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This podcast has
50 episodes
Language
FrenchPublisher
Radio Cause CommuneExplicit
No
Date created
2022/11/04
Latest episode
2026/07/03
Average duration
77 min.
Release period
19 days
Description
Autour de pratiques somatiques Accords aux corps reçoit des invités au fil, autour et alentour des pratiques somatiques, au sujet du corps, des corps et… de la douceur ! D'accord ?…
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#82 – Let the record show : l'action directe, concrète, solidaire, ou comment inventer des coalitions nécessaires – Invitée : Sarah Schulman
2026/07/03
Doing stupid and make mystakes : Solidarity is a serie of mistakes. » – Sarah Schulman,The Fantasy and Necessity of Solidarity, 2025
« Le sida était la première maladie qui avait donné lieu à des formes de résistance à la gestion spécifiquement pharmacopornographique du corps et des populations. Les activistes d’Act Up New York, par exemple, ont mis en cause les représentations médiatiques mais aussi scientifiques de la maladie, la connivence entre la gestion par les organismes de santé publique et les intérêts des laboratoires pharmacologiques, le partage de catégories entre les taxonomies scientifiques de « conduites à risque » et la cartographie de minorités sexuelles, raciales et immigrées. » – Beatriz Preciado, entretien avec Claire Grino in Sexes à bras le corps – 2012
ContexteL'autrice, philosophe, romancière, Sarah Schulman a commencé à écrire sur le sida dès 1981, en tant que journaliste lesbienne et féministe, elle a informé de ce qui était présenté comme un « cancer très rare » tout au début. En 1986, 40 000 personnes étaient mortes du sida aux USA. Act-up NY est fondé le 10 mars 1987 à NY. « Je m'intéresse en général aux individus et aux choix qu'iels font. Et en particulier, je m'intéresse aux raisons pour lesquelles iels font ces choix. Malheureusement la plupart des gens ne participe pas au changement. » p.47 – Préface de Sarah Schulman – Let the record show)
Sarah Schulman, vous êtes née à New York en 1958. Vous avez été Militante dans de nombreux collectifs, dont ACT UP-New York, les Lesbian Avengers, et Jewish Voice for Peace. Professeure à l’Université Northwestern, vous avez fondé l’ACT UP Oral History Project en 2001, et écrit de nombreux essais, dont trois ont été publiés en France chez B42, La Gentrification des esprits, Le Conflit n’est pas une agression – rhétorique de la souffrance, responsabilité collective et devoir de réparation, Les Liens qui empêchent – L’homophobie familiale et ses conséquences.Le quatrième est entrain, The Fantasy and Necessity of Solidarity a été publié en anglais en avril 2025, et il sera traduit et édité par B42 en septembre 2026 : Solidarité, entre fantasme et nécessité.Je vous cite : « En 2000, rien d'Act-up n'était accessible, rien n'était numérisé, le mouvement était invisible sur la toile. L'Histoire de cette résistance était écrasée et nous avons compris qu'on avait une responsabilité à raconter et archiver, numériser et donner accès sur internet aux traces de ces luttes ». Pendant 18 ans, vous vous dédiez à recueillir des témoignages et rassembler les archives, en faire l'analyse, dans un livre collectif incroyable : rien n'est fini, périodes de luttes, combats sans règles, contre tous les pouvoirs et les formes de déni et d'oppressions, combats qui, face à l'hécatombe dans ces années 90, ont gagné et sauvé des vies. Publié en américain en 2021, Let the Record Show propose une histoire politique de ce groupe sur la base de près de 200 entretiens menés avec ses membres, qui mettent en lumière les tensions et les conflits, les morts et les vies, les victoires, les émotions auxquels iels ont été confronté·es.
Lors de votre passage à Paris, notamment à la librairie Libertalia, l'éditeur de cette traduction de 1200 pages, et à la librairie Violette and co, vous avez rappelé, proposé, encouragé plusieurs choses :
Ce n'est pas le moment de théoriser, de critiquer, mais d'inventer des actions très concrètes pour se solidariser et s'opposer aux fascismes, faire communauté, coalition.Celleux qui luttent sont toutes différentes et ne pas effacer cela est la condition pour que se passent des choses.Doing stupid and make mystakes : Solidarity is a serie of mistakes.Horizontal solidarity is not enough ? = new configuration : sortir de la pureté militante, la perfection est notre ennemi… nous avons besoin de toutes les personnes, de toutes les communautés et de tous les conflits, de tous les moyens et toutes les inventions d'actions.Construire des connections entre les communautés : « Toutes les communautés que vous pouvez tolérer, rejoignez-les et si vous détestez tout le monde, rappelez-vous des luttes passées, des victoires obtenues : Act-up a fonctionné parce qu'il a rejeté l'idée d'un consensus entre ses membres. Si vous n'êtes pas ok, n’empêchez pas les actions de se faire, laisser toutes les initiatives se produire. Allez juste trouver d'autre personnes pour en faire d'autres. Trouver deux ou trois ami.e.s et agissez… Lisez le journal ensemble.Priorise deux ou trois causes communes les plus fondamentales, urgentes et solidarise-toi avec toustes celleux qui défendent les mêmes à leur façon, qui partagent a minima ces communs, même si vous avez d'autres désaccords. Accepter les dissonances, apprendre des oppositions. Remercier les conflits de t'apprendre où sont les oppressions, la tolérance, la solidarité.Lutter contre le sionisme, faire la guerre à la guerre, contre les génocides, le suprématisme blanc du nord global, les politiques réactionnaires totalitaires coercitives sécuritaires.Lutter pour le droit à l'avortement et tout ce qui met en péril la justice reproductive sont avec l'anti-sionisme, les deux priorités que vous, Sarah, proposez de défendre ensemble et par tous les moyens, sans imaginer que nous ne pourrions pas gagner et sauver des vies.À l'oreilleInterprète de Sarah dans l'émission : Lorca Coquelicot écrit, traduit, grave, édite, surtout chez How to become.
Très bien – Feminist sweepstakesSay her name – Hell You TaimboutBringing up – The NakbaSweet dreams – BAIT – Anish KumarExtraits lus de LET THE RECORD SHOW (par Lorca & Corinne)
p 105 – KING – l'action directe qui a inspirer avant Act-up…p 159 – Moises (Costa rica) témoigne (… ce qu'Act-up m'a donné est inestimablep 499 – Keri duran : Quelle victorie pour les femmes vivant avec le sidap 978 – Margaret Mac carthyPOUR ALLER PLUS LOIN
Sortie en librairie le 4 septembre 2026 de SOLIDARITÉ, entre fantasme et nécessité
“Let the record show : Une histoire politique d’ACT-UP New York 1987-1993” publié aux éditions Libertalia (@editionslibertalia). Traduction réalisée par : Adeline Chevrier-Bosseau, Hélène Cottet, Mathieu Duplay, Laurence Gervais, Corinne Oster et Hélène Quanquin.
En six ans seulement, de 1987 à 1993, ACT UP-New York, groupe improbable d’activistes de tous milieux, races, genres et sexualités, a changé le monde. Avec leur colère et leur créativité pour seules armes, iels ont mené le combat contre le sida en s’attaquant aux corporations, aux élu·es, aux fonctionnaires, aux hommes d’Église, aux médecins, aux chercheureuses qui entravaient l’accès aux traitements pour toustes. L’activisme d’ACT UP a transformé l’existence des personnes vivant avec le VIH/sida, la société dans laquelle iels évoluent, et plus largement le militantisme.
Act-up NYLibertaliaprésentation à LibertaliaAct-up Oral HistoryB42Jewish voice for peace faire communauté dans un monde fascisteLe manuel de la justicière lesbienne, un guide pratique pour faire la révolution à sa façon – Lesbien Avengers – traduction en ligneLesbian avengers eat fire too Bibliographie
LA GENTRIFICATION DES ESPRITSLES LIENS QUI EMPÊCHENT – L’HOMOPHOBIE FAMILIALE ET SES CONSÉQUENCESLE CONFLIT N’EST PAS UNE AGRESSION – RHÉTORIQUE DE LA SOUFFRANCE, RESPONSABILITÉ COLLECTIVE ET DEVOIR DE RÉPARATIONDans cet essai, « Entre fantasme et nécessité, la solidarité », Sarah Schulman, fervente militante pour les droits humains et plus particulièrement des personnes LGBTQIA+, livre une brillante analyse des défis sociaux et psychologiques inhérents à tout mouvement de solidarité.
En prenant appui sur plusieurs exemples historiques (lutte pour le droit à l’avortement dans l’Espagne postfranquiste, mobilisation de Jean Genet avec les Black Panthers, lutte contre le VIH/sida dans le New York des années 1990, vagues de contestations sur les campus universitaires contre la guerre d’Israël à Gaza…) ainsi que sur sa propre expérience de femme queer et juive, l’autrice décortique les rouages de la solidarité.
Elle entreprend de questionner les fantasmes qui y sont traditionnellement associés, notamment celui, tenace, que l’on parviendra à faire changer les choses à l’échelle individuelle sans aucun sacrifice, ou encore que les motivations de nos actions seront reconnues comme pures et nécessairement bénéfiques. En filigrane, cet ouvrage pose une question fondamentale : quelle place pouvons-nous prendre dans un monde de plus en plus polarisé, et comment agir en solidarité avec les populations opprimées à l’échelle mondiale, locale ou individuelle ?
