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Les grands entretiens de Ciel & Espace

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This podcast has
25 episodes
Language
French
Date created
2024/10/10
Latest episode
2026/07/02
Average duration
61 min.
Release period
45 days

Description

Le club des chercheurs de la Cité internationale universitaire de Paris, hébergé à la Fondation Victor Lyon, s’est associé à l’association française d’astronomie et le magazine Ciel & Espace pour organiser mensuellement de grands entretiens avec des experts scientifiques.  Dans un monde saturé d’informations, toutes circulant à la vitesse de la lumière et se chassant mutuellement, il est salutaire de faire une pause. Parce que tout va trop vite, et qu’il convient de trier entre l’important et le superflu, distinguer les faits de la communication, de la propagande, dans les sciences de l’Univers – comme dans la société – il est plus que jamais nécessaire de se donner du temps : le temps de la réflexion. C’est le projet de ces « Grands entretiens » : se donner le temps d’aller au fond des sujets. Les grands entretiens de Ciel et Espace sont organisés en partenariat avec le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, la Cité internationale universitaire de Paris, le club des chercheurs de la Fondation Victor Lyon et la Ville de Paris.  Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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Climat, le vrai et le chaud
2026/07/02
La réalité du réchauffement climatique n’est plus un débat scientifique. Il est là - lié de façon certaine à nos activités, en premier lieu à l’utilisation des combustibles fossiles -et ses effets se font sentir chaque jour d’avantage. On le voit, il impacte directement les villes, nos modes de vie, l’agriculture et la sécurité alimentaire des populations du monde. Et de façon générale, il engage notre avenir vers un futur où il sera très difficile de s’adapter si, dès maintenant, un engagement à l’échelle planétaire n’est pas pris pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. Les sciences du climat, longtemps ignorées en France pour des raisons idéologiques, documentent l’état des lieux climatiques – du passé et du présent – et envisagent des scénarios où un réchauffement planétaire supérieur à 3° d’ici 2100 – voire plus dans notre pays - ne peut pas être exclu. Pourrons-nous atteindre la neutralité carbone indispensable pour limiter l’ampleur de ce réchauffement ? Quels impacts ont le climato-scepticisme et le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris sur les objectifs fixés par les états ? A quoi ressemblera le monde à la fin de ce siècle si les glaciers et les pôles sont déstabilisés, si l’océan voit son rôle régulateur défaillir ? Alors que le dernier rapport du GIEC évoque « une menace grave et grandissante sur notre bien-être et la santé de la planète » il est nécessaire de conjuguer le réalisme des faits à la volonté de trouver des solutions crédibles. Limiter l’ampleur du réchauffement dépend largement de ce que nous émettrons d’ici à 2050. Quelle que soit notre capacité d’adaptation, d’ici peu, le monde aura bien changé. Comment y habiter ? Sachant qu’il n’y a pas de planète de secours… L’invité : Jean Jouzel est paléoclimatologue. Il publie en 1987, avec Claude Lorius, la première étude établissant formellement le lien entre concentration de CO2 dans l'atmosphère et réchauffement climatique. Ancien vice président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), au sein du groupe de travail sur les bases physiques du changement climatique, il reçoit à ce titre le prix Nobel de la Paix en 2007. Mondialement reconnu pour ses travaux de recherche sur l'évolution du climat, il est le lauréat de nombreuses distinctions scientifiques, parmi lesquelles la médaille d'or du CNRS (la plus haute distinction scientifique française) et le prix Vetlesen (considéré comme l'équivalent du prix Nobel pour les sciences de la Terre). Il est également membre des académies des sciences de France, d'Italie, d'Europe, des États-Unis et d'Australie. Il est aujourd’hui Président de l’Association Météo et Climat. Les Grands entretiens de Ciel et espace sont réalisés en partenariat avec le Club des chercheurs de la Fondation Victor Lyon de la Cité internationale universitaire de Paris, le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, animés par Alain Cirou Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
L’Univers violent
2026/07/01
