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5from
This podcast has
26 episodes
Language
FrenchPublisher
RFIExplicit
No
Date created
2020/02/24
Latest episode
2026/10/09
Average duration
29 min.
Release period
11 days
Description
Parce que le livre ouvre sur le monde et que le monde se comprend par le livre, chaque semaine, le magazine littéraire de RFI reçoit un grand écrivain francophone ou étranger. Au sommaire, également, toute l’actualité de la littérature française et internationale : des reportages, des témoignages, des coups de cœur et un partenariat avec le magazine «Books» qui rend compte, chaque mois, des livres et des idées du monde entier. Réalisation : Apolline Verlon-Raizon. *** Diffusions : le vendredi à 13h30 TU vers toutes cibles ; 18h30 vers l'Afrique lusophone ; 22h30 vers l'Afrique haoussa ; et le lundi à 00h30 TU vers toutes cibles.
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Jay McInerney, le dandy de la littérature américaine, s'est assagi
2026/10/09
Jay McInerney a été longtemps considéré comme l'enfant terrible de la littérature américaine. Révélé en 1984 avec son premier roman Bright Lights, Big City, l'écrivain a ensuite connu un succès retentissant avec Trente ans et des poussières qui mettait en scène un couple face à la crise américaine. Depuis, Jay McInerney leur a consacré trois autres romans où on les voit vieillir comme l'auteur âgé aujourd'hui de 71 ans, et qui vient de publier Rendez-vous sur l'autre rive. Grand entretien.
Jay McInerney est né en 1955. En 1977, grâce à une bourse de Princeton, il s'installe à Tokyo pour deux ans. À son retour aux États-Unis, il travaille au New Yorker et lit des manuscrits pour Random House. À l'instigation de Raymond Carver, il quitte New York pour l'université de Syracuse, où il écrit It's Six A.M. Do You Know Where You Are ? D'abord publiée dans la Paris Review, cette nouvelle deviendra le premier chapitre de son premier roman, Bright Lights, Big City. Paru en 1984, ce livre obtient un énorme succès. Avec Trente ans et des poussières, qui est à la fois une comédie crépitante à la Tom Wolfe et une tragédie fitzgeraldienne, la critique est une fois de plus enthousiaste. Suivront d'autres romans, tels que Glamour Attitude ou Le Dernier des Savage.
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Thierry Decottignies.
New York, 2020. Corrine et Russell Calloway sont de retour dans ce livre où l’ironie flirte avec la nostalgie, « un roman d’automne », selon les mots de Jay McInerney. Au fil des années, les Calloway ont traversé sains et saufs d’innombrables crises. Aujourd’hui, ils affrontent des périls plus intimes, tandis que leurs enfants tracent leur chemin dans un monde nouveau dont nul ne connaît d’avance le mode d’emploi.
Sans renoncer à la satire d’un milieu qu’il connaît si bien – ces beautiful people qui hantent les romans de Truman Capote et Scott Fitzgerald –, Jay McInerney nous offre la dernière saison de sa comédie new-yorkaise, comme une lettre d’adieu à une époque déjà révolue. De quoi l’avenir sera-t-il fait ? La réponse appartient à une nouvelle génération, laquelle saura peut-être, mieux que la précédente, éviter les pièges d’une société obsédée par l’argent, la célébrité et la réussite sociale.
(Présentation des éditions de L'Olivier).
ILLUSTRATION MUSICALE : EMPIRE STATE OF MIND - Jay Z & Alicia Keys.
Gabriel Tallent ouvre une nouvelle voie après «My Absolute Darling»
2026/10/02
Après le choc littéraire de son premier roman My Absolute Darling, le combat d'une adolescente contre l'emprise de son père, succès mondial et vendu à 400.000 exemplaires en France, l'écrivain américain Gabriel Tallent fait à nouveau un portrait de la jeunesse américaine à travers l'amitié de Tamma et Dan passionnés d'escalade dans une fiction intitulée La voie. Un grand roman sur le passage à l'âge adulte et la chute du rêve américain.
Gabriel Tallent naît en 1987 au Nouveau-Mexique et grandit à Mendocino, en Californie du Nord. Il met huit ans à rédiger My Absolute Darling, son premier roman, gagnant sa vie en accumulant les petits boulots. Il manque plusieurs fois d'en abandonner l'écriture, mais sa mère Elizabeth Tallent, écrivain elle aussi, le pousse à continuer. Bien lui en a pris, car dès sa parution, My Absolute Darling est encensé par la critique et devient un best-seller mondial. Gabriel Tallent vit aujourd’hui avec sa famille à Salt Lake City.
