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This podcast has
24 episodes
Language
FrenchPublisher
RFIExplicit
No
Date created
2020/02/24
Latest episode
2026/04/19
Average duration
49 min.
Release period
7 days
Description
Religions du monde traite de l’actualité des religions et croyances autour du monde, de sujets de société, la recherche spirituelle, la religion sur Internet, les pratiques religieuses... Des portraits nourrissent également cette émission présentée par Véronique Gaymard, diffusée le dimanche à 10h10 TU. Réalisation : Ludivine Amado.
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Le pape Léon XIV au Cameroun : paix et réconciliation
2026/04/19
Après l’Algérie, le pape Léon XIV a poursuivi son voyage sur le continent africain au Cameroun du 15 au 18 avril 2026, qui a déjà connu trois visites pontificales. Le pape Léon XIV a placé son voyage au Cameroun sous le signe de la paix et de la réconciliation, à Yaoundé et à Douala mais surtout à Bamenda, au cœur d'une des régions anglophones où le conflit dure depuis 10 ans.
Léon XIV est venu avec sa double casquette : celle du chef spirituel, pour renforcer la foi de ses fidèles en l’Église catholique, concurrencée par les églises évangéliques ou de réveil. Mais il est aussi venu en tant que chef d’État du Vatican et diplomate, pour écouter tous les Camerounais dans un pays fracturé par la crise économique, les inégalités, les tensions liées à la réélection du président en octobre 2025 et surtout le conflit dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Religions du Monde vous fait revivre en reportage les préparatifs et la visite pontificale de Léon XIV, notamment à Bamenda, point d’orgue de sa visite qui suscite beaucoup d’attentes et d’espoir pour une résolution du conflit.
Visite du pape Léon XIV en Afrique : quels enjeux ?
2026/04/12
Le pape Léon XIV se rend en visite apostolique du 13 au 23 avril 2026 en Algérie, au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale. Pourquoi le pape Léon XIV a-t-il choisi l’Afrique pour son premier grand voyage apostolique (après la Turquie et le Liban, puis Monaco) ?
C’est le continent où la progression des catholiques est la plus grande, avec plus de 280 millions de fidèles (sur 1,4 milliard dans le monde), et une forte dynamique spirituelle, mais où les églises pentecôtistes et de réveil se développent en concurrence avec l’Église catholique.
Un continent riche en ressources naturelles, source de conflits et d'inégalités, qui encaisse les conséquences des changements climatiques, les migrations, où les tensions politiques et économiques sont fortes, un thème qui tient Léon XIV à cœur, très attaché à la justice sociale.
Le Vatican mise sur sa diplomatie de neutralité pour dialoguer avec des régimes autoritaires tout en apportant aux populations un soutien moral et spirituel, en évitant toute récupération politique.
Quels sont les enjeux du voyage de Léon XIV en Algérie, au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale ? Léon XIV va parcourir 18 000 km en onze jours, prononcer onze discours et célébrer sept messes.
D’abord, l’Algérie, pays à 99% musulman, sera pour la première fois visitée par un pape. Dans ce pays ouvert sur la Méditerranée et porte de l’Afrique, Léon XIV ira soutenir la petite communauté catholique, rencontrer les Algériens, créer des ponts entre chrétiens et musulmans. Il marchera à Annaba sur les traces de Saint-Augustin, son père spirituel et père fondateur du christianisme. Il rendra hommage aux 19 martyrs catholiques, dont les moines de Tibhirine, tués il y a tout juste 30 ans pendant la guerre civile.
Au Cameroun, qui a déjà connu trois visites pontificales, le pape Léon XIV place son voyage sous le signe de la paix et de la réconciliation, à Yaoundé et à Douala, mais surtout à Bamenda, au cœur d'une des régions anglophones où le conflit dure depuis dix ans. Le pape Léon XIV apportera son soutien à la population fragilisée par une situation économique et politique tendue et à une Église catholique dynamique dans la région.
En Angola, pays lusophone riche en pétrole et en diamants où le catholicisme est très ancré, Léon XIV se rendra au sanctuaire marial de Muxima, mais aussi à Saurimo au cœur de la région diamantifère et auprès des populations qui subissent les tensions sociales et politiques, à un an des élections générales. Une visite avec un enjeu diplomatique aussi : l’implication de l’Angola comme médiateur dans des conflits en Afrique, notamment l’est de la République démocratique du Congo, une démarche que soutient le Vatican.
