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This podcast has
24 episodes
Language
FrenchPublisher
RFIExplicit
No
Date created
2020/02/24
Latest episode
2026/10/18
Average duration
49 min.
Release period
10 days
Description
Religions du monde traite de l’actualité des religions et croyances autour du monde, de sujets de société, la recherche spirituelle, la religion sur Internet, les pratiques religieuses... Des portraits nourrissent également cette émission présentée par Véronique Gaymard, diffusée le dimanche à 10h10 TU. Réalisation : Ludivine Amado.
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«Le sionisme chrétien, histoire d’une alliance méconnue» (XIXe – XXIe siècle)
2026/10/18
Qu’est-ce que le sionisme chrétien ? De quoi parle-t-on exactement ? En analysant finement l’histoire et les racines théologiques de ce phénomène, l’historien des religions Laurent Tessier remonte jusqu’au XIXe siècle, lorsque de nombreux chrétiens, surtout évangéliques, s’engagent pour la création d’un État d’Israël, aux racines du sionisme chrétien.
Selon la définition de l’historien Robert O. Smith citée par Laurent Tessier dans son ouvrage, le sionisme chrétien est « une action politique, nourrie par des engagements spécifiquement chrétiens, visant à soutenir ou à préserver le contrôle juif sur la zone géographique qui comprend aujourd’hui Israël et la Palestine ». Le sionisme chrétien a donc précédé le sionisme juif, bien avant celui qui est reconnu comme l’artisan du sionisme politique, Theodor Herzl (1860-1904).
Car « le sionisme n’est pas seulement une affaire juive », précise Laurent Tessier, « depuis des siècles, bien avant que le mot n’existe, des chrétiens ont imaginé, porté, légitimé le retour des Juifs en Terre sainte ».
Laurent Tessier propose dans son livre Le sionisme chrétien, histoire d’une alliance méconnue (XIXe – XXIe siècles) (2026, Ed. Labor Et Fides) une enquête qui commence en Grande-Bretagne – dès la Réforme protestante au XVIe siècle, jusqu’au XIXe siècle lorsque se forge un véritable engagement politique, dont la Déclaration Balfour en 1917 constitue un tournant, un mouvement qui se développe et s’étend aux États-Unis ainsi qu’au Canada. Une alliance qui développe particulièrement son influence politique aux États-Unis sous les mandats de Ronald Reagan, George W. Bush puis de Donald Trump, notamment lors de son second mandat (depuis sa prise de fonctions en janvier 2025).
Aujourd’hui, les sionistes chrétiens, à travers les évangéliques américains blancs ralliés autour du président Donald Trump, constituent une influence majeure et un soutien indéfectible à Israël. Une influence que les mouvements sionistes chrétiens développent aussi dans les pays du Sud, au Brésil, dans certains pays du continent africain et d’Asie, à la faveur de l’expansion de certains mouvements évangéliques, convaincus du caractère prophétique de la recolonisation d’Israël, jusqu’aux frontières fantasmées de la Bible, jusqu’au rétablissement du Temple, pour hâter le retour du Christ et convertir tous les habitants au christianisme.
Invité en studio : Laurent Tessier, docteur en histoire des religions et anthropologie religieuse, diplômé de l'École pratique des hautes études – PSL et de l’Université de Montréal. Auteur de Le sionisme chrétien, histoire d’une alliance méconnue (XIXe-XXIe siècle) (éd. Labor et Fides, 2026).
Violences sexuelles dans l’Église : reconnaissance et réparation, l’expérience inédite de l’INIRR
2026/10/11
Il y a cinq ans en France, le rapport de la CIASE – la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église, ou rapport Sauvé du nom de son président Jean-Marc Sauvé - révélait en octobre 2021 l’ampleur des violences sexuelles dans l’Église catholique en France.
Un véritable choc : selon les estimations, depuis 1950, plus de 200 000 personnes auraient été victimes de prêtres pédophiles, un chiffre qui monterait à plus de 330 000, si on y ajoute des laïcs qui travaillent dans des institutions liées à l’Église. Plus de 80% des victimes étaient des garçons…
La Conférence des Évêques de France avait accueilli ce rapport accablant avec honte, les évêques s’étaient mis à genou à Lourdes en novembre 2021 lors de leur assemblée plénière, un geste pour exprimer leur repentance. Ils y avaient annoncé la création de l’INIRR, l’Instance Nationale Indépendante de Reconnaissance et de Réparation, pour les victimes qui étaient mineures au moment des faits, relevant des diocèses. Puis la Conférence des Religieux et Religieuses de France, la Corref (dont la présidente était à l’époque Véronique Margron, religieuse dominicaine et théologienne, très impliquée dans l’écoute des victimes de violences sexuelles dans l’Église), a créé une autre instance complémentaire, la CRR, la Commission de Reconnaissance et de Réparation pour les victimes de membres de congrégations religieuses.
L’INIRR, dont l’Église de France a annoncé en mars 2026 la fin d’activité prochaine, propose une autre instance qui sera permanente à compter du 1er septembre 2026, l’INIAVE – Instance nationale indépendante d’accompagnement des victimes dans l’Église - dépendant des diocèses, ce qui a suscité de vives interrogations parmi les personnes victimes.
Lors de sa visite apostolique en France, le pape Léon XIV a rencontré 7 personnes victimes de violences sexuelles dans l’Église, il a appelé l’Église à « reconnaitre ses propres fautes » tout en nuançant leur caractère systémique, préférant parler de « certaines organisations au sein de l'Église qui, parfois, si l'on peut dire, ont commis des abus en tant que système »
Dans cette émission, nous faisons le point sur les 5 années de l’INIRR auprès de laquelle près de 2 000 personnes victimes se sont adressées : 5 années d’accompagnement, de reconnaissance, de réparation, une expérience inédite, complexe, qui peut servir de modèle dans d’autres pays, mais qui n’a pas été facile, certains au sein de l’Église appelant à tourner la page, comme si c’étaient des abus et des crimes du passé.... Mais ces violences sexuelles dans l’Église catholique se poursuivent et ne se limitent pas à un seul pays, le phénomène est global et systémique selon plusieurs commissions qui ont pu enquêter, où des mécanismes peuvent encore autoriser le silence, le déplacement de prêtres pédophiles et empêcher les alertes et l’écoute.
