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This podcast has
203 episodes
Language
FrenchPublisher
lundimatinExplicit
No
Date created
2021/10/05
Latest episode
2026/09/28
Average duration
68 min.
Release period
13 days
Description
Chaque lundi soir, sur lundimatin, une discussion, une rencontre, un débat...
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Podcast episodes
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Cancer et pesticides: politiser la colère - Fleur Breteau et Sophie Chapelle
2026/09/28
On a longtemps considéré le cancer comme le fruit d’un malheureux hasard ou la conséquence d’une mauvaise hygiène de vie. Pourtant, il est désormais avéré scientifiquement qu’il s’agit aussi et surtout d’une maladie « environnementale ». Parmi les causes de cette explosion de cancers en France (et d’autres maladies, malformations et troubles du développement infantiles), l’usage massif de pesticides par l’agro-industrie. À l’annonce de son second cancer du sein, Fleur Breteau a décidé d’enquêter sur ce qu’elle n’hésite pas à qualifier d’épidémie. Elle en a fait un livre, Cancer colère (Seuil), dans lequel s’entrelacent le récit d’un corps qui résiste face à la maladie et la révolte d’une femme confrontée aux mensonges de l’industrie et à ses complicités politiques. À ses côtés, la journaliste Sophie Chapelle qui vient de publier Pesticide Kids (Nouriturfu) une enquête menée avec Nolwenn Weiler et qui porte plus particulièrement sur les conséquences des pesticides sur la santé des enfants.
Ce que nous dit cette épidémie de cancer ainsi que son déni méticuleusement organisé, c’est que la question même de notre survie ne peut plus être déléguée à ceux qui nous représentent et doit être arrachée au plus vite de l’emprise de ceux qui en tirent profit. Ce 3 octobre 2026 se tiendra à Saint‑Pierre‑la‑Garenne dans l’Eure, une manifestation internationale intitulée Stop Pesticide, organisée par Les Soulèvements de la terre, le collectif Cancer Colère, la Confédération paysanne et de nombreux collectifs de malades, de médecins et de riverains. Toutes les information pratiques sont disponibles ici.
Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fêter nos dix années d’existence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, C’est par ici.
Le sacrifice du ciel. Une autre histoire de la raison - Mohamed Amer Meziane
2026/09/21
Le philosophe Mohamed Amer Meziane publie son troisième livre, Le Sacrifice du ciel. Une autre histoire de la raison, qui vient rouvrir, reprendre et poursuivre le cycle ouvert par Des empires sous la terre (2021) et Au bord des mondes (2023).
Le thème du « sacrifice du ciel » fait écho à ceux de la sécularisation, de la mort de Dieu et du « désenchantement du monde ». Ces lieux communs, au sein de l’attirail des pensées critiques, ressemblent à des enjeux à la fois familiers et méconnus.
Les « statuaires de la pensée », expression du livre renvoyant au panthéon fatigué des « grands auteurs » européens, ne nous ont légué que peu d’outils pour y faire face. Il se pourrait, en plus, que ces thèmes « biens connus » (c’est-à-dire peut-être totalement impensés) aient obscurci la compréhension qu’on a de ces grands auteurs eux-mêmes. C’est la conséquence d’un des points principaux du livre : l’orientalisme, sous la forme de la critique historique des textes sacrés, a joué un rôle matriciel pour la production du savoir occidentalisé.
À partir de là, l’enquête donne lieu à une autre histoire de la philosophie : au prisme de l’orientalisme, Spinoza, Kant et Hegel apparaissent sous un autre jour. Leurs façons de penser la religion, ses rapports à la pensée et à la politique, est très loin cependant de s’être cantonnée au seul domaine de la philosophie. Elles participent de mouvements qui les précèdent et leur survivent, et qui constituent le sol sur lequel se sont déployées les sciences humaines et sociales « modernes ». Un ensemble de mythes vivaces s’ancrent dans cette histoire : le christianisme comme seule religion de la sortie de la religion, le protestantisme comme religion du monde moderne, le monothéisme comme origine de la violence, le fanatisme comme caractéristique des « religions de la Loi »…
Le Sacrifice du ciel se présente comme une critique des savoirs, une « histoire souterraine » de la connaissance. Celle-ci ne se contente pas d’en exhumer les marges, mais entend ressaisir l’héritage d’un centre occulté en montrant que la raison n’est pas « occidentale ». Se pose alors une question simple, mais trop souvent ignorée (y compris par la critique décoloniale) : comment les « orientaux » ont-ils eux-mêmes pensé l’orientalisme ? La philosophie d’Afghāni et la « métaphysique insurrectionnelle » de l’émir Abdelkader ont été les lieux d’une résistance formulée au nom du savoir et d’une « critique traditionnelle de la tradition », et deviennent ici ceux de l’élaboration d’une « pensée-autre » (comme le disait Abdelkébir Khatibi, en partant de Fanon).