Enfin en Guinée équatoriale à près de 90% catholiques, gouvernée depuis 1979 par le même président autoritaire, le pape entend soutenir les fidèles sans pour autant cautionner le régime, un exercice d’équilibriste que pourrait permettre la diplomatie vaticane.
Invités :
Pierre Diarra, théologien, d’origine malienne, docteur en Histoire des religions et anthropologie religieuse, membre du dicastère au Vatican sur le dialogue interreligieux Jean-Claude Angoula, prêtre spiritain, originaire du Cameroun, docteur en sociologie et en théologie, professeur à l'Institut catholique de Paris et directeur de publication de la revue Spiritus François Mabille, directeur de l’Observatoire géopolitique du religieux, chercheur associé à l’IRIS, l’Institut de relations internationales et stratégiques, chercheur au CNRS – GRSL (Groupe sociétés religions laïcités) à l’EPHE (École pratique des hautes études). Entretiens :
Cardinal Jean-Paul Vesco, franco-algérien, archevêque d’Alger Louis Sémé Nkolo, prêtre camerounais fidei donum au diocèse de Nanterre, rattaché pour quelques années en France, professeur de Théologie à l’université catholique de Paris Nadeige Ngo Nlend, professeure d’Histoire à l’université de Douala, spécialiste en Histoire des civilisations et religions contemporaines, auteure de Dynamique de transculturation du christianisme : l'expérience du missionnaire protestant Jean-René Brutsch au Cameroun (1946-1960) aux Éditions Karthala (2019). Correspondance d’Eric Sénanque au Vatican à Rome.
Éclairage sur l’Angola avec Cristiana Soares, journaliste au service lusophone de RFI.
Pessah et Pâques sous tension
2026/04/05
Cette année, les fêtes de Pâques catholique et Pessah, la Pâque juive, tombent la même semaine. Qu’on soit en France, loin des conflits, ou dans un pays du Proche-Orient au plus près de la guerre, comment célébrer ces fêtes importantes pour les croyants alors que le fracas des armes rend la paix impossible à atteindre ?
Vous entendrez dans cette émission de nombreux témoignages, Laurent Berros, le Grand rabbin de Sarcelles (« Pessah, c’est revenir à l’essentiel et essayer de voir la lumière qui est autour de nous »), ainsi que des fidèles de la synagogue ; des fidèles chrétiens maronites à la cathédrale Notre-Dame du Liban Paris (« Il ne nous reste plus que la prière »), mais aussi un long entretien avec Mgr Maroun Ghafari, curé de la paroisse d’Aalma el Chaab au sud Liban (« En tant que chrétiens du sud, nous passons en ce moment par le tunnel de la mort, nous portons actuellement notre croix, nous espérons la fin de cette terrible guerre ») et le témoignage sur la longueur du curé de Gaza, le père Gabriel Romanelli (« Je vis dans l’un des pires endroits du monde et pourtant je ne peux pas rester silencieux »).
Entretien avec le père Gabriel Romanelli, curé de la paroisse catholique de la Sainte-Famille à Gaza, qui témoigne du quotidien de Gaza dans le livre Les ruines et la Lumière (Éd. du Rocher, avril 2026) avec le journaliste au Figaro, ancien correspondant à Jérusalem, Guillaume de Dieuleveult. Entretien avec Mgr Maroun Ghafari, chorévêque maronite et curé d’Aalma el Chaab, village chrétien près de la frontière sud qui a été forcé à évacuer par l’armée israélienne le 10 mars 2026. Reportage à Paris lors de la célébration des Rameaux à la cathédrale Notre-Dame du Liban Reportage à Sarcelles, au nord de Paris, auprès de fidèles de la Grande synagogue et de Laurent Berros, Grand rabbin de Sarcelles et du Val-d’Oise Témoignages recueillis par Clémentine Méténier « Une histoire juive, 2000 ans de liens entre Rhône et Alpes » au musée dauphinois.
L’islam après l’exil, une histoire religieuse de l’immigration
2026/03/29
L’islam après l’exil : une histoire religieuse de l’immigration, c’est le titre du dernier ouvrage de Hamza Esmili, socio-anthropologue du religieux, qui s’est plongé pendant plusieurs années au cœur des banlieues de Paris, notamment Clichy-sous-Bois où, en octobre 2005, deux jeunes, Zyed et Bouna, sont morts électrocutés après une poursuite de la police, un événement dramatique qui avait déclenché des émeutes dans plusieurs villes de France.