Invitée en studio :
Marie Derain de Vaucresson, juriste spécialiste des droits de l’enfant, ancienne Défenseure des enfants auprès du Ministère de la Justice, présidente bénévole de l’INIRR de 2021 à 2026, l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation, dont le mandat s’est achevé le 30 septembre 2026.
Témoignages de personnes victimes de violences sexuelles dans l’Église.
Rapport de mission de l’INIRR 2021-2026 « Porter un devoir de justice et de réparation ».
«Le judaïsme à l’épreuve de la violence» : conversation avec le rabbin David Meyer
2026/10/04
Le judaïsme, fondateur de la tradition monothéiste, serait-il porteur de violence ? C’est à cette question sensible que le rabbin franco-israélien David Meyer s’intéresse dans son ouvrage Le judaïsme à l’épreuve de la violence.
Un exercice complexe alors que le traumatisme des attaques du 7 octobre 2023 perpétrées par le Hamas contre des Israéliens est bien présent, et que la réponse par la force et la violence de l’armée israélienne à Gaza, au sud-Liban et en Cisjordanie a de multiples conséquences sur les populations. « Pris dans les rouages du quotidien d’un État – qui plus est, vivant depuis plus de 60 ans dans une situation de conflit avec ses voisins – nombreux sont ceux qui se laissent séduire par une lecture « à mains nues » du texte biblique, utilisant la Bible comme un cadastre et les versets de la Torah comme une carte blanche à la violence », écrit David Meyer, qui remonte dans son livre aux textes fondateurs du judaïsme.
Invité :
David Meyer, rabbin, professeur de littérature rabbinique et de la pensée juive contemporaine depuis 2008 à l’Université pontificale grégorienne de Rome.
Auteur de nombreux ouvrages dont Les versets douloureux. Bible, Évangile et Coran, entre conflit et dialogue, avec Yves Simoens et Soheib Bencheikh, Éd. du Cerf, 2008) ; Lutter contre la violence monothéiste. 3 voix répondent à 10 questions, par David Meyer, Jean-Michel Maldamé, Abderrazak Sayadi, Jean-Pierre Castel (éditions L’Harmattan, 2018) ; Et ce dernier ouvrage qui en est issu et augmenté, après les événements du 7 octobre 2023 en Israël : Le judaïsme à l'épreuve de la violence : Quelques pistes de réflexion (éditions L’Harmattan, 2025) - dix questions posées par un agnostique, Jean-Pierre Castel, à David Meyer.
Visite du pape Léon XIV : quels messages aux catholiques, aux Français et au monde?
2026/09/27
Le pape Léon XIV est arrivé vendredi 25 septembre 2026 en France pour une visite apostolique et officielle de 4 jours entre Paris, Saint-Denis, Lourdes et Metz. Une visite qui a suscité de l’engouement avec une forte affluence sur les lieux emblématiques comme le Stade de France avec 80 000 jeunes de 17 à 35 ans, ou la messe en plein air place de la Concorde dont le périmètre a été étendu pour accueillir plus de 600 000 personnes.
Quels messages le pape est-il venu transmettre aux catholiques de France et plus largement à tous les Français, aux Européens (à Metz), et au monde (à l’Unesco) ? Comment a-t-il été accueilli ? Quelles étaient les attentes ?
Reportages et décryptage de ses discours avec Grégoire Catta, jésuite, théologien, spécialiste de la doctrine sociale de l’Église.
Première visite officielle d’un pape depuis 18 ans : paix et unité au centre de son message La dernière visite officielle d’un souverain pontife remonte à 2008, lorsque le pape Benoit XVI s’était rendu à Paris et à Lourdes. Depuis, son successeur le pape François était allé à Strasbourg (2014), à Marseille (2023) et en Corse (2025) mais en précisant qu’il ne s’agissait pas d’une visite officielle. Lors de l’inauguration de Notre-Dame de Paris en décembre 2024, restaurée de l’incendie qui l’avait ravagée, le pape François avait décliné l’invitation. Cette fois, Léon XIV, élu depuis mai 2025 à la tête de l’Église catholique qui compte plus de 1,4 milliard de fidèles, renoue avec le continent européen que le pape François avait laissé à la marge, lui préférant les périphéries. Dans un style plus apaisé que son prédécesseur, Léon XIV apporte un message de paix et d’unité, comme il l’a fait lors de ses précédents voyages apostoliques.
Cette visite en France est aussi particulière pour Léon XIV : dans un pays laïc et très sécularisé où plus de 60% des Français se disent non croyants, un phénomène récent intrigue le Vatican et le pape Léon XIV : plus de 20 000 adolescents et surtout jeunes adultes ont choisi de se faire baptiser dans l’Église catholique, alors que le catholicisme est en « transition minoritaire » en France.
À écouter l'émission Religions du monde du 20/9/2026Visite du pape Léon XIV en France : quels enjeux pour le catholicisme, quelles attentes?
Son étape à Lourdes sera plus attendue, comme ses prédécesseurs Jean-Paul II et Benoit XVI, dans ce lieu de pèlerinage marial qui rassemble des milliers de pèlerins. Et surtout, c’est à Lourdes que le pape Léon XIV rencontre ce dimanche 27 septembre 2026, en privé, 7 personnes victimes de violences sexuelles dans l’Église, sélectionnées par la Conférence des Evêques de France, ce qui a suscité de nombreuses réactions.