Traduit de l'américain par Laura Derajinski
Dans le sud du désert de Mojave, Dan et Tamma traversent leur dernière année de lycée comme on aborde une voie d’escalade, entre appréhension et excitation. Dan est un garçon prodige et discret, Tamma, une fille bavarde et intrépide. Inséparables, ils passent leur temps à escalader des rochers durant les froides nuits du désert. C’est là qu’est né leur rêve commun, leur désir d’aventure. Mais à mesure que l’année avance, ils se heurtent aux réalités du monde adulte. Leurs différences de milieu social, de talent et d’ambition ne peuvent plus être balayées d’un rire ou d’un serment. Un choix se profile, inévitable : rester fidèles à eux-mêmes, ou céder aux exigences du monde. Chacun devra, quoi qu’il en coûte, tracer sa propre voie. Après My Absolute Darling, le deuxième roman de Gabriel Tallent est une histoire lumineuse et pleine d’adrénaline sur le pouvoir rédempteur de l’amitié et l’importance de savoir tout risquer pour changer sa vie.
(Présentation des éditions Gallmeister)
Interprète : Marguerite Capelle
Illustration musicale : Dead Sara Lemon Scent.
Colum McCann plonge au plus profond de nos émotions et de nos connexions
2026/09/25
À l'heure du festival « America » qui réunit une cinquantaine d'écrivains à Vincennes près de Paris, rencontre avec Colum McCann pour son nouveau roman intitulé Ce qui nous frôle sous la surface (Belfond). Une fiction où l'auteur irlandais nous embarque sur un cargo qui remonte la côte de l'Afrique de l'Ouest, spécialisé dans la réparation des câbles sous-marins par lesquels circulent toutes les connexions internet. Une métaphore de notre monde, en panne, comme ses personnages brisés.
Né en 1965 à Dublin, Colum McCann est l'auteur de sept romans, Le Chant du coyote, Les Saisons de la nuit, Danseur, Zoli, Et que le vaste monde poursuive sa course folle – prix littéraire du Festival de cinéma américain de Deauville, Meilleur Livre de l'année du magazine Lire et lauréat du National Book Award, Transatlantic et Apeirogon, lauréat du Prix des lectrices de Elle et du prix du Meilleur Livre étranger, d'un témoignage coécrit avec Diane Foley, American Mother (2024), ainsi que de trois recueils de nouvelles, La Rivière de l'exil, Ailleurs, en ce pays et Treize façons de voir, et d'un texte à dimension autobiographique, Lettres à un jeune auteur. Il préside également l'association Narrative 4 qui prône l'empathie radicale par l'échange d'histoires. Tous ses ouvrages sont traduits chez Belfond et repris chez 10/18.
Colum McCann vit à New York avec son épouse et leurs trois enfants.
Traduit de l'anglais (Irlande) par : Clément Baude.
« Nous sommes tous des petits morceaux dans la collision. Nos vies rebondissent çà et là au fond de la mer. Il se peut que nous nous frôlions délicatement les uns les autres pendant quelque temps, mais à la fin, c'est inévitable, nous nous percutons et nous volons en éclats.
Anthony Fennell, écrivain irlandais en plein doute, espère retrouver l'inspiration avec un reportage sur un fait intrigant : la rupture des câbles des fournisseurs d'Internet enfouis en pleine mer. Une panne géante des réseaux de téléphonie en Afrique lui donne l'occasion d'embarquer sur l'un des bateaux chargés des réparations.
Le chef de mission est John Conway, un compatriote irlandais. Fennell est fasciné par le charisme de cet ingénieur, apnéiste hors pair, et par le couple qu'il forme avec Zanele, une actrice sud-africaine.
Tandis que le bateau remonte la côte d'Afrique de l'Ouest, Fennell et Conway vont se retrouver confrontés à une ironie tragique : les câbles qu'ils doivent réparer transportent des nouvelles susceptibles d'ébranler leur existence respective... »
(Présentation des éditions Belfond)
Illustration musicale : Ted Hawkins There stands the glass.
Véronique Ovaldé, sa mère, son héroïne, celle qui a résisté à tout
2026/09/18
Pour la première fois, la romancière Véronique Ovaldé livre un récit personnel consacré à sa mère. Intitulé Vivre sans bonheur et n'en point dépérir (Flammarion), ce texte est une enquête familiale où l'autrice s'interroge sur la capacité d'une femme à résister à l'enfermement d'un système, d'une époque, d'un époux. Un récit ancré dans la réalité mais porté aussi par les pouvoirs de la littérature : imaginer et rêver d'autres vies, d'autres destins.
Véronique Ovaldé a publié onze romans, parmi lesquels Et mon cœur transparent (prix France Culture-Télérama), Ce que je sais de Vera Candida (prix Renaudot des lycéens 2009, prix France Télévisions et Grand Prix des lectrices de ELLE), Des vies d’oiseaux, La Grâce des brigands (L’Olivier, 2008, 2009, 2011, 2013), Soyez imprudents les enfants, Personne n’a peur des gens qui sourient (Flammarion, 2016 et 2019), et plus récemment, Fille en colère sur un banc de pierre (Flammarion, 2023, prix Relay des Voyageurs Lecteurs). Son recueil À nos vies imparfaites (Flammarion, 2025), a reçu le Goncourt de la nouvelle. Son nouveau roman s'intitule Vivre sans bonheur et n'en point dépérir (Flammarion, 2026).