Si l’iconographie habituelle du ciel est que « rien ne bouge » dans les étoiles, l’astrophysique moderne détruit chaque jour cette imagerie d’Épinal. Quand ils naissent, vivent et meurent, les soleils de la Galaxie et, au-delà, de tout l’Univers, émettent de la lumière et des particules comme les fameux rayons cosmiques. Des noyaux atomiques fort trompeurs, car ultra énergétiques, engendrés par des phénomènes violents comme la mort explosive des étoiles les plus massives en supernovae. D’autres monstres cosmiques témoignent de cet univers violent. Les pulsars, les quasars, les collisions d’étoiles à neutrons (des cadavres stellaires ultra denses) ou encore des coalescences de trous noirs. Tous ces événements peuvent être détectés en radio grâce à de nouveaux observatoires – des antennes réparties sur des dizaines de milliers de kilomètres carrés dans le désert en Chine et en Argentine – et l’avènement d’une astronomie « multi-messagers » qui combine tous les signaux simultanément pour décrire ces astres fugaces et imprévisibles. C’est d’une nouvelle science dont il est question, qui ambitionne d’accéder au cœur des objets célestes les plus énergétiques du cosmos – là où personne n’a jamais pu regarder – pour en saisir les mécanismes les plus intimes. Et pénétrer encore plus loin dans la découverte des phénomènes extraordinaires du cosmos qui font vibrer l’espace-temps et qu’écoutent les observatoires d’ondes gravitationnelles. Une femme est au cœur de cette passionnante exploration. Elle en raconte les coulisses, l’effervescence, et les bouleversements. L’invitée : Kumiko Kotera est astrophysicienne au CNRS et directrice de l’Institut d’Astrophysique de Paris. Spécialisée dans les rayons cosmiques elle est à la tête du projet international « Giant Radio Array for Neutrino Detection » (GRAND), composé de dizaines de milliers d’antennes réparties sur plusieurs continents, pour détecter ces particules issues des supernovae, pulsars, sursauts gamma et coalescences de trous noirs. Elle est l’autrice de « L’Univers violent », chez Albin Michel, Prix du livre Ciel et Espace 2025. Les Grands entretiens de Ciel et espace sont réalisés en partenariat avec le Club des chercheurs de la Fondation Victor Lyon de la Cité internationale universitaire de Paris, le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, animés par Alain Cirou Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Qui peut s’approprier la Lune ? Grand entretien avec le Député Arnaud Saint-Martin
2026/05/07
L’extraordinaire puissance onirique du voyage dans l’espace se vérifie chaque jour d’avantage. Cet « ailleurs », en réalité si proche de nous, est une source d’émerveillement collective dont le risque est d’abandonner toute lucidité sur la réalité des intérêts qui s’y jouent. Au moment où les astronautes de la Nasa pilotent le vol Artemis 2 et que son dirigeant dresse de nouveaux plans pour un alunissage avant la fin de la décennie. Où les Etats-Unis de Trump mettent en scène une nouvelle course à la Lune avec la Chine. Où le pôle sud de notre satellite naturel est imaginé comme un poste avancé de l’exploration scientifique habitée. Où les ressources minérales des astéroïdes et des corps célestes sont présentées comme des trésors de matériaux rares à exploiter. Et que l’objectif martien, sans cesse réaffirmé depuis des décennies, s’inscrit dans l’agenda des sociétés du New Space, qu’en est-il des situations concrètes dans ces terres du ciel. A qui appartiennent elles ? A-t-on le droit de les revendiquer, de les borner et de les exploiter ? Qui peut s’approprier la Lune et qui en est le gendarme ? En France, pays membre de l’Agence spatiale européenne, dont les astronautes sont devenus des héros populaires, voire des icônes modernes, la place et le rôle que nous occuperons dans cette aventure est rarement l’objet d’un débat public. Pourtant si nécessaire et indispensable, pour ne pas confondre le rêve… et la réalité. L’invité : Arnaud Saint Martin est sociologue des sciences, astronome amateur, et député de Seine et Marne. Spécialisé dans les questions aérospatiales, il a publié en 2024 avec le chercheur Irénée Régnauld un livre intitulé Une histoire de la conquête spatiale dans lequel les auteurs proposent des alternatives à la militarisation et à la privatisation de l’espace. A l’heure des nouvelles ambitions lunaires des grandes puissances spatiales, il propose que le traité de la Lune, qui envisage les corps célestes comme patrimoine mondial de l’humanité, déjà signé par la France mais pas ratifié, soit mis en débat au parlement. Autant pour réaffirmer ce « commun » qu’est l’Espace que de le protéger des pollutions et exploitations qui le menace. Les Grands entretiens de Ciel et espace sont réalisés en partenariat avec le Club des chercheurs de la Fondation Victor Lyon de la Cité internationale universitaire de Paris, le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, animés par Alain Cirou. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Comètes extrasolaires, ces visiteuses venus d’ailleurs
2026/04/09
En octobre 2017, à Hawaï, des astronomes découvrent une tache floue et allongée au milieu des étoiles. Elle traverse très vite le Système solaire et les paramètres de sa trajectoire prouve qu’elle vient d’ailleurs. De l’espace lointain. Oumuamua, « l’éclaireur » en hawaïen, premier messager interstellaire déchaîne alors les passions : comète, astéroïde ou vaisseau venu d’un autre monde ? Bien vite, de nouveaux visiteurs sont détectés et l’existence de comètes interstellaires est confirmée. Tout récemment, les comètes 2I/Borisov et 3I/Atlas sont aussi détectées et confirmées comme étant des messagers de mondes distants. De quelles étoiles viennent-ils ? A quoi ressemblent ils ? Que nous disent ils de l’ailleurs ? Favorisent ils, quand ils arrivent dans des disques protoplanétaires la création de planètes ? Pour comprendre les lois et la mécanique de formation