Dernière étape de ce voyage apostolique du pape Léon XIV lundi 28 septembre : la ville de Metz, en Moselle, région qui a subi de plein fouet la Première et la Seconde Guerre Mondiale, deux annexions : Léon XIV assistera à une rencontre interreligieuse – en présence de représentants de 6 religions - , puis il s’adressera aux Européens depuis le Centre Robert Schuman (l’un des pères fondateurs de l’Union européenne, catholique très croyant, qui a été fait vénérable par le pape François et dont plusieurs responsables ecclésiaux espèrent une prochaine béatification). Le discours de Léon XIV sur « les racines de l’Europe pour la paix et l’unité » est très attendu, dans un contexte de tensions et de guerre en Ukraine, aux confins de l’Europe. Il clôturera son voyage apostolique par une messe à la cathédrale de Metz.
Invité :
Grégoire Catta, jésuite, docteur en théologie, maître de conférences aux Facultés Loyola Paris, a beaucoup travaillé sur la doctrine sociale de l’Église et sur l’encyclique du pape Léon XIV « Magnifica humanitas » (consacrée aux bouleversements et aux défis posés par l’Intelligence Artificielle sur l’humanité).
Visite du pape Léon XIV en France : quels enjeux pour le catholicisme, quelles attentes?
2026/09/20
Le pape Léon XIV entame sa première visite apostolique en France, le vendredi 25 septembre pour 4 jours, 18 ans après la dernière visite officielle de Benoît XIV. Il sera à Paris, à Saint-Denis, à l’Unesco, à Lourdes et à Metz, dans un pays sécularisé où la religion catholique n’est plus dominante depuis 50 ans. Qu’est-ce qui a changé depuis 18 ans ? Dans quelle France arrive le pape ? Quels sont les enjeux de cette visite ? Quel accueil lui est préparé ?
Invités :
Yann Raison du Cleuziou, sociologue, spécialiste du catholicisme contemporain, professeur de science politique à l’Université de Bordeaux, et membre de l’Institut de recherche Montesquieu. Il a publié plusieurs articles et ouvrages dont Vers une Église sans peuple, en 2025, aux éditions du Cerf ; À la droite du Père, les catholiques et les droites de 1945 à nos jours, paru en 2022 aux éditions du Seuil Christine Pedotti, directrice de « Témoignage Chrétien », un magazine fondé en 1941 par des résistants chrétiens, une publication libre et engagée, affiliée à aucune Église ni institution religieuse. Reportage en Seine-saint-Denis et rencontre avec l’évêque de Saint-Denis, Mgr Étienne Guillet.
Reportage à l’église Sainte-Hélène (Paris XVIIIè) auprès du curé Georges Ouensavi.
Visite apostolique et visite d'État de Léon XIV en France La dernière visite officielle d’un souverain pontife remonte à 2008, lorsque le pape Benoît XVI s’était rendu à Paris et à Lourdes. Depuis, le pape François était allé à Strasbourg (2014), à Marseille (2023) et en Corse (2025) mais en précisant qu’il ne s’agissait pas d’une visite d’État en France. Lors de l’inauguration de Notre-Dame de Paris en décembre 2024, restaurée de l’incendie qui l’avait ravagée, François avait décliné l’invitation.
Cette fois, Léon XIV entame une visite d’État protocolaire, comme chef d’État du Vatican et surtout en tant que chef de l’Église catholique: à Paris, il sera accueilli par le président Emmanuel Macron, il rencontrera les autorités et la société civile et se rendra à la cathédrale Notre-Dame de Paris restaurée, symbole national.
À l’Unesco : une adresse au monde pour soutenir le multilatéralisme Son discours à l’Unesco lors de la journée consacrée aux relations entre le Vatican et l’Unesco, organisme multilatéral fragilisé notamment par le retrait américain annoncé pour décembre 2026, sera consacré aux défis de l’IA dans les mondes de l’éducation et de la culture. Une adresse au monde, au multilatéralisme nécessaire dans les temps actuels, prononcé depuis le siège de cette instance qui se situe à Paris.
Le pape au Stade de France auprès des jeunes Vendredi soir (25 septembre 2026), Léon XIV est attendu comme une star pour une veillée au Stade de France (qui habituellement reçoit des matchs de foot ou des concerts géants). Il sera accueilli par 80 000 jeunes entre 17 et 35 ans, parmi lesquels de nouveaux catéchumènes et de jeunes adultes récemment baptisés. Le pape Jean-Paul II avait célébré une messe en 1980 dans la basilique de Saint-Denis pour le monde des travailleurs. Cette fois, alors que le monde a subi de profondes transformations, le pape veut s’immerger auprès de la jeunesse qui viendra de toute la France, accueillie dans le 93, le département de Seine Saint-Denis, le plus pauvre de France, le plus jeune et celui qui présente la plus grande diversité religieuse. Le renouveau mis en avant par l’Église catholique de France intrigue le pape Léon XIV, alors que le catholicisme n’est plus majoritaire en France depuis plus de 50 ans. Ce temps partagé avec les jeunes se déroulera dans le département de Seine-Saint-Denis au nord de Paris où vivent des populations très diverses, dont beaucoup issues des diasporas et des migrations, près de 170 nationalités y sont représentées, où se côtoient toutes les religions. Une diversité qui contribuerait au dynamisme de l’Église en France.
Messe géante à la Concorde Samedi (26 septembre 2026) marquera l’événement le plus attendu : une messe géante place de la Concorde à Paris, tout un symbole, face aux Champs-Élysées où il défilera en papamobile. Quelque 600 000 personnes sont attendues, avec un dispositif de sécurité élargi et renforcé de plus de 25 000 forces de l’ordre.
