1500236623
Reportage international

Advertise on podcast: Reportage international

Rating
★★★★★
5
from
2 reviews
Categories
Country
United States
This podcast has
27 episodes
Language
French
Publisher
RFI
Explicit
No
Date created
2020/02/24
Latest episode
2026/10/04
Average duration
3 min.
Release period
1 days

Description

Chaque jour, l’illustration vivante et concrète d’un sujet d’actualité. Ambiance, documents, témoignages, récits en situation : les reporters de RFI présents sur le terrain décrivent le monde avec leur micro. 

Unlock Reportage international podcast Email contact info,
Listeners & Audience details

Email contact information

Direct podcast contact details

Listeners

Audience numbers & engagement insights

Audience details

Podcast Insights

Podcast episodes

Check latest episodes from Reportage international podcast


Aux États-Unis, de plus en plus de jeunes électeurs noirs se déclarent indépendants
2026/10/04
L’un des enjeux pour les démocrates pour les prochaines élections de mi-mandat, c'est de mobiliser les électeurs perdus à la dernière présidentielle, comme les jeunes hommes afro-américains. Donald Trump avait doublé sa part d’électeurs d’hommes afro-américains en 2024, mais de plus en plus de jeunes hommes noirs se déclarent indépendants. Un défi pour les démocrates, qui dans les années 1960 étaient devenus le parti du mouvement des droits civiques. De notre correspondant à Atlanta,  Elvis Casely a voté pour Joe Biden en 2020, mais petit à petit, il a remis en question certaines positions du Parti démocrate. Puis, en 2024, il acte sa bascule en votant pour Donald Trump. À 31 ans, il se présente aujourd’hui à une élection locale comme candidat républicain. La grande majorité des électeurs afro-américains est pourtant démocrate. « La première chose que me disent la plupart des démocrates quand je leur dis que je suis républicain, c’est : “Mais tu es noir !”, relate Elvis Casely. Et moi, je me dis : “Mais quel est le rapport avec mes opinions politiques ?” » À ses yeux, les gains de Donald Trump chez les hommes noirs s’expliquent par de plus en plus d’indépendance d’esprit. « Ceux qui changent de camp sont surtout des gens qui réfléchissent par eux-mêmes, qui font leurs propres recherches et qui se disent : “Vous savez quoi ? Peu importe ce que dit ma communauté, je dois faire preuve de bon sens. Je dois regarder les chiffres, examiner les faits et voter selon mes convictions” », poursuit le candidat. Samuel Dubois Cook, la cinquantaine, reçoit chez lui. Ses parents étaient des amis de figures du mouvement des droits civiques comme Martin Luther King. Cette augmentation d’électeurs indépendants ou républicains s’explique, selon le conseiller démocrate, par les difficultés économiques mais aussi par une absence de transmission de l’histoire. « C’est à nous d’éduquer nos enfants, insiste-t-il. C’est ce que j’essaie de faire avec les miens : je leur parle constamment de notre histoire, de la manière dont on en est arrivés là. Je pense aussi qu’à une époque, peut-être dans les années 1980 et 1990, certains parents noirs se disaient : “Je ne veux pas trop parler de l’histoire raciale à mes enfants, parce que c’est douloureux.” Et je peux le comprendre. Mais il faut quand même leur transmettre cette histoire pour les préparer. » À lire aussiÉtats-Unis: à l'approche des midterms, plusieurs figures républicaines tournent le dos à Donald Trump « Aujourd’hui, les gens veulent avoir le sentiment d’avoir le choix » Mais le véritable enjeu pour les démocrates n’est pas tant de récupérer ces électeurs républicains, mais de mobiliser les indépendants et surtout les abstentionnistes. Sur le campus de l’université Morehouse, les étudiants encouragent leur équipe de football américain ce weekend. La prestigieuse institution est destinée aux hommes noirs. Houston Brookshire, 21 ans, est un indépendant et il n’a pas voté à la dernière présidentielle. « Je pense qu’aujourd’hui, les gens veulent surtout penser par eux-mêmes et avoir le sentiment d’avoir le choix, analyse-t-il. Beaucoup de gens de mon âge n’aiment pas avoir l’impression de devoir choisir entre seulement deux options. Ils veulent avoir davantage de possibilités. » Seulement 25 % des hommes noirs de 29 ans et moins ont voté en 2024, contre 31 % quatre ans plus tôt, selon une estimation du centre de recherche Circle. À lire aussiÉtats-Unis: à deux mois des midterms, la relative influence des candidats de la gauche radicale