Hamza Esmili a enquêté auprès des jeunes générations nées en France pour comprendre comment depuis les années 1980, elles se sont réapproprié la religion musulmane, héritée de leurs parents ou de leurs grands-parents venus du Maghreb. Loin des clichés, et de façon dépassionnée, Hamza Esmili nous offre une plongée dans ces cités reléguées à la marge, où la piété individuelle l’emporte sur le collectif.
Invité :
Hamza Esmili, socio-anthropologue du religieux, maître-assistant à l’Université de Lausanne en Suisse, auteur de La cité des musulmans – une piété indésirable (éditions Amsterdam, 2025) ; L’islam après l’exil – une histoire religieuse de l’immigration (éditions du Seuil, 2026).
Isabelle Le Bourgeois, religieuse ignatienne, psychanalyste, à l’écoute de l’autre
2026/03/22
« On doit sortir de ce silence qui nous est imposé, à nous, les femmes ». Écouter l’autre, ses rêves mais surtout ses blessures, ses souffrances, ses appels à l’aide, c’est le quotidien d’Isabelle Le Bourgeois, religieuse et psychanalyste, qui a longtemps été aumônier de prison. Ancienne femme d’affaires, engagée en religion depuis 1981 à l’âge de 36 ans, Isabelle Le Bourgeois nous reçoit dans sa congrégation des Sœurs Auxiliatrices à Paris.
Depuis plusieurs années, Isabelle Le Bourgeois a publié de nombreux ouvrages centrés sur l’écoute de l’autre, une écoute des personnes « dans les marginalités de l’humanité », au cœur de son métier de psychanalyste, mais aussi de son rôle en tant qu’aumônier de prison pendant 14 ans à Fleury-Mérogis en banlieue de Paris où elle a accompagné des détenus dont certains ont commis des crimes très graves (viols, crimes de sang). « Je suis passionnée par l’humain » nous dit Isabelle Le Bourgeois, qui pose cette question : « Pourquoi sommes-nous capables d’un bien infini et d’une horreur absolue ? »
Écouter les bourreaux dans des lieux de privation de liberté, comme Ryan en prison, cité dans son dernier livre « J’aurais tant voulu… » (Éd. Albin Michel, 2026), qui « aurait tant voulu être un type bien ».
Écouter les victimes, notamment celles qui ont subi des agressions sexuelles ou des abus spirituels, des phénomènes d’emprise dans l’Église catholique contre lesquels elle s’insurge de façon virulente en tant que femme, religieuse, investie dans l’Église catholique. Des abus qu’elle évoque en profondeur dans tous ses ouvrages dont « Vivre avec l’irréparé » (Éd. Albin Michel, 2024), qui fait référence à ces traces des souffrances et blessures intérieures. « La source ne s’est pas tarie, qu’est-ce qui fait que ces abus continuent ? » demande-t-elle.
Et sur la répartition des rôles au sein de l’Église catholique entre les hommes et les femmes, Isabelle Le Bourgeois insiste : « on doit sortir de ce silence qui nous est imposé, à nous, les femmes ».
Malgré tout, Isabelle Le Bourgeois conclue toujours ses livres sur l’espérance, cet interstice qui fait tenir l’humain même dans les moments les plus sombres.
Invitée :
Isabelle Le Bourgeois, religieuse auxiliatrice et psychanalyste, ancien aumônier de prison, autrice de « J’aurais tant voulu… » (Éd. Albin Michel, 2026) ; « Vivre avec l’irréparé » (Éd. Albin Michel, 2024) ; « Le Dieu des abîmes » (Éd. Albin Michel, 2020) ; « Espérer encore » (Éd. Desclée de Brouwer, 2006).
Reportage en Irlande sur « Saint Brigitte » / Clémence Pénard.
Néochamanisme: l’engouement dans les sociétés occidentales
2026/03/15
À quoi se réfère le néochamanisme ? Ce qu’on appelle aussi les nouvelles spiritualités suscite un engouement particulier dans les sociétés occidentales depuis les années 1960 - 1980, avec une offre qui a explosé ces dernières années notamment après le Covid. (Rediffusion)
Certains se réfèrent à des «pratiques spirituelles à visée thérapeutique» en utilisant des croyances de populations autochtones (chamanisme de Mongolie ou amérindien), pour répondre à un besoin de spiritualité, de sacré, de purification, pour réenchanter son existence, dans des sociétés de plus en plus sécularisées.