« Elle passe sa vie à écoper et goudronner les brèches dans la cale afin que la famille ne coule pas. Car si les Petites la chérissent, si elles aiment sa douceur, son indulgence, sa tendresse, elles préféreraient, et de loin, ressembler à leur père. Les enfants peuvent être des animaux cruels. Le Père, fielleux, la surnomme “miss martyre”. Ses belles-sœurs continuent de lui dire gentiment et sottement “tu es une vraie sainte”. Et qui peut bien souhaiter, en toute connaissance de cause, ressembler à une victime ? »
Pour la première fois, Véronique Ovaldé s’aventure dans sa biographie pour faire le portrait de sa mère, mais elle le fait à sa façon, avec le recours revendiqué, exquis et inventif à la fiction, se plaisant à rêver pour sa mère à d’intempestives bifurcations et d’improbables autres vies. Ce faisant, elle découvre une femme à la bonté rare et dont l’admirable renoncement n’a pas, malgré tout, éteint la joie. (Présentation des éditions Flammarion).
Illustration musicale : Roule, de Clara Luciani.
Michel Butor aurait eu 100 ans, la voix de ce géant du XXè siècle reste vivante
2026/09/11
Le 14 septembre 2026, Michel Butor aurait eu cent ans. Figure majeure du 20ème siècle et du « Nouveau roman », mouvement littéraire des années 50, il avait publié entre autres La Modification (Prix Renaudot). À l'heure où la France et le monde entier, dont les États-Unis avec un colloque international, rendent hommage à ce géant généreux avec une centaine de manifestations, et pour célébrer son centenaire, voici la version inédite d'un entretien diffusé en 2013 dans le magazine « À double titre ».
Michel Butor, écrivain, poète et essayiste français, est généralement présenté comme l'un des représentants du « Nouveau Roman » pour ses quatre romans des années 1950 : Passage de Milan (1954), L'Emploi du temps (prix Fénéon, 1956), La Modification (prix Renaudot, 1957) et Degrés (1960). Cette étiquette ne rend compte que d'une petite partie de son œuvre : dès les années 1960, il abandonne le roman pour explorer des formes d'écriture expérimentales, au croisement des arts plastiques, de la musique et d'autres cultures.
Les cinquante années suivantes sont consacrées à une œuvre très vaste et polymorphe. Enseignant-voyageur en Égypte, en Grèce, aux États-Unis et en Suisse, Michel Butor se passionne pour les lieux, les cultures et les langues. Il invente une géographie poétique du monde (Le Génie du lieu, Mobile, Boomerang), réécrit l’histoire de la littérature et de la peinture dans ses essais (Répertoire, Improvisations), et construit avec plus de 450 artistes plasticiens, photographes et musiciens — Alechinsky, Miquel Barceló, Seund Ja Rhee parmi d’autres — une œuvre de dialogue sans équivalent dans le paysage littéraire français. En 2013, l’Académie française lui décerne son grand prix de littérature pour l’ensemble de cette œuvre — il avait 87 ans.
Né à Mons-en-Barœul, formé à La Sorbonne, retiré à la fin des années 1980 dans sa maison de Lucinges (« À l’écart ») en Haute-Savoie, il n’a jamais cessé d’écrire, de correspondre, de voyager, jusqu’à sa mort le 24 août 2016. Sa maison est aujourd’hui une résidence d’artistes et Maison des Illustres (Présentation de L'Archipel Butor)
Tout le programme des manifestations en France et à l'étranger pour le centenaire de Michel Butor est à retrouver ici.
Illustrations de l'entretien :
* Chanson : À la Claire fontaine, interprétée par Manu Dibango
* Littérature : Les poètes de 7 ans d'Arthur Rimbaud
* Littérature : Les 1001 nuits, lu par Michel Butor.
* Musique : Sotto Voce de Marc Copland.
Jeanne Pham Tran, portraits chinois d'une grand-mère et de sa petite-fille
2026/09/04
Deux femmes : une petite fille, Jeanne, et sa grand-mère, Ama, deux continents, l'Europe et l'Asie, deux histoires opposées, l’une sous le signe de l'oppression, l’autre de la liberté. Deux personnes a priori éloignées et pourtant liées par un amour inconditionnel qui, au-delà des langues, de leur culture d'origine, avaient beaucoup en commun et, pour commencer, la littérature. Ama aurait aimé écrire son histoire, Jeanne Pham Tran a réalisé son vœu avec Les ombres de l'exil où elle met en miroir leurs deux destins.
Née en 1986, Jeanne Pham Tran vit aujourd'hui en Thaïlande. Elle est éditrice et écrivaine. Après De rage et de lumière (2023) Les ombres de l'exil est son deuxième roman.
« Dans sa cuisine de Vitry-sur-Seine, je demande à Ama, ma grand-mère, de me raconter sa vie autrefois, en Chine dans les rizières, dans l’Indochine française au service du dernier empereur d’Annam, puis en France. Elle répond : à quoi ça sert ? Une histoire de nhà quê, ça intéresse qui ?
