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21 episodes
Language
FrenchPublisher
Veilleur des LivresExplicit
No
Date created
2021/01/12
Latest episode
2022/04/30
Average duration
7 min.
Release period
3 days
Description
👋 Je souhaite à toutes et tous la bienvenue sur Veilleur des Livres (anciennement "VivreLivre"), version podcast de la chaîne Youtube du même nom dédiée à la poésie et la littérature. ⏳Tout comme pour Youtube, la fréquence de mise en ligne habituelle est de 10 podcasts environ par mois.
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Alexandre Neverov, JE VEUX VIVRE
2022/04/30
✍ Dû au service militaire de son père, jusqu’à l’âge de 16 ans Alexandre Neverov (1886-1923) passe son enfance chez son grand-père.
C’est quelques années à peine après l’obtention de son diplôme d’études secondaires qu’il fait publier, parallèlement à sa carrière d’enseignant rural, son premier récit dans un journal de Saint-Pétersbourg.
Marié en 1912, engagé comme soignant en 1915, la Révolution le rapproche d’abord de membres du parti révolutionnaire pour l’amener ensuite dès 1919 à rejoindre les Bolchéviques. Il tiendra d’importants postes, participera à la fondation d’un théâtre populaire, et sa pièce « Baba » lui vaudra même de remporter un concours moscovite.
Fuyant la famine de 1920-1921, c’est à Tachkent (capitale de l’actuel Ouzbékistan) qu’il fuit pour procurer de quoi manger aux siens et essayer ensuite, la mort d’un de ses trois enfants l’y ayant conduit, de rejoindre Moscou. « Tachkent, ville d’abondance » est le récit de cet exode, dont la traduction allemande connaîtra les autodafés nazis de 1933. La ville de Moscou rejointe en 1922, Neverov continue de publier pour le compte de périodiques révolutionnaires et commence d’écrire un roman qu’il ne finira jamais, « Histoire des femmes ».
Décédé de défaillance cardiaque à la veille de Noël 1923, il faudra trois ans à ses oeuvres complètes pour être rassemblées, lesquelles seront republiées pas moins de cinq fois avant 1930. (https://en.wikipedia.org/wiki/Alexander_Neverov)
0:00 - Je veux vivre
11:53 - Générique
📖 Référence bibliographique :
▪ Alexandre Neverov, Je veux vivre, traduction de S. Kats, texte établi par la Bibliothèque russe et slave, 2011.
👉 https://bibliotheque-russe-et-slave.com/Livres/Neverov%20-%20Je%20veux%20vivre.htm
🎵 Bande sonore originale : Sergey Cheremisinov - Green Eyes
▪ Green Eyes by Sergey Cheremisinov is licensed under an Attribution 4.0 International License.
🌐 Site :
▪ https://freemusicarchive.org/music/Sergey_Cheremisinov/way-to-silence/green-eyes
#AlexandreNeverov #JeVeuxVivre #LittératureRusse
"DES MOTS QUI COLLENT DANS LES DENTS ET ONT LE GOÛT DU CARAMEL." | Jean-Philippe Querton
2022/04/27
✍ « Marmiton
Cueillez un dictionnaire bien mûr, épluchez-le, blanchissez les feuilles quelques minutes à feu vif. Réservez celles-ci. Faites sauter les mots à la poêle préalablement tapissée d’un fond de champ sémantique, donner trois tours de moulin à virgules, une pincée de points d’exclamation et, pour ceux qui aiment ça, une cuillère rase de subjonctif plus-que-parfait. Quand les mots sont dorés, faites-les sauter, puis émincez-les, passez-les dans un mélange de malice et de cornichonnerie confite. Faites chauffer la page blanche au deuxième degré, plongez-y les mots quelques minutes et servez brûlant.
Il ne vous reste plus qu’à déguster l’aphorisme bien chaud.
Bon appétit ! » (Jean-Philippe Querton, Minute d’insolence, Cactus Inébranlable éditions, 2017)
« Tour à tour souriant, lucide, méchant, cynique, désespéré, iconoclaste, poétique et paradoxal - à moins d’être tout cela à la fois - l’aphorisme est une phrase d’apparente amoralité ou à la provocation calculée. Il est le mouton noir de la pensée. » (Claude Gagnère, Pour tout l’or des mots, Robert Laffont, 1996)
« Je rédigerai mon testament sous forme d’aphorisme.
