
Advertise on podcast: Reportage culture
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This podcast has
48 episodes
Language
FrenchPublisher
RFIExplicit
No
Date created
2020/02/24
Latest episode
2026/04/21
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3 min.
Release period
4 days
Description
Musique, beaux-arts, cinéma ou théâtre, découvrez l’art sans frontières, sans œillères. Savourez quelques notes de musique, laissez-vous guider dans un musée ou une galerie, soyez le spectateur privilégié d’un film ou d’une pièce de théâtre, laissez-vous séduire par un spectacle de rue grâce à la chronique culture de la rédaction de RFI.
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Au Printemps de Bourges, le rap toujours sur le devant de la scène
2026/04/21
Du 15 au 19 avril, la ville de Bourges, dans le centre de la France, a accueilli la 50ᵉ édition du Printemps de Bourges, le premier festival de la saison. Comme tous les ans, l'événement a fait un peu de place aux artistes venus de tous les horizons musicaux, musiciens déjà installés ou jeunes talents. Mais un style musical était, cette fois encore, au centre du jeu : le rap.
Festival du Livre de Paris: l'édition française secouée par l'affaire Grasset
2026/04/17
Le livre en fête... mais le monde de l’édition sous tension. Pendant trois jours, du 17 au 19 avril, le Festival du Livre de Paris ouvre ses portes sous la verrière du Grand Palais à quelques 450 exposants, plus de 1 200 auteurs et autrices et des dizaines de milliers de passionnés de littérature, mais l'enthousiasme est assombri par une crise sans précédent : l'éviction brutale d'Olivier Nora, patron historique de Grasset, par le propriétaire du groupe Hachette, Vincent Bolloré. Une décision qui a fait l'effet d'un séisme et ravivé une inquiétude profonde sur l'indépendance éditoriale en France.
À lire aussiFrance: plus d'une centaine d'écrivains annoncent quitter la maison d'édition Grasset en ciblant Vincent Bolloré
La Casa Musicale de Perpignan célèbre ses 30 ans avec un festival gitan
2026/04/11
La Casa Musicale de Perpignan fête ses 30 ans. Lieu culturel emblématique du sud de la France, situé au cœur du quartier gitan de Saint-Jacques, la Casa est installée sur un terrain de deux hectares entièrement dédié à la création artistique. Depuis trois décennies, l'association du même nom soutient les pratiques amateures, crée des rencontres entre artistes et les accompagne dans leurs projets. Objectif : valoriser les cultures gitanes, rap, hip-hop et musiques actuelles.
La Casa Musicale continuera de célébrer trois décennies d'activisme culturel durant le festival Ida y Vuelta, prévu du 4 au 6 juin prochain.
En Belgique, l'AfricaMuseum travaille à la restitution d'objets à la RDC
2026/04/10
À Tervuren, petite commune à quelques kilomètres de Bruxelles, en Belgique, les chercheurs du Musée royal de l'Afrique centrale, en collaboration avec leurs homologues congolais, mènent un programme de recherche de provenance depuis 4 ans. Baptisé Proche, il vise à déterminer dans quelles conditions certains objets ont été spoliés et transférés de la RDC vers la Belgique lors de la période coloniale. Une fois les données compilées, d'ici la fin de l'année, les autorités des deux pays décideront d'éventuelles restitutions.
De notre envoyé spécial de retour de Tervuren,
Derrière une vitrine, deux masques en bois de quelques centimètres de haut trônent au milieu d'une dizaine d'autres œuvres, dans une salle de l'AfricaMuseum. « Ce sont des masques qui sont étudiés par un de nos partenaires congolais, explique Lili Boros, chercheuse de provenance au sein du musée. Ils travaillent sur une société dite secrète et sur comment les objets qui sont aujourd'hui ici au musée, comment ils ont pu sortir. »
Des œuvres comme celle-ci, il y en a des dizaines de milliers dans les vitrines et les collections du musée. « La collection ethnographique, elle va regrouper une grande pirogue, ça peut aussi être des nasses, des nattes, des pièges, liste Elisabeth Cornelissen, la coordinatrice générale du programme proche, comme ça peut être des objets d'une énorme valeur spirituelle, rituelle. »
Tous ces objets proviennent de la collection ethnographique de l'AfricaMuseum. Depuis quatre ans, les chercheurs et les chercheuses du programme Proche, en collaboration avec l'Institut des musées nationaux du Congo et l'Université de Kinshasa, sont chargés d'enquêter sur leur provenance.
