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27 episodes
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FrenchPublisher
RFIExplicit
No
Date created
2020/02/24
Latest episode
2026/10/28
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3 min.
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1 days
Description
Chaque jour, l’illustration vivante et concrète d’un sujet d’actualité. Ambiance, documents, témoignages, récits en situation : les reporters de RFI présents sur le terrain décrivent le monde avec leur micro.
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Arménie: préserver la biodiversité du lac Sevan grâce aux barrages
2026/10/28
Les États du monde entier se réunissent en Arménie pour une COP17 dédiée à la biodiversité. Objectif : mieux protéger la nature dont nous dépendons et qui nous rend tant de services. Dans le pays hôte, l'Arménie, c'est le sort du lac Sevan qui inquiète. La plus grande réserve d'eau douce du Caucase est en danger alors qu'elle est essentielle pour l'économie et pour des centaines d'espèces d'oiseaux et de poissons, dont certaines sont menacées de disparition. L'État arménien veut restaurer le lac en construisant notamment des réservoirs d'eau en remplacement.
Au-dessus de la plaine de l'Arrarat, en Arménie, le barrage de Vedi vient d'être terminé. Dès qu'il sera plein après la fonte des neiges, il pourra fournir de l'eau à quelque 5 000 agriculteurs en aval pendant la saison sèche. Sergey Sereda, du Fonds de développement territorial arménien (ATDF), explique : « Pour irriguer avant dans la région, il fallait 11 pompes pour aller chercher l'eau du lac Sevan. Le barrage, c'est une réserve de 29 millions de mètres cubes d'eau qu'on ne prendra plus dans le lac, et le tout avec seulement deux pompes. »
De quoi alléger un peu la pression sur le lac Sevan, car chaque année, 170 millions de mètres cubes d'eau y sont prélevés rien que pour l'agriculture, soit l'équivalent de 68 000 piscines olympiques. Et ce alors qu'avec le changement climatique, les sécheresses vont augmenter et les besoins en eau aussi.
Et tout cela sans compter l'impact de la production d'hydroélectricité, la surpêche, le tourisme, et la forte pollution, poursuit Zaven Melikjanyan, chargé du projet à l'Agence française de développement qui a aidé à financer le barrage : « Pendant l'époque soviétique, le niveau de l'eau s'est baissé approximativement à 20 mètres. Aussi, la qualité de l'eau est totalement détruite et c'est une catastrophe pour la biodiversité. Cela concerne majoritairement les poissons endémiques qui se trouvent à Sevan. Et donc, avec ce projet de Vedi, avec d'autres projets de réservoirs, on peut bien sauvegarder l'état de Sevan. » De quoi alléger un peu la pression sur le lac Sevan, pollué et pompé à l'excès depuis presque un siècle.
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En tout, dix barrages doivent être construits dans le pays. C'est le plus grand projet d'infrastructure depuis l'époque soviétique. Objectifs à terme : réaugmenter le niveau du lac Sevan et restaurer sa biodiversité sans sacrifier l'agriculture et ses 8% de PIB. Dans la plaine, il s'agit aussi d'adapter les pratiques agricoles pour éviter le gaspillage de l'eau.
« Vous voyez ces arbres ? Ce sont des abricotiers. J'en ferai des abricots secs. Et entre ces plants, je vais planter une vingtaine de pêchers », raconte Ashot Shargoyan, 70 ans. Il fait partie des quelques paysans qui ont reçu une aide pour l'installation d'un système d'irrigation moderne. Au pied de chacun de ses arbres, un tuyau délivre lentement de l'eau au goutte-à-goutte. « Je suis ravi d'avoir ce système d'irrigation goutte à goutte chez moi, que j'utilise pour cultiver des légumes et des arbres fruitiers. On utilise très peu d'eau, ça fait des économies ! Et la qualité du produit est vraiment excellente. Goûtez mes tomates, elles sont aussi douces que des fruits ! », ajoute-t-il.
Économiser l'eau est d'autant plus important qu'avec le changement climatique, les sécheresses vont se multiplier et s'intensifier.
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Royaume-Uni: 1,5 million d'écoliers contraints d'étudier dans des écoles délabrées
2026/10/27
Au Royaume-Uni, le bâti scolaire a beau avoir bénéficié d'une campagne de remise à neuf sous Tony Blair, Premier ministre de 1997 à 2007, beaucoup d'établissements sont en mauvais état et ont bien du mal à obtenir les fonds pour des travaux. Selon une enquête réalisée par le journal The Guardian, 1,5 million d'écoliers étudient dans des écoles délabrées.
Un reportage à retrouver dans son intégralité sur le site de RFI dans le podcast Accents d'Europe.
