Il n’a pas fallu attendre longtemps pour voir les premières réactions de désapprobation dans la famille politique de Joseph Kabila. (…) Sa nouvelle orientation place ses alliés devant un choix difficile, note Afrik.com : suivre une stratégie qui assume désormais une dimension armée, ou poursuivre le combat politique en s’en démarquant. » Ainsi, relève le site congolais 7 sur 7, « plusieurs cadres du PPRD, ainsi que diverses personnalités politiques, prennent leurs distances avec Joseph Kabila. » 7 sur 7 cite notamment l’ancienne ministre des Droits humains, Marie-Ange Mushobekwa, qui affirme « rejeter le recours à la lutte armée et qui dit vouloir poursuivre son combat politique dans l’opposition à Kinshasa, à “mains nues“. Elle plaide pour un dialogue “franc, inclusif et constructif » en faveur de la paix“. »  A contrario, l’ancien ministre de la Santé, Félix Kabange Numbi, affiche son soutien à cette nouvelle plateforme politico-militaire, pointe le site Actualité CD : « “Notre nation est en péril“, affirme-t-il, rejetant toute attitude d’abstention face à ce qu’il considère comme une urgence nationale. Félix Kabange Numbi appelle les Congolais à reprendre leur destin en main, et affirme vouloir combattre, au sein du FRN, le régime de Kinshasa qu’il qualifie de “dictature“. » L’arène politique congolaise encore plus polarisée… De son côté, Jeune Afrique remarque que « Kabila ne crée pas uniquement des secousses dans sa propre famille politique en annonçant rejoindre la lutte armée, il rebat aussi les cartes dans l’opposition. Le lancement du FRN polarise un peu plus l’arène politique et pousse les adversaires du président congolais, engagés depuis des mois dans la contestation du projet de changement de la Constitution, à prendre clairement position. À Kinshasa, ce combat est surtout porté par la coalition C64, qui réunit les opposants Martin Fayulu, Delly Sesanga, Augustin Matata Ponyo, Jean-Marc Kabund et Moïse Katumbi. Aucun d’entre eux n’a pour l’heure réagi à l’annonce faite à Goma hier. » Jusqu’à présent, pointe encore Jeune Afrique, « la C64 soutenait l’idée d’un dialogue inclusif qui impliquerait à la fois Joseph Kabila et l’AFC/M23. Le pouvoir a toujours catégoriquement refusé cette condition. Le lancement de la nouvelle rébellion confortera probablement le président Tshisekedi dans son approche. Et place en tout cas le reste de l’opposition face à un choix décisif : suivre la voie empruntée par l’ex-président, désormais clairement associé à la rébellion, ou s’en désolidariser entièrement, en espérant peser dans la rue face au pouvoir dans la perspective d’un dialogue. » La rébellion va-t-elle passer à l’offensive ? Le Monde Afrique s’interroge sur la suite des événements : « jusqu’où ira celui qui, en 1997, a participé au côté de son père, l’ancien président Laurent-Désiré Kabila, à la campagne militaire lancée depuis l’Est pour prendre Kinshasa et renverser le dictateur Mobutu Sese Seko ? Pour Trésor Kibangula, analyste politique au centre de réflexion congolais Ebuteli, interrogé par le journal, “si une partie de la direction de l’AFC/M23 semble pouvoir s’accommoder du statu quo actuel, en consolidant son contrôle sur des villes comme Goma et Bukavu, une autre frange paraît depuis longtemps favorable à la poursuite de l’offensive, notamment vers le Sud. Joseph Kabila semble davantage proche de cette seconde orientation, souligne le chercheur. La création du FRN pourrait donc favoriser une relance de cette progression vers le Sud“. » Et puis, souligne encore Le Monde Afrique, « l’une des principales inconnues de la nouvelle équation posée par la création du FRN est celle de l’avenir du processus de paix de Doha, signé en novembre 2025 par le M23 et Kinshasa. Le M23 dissout, la nouvelle coalition reprendra-t-elle les engagements actés dans cet accord-cadre – tels que la mise en place d’un cessez-le-feu permanent ? De son côté, le gouvernement acceptera-t-il de continuer à négocier avec un nouveau chef de rébellion qui a été condamné à mort par contumace ? » Rien n’est moins sûr…
À la Une : Kabila sort du bois
2026/10/13