Il n’y a pas de souvenir d’enfance, dis-tu. Rien à quoi m’accrocher pour me représenter ce monde dont tu viens, ce monde que tu veux oublier alors que je ne cesse d’y revenir, d’excaver ta mémoire, notre mémoire.
J’ai cherché ce qui nous relie et nous sépare, ce chemin de boue et de poussière, cette distance spatio-temporelle réduite à néant quand nos peaux se trouvent l’une contre l’autre, quand je reconnais le parfum du riz au jasmin et le goût de ta cuisine. » (extrait)
Ce roman est une quête des origines, un voyage sur les traces effacées d’une famille française et sino-vietnamienne. Il interroge l’exil et la mémoire, ce dont on hérite ou pas, les traumas et les silences, les fantômes que l’on porte malgré soi, les assignations qui ont façonné chaque génération, l’identité plurielle et métisse.
Dans une langue vive, poignante et poétique, Jeanne Pham Tran tente de réparer, avec pudeur et tendresse, le fil brisé de la transmission. (Présentation des éditions Mercure de France)
Illustration musicale : Plantation song de Thanh Huong – Nguyen Lê
Ananda Devi et le grand roman de l'île Maurice: «Chronique d’un royaume perdu»
2026/08/28
On connaissait la plume puissante d'Ananda Devi, son univers littéraire traversé de violences, de souffrances, de magie, de rébellion, mais ici c’est comme si tous ses livres précédents s’étaient rejoints dans un même fleuve : celui de nos origines. Un roman-monde fascinant qui, à travers la vie d’une communauté, nous immerge dans toute la complexité humaine. Chronique d’un royaume perdu aux éditions Grasset, est une fiction fabuleuse qui se déploie sur quatre générations du 19ᵉ siècle à nos jours sur l’île Maurice, sa terre natale, et se déroule dans un lieu qui existe vraiment, le Bouchon, même si, à partir de cette géographie réelle, elle réinvente, crée littéralement un nouveau mythe.
Née à l’île Maurice, Ananda Devi est l’autrice d’une œuvre récompensée par de nombreux prix et traduite en une douzaine de langues. Parmi ses livres les plus marquants, Eve de ses décombres (2006, prix des Cinq Continents, prix RFO), Le sari vert (2009, prix Louis Guilloux), Le rire des déesses (2021, prix Femina des lycéens) et Le jour des caméléons (2023, prix de la Langue Française). Elle a reçu le prix Neustadt 2024 des États-Unis pour l’ensemble de son œuvre.
Au Bouchon, petit village isolé de l’île Maurice, quatre générations se succèdent depuis le temps de l’esclavage. La violence se mêle à l’amour, la tendresse à la haine, les plus nobles passions aux vices les plus vils, les sangs des unes aux sangs des autres…
Les cinq fondateurs viennent d’une plantation lointaine : trois sont nés dans la puissante et blanche famille Dumontais ; deux d’une esclave noire. Mais les trois blancs sont en vérité le fruit d’une passion entre Madame et le Vieux Bouc, un esclave magnétique qui revendique aussi la paternité des deux derniers. Bannis pour s’être liés d’amour et d’amitié, les cinq enfants devenus grands trouvent refuge dans ce lieu perdu dont ils font leur royaume, autarcique et magique, qu’ils défendent d’un seul corps, puisqu’ici sont abolies les frontières entre passé, présent et avenir ; vie et mort ; réel et fantastique.
Tel homme entend sans le vouloir tous les péchés humains ; telle femme meurt et renait en déesse protectrice ; un enfant vit parmi les oiseaux quand son cousin viole et tue sans frein ; le moulin est hanté par les voix des fantômes, la nature donne les plus beaux fruits mais décapite la chapelle ; les guerres du monde contemporain rencontrent les combats intérieurs de chaque individu et l’histoire de l’humanité se reproduit dans l’infiniment petit de leurs existences débridées. Parmi eux, un enfant timide sera le chroniqueur de ce royaume hors-norme dont il livre les jours de paix, de luttes, et les nuits de folie pour empêcher l’oubli.
Épopée fabuleuse, mythologie vibrante, fable majestueuse, cette Chronique d’un Royaume perdu est le chef d'œuvre d’Ananda Devi. (Présentation des éditions Grasset)
ILLUSTRATION MUSICALE : A nou krié de Fanfan.
Une terre, un auteur : en République Démocratique du Congo avec Pascal Boroto
2026/07/17
Nouvel épisode de cette série qui propose un grand entretien avec un.e auteur.e dans son pays natal. Et c'est à Kinshasa que je retrouve Pascal Boroto, le lauréat du cinquième prix littéraire « Voix d'Afriques » de RFI et des éditions J.-C. Lattès. Découverte d'un jeune écrivain de 25 ans qui raconte son pays, la République démocratique du Congo, à travers le portrait de sa mère. Une rencontre tout en émotion.
Économiste et journaliste, Pascal Boroto est originaire du Kivu, en RDC. Il a travaillé comme enquêteur dans plusieurs camps de déplacés, au sein d’équipes de collecte de données du Fonarev. Pour faire entendre les histoires qu’on lui a confiées, il a fondé Les Voix des Oubliés. Le nom de ma mère, primé par le prix « Voix d'Afriques » est son premier roman.