En Irlande, des logements sont laissés à l'abandon alors que les loyers explosent
2026/10/26
Maisons à l’abandon, appartements inoccupés, lotissements désertés, en Irlande, des milliers de logements restent vides, alors que la crise du logement atteint des niveaux records. Les loyers à Dublin sont devenus les plus chers d’Europe, deux tiers des 18-34 ans vivent encore chez leurs parents et jamais autant de personnes n’ont eu besoin d’un hébergement d’urgence. Alors pourquoi ces milliers de logements vides ne sont-ils pas remis sur le marché, quand tant d'Irlandais peinent à trouver un toit ? Direction Cork, dans le sud du pays, deuxième plus grande ville d’Irlande, où le paradoxe est bien visible.
Un reportage de notre correspondante à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe.
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Élections législatives en Israël: le vote des colons israéliens en Cisjordanie occupée
2026/10/25
Mardi 27 octobre, des élections législatives se tiendront en Israël. En Cisjordanie occupée, où vivent plus d’un demi-million d’Israéliens installés dans des colonies illégales au regard du droit international, beaucoup se définissent comme « sionistes religieux ». Les partis qui les représentent font partie de la coalition qui a gouverné Israël ces quatre dernières années.
Sur les hauteurs de la colonie d’Itamar, Moshe Goldsmith commente le paysage de ce qu’il appelle la Judée-Samarie, le nom biblique de la Cisjordanie occupée. Barbe blanche et kippa des Juifs religieux, l’homme est un partisan revendiqué de la coalition la plus à droite de l’histoire d’Israël.
« Je pense que ce gouvernement a été extraordinaire, si l’on pense à tous les défis qu’il a dû affronter : le Hezbollah, Gaza, le front intérieur ici en Judée-Samarie et bien sûr l’Iran et encore la Syrie. Mais une fois de plus, comme l’Histoire nous l’enseigne, Israël a retourné la situation à son avantage… », affirme-t-il.
Moshe votera pour la liste du sionisme religieux, le parti du ministre des Finances, Bezalel Smotrich, qui lui aussi habite une colonie du nord de la Cisjordanie occupée. Yael est l’une de ses voisines. « À une période où tout le monde voulait faire un accord avec le Hamas pour pouvoir récupérer tous les otages, lui il a tenu bon. Il a dit : "Il faut pas faire d'accord avec le Hamas. On arrivera à récupérer les otages. Mais il faut pas lâcher prise, il faut tenir pour l'avenir" », explique-t-elle.
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La question du service militaire chez les religieux au coeur des débats aussi dans les colonies Mais certains débats de la société israélienne résonnent aussi parmi les habitants des colonies. Ces nationalistes religieux sont très représentés dans l’armée et dans ses unités combattantes. Ce n’est pas le cas d’un autre groupe de religieux juifs en Israël, les ultra-orthodoxes, qui dans leur immense majorité ne portent pas l’uniforme. Une injustice, selon Sondra Barras qui vit dans la colonie de Karnei Shomron :
« Deux de mes fils sont dans des unités combattantes, ils ont porté l’uniforme au moins six mois par an au cours des trois dernières années. Et vous verrez cela partout chez les sionistes-religieux et particulièrement en Judée-Samarie, où nous avons plus de soldats réservistes que partout ailleurs. Et j’ai été très déçue de la façon dont le gouvernement actuel a géré cela. »
Sondra ne votera donc pas pour l’un des partis de la coalition sortante qui a gouverné ces quatre dernières années en s’appuyant à la fois sur les partis ultra-orthodoxes et sur les partis nationalistes religieux.
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En Grèce, des jeunes diplômés désormais plus nombreux à rentrer au pays qu'à s'expatrier
2026/10/24
Y a-t-il un retour des cerveaux en Grèce ? Pendant les années noires de la crise économique, entre 2009 et 2018, les jeunes Grecs ont émigré en masse dans d’autres pays de l’UE, aux États-Unis et au Canada principalement. Maintenant, ils reviennent petit à petit en Grèce. Un récent rapport de l’OCDE montre que les tendances migratoires se sont inversées depuis 2023 : ils sont désormais plus nombreux à rentrer au pays qu’à s’exiler. Le signe d’une économie plus dynamique, même si ce n’est pas le seul facteur qui entre en jeu pour pousser les jeunes expats à revenir.
À 31 ans, Dionysis Kourouniotis dirige une entreprise de construction à Athènes. Il y a dix ans, il étudiait au Canada pendant que la crise et le chômage décimaient l’économie grecque. Jamais il n’aurait imaginé revenir vivre dans son pays. En 2020 pourtant, les circonstances l’ont amené à faire un choix radical. « Je voulais être avec ma famille pendant le coronavirus, mais alors, l’économie s’est redressée. C’est l’histoire de beaucoup d’entre nous qui sont rentrés », raconte-t-il.
Ingénieur chimiste après des études à Vancouver et à Londres, Dionysis correspond au profil de ces jeunes Grecs hautement diplômés qui décident de rentrer au pays et d’y rester pour de bon, parce qu’ils imaginent de nouveau un futur en Grèce. Dans son cas, il a transformé l’entreprise familiale en une affaire florissante. « En cinq ans, le nombre de nos employés a doublé. Le miroir de l’économie, c’est la construction… Quand, il y a une crise, le secteur s’effondre, et quand l’économie reprend, cela se reflète sur la construction », souligne-t-il.