À Berlin, le Bode-Museum expose le portrait d’Angela Merkel et fait le plein
2026/10/03
Le Bode-Museum, un musée normalement plutôt confidentiel, spécialisé dans les arts religieux et byzantins, fait un carton depuis qu’Angela Merkel lui a proposé d’abriter temporairement son portrait officiel, l’œuvre de Jérémie Queyras, un jeune peintre franco-allemand de 28 ans, jusqu’alors inconnu et qu’elle a finalement préféré aux célébrités en course. De notre correspondante à Berlin, En quelques semaines, le Bode-Museum en Allemagne est passé de 500 à 900 visiteurs par jour. Presque tous sont venus pour un tête-à-tête avec l’ancienne chancelière. Et pas de doute possible, c’est bien elle. Au deuxième étage du Bode-Museum, au cœur de Berlin, blazer bleu flamboyant, regard pâle et concentré, une Merkel sobre et réaliste, avec toutes ses rides, observe les visiteurs.  Le peintre Jérémie Queyras se souvient de ce jour où il a envisagé de peindre la chancelière qui a accompagné toute son enfance. « En 2022, je lui ai écrit une lettre à la main. C’est surtout une collectionneuse d’art qui m’avait encouragé à lui écrire en me disant : "Mme Merkel va avoir besoin d’un portrait, il faut que vous essayiez", se rappelle le vingtenaire. Pendant trois ans et demi-quatre ans, je n’ai pas eu de retour. Et en 2025, j’ai reçu un mail dans lequel on me disait : "Mme Merkel aimerait bien vous rencontrer en personne." » S’ensuit une année de travail, une vingtaine de séances de pose et une double vie pour le jeune peintre, obligé de garder le plus strict secret sur son travail même vis-à-vis de ses colocataires berlinois. « Ça a été un peu un défi de concilier l’image de la femme politique et la personne privée que j’ai pu rencontrer », confie Jérémie Queyras. À lire aussiAngela Merkel, une fille de l'Est devenue la femme politique la plus puissante du monde Le culte Merkel Dans le public, face au tableau, de nombreux retraités, comme Barbara, une Allemande de l’Est, venue exprès pour voir Angela Merkel. « On retrouve bien ses vestes, son collier, son regard… Elle a l’air en paix avec elle-même », analyse-t-elle. Tous ne sont pas des fans de toujours. Comme ce couple de retraités originaire des bords de la mer Baltique, des électeurs du SPD. Ils n’ont jamais voté pour elle, et pourtant, ils la regrettent. « À ses débuts, elle a été beaucoup ridiculisée, pointe le retraité. Mais elle a consolidé la République fédérale et l’a rendue plus transparente. » Le politologue Gero Neugebauer est très surpris du tournant pris par le culte Merkel, un culte que l'on peut retrouver jusque sur les réseaux sociaux. « Elle représente le bon vieux temps, analyse-t-il, une époque où on pouvait avoir l’impression qu’il n’y avait pas de conflits dans la société. Et elle a l’image d’une femme proche du peuple, n’est-ce pas... » Une fois l'exposition terminée, le tableau rejoindra la galerie des portraits de la Chancellerie, aux côtés de Konrad Adenauer, Helmut Kohl ou Gerhard Schröder. À lire aussiRetrouvez tous nos articles sur la fin de l'ère Merkel
Thaïlande: à la K-pop Academy de Bangkok, tous rêvent de devenir une idole dès le plus jeune âge
2026/10/02
En Thaïlande, le succès grandissant de la K-pop, ce style musical coréen au succès planétaire, a fait naître des vocations. À Bangkok, depuis peu, des académies de K-pop ont émergé, pour fabriquer des futures idoles. Dès l'enfance, ils et elles suivent une formation pour espérer un jour être repéré(e)s par une prestigieuse agence coréenne et partir vivre leur rêve. À lire aussiLa K-pop, victime collatérale des tensions entre la Chine, la Corée du Sud et le Japon
«Le son des bombardements effraie les élèves»: dans le sud du Liban, des écoles ont ouvert malgré la guerre
2026/10/01
Alors que 6 % du territoire libanais est occupé par l'armée israélienne, 100 000 écoliers risquent d'être privés d'école. Plus de 340 établissements ont subi des dommages et 17 ont été complètement détruits par la guerre. Un retour impossible sur les bancs de l’école qui s’ajoute à un accès à l’éducation déjà ébranlé depuis la crise économique, la pandémie de Covid-19 et la guerre débutée en 2023. Dans le sud du Liban, des écoles ont ouvert malgré la situation. De notre correspondante de retour de Nabatieh, Il est 13h30, le nouvel horaire de la fin des cours au collège des sœurs Antonines de Nabatiyeh. Cette année, moins de 500 élèves y sont scolarisés contre plus de 1 300 avant 2024. Sœur Marie Touma, directrice du collège