Pas grand-chose à léguer… » (Jean-Philippe Querton, Délits d’initiales)
Squelette au haras :
0:00 - 1er aphorisme
0:12 - 2e aphorisme
0:40 - 3e aphorisme
0:51 - 4e aphorisme
Chimères bleues :
1:00 - 1er aphorisme
1:09 - 2e aphorisme
1:18 - 3e aphorisme
1:27 - 4e aphorisme
1:39 - 5e aphorisme
Minute d’insolence :
1:49 - 1er aphorisme
2:37 - 2e aphorisme
2:48 - 3e aphorisme
2:58 - 4e aphorisme
3:10 - 5e aphorisme
3:21 - 6e aphorisme
Délits d’initiales
3:31 - 1er aphorisme
3:40 - 2e aphorisme
3:56 - 3e aphorisme
4:04 - 4e aphorisme
4:12 - 5e aphorisme
4:20 - 6e aphorisme
4:29 - 7e aphorisme
4:38 - 8e aphorisme
4:48 - 9e aphorisme
4:57 - 10e aphorisme
5:05 - 11e aphorisme
5:14 - 12e aphorisme
5:23 - 13e aphorisme
5:32 - 14e aphorisme
5:41 - 15e aphorisme
5:48 - Générique
📖 Références bibliographiques :
▪ Jean-Philippe Querton, Squelettes au haras, Cactus Inébranlable éditions, 2014
👉 https://cactusinebranlableeditions.com/produit/squelettes-au-haras/
▪ Jean-Philippe Querton, Chimères bleues, Cactus Inébranlable éditions, 2015
👉 https://cactusinebranlableeditions.com/produit/chimeres-bleues/
▪ Jean-Philippe Querton, Minute d’insolence, Cactus Inébranlable éditions, 2017
👉 https://cactusinebranlableeditions.com/produit/minute-dinsolence/
▪ Jean-Philippe Querton, Délits d’initiales, Cactus Inébranlable éditions, 2020
👉 https://cactusinebranlableeditions.com/produit/delits-dintiales/
🎵 Bande sonore originale : Wall Matthews - Waltz For Django
▪ Waltz For Django by Wall Matthews is licensed under an Attribution-Noncommercial-No Derivative Works 3.0 United States License.
🌐 Site :
▪ https://freemusicarchive.org/music/Wall_Matthews/Live_on_WFMU_with_Irene_Trudel_April_14_2014/Waltz_For_Django
#JeanPhilippeQuerton #CactusInébranlableÉditions #AphorismesBelges
Oscar Wilde, APHORISMES (Extraits)
2022/04/24
✍ « Je serai poète, écrivain, dramaturge. D’une façon ou d’une autre, je serai célèbre, quitte à avoir mauvaise réputation. » Oscar Wilde (1854-1900) était un homme de parole : il fut poète, écrivain et dramaturge, il eut une mauvaise réputation et il est célèbre.
[…]
Le jeune Wilde, élève brillant, entre au Trinity College de Dublin avec une bourse […] et suit des études classiques : histoire ancienne, philosophie et littérature. Il commence à voyager et découvre l’Italie et la Grèce. […] Il s’installe à Londres et fréquente les milieux élégants intellectuels. […] Il se fabrique une image d’esthète : […] ses tenues vestimentaires de dandy font fureur… Oscar Wilde est à la mode. […] il fait une tournée de conférences sur « l’esthétisme » aux États-Unis, avant de séjourner à Paris où il rencontre Hugo (1802-1885), Daudet (1840-1897), Zola (1840-1902), Edmond de Goncourt (1822-1896) (qui le décrit comme « un individu de sexe douteux »), Verlaine (1844-1896), et les peintres Pissarro (1830-1903), Degas (1834-1917) et Jacques-Émile Blanche (1861-1942). […]
[…] Un second voyage à Paris lui permet de rencontrer Mallarmé (1842-1898), Pierre Louÿs (1870-1925), Marcel Schwob (1867-1905) et André Gide (1869-1951). Juillet 1891 marque le début d’une liaison qui ne se terminera qu’à la mort de Wilde : Alfred Bruce Douglas (1870-1945), « Bosie », vient d’entrer dans sa vie. […] Accusé de sodomie, Wilde […] est arrêté et jugé, […] déclaré coupable d’ « actes indécents » et condamné à la peine maximale : deux ans de travaux forcés. […]
Wilde séjourne dans plusieurs prisons […]. Au bout de quelques mois, son état de santé lui vaut d’être dispensé de travaux forcés proprement dits. Ne pouvant payer les frais de justice du procès […], il est condamné pour banqueroute et ses biens sont vendus aux enchères. […] En 1900, un abcès dentaire dégénère en méningite et Oscar Wilde meurt le 30 novembre après avoir reçu, à sa demande, l’absolution d’un prêtre catholique. Le convoi funèbre est composé de quelques artistes anglais et français, dont Pierre Louÿs ; Wilde est enterré au cimetière de Bagneux. Ses restes seront transférés au Père-Lachaise en 1909. » (Dominique Jean dans Oscar Wilde, Maximes et autres textes, Éditions Gallimard, 2017)
« […] Les aphorismes traduits ici ont été publiés en 1904, quatre ans après la mort de leur auteur, par Arthur L. Humphreys, qui s’appuyait sur un recueil « analogue » qu’il avait lui-même publié en 1895 sous le titre Oscariana : Epigrams. […] Le recueil de 1904 s’intitulait simplement Sebastian Melmoth, Oscar Wilde n’étant mentionné qu’entre crochets. […] Cet ensemble donne un aperçu de la pensée et de l’esprit de Wilde, et si les aphorismes sont parfois contradictoire, ils n’en sont pas moins - précisément - le reflet exact de sa personnalité. Wilde, en public, offrait un tel feu d’artifice de mots d’esprit et de paradoxes que le poète Yeats (1865-1939) a dit qu’il donnait l’impression de les avoir préparés à l’avance […]. » (Bernard Hoepffner)
0:00 - 1er aphorisme
0:17 - 2e aphorisme
0:40 - 3e aphorisme
0:54 - 4e aphorisme
1:19 - 5e aphorisme
1:28 - 6e aphorisme
1:55 - 7e aphorisme
2:20 - 8e aphorisme
2:44 - 9e aphorisme
2:55 - 10e aphorisme
3:51 - 11e aphorisme
4:12 - 12e aphorisme
4:26 - 13e aphorisme
4:40 - 14e aphorisme
5:07 - Générique
📖 Références bibliographiques :
▪ Oscar Wilde, Aphorismes, traduits par Bernard Hoepffner, Éditions Mille et une nuits, 1995
▪ Oscar Wilde, Pensées, mots d’esprit, paradoxes, traduits par Alain Blanc, Éditions Voix d’encre, 2001
🎵 Bande sonore originale : Dream Machine - Only We
▪ Only We by Dream Machine is licensed under a CC-By attribution license.