« De la rébellion au pouvoir, puis du pouvoir à la rébellion », s’exclame le site congolais Beto. « L’ancien président de la République, Joseph Kabila revient au premier plan sous la bannière d’un mouvement politico-militaire » : le FRN, le Front pour la refondation de la Nation, et ce « aux côtés de dirigeants de l’AFC/M23 », la rébellion de l’est. Kabila patron de la rébellion, ça n’est pas une surprise, relève Beto : « Les (premières) accusations de Félix Tshisekedi contre Joseph Kabila remontent à août 2024. Dans un entretien accordé à Top Congo depuis Bruxelles, le président congolais avait accusé son prédécesseur de préparer une insurrection après avoir boycotté le processus électoral de 2023. Il lui attribuait alors un rôle central dans l’Alliance fleuve Congo : “l’AFC, c’est bien lui“, affirmait-il. Début 2025, à Munich, Tshisekedi avait renouvelé ses accusations, présentant Kabila comme le commanditaire d’une opposition armée ayant, selon lui, fomenté avec le Rwanda une entreprise contre la République. » En tout cas, pointe encore Beto, « ce retour à la rébellion renvoie aussi aux origines du parcours de Joseph Kabila. En 1996, il avait rejoint l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (l’AFDL), menée par son père Laurent-Désiré Kabila contre le régime de Mobutu. Il s’était notamment vu confier la direction des opérations sur l’axe Kisangani. Près de trente ans plus tard, il retrouve le terrain politico-militaire, cette fois à la tête de sa propre structure. » La « congolisation » de la rébellion… « Loin d’être une surprise pour les observateurs, ce changement d’étiquette était documenté, relève également Le Journal de Kinshasa. Dans son rapport final de juin dernier, le Groupe d’experts de l’ONU sur la RDC alertait déjà sur une possible restructuration de l’AFC/M23 avec changement de nom et une montée en puissance de Joseph Kabila à des fonctions de premier plan. Les experts notaient également un enjeu stratégique, note encore Le Journal de Kinshasa : mettre en avant une figure congolaise comme Kabila permettait de présenter la rébellion comme un problème interne congolais et d’occulter le rôle du Rwanda, accusé par l’ONU et les occidentaux de soutenir le M23. Le Rwanda qui a toujours nié sa responsabilité. » Justement, pointe Afrikarabia, site spécialisé sur la RDC, « la question est maintenant de savoir ce que Kigali compte faire de cette situation inédite. Faute d’alternative, le Rwanda s’est résolu à laisser faire Joseph Kabila, même si les objectifs des rebelles d’aller jusqu’à Kinshasa pour prendre le pouvoir sont loin d’être ceux de Kigali, échaudée par les expériences passées. L’entrée de Kabila dans la danse permet surtout au turbulent voisin de minimiser son implication dans le conflit pour faire de la nouvelle rébellion un mouvement congolais répondant à des problèmes congolais. Et terminer la “congolisation“ de la rébellion. Le Rwanda espère ainsi desserrer l’étau des sanctions internationales. » Les élections ou la kalachnikov… Afrikarabia note encore que « le Front pour la Refondation de la Nation constitue le énième avatar d’un cycle de rébellions qui semble sans fin. Après l’AFDL à la fin des années 90, se sont succédé le RCD, le CNDP, le M23 première version, puis le M23 deuxième version en 2022. Aujourd’hui, c’est donc un ancien président qui reprend le chemin des armes au Congo, validant encore une fois l’adage qu’il n’y a que deux façons de prendre le pouvoir à Kinshasa : en tripatouillant les élections ou en prenant la kalachnikov. » Hier, lors de la conférence de presse à Goma annonçant la création du Front pour la refondation de la Nation, Joseph Kabila ne s’est pas directement exprimé. Il l’avait fait vendredi dernier lors d’une allocution télévisé de 20 minutes. 20 minutes au cours desquelles, « l’ancien président a déroulé ses griefs contre le pouvoir de Tshisekedi, rapporte Le Point Afrique. Sans jamais nommer son successeur, il avait brossé un portrait à charge du régime actuel. “Le Congo n’est plus une République, encore moins une démocratie“, avait-il lancé, mais “une dictature“. (…) Quelques heures plus tard, note encore Le Point Afrique, Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais, avait répliqué en qualifiant Joseph Kabila d’“homme du passé“ qui “n’a rien d’autre à offrir que le chaos“, le décrivant comme un “nostalgique de méthodes antidémocratiques“ et un “auteur de crimes connus“. »