L’autrice analyse les conditions nécessaires à tout mouvement solidarité et montre l’importance de l’écoute active, la nécessité d’intervenir lorsque l’on est confronté à une injustice, la capacité à tolérer l’imperfection, ou encore la reconnaissance du coût moral et social inhérent à toute preuve de solidarité. En dressant des parallèles entre différentes luttes, Sarah Schulman met en lumière certaines dynamiques transversales à tout acte de solidarité et montre l’importance de la convergence des luttes dans un contexte mondialisé.
Ode à la libération des peuples et populations opprimées, cet ouvrage apparait aujourd’hui indispensable pour quiconque souhaite œuvrer à la construction d’un monde plus juste.
#81 – Oser témoigner contre le suicidisme, conférence d'Alexandre Baril et Claire Grino – 3/3
2026/06/10
Théoriser, conceptualiser, politiser, collectiviser (…) Ça nous permet d'ouvrir nos cœurs, nos imaginaires, à quelque chose qu'on n'avait jamais imaginé avant possible dans nos sociétés. (…) Une société anti-suicidiste serait une société totalement différente (…) Continuer d'espérer que les choses puissent changer. » Alexandre Baril, extrait de la conférence.
Tout comme Gayatri Chakravorty Spivak démontre que les subalternes ont non seulement moins de possibilités de parler dans un monde colonialiste, mais sont aussi rarement entendues, considérées comme manquant de crédibilité, j’affirme que les personnes suicidaires font l’expérience, dans un monde suicidiste, de diverses formes de silenciation. Quand elles osent parler, elles sont rarement entendues et elles sont délégitimées ou subissent des conséquences suicidistes. » p.102Alexandre Baril, Défaire le suicidisme, une approche trans queer et crip du suicide (assisté) – Éditions Burn-Août (2026)
ContexteAlexandre Baril & Claire Grino ont donné une conférence autour du suicidisme, à Césure – Paris – le 4 juin 2026 à 18h.
» L’exception du droit à mourir concernant la suicidalité des personnes handicapées, malades ou souffrantes, en comparaison avec celles perçues comme corporellement valides et en bonne santé, a forgé l’opposition binaire entre le suicide et le suicide assisté, quelque soit la manière dont ce dernier est nommé et cadré (mort assistée par un médecin, assistance à la mort, aide médicale à mourir, mort médicalement assistée ou euthanasie volontaire). Catherine Frazee (2020), une activiste/chercheuse handicapée active dans les débats sur l’aide médicale à mourir (AMM) au Canada, note le double standard dans la loi, qui ne vise que les personnes handicapées, malades ou souffrantes. Elle demande : « Pourquoi nous ? Pourquoi seulement nous ?» (2020, § 5). Frazee se demande pourquoi la même « mort sur demande » (§ 8) n’est pas offerte à tout le monde et identifie le validisme comme coupable de cet exceptionnalisme. » p.202 –Alexandre Baril, Défaire le suicidisme, une approche trans queer et crip du suicide (assisté) – Éditions Burn-Août (2026)
Alexandre Baril, est chercheur et enseignant titulaire (Université d'Ottawa) à la croisée de plusieurs champs disciplinaires, dont les études féministes et de genre, queers, trans, du handicap, de la sociologie du corps, de la santé et des mouvements sociaux et de la suicidologie critique. Docteure en philosophie, Claire Grino s'intéresse aux enjeux épistémologiques, politiques et éthiques des innovations biomédicales.
En conversation avec la chercheuse philosophe féministe Claire Grino, la conférence d'Alexandre Baril et la rencontre avec le public à Césure (Paris 5) sont rediffusées ici en troisième partie de ce triptyque autour de Défaire le suicidisme, une approche trans queer et crip du suicide (assisté) – Éditions Burn-Août (2026).
AAC#79 – EBA – Éditions Burn~Août – et Fanny, présentent « Défaire le suicidisme » d'Alexandre Baril – 1/3AAC#80 – « Déconstruire le suicidisme et les somatechnologies » d'Alexandre Baril – 2/3AAC#81 – Oser témoigner contre le suicidisme, conférence d'Alexandre Baril avec Claire Grino – 3/3À l'oreilleYelle – Dire qu'on va tous mourir (2015)Sophie – It's ok to cry (2017)Haze Musazi – Rêve (La Ville en feu, 2025)Pomme – La Lumière (2020)Pour Aller plus loinClaire GrinoEBALes Éditions de la rue DorionCésure – Conférence avec Alexandre Baril en conversation avec Claire Grino Césure, L’Impasse, @cesure.paris – 13 rue Santeuil, Paris 5e – jeudi 4 juin 2026, 18h30À venir« Nous nous sommes (re)dit combien il serait précieux/urgent/important/nécessaire de monter un ou plusieurs espaces, de partage et d'élaboration autour du suicide, contre le suicidisme. Pour celleux que ça inspire en ce moment d'élaborer ensemble, vous pouvez nous transmettre vos messages et/ou contacts à Accords Aux Corps par courriel [email protected] . N'hésitez pas à laisser vos commentaires, faire des retours sur le CHAT room de l'émission (colonne de gauche), ils seront transmis et partagés.À paraître en novembre 2026 : Claire Grino, Trouble dans l'antinaturalisme, Le corps genré au défi des techniques biomédicales, ENS Lyon.Bibliographie des auteurices citéEs dans l'entretien
Frazee, C. (2016, 6 juin). Supreme Court Now Permits Some Canadian to Approach Death on Their Own Terms: Who Should Those Canadian Be ? Hill Times.Frazee, C. (2020, 17 novembre). Assisted Dying Legislation Puts Equality for People with Disabilities at Risk. Globe and Mail.Sullivan, N. & Murray, S. (dir.) (2009). Introduction. Somatechnics : Queering the Technologisation of Bodies. Ashgate.De Lauretis, T. (1987). Technologies of Gender: Essays on Theory, Film and Fiction. Indiana University Press. En français : Théorie queer et cultures populaires : de Foucault à Cronenberg. Trad. de S. Bourcier. Préface de P. Molinier. La Dispute, 2007.Butler, J. (1990). Gender Trouble: Feminism and the Subversion of Identity. Routledge. En français : Trouble dans le genre. Le féminisme et la subversion de l’identité.Spivak, G. C. (1988). Can the Subaltern Speak ? Dans C. Nelson & L. Grossberg (dir.), Marxism and the Interpretation of Culture (p. 271‒313). University of Illinois Press. En français : Les subalternes peuvent-elles parler ? Trad. de J. Vidal. Amsterdam, 2020.À voir24 & ready to die
#80- Déconstruire le suicidisme et les somatechnologies, avec Alexandre Baril – 2/3
2026/05/27
» J’envisage les institutions, les politiques sociales, les lois, les pratiques, les interventions, les théories et les discours gouvernant le suicide (assisté) comme des somatechnologies de vie imposées aux sujets suicidaires. Je montre que les somatechnologies de vie sont présentes dans presque tous les discours sur la suicidalité, incluant ceux qui sont élaborés dans une perspective de justice sociale. En effet, les sujets suicidaires doivent être maintenus en vie presque à tout prix. Nous devons «protéger» les personnes suicidaires d’elles-mêmes sur la base de leur maladie mentale (modèle médical de la suicidalité) ou de leur aliénation sociale (modèle de justice sociale de la suicidalité). Similairement à la façon dont Sarah Ahmed démontre dans On Being Included: Racism and Diversity in Institutional Life (2012) que les discours de diversité sont une technologie contribuant au problème du racisme qu’ils tentent de résoudre, Défaire le suicidisme maintient que les discours et stratégies centrées sur la prévention du suicide représentent des formes de somatechnologies qui contribuent à la suicidalité au lieu de la prévenir. Ce livre constitue une invitation à s’engager dans un dialogue avec toutes les personnes qui travaillent depuis une position préventionniste, à réfléchir ensemble à de meilleures formes de soutien qu’il faut apporter aux personnes suicidaires, incluant celles qui appartiennent à des groupes marginalisés. »
Alexandre Baril, Défaire le suicidisme, une approche trans queer et crip du suicide (assisté) – Éditions Burn-Août – 2026 – p.36
» Une idée bien reçue dans la culture de la justice sociale est que si quelqu'un nous critique de reproduire la domination, ce qu'il y a le mieux à faire, c'est de mettre de côté nos réactions défensives : « shut up and listen » : Tais-toi et écoute… Apprend et remercie la personne de te sensibiliser aux oppressions. » citation traduite de Leah Lakshmi Piepzna-Samarasinha par Alexandre Baril
ContexteMerci Alexandre Baril pour nos échanges à distance, pour cette émission et à très vite à Césure en présence de la chercheuse philosophe féministe Claire Grino. La table ronde et la rencontre avec le public seront enregistrées et rediffusées en troisième partie pour nous tous·tes. auditeurices, poursuivre nos réflexions et les partager.
Alexandre Baril, est chercheur et enseignant titulaire (Université d'Ottawa) à la croisée de plusieurs champs disciplinaires, dont les études féministes et de genre, queers, trans, du handicap, de la sociologie du corps, de la santé et des mouvements sociaux et de la suicidologie critique.