Entretiens :
Denise Lombardi, anthropologue, chargée de conférences à l’EPHE-PSL (École Pratique des Hautes Études), docteure associée au Laboratoire GSRL (Groupe Sociétés Religions et Laïcités), autrice de «Le néo-chamanisme. Une religion qui monte ?» (Éd. Cerf 2023) – Denis Lombardi dirige un séminaire sur le néochamanisme en tant que pratique thérapeutique et spirituelle dans l’Occident contemporain Laetitia Merli, anthropologue (docteure de l’EHESS - École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris), a mené des recherches de terrain pendant de longues années auprès de chamans mongols et sibériens, réalisatrice de documentaires, auteure et thérapeute transpersonnel Eric Marchal propose un accompagnement thérapeutique et psychologique, pratique le chamanisme contemporain avec des stages et des initiations depuis plus de 20 ans.
Victoria Kamondji, pasteure sierra-léonaise en France: transmettre et construire des ponts
2026/03/08
Nous célébrons ce 8 mars la journée internationale pour les droits des femmes. Religions du Monde reçoit Victoria Kamondji, Sierra-Léonaise, naturalisée française, femme pasteure évangélique, présidente de la Communauté des Églises d’expression africaines et professeure d’anglais à l’Université de Bourgogne, un parcours riche et passionnant.
Née en Sierra Leone d’un père anglican et d’une mère catholique (qu’elle a perdue à l’âge de 5 ans), Victoria Kamondji – née Johnston - a baigné dans l’œcuménisme (unité des chrétiens) et a fini par choisir l’église méthodiste (protestante) pour sa confirmation. Elle a grandi dans l’est de la Sierra Leone près de la Guinée, dans une zone diamantifère où travaillait son père, cadre dans une entreprise minière, et vivait dans une zone ultrasécurisée entourée d’expatriés anglais, éloignée de la culture africaine.
Après le lycée, Victoria Kamondji se lance dans des études de littérature africaine francophone à Freetown, la capitale, une façon pour elle de partir à la découverte de sa propre identité en tant qu’Africaine. Puis à la faveur d’une bourse d’études proposée par la France, elle s’installe à Lille en 1987 dans le nord du pays pour faire sa thèse en littérature.
La terrible guerre qui éclate en Sierra Leone entre 1991 jusqu’en 2002 qui a fait entre 50 000 et 200 000 morts et des milliers de blessés, d’amputés, notamment dans la zone diamantifère qui attire toutes les convoitises, où elle a grandi, l’empêche de retourner dans son pays et éparpille sa famille.
C’est en France où elle s’établit dorénavant qu’elle est séduite par l’église évangélique, et qu’elle entreprend des études de théologie à la Faculté évangélique de Vaux-sur-Seine. Elle devient pasteure, comme son mari, Emmanuel Kamondji, originaire de la République Démocratique du Congo, dans l’église Assemblée évangélique nouvelle alliance à Villeneuve d’Ascq (près de Lille).
Son travail est remarqué par la Fédération Protestante de France qui la nomme vice-présidente de 2007 à 2013, devenant ainsi la première femme africaine évangélique à ce poste. Une de ses missions a consisté à s’impliquer au sein de la commission des églises auprès des migrants en Europe dont elle sera la présidente pendant deux mandats.
Depuis 2022, Victoria Kamondji est présidente de la CEAF - Communauté des églises d’expression africaine et francophone - , un réseau d’églises chrétiennes qui essaime en Europe et, en particulier, en France à la faveur des migrations et des diasporas.
En mai 2025, Victoria Kamondji qui est naturalisée française, a été élevée au rang de chevalier de l'Ordre national du mérite pour son travail en tant que pasteure évangélique, et présidente de la CEAF, elle qui construit des ponts entre les communautés et pour qui le plus important est la formation et la transmission.
Le portrait de Victoria Kamondji à écouter ici, dans Religions du Monde.