« Ils ne se projettent pas à l’étranger et veulent avoir une famille ici » Mais la crise grecque n’est pas qu’un vieux souvenir : même si l’économie a rebondi, les diplômés grecs gagnent encore entre 35 % et 40 % en moins que leurs pairs européens. Dimitris Panopoulos dirige le programme gouvernemental « Re-brain », en allusion au retour des cerveaux. Il organise des rencontres internationales entre les entreprises grecques à la recherche de talents et des candidats au retour. Pour ces derniers, le facteur économique n’est pas la seule motivation.
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« Ils disent que quand ils arrivent à l’âge de 30-35 ans, à l’âge de former une famille, c’est un tournant pour eux, ils décident de rentrer parce qu’ils ne se projettent pas à l’étranger et ils veulent avoir une famille ici », rapporte-t-il.
Dynosisis, le jeune entrepreneur dans la construction, fait le même constat. Il y a six ans, il a participé à la création de Back to Greece, un réseau de jeunes diplômés rentrés au pays. Il affirme que la plupart d’entre eux acceptent des salaires plus bas en Grèce parce qu’ils privilégient des critères plus sentimentaux. « Il y a très peu de Grecs qui ont quitté la Grèce et qui ne veulent pas revenir à un moment ou un autre… », affirme-t-il.
En 2023, ils étaient plus de 47 000 à rentrer au pays, davantage donc que les 32 000 qui se sont exilés cette année-là. Les jeunes partent encore, mais avec un projet de retour : selon une étude sur la diaspora universitaire grecque citée par le journal Kathimerini, 60 % des Grecs qui étudient à l’étranger prévoient de revenir en Grèce dans les cinq prochaines années.
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Législatives anticipées en Serbie: les étudiants redoutent la fraude électorale et se préparent aux contrôles
2026/10/24
Les Serbes sont appelés aux urnes dimanche 25 octobre pour des législatives anticipées. Le régime du président Aleksandar Vucic, en place depuis 14 ans et réputé pour sa corruption et ses penchants autoritaires, fait face à une large contestation populaire menée depuis deux ans par les étudiants, qui présentent leur liste de candidats : 250 inconnus du grand public, novices en politique, pour la plupart professeurs d'université ou fonctionnaires, dont le point commun est la lutte contre la corruption et la restauration de l'état de droit. Par-dessus tout, les étudiants et la population craignent la fraude électorale, systématique en Serbie. Parmi l'arsenal de moyens pour tenter de l'éviter, les étudiants ont, comme la loi électorale les y autorise, désigné des contrôleurs électoraux, qu'ils ont formés.
De notre correspondant à Belgrade,
Devant Nebojsa, activiste des droits civiques, et Luka, un étudiant, sont assis une trentaine de futurs contrôleurs électoraux. Ils participent à un cours un peu particulier. Le but : décortiquer les techniques de fraude électorale.
« L'utilisation du téléphone portable est IN-TER-DITE. Vous en voyez un, vous faites aussitôt pression sur les assesseurs, sur le président du bureau de vote. Il tient un procès-verbal et il a pour instruction de le rendre vierge. Vous exigez l'inscription, vous l'écrivez, et à chaque incident vous ajoutez une nouvelle inscription. Vous lui dites : "À chaque incident je vais faire un problème, et c'est toi qui devras gérer ça avec la commission électorale." »
« Vous ne laissez rien passer. Vous vous défendez bec et ongles. Pour tout. C'est maintenant ou jamais », dit également son acolyte.
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En Serbie, le bulletin de vote prend la forme d'un formulaire qu'il faut cocher. Une photo du bulletin en faveur du régime peut rapporter 50 euros. Un vote pour l'opposition peut coûter un licenciement à certains employés du service public. Interdire le téléphone portable, c'est rendre sa liberté à l'électeur. Mais les contrôleurs ne peuvent pas tout :
« Il y a onze façons de tricher aux élections le jour du vote. Et aussi des techniques de fraude avant le jour du scrutin, comme les fausses cartes d'identité, la double inscription aux listes électorales. Mais ça, ce sont des techniques sur lesquelles nous ne pouvons pas agir en tant que contrôleur ».
On présente aux candidats l'inventaire des fraudes connues : bourrage d'urnes, doubles bulletins, triche au dépouillement tandis qu'un laxatif dans le café peut éloigner les contrôleurs trop pointilleux du bureau de vote. Rien de tout cela n'étonne plus Olja, une étudiante de 24 ans, qui n'en est pas à sa première activité : « J'ai participé à l'action « un étudiant dans chaque village », J'ai fait du porte-à-porte pour la liste étudiante, j'ai tenu des stands de campagne. D'une certaine façon, devenir contrôleuse était la suite logique. »
Danijel, ingénieur informatique de 36 ans, n'a pas le profil classique de l'activiste. Il participe avec des amis : « Je souhaite apporter ma pierre à l'édifice pour qu'on puisse vivre dans un état de droit, pour que la loi soit respectée. Aux dernières élections, j'avais appris trop tard qu'on pouvait devenir contrôleur électoral. Je veux me rattraper cette fois-ci. »
Toutes les élections organisées depuis l'accession de Vucic au pouvoir ont été marquées par la fraude. Lors du dernier scrutin, seuls 30 % des bureaux de vote avaient leurs contrôleurs. Cette fois, les étudiants ont formé 20 000 contrôleurs électoraux pour 8 000 bureaux de vote, soit 2 à 3 contrôleurs par bureau. C'est l'un de leurs outils pour tenter de limiter la fraude.