Notre-Dame des Sœurs Antonines de Nabatiyeh, confie : « L'après-midi, on constate qu'il y a des bombardements. Le son des bombardements effraie les élèves. Donc j'ai pris cette décision, et nous quittons à une heure et demie. » La directrice nous fait visiter l'école qui a subi d'importants dégâts pour la seconde fois en deux ans : « Le laboratoire a été détruit en entier. Ça, c'est la plus grande perte de l'école. » Toutes les fenêtres ont explosé. « Et pas seulement ici, ajoute sœur Marie Tourna. Attendez, vous allez voir toutes les classes. Voilà, regardez les classes, l'aluminium et les vitres. » Le préau d'où l'on peut apercevoir les zones occupées au Liban par l'État hébreu garde la trace d'un missile israélien : « Je vais vous montrer Ali Taher... Ah vous voyez l'après-midi quand ça commence ? » Plusieurs explosions se font entendre, il a eu au moins cinq bombardements ou détonations. Malgré tout, l'école continuera de fonctionner en présentiel ou en ligne. « Rien n'est garanti, mais si je veux rester mains croisées, une année va s'écouler et les enfants vont être sans scolarité. Et ça me fait une grande douleur. Je n'accepte pas », explique sœur Marie Tourna. À une dizaine de kilomètres, l'école Ajyal a aussi rouvert ses portes. Près de 1 600 élèves y sont inscrits, de la maternelle à la terminale, dont beaucoup d'enfants déplacés par la guerre, comme Yara Ismaël de Zaoutar el Charqiyeh, un village occupé par l'armée israélienne : « Bien sûr, c'est sûr mais on doit s'adapter à la situation, la seule chose qu'il nous reste c'est l'éducation. De continuer à vivre dans notre pays et de vivre tout court. » Un retour sur les bancs de l'école qui n'efface pas les traumatismes pour Hoda Harb, conseillère psychologue à l'école Ajyal : « Nous accueillons des élèves qui viennent d'autres écoles, de régions devenues dangereuses, où il n'est pas possible d'habiter, où les écoles ont fermé. Au début, pour ces élèves, c'était vraiment un choc, de réaliser ce qu'ils ont perdu et où ils en sont aujourd'hui. » Faute de garantie de sécurité, plusieurs écoles de la région resteront fermées cette année. À lire aussiAu sud du Liban, l'école reprend tant bien que mal pour une jeunesse à l'éducation sacrifiée
Élections législatives en Lettonie: un vote sous haute tension sécuritaire et économique
2026/10/01
Les Lettons vont aux urnes, ce samedi 3 octobre 2026, pour renouveler leur Parlement. Quatorze listes, près de 1 400 candidats pour 100 sièges : dans ce pays, la défense et la sécurité sont évidemment dans le débat, mais le consensus pour les financer est assez large. Les questions de société dominent depuis les manifestations pour défendre la Convention d'Istanbul qui protège les droits des femmes. À l'issue du scrutin, la répartition des forces politiques va déterminer la nouvelle coalition gouvernementale. État des lieux avec notre correspondante dans les pays baltes. De grandes affiches avec les têtes de liste et le nom du parti en grosses lettres, voilà ce que l'on perçoit de la campagne électorale dans les rues de Riga. Avec deux autres candidats du parti des Progressistes, Nils Muiznieks a tenu une permanence dans un café de la capitale : « On a une régression dans plusieurs domaines, pas mal de paroles racistes, on a aussi les attaques sur les médias publics. Pour lutter contre toutes ces tendances négatives, je veux mener la lutte dans l'arène politique. » La Liste unie menée par l'actuel Premier ministre, Andris Kulbergs, est en tête des intentions de vote. Il est arrivé au pouvoir récemment, après la démission de la Première ministre en mai dernier. Il est très présent sur les réseaux sociaux, son style très direct détonne, mais son programme reste vague. Le politologue Janis Ikstens analyse la situation : « Le développement économique, la réduction des prix, la sécurité, le système de santé... Voilà les sujets qui intéressent les électeurs. Les politiciens, au contraire, parlent surtout d'immigration, ils parlent un peu des questions économiques. Comme la campagne électorale est très présente sur les réseaux sociaux, ils peuvent l'orienter à leur manière. » En Lettonie, un quart de la population est russophone et une partie d'entre elle est pro-Poutine. Les liens entre la cheffe du parti Pouvoir souverain, en bonne place dans les sondages, et le Kremlin ont été révélés par la presse locale. Janis Ikstens poursuit : « À l'indépendance, les partis lettons étaient absolument pour, tandis que les