🌐 Site :
▪ https://icones8.fr/music/track/only-we--dream-machine
#Osca
QUI NYMPHE, QUI MADONE | Une Anthologie Des Poétesses Françaises #4
2022/04/21
✍ « Une anthologie de femmes-poètes ! - Eh oui, pourquoi pas ?
[…]
On a dit du XIXe siècle que ce fut le siècle de la vapeur. Le XXe siècle sera le siècle de la femme. - Dans les sciences, dans les arts, dans les affaires et jusque dans la politique, la femme jouera un rôle de plus en plus important. Mais c’est dans les lettres surtout, - et particulièrement dans la poésie, - qu’elle est appelée à tenir une place considérable. En nos temps d’émancipation féminine, alors que, pour conquérir sa liberté, la femme accepte résolument de travailler, - quel travail saurait mieux lui convenir que le travail littéraire ?! […] Poète par essence, elle s’exprimera aussi facilement en vers qu’en prose. Plus facilement même, car elle n’aura point à se préoccuper d’inventer des intrigues, de se créer un genre, de se faire le champion d’une idée quelconque ; - non, il lui suffira d’aimer, de souffrir, de vivre. Sa sensibilité, voilà le meilleur de son imagination. Elle chantera ses joies et ses peines, elle écoutera battre son coeur, et tout ce qu’elle sentira, elle saura le dire avec facilité qui est bien une des caractéristiques du talent féminin.
[…]
Et puis, au moment où la femme va devenir, dans les lettres comme dans la vie sociale, la rivale de l’homme, ne convient-il pas de dresser le bilan, d’inventorier - si l’on peut dire, - son trésor poétique. Les temps sont arrivés où chacun va réclamer le bénéfice de son apport personnel. […] » (Alphonse Séché [1876-1964])
« Il n’y a pas de poésie féminine. Il y a la poésie. Certains et certaines y excellent, d’autres non. On ne peut donc parler d’un avenir spécial de telle poésie, masculine ou féminine. La poésie a toujours tout l’avenir. Il naîtra toujours de grands poètes, hommes ou femmes […]. Où ? Quand ? Cela gît sur les genoux des dieux, et nul ne peut prophétiser là-dessus.
[…]. » (Fernand Gregh [1873-1960])
0:00 - Pauline de Flaugergues
0:52 - Clara Francia-Mollard
1:36 - Madame de Girardin, née Delphine Gay
3:43 - Élisa Mercoeur
5:27 - Louise Colet
6:33 - Hermance Lesguillon
9:20 - Louise-Victorine Ackermann, née Louise-Victorine Choquet
10:23 - Générique
📖 Référence bibliographique :
▪ Alphonse Séché, Les muses françaises, anthologie des femmes-poètes (1200 à 1891), Éditions Louis-Michaud, 1908
🎵 Bande sonore originale : Arthur Vyncke - Uncertainty
▪ Uncertainty by Arthur Vyncke is licensed under a CC BY-SA 3.0 Attribution-ShareAlike 3.0 license.