À la Une: la guerre des drones au Mali
2026/10/12
De plus en plus souvent, la menace vient du ciel. Et cette menace pèse autant pour les jihadistes que pour les FAMa, les Forces armées maliennes. Témoin, rapporte le site Sahara Media, cette attaque hier dimanche menée par le FLA, le Front de libération de l’Azawad, contre un camp des Forces armées maliennes à Soumbé, dans la région de Tombouctou. « Le porte-parole du mouvement, Mohamed Mouloud Ramdane, a déclaré que l’attaque avait été menée à l’aide d’un drone suicide, précise le site, et a diffusé une photo de la cible, qu’il a affirmé avoir été détruite. Il s’agit de la première action du Front de libération de l’Azawad depuis son retrait de Kidal, ville du nord-est du Mali, reprise sans résistance par l’armée malienne ». Le FLA qui « soutient, pointe encore Sahara Media, que son recours aux technologies modernes, notamment aux drones, est une adaptation nécessaire à une réalité complexe du champ de bataille, où les forces locales sont confrontées à des capacités militaires inégales. Par conséquent, l’utilisation de ces technologies relève de ce que l’on peut qualifier d’un auto-développement des capacités ». Formés par les Ukrainiens… Pour sa part, le GSIM, le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans, qui se bat aux côtés des indépendantistes touaregs, utilise aussi des drones. Et, affirme Le Monde Afrique, « les combattants du GSIM ont été formés au maniement de ces engins volants par les services de renseignement ukrainiens, désireux de frapper les intérêts de Moscou, allié du pouvoir malien ». Fin septembre, précise le journal, « des drones ont visé un convoi d’Africa Corps, le dispositif du ministère de la défense russe en Afrique, qui patrouillait à quelques kilomètres à l’est de Niono, dans le centre du Mali. Dès le lendemain, l’attaque était revendiquée par le GSIM. Images de propagande à l’appui, la franchise sahélienne d’al-Qaida a affirmé qu’elle avait fait “sept morts et blessés“ dans les rangs russes. À l’instar de nombreux autres groupes armés à travers la planète, le GSIM a de plus en plus recours à des drones légers et bon marché quadricoptères, équipés de charges explosives ou non, lors de ses opérations à travers le Sahel. Selon l’ONG Acled, précise encore Le Monde Afrique, l’organisation du Malien Iyad Ag Ghali a mené 130 attaques avec des drones au Mali et au Burkina Faso, où elle est déjà solidement implantée, mais aussi au Togo et au Niger, où elle tente de prendre pied, depuis septembre 2023, date de leur première utilisation lors d’un assaut contre le village de Korondali, dans la région malienne de Bandiagara ». Et « comme les jihadistes, les rebelles du FLA ont recours à des drones, confirme Le Monde Afrique. Courant 2024, les services de renseignement ukrainiens, spécialistes en la matière et désireux de frapper les intérêts de Moscou sur tous les théâtres, les ont (donc) formés au maniement de ces armes aériennes. De quoi, pointe le journal, alimenter les critiques de ceux qui, au regard de la porosité entre les deux groupes, estiment que cela revient à fournir cette technologie à al-Qaida ». Fournis par les Russes… Pour leur part, l’armée malienne et les supplétifs russes ont des drones militaires bien plus sophistiqués, comme les drones armés TB2 et Akinci, du constructeur turc Baykar, ou les drones iraniens kamikazes Shahed, capables de voler pendant plus de 24 heures ou de mener des frappes à plus de 1 000 kilomètres de distance. Des drones qui ont sans doute joué un rôle important lors de la reprise de Kidal la semaine dernière par les FAMa. En effet, signale le site Sahel Horizons, des frappes de drones ont été signalées jusqu’aux abords de la frontière avec l’Algérie, près de Tinzawaten. C’est ce qui a d’ailleurs très certainement amené Alger à inciter les indépendantistes « à ne pas sanctuariser la ville de Kidal, plus au sud, afin d’éviter une bataille urbaine destructrice à sa porte et un afflux massif de réfugiés sur son territoire ».