partis représentant les russophones étaient contre. Tout cela a été attisé par la Russie. Et c'est ce que l'on voit toujours dans la propagande russe : elle remet en question l'existence de la Lettonie, et cela continue jusqu'à aujourd'hui. » Comme par le passé, ces partis ouvertement pro-Kremlin seront écartés du pouvoir. Ce qui inquiète les observateurs de la vie politique, ce sont les attaques contre la société civile. Elina Grinhofa travaille pour l'Alliance civique de Lettonie. Elle en est témoin : « Le ministre de la Culture du parti Alliance nationale a arrêté de travailler avec une association qui travaille pour aider les migrants. Tout simplement parce que cela ne correspond pas à leur vision du monde. » L'enjeu va être la formation de la nouvelle coalition. L'actuelle reprendrait bien du service. Mais certains partis vont perdre de leur influence et plusieurs lignes rouges n'ont pas été tracées pour la coopération avec certains partis très populistes. À lire aussiLa Lettonie en guerre contre l'influence russe
À un mois des midterms, sur la route 66: déserts alimentaires et discrimination raciale à Tulsa [4/5]
2026/10/01
La route 66, miroir de l'Amérique à cinq semaines des élections de mi-mandat. Quatrième étape sur cet axe routier mythique des États-Unis qui traverse huit États du centre et de l'ouest du pays. Tulsa dans l'Oklahoma est marquée par l'un des pires massacres racistes de l'histoire américaine. La communauté noire subit une nouvelle forme de discrimination : les déserts alimentaires, devenus un enjeu de campagne. Où quand il devient impossible de se procurer des aliments frais et bons pour la santé dans un rayon de 20 kilomètres. À écouter aussiÀ un mois des midterms, sur la route 66: un patrimoine qui ne vaut plus rien [3/5]
À un mois des midterms, sur la route 66: un patrimoine qui ne vaut plus rien [3/5]
2026/09/30
À cinq semaines des élections de mi-mandat aux États-Unis, RFI poursuit son chemin sur le tracé de la route 66. Artère mythique qui traverse huit États américains, symbole d'une certaine idée de la liberté, celle des motards et des routiers, mais aussi d'une Amérique à deux vitesses, mégalopoles contre petites villes. Troisième étape aujourd'hui dans la commune de Baxter Springs au Kansas, où cette nostalgie de l'aventure ne fait plus recette. Et où, faute de clientèle, le patrimoine historique est laissé à l'abandon. À lire aussiÀ un mois des midterms, sur la route 66: les ravages du fentanyl [2/5]
À un mois des midterms, sur la route 66: les ravages du fentanyl [2/5]
2026/09/29
Deuxième épisode de notre voyage sur la route 66. À un mois des élections de mi-mandat aux États-Unis, Vincent Souriau prend le pouls des Américains sur ce tracé mythique qui traverse huit États du centre du pays. Et nous faisons étape à Saint-Louis dans le Missouri aujourd'hui. Plongée au cœur d'un gravissime problème de santé publique qui se fait entendre dans la campagne des élections de mi-mandat : la crise du fentanyl. Cette drogue de synthèse surpuissante qui tue chaque année des dizaines de milliers de personnes et dont les autorités américaines sont jusqu'ici incapables de juguler le trafic. À lire aussiÀ un mois des Midterms, sur la route 66: l'explosion des prix du diesel [1/5]
À un mois des Midterms, sur la route 66: l'explosion des prix du diesel [1/5]
2026/09/27
Dans un mois, se tiendront aux États-Unis les midterms. Les élections de mi-mandat lors desquelles Donald Trump va tenter de sauver sa majorité au Congrès. À cette occasion, Vincent Souriau vous emmène toute cette semaine sur la route 66, pour une photographie de l'état d'esprit des Américains sur ce tracé mythique qui traverse huit États du centre du pays. Premier épisode entre Chicago, dans l'Illinois, et St. Louis dans le Missouri. Et là aussi, les prix du carburant ont explosé comme partout ailleurs. Le diesel, cœur de l'économie routière qui souffre et qui pèse sur le scrutin sur cette ancienne portion de la route 66.  À lire aussiL'administration Trump souhaite interdire les exportations de diesel pendant 90 jours
«Si je dis ça, je vais en prison»: en Turquie, l'humour politique en procès
2026/09/26