🌐 Site :
▪ https://www.free-stock-music.com/arthur-vyncke-uncertainty.html
#PoétessesFrançaises #PoèmesDeFemmes #LittératureFrançaise
Johann Paul Friedrich Richter, PENSÉES (Extraits)
2022/04/18
✍ « […] Plus sensible que le sentimental Sterne (1713-1768), moins sceptique que Montaigne (1533-1592), Jean Paul mêle l’originalité de Swift (1667-1745) au comique d’Érasme (1466-1536), à la profondeur de Descartes (1596-1650), et, quelquefois même, au cynisme de Rabelais (1494?-1553). » (Édouard de La Grange, cité par Hippolyte Carnot)
« […]
[…] Stefan George (1868-1933), l’un des plus grands poètes allemand du début du XXème siècle, avait consacré à Jean Paul […] une anthologie dans laquelle il résume quelques-uns des traits les plus marquants de l’esprit de Jean Paul. […] « C’est d’un poète, de l’un des plus grands et des plus oubliés que je veux vous parler et détacher de la richesse de l’œuvre de sa vie, conçue voici un siècle, quelques pages d’une surprenante nouveauté, d’une immuable splendeur, et d’une parenté frappante avec vous, qui êtes d’aujourd’hui […]. » (Eryck de Rubercy)
« […]
[…] Frédéric Richter […] parle à la méditation, au silence des nuits, à l’amant, au philosophe, à l’artiste ; il parle à tous ceux qui ont une âme et qui s’en servent pour juger, plutôt que de leur esprit ; il s’adresse à ces auteurs infortunés qui ont la mauvaise manie de laisser saigner leur coeur sur le papier, lui-même il leur ouvre le sien ; il es plein de franchise, de bonté, de candeur. […] » (Alfred de Musset, article publié dans Le Temps le 17 mai 1831)
« L’auteur de cet ouvrage n’a été jadis que trop souvent, du moins, pour les exigences printanières de la poésie, un peintre de mort, et il se réjouissait ordinairement à des compositions de minuit, uniquement parce qu’il n’était pas encore loin de son matin. Plus tard seulement, cette trop longue contemplation des tombeaux, fut punie, c’est-à-dire troublée. - Dans la jeunesse, les nuits de la poésie, des méditations, ou même celles de la vie sont toujours étoilées, au contraire, dans l’âge mûr, les nuits sont en outre quelquefois couvertes de nuages. » (Jean Paul Richter)
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5:23 - Générique
📖 Référence bibliographique :
▪ Jean Paul Richter, Pensées, traduit par Édouard de La Grange, Éditions Pocket, 2016
🎵 Bande sonore originale : Whatfunk - The Times We had
▪ The Times We had by Whatfunk is licensed under a CC-By attribution license.
🌐 Site :
▪ https://soundcloud.com/whatfunk/the-times-we-had?in=whatfunk/sets/mood-melancholic
#JeanPaulRichter #Pensées #LittératureAllemande
"J'AI QUELQUE CHOSE À DIRE. ET C'EST TRÈS COURT." | Sélection D'aphorismes De Louis Scutenaire #1
2022/04/15
✍ « […] La meilleure histoire belge, je vais te la dire, c’est la plus terrifiante de toutes : « Il est une fois Scutenaire (1905-1987) et les Belges n’en savent rien ». Et les Français non plus. (...) Il dit tout, mais par brèves giclées, Scut. Il sait la vie, la mort, l’avant, l’après (...), l’amère patrie, le surréalisme, les frites, les cons, les mœurs, les larmes et la façon dont, chez lui, il doit éteindre au rez-de-chaussée avant d’éclairer au premier pour ne pas faire sauter le compteur électrique. » (Frédéric Dard)
« Le texte lapidaire est une spécialité belge. […]
[…] cet orpailleur de l’apophtegme reste merveilleusement méconnu […]. « J’écris, dit Scutenaire, pour des raisons qui poussent les autres à dévaliser un bureau de poste, abattre un gendarme ou son maître, détruire un ordre social. Parce que me gêne quelque chose : un dégoût ou un désir. » […] Scut le météorite a tout lu, tout vu, tout englouti et tout restitué dans un habit neuf.
« J’ai quelque chose à dire et c’est très court. » Maximes en percussions et sentences en saccades sont étrillées, débarbouillés au gant de crin. Sa façon de dire m***e alentour est à nulle autre pareille. […]
[…] Réfractaire, récalcitrant, insoumis sous toutes les latitudes, Scutenaire n’est point de ceux qu’on puisse congédier en ambassade. Dans les poussées d’angoisse, il usait, comme d’un remède à toute épreuve, des aspirines de l’humour. Elles ne le guérissaient pas mais l’apaisaient.
[…] » (Patrice Delbourg, les désemparés, Éditions Le Castor Astral, 1996)
« Mes inscriptions sont une rivière de Californie, il faut tamiser des tonnes de sable et de gravier pour trouver quelques pépites, voire des paillettes. Remarquez, sable et gravier ne sont pas matières inutiles. » (Louis Scutenaire)
« Cette compilation qui se voudrait anthologie complète […] a pour but de proposer aux lecteurs de revisiter l’œuvre de l’auteur par la lorgnette des aphorismes, des fragments, des éblouissantes et percutantes réflexions qui ont traversé son esprit entre 1943 et 1987 […]. » (Préalable & remerciements, cf. "Référence bibliographique")
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3:40 - 20e inscription
3:53 - Générique
📖 Référence bibliographique :
▪ Louis Scutenaire, J’ai quelque chose à dire. Et c’est très court., Collection d’Inscriptions, évocations et autres textes rassemblés par Jean-Philippe Querton, Cactus Inébranlable éditions, 2021
👉 https://cactusinebranlableeditions.com/produit/jai-quelque-chose-a-dire-et-cest-tres-court/
🎵 Bande sonore originale : Crowander - Don’t You Leave
▪ Don't You Leave by Crowander is licensed under an Attribution-NonCommercial 4.0 International License.