« La tâche de cet anti-impérialisme philosophique a surtout été de montrer la profonde irrationalité de tout ce système militaro-fossile qui, avec un fracas et une morgue confinant à la folie, s’est targué d’être la seule Raison qui soit. »Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fêter nos dix années d’existence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, C’est par ici.
De vaisselle #2 - Un podcast pour les tâches ménagères et penser l’état du monde
2026/09/07
Dans le premier numéro de De Vaisselle, on s’était demandé ce qui rend caduc pas mal des certitudes sur lesquelles était fondée l’intervention politique « autonome » de la période 2000-2020. Ce deuxième numéro part d’une question moins frontale, en essayant de déplier ce qu’il y a derrière le retour en force de l’idée de « polarisation » dans le discours public. Dans un premier temps (la réflexion s’étalera sur plusieurs épisodes), on va renverser la proposition : s’il y a « retour » de la polarisation, c’est qu’elle aurait disparu des radars jusqu’ici. On cherchera donc à comprendre ce qui a bien pu permettre, jusqu’à récemment, de faire comme si le monde n’était pas lézardé de conflits.
Crédits :
La team Radio-France pleure le retour de la « polarisation »
Pierre et le Loup – Serge Prokofiev
Your latest trick – Dire Straits
Blowin' in the wind – Bob Dylan
Donald Trump décrit sa doctrine : « c’est la force, la force ! Personne va venir chercher l’embrouille. » - CNN "state of the union", 25 octobre 2015.
Le monde ou rien - PNL
Believe - Cher
Bouddha (citation)
La cité de la Peur – les Nuls
La Carmagnole (folklore populaire)
Audiobook Karl Marx, « La question juive » - marxists.org
Wolfgang Amadeus Bordiga – Sainte-Soline Blues
Leurs avions ne décolleront pas – Manifestant.es de la forêt de Rohanne
Guerre – Mafia K’1 Fry
Hymne GJ – South winners
Makukuti Kanaky – Djo Bnca
Les weathermen appellent à ramener la guerre à la maison - Days of rage 1969 - Chicago PBS station WTTW
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De vaisselle #1 - Un podcast pour les tâches ménagères et penser l’état du monde
2026/07/07
Ces dernières décennies, — disons depuis la fin des années 90, les premiers contre-sommets, la fin de la fin de l’histoire, —, une génération s’est rencontrée et a lutté. Des lieux, des rendez-vous, des coups d’éclats, de l’audace, des théories, des stratégies, des tentatives, des échecs, de l’amertume, de la joie, etc. Depuis cette expérience, à la fois éclatée et dispersée mais d’une rare densité, un ami a décidé de faire un podcast. Il ne s’agit pas de constituer une histoire officielle de l’autonomie des 25 ou 30 dernières années, personne ne s’y entendrait, mais d’explorer les idées, les représentations et les gestes qui en ont fait le substrat. Dans ce premier épisode, il est question d’une époque qui change et de tout ce que cela implique quant aux cadres stratégiques et théoriques développés dans la séquence précédente.
Présentation:
Nous vivons un changement radical d’époque. C’est le genre de phrase qu’on a pu prononcer à la va-vite, comme une intuition, comme une hypothèse. C’est devenu une banalité. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la conscience de ce basculement produit peu d’enthousiasme voire beaucoup d’angoisse. Chacun la conjure comme il peut : certains placent leurs espoirs dans la figure d’un homme fort et autoritaire, d’autres allument des cierges en attendant le retour d’une social-démocratie fantasmée. Certains font même les deux en même temps. D’autres encore, et c’est un moindre mal, se lancent dans un activisme politique toujours plus désespéré.