Quand faire des blagues mène en prison. En Turquie, un célèbre humoriste sera jugé à partir de ce lundi 28 septembre pour son dernier spectacle. Deniz Göktas est incarcéré depuis début juillet, accusé notamment d'« insulte » au président Recep Tayyip Erdogan. Sa détention et son procès illustrent l’ampleur des atteintes à la liberté d’expression en Turquie. Pour les comédiens de stand-up, l’autocensure est devenue la règle, malgré un attrait croissant du public pour l’humour politique. À Ankara, Anne Andlauer a assisté à un spectacle. La soirée commence par ce qui est devenu une précaution d’usage : le public est prié de ne pas filmer le spectacle. Sur scène, Salih Tiras, 34 ans, figure montante du stand-up en Turquie. Il plaisante sur son look : chemisette noire, lunettes rectangulaires, petite moustache. Un humoriste « de gauche, mais qui a l’air de droite », c’est comme ça qu’il s’est fait connaître. Puis il enchaîne les blagues sur l’opposition, le pouvoir, le président Recep Tayyip Erdogan, sa propre famille, la liberté d’expression. Il parle de Deniz Göktas, son collègue, son ami, en prison depuis juillet. Il demande au public de l’applaudir pour le soutenir. Deniz Göktas risque jusqu’à dix ans de prison pour trois chefs d’accusation, dont celui « d’insulte au chef de l’État ». Dans son spectacle mis en ligne au début de l’été, il qualifie sans hésiter Recep Tayyip Erdogan de « dictateur ». Une ligne rouge, parmi tant d’autres. La satire politique est un terrain miné, sur lequel Salih Tiras tente lui aussi de tracer son chemin :  « Tu es tout le temps obligé de t’autocensurer. De penser : "Si je dis ça, je vais en prison." Il y a toujours eu des lignes rouges en Turquie. Les blagues sur la religion, par exemple. Mais la dose d’autocensure a énormément augmenté et les lignes rouges n’ont jamais été aussi floues. Et avec internet, tout le monde peut nous entendre. » « Plus ton humour est politique, plus il touche de gens » Tout le monde, y compris ceux que les blagues sur le pouvoir ne font pas rire, y compris des procureurs auxquels une poignée d’heures suffisent pour ouvrir une enquête. C’est pour ça que Salih Tiras demande à son public de ne pas filmer ses spectacles. D’un autre côté, il fait salle comble plusieurs soirs par semaine. Il y a une demande, une attente du public, poursuit-il :  « Plus ton humour est politique, plus il touche de gens. Je pense que c’est lié à l’état de la liberté d’expression. Les gens cherchent des humoristes dont ils peuvent dire : "Ce type parle de moi, il parle de ce qui me préoccupe." Mais le truc, c’est que quand tu montes sur scène et que tu racontes réellement ce qui se passe, les vrais problèmes de ce pays, tu risques la prison. » Un peu de rire et de satire dans ce climat politique si lourd, c’est ce que sont venus chercher Muslu et son amie Eda, la trentaine tous les deux. « S’il n’y a pas de politique, je ne viens pas… », affirme Muslu. « On critique le pouvoir en famille, avec nos amis, mais jamais je n’oserais dire ces choses-là en public. Les humoristes sont un peu nos porte-voix. Et en même temps, ça fait du bien de rire pendant deux heures avec des inconnus qui pensent comme nous », ajoute Eda.  Ce soir-là, ils sont une petite centaine dans la salle. La vidéo du dernier spectacle de Deniz Göktas – celle qui lui vaut ce procès – a quant à elle été visionnée plus de 15 millions de fois. À lire aussiEn Turquie, la lutte contre la désinformation se transforme en répression
En Irlande, la neutralité au cœur d’un débat qui divise
2026/09/25
En Suisse, les électeurs sont appelés aux urnes dimanche pour décider jusqu’où doit aller la neutralité du pays. Une initiative populaire veut inscrire dans la Constitution suisse une neutralité « perpétuelle et armée ». Un débat qui résonne jusqu’en Irlande. À Dublin, le gouvernement muscle ses dépenses militaires et voudrait également permettre l’envoi de militaires à l’étranger sans devoir dépendre systématiquement d’un mandat de l’ONU. Pour ses détracteurs, c’est une ligne rouge, qui menace la neutralité. Un principe très cher au peuple irlandais.  De notre correspondante à Dublin, Il y a deux semaines, alors que Donald Trump était en Irlande, des milliers de manifestants sont descendus dans les rues. Et les slogans contre le président américain se mêlaient à ceux pour défendre la neutralité du pays, car même combat pour Valerie et sa pancarte « No to Nato », l’Irlande ne doit pas s’aligner sur les grandes puissances militaires. « Nous ne soutenons pas l’impérialisme américain en Irlande. Nous voulons que l’armée américaine quitte l’aéroport de Shannon. L’Irlande est un pays neutre. Les Irlandais ne veulent pas de l’Otan et ce n’est pas au gouvernement, qui est à la botte des Américains, d’en décider. Cette question