« Pour cette collection, il est possible de faire des restitutions, poursuit la coordinatrice générale, à condition qu'il y ait une documentation qui contextualise cette acquisition, est-ce qu'elle peut être considérée dans des conditions de violence ou d'inégalité. »
À écouter dans Grand reportageDe l’Africa Museum aux rues de Bruxelles, comment la Belgique tente de décoloniser son patrimoine
Une concertation entre la Belgique et la RDC Mais face au nombre considérable d'objets à étudier, il a fallu mettre en place une méthode particulière. C'est notamment le travail de Madelon Dewitte, chercheuse en provenance de l'AfricaMuseum. « On est face à une très grande collection d'objets, il est impossible de faire les recherches un par un. Donc, on a décidé de se pencher sur les personnes liées à l'acquisition de ces objets, explique-t-elle. Car chaque objet est lié à une personne, qu'ils aient été donnés au musée, légués, vendus. En connaître plus sur ces personnes, ça nous éclaire aussi sur le contexte d'acquisition de ces objets, en fonction du rôle qu'avaient ces personnes. Au Congo, par exemple, il y avait des personnes missionnaires, des militaires, des administrateurs territoriaux. »
Un véritable travail de détective qui doit aboutir à un rapport. Il sera ensuite remis aux autorités belges et congolaises qui décideront ou non de faire la restitution.« Notre but, c'est vraiment de les informer au maximum, avec des recommandations, mais des recommandations qui reposent aussi sur une concertation, souligne Elisabeth Cornelissen. On offre cet éventail et c'est pour informer les décideurs autant politiques que dans les commissions mixtes. C'est l'option qui a été prise pour l'instant entre la RDC et la Belgique. »
Le rapport est en cours de rédaction. Il devrait être publié d'ici la fin de l'année.
À écouter dans Le grand invité AfriqueRestitution d'objets culturels: la France veut «un cadre juridique clair et transparent» pour «simplifier les demandes»
Les clubs de lecture, des salons littéraires remis à la mode par les réseaux sociaux
2026/04/03
C'est une pratique que l'on pensait démodée depuis l'époque des salons littéraires du 19e siècle. Et pourtant, les clubs de lecture, ou « bookclubs », ont de nouveau la cote. De Dua Lipa à Lena Situations, de nombreuses stars à travers le monde s'y sont mises. Mais c'est surtout chez les jeunes adultes que l'on retrouve le phénomène. Déjà avides de communautés littéraires sur les réseaux sociaux – les fameux #BookTok et #BookStagram –, ces lecteurs font désormais basculer leur passion dans le monde réel.
Nous sommes dimanche, c'est l'après-midi, et un beau soleil brille dans les rues de Paris. Journée idéale pour s'octroyer une petite promenade. Ou pour se réunir dans une brasserie, et parler lecture. Dans un café du sud de la capitale, Alexandre, 30 ans, lance les hostilités : « Bonjour et merci d'être ici pour cette deuxième édition du bookclub », lance-t-il d'un ton enjoué. Face à lui, une vingtaine de personnes, des hommes et des femmes, tous âgés de 25 à 35 ans, et tous venus avec un même objectif, passer l'après-midi à discuter de leur dernière lecture commune.
Le livre décortiqué ce jour-là ? Un polar d'inspiration nordique. À peine les débats lancés, chacun y va de son commentaire. « Moi, j'avoue que le style, ce n'est pas important pour moi. J'ai trouvé que cela se lisait bien », lance l'une. Rebond automatique d'une autre personne installée à la même table : « Il y a beaucoup de rebondissements, c'est vrai qu'on a envie de connaître le dénouement, mais tout allait trop vite, je n'ai pas réussi à me mettre dans l'ambiance. » Du style au scénario en passant par les descriptions. Pendant deux heures, ces lecteurs, qui pour la plupart ne se connaissaient pas au début de la réunion, passent tous les aspects du livre au peigne fin.