Ce podcast part d’un principe simple, il nous faut commencer par comprendre ce qui est en train de se passer et donc de nous arriver. « Il y a besoin de comprendre, mais la brutalité du changement d’époque semble réduire en ruines tout ce qui permet de fonder une pensée. Les convictions les mieux ancrées sont dissoutes les unes après les autres, au point qu’on ne sait plus s’il faut se fier ou non à celles qui tiennent encore debout. »
Pour cela, il faut pouvoir mobiliser quelques ressources. Celles que j’ai sous la main : des bribes de concepts glanés dans différentes traditions théoriques ; l’expérience tirée d’une vingtaine d’années de luttes autonomes ; et la mise à profit des moments du quotidien qui laissent le temps de mettre les idées en ordre - notamment les sessions de vaisselles.
Dans ce premier numéro, « hypercrisie », il sera question de la fin de l’histoire, d’hypocrisie comme mode de gouvernement - et de son contraire -, de l’usage stratégique ou éthique des idéaux des Lumières, de « nos » propres contradictions, de l’impasse du progressisme et de la faiblesse historique du mouvement révolutionnaire.
Entre autres.
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« Sur la question animale, la gauche est de droite » - Victor Duran-Le Peuch
2026/06/30
Depuis quelques années, la cause animale est parvenue à briser le carcan de silence dans lequel elle était enfermée. Plus personne ne peut prétendre ignorer l'immensité des souffrances que nous faisons subir quotidiennement aux animaux pour les motifs les plus frivoles. Mais les militant.es font désormais face à une réaction tout à la fois naïve et de mauvaise foi : au fond, à l'explicitation de l'idéologie spéciste qui jusque là passait pour allant de soi. Dans Pour en finir avec les idées fausses sur l'antispécisme, l'animateur depuis plusieurs années du podcast Comme un poisson dans l'eau, Victor Duran-Le Peuch, nous offre un manuel combatif et très informé de l'actualité intellectuelle et militante de ce mouvement encore trop souvent marginalisé. Son antispécisme est politique : en tant que mouvement pour la justice sociale, il se pense nécessairement en convergence avec la question sociale, le féminisme, l'écologie, la cause handie et celle décoloniale. Mais la convergence des luttes ne se fera pas à n'importe quelle condition : Victor Duran-Le Peuch indique les obstacles à surmonter, mais aussi la richesse des analyses qui y parviennent.
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Légions d'honneurs et de malédictions - Lucile Novat
2026/06/09
Au cœur de la ville de Saint-Denis, jouxtant la basilique cathédrale, un grand portail accueille les filles, petites-filles et arrières petites-filles des décorés de la Légion d’honneur, c’est « la maison d’éducation », internat non-mixte et d’exception. C’est aussi le décor du roman de Lucile Novat, Voir venir (éditions du Sous-sol), celui d’une lente gestation, à l’abri des regards. Sait-on seulement si elles sont protégées ou captives, ces jeunes filles ? Lucile Novat nous fait découvrir l’envers du mythe de l’exception républicaine et nous emmène de l’autre côté de la façade proprette de l’établissement.
Ouvrir cette porte, se plonger dans ce huis clos pesant, c’est voir que cette prestigieuse médaille, tachée d’un sang qu’on ne pourra effacer, sonne comme une malédiction. Elle hante les familles et les discrets fantômes poursuivent Yas, Lou, Suzanne, Adèle, et Vanessa, dans un monde aux apparences soignées. Le mythe s’avère vicié, à jamais maudit des coeurs éclatés, des corps suppliciés sur lesquels il a fallu marcher pour se construire.
Et Lucille Novat de nous mettre en garde : il faut davantage s’inquiéter d’une classe qui se tient sage, que d’une émeute.
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De la guerre en amérique - Catherine Hass
2026/06/01
Quelle est la doctrine de guerre de Trump ? En a-t-il d’ailleurs une ? Peut-on la comprendre à partir de celle de l’administration Bush ? Voire même à partir du Vom Kriege (De la guerre) de Carl von Clausewitz, le livre qui a structuré la pensée de la guerre révolutionnaire marxiste autant que celle des états-majors de la bourgeoisie occidentale ? Les guerres sont-elles toujours subordonnées à une politique ? Mais si c’est le cas, n’y a-t-il pas autant de guerres que de manières de faire de la politique ? Pour répondre à ces questions, nous recevons Catherine Hass à propos de son livre Aujourd’hui la guerre, paru en 2019, dont la finesse des analyses a pris toute sa pertinence ces derniers temps entre le génocide à Gaza, les dévastations du Soudan, les opérations de pure prédation et le retour des guerres de haute intensité entre superpuissances de l’Ukraine à l’Iran.