« Mon écriture est un pont, une main tendue, qui prend sa source dans cette tension-là, celle qui existe entre la vie et la disparition, entre l’absolution et la dénonciation, entre la présence et le manque. Au fond, elle naît de l’espace qui me sépare et me relie à ma mère et à ma terre. »
Solange Lusiku est une femme respectée et menacée. Elle a fondé un journal indépendant à Bukavu, en République démocratique du Congo. Pour son fils Pascal, elle est une héroïne, la pierre angulaire de leur famille et de sa vie. Alors qu’il est encore lycéen, Solange meurt, laissant Pascal sans repère ni modèle. Débute ainsi la trajectoire d’un jeune homme habité par le manque. Quelques années plus tard, il intègre l’équipe du journal de sa mère. Mais quel homme, quel journaliste souhaite-t-il devenir ? Il décide de partir pour Goma, la ville martyre marquée par les guerres et la douleur. Et sa vie bascule. (Présentation des éditions J.-C. Lattès)
ILLUSTRATION MUSICALE : Jean-Claude Gianadda Sel de la terre.
Une terre, un auteur : en Martinique avec Viktor Lazlo
2026/07/10
Nouvel épisode de cette série qui propose un grand entretien avec un.e auteur.e sur la terre de ses origines. Direction la Martinique aujourd'hui avec l'interprète et romancière Viktor Lazlo. Européenne de formation mais profondément caraïbéenne, l'artiste revient sur ses racines, ses débuts comme chanteuse et son lien vital à l'écriture comme en témoignent tous ses livres. Rencontre sur place face à l'océan.
Après des études d’histoire de l’art et d’archéologie, Viktor Lazlo enregistre un premier album de chansons. Cinq disques d’or, de nombreux films et quelques pièces de théâtre plus tard, elle publie trois romans chez Albin Michel : La femme qui pleure (2010, prix Charles Brisset), My name is Billie Holiday (2012), et Les tremblements essentiels (2015), et chez Grasset : Les passagers du siècle (2018), une grande saga dont Trafiquants de colère constitue le deuxième volet. en 2025, elle a publié un récit intitulé Mon cœur bruyant.
« C’est à s’aimer que le temps passe » chantait Juliette Gréco. Comme elle, Viktor Lazlo aura passé sa vie à chanter. Et autant à aimer. Du moins à essayer. Car comment faire avec ce cœur bruyant qui veut celui qui fuit et quitte celui qui reste ? Comment faire quand on a pour parents le modèle d’un couple apparemment si parfait ? Et quand, sous les robes Thierry Mugler et le sourire de magazine, on tremble encore devant un homme qu’on croit pouvoir aimer ?
Dans ce récit bruyant d’esprit et de sincérité seulement, Viktor Lazlo revient sur son passé pour retrouver les figures des hommes qu’elle a aimés, parfois jusqu’au danger, et peindre avec eux son autoportrait amoureux. Les chapitres suivent la flèche du temps mais s’organisent en fonction de ses amours : de son premier béguin, un jeune Italien rencontré dans la Belgique de son enfance, si loin de la Martinique et Grenade de ses parents, à celui qu’elle nomme « l’homme de sa vie » et qui le sera quatorze ans durant, elle dresse les portraits successifs des hommes et relations qui l’ont marquée à jamais : son premier mari ; le père de son fils ; un célèbre chanteur auquel la passion l’attachera ; un acteur beau à crever soufflant le chaud et froid ; une femme dont elle aurait dû se méfier ; un mystérieux acteur américain… Et ce dernier amant dont le portrait traverse le texte, avec lequel elle rejoue sans pouvoir l’empêcher la scène trop familière de la femme qui espère et de l’homme qui s’enfuit.
Allant d’homme en homme, Viktor Lazlo traverse les années et nous livre également la face A de sa vie : sa carrière lancée par ses premiers concerts, ses tubes planétaires, le succès, les voyages, de Paris à New York et jusqu’au cercle princier, les fêtes. Mais aussi les doutes, la solitude, les fragilités. Une existence guidée par ce cœur bruyant qui ne cesse pas d’aimer. (Présentation des éditions Grasset)
ILLUSTRATION MUSICALE : Viktor Laslo - Ébène.
Une terre, un auteur : au Maroc, à Marrakech, avec Mahi Binebine
2026/07/03
Nouvel épisode de cette série qui propose un grand entretien avec un.e auteur.e dans son pays natal. Aujourd'hui, l'artiste et écrivain Mahi Binebine chez lui à Marrakech. Une voix, un rire uniques et une histoire hors du commun racontée par bribes dans chacun de ses livres et qu'il retrace pour nous aujourd'hui chez lui. Rencontre.
Mahi Binebine est né en 1959 à Marrakech. Il s’installe à Paris en 1980 pour y poursuivre des études de mathématiques, discipline qu’il enseignera pendant plusieurs années avant de se consacrer pleinement à l’écriture et à la peinture.