Faire de la lecture une activité collective Claire, 29 ans, le confesse. Elle voulait intégrer un bookclub « depuis plusieurs mois. J'adore lire, passer deux heures dans un café, chez moi ou au parc, pour bouquiner, explique la jeune femme. Mais c'est une activité solitaire, et j'avais aussi envie de partager et d'échanger autour de livres, d'appréhender des œuvres à travers d'autres points de vue, de découvrir aussi peut-être certains éléments que je n'aurais pas perçus seule. »
Alexandre, le fondateur de ce club de lecture, abonde : « La lecture, c'est quelque chose qu'on fait seul. Pourtant, on adore en parler. Les gens adorent parler de ce qu'ils ont lu, donc le fait de savoir qu'on va pouvoir se retrouver dans un mois pour parler d'un même bouquin, se recommander des livres. Cela fait du bien. » Pour ce jeune homme, tout a commencé sur les réseaux sociaux il y a quelques mois : pour son trentième anniversaire, ses proches lui offrent une trentaine de livres, qu'il décide de faire découvrir à d'autres internautes sur les réseaux sociaux. En quelques semaines, plus de 7 000 personnes se sont mises à le suivre. « Dès que j'ai commencé à créer du contenu sur les réseaux, reprend-il, j'ai constaté qu'il y avait une vraie demande de rencontre dans mes commentaires. »
Ce phénomène, assez récent, a tout à voir avec les plateformes sociales et l'omniprésence des nouvelles technologies. Anne Cordier est sociologue, spécialiste des usages numériques de la jeunesse. Selon elle, cette tendance « est liée à l'hyperconnexion, rendue nécessaire notamment dans les cadres professionnels. Il y a besoin de s'en libérer. Cela passe par des moyens d'évasion, en l'occurrence ces clubs de lecture in situ, entre individus. »
Sortir de la polarisation Les clubs de lecture sont aussi une manière, pour ces jeunes adultes, de « reprendre le pouvoir, estime encore Anne Cordier. Il y a une question de pouvoir d'agir ici. Réorganiser ensemble, mais tel qu'on le souhaite, des échanges, dans un cadre à la fois incarnant et incarné. »
Il s'agit aussi de faire renaître la flamme du débat, mais loin de la polarisation qui règne sur les réseaux sociaux. « Le principe de base, c'est de se disputer dans le bon sens du terme : confronter des avis, des opinions et trouver – ou pas – un terrain d'entente, mais toujours dans des espaces d'échange qui reposent sur l'écoute et le respect. »
Clémence, venue pour la deuxième fois au bookclub d'Alexandre, ne l'aurait pas dit autrement : « C'est vrai que c'est sympa, de confronter nos points de vue, de se dire qu'on n'est pas d'accord. » Mais l'écoute demeure le maître mot, et là-dessus, le fondateur du bookclub est implacable : « Dans le cadre du club, on a le droit d'avoir des avis tranchés, mais on a surtout le droit de le dire à d'autres gens dans le respect et le calme. L'esprit, ce n'est pas de s'écharper, chacun doit avoir la place d'exposer ses arguments. » En bref : les polars, c'est oui. La polarisation, c'est non.
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«Clair-obscur» à la Bourse de Commerce, des œuvres entre visible et invisible
2026/04/03
Clair-obscur, c'est le titre de la nouvelle exposition de la Bourse de Commerce jusqu'au 24 août. Elle fait référence au clair-obscur du 16e siècle et à Caravage. Mais, cette fois, il s'agit d'art contemporain et moderne, issu de la collection Pinault. Ou comment les artistes recherchent la lumière dans le noir, un espoir en ces temps obscurs.
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Les «Signes d'Égypte» du peintre Hamed Abdalla exposés à l'IMA-Tourcoing
2026/03/28
C'est la première fois que le peintre égyptien Hamed Abdalla, disparu en 1985, bénéficie d'une rétrospective en France. En ce moment, et jusqu'au 12 juillet 2026, l'Institut du monde arabe-Tourcoing rend hommage au peintre prolifique, inventeur du « mot forme », et dont le parcours nous informe autant sur sa propre trajectoire que sur celle de son pays.