🌐 Site :
▪ https://freemusicarchive.org/music/crowander/from-the-piano-solo-piano/dont-you-leave
#LouisScutenaire #JAiQuelqueChoseÀDireEtCEstTrèsCourt #LittératureBelge
Alexandre Zinoviev, NOTES D'UN VEILLEUR DE NUIT (Extraits)
2022/04/12
✍ « Ce livre fut écrit en 1975 ; il devait reconstituer un chapitre perdu des Hauteurs béantes. Je voulais le publier en même temps que L’avenir radieux, dont le contenu et la forme littéraire étaient proches du Veilleur de Nuit. […] Pourtant, je l’ai gardé tel quel. […] l’ibanisme n’est pas un phénomène exclusivement soviétique […]. » (Alexandre Zinoviev)
« […] Ibansk […]. Ce lieu mystérieux, véritable sujet du livre et « localité qui ne localise rien » dans laquelle on ne peut entrer qu’en remplissant des formulaires […]. […] le pays Ibansk est un foutu pays et […] ses habitants les Ibaniens se font toujours baiser […], soit par leurs chefs, soit par l’Ibanisme, puissante théorie qui régit le pays, soit par les Ibaniens eux-mêmes. » (Wladimir Berelowitch)
« Ainsi donc, je me suis volontairement exclu. […] Celui qui s’exclut volontairement, c’est un Ibanien qui a eu le toupet d’exposer publiquement une opinion non conforme à celle des autorités, ni, par voie de conséquence, à celle du peuple ibanien tout entier, puisque lesdites autorités passent leur temps à exprimer les pensées et les aspirations profondes du peuple. […] » (Alexandre Zinoviev)
« […] En Union Soviétique, on appelle « les exclus » (otchtchepentsy) les personnes qui s’opposent non seulement à une collectivité soviétique donnée, mais à toute collectivité soviétique. Ils s’y opposent de telle façon qu’ils sont exclus de la société tout entière. De la sorte, ils s’opposent à la structure même de la vie sociale. Le plus souvent, ceci se produit indépendamment de la volonté de l’exclu, ou du moins sans qu’il le remarque. […] la société a besoin d’exclure et […] elle produit des exclus de façon régulière et systématique. Elle les combat, mais elle en a également besoin, précisément pour les combattre. […] La société a besoin de l’exclu, car en le combattant, elle se soude, s’unifie, devient monolithique. […]
Le Veilleur de Nuit, supposé être l’auteur de ces Notes, est un exclu ordinaire, il n’occupe pas de poste important, il n’est pas connu, n’a guère de relations avec les étrangers. […] En général, ces exclus sans défense sont rejetés de la vie normale, ils se démoralisent, deviennent alcooliques, malades mentaux.
[…]
Par « désœuvrement », le Veilleur de Nuit se met à observer la vie de son bureau, en adoptant une sorte de point de vue sociologique. […]
[…] Il existe encore beaucoup de personnes naïves qui croient à une variante rectifiée du communisme, à un communisme démocratique ou un communisme à visage humain. Le communisme à visage humain ou le communisme démocratique, ce serait comme si on imaginait un capital sans argent et sans profit. […]. (Alexandre Zinoviev, Moscou, 1978)
0:00 - L’homme de bien
2:09 - Ma relève
3:23 - Elle
5:02 - Cri de l’âme
6:02 - Générique
📖 Référence bibliographique :
▪ Alexandre Zinoviev, Notes d’un veilleur de nuit, Éditions L’Âge d’Homme, traduit par Wladimir Berelowitch, 1979
🎵 Bande sonore originale : Carlos Viola - Miss Laidcend
🌐 Site :
▪ https://thegamekitchen.bandcamp.com/track/miss-laidcend-2
#AlexandreZinoviev #NotesDUnVeilleurDeNuit #LittératureRusse
Octave Mirbeau, LA GRÈVE DES ÉLECTEURS
2022/04/09
✍ « […] Ce que j’ai fait pour moi, je puis le faire pour vous, pour vous tous... Approchez... Qui veut du bonheur ? Qui veut de la richesse ? Qui veut de l’honnêteté ?... […] Vous n’avez qu’à parler... Et je ne les vends pas... Je les donne... Ça ne coûte rien...Voilà ! Qui veut du bonheur ?...
Et je vois le désappointement du pauvre diable d’électeur qui, la figure joyeuse et claquant de la langue, viendra, plus tard, réclamer son dû.
– Que viens-tu faire ici ?
– Je viens chercher le bonheur que vous m’aviez promis.
– Le bonheur !... Tiens, le voilà !... Prends-le, prends tout... Une bonne capote qui te coupera les aisselles, un bon sac qui te rompra le dos, un bon fusil... Et va te faire crever là-bas... pour ma gloire […]… Es-tu content ?