devrait être soumise à un référendum », explique Valerie. L’aéroport de Shannon, dans l’ouest du pays, est régulièrement pointé du doigt, car des avions militaires américains y font escale pour se ravitailler. Or, l’Irlande et ses 5 millions d’habitants restent très attachés à un non-alignement. Selon un récent sondage de l’institut Ireland Thinks, ce sont même 75 % des Irlandais qui soutiennent le maintien de cette neutralité. À lire aussi«Il ne sait absolument pas de quoi il parle»: les propos de Trump sur une Irlande «unifiée» surprennent En 1949, l’Irlande refuse de rejoindre l’Organisation du traité de l’Atlantique nord, notamment parce que le Royaume-Uni, dont elle s’est libérée il y a peu, en est membre. Mais aujourd’hui, alors que l’Union européenne se réarme à tout va, cette neutralité est mise à rude épreuve. L’île est également traversée par des câbles sous-marins, notamment Internet et énergétiques. Des infrastructures stratégiques que Dublin ne peut pas protéger seul. Un enjeu d’autant plus sensible que des navires russes ont été observés à proximité ces derniers mois. Christian Kaunert est chercheur en sécurité internationale à Dublin City University : « On peut parfaitement être un pays neutre tout en disposant de capacités suffisantes pour se défendre ! Et même, disposer de capacités militaires peut justement réduire la probabilité d’avoir à se défendre : une forme de dissuasion. Mais les capacités militaires de l’Irlande ne sont pas à la hauteur de ce qui pourrait être nécessaire… » L’eurodéputée Maria Walsh est, par exemple, très favorable à un renforcement des capacités de défense de l’Irlande : « Renforcer notre défense ne remet absolument pas en cause notre neutralité. Avec seulement 0,2 % de notre PIB consacré à la défense - moins que des pays comme Malte ou l’Autriche -, l’Irlande est qualifiée de “maillon faible” par certains de nos voisins européens… » Une étiquette dont l’Irlande se passerait bien, d’autant qu’elle préside depuis juillet le Conseil de l’Union européenne et accueille de nombreux dirigeants européens, dont la sécurité doit être garantie. À lire aussiQuand la Russie menace la neutralité irlandaise
En Ukraine, les enfants qui doivent grandir et se construire sous les bombes
2026/09/24
En Ukraine, la guerre dure depuis 4 ans et demi, une éternité pour les enfants et les adolescents. Certains ont dû fuir leur ville, leur maison, beaucoup ont perdu des proches, des parents, tous sont marqués par le danger sourd et permanent. Une situation lourde de conséquences alors qu’ils et elles sont en pleine construction. Pour que l’enfance des petits Ukrainiens ne soit pas volée, un centre leur vient en aide. De nos envoyés spéciaux à Mykolaïv, À Mykolaïv, au sud de l'Ukraine, un centre accueille des enfants et des adolescents marqués par les dernières années, par le conflit, et leur fournit un soutien psychologique. « Je m’appelle Yaroslav, j’ai 17 ans et je viens de Kherson. Au début de la guerre, nous avons vécu sous occupation, témoigne l'adolescent. Après la libération de la ville, nous sommes venus ici à Mykolaïv avec ma famille. Et je viens au centre pour faire quelque chose de mes mains, faire parler ma créativité. » « Ici, on les écoute et c’est le plus important : on écoute d’abord, on analyse après. On parle de tout. C’est un espace de vie en dehors de l’école, en dehors du domicile parental. Le genre de vie auquel tous les enfants devraient avoir accès, souligne Olyna Diomina, travailleuse psychosociale qui accompagne ces enfants au quotidien. « Vous savez, la plupart d’entre eux ne sont presque jamais allés à l’école en personne. D’abord, il y a eu le Covid et puis la guerre est arrivée. Ils ont du mal à sociabiliser et ils souffrent de stress psychologique et ils ne savent pas comment gérer cette situation. C’est à nous, les adultes, de les aider. » À lire aussiUkraine: à Zaporijjia, des écoles souterraines pour protéger les élèves des frappes russes Voler aux enfants « leur éducation, leur créativité… tout » Le père d'Anna-Maria, treize ans, est parti sur le front. Mais la guerre lui a aussi volé son insouciance. « Au moins, avec le Covid-19 on pouvait porter un masque, ce genre de chose. Avec la guerre, personne ne sait s’il se réveillera le lendemain matin. J’ai commencé à m’isoler, j’ai fait une dépression, je n’arrivais même plus à sortir de chez moi, se rappelle l'adolescente. Et ça a laissé des traces : aujourd’hui encore, à la moindre détonation, j’attrape