C'est la couleur, d'abord, qui saute aux yeux. L'exposition Hamed Abdalla : Signes d'Égypte a recouvert les murs de l'IMA-Tourcoing des teintes chères au peintre : l'ocre, le brun, mais aussi des rouges vifs, des verts profonds et des bleus électriques. Dès les premiers pas, plongée garantie donc dans l'univers du peintre, encore aujourd'hui relativement confidentiel en France. « C'est assez paradoxal, pointe la directrice du musée, Katia Boudoyan. Hamed Abdalla reste assez méconnu du public, alors même qu'il bénéficie d'une reconnaissance internationale dans le monde de l'art et dans les musées. »
Et de reconnaissance, on en fait difficilement de plus éclatante : le peintre né en Égypte – pays auquel il est resté profondément attaché malgré ses exils successifs au Danemark et en France – est aujourd'hui exposé aussi bien à la Tate Gallery, à Londres, qu'au Metropolitan Museum of Arts à New York et qu'au Mathaf à Doha. « Il nous semblait donc important, poursuit Katia Boudoyan, de faire connaître au public cet artiste qui se caractérise aussi bien par la diversité de son esthétique que par son regard sur l'histoire égyptienne. »
Un touche-à-tout des arts visuels La diversité de l'art selon Abdalla, d'abord. Sur la centaine de pièces récoltées auprès de la famille du peintre, on trouve aussi bien des lithographies que des peintures à l'acrylique ou à la gouache – mais aussi des supports plus surprenants. « Tout au long de sa vie, Hamed Abdalla n'a cessé d'expérimenter, sourit Nada Majdoub, la commissaire en charge de l'exposition. Il a peint à l'encaustique, s'est servi de techniques sur papier froissé, de papier de soie imbibé d'encre et roulé en boule. » Quelques mètres plus loin, elle renchérit : « Il a même peint avec du goudron ! »
Ces explorations diverses et variées ont toutefois toutes une même ligne de vie : le mot-forme, une invention d'Hamed Abdalla, à la croisée entre calligraphie et figuration. Un « véritable pied-de-nez », selon Nada Majdoub, « puisque dans l'islam, la figuration est mal vue. » Ici, Hamed Abdalla trouve, dans l'écriture des mots arabes, des formes correspondant au sens du mot. Le mot « la guerre » prend par exemple la forme d'un taureau cornu sur fond noir, tandis que « la capitulation » se confond avec la représentation d'une silhouette prostrée. « Pour comprendre l'œuvre d'Hamed Abdalla, il faut bien distinguer la lisibilité et l'intelligibilité. La lisibilité, c'est, si l'on veut, la première couche, détaille Nada Majdoub. Mais, ce qui l'intéresse vraiment, c'est l'intelligibilité : pouvoir être compris par des personnes qui ne lisent pas l'arabe, ou qui ne savent pas lire, qui ne peuvent lire que les images. »
Une œuvre profondément politique Les mots-formes d'Hamed Abdalla ont aussi rythmé – ou en tout cas gardé la mémoire – des soubresauts politiques de l'Égypte, et plus largement du Moyen-Orient. La guerre, la capitulation, ou au contraire la révolte et la liberté : autant de mots qui reflètent l'histoire de l'Égypte, à laquelle le peintre s'intéressait de près. « Son œuvre fait vraiment écho aux grands moments de l'Égypte de la seconde moitié du XXe siècle, appuie la directrice du musée Katia Boudoyan, qu'il s'agisse de moments douloureux ou de construction. »
L'artiste a toujours porté un regard profondément engagé sur son pays, mais aussi sur ses voisins, et notamment la Palestine. Ce n'est donc « pas anodin » de lui consacrer une exposition en 2026, pointe l'historienne, « au regard de l'actualité qui frappe l'Orient et le Moyen-Orient. Son engagement est toujours d'actualité. » Et Nada Majdoub de conclure : « Ce que cette exposition essaie de faire, c'est d'expliquer l'histoire telle qu'elle est depuis un siècle, et de faire comprendre aussi que ce à quoi l'on assiste en ce moment n'a pas commencé aujourd'hui. Il s'agit de laisser cette histoire s'installer dans le temps long, et de l'observer à travers l'œil d'un artiste. » Les signes d'Égypte d'Hamed Abdalla n'attendent plus que d'être déchiffrés.
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Lumière et inventivité: la réjouissante œuvre tardive de Matisse au Grand Palais
2026/03/27
Matisse 1941-1954, c'est le titre de l'exposition qui vient de s'ouvrir au Grand Palais, co-produite par le Centre Pompidou. Elle met en lumière la dernière période du peintre, de ses 70 à 84 ans, alors qu'il était gravement malade. Handicapé et diminué, il produira pourtant comme jamais. Une œuvre lumineuse foisonnante de couleurs, de formes et d'une créativité porteuse d'espoir. L'exposition rassemble 300 œuvres. Si la moitié viennent du Centre Pompidou, plus de 60 prêteurs ont permis de constituer des ensembles rarement montrés.
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Coup de projecteur sur la scène gabonaise aux speed-meetings du Babel Music XP
2026/03/21
La 4ᵉ édition du festival Babel Music XP se tenait du 19 au 21 mars à Marseille, dans le sud de la France. Pendant trois jours et trois nuits, la ville est devenue l'épicentre méditerranéen des musiques actuelles du monde. Producteurs, managers, directeurs de labels ou de festivals : plus de 2 000 professionnels de l'industrie musicale venus du monde entier s'y sont rencontrés autour de conférences, de tables rondes ou encore de speed-meetings.