La devise du voyage de Léon XIV en France : « Pour que le monde ait la vie », se réfère au Christ « source de vie », avec une invocation de l’Esprit Saint, mais aussi un rameau d’olivier qui symbolise la paix. Un appel aux catholiques pour qu’ils soient davantage missionnaires. Une devise qui a aussi une résonnance politique dans le débat qui a eu lieu concernant la loi sur la fin de vie en France, entrée en vigueur le 18 août 2026, ou encore dans le droit à l’interruption volontaire de grossesse intégrée dans la Constitution, deux textes que rejette l’Église catholique.
Visite de la Maison Bakhita : une attention aux exilés Dans son attachement à la doctrine sociale de l’Église et l’attachement aux plus démunis, le pape Léon XIV a tenu à intégrer dans sa visite apostolique en France une étape auprès des personnes en situation de précarité. Ce sera à la Maison Bakhita, une association du diocèse de Paris qui œuvre depuis 5 ans à l’accueil et à l’intégration des personnes exilées, dont le nom s’inspire de Joséphine Bakhita, une ancienne esclave soudanaise du XIXè-XXè siècle devenue religieuse, puis canonisée par le pape Jean-Paul II. Il rencontrera aussi des associations partenaires, « À Bras Ouverts » auprès de personnes handicapées et « Aux captifs la libération » qui accompagne les personnes sans domicile et des parcours de sortie de prostitution.
Lourdes : pèlerinage et rencontre privée avec des victimes d’abus sexuels L’étape de Léon XIV à Lourdes sera plus classique, comme ses prédécesseurs Jean-Paul II et Benoît XVI, dans ce lieu de pèlerinage marial qui rassemblera des milliers de pèlerins. Et c’est à Lourdes que le pape Léon XIV rencontrera en privé 7 personnes victimes de violences sexuelles dans l’Église, sélectionnées par la Conférence des Évêques de France, (ce qui a suscité de nombreuses réactions de collectifs qui ne sont pas représentés), alors que la CIASE (Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église) évoquait dans son rapport en 2021 potentiellement 330 000 cas, et qualifiait ces abus sexuels de « systémiques ».
Metz, symbole des terres ravagées par les guerres : un message de paix aux Européens Dernière étape de ce voyage apostolique du pape Léon XIV : la ville de Metz, en Moselle, région qui a subi de plein fouet la Première et la Seconde Guerre Mondiale, deux annexions : Léon XIV assistera à une rencontre interreligieuse, puis il s’adressera aux Européens depuis le Centre Robert Schuman (un des pères fondateurs de l’Union européenne, fait vénérable par le pape François), un discours très attendu sur « les racines de l’Europe pour la paix et l’unité », dans le contexte de tensions et de guerre en Ukraine, aux confins de l’Europe, avant de clôturer son voyage apostolique par une messe à la cathédrale de Metz.
Juifs noirs : l’essor étonnant du judaïsme en Afrique subsaharienne
2026/09/13
En ce mois de fêtes juives (Roch Hachana - le Nouvel An juif, Yom Kippour ou le Grand Pardon, Souccot – la fin des récoltes et la sortie d’Égypte…), Religions du Monde vous emmène sur le continent africain où le judaïsme est en plein essor, même s’il reste encore très marginal.
Le phénomène n’est pas nouveau, mais depuis une vingtaine d’années, ce phénomène est en constante évolution : certains groupes en Afrique subsaharienne assurent être des descendants des Tribus perdues d’Israël, exilées vers Koush (la terre des Hébreux en Afrique) ; d’autres se sont identifiés au judaïsme par conviction, parfois par conversion personnelle, s’estimant plus proches de cette religion que du christianisme imposé par la force par le colonisateur. Certains ne recherchent pas la reconnaissance par Israël, d’autres au contraire la souhaitent et ne veulent plus être ignorés par les communautés juives.
Malgré des cultures et traditions ancestrales riches - liées aux ancêtres, certains de ces groupes revendiquent leur appartenance au judaïsme et parfois leur filiation au peuple juif. Un essor étonnant qui ne semble pas fléchir ni subir les conséquences de la situation à Gaza et au Liban et de la guerre menée par Israël contre le Hamas et contre le Hezbollah.
Reportages d’illustrations en Côte d’Ivoire, au Kenya, en France, entretiens et décryptages avec les chercheurs Edith Bruder et Daniel Dossou.
Intervenants :
- Daniel Dossou, docteur en Histoire internationale, Graduate Institute – Institut des Hautes études internationales et du développement (IHEID), il vient de terminer sa thèse en Histoire internationale au Geneva Graduate Institute (IHEID), intitulée: « Being Black and Jewish in Côte d'Ivoire and Kenya: Histories, Communities, and Life Stories » (Être noir et juif en Côte d’Ivoire et au Kenya : histoires, communautés et vies)
- Edith Bruder, anthropologue et historienne, chercheuse associée à la School of Oriental and African Studies (University of London) au CNRS (France), à UNISA (University of South Africa) et Senior Research Fellow à ISGAP, New York. Elle est la présidente-fondatrice de The International Society for the Study of African Jewry- ISSAJ.
Elle est l'auteure de divers articles scientifiques et ouvrages tels que The Black Jews of Africa, History, Identity, Religion (Oxford University Press, 2008 et 2012) ; Black Jews, Les Juifs noirs d'Afrique et le mythe des Tribus perdues (Albin Michel 2014) ; Juifs d'ailleurs. Diasporas oubliées, identités singulières (Albin Michel 2020 ; Jews from Elsewhere, Forgotten Diasporas, Singular Jewish Identities (Oxford University Press, 2026), ainsi que de Histoire des relations entre les Juifs et les Noirs - De la Bible à Black Lives Matter (Albin Michel 2023).
Reportage en Côte d’Ivoire / Benoît Almeras
Entretien au Kenya avec le Dr Silverstein, (cardiologue, ex-chef de la synagogue de Nairobi, il a joué un grand rôle dans l'intégration des Noirs convertis dans la Nairobi Hebrew Congregation). Gaëlle Laleix
Entretien en France avec Hortense Bilé, présidente de l’association Am Israël Farafina (association multiculturelle juive de France, qui regroupe notamment des juifs noirs d’origine africaine et antillaise).