mes affaires et je fonce à la cave, en un instant. » Les sirènes retentissent, un stress permanent qui a des conséquences psychologiques et provoque « une peur incurable, selon Olyna Diomina. Tous les jours, c’est la loterie. Qui ce sera aujourd’hui ? Est-ce que ce sera vous ? Si les adultes ont peur, imaginez à quel point c’est terrifiant pour un enfant. Parfois j’ai l’impression que [les Russes] le font exprès, qu’ils ne veulent pas simplement leur voler leur enfance mais aussi leur éducation, leur créativité… Tout. » Les professionnels de ce centre viennent en aide chaque mois à 500 personnes, dont environ 300 enfants de 5 à 18 ans. Quelle que soit l’issue du conflit, un défi immense se dresse devant l’Ukraine : prendre soin de ces enfants et de ces adolescents marqués par la guerre. À écouter dans La marche du mondeEnfants en guerre, guerre à l’enfance ?
Israël: à l'approche des élections, le refus du service militaire des ultra-orthodoxes divise profondément la société
2026/09/24
Des élections législatives sont prévues en Israël à la fin du mois d’octobre. Le pays est en campagne électorale et il est beaucoup question du service militaire. Traditionnellement en Israël, les ultra-orthodoxes en étaient exemptés. Depuis 2023, ce n’est plus le cas. Le monde orthodoxe en majorité refuse cette nouvelle réalité et tente d’obtenir une nouvelle loi d’exemption. Mais dans un pays qui est en guerre sur plusieurs fronts depuis trois ans, beaucoup d'Israéliens trouvent cette situation injuste. Les ultra-orthodoxes, eux, ne veulent rien entendre. De notre envoyée spéciale à Bnei Brak, Un nouveau quartier se construit à Bnei Brak. Cette ville voisine de Tel-Aviv a deux caractéristiques, explique le maire adjoint Shlomi Elharar : les habitants sont très jeunes et très religieux. En hébreu, on les appelle les « haredim », les « craignant Dieu » : « Il y a 240 000 habitants dans la ville de Bnei Brak, 110 000 ont moins de 18 ans. Bnei Brak est une ville haredi à 99%. » Pour cette population, seules comptent les règles de la Torah. L’étude des textes religieux est au-dessus de tout, notamment des obligations de service militaire. Dans un pays en guerre permanente depuis trois ans, le sujet est très clivant. Beaucoup de jeunes refusent de répondre aux ordres d’enrôlement. L’armée estime qu’il lui manque 12 000 combattants, Bnei Brak compte environ 15 000 déserteurs, estime le maire adjoint qui les soutient. David vient de recevoir sa convocation, il a 17 ans : « Je leur réponds que je ne veux pas aller dans l’armée, parce que je pense que ce n’est pas pour moi. C’est tout. Ce n’est pas pour moi, il faudrait vraiment s’adapter et j’ai grandi dans une famille ultra-religieuse. » Servir autrement Considéré comme déserteur, David ne peut pas sortir d’Israël, il est menacé de sanctions financières et risque d’être arrêté par la police. Mais les religieux disent qu’ils préfèrent la prison à l’armée. Pour Léa Levy, médecin généraliste à Bnei Brak, les ultra-orthodoxes veulent bien servir le pays, mais en faisant du bénévolat plutôt qu’en allant au combat : « On n’a pas besoin de servir le pays de manière uniforme et tous derrière un uniforme. Ces gens-là, qui n’ont pas de smartphones, qui n’ont pas étudié dans des écoles classiques, ils ne sont pas forcément adaptés pour servir dans l’armée. Et je pense que les orthodoxes qui peuvent servir dans l’armée, c’est ceux qui appartiennent à la tranche la plus moderne du monde orthodoxe où, par exemple, les femmes accèdent à des métiers, mais pas les tranches qui ont gardé le plus de tradition. » À 24 ans, Benjamin est étudiant en théologie, son parcours est une exception : « J'étais dans une unité d'élite à l'armée pendant à peu près deux ans. Moi, dans mon unité, personnellement, il y avait des filles. Cette proximité, en fait, avec les filles n'était pas bonne. Et mis à part ça, les gens qui étaient autour de moi là-bas, ce n'étaient pas les bonnes personnes. J'avais besoin d'être avec des gens qui font shabbat, qui aiment Dieu, qui comprennent l'importance d'être religieux. » Benjamin a demandé à intégrer une unité ultra-orthodoxe. Déçu, il a repris ses études en religion : « Même en allant dans une unité religieuse, ça manquait de Torah comme je l'attendais. » Les ultra-orthodoxes représentent 15% de la population en Israël. La coalition gouvernementale actuellement au pouvoir est tributaire du soutien des partis qui les représentent. À lire aussiIsraël: nette hausse du recrutement des ultra-orthodoxes dans l'armée