Alexandre Baril soutient que les personnes suicidaires sont opprimées par ce qu’il appelle le suicidisme, une oppression qui n’a pas été théorisée à ce jour. Cette violence s’applique par des formes de criminalisation, de stigmatisation et de pathologisation, notamment via les systèmes de prévention. Cet essai propose une reconceptualisation radicale du suicide (assisté) et des réflexions inestimables pour les chercheureuses, les activistes, et tout individu qui souhaite construire de nouvelles formes de soutien envers les personnes suicidaires. « Ce livre ne vise pas à encourager le suicide. Au contraire, l’approche proposée pourrait contribuer à réduire la suicidalité des groupes marginalisés. Le livre aborde des sujets très délicats et très sensibles et il pourrait être déclencheur d’émotions fortes chez certaines personnes. » écrit-il en avertissement.
Dans la présente émission nous abordons comment défaire le suicidisme, sur trois plans, le plan théorique ou épistémologique, le plan personnel, le plan politique. pour une approche trans, queer et crip du suicide (assisté).
À l'oreilleYseult – CorpsAnne-Marie Gélinas – J'ai pas de talent pour vivreEthan Jewell – It's getting bad againHaze Musazi – enfants de la violence – Pour Chialer dans ta caisse (2025)Stromae – L'enferAlexandre Baril sera à Césure – Paris – le 4 juin 2026 à 18h, pour une conférence en présence de la chercheuse genevoise Claire Grino,Docteure en philosophie, Claire Grino s'intéresse aux enjeux épistémologiques, politiques et éthiques des innovations biomédicales.
Pour Aller plus loinEBAhttps://ruedorion.ca/#a-proposCésureConférence avec Alexandre Baril en conversation avec Claire Grino 👀 Césure, L’Impasse, @cesure.paris 13 rue Santeuil Paris 5e – jeudi 4 juin 2026, 18h30Bibliographie des auteurs et autrices citéEs dans l'entretien
Michel Foucault – Les Mots et les Choses (1966)Sarah Ahmed – Vandalism queer – aux Éditions Burn-Août Ahmed, S. (2010). The Promise of Happiness. Duke University Press. Ahmed, S. (2012). On Being Included: Racism and Diversity in Institutional Life. Duke University Press.Nikki Sullivan et Susan Stryker – Sullivan, N. (2007). “The Price to Pay for Our Common Good”: Genital Modification and the Somatechnologies of Cultural (In)Difference. Social Semiotics, 17(3), 395‒409. Sullivan, N. (2009). Transsomatechnics and the Matter of “Genital Modifications.” Stryker, S. (2017). Transgender History: The Roots of Today’s Revolution(2e éd.). Seal Press.Monique Wittig, La Pensée straight – Éditions Amsterdam (1978)Donna Haraway – Le Manifeste Cyborg (1985)De Lauretis, T. (1987). Technologies of Gender : Essays on Theory, Film and Fiction. Indiana University Press. En français : Théorie queer et cultures populaires : de Foucault à Cronenberg. Trad. de S. Bourcier. Préface de P. Molinier. La Dispute, 2007.Emma Bigé,Mouvementements – Écopolitiques de la danseLeah Lakshmi Piepzna-Samarasinha – Brownstargirl – Piepzna-Samarasinha, L. L. (2018). Care Work : Dreaming Disability Justice. Arsenal Pulp Press.Des chiffres officiels de l'observatoire national en France : rapport de février 2025 Décès et détention en prison – Observatoire des prisons – avril 2026Émission en lienAAC#79 – EBA – Éditions Burn~Août – et Fanny, présentent « Défaire le suicidisme » d'Alexandre Baril – 1/3
#79 – EBA – Éditions Burn~Août – et Fanny, présentent « Défaire le suicidisme » d'Alexandre Baril – 1/3
2026/05/22
On ne saurait vraiment lutter contre l'oppression sans en avoir conscience, et votre essai m'offre maintenant la possibilité de prendre la parole en mon propre nom depuis cette position. » message d'un lecteur anonyme – Défaire le suicidisme, une approche Trans, Queer et Crip du suicide (assisté) – citation de l'introduction. Manifeste suicidaire – p.29
ContexteFanny des éditions Burn~Août, nous parle de leur engagement et de leur rencontre avec les Éditions de la rue Dorion, qui donnent lieu dores et déjà à deux conséquents projets transatlantiques à défendre :
Le premier, Défaire le suicidisme d'Alexandre Baril, chercheur et enseignant (Université d'Ottawa) à la croisée de plusieurs champs disciplinaires, dont les études féministes et de genre, queers, trans, du handicap, de la sociologie du corps, de la santé et des mouvements sociaux et de la suicidologie critique. Alexandre Baril sera à Césure – Paris – le 4 juin 2026 à 18h , pour une exceptionnelle table ronde en présence de la chercheuse genevoise Claire Grino.Docteure en philosophie, Claire Grino s'intéresse aux enjeux épistémologiques, politiques et éthiques des innovations biomédicales.
Le second, On ne bombardera jamais ma voix est un recueil de poème par Yahya AL Hamarna, poète palestinien, qui paraîtra en librairie le 13 mai 2026.
Alexandre Baril soutient que les personnes suicidaires sont opprimées par ce qu’il appelle le suicidisme, une oppression qui n’a pas été théorisée à ce jour. Cette violence s’applique par des formes de criminalisation, de stigmatisation et de pathologisation, notamment via les systèmes de prévention. Cet essai propose une re-conceptualisation radicale du suicide (assisté) et des réflexions inestimables pour les chercheureuses, les activistes, et tout individu qui souhaite construire de nouvelles formes de soutien envers les personnes suicidaires.
« Défaire le suicidisme » ne vise pas à encourager le suicide. Au contraire, le livre propose une approche trans, queer et crip du suicide (assisté) et pourrait contribuer à réduire la suicidalité des groupes marginalisés. C'est un soulagement et une polyphonie pour déconstruire, repenser et imaginer des alternatives aux violences et aux oppressions subies. « Le livre aborde des sujets très délicats et très sensibles et il pourrait être déclencheur d’émotions fortes chez certaines personnes. » prévient Alexandre Baril.
À l'oreilleMañana, ORAL ABISAL – Silvia Perez Cruz, 2025 – 2026Rock and roll Suicide – David Bowie – live 1972À lire ou visionnerAu sujet des lois concernant les aides médicales à mourir canadienne (AMM) et française (Proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir), déjà appliquées ou récemment promulguées :
Undoing Suicidism– A Trans, Queer, Crip Approach to Rethinking (Assisted) Suicide – Alexandre Baril – première édition en anglais en accès libre Défaire le suicidisme d'Alexandre Baril – Éditions Burn-Août en version imprimée et en accès librePour mourir tapez 1– Comment la loi sur la fin de vie inscrit la mort dans une logique capitaliste, d'Élisa Rojas – Éditions du Détour – 16 Avril 2026.Film documentaire de Better off dead de Lys CarrPour aller plus loinEBAÉditions de la rue DorionConférence avec Alexandre Baril en conversation avec Claire Grino 👀 Césure, L’Impasse, @cesure.paris 13 rue Santeuil Paris 5e – jeudi 4 juin 2026, 18h30Rag éditions / Sang chaud de Fanny LallartÉmission en lienAAC#80 – Déconstruire le suicidisme et les somatechnologies – invité : Alexandre Baril
#78 – 24H de butô, une traversée, pas à pas nous sommes dansé.e.s – invitée : Lorna Lawrie
2026/05/06
» Par ces temps si brouillés, en tant qu’équipe nous tenons à créer des espaces – temps où les pratiques sensibles puissent se nourrir, où nos corps et nos pensées puissent se relier et se maintenir éveillées. »
« Comme de l'eau, comme un nuage, comme toi, comme moi
je danse comme toi
comme de l'eau,
comme un nuage,
je suis moi. »
Maki Watanabe
ContexteLe butô est une danse contemporaine née au Japon au cours des années 60 dans un contexte artistique de questionnement global, quand différents mouvements sont venus bousculer les normes esthétiques, sociales et politiques établies.Le bouleversement, la résistance, la transformation et leur déploiement fondent dans ce contexte les bases de la démarche du butô.
Les 24 heures de butô proposent un voyage que nous imaginons doux et puissant, intime et collectif, durant lequel le Butô retrouverait sa source et sa capacité d'ébranler nos identités assignées.
Lorna Lawrie présente cette journée non stop qui aura lieu pour la première fois cette année, les danseuses, danseurs, compagnies et collectifs de butô internationales invité.e.s qui vont contribuer à la traversée : Maki Watanabe (Paris), Yumiko Yoshioka (Berlin), Collectif Blob, Compagnie Tacuabé (Paris), Ophrénie théâtre, Compagnie Transit (Drôme), Compagnie Amako ! (Marseille), Karbala teatro danza (Minorque), Josephine Grundy VoxDansa (Barcelone), Laboratoire de recherche butô, OniromancieS, Bob Morse (Davejean).
« Dans la vie quotidienne, il y a des petites choses qui étincellent, et j’ai eu besoin de la danse pour les apprécier et les contempler. Comme une petite joie et une grande tristesse, que l’on trouve dans la rue, il peut y avoir différentes danses, différentes étoiles, différents butôs. Comme la vie éclaire la mort, comme la mort éclaire la vie. » Maki Watanabe
« je pleure pas, je suis le corps de la larme » cité par Lorna Lawrie
24 heures de Butô, Les 6 et 7 juin 2026 à LA COLLEdu samedi 6 juin 15h au dimanche 7 juin 15h – BEGAT THEATER – 04800 Gréoux-les-Bains – France. La belle équipe d’organisation est composée de Delphine, Djü, Aude Laure, Polo, Sabi. Direction artistique : Lorna Lawrie. L'évènement autofinancé qui sera possible grâce à toutes les personnes bénévoles et participantes qui y croient encore et encore !