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Peut-on se sauver de la psychiatrie ? - Jonathan Boismard
2026/05/25
En France, 20% de la population présentent un trouble psychique et plus de 8 millions de personnes sont prises en charge pour une maladie psychiatrique ou un traitement chronique par psychotropes. Notre effondrement intérieur est massif, documenté, administré mais toujours désemparé.
Avec Une vie de fêlé, heurs et malheur d'un patient ordinaire Jonathan Boismard, diagnostiqué bipolaire, nous plonge dans le quotidien léthargique et violent d’un patient ordinaire en désaffiliation psychique d’avec l’ordre des choses. Le récit explosif et éclaté d’une vie cernée par la psychiatrie, les molécules et les injonctions à être — à peu près — fonctionnel.
Une lettre à sa première psychiatre, une déclaration d’amour contrarié à ses pilules, des murs et des lits qui appellent à se révolter contre l’institution, la plaidoirie d’une maladie face au tribunal de la normalité, à travers ses douze chapitres, Une vie de fêlé dresse le paysage dévasté d’un moi en crise avec et contre le monde qui l’enserre, le rabote et tente de le calibrer. C’est un reportage embarqué dans les centres médico-psychologiques autant qu’une enquête sociologique depuis la cellule d’un HP, un manifeste littéraire contre le mensonge normalisé autant qu’un appel à lutter jusqu’au plus profond de la psyché.
L’écriture est hybride mais polarisée, parfois maniaque jamais désespérée, souvent violente mais toujours drôle. Si l’auteur connaît parfaitement la littérature antipsychiatrique, il ne parle jamais de ce surplomb-là mais toujours depuis le ras du réel et de l’expérience. Parce que la ligne de front traverse les connexions synaptiques autant que la société dans sa totalité, il n’y a pas d’idéologie qui vaille, il s’agit seulement de survivre et de lutter, le reste en découle.
Disponible dans toutes les bonnes librairies vendredi 29 mai et en vente en ligne sur lundimatin ici : https://www.lundi.am/livres
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Tai-chi, macronie et récolution - Maria Kakogianni
2026/05/19
Avec Sous un ciel étoilé, une nuit d’été, Maria Kakogianni propose de dépoussiérer l’idée que nous nous faisons de la révolution et de l’anarchie.
À partir d’un constat simple et terrible, nous n’apercevons presque plus étoiles, elle déduit une métaphore sur le monde, nous vivons dans une époque dés-astrée.
Au fil du livre, on croise Catherine Malabou et Margaret Thatcher, Emmanuel Kant et Auguste Blanqui, Vincent Bolloré et le Comité Invisible. On y discute du fascisme ordinaire, de jouissances pirates, de Platon et même de Tai-chi. En son centre, la nécessité d’inventer une anarchie positive et régulière, les pieds sur terre et la tête dans les astres.
« La nuit, nous n’apercevons plus les étoiles.
Ce n’est pas une métaphore, plutôt un signe.
Celui de notre propre dés-astre.
Sous le ciel, tout est fatalité collective et liberté conditionnée.
La violence ordinaire et ses douleurs chroniques, l’humiliation.
Nos corps se retournent contre eux-mêmes.
Justice nulle part, maladies auto-immunes partout.
L’avenir a de la fièvre. Et pourtant.
Au sein de l’obscurité, la lumière tremble comme un éclat de rire.
La joie comme idée neuve.
L’anarchie comme expérience.
La révolution comme relance.
Au bord des mondes plutôt qu’à la fin du monde.
Nous est encore là. »
Pour vous procurer le livre, c’est par ici : lundi.am/livres
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À la recherche du prolétariat perdu - Taf de Paul Martel aux éditions lundimatin
2026/05/13
Taf, à la recherche du prolétariat perdu de Paul Martel, c'est le dernier livre qui vient de paraître aux éditions lundimatin. Imaginez la littérature prolétarienne d’un Joseph Ponthus mélangée à l’humour caustique de Fabcaro ou bien le travail d’enquête de L’établi de Linhart rebooté en roman d’aventure autobiographique dans le monde des prestataires du béton ou des défilés de mode absurdes. Taf c’est donc à la fois une enquête, un pamphlet, un roman, un manifeste et un manuel de survie dans l’univers impitoyable du BTP. Un livre qu’aurait pu écrire Debord s’il n’avait pas été rentier. Comme il mérite de se vendre par palettes, on a fait une petite présentation histoire d'en expliquer les sous-bassement théoriques et stratégiques : refaire du prolétariat une menace (quitte à redéfinir ce que l'on entend par prolétariat).