Irlande: le festival des célibataires, «le rêve de rencontrer quelqu’un en dehors des applications»
2026/09/23
Chaque année en septembre, le paisible village de Lisdoonvarna, dans l’ouest de l’Irlande, accueille le plus grand festival de célibataires d’Europe et voit affluer près de 40 000 visiteurs venus du monde entier. Créé il y a plus de 165 ans, ce festival est né à la fin des récoltes, lorsque les agriculteurs célibataires, jusque-là accaparés par le travail de la terre, pouvaient enfin prendre le temps de chercher une épouse. À l’heure des applications de rencontre et du speed dating, le festival continue de parier sur les rencontres spontanées. À lire aussiEn Irlande, l'engouement pour la musique traditionnelle
Ukraine: transporter des organes grâce à des drones militaires, une solution pour sauver des vies
2026/09/21
À Kiev, dans le plus grand hôpital pédiatrique d'Ukraine, les transplantations d'organes n’ont pas cessé depuis le début de l'invasion russe en février 2022. Nous avons suivi l'opération de Khrystyna, un bébé de neuf mois, à qui sa tante vient de donner une partie de son foie – la centième transplantation hépatique de l'hôpital. Malgré les missiles, les coupures d'électricité et l'espace aérien fermé, les chirurgiens continuent d'opérer. Et pour transporter les organes, certains envisagent désormais des drones militaires reconvertis.  De notre correspondante à Kiev, Nous sommes au huitième étage de l’hôpital. Depuis quelques semaines, les attaques russes se sont intensifiées sur la capitale ukrainienne. Dans l’une des sept salles d’opération, trois chirurgiens chaussés de lunettes grossissantes sont aux prises avec le foie de Tetyana. Cette femme de 36 ans a décidé de donner une partie de son organe sain à sa nièce, Khrystyna, âgée de neuf mois. Le bébé est en train d’être préparé à l’opération dans le bloc voisin. Oleg Godik, le chirurgien en chef, reste étonnamment détendu : « Nous prélevons deux segments du foie du donneur, puis nous les réduisons, voire les hyper-réduisons si nécessaire, afin qu’ils soient adaptés au receveur avant la transplantation. L’opération dure en moyenne cinq à six heures. » D’ailleurs, cela peut paraître surprenant, mais, pour se concentrer, les chirurgiens ont mis de la musique métal en fond sonore. Peut-être aussi une façon de faire écran au quotidien anxiogène ambiant. L’opération de Khrystyna est la 100e greffe de foie réalisée dans cet hôpital. En Ukraine, le pays effectue encore des centaines de transplantations par an et ce chiffre continue de grimper malgré la guerre. Cependant, le cadre est très strict. Une loi adoptée dès 2018 interdit formellement qu’un organe soit prélevé sur un soldat tué au front ou sur un civil mort à la suite des attaques russes. Maintenir les transplantations malgré la guerre Le chirurgien cardiaque Borys Todurov, grand ponte des greffes dans le pays, a lui-même suggéré cette loi au gouvernement. Il nous accueille dans son bureau de l’Institut du cœur, sur la rive gauche de Kiev : « C’était une manière d’éviter les spéculations dans les médias russes. Dès les premiers jours de la guerre, les médias russes racontaient chaque jour que des équipes ukrainiennes de transplantation se rendaient sur le front pour prélever les organes des personnes tuées. » Maintenir ces transplantations en temps de guerre impose aussi des défis concrets. L’espace aérien ukrainien est fermé depuis février 2022. Et transporter un organe, c’est aussi une course contre la montre, car il ne survit que six heures au maximum hors du corps. L’an dernier, les équipes de Todurov ont parcouru 34 000 kilomètres, presque l’équivalent d’un tour du monde : « Quand nous roulions pendant les attaques, avec des bombes qui explosaient devant nous, c’était extrêmement dangereux. » Une solution se dessine pourtant : des drones militaires reconvertis, capables de parcourir 700 kilomètres à plus de 110 km/h. Son équipe n’attend plus que l’approbation des forces armées, afin que les militaires comprennent que ce qui vole n’est pas forcément un ennemi, mais peut servir à transporter des organes. À lire aussiUkraine: à Odessa, l'hôpital pour enfants tente de gérer les pénuries de courant

Podcast reviews

Read Reportage international podcast reviews


5 out of 5
2 reviews

Podcast sponsorship advertising

Start advertising on Reportage international relevant audience podcasts


What do you want to promote?