INSCRIPTION et/ou Soutien de cette journée non stop
Empreinte en mouvement
TACUABE
BEGAT théâtre –La colle
À l'oreilleMarche lenteDerrière la barrièreDelphine Dora – Ubiquité – La Valse du progrès – Les jours liquides L'inéluctable pulsation du tempsYom and the wonder rabbis – Picnic in TchernobylCodona – Inner organs – GosthakabuchiPour aller plus loinRhéa Volij – @latrampadelparaisoperdido
Sylvia Pages – Le Butô en France, malentendu et fascination : La réception du butô en France, 2018
Patrick Devos – HIJIKATA TATSUMI ET LES MOTS DE LA DANSE
#77 – « Hélène Trésore Transnationale » – Hélène Hazera, émouvante fleur du désert
2026/04/08
C'est une femme qui sort au petit matin d'une taverne. Un religieux l'apostrophe : – Chaque nuit, tu t'enivres,Chaque matin, tu changes d'amant !La femme lui répond – Je suis telle que tu le dis, es-tu tel que tu le montres ?
Omar KHAYYÂM – poète iranien, 1048-1131
» (…) La liberté, c'est un combat de tous et c'est un combat permanent (…) » – Hélène Hazera
HÉLÈNE TRÉSORE TRANSNATIONAL
Un documentaire de Judith Abitbol
C’est dans un geste d’amitié et d’admiration que Judith Abitbol réalise ce portrait d’Hélène Hazera, figure flamboyante des contre-cultures des années 70-90, en France. Il fallait cette proximité de cœur pour approcher cette personnalité singulière et son histoire. Membre des Gazolines, courant situationniste du F.H.A.R. (Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire), activiste LGBTQ, journaliste à Libération, Hélène Hazera a créé la commission Trans et SIDA au sein d’Act Up, une de ses grandes fiertés. C’est un peu de l’esprit joyeusement subversif de cette époque qui nous éclabousse là.
« Faire un film sur Hélène Hazera, c’est renouer avec les élans insurrectionnels qui ont animé les contestations et les ruptures culturelles des années 1970-1990, faire vibrer la logique désordonnée et bruyante d’une époque qui a bouleversé la culture dominante. Eprouver ce qu’était cet esprit français des années 70-90, à la mesure de l’audace créative de ses marges, comprendre-apprendre l’histoire d’un pays qui pendant ces décennies, s’est ouvert à ces élans provocateurs, incroyablement créatifs, drôles et désespérés, potaches parfois. C’est laisser émerger une parole – entendre la vérité d’une femme admirée, qui a surgi dans la vie de mes 20 ans, comme un idéal de révolte, de liberté de poésie. Hélène Hazera a fini par accepter que je la filme et que je m’entretienne avec elle, il y a quelques années. C’est dans une longue adresse à elle, directe et intime, que j’ai construit ce film où Hélène se raconte, de son enfance à aujourd’hui. » – Judith Abitbol
Avant-première d'HÉLÈNE TRÉSORE TRANSNATIONALE, le 31 mars 2026 à 20h00 au MK2 Beaubourg en présence de Judith Abitbol, Hélène Hazera, Grégory Tilhac (@cheriescherisparis), Sam Bourcier (archives LGBTQI+ Paris), Jasmine Mokrim (@representransfr) et Giovanna Rincon (@acceptesst).
On écoute ici les échanges qui ont eu lieu suite à la projection et quelques chansons, pour le plaisir d'Hélène Hazera et le nôtre. Courrez, courrez voir ce film, il est en salle !
À l'oreilleSans repentir, Marianne OswaldChanson mauresque de Tunis,Francisco Salvador DanielTout fout le camp, DamiaMusique,Francisco Salvador DanielPour aller plus loinChanson Boum ! Par Hélène Hazera. Magazine éclectique consacré à la chanson francophone internationale qui propose des rencontres avec les acteurs de la chanson contemporaine.Max K Pelgrims144 quatrains d'Omar Khayyam
#76 – Du côté des enfants – Rencontre avec Jules Falquet et Fabio Macedo (partie 2)
2026/02/12
« Je n’aborderai pas le cas de tous·tes les enfants. Je veux me concentrer sur des enfants au sort beaucoup plus incertain, des enfants « flottant·es », qu’on dit souvent être des « accidents ». Leur sort souvent cruel contredit frontalement les discours enchantés sur l’enfance et l’affirmation selon laquelle toute naissance serait une bénédiction. » La Combinatoire Straight – Jules Falquet
« Et quand la demande est très forte, cela crée l’offre. Même quand il n’y a pas beaucoup d’enfants abandonnés, on en trouve. ». Étude historique sur les pratiques illicites dans l’adoption internationale en France – Yves Denéchère & Fábio Macedo
ContexteDans cette seconde partie, l'échange se poursuit entre Jules falquet et Fabio Macedo, ponctué de lectures extraites de leur recherche. Il montre le chaos de constats, de pratiques, de silences ou d'impensés qui perdure, parfois de façon extrêmement symptomatique dans le cadre de l'adoption illégale ou illicite, mais aussi dans l'éthique de la gestation pour autrui ou de la procréation médicalement assistée, ou encore dans le fait de nier les enfants issu.es des viols, qui surviennent un peu partout, dans le très large spectre de la « combinatoire straight », allant de violences intra-familiales aux crimes perpétués massivement dans les contextes de guerres ou conflits génocidaires. Jules Falquet raconte et commente des cas emblématiques de vol, extorsion ou appropriation collective institutionnelle d'enfants, enfants flottant.es, « bâtard.e.s du capital » ou enfants né.es dans le cadre d'alliances parfaitement légitimes pourtant. Concernant l'adoption, qu'elle soit nationale, internationale, trans raciale, Fabio Macedo nuance, afin de ne pas généraliser ou universaliser des pratiques illicites ou illégales, certes fréquentes, mais qui confirment que les scandales ont toujours accompagnés les conflits et résultent d'actions croisées systémiques qui diffusent et estompent les responsabilités des institutions et des états, faisant des victimes du côté des enfants et de leurs familles biologiques, mais parfois aussi des adoptants. Vivre dans le mensonge, le déni, la trahison s'avère tristement ordinaire banal quand on veut bin le regarder en face et l'ampleur de ce phénomène est dictée par les règles d'un capitalisme et colonialisme décomplexés et forcenés qui font de l'enfant un non sujet, une personne sans droits réellement appliqués, une marchandise parfois et imposent des alliances matrimoniales au service des mêmes logiques. Ci-dessous vous trouverez de nombreux liens pour aller plus loin au travers de reportages et de lectures citées au cours de cet entretien.
Jules Falquet, philosophe, sociologue, professeure au département de philosophie de l’Université de Paris 8, militante féministe, anticapitaliste et antiraciste.Fabio Macedo, historien, chercheur, spécialiste de L’opposition entre droits de l'enfant et droits de la famille (biologique et adoptive) autour de l'adoption d'enfants depuis un siècle, au laboratoire TEMOS (Temps, Mondes, Sociétés – CNRS UMR 9016) des Universités d'Angers.À l'oreilleLa Cumbia del viento – FLOR DE LAVA (Colombie, 2025)DJ set – Julie DesireCabide – Mart'nália (Brazil)Música hermana – Nadia Larcher (Argentina, 2025)À lireLa Combinatoire straight, colonialisme, violence sexuelles, et bâtard.es du capital, de Jules Falquet, paru aux éditions Amsterdam, en février 2025Étude historique sur les pratiques illicites dans l'adoption internationale en France d'Yves Denéchère et de Fábio Macedo – rapport février 2023 et publié en accès libre.Maria Lugones, 2019 [2007], « La colonialité du genre », Cahiers du CEDREF, n°23. https://journals.openedition.org/cedref/1196Didier Lett, Enfants au Moyen Âge – XIIe-XVe siècle – Ed TallandierPhilippe Aries, L’enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime – Ombres BlanchesVandana Shiva,Éthique et agro-industrie ; main basse sur la vie – écoféminisme, nov 1996 – Éditions L'HarmattanFemmes Et ChangementsFriedrich Engels – L'origine de la famille, de la propriété privée et de l'EtatLoi Rio Branco ou Loi des ventres vides -WikiFemmes et esclaves : l’expérience brésilienne, 1850-1888, de Sonia Maria Giacomini (2016)Flora Tristan, Nécessité de faire un bon accueil aux femmes étrangères,Éd. Payot 2022Tal Piterbraut-Merx,La Domination oubliée: politiser les rapports adulte-enfant. Collection Relief. Toulouse: Blast, 2024Véronica Gago,la puissance féministe ou le désir de tout changer – Éditions DivergencesGeneviève Delaisi de Parseval – Comment l'État ou les institutions en savent plus long sur les personnes que les personnes elles-mêmes : Les violences au secret https://www.youtube.com/watch?v=_aKwFImv9R8À voirhttps://www.arte.tv/fr/videos/111764-000-A/adoption-internationale-un-scandale-planetaire/Adoptions forcées : le marché des enfants belges |Pour aller plus loinJules Falquet, son siteFábio Macedo28e Université d’automne – Luttes des femmes dans le monde et mouvements féministes Table ronde 5 : “Débats et théories féministes dans le monde” L’apport de l’Amérique latine, imbrication des rapports sociaux : lectures croisées depuis Abya Yala et le féminisme matérialiste francophone – intervention de Jules FalquetEmma Boudet, articleFalquet, Jules, 2020, “De la lutte contre le racisme au soutien aux demandeuses d’asile lesbiennes : expériences lesbiennes-féministes en France depuis la fin des années 90”, Podmore, Julie ; Tremblay, Manon (coords.), “Féminismes et lesbianismes : hier et aujourd’hui, ici et ailleurs », Recherches FéministesCNAOP – Conseil National pour l'Accès aux Origines PersonnellesÀ écouter – émission en lienLa Combinatoire Straight – Du poil sous les bras – La p'tit BlanQu'elle accepte de me revoir – AAC#35
#75 – L'enfant flottant·e – Rencontre avec Jules Falquet et Fabio Macedo (partie 1)
2026/02/07
(…) Ce n'est pas la famille qui est la base de la société, c'est l'organisation des relations d'alliances et de filiation qui traversant « familles » et institutions est la base de l'organisation sociale. (…) les logiques de filiation, c'est à dire les règles et les pratiques d'appropriation des enfants, possèdent d'importants effets retour, dialectiques, sur l'organisation de l'alliance matrimoniale. »Du côte des enfants p 321 -La Combinatoire Straight – Jules Falquet
Alors que l’adoption se transforme au cours du temps en une technique reproductive sur arrière-plan familialiste, choisir l’enfant adoptif devient non seulement une évidence mais aussi le but ultime de la normalisation du fait adoptif infantile international contemporain. La thèse montre comment ce dernier est façonné aussi bien par les adoptants et les intermédiaires publics et privés que par les administrations nationales et internationales. »Fabio Macedo
ContexteDialogue entre Histoire, sociologie, philosophie, luttes et engagements, autour des droits de l'enfant et de la filiation, de faits systémiques… et combinatoires. Quels autres récits d'apparentements possibles du côté des enfants ?