Femmes imames en France : le féminin et le culte islamique aujourd’hui
2026/09/06
Une femme peut-elle mener une communauté en islam ? Peut-elle être imame, cheffe spirituelle ? Les textes permettent-ils à une femme de diriger une prière collective et mixte ? En France, depuis quelques années, une dizaine de femmes sont imames et veulent promouvoir un islam ouvert. Témoignages et analyses avec Kahina Bahloul, première imame en France, et avec les auteurs et autrices du livre Femmes imames, penser le culte islamique féminin en France paru en 2026 aux éditions Atlande.
Invités :
Kahina Bahloul, islamologue, spécialiste d’Ibn Arabi, grand penseur mystique andalous du XIIe-XIIIe siècle. En 2019, Kahina Bahloul a fondé la mosquée Fatima (à Paris), d’inspiration soufie, et elle est devenue la première femme imame en France. Elle a publié son parcours dans le livre Mon islam, ma liberté en 2021 (éditions Albin Michel). Omero Marongiu-Perria, docteur en sociologie, spécialiste de l’islam français et théologien. Il analyse depuis de nombreuses années les réformes dans l’islam contemporain et sur la théologie islamique libérale, auteur de plusieurs ouvrages dont Qu’est-ce qu’un islam libéral ? (2023, éditions Atlande) ; co-auteur de Femmes imames, penser le culte islamique féminin en France (2026, éditions Atlande) (avec Fatiha Kaouès et Myriam Laakili), il dirige la collection « Penser l’Islam » aux éditions Atlande. Fatiha Kaouès, chercheure au CNRS dans la section d’anthropologie et rattachée au GSRL (Groupe Sociétés, Religions, Laïcités ; EPHE/CNRS), spécialiste des recompositions de l’islam contemporain en France et en Europe. Elle travaille notamment sur la place des femmes dans l’exercice du culte musulman. Co-autrice de Femmes imames, penser le culte islamique féminin en France (2026, éditions Atlande) (avec Omero Marongiu-Perria et Myriam Laakili).
Corée du Sud : comment le chamanisme se réinvente
2026/08/30
En Corée du Sud, on assiste à un regain d’intérêt récent pour le chamanisme et les pratiques qui y sont liées. Le chamanisme coréen reste une pratique spirituelle pour certains et un fond culturel pour le reste de la population. On consulte un chamane (le plus souvent ce sont des femmes) pour une protection contre la maladie, pour trouver un travail, préserver le bonheur dans son couple ou pour apaiser les âmes des défunts.
Des rituels sont aussi réalisés pour apaiser les âmes de celles et ceux qui sont morts de façon violente, pendant la colonisation de l’Empire japonais (1910-1945) ou la Guerre de Corée (1950-1953). Divination, rituels chamaniques, nous partirons à Séoul en reportage avec notre correspondant.
Ces pratiques ont toujours existé sur la péninsule (depuis plus de 2000 ans) mais avaient été dénigrées, souvent jugées rétrogrades par les gouvernements qui appelaient à les faire disparaitre. Mais depuis les années 1980-90, le chamanisme revient comme une particularité culturelle et spirituelle unique à la Corée du Sud qui attire les Coréens mais aussi des étrangers. Le chamanisme est ici en perpétuelle réinvention et s’adapte à la modernité sud-coréenne, au fil des générations, en cohabitation avec les autres religions, bouddhisme, confucianisme et christianisme.
Invitée : Florence Galmiche, maîtresse de conférences à l’université Paris Cité, membre du laboratoire « Chine, Corée, Japon » (EHESS-CNRS-UPCité) et membre de l’IUF (Institut Universitaire de France).
Reportages en Corée du Sud avec le correspondant de RFI, Celio Fioretti.
Chrétiens africains vers l'Europe: évangélisation inversée ou nouveaux espaces cultuels?
2026/08/23
Depuis plusieurs années, on observe des mouvements chrétiens africains qui se recréent et s’installent en Europe, à la faveur des mouvements des diasporas et des migrations. Peut-on parler d’une forme d’évangélisation inversée, de l’Afrique vers l’Europe ? Ou plutôt de la création de nouveaux espaces culturels et cultuels en diaspora ?
La situation n’est pas la même dans l’Église catholique et dans les églises évangéliques pentecôtistes.
À l’occasion des 9ᵉ Rencontres des Études Africaines en France en juillet 2026 à Paris, nous avons pu échanger avec des enseignants et universitaires camerounais qui travaillent sur ces mouvements et cette circulation des religions et des objets religieux.
Invités en studio (délocalisé aux Rencontres des Études Africaines en France début juillet 2026) :
- Patrick Romuald Jié Jié, enseignant à l’université de Bertoua au Cameroun (faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines, département d’Histoire), travaille sur la mobilité missionnaire chrétienne inversée
- André Narcisse Ngon, enseignant-chercheur au département de Sciences Politiques de l’université de Douala au Cameroun, directeur du think tank « Africa Strategy » (sur les relations internationales et la recréation des espaces cultuels et culturels en diaspora)
Entretiens audios avec :
- Jean-Louis Ndo Abé, chargé de cours à l’université de Yaoundé I au Cameroun, enseignant en histoire, civilisations et religions (sur l’implantation de l’Église presbytérienne camerounaise en France)
- Emmanuel Many, enseignant en histoire à l’université de Garoua au Cameroun (sur les prêtres « fidei donum »).
Pèlerinage : Lourdes, la Vierge Marie, les miracles et la Grotte de Massabielle
2026/08/16
À l’occasion de la visite apostolique du pape Léon XIV en France, du 25 au 28 septembre 2026, Religions du Monde vous propose une rediffusion du reportage à Lourdes, ville de pèlerinage marial, où le chef de l’Église catholique se rendra le dimanche 27 septembre 2026.