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Législatives en Serbie: l'opposition se met au porte-à-porte pour assurer la victoire de la liste étudiante
2026/10/23
Élections législatives anticipées ce week-end en Serbie. Le régime du président Aleksandar Vucic, en place depuis 14 ans et réputé pour sa corruption et ses penchants autoritaires, fait face à une large contestation populaire. Menée depuis deux ans par les étudiants, ils présentent leur liste de 250 candidats inconnus du grand public, novices en politique, pour la plupart professeurs d'université ou fonctionnaires. Leur point commun étant la lutte contre la corruption et la restauration de l'état de droit. Cette liste étudiante bénéficie d'une campagne low cost mais très populaire et efficace, basée sur des tribunes dans toutes les communes, des plus grandes aux plus petites, de marches étudiantes à travers le pays, et d'un porte-à-porte dans tout le pays.
De notre correspondant à Belgrade,
Brésil: dans le Minas Gerais, les bolsonaristes entre rejet du PT et défense des valeurs traditionnelles
2026/10/23
Ce dimanche 25 octobre, les électeurs brésiliens sont appelés aux urnes pour le second tour de la présidentielle. Le sénateur d’extrême droite Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, affronte le président sortant Lula, qui brigue un quatrième mandat non consécutif. Après être arrivé en tête dans l’État clé du Minas Gerais au premier tour, Flavio Bolsonaro espère y confirmer son avance. En 2022, son père y avait pourtant été battu par Lula.
De notre envoyé spécial à Itabirito,
Ils sont venus en voiture, en camion, en pick-up et même à cheval. Cette semaine, les partisans de Flavio Bolsonaro se sont donné rendez-vous à Itabirito, une petite ville de tradition minière, à une heure de route de Belo Horizonte, la capitale du Minas Gerais. Le rassemblement est organisé par le député local, le pasteur Anderson.
« La criminalité ici, dans le Minas Gerais, a augmenté. On a appris aujourd’hui que le chômage avait également augmenté, clame-t-il. Dans cette région, on vit de l’exploitation minière, mais même les compagnies minières commencent à montrer des signes de faiblesse. Alors, nous sommes là, démocratiquement, pour envoyer un message. Nous croyons en un pays qui va se relever. »
Un pays qui, selon les bolsonaristes, a été détruit par des années de gouvernements corrompus du Parti des travailleurs, le PT. C’est l’un des principaux arguments de campagne de Flavio Bolsonaro, repris par ses sympathisants. Comme Walter, un entrepreneur local qui redoute une dérive socialiste de son pays. « Si on continue comme ça, on sera bientôt au niveau du Venezuela », alerte-t-il.
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« Tout ce qui ne va pas, c’est du côté de la gauche » En plus du rejet de Lula et du PT, c'est aussi la défense des valeurs traditionnelles qui mobilise les militants. Pour Giovani, c’est même la principale raison de voter Flavio Bolsonaro. « Depuis tout petit, notre mère nous a appris à aimer notre patrie, notre famille et les nôtres. Nous avons grandi avec ces valeurs, explique-t-il. Alors, nous devons voter pour un candidat qui se rapproche le plus de l’éducation que nous avons reçue. Tout ce qui ne va pas, c’est du côté de la gauche. Ma mère est aujourd’hui au ciel, mais je suis sûr qu’elle est fière de moi. Parce que mes valeurs, elles ne sont pas négociables. »
Dans le centre-ville de Belo Horizonte, Luciana distribue des tracts pour Flavio Bolsonaro. Pour elle aussi cette élection est avant tout une question de valeurs. Elle est notamment opposée à la légalisation de l’avortement. « Moi, je pense que si une personne avorte clandestinement ou prend des médicaments pour avorter, c’est son problème, opine-t-elle. Mais le gouvernement n’a rien à faire là-dedans. Ce n’est pas un père ! »
À quelques mètres seulement du stand de Luciana, des militants de Lula font campagne pour le président sortant. Eux aussi dénoncent leur adversaire. Deux camps qui se font face, dans un pays profondément polarisé, où le dialogue semble devenu impossible.
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Midterms aux États-Unis: mobiliser les jeunes électeurs, un des enjeux des élections
2026/10/22
Les Américains voteront le 3 novembre pour les élections de mi-mandat, les « midterms ». Les démocrates espèrent obtenir le contrôle du Congrès pour contrer les politiques de Donald Trump. Mais l'un des enjeux pour ces élections est la mobilisation des jeunes électeurs. Le président états-unien avait cherché à gagner des voix dans cet électorat pour gagner la présidentielle, il y a deux ans. Les démocrates cherchent donc à galvaniser les jeunes.