Jules Falquet, philosophe, sociologue, professeure au département de philosophie de l’Université de Paris 8, militante féministe, anticapitaliste et antiraciste.Fabio Macedo, historien, chercheur, spécialiste de L’opposition entre droits de l'enfant et droits de la famille (biologique et adoptive) autour de l'adoption d'enfants depuis un siècle, au laboratoire TEMOS (Temps, Mondes, Sociétés – CNRS UMR 9016) des Universités d'Angers.À l'oreilleLibertaçao – Elza Soares – BaianaSystem feat.Virginia RodriguezNegra – Susana BACA (Peru)LLora – FLOR DE LAVA (Colombie, 2025)La Cumbia del viento – FLOR DE LAVA (Colombie, 2025)À lireLa Combinatoire straight, colonialisme, violence sexuelles, et bâtard.es du capital, de Jules Falquet, paru aux éditions Amsterdam, en février 2025Étude historique sur les pratiques illicites dans l'adoption internationale en France d'Yves Denéchère et de Fábio Macedo – rapport février 2023 et publié en accès libre.Tal Piterbraut-Merx,La Domination oubliée: politiser les rapports adulte-enfant. Collection Relief. Toulouse: Blast, 2024À voirhttps://www.arte.tv/fr/videos/111764-000-A/adoption-internationale-un-scandale-planetaire/Adoptions forcées : le marché des enfants belges |Pour aller plus loinJules Falquet, son site28e Université d’automne – Luttes des femmes dans le monde et mouvements féministes Table ronde 5 : “Débats et théories féministes dans le monde” L’apport de l’Amérique latine, imbrication des rapports sociaux : lectures croisées depuis Abya Yala et le féminisme matérialiste francophone – intervention de Jules FalquetÀ écouter – émission en lienLa Combinatoire Straight – Du poil sous les bras – La p'tit BlanQu'elle accepte de me revoir – AAC#35
#74 – À l'École Pajol : P.I., la lutte continue sur tous les fronts ! (partie 2)
2025/12/17
« La lutte continue, celle dès l'école. Dans « École Pajol, le film »,Véronique Rivière propose de laisser les enfants apprendre à cohabiter ensemble de 3 à 16 ans ! Décloisonner les âges et favoriser l'écoute et la responsabilisation des plus ados envers les plus jeunes, et vice versa… »
invitées : Véronique Rivière, Anne Delcourt et Hélène Brunet
ContexteNous poursuivons l'émission AAC#72 : À l'école Pajol, instituer c'est tenir debout (partie 1).
Véronique et Anne ont convié Hélène pour cette seconde partie. Il est question de réunir le scolaire et le périscolaire et surtout de re-situer les enfants dans le même espace de l'école, école qui n'a pas lieu d'être sans elleux, les élèves.
Véronique Rivière préside actuellement l'association L.I.R.E. Elle est co-fondatrice et ex-chargée de direction de l'école Pajol. Anne Delcourt est également co-fondatrice de l'école Pajol, projet qu'elle a incarné en tant qu'institutrice chargée de la Classe inclusive, de type ULIS. Hélène Brunet, directrice du périscolaire à Pajol, REV (Responsable Éducative Ville) nous raconte sa rencontre et découverte de la PI, ses pratiques et expérimentations, les obstacles, les surprises.
Vous écouterez la voix d'Aïda Vasquez, trop souvent dans l'ombre, pour lui rendre femmage (extraits de l'émission Apostrophe de Bernard Pivot : Bienfaits et méfaits de la psychanalyse, 1977). Aïda Vásquez est une psychologue et psychanalyste vénézuélienne. Elle est la fondatrice, avec Fernand Oury, du courant psychanalytique de la pédagogie institutionnelle. Elle est la co-autrice de plusieurs ouvrages fondateurs collectifs : Vers une pédagogie institutionnelle, A. Vasquez et O. Fernand. 1967.; De La Classe Coopérative à La Pédagogie Institutionnelle. et S.O.S. psychanalyse ! Des consultations sur les ondes (Mme X et A. Vasquez).
À l'oreilleRadio Head – I might be wrongAnne Sylvestre – Les gens qui doutentEmil Viklický Trio · Iva Bittová – Za horama, za lesamaMogats sarer – chant traditionnel arménienRadio Head – True Love waits
Pour aller plus loinLe Centre européen de pédagogie institutionnelle CEEPI –Le site du collectif Changements pour l’égalité, collectif belge de PI – CGELes chemins du collectif, Andrés Monteret, camarade de SUD éducation – Sud ParisEnseigner pour émanciper, émanciper pour apprendre, Jacques Cornet, Noëlle de Smet – ESFLe site de Philippe Meirieu présente de courtes vidéos sur de nombreux pédagogues dont Fernand Oury – petites histoires des pédagoguesLes CEMEAles CalendretasLa Fabrique de l'enfance de Sébastien CharbonnierÀ lireElsa Dorlin, Le Care négatif (black care) : Se défendre, une philosophie de la violence – éditions La Découverte 2017Tal Peter Brau Merx, la Domination oubliée, politiser les rapports adulte-enfant – éditions BlastAlice Miller,Notre corps ne ment jamais – pdfÀ voirÉcole Pajol, le film, prod. Nos Rêves d'enfants – 2025
#73 – Trauma, violences, soins et éthique du soin avec Juliet Drouar
2025/12/03
» Le traumatisme, c'est quand on ne redescend jamais d'un sentiment de menace, même quand on n'est pas ou plus menacé.e, et sans que cela soit toujours conscient. (…) Quels que soient les narratifs qu'on emprunte pour se justifier, la violence se mesure à la charge et à l'impact. »
» Les traumatismes sont le terreau de nos violences dans nos sociétés, y compris des violences systémiques. » Juliet Drouar
ContextePourquoi devient-on violent·e ? Que se passe-t-il dans notre corps lors de traumatismes ? Comment plus de pouvoir facilite le passage à l’acte violent ? Et comment se soigner ?
Telles sont les questions auxquelles s’attaque Juliet Drouar, thérapeute et spécialiste des sujets de dominations. Dans cet essai aux allures de révolution copernicienne, il explore le rôle des traumatismes comme terreau des violences – y compris systémiques – et leur articulation avec les inégalités sociales. Il propose une nouvelle éthique du soin et de la responsabilité et, grâce à des outils accessibles à chacun·e, il ouvre la voie à une guérison individuelle et collective. Une grille de lecture nécessaire pour comprendre la reproduction des violences.
Merci à Loïse Tachon d'avoir accueilli Juliet Drouar, le 19 novembre 2025, pour une rencontre à la librairieViolette and Co, autour de son essai Trauma : en finir avec nos violences , publié aux @editionsstock.
Juliet Drouar a codirigé le livre collectif La Culture de l’inceste (Seuil, 2022). Il est aussi l’auteur du texte Pour le droit de vote des mineur·es (au sein du livre collectif Politiser l’enfance, dirigé par Vincent Romagny, aux éditions BURN~AOÛT, 2023), et de l’essai Sortir de l’hétérosexualité(Binge, 2021) et du roman Cui-Cui (Seuil, 2025).
À l'oreilleNina SIMONE, Ain't Got No, I Got Life, 1968Anaïs AZUL, Trensando, 2024 /Healing, 2019Bronsky Beat, Smalltown Boy, 1984Pour aller plus loinPolitiser l'enfance, ouvrage collectif aux Editions BURN~AOÛT , disponible en pdf iciÉchange avec Juliet Drouar dans l'émission Question Genre À voir#19 – CECI CELA : Enquête Inceste, Attention TravauxQuatrième émission enregistrée chez Violette and Co, Merci à Loïse Tachon et à la librairie qui organise de superbes rencontres débats, très régulièrement, parfois deux ou trois soirs par semaine, vive invitation à vous y rendre !