Située dans le sud-ouest de la France, cette petite ville des Hautes-Pyrénées de 13 500 habitants reçoit plus de 3 millions de visiteurs par an, dont quelque 60 000 malades, et constitue le lieu de pèlerinage marial le plus important du pays.
Cette piété populaire naît à Lourdes en 1858, lorsqu’une jeune bergère de 14 ans, Bernadette Soubirous, aurait vu à 18 reprises la Vierge Marie dans la grotte de Massabielle, d’où une source d’eau miraculeuse aurait jailli. Ces apparitions de la Vierge reconnues par l’Église catholique ont suscité un engouement et ont largement contribué au développement de la ville.
Cette histoire est à l’origine des pèlerinages qui ont transformé la petite bourgade en un centre d’attractions mondial. Depuis 1858, l’Église catholique a reconnu 72 miracles, le dernier datant de mai 2025. Ces miracles de Lourdes sont une attraction pour beaucoup de croyants. Un Bureau des constatations médicales existe depuis 1883, renforcé par un comité médical international de Lourdes, depuis 1947, qui regroupe une trentaine de médecins du monde entier, chargés de déterminer si une guérison est inexpliquée et soudaine, parmi les millions de demandes déposées par des visiteurs et pèlerins.
Quête intérieure, demandes d’intersession, de guérisons, tourisme de pèlerinage… Religions du Monde vous emmène en reportage au cœur du Sanctuaire de Lourdes, dont la Grotte de Massabielle constitue le cœur, et qui a été reproduite à différentes échelles dans de nombreux endroits du monde, sur tous les continents.
En images
Comment religions, croyances et pratiques traditionnelles accompagnent les parcours de migration
2026/07/05
Comment les religions peuvent-elles aider à affronter la migration ? Dans les parcours migratoires, d’Afrique vers l’Europe ou d’un pays africain à un autre, les pratiques religieuses, les objets comme des amulettes et les croyances dans les ancêtres accompagnent les personnes sur ces chemins dangereux et peuvent leur permettre de surmonter les peurs, les angoisses et les incertitudes.
Comme le souligne l’un de nos invités dans cette émission, « Dieu ne suffit pas » pour affronter les difficultés, l’accompagnement est donc multiple. On utilise aussi sur ce parcours ce qu’on appelle des « kits religieux », des « kits traditionnels » ou encore des « kits de fétiches », à la confluence des christianismes africains, des religions traditionnelles et de l’islam.
À l’occasion des 9è Rencontres des Études Africaines en France à Paris (du 30 juin au 2 juillet 2026), Religions du Monde a pu rencontrer plusieurs chercheurs socio-anthropologues d’Afrique et d’Europe, réunis au Campus Condorcet à Aubervilliers, au nord de Paris, autour de leur atelier intitulé : « Se déplacer, croire, pratiquer : matérialités et immatérialités religieuses dans la mobilité ».
Invités :
- Yassin Dia, anthropologue d’origine sénégalaise qui a fait son doctorat à l’Université de Milan-Bicocca en Italie, travaille sur les migrations africaines en Italie en particulier sur le cas du Sénégal et sur la « quête de soutien spirituel » des Sénégalais en Italie, mais aussi sur la circulation des objets comme les amulettes islamiques
- Sophie Bava, socio-anthropologue à l’IRD, l’Institut pour la Recherche et le Développement, au Laboratoire Population Environnement Développement, co-rédactrice en chef de la revue « Afrique(s) en Mouvement ». Elle s’intéresse en particulier aux migrations africaines et aux parcours des croyants : comment se recomposent les paysages religieux sur les parcours migratoire. Sophie Bava a notamment travaillé sur le Maroc et avait publié en 2022 (avec l’anthropologue Bernard Coyault et le photographe Malik Nejmi) le livre « Dieu va ouvrir la mer - christianismes africains au Maroc », (Éd. Kulte) une plongée dans le quotidien des « Églises de maison » fondées par les migrants subsahariens dans les quartiers périphériques de Rabat
- Jean-Fidèle Simba, docteur en sociologie, chargé d’enseignement vacataire à l’université Paris 8, originaire du Congo-Brazzaville, travaille notamment sur le « merveilleux religieux » congolais en contexte migratoire, les pratiques et ses objets, ces « kits religieux » souvent marqués par le secret. Des recherches marquées par son propre parcours migratoire en 2005, qu’il a vécue avec ses propres « kits » en traversant le Sahara et la Méditerranée
- Ndeye Aida Dia, doctorante à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar au Sénégal (Unité de Recherche en Ingénierie Culturelle et Anthropologie IFAN/UCAD), travaille sur la façon dont la spiritualité, la religion, peut aider au quotidien, dans toutes les épreuves des personnes qui ont fait un parcours migratoire, lorsqu’elles sont loin de chez elles, comment elles recréent des espaces spirituels – à travers l’expérience de Sénégalais qui ont émigré aux États-Unis disciples du guide spirituel Cheikh Sayid Omar Kébé.
Les Ismaéliens : des origines au VIIIè siècle à l’Aga Khan contemporain
2026/06/28
Qui sont les Ismaéliens ? Cette branche très minoritaire du chiisme à l’origine du califat fatimide – seul califat chiite - est apparue au VIIIè siècle, à l’époque du sixième imam et descendant d’Ali. Leur califat fatimide a étendu sa puissance aux Xè et XIè siècles en Afrique du Nord, en Sicile et jusqu’à la Syrie. Ils ont fondé Le Caire, devenu capitale politique et centre intellectuel et religieux important.
Les Ismaéliens sont aussi à l’origine des célébrations du Mawlid, l’anniversaire du Prophète. Dès le IXè siècle, ils s’établissent dans différentes régions, dont le sous-continent indien, en se fondant parmi les hindous et les bouddhistes, à qui ils proposent d’être initiés, sans pour autant renier leurs croyances.