De notre correspondant aux États-Unis,
Quand on prononce le mot « midterms » sur le campus de l'université de Géorgie à Athens, les étudiants pensent plutôt à leurs examens de midterm – les examens de mi-semestre – qu'aux élections de mi-mandat aux États-Unis. Pour remédier à ce manque d'intérêt, Jean Spence tient un stand pour inciter les jeunes à aller voter. La septuagénaire fait partie de l'organisation progressiste Indivisible. « Nous croyons que les étudiants pourraient faire la différence. Ils ont tendance à être plutôt progressistes, et je suis progressiste », explique-t-elle.
Les étudiants se promènent entre les bâtiments. Un peu plus loin, se trouve le stand du parti démocrate du campus. « Pour le dire simplement : quand les jeunes votent, les démocrates gagnent, affirme Martin Ames, un de ces jeunes militants démocrates. Les jeunes soutiennent très largement le programme des démocrates. Ils estiment que l'accès à l'assurance santé et au logement devrait être plus simple, que le salaire minimum devrait être augmenté et que nous ne devrions pas nous engager dans une guerre sans objectifs clairement définis. »
L'une des difficultés, explique Martin : faire comprendre à ses camarades l'importance de ces élections, lui qui veut limiter les politiques de Donald Trump. « Il est difficile de leur faire comprendre que ce qui se passe actuellement est sans précédent, parce qu'ils ont grandi avec Donald Trump. Alors, leur faire saisir le contexte historique et l'importance de ce qui se passe aujourd'hui demande beaucoup d'efforts », regrette-t-il.
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Il y a deux ans, Donald Trump a obtenu la majorité des voix des jeunes hommes. Un succès notamment grâce au poids des influenceurs de droite et d'extrême droite, qui vantent souvent un modèle social conservateur ou patriarcal. Mais les démocrates sont aussi sur les réseaux sociaux, explique Lydia O'Neil, responsable de la communication du parti sur le campus :
« Je pense que l'un des meilleurs moyens de contrer cette influence massive de la droite, qui est assez effrayante, notamment sur les réseaux sociaux, c'est que beaucoup de jeunes, et particulièrement de jeunes femmes, réalisent de plus en plus à quel point c'est effrayant, analyse-t-elle. C'est vraiment décourageant de voir des personnes de notre génération, notamment des jeunes hommes, tomber dans ce piège de la droite. »
Mais pour la présidente de la branche locale de l'association conservatrice Les jeunes Américains pour la liberté, si les jeunes sont de plus en plus conservateurs, c'est qu'ils font preuve de « bon sens » : « Ils estiment que nous n'avons pas besoin d'un État tentaculaire. Nous voulons des dépenses publiques raisonnables, une gestion responsable des finances publiques et un État dont le rôle est limité. Nous sommes aussi attachés aux valeurs familiales traditionnelles et à la foi. »
Pour les démocrates, comme les républicains, l'enjeu est surtout d'augmenter la participation des jeunes, dont le taux est plus faible que celui de leurs aînés.
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Allemagne: en Saxe-Anhalt, les craintes de la communauté juive après la victoire électorale de l'AfD
2026/10/20
Après la victoire de l'extrême droite en Saxe-Anhalt aux élections régionales, la petite communauté juive de cette région de l'est de l'Allemagne navigue entre inquiétude et attentisme. Elle ne sait pas encore ce que le futur probable président de la région fera en matière de lutte contre l'antisémitisme et de travail de mémoire. L'Alternative pour l'Allemagne (AfD) a promis de réduire la place de la Seconde Guerre mondiale dans les cours d'histoire, et juge ce passé trop encombrant. Reportage à la synagogue de Magdebourg.
Un reportage à retrouver dans son intégralité dans Accents d'Europe.
Israël: à Rehovot, une jeunesse qui penche à droite avant les législatives
2026/10/19
Dans une semaine, le 27 octobre, les Israéliens se rendront aux urnes. Rehovot, une ville de 140 000 habitants près de Tel-Aviv, est considérée comme un bon baromètre, car les résultats électoraux y sont similaires à ceux de l'ensemble du pays. Elle y a rencontré des jeunes. Pour ce scrutin, ils seront 600 000 primo-votants, et ils se positionnent beaucoup plus à droite que leurs aînés : 56% de ces jeunes de 18 à 22 ans se déclarent de droite.
De notre envoyée spéciale à Rehovot,
« Le plus logique pour moi serait de voter soit Bibi (Benyamin Netanyahu, NDLR), soit Ben Gvir. Et pour l'instant, je pense plutôt voter Ben Gvir », confie Shahar. « Probablement à droite. Ben Gvir, Bibi ou quelque chose comme cela. Qu'est-ce qui est important pour moi ? Que ce soit un pays de droite, un pays juif », explique Noa.