Pèlerinage : Lourdes, la Vierge Marie, les miracles et la Grotte de Massabielle
2026/03/01
Lourdes, ville de pèlerinage marial : située dans le sud-ouest de la France, cette petite ville des Hautes-Pyrénées de 13 500 habitants reçoit plus de 3 millions de visiteurs par an dont quelque 60 000 malades, et constitue le lieu de pèlerinage marial le plus important du pays.
Cette piété populaire naît à Lourdes en 1858, lorsqu’une jeune bergère de 14 ans, Bernadette Soubirous, aurait vu à 18 reprises la Vierge Marie dans la grotte de Massabielle, d’où une source d’eau miraculeuse aurait jailli. Ces apparitions de la Vierge reconnues par l’Église catholique ont suscité un engouement et ont largement contribué au développement de la ville.
Cette histoire est à l’origine des pèlerinages qui ont transformé la petite bourgade en un centre d’attraction mondial. Depuis 1858, l’Église catholique a reconnu 72 miracles, le dernier datant de mai 2025. Ces miracles de Lourdes sont une attraction pour beaucoup de croyants. Un Bureau des constatations médicales existe depuis 1883, renforcé par un comité médical international de Lourdes depuis 1947 qui regroupe une trentaine de médecins du monde entier, chargés de déterminer si une guérison est inexpliquée et soudaine suite à un séjour à Lourdes, parmi les millions de demandes déposées par des visiteurs et pèlerins.
Quête intérieure, demandes d’intersession, de guérison, tourisme de pèlerinage… Religions du Monde vous propose un reportage au cœur du Sanctuaire de Lourdes.
En images
Cisjordanie, ramadan et carême : musulmans et chrétiens face aux tensions
2026/02/22
En cette année 2026, le début du ramadan a coïncidé avec le début du carême. Les musulmans qui pratiquent le jeûne se retrouvent en famille ou avec des proches, les chrétiens partagent aussi des moments de recueillement.
Mais en Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, les quelque 3 millions de Palestiniens, musulmans et chrétiens, sont de plus en plus entravés dans leurs mouvements et dans leur pratique religieuse. La circulation des personnes est rendue de plus en plus difficile par de nombreuses restrictions et barrages mis en place par l’armée israélienne et des opérations d’occupation de terres par des colons violents se multiplient, notamment depuis les attaques sanglantes du Hamas le 7 octobre 2023 sur le sol israélien, et la riposte dévastatrice de l’armée israélienne à Gaza.
Face à ces situations, musulmans et chrétiens s’organisent en solidarité.
Entretien avec Bashar Fawadleh, le curé de Taybeh (dernier village chrétien de Cisjordanie) et avec Suhail Daïbes, directeur de l’École latine de Beit Jala, lors de leur venue en France fin janvier 2026, avec l’association « Une fleur pour la Palestine » Entretien avec Bashar Fawadleh le 18 février 2026, date de début du carême et du ramadan Reportage en Cisjordanie « un ramadan sous occupation » / Alice Froussard Entretien avec le Cheikh Ekrima Sa'id Sabri, l'imam de la mosquée al Aqsa à Jérusalem / Alice Froussard.
«Le nouveau pouvoir évangélique» : un protestantisme militant à la conquête du monde ?
2026/02/15
Qui sont les évangéliques, qu’on estime aujourd’hui à environ 700 millions dans le monde (sur environ 2,6 milliards de chrétiens), et dont le nombre a connu un essor fulgurant à partir des années 1950 ? Comment les différents courants évangéliques nés à partir du XVIè siècle se sont-ils propagés à travers le monde pour devenir visibles et influents ? Pourquoi attirent-ils de nouveaux fidèles ? Comment leurs idées morales influencent la politique ?
Faut-il craindre ce protestantisme de conversion, ceux qu’on appelle les « born-again » (nés de nouveau), qui s’attachent à une lecture littérale de la Bible ? Peut-on parler de « nouveau pouvoir évangélique » ?
Autant de questions auxquelles l’historien et spécialiste du protestantisme Sébastien Fath tente de répondre dans son ouvrage très complet de 500 pages intitulé « Le nouveau pouvoir évangélique », paru aux éditions Grasset en janvier 2026.