À la Une: le probable report des élections en Guinée-Bissau
2026/10/09
« Vers le report des élections du 6 décembre en Guinée-Bissau ? » Afrik.com et Africanews posent la même question en Une de leur site internet. Afrik.com ajoute même une autre question : « La junte prend-elle goût au pouvoir ? » « Annoncées pour le 6 décembre, poursuit le journal en ligne, les élections présidentielles et législatives censées mettre fin à la transition militaire sont désormais sérieusement compromises. La commission électorale et le Premier ministre de la transition reconnaissent que les conditions techniques et politiques ne sont pas réunies (…) Aucune candidature n’a encore été enregistrée et plusieurs formations politiques n’ont pas renouvelé leurs instances dirigeantes ». Suspicion Un éventuel report des élections qui pose toutefois question. « Après près d’un an de pouvoir militaire, remarque Afrik.com, le report des élections risque de raviver les interrogations sur les intentions du général Horta N’Tam, qui a pris la tête de la transition après le coup d’État du 26 novembre 2025 ».  Car, rappelle le journal en ligne, « début octobre, la junte a empêché Umaro Sissoco Embalo de rentrer au pays. L’ancien président, exilé depuis le coup d’État, souhaitait revenir et se présenter à la Présidentielle. Les autorités militaires ont invoqué des questions de sécurité ». « Dans le même temps (…) la garde présidentielle réputée proche d’Embalo a été désarmée et plusieurs responsables gouvernementaux ont été remplacés ». Conclusion d’Afrik.com : « Rien ne permet, à ce stade, d’affirmer que les militaires cherchent définitivement à conserver le pouvoir. Mais chaque report électoral accroîtrait mécaniquement cette suspicion ».  Finale de la CAN 2025 C'est hier qu'avait lieu à Lausanne l'audience du TAS, le Tribunal Arbitral du Sport, sur la finale de la CAN 2025 entre le Sénégal et le Maroc. On ne s’attendait pas hier à une décision, dont on ne sait d’ailleurs pas quand elle pourrait intervenir. Il n’empêche, la moindre information est guettée avec attention. Afrikfoot se propose ainsi de nous révéler « ce qui a fuité des échanges du TAS », expliquant notamment que le Maroc « aurait réaffirmé son attachement aux articles 82 et 84 de la CAN, relatifs notamment à l’abandon du terrain et aux sanctions qui peuvent en découler ». De son côté, « la défense du Sénégal mettrait en avant la souveraineté des décisions de l’arbitre. Son argument : la rencontre a repris et s’est disputée jusqu’à son terme sous l’autorité du corps arbitral ». Réactions diverses Au Sénégal et au Maroc, la presse commente également l’audience du Tribunal Arbitral du Sport à Lausanne. Hespress, au Maroc, explique ainsi que « la partie marocaine a choisi la réserve (…) la délégation marocaine a préféré ne faire aucun commentaire après l’audience, s’abstenant de communiquer sur le contenu des plaidoiries ou sur les échanges qui ont eu lieu dans la salle ». Côté sénégalais, en revanche, Abdoulaye Seydou Sow, le secrétaire général de la Fédération Sénégalaise de Football, s’est montré un peu plus loquace. « Nos avocats, a-t-il assuré, ont présenté notre plaidoirie, ont présenté toutes nos observations et ont été entendus par la formation arbitrale », rapporte Walfnet. Le secrétaire général de la FSF ajoutant : « Je ne peux pas dire ce qu’il s’est réellement passé car c’est un secret de délibération. Mais je peux assurer que le Sénégal s’est bien défendu ». Reste une question : quand la décision du TAS sera-t-elle rendue ? Selon Hespress, Matthieu Reeb, le directeur général du TAS, a assuré que le tribunal « entendait rendre sa décision dans les meilleurs délais ». Toutefois, précise Hespress, « aucun calendrier officiel n’a, à ce stade, été communiqué ».