Shahar et Noa vont donc voter à droite ou à l'extrême droite lors des élections législatives du 27 octobre en Israël. Elles ont 18 ans et travaillent au centre commercial de Rehovot. Rei est attablé à un café. Le jeune homme a 21 ans et il fait son service militaire. « C'est la première fois que je vote et j'hésite... Je vais probablement voter pour le bloc de droite, pour Ben Gvir. Avec lui, c'est la sécurité... Il y a la loi sur la peine de mort pour les terroristes. Des lois qui protégeront et rendront l'État plus sûr », assure-t-il.
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Une génération marquée par le 7-Octobre et trois années de guerre. Amit refuse de se laisser enfermer dans ce schéma. Il fait des études pour devenir vétérinaire, il a 26 ans et va voter centre droit, pour s'opposer à l'actuelle coalition au pouvoir. « Moi, je pense voter Eisenkot. Si le gouvernement actuel est réélu, nous allons vers de gros problèmes dans notre pays. Par exemple, tout le monde veut la peine de mort. Je trouve cela stupide parce que c'est raciste », estime-t-il.
En tête des intentions de vote des jeunes : Naftali Bennett, de droite libérale, mais du bloc anti-Netanyahu. Rotem trouve son programme intéressant : « J'ai 18 ans. Je me situe quelque part entre Bennett et Eisenkot. J'hésite. Je viens d'une famille dans laquelle mes parents votent Likoud, Ben Gvir et tout ça. Mais moi, c'est un peu moins mon truc, ces extrêmes. Je pense aussi qu'il faut du changement. Bibi est Premier ministre depuis que je suis née. Cela fait longtemps. »
Ces jeunes électeurs israéliens n'ont connu que Benjamin Netanyahu à la tête du pays. Sharon porte une voix minoritaire : cette étudiante, réserviste, a des idées de gauche. « Je vais voter pour le parti démocrate aux prochaines élections parce que c'est important pour moi de renforcer le bloc du changement. Il est important pour moi de soutenir un parti qui prendra toutes les mesures nécessaires pour former un gouvernement qui ne soit pas dirigé par Netanyahu. Qui pourra construire un avenir meilleur pour ce pays », espère-t-elle.
Chacun s'accorde à dire qu'il ne faut surtout pas s'abstenir. Même lorsqu'on est Palestinien d'Israël comme Yasmine, étudiante de 22 ans qui va voter pour un parti qui la représente. « On a besoin des voix de tout le monde cette fois. On ne veut pas des racistes. C'est pourquoi je vais voter pour la Liste arabe unie. On veut la paix », affirme-t-elle.
À Rehovot, les jeunes souhaitent que les ultra-orthodoxes partagent le fardeau du service militaire et fassent l'armée. Les très religieux ne se posent pas de questions : ils voteront selon les indications de leur rabbin.
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Biodiversité: dans les Asturies, la nature se réinstalle entre béton et industrie
2026/10/18
La renaturalisation des cours d'eau en milieu urbain est l'un des objectifs de la COP17 (du 18 au 30 octobre à Erevan, en Arménie). En la matière, l’Espagne se classe plutôt bien en Europe. Et même si, de façon générale, la conservation des habitats naturels n'est pas encore à la hauteur des enjeux, les bonnes pratiques existent. Exemple dans les Asturies, où s'est rendue RFI. Dans cette région qui abrite 1% de la biodiversité mondiale, le passé sidérurgique s'estompe peu à peu des écosystèmes.
De notre envoyée spéciale à Gijon,
Après des années à l'avoir maltraitée, la ville de Gijon, dans les Asturies, vient de se réconcilier avec sa rivière, le Río Pilon, qui se jette dans la mer au niveau de la grande plage de San Lorenzo. Le cours d'eau, qui circulait entre des digues de béton, abrite désormais des joncs, des roseaux et tous types d'arbustes typiques des berges.
« Ce que l'on a fait ici, c'est revégétaliser la zone avec des arbres d'espèces autochtones. Retrouver les plantes et arbres typiques des berges comme le laurier par exemple », explique Paco, membre des Écologistes en action et un des précurseurs de ce projet de restauration-plantation.
Dans la rivière, plusieurs types de canards pataugent joyeusement, alors qu'un héron blanc se tient immobile sur une sorte de petite île qui s'est recréée naturellement. « Devant nous, il y avait deux vannes qui séparaient la rivière en deux, et ils avaient construit une île artificielle en béton. Il reste encore des travaux de renaturalisation à faire, mais on retrouve une rivière dans son état naturel. Il y a même une source d'eau potable qui a fait irruption lorsque l'on a retiré les digues en béton », détaille Paco.
À 50 kilomètres de là, l'estuaire d'Avilés, la grande ville industrielle des Asturies. Face à nous, de l'autre côté du fleuve, s'activent des camions et des grues qui déversent des tonnes de métal ou de charbon. David, membre de l'Association de conservation de la nature, présente aux visiteurs les dernières dunes qui s'éloignent. Un espace presque miraculé de l'estuaire.