Et il ira, l’électeur, il ira, sans se dire que cette capote, c’est lui qui se l’est taillée ; ce fusil, c’est lui qui se l’est forgé ; cette mort, c’est lui qui l’a signée, en votant pour l’homme magique qui devait le rendre heureux, riche et honnête. Il se dira seulement :
– Jamais je n’aurais cru que le bonheur fût tel... J’aimerais mieux être malheureux.
D’ailleurs, le bonheur dont il se plaint, et que tous les gouvernements lui apportent, pareil, c’est lui seul qui l’a fait, toujours. Il a fait la Révolution française et, phénomène inexplicable, en dépit de cent années d’expériences douloureuses et vaines, il la célèbre ! Il la célèbre, cette Révolution qui n’a même pas été une révolution, un affranchissement, mais un déplacement des privilèges, une saute de l’oppression sociale des mains des nobles aux mains bourgeoises et, partant, plus féroces des banquiers ; cette révolution qui a créé l’inexorable société capitaliste où il étouffe aujourd’hui, et le Code moderne qui lui met des menottes aux poignets, un bâillon dans la gorge, un boulet aux chevilles.
[…] » (Octave Mirbeau, Prélude)
0:00 - La grève des électeurs
8:15 - Prélude
9:08 - Générique
📖 Référence bibliographique :
▪ Octave Mirbeau, La Grève des électeurs et prélude, Temps Nouveaux, 1902
🎵 Bande sonore originale : Podington Bear - Nocturne Op 9 No 1
▪ Nocturne Op 9 No 1 by Podington Bear is licensed under an Attribution-NonCommercial 3.0 International License.
🌐 Site :
▪ https://freemusicarchive.org/music/Podington_Bear/Nocturnes/Nocturne_Op_9_No_1
#OctaveMirbeau #LaGrèveDesÉlecteurs #LittératureFrançaise
Jacques Viau Renaud, J'ESSAIE DE VOUS PARLER DE MA PATRIE (Extraits)
2022/04/06
✍ « […]
Jacques récitait ses poèmes partout. Si ce n’était pas lui, d’autres les récitaient. Tout le monde connaissait les poèmes de Jacques. Les gens pleuraient quand ils écoutaient ses poèmes. […] » (Interview de Lionel Vieux, ami et camarade de Jacques Viau Renaud, le 8 avril 2017)
« […]
Dominicain, Haïtien, qu’en est-il de l’homme ?
C’est la première question à poser et Jacques Viau nous la pose. Sans détours. Sans tangentes. Que nous reste-t-il de l’homme ?
Grande tâche que de chercher l’homme. Sans aucun doute. Si grande que nombreux sont ceux qu’elle trouble qui prétendaient la mépriser.
C’est qu’il est aisé de se perdre et d’errer toute la vie.
[…]
À sa dure question de poète haïtien du XXe siècle, il était près d’entrevoir la réponse. Il l’a même ébauchée ! Comme poète de son peuple, de son monde, de son temps, il l’a dit avec courage : « rien ne perdure comme la sanglot. »
Et il faut le répéter à haute voix. Il était sur la bonne voie. C’est tout ce qui nous est resté de l’homme. Le sanglot. C’est dans ce monde-là que nous le trouverons. Il est caché parce qu’on lui a appris à avoir honte de lui-même. Il se méprise et se hait. Il en est le messager.
Trouvons-le. Nous lui apprendrons à s’aimer. […] » (Préface de Permanencia del llanto par Antonio Lockward Artiles, traduction de Paul Bertoni)
« Né à Port-au-Prince le 28 juillet 1941, Joseph Anne Albert Jacques Viau Renaud arrive à Santo Domingo avec ses parents […] et ses frères et sœurs, en 1948, après l’assassinat de son frère Gérard sous le gouvernement de Dumarsais Estimé (1900-1953). À peine âgé de sept ans, il apprend l’espagnol et, plus tard, crée de profonds liens d’amitié avec les poètes et artistes dominicains des années 1960. Pendant l’occupation de la République Dominicaine par les forces armées des États-Unis en 1965, il rejoint les forces de la résistance, les Constitutionnalistes, et est gravement blessé, mourant une semaine plus tard, le 21 juin, alors qu’il allait fêter ses 24 ans […]. »
[…]
J’essaie de vous parler de ma patrie,
À partir d’ici,
ma tanière saline,
Santo Domingo,
peut-être vous parlerai-je des deux :
ce sont deux mottes complémentaires,
points cardinaux de ma tristesse
tombés de la rose des vents,
comme deux amants dont l’étreinte s’est brisée.
[…] (Jacques Viau Renaud, J’essaie de vous parler de ma patrie, traduction de Carolina Benavente)
0:00 - Nous nous sommes réfugiés
2:06 - Rien ne perdure comme le sanglot
3:39 - Générique
📖 Référence bibliographique :
▪ Jacques Viau Renaud, J’essaie de vous parler de ma patrie, Éditions Mémoire d’encrier, 2018
🎵 Bande sonore originale : Sergey Cheremisinov - Way To Silence
▪ Way To Silence by Sergey Cheremisinov is licensed under an Attribution 4.0 International License.