Invité en studio :
Sébastien Fath, historien, spécialiste du protestantisme, en particulier des évangéliques, membre du Groupe Sociétés Religions Laïcités (Laboratoire de recherches du CNRS et de l’École Pratique des Hautes Études), auteur de nombreux articles et ouvrages dont « Dieu bénisse l’Amérique – la religion de la Maison Blanche » (2004, Éd. Seuil) ; « Du ghetto au réseau – Le protestantisme évangélique en France (1800 – 2005) » (2018, Éd. Labor et Fides) ; « Gospel & francophonie – une alliance sans frontières » (2016, Éd. Empreinte) ; « Le nouveau pouvoir évangélique » (2026, éditions Grasset).
Entretien :
Jean-Raymond Stauffacher, secrétaire général de la Fédération protestante de France.
Sarah Mullally, une femme à la tête de l’Église anglicane
2026/02/08
Sarah Mullally a pris ses fonctions d’archevêque de Canterbury, le 28 janvier 2026. C’est la première femme à devenir la cheffe spirituelle de l’Église d’Angleterre, siège de la Communion anglicane.
Une Église anglicane d’une grande diversité, qui compte aujourd’hui 43 « Provinces », en communion les unes avec les autres et avec le siège de Canterbury, une sorte d’Église-mère que dirige désormais Sarah Mullally qui va résider au Palais de Lambeth, la résidence officielle de l’archevêque de Canterbury. Une Église-mère qui n’est pas hiérarchique comme le pape pour l’Église catholique, mais qui représente une autorité morale et spirituelle.
La Communion anglicane très diverse regroupe désormais entre 85 et 100 millions de fidèles dans 165 pays, elle s'est développée aux États-Unis, en Afrique et en Asie avec l’expansion de l’Empire britannique et a essaimé dans plusieurs autres pays comme le Brésil.
Aujourd’hui, 80% des Anglicans se situent en Afrique subsaharienne. Et la nomination de Sarah Mullally, le 3 octobre 2025 (qui a pris ses fonctions le 28 janvier), femme mariée, comme primat d’Angleterre, même si elle n’a pas d’autorité directe sur les 43 Provinces, a suscité des remous parmi les plus conservateurs du continent africain, qui ont manifesté leur désapprobation, en prenant leurs distances avec la nouvelle archevêque de Canterbury.
Les questions qui cristallisent toutes les crispations « sont celles qui se réfèrent à la sexualité, le mariage pour tous, les bénédictions d’unions de personnes de même sexe », souligne Rémy Bethmont, professeur d’Histoire et Civilisation britanniques à l’Université Paris 8, spécialiste du paysage religieux britannique contemporain, en particulier de l’anglicanisme.
Mais c’est aussi un réflexe contre le colonialisme dans certaines provinces anglicanes d’Afrique qui veulent faire leur propre théologie sans suivre celle des pays du Nord, fait remarquer Jack McDonald, chanoine de l’Église d’Angleterre, chef du culte anglican en Belgique, et professeur à la Faculté protestante de Bruxelles ainsi qu’à l’Université catholique de Leuven, qui travaille en particulier sur l’Afrique subsaharienne.
Invité en studio :
Rémy Bethmont, professeur d’Histoire et Civilisation britanniques à l’Université Paris 8, spécialiste du paysage religieux britannique contemporain, en particulier de l’anglicanisme. Entretien :
Jack McDonald, chanoine de l’Église d’Angleterre, chef du culte anglican en Belgique, et professeur à la faculté protestante de Bruxelles ainsi qu’à l’Université catholique de Leuven, qui travaille sur l’Afrique subsaharienne. Reportages et correspondances (reprises) : Marie Billon, Sarah Tétaud, Lucie Mouillaud.
Liban: l'Institut d'Études Islamo-Chrétiennes de l’USJ, lieu de rencontre et de dialogue
2026/02/01
Au Liban, pays multiconfessionnel qui a subi la guerre entre 1975 et 1990 et le poids de la domination syrienne, l’Institut d’Études Islamo-Chrétiennes de l’USJ (Université Saint-Joseph de Beyrouth) fait figure d’un véritable laboratoire et d’une petite passerelle qui résiste tant bien que mal à l’instrumentalisation politique du religieux.
Créé en 1977, en pleine guerre civile, à l’initiative de six amis, trois chrétiens et trois musulmans, cet institut avait pour but de faire connaître au plus grand nombre le christianisme et l’islam, avec l’idée que « plus on se connaît, moins on se fait la guerre ». Une passerelle indispensable aujourd'hui alors que les tensions se multiplient non seulement au Liban avec les frappes israéliennes malgré le cessez-le-feu en novembre 2024 avec le Hezbollah, mais aussi dans de nombreuses régions du monde.