Dans les années 1990, il s’installe à New York, période déterminante durant laquelle son travail s’affirme et s’inscrit dans une scène artistique internationale. Ses œuvres rejoignent notamment la collection du Solomon R. Guggenheim Museum.
De retour à Marrakech au début des années 2000, il développe une œuvre singulière, à la fois picturale et sculpturale, où la matière — cire, pigments, goudron — devient un langage. Ses figures, souvent fragmentées, portent la mémoire des corps, de l’exil, de l’enfermement et de la résilience.
Parallèlement à son travail plastique, Mahi Binebine est l’auteur de plusieurs romans traduits à l’international. Son écriture explore les failles humaines, les histoires intimes et les zones d’ombre de l’histoire contemporaine. Son roman Les étoiles de Sidi Moumen, adapté au cinéma sous le titre Les Chevaux de Dieu, est à l’origine de la création des centres culturels de la Fondation Ali Zaoua, cofondée avec Nabil Ayouch, et dédiée à la jeunesse des quartiers défavorisés.
Engagé dans la transmission, il est également cofondateur et président du Festival du Livre Africain de Marrakech, un événement qui œuvre à faire rayonner les littératures africaines et leurs voix contemporaines.
Son parcours est profondément marqué par son histoire familiale, notamment par les années de détention de son frère au bagne de Tazmamart, une mémoire qui traverse son travail sans jamais le figer.
Aujourd’hui, son œuvre est exposée dans de nombreuses institutions et galeries à travers le monde, et s’inscrit dans une démarche où création artistique et engagement humain sont indissociables. (Site officiel de Mahi Binebine)
Son nouveau livre intitulé Nokta, un recueil de nouvelles, vient de paraître chez Orients éditions.
Dans ses romans, la voix de Mahi Binebine est lourde et douce, mais ici, dans ces nouvelles, le ton devient joyeux, absurde, grotesque pour faire sourire. Un nouvel homme, ou un homme qui rit pour ne pas pleurer. De « Bilal, fils d’Omar » au « Serment de Jilali », on croise Sarkozy et le roi, le triste bourricot et le zèbre blanc, pour finir par une promenade qui mène jusqu'au Sénégal, à la porte de Gorée... De Marrakech à Paris en passant par New York, ses 22 historiettes nous le racontent sous un nouveau jour. En Orient, l’ironie est une survie : la nokta. (Présentation de l'éditeur)
ILLUSTRATION MUSICALE : Dis quand reviendras-tu ? BARBARA.
Une terre, une auteure : au Cameroun avec Hemley Boum
2026/06/26
Nouvel épisode de cette série qui propose un grand entretien avec un.e auteur.e dans son pays natal. Aujourd'hui rencontre exceptionnelle avec Hemley Boum à Douala au Cameroun. Une terre qui irrigue toute l'œuvre de l'écrivaine. Un retour aux sources pour mieux comprendre ses romans.
Hemley Boum est née au Cameroun où elle entreprend des études d’anthropologie avant de poursuivre à Lille des études de commerce international. Elle bascule des pluies tropicales de Douala au froid du nord de la France. Après un premier poste à Paris, elle rentre au Cameroun en tant que responsable grands comptes de la filiale camerounaise d’une société française.
Exploratrice de son propre pays, la découverte des firmes agroalimentaires, cotonnières et forestières enrichissent singulièrement sa vision de la société camerounaise et de l’exploitation internationale des ressources locales. Elle a ensuite vécu dans plusieurs pays africains avant de s’installer à Paris et de trouver la forme qui lui convient pour entrer en écriture.
Elle a déjà publié cinq romans, traduits en six langues. Les jours viennent et passent (Prix Amadou Kourouma 2020) Les Maquisards (Grand prix littéraire de l’Afrique Noire 2016 et Prix du livre engagé de la Cène Littéraire 2016), Si D’Aimer (Prix Ivoire du livre francophone 2013), Le rêve du pêcheur (Prix des cinq continents de la francophonie, 2024). Son prochain roman va paraitre en aout 2026 sous le titre Nos vies sauvages chez Gallimard.
« J’avais offert à Dorothée mon corps en bouclier, mon silence complice, le souffle attentif de mes nuits d’enfant. Je pensais ne jamais la quitter mais lorsque les événements m’y contraignirent, j’hésitai à peine. C’était elle ou moi. »
Zack a fui Douala à dix-huit ans, abandonnant sa mère, Dorothée, à son sort et à ses secrets. Devenu psychologue clinicien à Paris, marié et père de famille, Zack voit brutalement son passé ressurgir.
Quelques décennies plus tôt, son grand-père Zacharias, pêcheur dans un petit village côtier camerounais, veut offrir un meilleur avenir aux siens. Pour réaliser son rêve, il renonce à son mode de vie traditionnel et prend un pari périlleux… (Présentation de l'éditeur)
Une terre, un auteur : en Mauritanie avec Mbarek Ould Beyrouk
2026/06/19
Nouvel épisode de cette série qui propose un grand entretien avec un.e auteur.e dans son pays natal. Et cette semaine, c'est l'écrivain Beyrouk qui me reçoit chez lui à Nouakchott. Pour un grand entretien où l'auteur mauritanien raconte ses origines, sa découverte de la lecture et son lien puissant avec la langue française dans laquelle il écrit tous ses livres. Portrait d'un nomade sage et souriant.