#72 – À l'école Pajol, instituer c'est tenir debout (partie 1)
2025/11/27
La pédagogie institutionnelle a un rapport avec le pouvoir : lâcher le pouvoir, partager le pouvoir » Anne Delcourt
Instituer, ça veut dire « tenir debout »… Instituteur, institutrice, c'est celui qui donne les conditions pour tenir debout, c'est beaucoup mieux que professeur et professer ! » Véronique Rivière
Dès qu'on analyse d'un point de vue matérialiste et au niveau des rapports de pouvoir, la solution ne peut être que collective et certainement pas individuelle chacun dans son coin » Sébastien Charbonnier, la fabrique de l'enfance, anthropologie de la comédie adulte
Se taire pour mieux entendre »L'école du tâtonnement
ContexteLe 28 septembre 2025, l'avant-première du film documentaire École Pajol, le film, a eu lieu dans la grande salle du Cinéma des Cinéastes qui était comble, remplie principalement des enfants et adultes en lien avec l'école, élèves, enseignants, parents, nouveaux et anciens. Le film est témoin d'un projet hors norme et validé de la bouche même des élèves et de toustes les intervenant.e.s …
Véronique Rivière et Anne Delcourt sont les deux co-fondatrices de ce projet. Elles ont réussi à le commencer discrètement, avec d'autres plus ou moins convaincu.e.s ou averti.e.s, comme si de rien n'était : Projet de pédagogie institutionnelle, pédagogie exceptionnelle et incarnée avec une énergie rebelle, créatrice, pour accueillir chaque enfant dans la sociabilité. Tenter de créer une école où l'on apprend à s'écouter, à être curieux de l'autre, de soi et des choses, pour apprendre à apprendre, c'est produire les conditions d'un va et vient constant entre praxis et apport théorique de la PI (Freynet – Oury- Levine). Et comme le signe le film réalisé la toute dernière année de leur présence en tant que directrice pour la première, et institutrice chargée de la classe inclusive (ULIS) pour la seconde, l'école de la rue Pajol aurait du déjà essaimer son savoir-faire un peu partout et convaincre l'Éducation Nationale des possibilités grâce à son existence même.
Cette expérience doit aujourd'hui être reconnue comme pilote pour encourager d'autres enseignant.e.s à pratiquer les lois. Quels lois ? Elles ne sont que trois, trois lois communes et inébranlables, pré-requis à retrouver la puissance et le possible de créer toutes autres institutions mineures et mouvantes, outils en perpétuelle adaptation collective… outils pour une autre pédagogie qui ne repose plus sur le pouvoir et l'abus de pouvoir, mais son partage et son horizontalisation, sa sagesse réticulaire. En effet l'horizon et l'autodétermination que la PI dégage et facilite, la fenêtre sur le monde qu'elle ouvre tant pour l'autonomie des élèves que pour les adultes présents, font de l'école une performance toujours entrain de se produire, de s'adapter, de changer, de bouger, en mouvement.
Loi 1
Ici on est pas obligé d'aimer tout le monde mais chacun fait le très gros effort de respecter l'autreIci on a le droit de ne pas être d'accord mais on le dit avec des mots correctsChacun a le droit d'être tranquille dans son corps dans son cœur dans sa tête
Loi 2
Chacun est là pour apprendreon apprend avec les autreson a le droit de se tromperon met du temps pour apprendreon apprend pas tous à la même vitesse
Loi 3
L'enseignant est là pour tous les enfantsil est responsable de la classeil travaille avec chacunon ne peut pas avoir l'enseignant pour soi tout seul
À l'oreilleLa Chasse à l'enfant, Jacques Prévert – Marianne OswaldThe Wall, Pink FloydWhat a life, Scarlet pleasureBilé inferno, Iva Bittová et Vladimír VáclavekPour aller plus loinLe Centre européen de pédagogie institutionnelle CEEPI –Le site du collectif Changements pour l’égalité, collectif belge de PI – CGELes chemins du collectif, Andrés Monteret, camarade de SUD éducation – Sud ParisEnseigner pour émanciper, émanciper pour apprendre, Jacques Cornet, Noëlle de Smet – ESFLe site de Philippe Meirieu présente de courtes vidéos sur de nombreux pédagogues dont Fernand Oury – petites histoires des pédagogues
À lireFernand Oury, Aida Vasquez, Vers une pédagogie Institutionnelle – Champs social éditionsElsa Dorlin, Le Care négatif (black care) : Se défendre, une philosophie de la violence – éditions La Découverte 2017Tal Peter Brau Merx, la domination oubliée, politiser les rapports adulte-enfant – éditions BlastAlice Miller,Notre corps ne ment jamais – pdfÀ voirÉcole Pajol, le film, prod. Nos Rêves d'enfants – 2025
#71 – Ce qui tient : du devenir, de la praxis, du collectif – L'École de philosophie
2025/11/05
Le devenir minoritaire comme figure universelle de la conscience s’appelle autonomie. »
[…] Bien sûr, les minorités sont des états définissables objectivement, états de langue, d’ethnie, de sexe, avec leurs territorialités de ghetto; mais elles doivent être considérées aussi comme des germes, des cristaux de devenir, qui ne valent qu’en déclenchant des mouvements incontrôlables et des déterritorialisations de la moyenne ou de la majorité. » Gilles Deleuze, Félix Guattari, Mille plateaux. cité p.92 et p.95
L’hexis corporelle désigne la façon dont l’habitus informe jusqu’à notre corps. La philosophie comme pratique de langage apparaît ainsi aussi comme une technique du corps. » Pierre Bourdieu, Ce que parler veut dire, cité p.36
En d’autres termes, il n’est pas vrai qu’une « position subjective » préexiste à l’énonciation qu’elle occasionne, car certains types d’énonciations démantèlent les « positions subjectives » mêmes par lesquelles elles sont apparemment rendues possibles. » Judith Butler, Ces corps qui comptent. De la matérialité et des limites discursives du « sexe ». cité p.41
ContexteLa présentation de CE QUI TIENT, livre collectif paru aux éditions Burn~Août, a été enregistrée au Merle Moqueur, Librairie à Paris (20).
William F. et Camille S. évoquent l'École de philosophie, la genèse et le sujet de l'ouvrage collectif CE QUI TIENT, sous-titré « RÉFLEXIONS SUR LES INSTITUTIONS MINEURES« . Trois grandes notions antagonistes structurent les nombreuses contributions des philosophes praticien.nes réuni.e.s ici, et du groupe L'envers du langage. En effet, au cours de la quatrième année de l'école, ielles décident de réunir des contributions écrites sur leur pratique et leur recherche communes et singulières, en les organisant en trois grandes parties : 1. parler / se taire – 2. apprendre / ignorer – 3. Instituer / destituer. L’école de philosophie est une formation autogérée qui accueille une quarantaine de personnes par an. À l’école, on lit des textes, on fait la vaisselle, on écoute des exposées, on parle, on parle beaucoup, on regarde des films, parfois on joue à des jeux, on fait des exercices en petits groupes, on se ballade, on se casse la tête et on aime ça.
Ensuite, Ghislain C. développe ce qu'est une institution et a fortiori une institution mineure, ébauchant une histoire de la philosophie non pas comme énoncé mais comme énonciation et ce que raconte les conditions d'une énonciation, p.99 : Résumons. Il y a du majeur et du mineur dans toute institution. Usage et norme fonctionnent en cercle. Cependant, dans ce cercle, retenons que majoritaire signifie État ou état (constante) et minoritaire, devenir (variation). L’institution majeure normalise les usages pour étendre l’empire de la constante. L’institution mineure use de la norme pour faire proliférer des variations. L’institution minoritaire n’est donc pas une petite institution, ni une institution marginale ou alternative. L’institution minoritaire est une institution en mouvement, c’est-à-dire quasiment une contradiction dans les termes. Si institution signifie forme stable, et minorité variation ou devenir, on peut formuler ce problème de diverses manières : Comment ordonner des usages sans les standardiser ? Comment faire durer un mouvement sans le figer, comment donner forme à des forces sans les détruire ?
Bref, comment instituer du devenir ?
Puis, c'est au tour de Coline Z. de parler de récupération, et de destitution, et même d'auto-destitution, comme préalable à d'autres alternatives, pour créer des groupe-sujets, de l'inconscient collectif, de l'autonomie, de la justice. C'est le mouvement, le devenir, le laisser mourir ou le fait même d'accepter de ne pas durer, qui soudent, défont, re-soudent des groupes qui souhaitent ne pas trahir leur projet, rester engagés, continuer à penser, à agir, à subsister ? Selon Bourdieu, citons p.154 : Le travail micropolitique, en tant qu’il œuvre à la transversalité d’un groupe, est une façon de lutter contre la récupération. Je souligne néanmoins que la proposition de Félix Guattari déplace l’idée de micropolitique, telle qu’on l’entend habituellement. Celle qu’il propose a trait à la découverte des contenus latents, du désir, de la subjectivité sociale inconsciente qui circule plus ou moins, plutôt que la dé-construction frontale des structures de pouvoir et rapports de domination qui traversent un groupe. Ceux-ci, néanmoins, entravent sa transversalité et seule la transversalité d’un groupe permet au désir de vraiment circuler. Ce que je veux dire, c’est qu’il ne s’agit pas de déconstruire frontalement les rapports de domination et les structures de pouvoir, mais de débusquer le désir, la subjectivité sociale et ce qui les coince en considérant les groupes comme des sujets à part entière.