Pour les Ismaéliens, l’imam est toujours vivant et présent, contrairement aux chiites duodécimains, pour lesquels le 12è imam est entré en occultation et ne reviendra qu’à la fin des temps.
Au XIè siècle, Hassan Sabbah fonde un ordre ismaélien, nizarite, et s’installe dans des forts et châteaux, dont la fameuse forteresse d’Alamût (située au sud de la mer Caspienne en Iran), semant la terreur par des assassinats ciblés contre des Turcs seldjoukides, les Croisés la surnomment même la « secte des Assassins ». Défaits par Saladin, puis écrasés par Gengis Khan, les Ismaéliens nizarites entrent en semi-clandestinité pendant plusieurs siècles et se fondent dans la population.
Depuis le XIXè siècle, l’Aga Khan est désormais le chef spirituel reconnu des ismaéliens nizarites (qui sont majoritaires). Depuis la mort de son père en 2025, c’est l’Aga Khan V, âgé de 53 ans en 2026, qui est reconnu comme le 50è imam par la plupart des Ismaéliens, et qui dirige l’Aga Khan Development Trust, une entité caritative très présente dans le monde musulman.
Décryptage avec Daniel De Smet, invité en studio : spécialiste de l’ismaélisme, directeur de recherches au CNRS, membre statutaire du Laboratoire d’études sur les monothéismes, enseigne la philosophie arabe à l’université de Louvain en Belgique, auteur de Les Fatimides, De l’ésotérisme en islam, aux éditions du Cerf (2022)
Reportage au nord du Pakistan :
Notre correspondante Ondine De Gaulle a pu se rendre dans la vallée de Hunza au nord du Pakistan où l’Aga Khan V s’est rendu en visite fin mai 2026.
Éclairages de Michel Boivin, directeur de recherche émérite au CNRS, et au centre d’études sud-asiatiques et himalayennes, le CESAH.
Rencontre avec Salim, Malgache d’origine indienne vivant en France, ismaélien, chante des ginans, chants dévotionnels ismaéliens.
Patrimoine religieux et culturel face à la guerre : de Tombouctou à Odessa, comment résister?
2026/06/21
Les guerres sèment la destruction, des vies humaines sont brisées, effacées, mais aussi des lieux de culte, des cités anciennes qui sont la mémoire historique des populations, leurs liens culturels et cultuels ancestraux : des églises, des mosquées, des temples, des musées, des sites archéologiques, des cimetières sont même parfois délibérément ciblés pour effacer cette mémoire, comme ce fut le cas lors de la destruction des mausolées à Tombouctou, au Mali, en 2012 par le groupe Ansar Dine, des sites antiques en Syrie et en Irak par l’organisation de l’État islamique en 2014 et 2015, ou les bouddhas géants de Bamiyan en Afghanistan par les Talibans en 2001.
Certaines de ces guerres se déroulent en ce moment même, à Gaza, au Liban, en Ukraine, … parfois depuis de très nombreuses années.
Tout récemment, des frappes russes à Kiev en Ukraine ont provoqué des morts dans la capitale et dans d’autres villes ciblées, un incendie a gravement endommagé le toit de la fameuse cathédrale de la Dormition, qui date du XIè siècle, dans le complexe orthodoxe de la Laure des Grottes, un site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.
Au sud du Liban, c’est la ville de Tyr qui a été ciblée récemment par des frappes israéliennes. Inscrits eux aussi au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1984, ces sites archéologiques antiques qui remontent au IIè ou IIIè siècle, ont subi des dommages dus aux bombardements. L’Unesco a d’ailleurs placé une quarantaine de biens culturels au Liban sous protection renforcée, un plan d’urgence a été présenté le 8 juin 2026, un signal envoyé à la communauté internationale sur la nécessité de protéger ces sites. En revanche, certains patrimoines sont ainsi définitivement perdus.
C’est le patrimoine au sens large qui est en péril dans les guerres : des bâtiments mais aussi des objets, des terres, contaminées par des produits chimiques, ou encore des ressources naturelles pillées qui continuent de nourrir les conflits.
Comment protéger, comment résister ? Les deux commissaires Elisabeth Essaïan et Mathilde Leloup ainsi que le commissaire associé Yves Ubelmann d’ICONEM ont proposé un parcours en trois thématiques dans cette exposition à la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris: effacer, résister, réparer (et transmettre).
Dans cette émission, nous parcourons ces trois espaces, avec des illustrations de lieux détruits parfois reconstitués en films grâce à Iconem, fondée en 2013, spécialisée en numérisation 3D de sites patrimoniaux, qui a travaillé avec l’Unesco.
Reportage avec les commissaires Elisabeth Essaïan et Mathilde Leloup, et le commissaire associé Yves Ubelmann, à l’exposition « Patrimoines en résistance. De Tombouctou à Odessa », à la Cité de l’architecture et du patrimoine, au Trocadéro à Paris (jusqu’au 3/01/2027).
Avec :
- Elisabeth Essaïan, architecte, maîtresse de conférences en Théorie et pratique de la conception architecturale urbaine (TPCAU) à l’École nationale supérieure de Paris-Belleville, commissaire de l’exposition « Patrimoines en résistance, de Tombouctou à Odessa »
- Mathilde Leloup, politiste, maîtresse de conférences en Science politique à l’Institut d’Études Européennes (IEE) de l’université Paris 8 et directrice adjointe du laboratoire CRESPPA, commissaire de l’exposition « Patrimoines en résistance, de Tombouctou à Odessa »
- Yves Ubelmann, président et fondateur d’ICONEM (Imaging and Computation for Environmental and Monumental Heritage), commissaire associé de l’exposition « Patrimoines en résistance, de Tombouctou à Odessa »
- Julien Bargeton, président de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine.
Extraits de reportages / RFI.