Deux professionnels de la musique assis face à face autour d'une table avec dix minutes top chrono pour se rencontrer : c'est le principe des speed-meetings du Babel Music XP. L'une des sessions était entièrement dédiée aux musiques du Gabon. Parmi les représentants du pays présents, Jean Remy Ogoula Latif, directeur artistique de CAE Culture prod – La créativité africaine pour l'excellence, a un objectif très clair : « Que le monde sache qu'il y a des choses qui se passent au Gabon. Les rares fois où on entend parler du Gabon, c'est sur des questions politiques, alors que la culture est aussi présente, plein d'artistes viennent chez nous. Au-delà du Cameroun où on sait que ça bouge, de la RDC où on sait que ça bouge, du Sénégal, de la Côte d'Ivoire, du Bénin… le Gabon aussi bouge ! », s'exclame-t-il.
Face à lui, plusieurs professionnels venus de différents horizons cherchent à collaborer ou à programmer leurs artistes dans différents évènements culturels du Gabon. D'autres, à l'inverse, cherchent des artistes gabonais à accompagner et à soutenir.
À écouter dans Couleurs tropicalesLa sélection musicale de Charlayn, notre correspondante au Gabon
La difficile question du financement Mais au-delà des affinités musicales et artistiques, la question du budget est centrale. Jean Remy Ogoula Latif pose constamment la question des subventions possibles via le ministère de la Culture, les collectivités territoriales ou les établissements publics, afin de faciliter le transport des artistes entre l'Afrique et l'Europe.
« Un artiste à qui on peut payer un cachet de 1 000 euros ou 2 000 euros vient rarement seul. Ils sont à deux, trois, quatre, voire cinq. Quand chaque billet coûte 1 200 euros, on arrive vite à près de 10 000 euros. Pour 2 000 euros de cachet, c'est lourd. Donc on essaye de voir les mécanismes et les solutions pour pouvoir avancer », explique-t-il.
Entretiens express, collaborations durables Bien plus efficaces que des échanges de mails impersonnels, les speed-meetings permettent de nouer un vrai contact et d'aborder sans détour les questions de budget ou bien encore de visas. Et même si les 10 minutes accordées passent souvent trop vite, les rencontres en présentiel fonctionnent mieux, les partenariats se mettent en place, et la magie opère.
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Beverly Buchanan, une œuvre ancrée dans la culture afro-américaine
2026/03/20
Beverly Buchanan, l'artiste afro-américaine, est en majesté au Fonds régional d'art contemporain (FRAC), à Metz dans l'est de la France. Née en Caroline du Nord en 1940, elle est d'abord éducatrice et agente de santé avant de se consacrer à l'art. Son inspiration prend sa source dans le monde rural et dans le mode de vie des communautés afro-américaines. Dessins, peintures, sculptures, collages ancrés dans la culture vernaculaire du sud des États-Unis témoignent de la richesse de son art.
Des graines de liberté: un concert de soutien au peuple iranien à Paris
2026/03/14
« Ils ont voulu nous enterrer, ils ne savaient pas que nous étions des graines. » Inspirée par cette devise de résistance, une soirée musicale, poétique et politique rend hommage aux victimes du régime iranien. Sobrement intitulé Pour l’Iran, cet événement collectif réunit le 15 mars 2026 une vingtaine d’artistes iraniens et internationaux au New Morning. Une manière de faire résonner depuis Paris la détermination d’un peuple qui continue de réclamer démocratie et liberté.
La programmation du concert est ici.
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Avec «Flops?!», le musée des Arts et Métiers signe une expo... réussie!
2026/03/13
Et si l'échec faisait partie de la réussite ? Jusqu'au 17 mai 2026, le musée des Arts et Métiers, à Paris, propose l'exposition Flops ?! Oser, rater, innover. L'occasion de s'offrir un bon moment de rigolade devant certains objets loufoques dont on comprend l'insuccès. Mais surtout, l'occasion de s'interroger sur la notion d'échec et de la dédramatiser.
Les galeries du musée des Arts et Métiers ne désemplissent pas depuis la fin octobre. Petits et grands, de 7 à 77 ans, tous se pressent pour découvrir l'exposition Flops ?! Oser, rater, innover, aussi ludique que complète. On découvre, au fil du parcours, une poupée mangeuse de frites qui risquait de croquer les doigts de son propriétaire au passage ; un jeu de société conçu par Donald Trump et qui n'est pas passé à la postérité, les règles étant incompréhensibles ; une crème de jour au radium promettant une peau lumineuse ; ou encore une poupée Barbie « puberté » dont il fallait tordre le bras pour que sa poitrine pousse…
Métaphysique du flop Au-delà de rire, il s'agit aussi d'analyser le flop. Dès l'entrée, le visiteur est plongé dans le bain : « On a voulu montrer les diverses raisons de l'échec, du bide, du flop », sourit Karine Alexandrian, la cheffe de projet de cette exposition. Eh oui ! Car faire un flop, ce n'est pas forcément la faute d'une idée absurde ou d'un problème technique. « On pense "flop" et on imagine une fusée qui explose ou le Titanic qui coule. Mais c'est beaucoup plus compliqué que cela ! », pointe doctement Karine Alexandrian. Le musée a identifié sept façons de « flopper » – mais, « le flop [étant] ancestral », d'autres façons de faire existent probablement !