À la Une: l'Union africaine lance son agence de notation
2026/10/08
Cela s'est passé ce mercredi, à Maurice. « Après près d'une décennie de pourparlers », l'Union africaine lance sa propre agence de notation : L'Agence de notation financière d'Afrique, l'AfCRA, « dont l'objectif est de remédier aux évaluations des établissements traditionnels, européens ou américains, perçues comme injustes et qui ont pour conséquence le renchérissement des emprunts des pays du continent », explique le média sénégalais Seneweb. En quoi c'est un enjeu pour le continent ? Les noms de S&P, Moody’s ou Fitch, ne parlent sans doute pas à grand monde, mais ces agences de notation « déterminent le coût auquel États et entreprises s’endettent sur les marchés obligataires [d’emprunt] », explique Forbes Afrique. Pour cela, elles évaluent, et donnent des notes. Concrètement, ces notes déterminent « le nombre de routes, d’hôpitaux, de centrales électriques, de zones industrielles et d’entreprises pouvant être financés », précise le magazine panafricain African Business. Un calcul souvent faussé pour l’Afrique « Certains experts estiment que ces grandes agences négligent par exemple l'important secteur informel de l'Afrique, invisible dans les données officielles », rappelle Seneweb. « Malgré un faible taux de défaut de paiement, l’Afrique, un marché émergent où les liquidités sont rares, emprunte aux taux les plus élevés du monde », analyse de son côté African Business. Pour le journal, c’est la raison pour laquelle « la création de l’AfCRA mérite de l’attention ». L'Union africaine promet que son agence de notation « fonctionnera de manière indépendante », note le mensuel panafricain Afrimag. Reste cependant à savoir si l'agence de notation africaine parviendra à persuader les investisseurs et les marchés que ses évaluations sont dignes de la même confiance que celle dont bénéficient les agences traditionnelles », tempère Seneweb. Et selon Afrimag, qui qualifie l'AfCRA de « fausse bonne idée », « rien n’est moins sûr : une ombre d’indépendance planera toujours sur cette structure. Les premiers crash-tests surviendront inévitablement lorsqu’il faudra attribuer des notations gênantes à des États actionnaires. « Si cela n'arrive pas », prévient Seneweb, les créanciers risquent de considérer que l'Afrique est juge et partie ». Un jugement attendu en Suisse, pour répondre à une question : qui est le champion d'Afrique de foot ?  Presque neuf mois après la finale de la Coupe d'Afrique des nations 2025, « le feuilleton judiciaire autour du match entre le Maroc et le Sénégal franchira une nouvelle étape majeure ce jeudi à Lausanne, en Suisse », déclare le journal marocain Le Matin. « Il y a des matchs qui se terminent au coup de sifflet final. Et puis il y a Maroc-Sénégal. Celui-là refuse décidément de prendre sa retraite », juge son compatriote, le 360.  Le terme de victoire, c'est la presse sénégalaise qui se le réserve, en rappelant qu'à la fin de ce match hors-norme et marqué par les tensions, c'est son équipe nationale qui a soulevé le trophée, avec le score d'un but à zéro. Une finale donc « remportée sur le terrain par le Sénégal et attribuée au Maroc par la CAF sur tapis vert », estime Seneplus à Dakar. « C'est la Fédération sénégalaise de football qui a saisi le tribunal arbitral du sport à Lausanne, contestant la décision du jury d'appel de la confédération », poursuit le titre, et « deux logiques s'affrontent ». Pour avoir quitté la pelouse afin de dénoncer un penalty, les Sénégalais ont été déclarés forfaits malgré leur victoire face aux Marocains. Depuis, chacune des sélections revendique le titre continental : les premiers s’estiment vainqueurs sur le terrain, les seconds au nom du droit. « Le droit, tout le droit, rien que le droit », revendique même le 360, qui estime que « la meilleure posture marocaine est probablement celle qui consiste à faire exactement ce qu’une juridiction attend d’une partie, à savoir plaider le droit, documenter les faits et laisser les émotions à la porte du tribunal ». Le tribunal jouera donc à nouveau ce match dans un décors inédit, conclut le journal marocain : « Un micro, une Confédération, deux fédérations et trois arbitres. Voilà le casting. Le football peut parfois produire des scénarios que même Hollywood n’oserait pas écrire ».

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