🌐 Site :
▪ https://freemusicarchive.org/music/Sergey_Cheremisinov/way-to-silence/way-to-silence
#JacquesViauRenaud #JEssaieDeVousParlerDeMaPatrie #PoésieHaïtienne
"LE DRAME, C'EST LA VIE QUOTIDIENNE" | Françoise Sagan
2022/04/03
✍ « Avouez qu’il m’était difficile en 1954 (mon heure de gloire) de choisir entre les deux rôles qu’on m’offrait : l’écrivain scandaleux ou la jeune fille bourgeoise. Car enfin, je n’étais ni l’un, ni l’autre. » (Françoise Sagan, Des bleus à l’âme)
« […] C’est l’héritière des panthéistes, des provocantes, des libertaires George Sand et Colette (Colette est née trois ans avant la disparition de Sand, et elle est morte en 1954, l’année de Bonjour tristesse). Étonnez-vous qu’elle séduise tant !
[…]
Professionnelle de la liberté, chantre de l’égalité, experte en fraternité, notre héroïne à la blonde frange revêche, au rire gamin, au drôle de parler confus, s’acquitte du rôle que le demi-siècle et la vox populi lui ont octroyé, avec une désarmante gentillesse. […]» (Jérôme Garcin, Littérature vagabonde, Éditions Flammarion, 1992)
« […] À l’époque de mes premiers livres, les journaux m’accablaient de propos malveillants et me prêtaient des propos ridicules. J’avais beau limiter mes réponses dans les interviews à “ oui ” ou “ non ”, je ne cessais de retrouver, sous mon nom, des phrases que je n’avais jamais prononcées. […] Désormais, je reste de marbre devant les commérages. […] Mis à part le fait que je ne peux plus boire aujourd’hui, pour des raisons médicales, j’ai la chance de vivre comme je l’ai toujours souhaité, c’est-à-dire libre.
[…] » (Idem)
« […]
Parmi ses nombreuses preuves de civilité, nous avons noté : […] qu’elle s’excuse volontiers d’écrire court et facilement ; qu’elle n’a pas la grossièreté, en littérature, de vouloir faire « nouveau » ; et que, si elle consent à se trouver du talent, elle donne du génie à ses meilleurs amis. On ajoutera qu’elle pousse le savoir-vivre jusqu’à ne pas disserter en public sur la mort. […]
[…] elle persiste, tout compte fait, à préférer dépenser son existence que la raconter, entretenir l’amitié que son compte en banque, inventer des histoires que commenter la querelle de Maastricht ; et elle n’en finit pas d’aimer les accélérations : en amour, en voiture, dans les livres, et dans son cœur. Morale provisoire : il faut battre la chamade pendant que la vie est chaude. […] » (Idem)
« J’ai porté ma légende comme une voilette. Ce masque délicieux, un peu primaire, correspondait chez moi à des goûts évidents : la vitesse, la mer, minuit, tout ce qui est éclatant, tout ce qui est noir, tout ce qui perd, et donc permet de se trouver. » (Françoise Sagan, Je ne renie rien)
0:00 - 1er aphorisme
0:13 - 2e aphorisme
0:34 - 3e aphorisme
0:50 - 4e aphorisme
1:07 - 5e aphorisme
1:29 - 6e aphorisme
1:41 - 7e aphorisme
1:57 - 8e aphorisme
2:05 - 9e aphorisme
2:20 - 10e aphorisme
2:31 - 11e aphorisme
2:46 - 12e aphorisme
2:55 - 13e aphorisme
3:07 - 14e aphorisme
3:17 - 15e aphorisme
3:39 - 16e aphorisme
3:58 - 17e aphorisme
4:11 - 18e aphorisme
4:30 - Générique
📖 Référence bibliographique :
▪ Françoise Sagan, Aphorismes et pensées, sélection de Denis Westhoff, Éditions Julliard, 2021
🎵 Bande sonore originale : MusicLFiles - Background Nostalgic Piano
▪ Background Nostalgic Piano by MusicLFiles is licensed under a CC-BY attribution license.