Il y a donc le fameux problème technique, mais aussi l'idée trop en avance sur son temps – comme le fardier de Cugnot, sorte de voiture à vapeur ; la démesure humaine, qui pousse à sous-estimer la nature – le Titanic ! ; le fait de passer à côté de la bonne idée ; l'impraticité d'un objet ; ou encore le refus de l'usager d'adopter une invention. « L'idée, c'est de montrer que le parcours pour aller d'une invention à une innovation – c'est-à-dire, une invention qui a réussi – est parfois très chaotique », souligne la cheffe de projet du MuAM.
Dédramatiser l'échec Au-delà de ça, il s'agit aussi de questionner notre relation à l'échec. « On a souvent l'impression que les objets tombent du ciel, précise Karine Alexandrian, et qu'ils sont déjà réussis. Or, le chemin vers la réussite est souvent jalonné de moult échecs. »
Pour preuve : la section de l'exposition dédiée aux technologies récentes. On y retrouve des objets qui ne sont pas passés à la postérité, comme le Bi-bop, premier téléphone portable en France, qui nécessitait, pour communiquer, d'être à proximité d'une borne... et que son interlocuteur le soit, lui aussi, et au même moment ! Figure aussi, dans cette vitrine, la Wii U, échec commercial cuisant pour Nintendo. « Pourtant, sans la Wii U, il n'y aurait probablement pas la Nintendo Switch », pointe Karine Alexandrian. De même que le Bi-bop a probablement pavé la voie pour les communications mobiles telles qu'on les connaît aujourd'hui.
L'échec n'est donc pas un drame, simplement une étape du parcours et une donnée à intégrer. « Un échec reste un échec, analyse le designer et architecte Philippe Starck, parrain de l'exposition. Pour ma part, je déteste l'échec et j'essaie de le fuir autant que possible. Mais en même temps, l'échec fait partie du parcours de création. Donc, face à l'échec, si l'on est positif et intelligent, on essaie de l'analyser et de s'en servir. »
Flops ?!, un véritable succès ! Ce discours semble résonner pour les centaines de visiteurs qui se pressent chaque jour dans le musée. « On ne s'attendait pas à une telle affluence, souffle Karine Alexandrian. Mais je pense que cela fait du bien aux gens de voir que l'échec n'est pas forcément un drame. » Et peut-être particulièrement aux plus jeunes, dont les rires résonnent dans les allées de l'exposition. Mission accomplie ? « C'est un message qu'il nous semblait important de transmettre au public, et particulièrement au jeune public », se félicite en tout cas la responsable des collections. Un public qui se souviendra sûrement, en quittant le musée, que la maxime « qui ne tente rien n'a rien » est finalement assez juste... et même scientifiquement exacte !
Flops ?! Oser, rater, innover au musée des Arts et Métiers (Paris) jusqu'au 17 mai 2026.
À écouter dans L'art de raconter le mondeAux Arts et Métiers, le top des flops !
«Pas le temps d'être une muse, trop occupée à être artiste» Léonora Carrington, l'icône oubliée de la peinture mexicaine
2026/03/07
Leonora Carrington est une figure culte au Mexique, à l'instar de Frida Kahlo. Pourtant, cette artiste reste méconnue en France. Le musée du Luxembourg répare cet oubli en lui consacrant la première grande exposition en Europe. Née en Grande-Bretagne en 1917 et décédée au Mexique en 2011, elle laisse après elle une œuvre foisonnante surréaliste, féministe avant l'heure, et empreinte de magie.
«American Images»: la photographe Dana Lixenberg dresse un portrait contrasté de l'Amérique
2026/03/06
Depuis 1989, Dana Lixenberg sillonne les États-Unis, sa chambre photographique à la main. Peu connue en France, la photographe néerlandaise a pourtant immortalisé les plus grands (Prince, Donald et Ivana Trump, Jay Z) autant que des inconnus croisés au hasard de ses projets personnels. La Maison européenne de la Photographie, à Paris, lui offre sa première rétrospective française, qui dresse un portrait de l'Amérique entre paillettes et précarité, loin des clichés.