L’Institut a été rattaché à la Faculté des Sciences Religieuses de l’USJ, l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, en 2000. Aujourd’hui, il est dirigé (depuis 2022) par l’anthropologue et théologienne Roula Talhouk et propose un cursus de Master en deux ans.
Un institut ouvert à tous, chrétiens, musulmans, agnostiques, non-croyants, du Liban et de l’étranger, pour comprendre qui est l’autre, basé sur un enseignement rigoureux en arabe et en français des sciences religieuses et des sciences sociales, et comprendre le fait religieux en vue de cultiver la paix, notamment au Liban, entre les différents groupes confessionnels.
Intervenantes :
Roula Talhouk, anthropologue et théologienne, directrice de l’Institut d’Études Islamo-Chrétiennes à l’USJ, l’Université Saint-Joseph de Beyrouth au Liban Loubna Haïdar, docteur en Anthropologie religieuse et enseignante à l’Institut d’Études Islamo-Chrétiennes de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth Rita Ayoub, docteur en Sciences religieuses, spécialiste en dialogue islamo-chrétien et en Communication Non Violente, enseignante à l’Institut d’Études Islamo-Chrétiennes de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth Nada Rashwani, étudiante en Master de relations islamo-chrétiennes à l’Institut d’Études Islamo-Chrétiennes de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth.
Jordanie: les chrétiens célèbrent l’Épiphanie au bord du Jourdain
2026/01/25
Pour les célébrations de l’Épiphanie en janvier 2026, nous nous sommes rendus sur la rive orientale du Jourdain, côté jordanien, à Al Maghtas, Béthanie au-delà du Jourdain, non loin du lieu où Jean Le Baptiste aurait baptisé Jésus, un site classé depuis 2015 au Patrimoine Mondial de l’Unesco.
Al Maghtas, qui signifie « baptême » ou « immersion », constitue l'un des cinq sites de pèlerinages chrétiens en Jordanie. Un lieu situé à 9 km au nord de la mer Morte, qui se trouve au point le plus bas sur terre, à moins 435 mètres, mais « au plus près du ciel » selon les chrétiens. Ici, les traces de l’Ancien et du Nouveau Testament sont visibles, parmi les vestiges découverts après la signature du Traité de paix entre le Royaume hachémite de Jordanie et Israël en 1994 et le déminage opéré le long du Jourdain.
Ce que les chrétiens appellent la « Terre Sainte » n’est donc pas seulement situé à l’ouest du Jourdain en Cisjordanie ou en Israël, mais aussi dans sa partie orientale, en Jordanie, nous disent les patriarches des Églises chrétiennes.
En ce vendredi 9 janvier 2026, les catholiques de toute la Jordanie se sont donné rendez-vous pour célébrer l’Épiphanie, la manifestation de Jésus aux Rois Mages, aux peuples du monde entier, et de l’Esprit Saint sous la forme d’une colombe. Une fête célébrée par tous les chrétiens. Les Grecs orthodoxes, majoritaires parmi la minorité chrétienne en Jordanie, l’ont fêtée la semaine suivante.
Dans ce pays de quelque 12 millions d’habitants à plus de 90% musulmans, les chrétiens représentent environ 3 à 6% de la population. Un pays qui revendique une paix et une stabilité rares dans cette région secouée par les guerres et les crises, de Gaza à la Cisjordanie et Israël située juste en face du site de Béthanie au-delà du Jourdain, à la Syrie au nord.
Ce jour-là, plus de 4 000 fidèles catholiques s’étaient rassemblés dans l’Église latine du Baptême du Seigneur pour célébrer aussi, comme tous les ans, la commémoration du baptême de Jésus Christ le 11 janvier. Reportage.
En janvier 2024, un an et demi après les attaques du 7 octobre par le Hamas en Israël, nous étions en reportage auprès des Grecs orthodoxes de Jordanie qui célébraient l’Épiphanie au bord du Jourdain avec la présence exceptionnelle de Théophile III, le patriarche orthodoxe de Jérusalem et de toute la Palestine, alors que les populations de Gaza subissaient les bombardements par l’armée israélienne.
Reportage en Jordanie, avec le concours du Jordan Tourism Board et de l’ambassade de Jordanie en France. Remerciements au guide conférencier francophone Shaher Abo Zaitoon.