En images
Nicaragua : «Le bâillon, l’exil ou la prison», le régime Ortega-Murillo contre l’Église catholique
2026/06/14
Au Nicaragua, l’Église catholique a été mise au ban par le régime du président Daniel Ortega et de sa femme, Rosario Murillo, vice-présidente depuis 2017. Depuis la répression sanglante d’avril 2018 contre des manifestants, de nombreux prêtres, des évêques, des religieux, des religieuses ont eux aussi été sévèrement réprimés, arrêtés, torturés, emprisonnés puis, pour certains, expulsés, car trop critiques envers régime Ortega-Murillo.
Le nonce apostolique, représentant du Vatican à Managua la capitale, a même été expulsé en 2022, et la nonciature fermée en mars 2023.
Depuis mars 2026, le gouvernement Ortega-Murillo interdit les ordinations de prêtres et de diacres dans quatre diocèses. Des processions lors de la Semaine Sainte sont interdites. Un rapport de 2025 publié par l’avocate nicaraguayenne Martha Patricia Molina parle même d’une église persécutée.
Daniel Ortega, ce révolutionnaire du FSLN, le Front Sandiniste de Libération Nationale qui, en juillet 1979 avec ses guérilleros, était venu à bout de la dictature dynastique sanglante du général Somoza, par une révolution populaire, est lui-même devenu un dictateur contre sa propre population.
Le Nicaragua est un pays de l’isthme centraméricain, situé entre la mer des Caraïbes à l’est et l’océan Pacifique à l’ouest, bordé au nord par le Honduras et au sud par le Costa Rica, où vivent aujourd’hui plus d’un million de réfugiés et de travailleurs nicaraguayens.
En avril 2018, un mouvement de contestation contre des réformes de la sécurité sociale s’est étendu aux revendications des étudiants et de toute l’opposition contre le régime dictatorial de Daniel Ortega et de sa femme Rosario Murillo. Mais la répression très violente du régime Ortega a fait des centaines de morts et des milliers de blessés, et de nombreux prisonniers politiques, dont des membres de l’Église catholique qui s’étaient rangés du côté des manifestants. C’est la liberté religieuse qui est directement menacée au Nicaragua, dénoncent ces prêtres. Parfois des arrestations se déroulent même à l’intérieur des églises. Certains comme Mgr Rolando Alvarez, évêque de Matagalpa, ont été emprisonnés, puis expulsés, en exil forcé (à Rome pour lui), et parfois déchus de leur nationalité.
Parmi eux, Rafael Aragón, frère dominicain espagnol qui vivait depuis plus de 40 ans au Nicaragua, depuis les débuts du sandinisme à la fin des années 1970, jusqu’à 2022, lorsque les portes du pays lui ont été fermées. Depuis le Costa Rica, il continue d’animer la Radio Veritas avec un message pour les Nicaraguayens.
Gabriel Putoy, enseignant dans une école catholique salésienne à Masaya et Monimbó au Nicaragua, syndicaliste, avait pris part aux manifestations en 2018. Emprisonné, puis expulsé de son pays, lui aussi a été déchu de sa nationalité et vit en exil au Costa Rica.
Tous deux, invités dans Religions du Monde, sont venus en Europe en mai-juin 2026 accompagnés par des associations, pour faire entendre leur voix sur la situation au Nicaragua, en espérant que l’Église catholique les écoute :
« Nous voulons briser le cercle du silence autour du Nicaragua et en particulier avec l'Église du Nicaragua, qui est une Église persécutée, les dirigeants du Nicaragua veulent mettre fin au leadership de l'Église ».
« Nous, en tant que catholiques, nous avons dit que l'Église ne peut pas être l'Église du silence ! Silencieuse face à l'injustice, face à la violence des violations des droits de l'homme, face aux crimes contre l'humanité, face aux déplacements forcés. »
«Chrétiens en quête de puissance»: comment le camp Trump utilise la religion pour sa politique?
2026/06/07
Aux États-Unis, des courants pentecôtistes et charismatiques sont de plus en plus présents à la Maison Blanche. Le président Donald Trump les utilise à des fins politiques, même si l’ensemble de ces mouvements ne représente pas uniquement des nationalistes chrétiens. Comment ces mouvements pentecôtistes et charismatiques contemporains façonnent-ils le paysage religieux et politique mondial ?
Dans son livre Chrétiens en quête de puissance, présence globale et politique des pentecôtismes (Éd. Labor et Fides – 2026), André Gagné, professeur à l’université Concordia à Montréal, au Canada, ancien pasteur évangélique, décrypte de l’intérieur ces courants et leur portée.
« Lorsque je parle du pentecôtisme, du fondamentalisme ou de la droite chrétienne, je le fais non seulement en tant que chercheur, mais aussi comme quelqu’un qui a vécu au cœur de ces univers. Je sais à quel point ces croyances peuvent sembler cohérentes et fascinantes de l’intérieur, comment on y trouve une logique interne indubitable lorsqu’on sélectionne une clef unique de lecture pour unifier le sens de nos existences, aussi chaotiques soient-elles… et d’autant plus lorsqu’elles sont chaotiques, précisément !... »
André Gagné interroge cette relation entre foi, pouvoir et société dans ce mouvement pentecôtiste et charismatique qui s’est développé aux États-Unis et dans d’autres pays du monde, des imbrications qui peuvent entraîner des conséquences géopolitiques, notamment avec le conflit au Moyen-Orient.
Invités :
- André Gagné, professeur à l’université Concordia à Montréal, au Canada, ancien pasteur évangélique, auteur de Chrétiens en quête de puissance, présence globale et politique des pentecôtismes (Éd. Labor et Fides – 2026), et de Ces évangéliques derrière Trump (Éd. Labor et Fides – 2023)
- Marion Muller-Colard, théologienne protestante, écrivaine et directrice des éditions Labor et Fides.
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