Ils se font face, dans une même pièce : le rappeur Tupac Shakur, Ivana Trump, une condamnée à mort et plusieurs étudiants à l'université. Dès l'entrée dans l'exposition American Images à la MEP, le décor est posé : ici, il n'y a pas de traitement de faveur ; ici, on photographie tout le monde, avec les mêmes égards.
Un procédé à la chambre photographique Car ce qui importe à la photographe néerlandaise Dana Lixenberg, arrivée pour la première fois aux États-Unis en 1989, ce n'est pas l'image publique ni les paillettes : c'est la rencontre. « Ce qui compte chez elle, c'est le regard de l'autre, la rencontre avec l'autre, sa dignité », pointe Laurie Hurwitz, la co-commissaire de l'exposition. Un échange que l'artiste facilite avec un procédé qui lui est cher : celui de la chambre photographique. « C'est un appareil qui est difficile à manier, il faut prendre son temps », explique Laurie Hurwitz. C'est ce temps, pour installer le matériel, le poser, que Dana Lixenberg met à profit pour capter l'intimité de son modèle, et saisir un instant de vulnérabilité – comme dans cette rare image d'une Ivana Trump abandonnée. L'artiste elle-même qualifie son procédé de « danse lente » avec ses sujets.
« Ma façon de photographier requiert beaucoup d'attention. Il faut vraiment travailler avec la personne que vous prenez en photo ; et cela a posé les bases de tout mon travail, raconte Dana Lixenberg. Le premier regard, la première impression, ça ne m'intéresse pas. L'objectif, c'est toujours d'aller au-delà. »
Une étape cruciale du travail de Dana Lixenberg consiste donc à photographier au Polaroïd ses modèles, avant de passer à la chambre photographique. « Cela me permet d'avoir une idée du résultat, de leur montrer, et de les mettre en confiance », explique la photographe… Avant d'ajouter, espiègle : « Ceci dit, parfois, je choisis de ne pas leur montrer, si ça risque de ne pas leur plaire ! »
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Imperial Courts, un projet sans date de fin Ce procédé, qui a mené Dana Lixenberg sur la trace des plus grands noms des années 1990 – notamment dans la sphère hip-hop –, lui a aussi ouvert les portes d'Imperial Courts, quartier sensible de Los Angeles, où elle pose son appareil pour la première fois en 1993.
À l'époque, la ville se remet tout juste des émeutes provoquées par le passage à tabac de Rodney King, un jeune homme noir tabassé par des policiers blancs. Les médias dépeignent les quartiers où ont eu lieu les émeutes sous un jour très négatif : danger, violence, misère. Fidèle à son précepte de ne jamais se fier au premier coup d'œil, Dana Lixenberg décide d'en avoir le cœur net.
Ce qu'elle y découvre est très éloigné du portrait présenté à l'époque dans les médias : « En fait, c'est un quartier plein de vie ! », s'exclame-t-elle. Où la violence est présente, certes. Mais où l'on célèbre aussi des mariages et des naissances, où des jeunes filles s'apprêtent, où des morts sont commémorés. Tout cela apparaît au gré des photos prises ces 30 dernières années – car, inlassablement, Dana Lixenberg est revenue dans ce quartier.
« Ce projet est devenu tellement personnel, souffle-t-elle. Les habitants du quartier m'ont vu traverser de nombreuses épreuves, vieillir... Et eux aussi sont devenus plus âgés, ils ont perdu des gens parfois ». Au fil de l'exposition, on découvre donc les mêmes personnes photographiées enfants, adolescents, puis pour certains, adultes. On suit, grâce au regard plein d'humanité de la photographe, les joies, les peines, les passages en prison. Comme une cartographie de la vie à Imperial Courts : « Ce travail est important pour eux ; en réalité, c'est leur mémoire ».
Des projets de plus en plus intimistes et humanistes Peu à peu, avec le temps, Dana Lixenberg a abandonné les tapis rouges et le charme feutré des hôtels luxueux où elle rencontrait les personnalités les plus en vue de l'époque. Sans doute le début d'Imperial Courts a-t-il été une charnière ? En tout cas, ces vingt dernières années, la désormais sexagénaire a photographié les coins des États-Unis habituellement laissés dans l'ombre. Tel ce foyer d'accueil pour personnes sans abri, à Jeffersonville, dans l'Indiana. Loin des idées reçues sur le sans-abrisme, elle photographie ses sujets dans toute leur diversité : des hommes seuls, des enfants, des jeunes femmes apprêtées. Aucun contexte n'est donné sur ces images, seulement le nom et le prénom de la personne photographiée, comme pour les débarrasser de tous les stéréotypes qui pourraient leur coller à la peau.