Beyrouk est né à Atar, dans le Nord mauritanien. Fondateur du premier journal indépendant de son pays, il est aujourd’hui reconnu comme l’une des voix essentielles de la littérature de Mauritanie.
Plusieurs de ses romans publiés chez Elyzad ont été primés et ont fait l’objet de traduction en anglais ou en espagnol. Parmi eux, Le Tambour des larmes (2015), Prix Kourouma, Prix du Roman Métis des Lycéens ; Je suis seul (2018), Prix Ahmed Baba de la littérature africaine, Le silence des horizons (2021), Parias (Sabine Wespieser, 2021), Saara (2022).
Une jeune femme libre, Saara, resplendissante au milieu des pudeurs de la ville. Un petit mendiant sourd-muet qui entend tout et refoule ses colères. Un Cheikh, sage parmi les sages d’une paisible oasis, perturbé par une passion interdite. Une administration corrompue, qui veut ériger un barrage sur les cœurs des gens. Et une montagne d’où s’échappent, le soir, d’étranges grondements.
La poésie de Beyrouk plane au-dessus de ce récit poignant. S’il dénonce férocement les injustices sociales, le grand auteur mauritanien en appelle aussi au respect de la nature, ainsi qu’à l’ancrage dans la tradition pour mieux se préserver des tentations violentes. Il nous livre là un texte enchanteur, sensuel, empli de spiritualité et d’émotion. (Présentation des éditions Elyzad) ✦ PRIX CHEIKH HAMIDOU KANE 2023 ✦ PRIX Littéraire LES AFRIQUES 2023
Tout ramène le père et le fils, dont les récits alternent dans cet envoûtant roman, au drame qui a fait éclater leur famille.
Le père est en prison. Dans une longue mélopée adressée à la femme qu’il est parvenu à épouser et qu’il aime encore aveuglément, il convoque les prémices enchantées de leur histoire et les souvenirs des jours heureux, mais également l’engrenage des mensonges et de la jalousie. Pour elle, le jeune étudiant issu d’une tribu nomade était prêt à tout : s’inventer un passé, rompre avec les siens, vendre son cheptel et, grâce à cet argent, lui offrir l’avenir chimérique dont elle rêvait. Maintenant que tout est perdu, il se remémore ce monde du désert qu’elle méprisait, la vie d’errance à laquelle il a renoncé, au rythme du soleil, des étoiles et des bêtes.
Leur fils, enfant des quartiers pauvres, n’a pas supporté le silence des dunes, l’école coranique, l’eau qu’il fallait aller puiser. Il s’est vite réfugié chez des amis de ses parents. Les batailles rangées entre bandes rivales, les soirs à regarder le foot à la télévision, les menus larcins, l’empêchent de trop penser à sa mère qu’il adorait. Parfois, il traîne aux alentours de la prison. Et aussi près de la maison de sa petite sœur, Malika, qui lui manque mais qu’on lui interdit de voir.
En écho à la voix puissante et désespérée de son père, celle naïve et bouleversante du garçon vient ancrer la tragédie intime qu’ils partagent dans un saisissant contraste entre croissance urbaine et habitudes ancestrales des Bédouins. Ce n’est pas la moindre qualité de Parias que d’inscrire dans l’universel ces destins si singuliers avec une telle force d’émotion. (Présentation de Sabine Wespieser éditeur)
ILLUSTRATION MUSICALE : Abrour.
Une terre, une auteure : au Maroc, à Casablanca, avec Yasmine Chami
2026/06/12
Nouvel épisode de cette série inédite qui propose un grand entretien avec un.e auteur.e dans son pays natal. Aujourd'hui, l'écrivaine Yasmine Chami chez elle à Casablanca, où elle est née et où elle vit toujours. Portrait intime d'une femme entre deux pays, le Maroc et la France, et retours sur ses sources d'inspiration et ses romans.
Née en 1966 à Casablanca, Yasmine Chami poursuit ses études supérieures au Lycée Louis le Grand à Paris, avant d'intégrer l'École Normale Supérieure Ulm en philosophie. Elle est également agrégée de Sciences sociales. Elle se tourne alors vers l'anthropologie et travaille sur les lignées de femmes migrantes, remontant les généalogies et les histoires de la France vers le Maroc, dans une tentative d'élucidation des conséquences de la migration sur les représentations de la maternité et de la filiation. Elle publie son premier roman Cérémonie en 1999 chez Actes Sud. À la naissance de ses fils en 2001 à New York, elle décide de retourner vivre au Maroc où elle dirige la Villa des Arts de Casablanca avant de fonder et diriger pendant 10 ans une entreprise de production audiovisuelle qui propose à travers des émissions sociales diffusées par la télévision marocaine une compréhension des enjeux des évolutions de la société marocaine liées à l'urbanisation. Elle y aborde entre autres les questions liées au patriarcat, l'éducation, la place des femmes, l'argent, la sexualité et la transmission religieuse, questionnant toujours le rapport entre normes et réalités. Depuis 2011, elle se consacre à l'enseignement. Son cinquième roman s'intitule Casablanca Circus. (Présentation des éditions Actes Sud)
ILLUSTRATION MUSICALE : Nass El Ghiwane - Mahmouma.