Intelligence artificielle: quels défis pour les religions?
2026/01/18
Qu’est-ce que l’Intelligence Artificielle peut apporter aux religions ? Quels sont les risques, les défis majeurs ? Comment éduquer à l’utilisation de l’IA en particulier dans le domaine des religions ? Faut-il créer des IA fermées pour chaque confession religieuse ? Autant de questions auxquelles nous tenterons de répondre avec nos invités. (Rediffusion)
Toutes les religions sont concernées, comme le souligne Laurence Devillers dans son livre « L'IA, ange ou démon » (Éd. Cerf, 2025), « Qu’il s’agisse d’amitié, d’amour ou de politique, que ce soit à travers la nature, la religion, l’art ou l’histoire, ou encore dans nos rapports à la matière et aux objets, que ce soit dans le travail, l’éducation ou le sport, l’IA s’immisce partout et modifie notre rapport au monde. »
Invités :
- Laurence Devillers, professeure en intelligence artificielle à Sorbonne-Université, chercheuse au CNRS, autrice de « L’IA, ange ou démon », aux éditions du CERF (mars 2025) ; « Les robots émotionnels » (2020 – éditions de l’Observatoire)
- Bernard Jarry-Lacombe, ingénieur, chargé de mission au sein du pôle Société de la Conférence des Évêques de France, auteur de l’ouvrage collectif « Pour un numérique au service du bien commun » (2022 - Odile Jacob)
- Elon Cohen, représentant de l’Union mondiale juive libérale, très impliqué dans un travail spécifique sur judaïsme et numérique, judaïsme et IA.
Kimbanguisme: des sources anticoloniales au culte d’aujourd’hui
2026/01/11
L’Église kimbanguiste est une Église indépendante africaine, de type prophétique, créée en 1921 dans le Bas Congo par le prophète Simon Kimbangu, alors que toute la région était en proie aux puissances coloniales. Il s’agissait pour Simon Kimbangu, qui était au départ un fidèle de l’Église baptiste, de placer l’homme noir au centre, de prôner son émancipation et de contester la colonisation.
Simon Kimbangu annonce que Dieu est noir, Jésus est noir, Adam et Eve sont noirs : « L’homme noir deviendra blanc, l’homme blanc deviendra noir », cette phrase lui coûtera sa détention et la peine de mort, commuée en prison à vie. Mais pour ses fidèles, Simon Kimbangu est la première incarnation de l’Esprit Saint. Il mourra en détention 30 ans après son arrestation, à la prison de Kasombo à Lumumbashi le 12 octobre 1951.
Peu avant l’indépendance du Zaïre en 1960, l’Église de Jésus Christ sur la Terre par son Envoyé spécial Simon Kimbangu (AJSSK) est reconnue par les autorités coloniales.
Plus de cent ans après sa création, le kimbanguisme – qui s’appuie sur la Bible et surtout sur les récits prophétiques des successeurs de Simon Kimbangu, ses fils, petits-fils et arrière-petits-fils - revendique plus de 30 millions de fidèles dont une large majorité en République Démocratique du Congo, mais aussi en Angola, en République du Congo et en diaspora, à la faveur des mouvements et des migrations, et constitue aujourd’hui un élément dans la construction d’une identité noire.
Reportage en RDC à Kinshasa, de notre correspondant Pascal Mulegwa. Reportage en France auprès de la paroisse kimbanguiste de Saint-Ouen (culte célébré dans une grande salle à Fleury Mérogis au sud de Paris), de Véronique Gaymard. Invité :
Aurélien Mokoko-Gampiot, sociologue rattaché à l’Université de York au Royaume-Uni et au Groupe Société Religions et Laïcité (CNRS-EPHE). Sa thèse de doctorat : Le kimbanguisme en France : de la terre d'origine à la terre d'accueil (2003)
À lire aussiSimon Kimbangu et les mythes fondateurs du kimbanguisme
Livres publiés :
Kimbanguisme et identité noire (L’Harmattan, 2004) Les kimbanguistes en France. Expression messianique d’une Église afro-chrétienne en contexte migratoire (L’Harmattan, 2010) Kimbanguism: An African understanding of the Bible (Pennsylvania State University Press, 2017) À lire aussiÀ la Une: «Kimbangu: un grand homme, la patrie enfin reconnaissante!»
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