On sort de cette rétrospective étourdi par la diversité et le nombre des images. On revient sur le titre de l'exposition : American Images. Quelle image de l'Amérique, justement, ces photos donnent-elles ? « Elles apportent un regard nuancé, estime Laurie Hurwitz. Cette exposition montre l'image des États-Unis tels qu'ils voudraient être vus, mais elle montre aussi la grande fragilité de la vie en Amérique. » Dana Lixenberg, elle, se montre plus mystérieuse : « Je ne sais pas quelle image cela donne exactement. Je crois que cela, c'est à vous de me le dire. » Une image sans complaisance, assurément ; sans empathie, certainement pas.
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Le son du Paris Saint-Germain fait peau neuve avec le «ICP Music Lab»
2026/03/01
« Ici c'est Paris, Paris est magique » : tous les amateurs de football, amateurs du Paris Saint-Germain ou non, connaissent ce chant emblématique des supporters du club. Mais le PSG a décidé d'enrichir son paysage sonore, avec une initiative inédite : un laboratoire musical, où des dizaines d'artistes contribuent à renouveler les hymnes, jingles et chants du club.
Une fois n'est pas coutume, l'ambiance au Parc des Princes n'est pas en gradins, ce samedi 28 février 2026, mais dans les loges des footballeurs du PSG. Le temps d'un week-end, ces dernières ont été converties en studios d'enregistrement. Et pour cause : 75 artistes planchent sur la nouvelle identité sonore du club.
Depuis la veille, de 14 heures à 2 heures du matin, ces musiciens, producteurs et beatmakers réfléchissent aux futurs jingles buts, hymnes et chants de supporters du PSG – une mixtape est même en préparation. Ils viennent de 16 pays différents – France, Angleterre, mais aussi Brésil ou Japon –, et si certains sont déjà confirmés, pour d'autres, c'est la découverte.
« Je suis archi-content », jubile ainsi RDN, jeune rappeur de région parisienne qui fait partie des trois profils « rookies » sélectionnés parmi plus de 1 000 dossiers en début d'année. « Je suis passionné de musique, mais aussi du PSG. Je suis un supporter du club depuis tout petit, alors j'ai même du mal à croire que je suis là ! », s'enthousiasme-t-il encore.
Pour lui comme pour les dizaines d'autres artistes présents, ce week-end de « laboratoire musical » représente une véritable opportunité. L'occasion de rencontrer des professionnels du secteur, de recueillir leurs conseils, mais aussi d'alimenter leurs réseaux sociaux.
Une ambiance studieuse Alors, pas question de s'éparpiller : même si, d'un studio à l'autre, l'ambiance est plus ou moins bruyante, elle est, dans tous les cas, studieuse. Il faut dire que les instructions données par le club sont claires, et pour le moins précises :
« Les jingles doivent faire pour certains trois secondes, pour d'autres sept, parfois 30... Et on nous a aussi dit d'intégrer les chants des ultras », énumère ainsi Seysey, producteur et compositeur de 37 ans. À ses côtés, le pianiste Vulax, jeune révélation de 23 ans, souligne : « Dans tous les cas, ce sera épique ! »
Une volonté claire : faire du PSG une marque transversale Si le Paris Saint-Germain a été si clair dans ses demandes, c'est aussi parce qu'il n'est pas question que de musique avec ce « Ici C'est Paris Music Lab ». « Ça va bien au-delà », martèle Julia Lenrouilly, la responsable activation de la marque. « C'est vraiment une déclaration d'intention de ce que veut être la marque PSG », poursuit-elle. Car même si le nom du club évoque inévitablement le foot, le Paris Saint-Germain est « bien plus que cela », assure-t-elle : une marque internationale et surtout transversale, qui ambitionne de poursuivre son développement dans des secteurs comme l'art, la gastronomie, la mode, et donc, bien sûr, la musique.
Et qu'en est-il, dans tout cela, des supporters ? Le lien du club avec la musique a toujours été particulièrement fort… et les amateurs du PSG, spécialement tatillons. En 2021, le club avait tenté de changer la chanson traditionnelle d'entrée des joueurs sur le terrain – « Who Said I Would » de Phil Collins – pour la remplacer par un titre de DJ Snake. Pilule mal avalée par les supporters, et leçon bien retenue par le club : prudence est mère de sûreté. « On essaie de ne froisser personne, assure Julia Lenrouilly. On discute toujours avec nos supporters. Ils ont des porte-parole, et on discute globalement de nos projets. »
Avec une certitude : quelle que soit l'issue de l'ICP Music Lab, le fameux hymne « Et tous ensemble on chantera », systématiquement repris en chœur au Parc des Princes, ne risque pas de disparaître de sitôt.
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