Cultiver le désir et la capacité d’action : façon d’envisager le travail micropolitique d’une façon qui me semble moins morale et plus désirable que celle qu’on pratique habituellement dans les milieux anti-autoritaires. Pour le dire avec les mots de François Tosquelles, le fondateur de la psychothérapie institutionnelle : il s’agit de se brancher sur l’inconscient plutôt que sur la prise de conscience des rapports de domination. (…)Considérer le groupe comme sujet revient donc à questionner les structures qui font émerger tel comportement individuel, plutôt que de ramener celui-ci à la psychologie de la personne. C’est un rapport inversé à la psychologie : une psychanalyse du sujet dans laquelle on considère que c’est le groupe qui est sujet, et non l’individu.
Si les institutions sont notre milieu d’évolution, le milieu dans lequel on baigne, comment y créer les conditions d’un travail analytique du sujet social inconscient ? « Sans répit, chaque problème devait être repris, rediscuté, propose Félix Guattari. Également Psychiatre et co-créateur de la clinique de La Borde, Jean Oury dit à sa façon, qui est la sienne, qu’il faut ouvrir « cette chose difficile que j’appelle “espace du dire”, cette possibilité de rencontre, de transfert où puisses’exprimer quelque chose de l’ordre de ce qui habituellement est considéré comme inexprimable ».
C’est-à-dire qu’il faut de l’espace, du vide, pour « faire leur place au non-sens, à la parole vide », à ce qui ne veut pas être entendu. Cela requiert une attention, une disponibilité, pour que les non-dits, les ruptures de sens, les inhibitions, les angoisses, non seulement trouvent à s’exprimer, mais surtout soient entendues. Cette lucidité existe toujours, à différents degrés, mais éclatée, dispersée et confinée en chacun·e des membres et parfois des personnes moins proches, elle sourd en permanence autour des machines à café, dans les couloirs, les embrasures, les halls d’immeubles (…)
Guattari décrit ces espaces comme des « vacuoles analytiques ». En biologie, une vacuole désigne un petit compartiment à l’intérieur des cellules, qui n’a pas de forme ou de taille particulière, celles-ci variant en fonction des besoins de la cellule. Ces fonctions sont : la gestion des déchets à l’aide d’enzymes de digestion, le maintien de l’équilibre hydrique et de la pression cellulaire. Il en va de même en socioanalyse. Les vacuoles peuvent se constituer dans les couloirs, ou autour de la machine à café. La vacuole analytique n’a pas besoin d’être formalisée. » (cité de Irrécupérables VI-4 – Vacuole analytique, p.152).
À l'oreilleJuliette Laso – Mujer / Tribus / Corazón LoboSteve Reich – Clapping musicBéla Bartòk – Chant de recrutementextrait du Grand-Entretien de Félix Guattari (1989)extrait de Petits métrages avec Jean Oury – Qu'est-ce que tu fous-là (1977)extrait de La Borde, droits à la folie avec Félix Guattari (1977)
Pour aller plus loinÉcole de philosophieÉditions BURN~AOÛT Ce qui tient, réflexions sur les institutions mineuresJustice partout,Pour une justice transformatrice de Camille Soffer et Coline Zuber – aux éditions Le Passager clandestinOutils féministes pour répondre par nous-mêmes aux violences.À voirLes heures heureuses, de Martine Deyres – Hôpital de Saint-Alban – 2019La Borde ou le droit à la folie, d'Igor Barrère – 1977École Pajol, le film, prod. Nos Rêves d'enfants – 2025Pour écouter Théo des éditions BURN~AOÛT, invité pour l'émission Éditions, luttes, indépendances ? Face à l’empire Bolloré, se disperser ? C'est là : Comm'un vendredi #14
#HS – Rassemblement à Paris pour les droits intersexes
2025/11/02
Pour les un.es, il s'agirait d'un phénomène très marginal et confiné au champ médical, pour les autres un enjeu social et politique essentiel. » Michal Raz, Intersexes : du pouvoir médical à l'autodétermination
Avons-nous vraiment besoin d'un vrai sexe ? » préface de Michel Foucault – Herculine Barbin dite Alexina B., mémoires (1978)
ContexteSamedi 1er novembre à 16h place Stravinsky (Paris) a eu lieu un Rassemblement pour les droits intersexes, au mitan de la Quinzaine de la visibilité intersexe du 26 octobre au 8 novembre 2025.
À venirJOURNÉE DE SOLIDARITÉ ET DE MÉMOIRE INTERSEXE :Samedi 8 novembre de 10h à 20hà l’Auditorium de l’Hôtel de Ville de Paris (5 rue Lobau, Paris) – sur inscription ici :
10h30-12h : Panel : Droits des personnes intersexes en France et en Europe – avec Amnesty International France et l’OII Europe13h-14h30 : Panel : L’intersexophobie, au croisement des oppressions adultistes, sexistes et LGBTphobes – avec Le Planning Familial, le Collectif Enfantiste et l’Inter-LGBT15h-16h30 : Panel : Parler de l’intersexuation, avec les personnes intersexes – avec L.Pepy et Floriane Devigne.17h-18h30 : Représentation : Mémoires de Clémentine Delait, femme à barbe19h-19h45 : Solo de Suzanne suivi d’un bord plateauÀ l'oreilleDésirée – IntersexyCindy Lauper – True colorsPour aller plus loinCIA-OII FranceRevendications du troisième forum international Intersexe Malte 2013Amnesty international : Que signifie être intersexes ou intersexuéesRassemblement à l'appel du CIA, Collectif Intersexe Activiste,qui est un collectif LGBTIQ+, féministe inclusif, auto-organisé, à l’échelle du territoire français, rejoint par : @federation.lgbti@a_s_q_f@front_transfem@pridedesbanlieues@queereducation@sudeducation@planningfamilial@mag_jeunes_lgbt@orgasolitrans@trans_action06@centrelgbtparisidf@[email protected]@fransgenre@laquete_38@bicause_asso@droitaucorps@la_station_lgbti@solidairesetu@jensuisjyreste@pourunemeuf_@[email protected]@espace_mineur.e.s_trans_tlse@soshomophobie@syndicatjeunesmg@le_comedeÀ lireIntersexes : du pouvoir médical à l’autodétermination de Michal Raz, docteure en sociologie, autrice d’une thèse sur l’histoire des pratiques médicales sur les intersexes et préface de Loé Petit – Éditions Cavalier Bleu – Oct 2025
Droits d'asile des personnes intersexes – Brochures disponibles sur le site de CIAÀ voirHermaphrodites Speak! (1997) Rohnert Park : Intersex Society of North AmericaEt si on s'en foutait, docu de Johanna Lagarde, 2021
#70 – Autonomie corporelle, justice reproductive, « Venir au monde » : un livre collectif pour lutter
2025/10/21
Après la première théorisation de la justice reproductive, le collectif SisterSong a ajouté un quatrième axe de revendication : l'autonomie corporelle, qui implique entre autre l'autonomie médicale, le droit de déplacement et de retour, le droit de transitionner, le droit à la dignité en tout temps, même durant sa vieillesse et sa mort. (…) Il nous paraissait impossible d'écrire ce livre sans toutes les voix qui en font partie, car nous considérons que c'est la multiplicité des récits, revendications et des identités qui donne son premier sens à l'utopie dont nous rêvons aujourd'hui. »Venir au monde, Autonomie, dignité et luttes pour une justice reproductive, p 32-33, introduction
Nobody's Free Until Everybody's Free » Fannie Lou Hamer, 1971 – citép.324, conclusion
CONTEXTEMerci à Loïse Tachon et à la librairie Violette and Co d'avoir accueilli Johanna-Soraya Benamrouche et Eva-Luna Tholance pour nous présenter l'ouvrage collectif Venir au monde qui vient de paraître aux Éditions Trouble. Vous allez entendre une version radiophonique de cette rencontre, en présence d'une troisième co-auteurice, Anne-Solène Taillardat, et les échanges avec le public de ce soir là. C'était le samedi 7 octobre 2025. Dédié « À nos daronnes, à leur force de vie », le livre débute par une préface signée Mounia El Kotni. L'anthropologue dit l'importance de réunir ce collectif de voix engagées, pour prendre et élargir la parole sur la « reproduction » et les discriminations, les droits à la « santé sexuelle », les urgences, les situations qui résistent, en pratiques comme en théories politiques, matérialistes, queer, éco-féministes, dé-coloniales, anti-fascistes. Beaucoup de témoignages multi-directionnels exprimés résonnent avec les luttes pour une « justice reproductive » racontées dans ce livre et en font un guide pour agir. Chaque expérience personnelle et les très profonds bouleversements que chacun.x.e traverse pour sortir des violences, des souffrances, des méprises systémiques, des dénis, rejoignent la revendication des droits face aux faits réels, et surtout mettent en évidence des alternatives qu'elles contribuent ainsi à rendre possible. Merci pour ce livre si nécessaire et lumineux.