« Nous sommes dans le dernier endroit préservé dans la zone. C'est un bouclier pour tenir tête à tous ceux qui veulent transformer cet espace et, du même coup, le dégrader. Ici, nous avons des hérons, des sternes. Il y a également des plantes qui sont très rares en Asturies, et certaines espèces de mollusques qui avaient disparu sont revenues dans l'estuaire. Évidemment, je soutiens ce genre d'initiatives qui favorisent la biodiversité de l'estuaire, mais il faut aller encore plus loin. Il faut les reproduire à grande échelle », estime-t-il.
Il reste du travail à Avilés, et la conservation des habitats est encore un point faible de l'Espagne, avec seulement 9% des habitats d'intérêt communautaire en bon état de conservation. Pour inverser cette tendance, le pays a transmis son projet de plan national de restauration de la nature à la Commission européenne, qui prévoit des actions de réparation ciblées sur près de 9 500 kilomètres carrés d'habitat dégradés d'ici 2030.
Un reportage à retrouver en intégralité dans l'émission Accents d'Europe
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Arménie: des chercheurs français en quête de semences pour affronter le réchauffement climatique
2026/10/17
Avant la COP17 sur la biodiversité, qui s'ouvre ce lundi 19 octobre en Arménie, des scientifiques français ont parcouru le pays à la recherche de semences locales. Face au changement climatique, ils cherchent dans cette diversité génétique des plantes capables de s'adapter aux conditions de demain. Reportage de Marie Penin pour RFI.
« Nous sommes de l'université agraire, et nos collègues français vont arriver dans un instant. Ils s'intéressent aux plantes que vous cultivez dans votre village. Est-ce qu'on pourrait aller les voir dans votre jardin ? », demande Andrea Melikyan. « Si vous étiez arrivés un peu plus tôt, vous auriez pu goûter le tolma [au chanvre] de ma belle-mère », lui répond Gohar Khachatryan.
Dans leur jardin à Vaghatin, Gohar et Seyran Khachatryan cultivent pommes de terre, tomates, haricots... Les Français, eux, s'intéressent aux asperges. « Depuis 25 à 30 ans, grâce à nos amis américains et à notre travail, nous continuons à cultiver ces variétés de Mary Washington », explique Seyran. « On collecte les graines, mais on collecte les savoirs qui vont avec. Elle est précoce, elle est tardive, elle est irriguée, pas irriguée, elle est sensible à telle maladie ou pas », souligne Stéphane Crozat, co-directeur du Centre de ressources de botanique appliquée, qui dirige cette mission.
S'adapter au nouveau climat Ici, les scientifiques cherchent des semences plus résistantes au réchauffement climatique et aux maladies. Elles seront ensuite étudiées et testées à Lyon avec des agriculteurs français. « L'idée, c'est d'aller chercher dans des zones hypercontinentales – l'Arménie se trouve, en pointes extrêmes, de -22°C à pas loin de 50°C – pour pouvoir adapter nos futurs légumes, céréales et autres à notre nouveau climat. La plante va enregistrer petit à petit, progressivement, ces informations et va les inscrire progressivement dans son génome. Cette notion de coévolution est fondamentale parce que c'est ce qui peut nous permettre de nous adapter », ajoute-t-il.
Une génétique très large Johan Cottreel, agronome au Centre de ressources de botanique appliquée (CRBA), recherche en priorité des variétés locales, familiales, avec une grande diversité génétique : « Ici, en Arménie, les croisements se font dans le jardin, soit par le vent, soit par les insectes. Ils n'ont pas peur du brassage génétique. C'est une des pistes aussi, d'aller voir une génétique très large pour résister aux conditions très aléatoires d'une année sur l'autre. »
Direction la banque de semences. « Nous allons le faire sécher. Il faut ensuite mettre 300 graines dans une enveloppe, puis la placer au réfrigérateur pour les conserver », détaille la scientifique Margo Ghazaryan. Ces graines rejoignent la banque de semences arménienne, qui conserve déjà 12 000 ressources génétiques. « Nous essayons de collecter les graines de toutes les espèces de plantes présentes en Arménie, notamment les ressources génétiques qui sont menacées de disparition. Si certaines venaient à disparaître, nous pourrions les restaurer », estime Andrea Melikyan, qui dirige ce centre scientifique.
Une partie de ces ressources sera étudiée à Lyon par l'équipe française. Les résultats seront présentés conjointement à la COP17. Des graines arméniennes, donc, qui pourraient bien se retrouver au cœur des discussions sur l'avenir de notre agriculture.
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Au Pakistan, l'avenir est incertain pour les étudiants afghans en médecine
2026/10/16
Du jour au lendemain, en pleine année universitaire, des centaines d’étudiants afghans en médecine au Pakistan se retrouvent menacés de devoir interrompre leurs études et de rentrer en Afghanistan.