Il n’y a pas que les bourgeois qui échappent au travail, certains prolétaires en ont même fait une devise « Ne travaillez jamais ! » et c’est une toute autre aventure. Mais que se passe-t-il lorsqu’après des années à fuir l’exploitation par la marge et la débrouille, on se retrouve contraint de retourner taffer ? Chômeur à ses heures, ouvrier dès qu’il ne le peut plus, Paul Martel a enquêté.
Comment survivre dans un monde où l’on doit perdre sa vie à la gagner ? Le prolétariat n’est-il plus qu’un mythe ou encore une menace ? Quelles légendes nous faut-il raviver ou inventer pour toujours vivre et lutter ?
Taf est le journal quotidien d’un manœuvre irrégulier, un recueil d’astuces pour résister à l’aliénation, un manuel de désertion ouvrière.
Paul Martel est née en 1993. Après avoir méthodiquement déserté l’école puis le salariat, il a mené une carrière de semi-délinquant avant de se reconvertir dans le BTP et la littérature. Auteur de très nombreux et remarqués articles lundimatin, TAF, À la recherche du prolétariat perdu est le premier volet d’une prometteuse autobiographie.
Disponible dans toutes les bonnes librairies jeudi 7 mai et en vente en ligne sur lundimatin ici : www.lundi.am/livres
Vous pouvez en lire la première et excellente recension du livre par Stéphane Bérard dans Sitaudis.
Quelques articles de Paul Martel parus dans lundimatin.
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« Si l’école est gratuite, c’est vous qui êtes le produit ! » - Vincent Legeay
2026/05/12
« Si c’est gratuit, c’est que vous êtes le produit ! » et si cette fameuse sentence consacrée aux réseaux sociaux et aux GAFAM pouvait s’appliquer à notre chère éducation nationale ? C’est en tous cas l’hypothèse explorée par le philosophe Vincent Legeay qui s’est plongé dans la genèse de l’école laïque et gratuite française au tournant du XIXe et du XIXe siècle.
Ce que l’on découvre en lisant son livre, c’est que l’instauration de l’école gratuite en 1881 n’était pas que le fruit de la charité et de la philanthropie de ce grand homme que fut Jules Ferry mais bien la mise en œuvre d’un dispositif de pouvoir et de gouvernement qui se doit de conscrire et donc produire une population. Regrouper, calibrer, tracer, trier les enfants qu’il s’agira par la suite de mettre à disposition du marché du travail et donc du capitalisme. Une éducation gratuite qui est aussi un investissement dans l’avenir, pour les familles comme pour les patrons. Mais Vincent Legeay ne se contente pas de raconter cette contre-histoire peu flatteuse, il propose aussi de décrypter les mécanismes par lesquels cette grande œuvre de façonnage et de sélection de la population s’est mise en place et a pu perdurer ; le recours arbitraire à un outil mathématique tel que la moyenne par exemple, qui nous semble tellement aller de soi aujourd’hui que plus personne ne s’interroge sur ce qui différencie réellement l’élève refoulé à 9,5 de celui admis à 10. Comme c’est aussi un livre de philosophie, le tour de force de l’ouvrage consiste à appeler Spinoza à la rescousse pour démontrer que ce que produit l’école comme nous la connaissons, c’est la réduction de l’existence et de ses possibles. Soit l’inverse exacte de l’aptitude, c’est-à-dire la disposition à être affecté par le plus grand nombre de choses, d’êtres et de situations possibles, qui est la condition de la joie et de l’intelligence collective (nous résumons très mal, voir la masterclass de Vincent Legay à 37:32). La critique faite, reste à explorer les différentes expérimentations alternatives qui ont accompagné le mouvement révolutionnaire : l’éducation intégrale, les conseils d’élèves et toutes les tentatives démocratiques et anarchistes qui refusent tout principe supérieur et a priori quant à la manière dont les enfants devraient s’éduquer.
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Contrer le rire fasciste - Denis Saint-Amand
2026/05/04
A quoi rient les fascistes ? Comment rigolent-ils ? C’est ce que propose de documenter Denis Saint-Amand dans un petit livre Contrer le rire fasciste, trolling et résistance.