🌐 Site :
▪ https://filmmusic.io/song/6925-background-nostalgic-piano
#FrançoiseSagan #AphorismesEtPensées #LittératureFrançaise
Arthur Schnitzler, RELATIONS ET SOLITUDES (Extraits)
2022/03/31
✍ « Moi qui ai grandi dans sa ville, dans son univers, j’ai aimé de loin, dès l’éveil de ma conscience, le poète, et j’aime encore plus Arthur Schnitzler depuis qu’il m’a été donné de voir en diverses occasions qu’il avait conservé intactes sa merveilleuse humanité, sa chaleur, sa bonté. […]
[…] Schnitzler eut ce destin unique en son genre : son monde lui a été arraché des mains et, nous le savons, de façon irrémédiable, avant qu’il ne se flétrisse, qu’il ne s’épuise. Et il aurait vraiment disparu, disparu à jamais si quelqu’un – lui justement, Arthur Schnitzler – ne l’avait pas fixé, ne nous l’avait pas préservé, s’il n’avait reflété l’esprit, les sentiments de ce monde perdu, emporté dans un tourbillon, s’il ne lui avait donné une existence durable dans ses œuvres […]. une jeune génération […] aura à son tour la joie d’approuver, de partager notre amour, notre vénération pour cet artiste si grave sous une façade frivole et si profond en dépit de tout son charme. […] » (Stefan Zweig, Hommes et destins, traduit par Hélène Denis-Jeanroy, Éditions Le Livre de Poche, 2000)
« Dans la production des aphorismes, Schnitzler (1862-1931) n’est pas un cas isolé en Autriche. […] Tout se passe en fait comme s’il y avait dans le contexte des années 1880-1930 « une école viennoise des aphoristes ». […] le plus précis, le plus clinique […], Schnitzler s’efforce toujours d’être le plus exact possible, ce qui donne parfois à ses aphorismes une longueur inhabituelle.
[…] » (Pierre Deshusses)
Relations et solitudes
0:00 - 1er aphorisme
0:16 - 2e aphorisme
0:48 - 3e aphorisme
1:07 - 4e aphorisme
Politique et guerre
1:22 - 1er aphorisme
1:51 - 2e aphorisme
Esprit et religion
2:11 - 1er aphorisme
2:44 - 2e aphorisme
3:02 - 3e aphorisme
Observation de l’homme
3:22 - 1er aphorisme
3:43 - 2e aphorisme
4:00 - Générique
📖 Référence bibliographique :
▪ Arthur Schnitzler, Relations et Solitudes, Aphorismes, traduction de Peirre Deshusses, Éditions Rivage, 1988
🎵 Bande sonore originale : Igor Popov - Woman
▪ Woman by Igor Popov is licensed under a CC-By license.
🌐 Site :
▪ https://icones8.fr/music/track/woman--igor-popov
#ArthurSchnitzler #RelationsEtSolitudes #Aphorismes
Louis-René Des Forêts, LES MÉGÈRES DE LA MER & POÈMES DE SAMUEL WOOD (Extraits)
2022/03/28
✍ « […] Cette petite plaquette qui nous vient aujourd’hui, séparée de l’ensemble où elle devait d’abord trouver place comme l’une des parties d’Ostinato (lien vers vidéo), est avant tout le témoignage d’une parole qui cherche, dans l’espace de la dualité qu’elle inaugure, les raisons de son effraction. Accompagnant la voix narrative d’Ostinato, cette autre parole la double et lui renvoie son image ironique et véridique ; elle juge, elle tranche, elle interroge, impersonnelle sous son patronyme de mémoire anglais d’un autre siècle.
[…] Entre le pouvoir mortifère, embaumant du langage et sa dérisoire survie si éphémère, l’écrivain ne peut choisir son camp. Chaque parti implique une trop lourde trahison. […]
[…] Cette logique binaire fait des Poèmes de Samuel Wood le théâtre d’un affrontement inachevable. La dualité des voix, la reprise sans fin du procès fait à soi-même empêchent que jamais le verdict tombe. […]
[…] « Irréparable cassure. Prenons-en acte. » Il faut veiller sur sa douleur, verser soi-même le sel qui attise la blessure ouverte de la mémoire pour préserver la chance de ces « rencontres » qui ne témoignent pourtant que de notre incapacité à mourir.
[…] » (Dominique Rabaté, La Nouvelle Revue française, 1989).
« […] Toi dont rien ne dit que tu vives sous ce nom, / Samuel, Samuel, est-ce bien ta voix que j’entends / Venir comme des profondeurs d’un tombeau / Renforcer la mienne aux prises avec les phrases / Ou faire écho à sa grande indigence ? / Bon génie qui semble le démon en personne / Je n’en saurais guère plus long sur ton compte / Sauf qu’atteint par la maladie du langage / Celui que tu tiens ne peut m’en guérir. / Mais l’effroi, mais les vérités les plus sombres / Toi qui n’es qu’un nom trouve la force de les dire. » (Louis-René des Forêts, Poèmes de Samuel Wood, Éditions Fata Morgana, 1988)
0:00 - Les mégères de la mer
Poèmes de Samuel Wood :
5:05 - 1er extrait
5:59 - 2e extrait
6:51 - 3e extrait
8:16 - 4e extrait
8:54 - 5e extrait
9:28 - Générique
📖 Référence bibliographique :
▪ Louis-René des Forêts, Oeuvres complètes, Éditions Quarto Gallimard, 2015
🎵 Bande sonore originale : Dream Machine - Smoke & Mirrors
▪ Smoke & Mirrors by Dream Machine is licensed under a CC-By license.
🌐 Site :
▪ https://icones8.fr/music/track/smoke-and-mirrors--dream-machine
#LouisRenéDesForêts #LesMégèresDeLaMer&PoèmesDeSamuelWood #LittératureFrançaise
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