Johanna-Soraya Benamrouche est mère handicapée, militante postcoloniale & antivalidiste et formatrice à la prévention des violences genrées. Elle est co-fondatrice de Féministes contre le cyberharcèlement et de l’Observatoire féministe des violences médicales au sein duquel elle promeut les droits des patient·es et l’autodéfense médicale.Eva-Luna Tholance est doula, militante queer et féministe, ancienne journaliste. À travers son accompagnement des familles queers et trans, de survivant·es de violences sexuelles et l’organisation d’ateliers sur le sujet, Eva-Luna lutte contre les violences obstétricales pour rendre le milieu périnatal plus inclusif et pour prévenir les dépressions post partum. Son travail journalistique s’est axé sur le lien entre luttes sociales et santé reproductive. Elle travaille actuellement dans une association de prévention.Anne-Solène Taillardat est travailleuse sociale et, en tant qu'ex-enfant de l'aide sociale à l'enfance (ASE), elle appelle à une responsabilisation collective autour des enfants qui relèvent de la protection de l'État. Depuis 2017, Anne-Solène fait partie de REPAIRS, un réseau d'entraide par et pour les jeunes sortant de l'ASE.
Les autres contributeurices, auteurices et collectifs de « Venir au monde » : Ju(stine) Madiot – Tsippora Sidibé – Amandine Gay – Cléo – Lisa Dvorničić – Elena Chamorro – Noémie Le Deun – Sarah Zouak – Adija Benamrouche – Claire et Ali – Anne-Solène Taillardat – Lallab – Mélanie Ngoye-Gaham – Fatou Dieng – Elsa Bastien, Adèle David et Estelle Jonier du collectif La Bulle IDF – Joohee Bourgain – Le Collectif Vietnam-Dioxine
À L'OREILLE
Aretha Franklin,Think, 1968Las Decapitadas, Cumbia feminista, 2022Anne Sylvestre, Non, tu n'as pas de nom, 1988Little Smiz,Broken, 2022Lecture d'extraits de la préface de Mounia El Kotni
POUR ALLER PLUS LOINVENIR AU MONDE – Autonomie, dignité et luttes pour une justice reproductive. Ouvrage collectif dirigé par Johanna-Soraya Benamrouche et Eva-Luna Tholance. Éditions Trouble, septembre 2025Collectifs cités dans l'émissionLa doula queer – Familles au spectre largeDévelopper une culture inclusive basée sur le courage et l’empathie : lenextlevelLallab – créatrice de nos récitsCollectif Vietnam Dioxyne, l'agent orange ?La Bulle – collectif de garde d'enfants de militant.e.x.sRéseau classe genre race – Front2mères Repairs!75À lire Donner naissance, doulas, sages-femmes et justice reproductive d'Alana Apfel (2017) – Traduit de l'anglais (États-Unis) par Adel Tincelin.L'Adoption internationale, mythes et réalités, Joohee Bourgain aux éditions Anacaona (2021)Une Poupée en chocolat d'Amandine Gay aux Éditions Remue-ménage (2021), et qui vient de sortir en poche (La Découverte – oct. 2025)Sous les stratesd'Eva Luna Tholance – Les Escales Éditions (2023)À voir ou à écouterAdoptées, une histoires à soi,Documentaire d'Amandine GayLyes Louffok, militant des droits de l'enfant, rescapé des foyersLes Oubliés de la République Face aux députés, trois anciens enfants placés ciblent les manquements de l’ASE – le Média Social – 16 mai 2024Colloque international avec Mounia El Kotni : « L'injustice reproductive : les droits reproductifs au prisme des rapports de domination de genre, de race, et de classe » – 3/ Stérilisation des personnes autochtones et indigènes`Canción sin nombre,long métrage de Mélina Léon (Peru, 2019)#35 – Qu’elle accepte de me revoir… qui présente Juan, film documentaire de Louise Heem (2020)Liens vers d'autres émissions rencontre à la librairie Violette and Co #63 – Le Corps comme champs de bataille, autonomie et défis féministes – Transversalité des grèves et liens multidirectionnels – Rencontre avec Verónica Gago#62 – Écotransféminismes, des communs Trans* : une rencontre avec Emma Bigé et Clovis MailletTroisième émission enregistrée chez Violette and co, Merci à Loise Tachon et à la librairie qui organise de superbes rencontres débats, très régulièrement, parfois deux ou trois soirs par semaine, vive invitation à vous y rendre !
#HS – MAD PRIDE autonome parisienne ! Nous sommes vivants•x•es et nos joies sont politiques !
2025/10/12
(…) Nous revendiquons des lieux de soin dignes de ce nom, exempts de violence, et des lieux de répit, pour que l’alternative à l’hospitalisation ne soit plus jamais, pour aucun·e·s d’entre nous, ni la rue ni la prison. Nous revendiquons des lieux de socialisation et de lutte où construire collectivement nos dignités et nos joies. Nous revendiquons un monde enfin vivable, pour tous·tes. » Extrait du Manifeste / association Commedesfous / Changer le regard sur la folie
Contexte :
MAD PRIDE autonome, le 11 octobre 2025, cortège parisien, de République à La Bastille. Vous allez entendre les prises de paroles sur la place de La République et échanges avec des personnes que je remercie pour leur témoignages : Camille, Jacqueline, Marilyse, Chloé, Laurent et les autres ! C'est d'abord Nan Marci, philosophe, organisatrice et concernée, de l'association Comme-des-fous qui s'exprime officiellement, et les principaux membres du collectif d'organisation de cette première MAD Pride Autonome, dont vous trouverez pour beaucoup les liens, ci-dessous dans Pour aller plus loin. » Faire communautés pour des soins communs et pour faire face à la violence systémique des hiérarchies et des dominations, penser un monde qui cesse d'isoler, de pathologiser, de néantiser (…) La loi euthanasie, y'en a marre (…) « .
À l'oreille
Roberto Goyeneche – Balada para un locoNan Marci, extrait de « c'est leur monde qui est fou pas nous » lundi-matinTreize – Aux ratsBerrurier noir – Pavillon 36David Bowie – Rock'n roll suicide Pour aller plus loin
MAD PRIDE 2025Nan Marci – Manifeste / association Commedesfous / changer le regard sur la folieNan Marci Association ADVOCACY Pair AdvocacyPlaylist musicale de Comme-des-fousTreize – Aux ratsRadio-graphieLa folie prend la rue !Clé autisteQueer Racisé.e.s AutonomesGroupe de paroles dépression DEP DEP – Porte de Montmartre – Porte de VanvesÀ lire
Psychiatrie et démocratie, de Franco Basaglia LOI 180 (1979)Désaliéner ? Folie(s) et société(s) de Lucien BONNAFÉ (textes de 1938 à 1991)Qui c'est l'conseil ? Catherine Pochet et Fernand Oury – préface de François Tosquelle (1979)Abolir la contentionde Mathieu Bellahsen – éditions LibertaliaRencontre avec Hélo, auteure de « Barge »La vie à haute voix de Marie-Line Benazetaux éditions l'HarmattanPolice, polisse, polis, « La psychiatrie n’est pas en crise, c’est la crise qui est psychiatrisée »un article de Jonathan l’im-patient.En prise et contre nous, la suite de celui ci-dessusLes coups de cœur de Comme des fousMANIFESTE
La Mad Pride, faisant suite à une vague mondiale, est la première marche parisienne autonome, organisée par et pour des concerné·e·s. Nous nous flattons ainsi d’être la seule manifestation publique de concerné·e·s durant cette année de la « santé mentale : grande cause nationale » qui n’a fait que reconduire notre invisibilisation. Mais nous ne nous laissons pas silencier, et nous affirmons : « rien sur nous sans nous ».
Cette marche est un acte pleinement politique. Nous, fous, folles et autres abimé·e·s psychiques, sommes l’incarnation de ce que le système d’oppression capitaliste, sexiste, raciste, validiste, saniste, psychophobe, LGBTQIA+phobe, âgiste, écocidaire etc. produit chez les individu·e·s de désordres psychologiques. Nous sommes le miroir de la violence que produit leur monde. Nous refusons la pathologisation dont nous sommes l’objet, c’est leur monde qui est malade, pas nous.
C’est pourtant ce que prétend la psychiatrie, qui est un brutal instrument d’oppression. Contre celle-ci, nous affirmons avec force le renouveau d’une antipsychiatrie radicale, portée par des concerné·e·s qui s’affirment comme sujets politiques à part entière. Nous portons la critique de la notion de « santé mentale », outil de propagande qui nous astreint à nous conformer à des normes et un système économique qui usent et marginalisent les corps les plus fragiles. Nous nous réapproprions le langage du soin et de la santé qui ont trop longtemps été confisqués par un système médical qui ne soigne personne et ignore tout de la santé : la psychiatrie.
Nous dénonçons les violences psychiatriques systémiques qui vont de la contention physique et chimique, de l’hospitalisation forcée (76 000 personnes en 2022 selon l’IRDES) et de l’isolement (imposé à plus d’un tiers de ces patients) aux pratiques les plus quotidiennes et banalisées de déshumanisation, en conformité avec la Convention relative aux Droits des Personnes Handicapées de l’ONU.
Nous revendiquons des lieux de soin dignes de ce nom, exempts de violence, et des lieux de répit, pour que l’alternative à l’hospitalisation ne soit plus jamais, pour aucun·e·s d’entre nous, ni la rue ni la prison. Nous revendiquons des lieux de socialisation et de lutte où construire collectivement nos dignités et nos joies. Nous revendiquons un monde enfin vivable, pour tous·tes.
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