De notre correspondante à Islamabad,
Le 1ᵉʳ septembre, les autorités pakistanaises ont ordonné aux établissements de médecine et d’études dentaires d’expulser les étudiants afghans et d’organiser leur retour en Afghanistan. Cette décision pourrait avoir des conséquences particulièrement lourdes pour les étudiantes, qui ne peuvent plus poursuivre leur formation médicale dans l’Afghanistan des talibans. Pour les défenseurs des droits humains, cette mesure s’inscrit dans une politique plus large menée par Islamabad à l’encontre des ressortissants afghans sur fond de dégradation des relations entre Islamabad et Kaboul.
Depuis 2023, les autorités pakistanaises mènent une vaste campagne d’expulsion d’Afghans, au nom notamment de la sécurité nationale. Les autorités pakistanaises, elles, démentent toute expulsion générale des étudiants afghans. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères assure que ceux qui disposent d’un visa valide peuvent rester au Pakistan et terminer leurs études. Mais sur le terrain, plusieurs étudiants affirment avoir été renvoyés de leurs facultés ou de leurs dortoirs. Certains ont saisi les tribunaux à travers le pays et obtenu une suspension temporaire de la mesure. Pour les autres, la situation reste inchangée. Et derrière cette incertitude, ce sont des années d'étude et de sacrifices qui risquent d'être perdues.
À écouter dans Le débat du jourPakistan-Afghanistan : deux voisins irréconciliables?
« Je suis sous le choc » Sur le campus du Federal Medical College d’Islamabad, quelques dizaines d’étudiants en médecine sont rassemblés. Parmi eux, Shaqayq Danish, 24 ans, est étudiante en deuxième année. Elle fait partie de la cinquantaine d’étudiants afghans de cette université. Sur la pancarte qu'elle brandit est écrit : « L’éducation est un droit, pas une arme politique. » Elle confie : « Je suis sous le choc. Certains étudiants ont été expulsés de leurs dortoirs. D’autres ont été renvoyés de leurs facultés. »
Depuis la décision des autorités pakistanaises, Shaqayq ne peut plus aller en cours. Ce sont plusieurs années d’étude qui risquent de partir en fumée. « Nous nous sommes battues. Nous n’avons pas baissé les bras. Nous avons fait tout notre possible pour arriver jusqu’ici, souligne-t-elle. Mais aujourd’hui, une fois encore, tout nous est limité. »
Pour les étudiantes comme Shaqayq, la décision est particulièrement lourde de conséquences. En 2022 déjà, elle avait dû interrompre ses études en Afghanistan après les restrictions imposées par les talibans sur l’éducation des filles. Pendant près de deux ans, elle a travaillé pour apprendre l’anglais et reprendre ses études ailleurs. « Toutes les voies sont actuellement fermées pour nous en Afghanistan. Si je retourne en Afghanistan, ce n’est pas seulement mon parcours et mon avenir qui seront réduits à néant, alerte-t-elle. Ma famille aussi en souffrira profondément. Pour ma mère et ma sœur, j’étais un espoir. »
Pour son camarade Amin Salimi, 23 ans, lui aussi afghan, il n’y a pas de doute sur la nature de cette mesure. Pour lui, c’est une décision complètement politique.
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Près de 2 millions de départ Depuis 2023, les autorités pakistanaises mènent une vaste campagne d’expulsion de ressortissants afghans, invoquant des raisons de sécurité nationale, conduisant à près de 2 millions de départs. Muhammad Akif Sher, avocat à Islamabad et défenseur des droits des Afghans, dénonce une politique discriminatoire. « Lorsque nous, les avocats, représentons un étudiant afghan ou un citoyen afghan devant les tribunaux ici, au Pakistan, explique-t-il, malheureusement, les juges semblent avoir l’idée préconçue que le simple fait d’être afghan constitue en soi une infraction. »
La justice pakistanaise a depuis temporairement suspendu l'application de cette mesure dans plusieurs affaires à travers le pays. Mais, à Islamabad, pour Shaqayq et ses camarades, l’incertitude demeure. Et derrière son propre avenir, c’est déjà celui de son pays qu’elle imagine. « Avoir des médecins dans un pays est un besoin fondamental, conclut l'étudiante en médecine. Je voudrais que le monde entier imagine ce que serait leur pays s’il n’y avait aucun hôpital ou aucun médecin. »
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Italie: à Rome, l'école publique Di Donato se bat contre un décret-loi du gouvernement Meloni
2026/10/16
À quelques mois des élections générales en Italie, un décret-loi adopté par le gouvernement Meloni impose notamment l'interdiction du port du voile dans les établissements scolaires ou bien des limites d'élèves étrangers. Au cœur de l'Esquilin, le quartier le plus cosmopolite de Rome, enseignants et parents d'élèves de l’école Di Donato font front commun contre ce décret-loi.
Réputé pour ses pratiques pédagogiques, cet établissement accueille près de 400 élèves de maternelle et de primaire, répartis dans vingt classes. La moitié d’entre eux sont originaires d’une vingtaine de pays étrangers – asiatiques, africains ou encore d'Europe de l'Est.
Un reportage dans cette école de notre correspondante à Rome.
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