Une terre, une auteure : au Burkina Faso avec Roukiata Ouedraogo
2026/06/05
Premier épisode de cette série inédite qui propose une rencontre avec un.e auteur.e sur sa terre natale. Aujourd'hui l'humoriste, comédienne et écrivaine Roukiata Ouedraogo, née au Burkina Faso et qui ici se livre sur son enfance, ses débuts et ses combats. Grand entretien à Ouagadougou.
« Je suis autrice, humoriste et comédienne franco-burkinabè. Née au Burkina Faso, j’ai grandi entre Fada N’Gourma et Ouagadougou avant de m’installer en France au début des années 2000. Mon parcours artistique s’est construit à la croisée du théâtre, de l’écriture, de l’humour, de la radio et de l’engagement. » (autoportrait de l'autrice sur RFI).
Livres cités dans l'entretien :
« Dans sa petite chambre de bonne du 18è arrondissement, Roukiata fait son sac : demain, elle rentre chez elle, au Burkina Faso. Que prendre, que choisir, que laisser ? Comment faire plaisir à toutes et à tous, sans se faire totalement dépouiller ?… Entre jolis petits hauts colorés made in Paname Tati, que s’arracheront ses cousines, et le grille-pain deux fentes avec tiroir ramasse-miettes à offrir à sa mère, Roukiata nous raconte sa folle jeunesse, lorsqu’elle était jeune gazeuse des faubourgs Ouagalais, jusqu’à sa vie actuelle dans le « Little Africa » parisien.
On rit devant la galerie des braiseurs de poulet bicyclette, les mégères du quartier, les coiffeuses de Château-Rouge ! On succombe devant les techniques de drague des garçons choco et les ruses déployées pour feinter le papa nommé « Chien Méchant » afin de ne pas rater le bal des bacheliers… Accompagné par le dessin virevoltant et dansant d’Aude Massot, ce livre est un hymne à l’enfance, la famille, l’amitié, la différence…
On y rit beaucoup… mais pas que. » (Présentation des éditions Sarbacane).
De sa plume, légère et nostalgique, Roukiata raconte avec tendresse et humour son enfance au Burkina-Faso. Les sécheresses écrasantes et les pluies diluviennes, la chaleur de ses habitants, la corruption et la misère. Elle raconte sa famille, l’injustice qui les frappe avec l’arrestation de son père. Mais, surtout, elle raconte sa mère. Cette femme, grande et belle, un « roc » restée seule pour élever ses sept enfants, bataillant pour joindre les deux bouts, en vendant sur le pas de sa porte ses délicieuses galettes. Des galettes au miel qui, pour la jeune Roukiata, auront toujours le goût de l’enfance et du pays natal. (Présentation des éditions Slatkine et cie)
SITE OFFICIEL DE ROUKIATA OUEDRAOGO
ILLUSTRATION MUSICALE : Ouagadougou - DESIRE SANKARA.
Marina Yaloyan, à la recherche du temps perdu en Arménie
2026/05/22
Il y a 35 ans, la chute de l’empire soviétique entrainait dans son sillage quinze républiques satellites, dont l’Arménie. Une période historique dense et poignante restituée dans un premier roman extrêmement sensible et onirique intitulé La petite pianiste d’Erevan, publié aux éditions Albin Michel. Une fiction signée de Marina Yaloyan installée aujourd'hui en France et qui a grandi à la croisée de plusieurs pays de l'Arménie à la Russie en passant par les États-Unis. Grand entretien.
Petite pianiste prodige, Verochka grandit à Erevan, en Arménie, dans une famille d’intellectuels communistes, au milieu des livres, des certitudes idéologiques et de la musique qui lui ouvre un autre horizon.
Mais lorsque, en 1991, l’Union soviétique vacille, son univers se fissure et l’Histoire s’invite dans chaque foyer. La population crie famine. On brûle les livres pour se chauffer. La rue est le théâtre de violentes manifestations. Pénuries et guerres larvées sont la conséquence de l’effondrement du régime communiste à venir…
Verochka se raccroche alors à un espoir fragile : réussir le concours qui lui permettra d’intégrer une prestigieuse école de musique moscovite.
Chronique familiale, fresque poignante d’une époque, La petite pianiste d’Erevan raconte, à hauteur d’enfant, l’éveil d’une conscience, quand la musique et l’imagination deviennent les seuls refuges face à l’effondrement d’un monde. (Présentation des éditions Albin Michel)
Illustration musicale : Rachmaninov : Piano Concerto No.2 in C Minor Op.18
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