Le rire permet de mettre à distance, d’alléger suffisamment le poids de ce qui opprime pour dégager l’espace et l’énergie d’agir. Mais il permet aussi d’exempter et d’exonérer la violence autant que la bêtise, celle du pouvoir et de ceux qui prennent son parti comme son relai. Denis Saint-Amand est spécialiste des poétiques de la parodie et de la satire, il étudie les mécanismes rhétoriques et les logiques des ces nouvelles formes de gloussements fascistes qui se répandent notamment sur les réseaux sociaux. Autant d’exemples qui appellent et inspirent les contre opérations nécessaires, autant que de joyeusetés pour les révoltes à venir. Du, « Le pouvoir est aveugle, ça crève les yeux » des Gilets jaunes sur les abords des Champs-Élysées dévastée, à la raillerie trollesques de « Npc » (« non playable character » ) qui déshumanisent l’autre, un tour d’horizon de ce l’humour fait et défait.
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Astérix peut-il résister à l’empire Bolloré ? - Un court-bouillon, un lundisoir spécial BD
2026/04/27
Si les effets de la concentration des maison d’édition sont largement connus et s’intensifient de jours en jours, il existe un village éditorial qui résiste encore et toujours aux logiques envahissantes des gros groupes : la bande dessinée…
Enfin, c’est ce qu’on aimerait pouvoir imaginer, d’irréductibles bulleurs, des petits mickeys anticapitalistes repoussant avec force les assauts des grands patrons. Mais la réalité est bien moins réjouissante, et le monde du 9e art est lui aussi mis en danger par la concentration des maisons d’éditions.
Rescapés de l’édition industrielle de bande dessinée, Floriane et Quentin ont monté Courts Bouillon, une association qui cherche à commenter l’actualité de l’art séquentiel et encourager la création en dehors des contraintes concurrentielles.
Lors de cet entretien, nous allons refaire un tour d’horizon de la concentration des maisons d’éditions en passant par l’édition sans éditeur et le contrôle de la parole, avant de s’attarder sur quelques cas précis tels que l’avenir d’Astérix, aujourd’hui entre les mains de Bolloré et les conséquences directes de la concentration des maisons sur la précarisation des auteurs et autrices de BD.
Enfin, Floriane et Quentin présenteront leur initiative, qu’ils cherchent actuellement à concrétiser avec leur projet de revue La lutte des cases, actuellement en financement participatif : leur Ulule
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L'Êtrangère - Eugénie Mérieau en concert au bureau
2026/04/14
Eugénie Mérieau est professeure de droit constitutionnel et politologue, elle a notamment écrit La dictature, une antithèse de la démocratie ? et Géopolitique de l’Etat d’exception : les mondialisations de l’état d’urgence (éditions le Cavalier Bleu). Elle chante aussi L’Êtrangère dont le premier album, Je vous écris en cours de chute, sortira cet été. Nous lui avons proposé de venir jouer quelques morceaux dans nos bureaux.
Il neige du phosphore blanc
(Le Caire, 2024)
Depuis octobre 2023, Israël utilise des bombes au phosphore blanc causant d’atroces souffrances sur des zones agricoles, industrielles et résidentielles à Gaza et au Sud Liban. Le nombre de victimes n’est à ce jour pas connu. Citation anonyme attribuée à un-e gazaoui-e : « Le monde pense que Gaza est occupé par Israël. La vérité c’est que le monde est occupé par Israël à l’exception de Gaza ».
Inspirations et fragments :
La zone de désintérêt, Ladislas (publié dans lundimatin)
La Terre nous est étroite, Mahmoud Darwich
Chanson dans le sang, Jacques Prévert
La mort viendra et elle aura tes yeux
(Paris, 2025)
Seconde Guerre Mondiale : Duras, Char, Pavese, Aragon, Prévert, et Hô Chi Minh : communistes, anticolonialistes, antifascistes et résistant-es pour qui au milieu de la guerre, la lutte politique est poésie, surgissement de l’amour, de la passion et du désir. Jacques Prévert écrit « Il y a sur cette terre des gens qui s’entretuent ; c’est pas gai, je sais ; il y a aussi des gens qui s’entrevivent : j’irai les rejoindre ».
Inspirations et fragments :
La mort viendra et elle aura tes yeux, Cesare Pavese
La maladie de la mort, Marguerite Duras
Feuillets d’Hypnos, René Char
Prose du bonheur et d’Elsa, Louis Aragon
La lune et le poète, Hô Chi Minh
La vie n’a pas d’âge, Jacques Prévert
Mort d’une putain
(Genève, 2005)
Années 70 : Grisélidis Réal, poétesse suisse et prostituée, milite à Paris : « La prostitution est un acte révolutionnaire ».
Inspiration et fragments :
Cette chanson est une adaptation libre d’un texte de Grisélidis Réal, Mort d’une putain, écrit quelques semaines avant sa mort, avec des ajouts issus de Cantique de l’espoir, toujours de Grisélidis Réal.
Elle s’appelait Lou
(Bangkok, 2024)
En 2025, l’association Nous Toutes dénombre 165 féminicides en France. Depuis le début de l’année 2026, 36 femmes sont mortes assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint. Andrea Dworkin écrit « Les femmes n’ont que deux choix : mentir ou mourir. »
Inspirations et fragments :
Souvenez-vous, résistez, ne cédez pas, Andrea Dworkin
Les guérillères, Monique Wittig
Si rien ne bouge, Bertrand Cantat-Noir Désir
Liste des prénoms des femmes mortes par féminicide en 2023, par l’association Nous Toutes.
Le chant des ouvriers
(Lyon, 1846)
En 1848, on se révolte contre la journée de travail de 12 heures voire plus et les accidents mortels du travail dans les usines les mines et les chantiers. Aujourd’hui, le bâtiment demeure le premier lieu de mortalité en matière d’accidents du travail : 243 personnes sont mortes sur les chantiers en 2025, 55 depuis 2026. Thierry Metz, dans Journal d’un Manoeuvre : « Mes premiers gestes ici : creuser la terre. Ouvrir une fosse. Et disparaître. Quotidien du manœuvre ».
Inspirations et fragments :
Cette chanson est une adaptation libre et mise en musique d’un texte chanté de Pierre Dupont, écrit en 1846, devenu hymne révolutionnaire en 1848.
Bientôt la fin d
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Explorer et inventer les mondes postcapitalistes - Jérôme Baschet & Laurent Jeanpierre
2026/04/08
Une légende voudrait qu’à chaque parution d’un nouveau livre critique du capitalisme, un grand patron fasse un AVC. Force est de constater que ce n’est pas le cas et que malgré les millions kilomètres de papier sur lesquelles s’étalent les analyses les plus fines des contradictions les plus obscures du capital, les capitalistes n’ont jamais été en si bonne forme. Et si depuis tout ce temps, nous avions pris le problème à l’envers ? Mondes postcapitalistes propose en tous cas de rouvrir la question révolutionnaire depuis ses fins et leurs moyens à travers plus de 70 chapitres qui sont autant d’entrées : monnaie, État, nucléaire, amour, climat, santé, conflits, échelles, transports, rêves, zoonoses, etc. On arpente, non pas des utopies sirupeuses et réconfortantes, mais des pistes plus ou moins escarpées ou aventureuses vers ce que pourrait être un monde par-delà le capitalisme.
Forcément, il s’agit de sortir de l’économie et évidemment de décrocher de l’État mais cela à partir d’une attention méticuleuse à tout ce dont nous avons été dépossédés et qu’il va bien falloir se réapproprier, détourner, démanteler ou saccager ; des gros trucs qui détruisent la planète autant que des réflexes infimes qui pourrissent la vie. À travers 900 pages et grâce à 80 contributeurs et contributrices, on ouvre des portes et on tente d’adéquatement déplier les problèmes que l’on trouve derrière. Inutile d’en attendre des remèdes ou des solutions, les idéologues et leurs fidèles se réconforteront ailleurs, c’est un travail d’enquête et toutes les directions pointées restent à expérimenter, contester, affiner. C’est un ouvrage majeur et potentiellement déterminant pour la suite, c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il apparaîtra parfaitement anachronique aux plus résignés.
L’entretien ayant essentiellement porté sur la démarche, son cadrage et sa visée, nous publions en bonus dans l’édition de cette semaine, l’un des chapitres du livre : Animaux rédigé par Pierre-Olivier Dittmar. Cela permettra aux lecteurs et lectrices d’imaginer non seulement les menus que proposeront les cantines après la révolution mais aussi la manière dont Mondes capitalistes a été pensé et composé.
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