des planètes, les astronomes tentent donc de faire parler ces tous premiers corps provenant d’autres systèmes. Et envisagent, si un intrus se présente et est atteignable, de lui rendre visite, à l’aide d’une sonde dédiée. Ces objets ne seraient pas rares puisqu’au cours de la formation de notre système solaire, plus de 90% des petits corps ont été éjectés dans le milieu interstellaire. Comment ne pas imaginer qu’il en soit autrement dans les autres systèmes ? Autour du Soleil, ceux qui n’ont pas été perdus, comme les objets transneptuniens, sont le sujet d’intenses recherches. Leurs caractéristiques physiques, chimiques ou dynamiques, offrent une vision sans précédent de la naissance de notre système. Les lier avec les comètes et les objets interstellaires venus d’ailleurs sera riche d’enseignements. Avec de nouveaux outils tels que le James Webb Space Telescope, le Vera C. Rubin Observatory, ou encore la mission ESA/Comet Interceptor prévue en 2029, de nouvelles fenêtres tout à fait passionnantes vont s’ouvrir. L’invitée : Aurélie Guilbert-Lepoutre est planétologue, directrice de recherche CNRS au laboratoire de géologie de Lyon. Coordinatrice du projet THEMISS, soutenu par le Conseil européen de la recherche, elle est une spécialiste des comètes et de leur évolution. Elle est également l’une des expertes scientifiques de Comet Interceptor, future mission de l’ESA visant à intercepter, pour la première fois, une comète nouvellement arrivée des confins du Système solaire ou un objet interstellaire en transit. Les Grands entretiens de Ciel et espace sont réalisés en partenariat avec le Club des chercheurs de la Fondation Victor Lyon de la Cité internationale universitaire de Paris, le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, animés par Alain Cirou. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Télescopes du futur, l’ère des géants
2026/03/30
C’est pour la France un défi scientifique et technologique majeur : construire avec une quinzaine d’autres pays le radiotélescope le plus puissant du monde, avec une surface collectrice équivalente à un kilomètre carré ! Le Square Kilometre Array Observatory (SKAO) dont l’Assemblée nationale vient de ratifier la convention, n’est pas le seul projet d’envergure pour l’astronomie du futur. Après le succès du Very Large Telescope au Chili (VLT) et son extension interférométrique, l’ESO (European Southern Observatory) pousse les feux et prépare son futur champion, catégorie « télescopes géants ». Avec un miroir de 39 mètres de diamètre, l’ELT, pour Extremely Large Telescope, sera une fois achevé au sommet du Cerro Amazones au Chili « le plus gros œil ouvert sur le ciel ». Un œil de cyclope sans équivalent, même dans les cartons des projets américains qui, pour la première fois, sont en train de perdre la compétition des télescopes géants. Ceux qui avec leur miroir de 24 m de diamètre minimum nous promettent d’aller plus loin encore dans la découverte de l’Univers. Mais que verront-ils ? Quels sont leurs limites pour scruter plus en avant les premières étoiles, l’environnement des trous noirs, où les atmosphères des exoplanètes ? Comment se compléteront tous ces instruments, au sol comme dans l’espace, et dans toutes les longueurs d’ondes, ces machines extraordinaires pour voir mieux et plus loin encore les stars du cosmos ? Sans aucun doute l’Astronomie entre dans l’ère des géants, avec de grandes découvertes à venir, si les cieux restent clairs. L’invité : Guy Perrin est astronome à l’Observatoire de Paris et chercheur au LIRA. Membre de l’Académie des sciences. Il est spécialiste de haute résolution angulaire et s’intéresse aux étoiles évoluées, aux trous noirs super-massifs au centre des galaxies et à leur environnement proche, et en particulier à Sagittarus A* au centre de notre galaxie, la Voie Lactée. Il a joué un rôle central dans la conception et le succès scientifique de l’instrument GRAVITY, installé sur le Very Large Telescope Interferometer (VLTI) de l’ESO, qui a notamment permis des observations inédites du trou noir supermassif de la Voie lactée. Il est enseignant en master et à l’Institut d’Optique Graduate School. Son expertise couvre à la fois les enjeux technologiques, scientifiques et organisationnels des grands instruments d’astronomie du futur. Les Grands entretiens de Ciel et espace sont réalisés en partenariat avec le Club des chercheurs de la Fondation Victor Lyon de la Cité internationale universitaire de Paris, le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, animés par Alain Cirou. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Extraordinaires planètes extrasolaires
2025/12/18
Le 6 octobre 1995, les astronomes Michel Mayor et Didier Queloz annonçaient la découverte d'une planète située en dehors de notre système solaire. Baptisée 51 Pegasi b, cette première exoplanète détectée à l’Observatoire de Haute Provence, parce qu’elle était totalement inattendue, allait engendrer un bouleversement et une émotion considérable dans la communauté scientifique. Une nouvelle science, l’exoplanétologie, va alors s’intéresser à une multitude de mondes auxquels cette découverte donne accès. Aussi bien à la façon dont ils naissent autour de leurs étoiles, jusqu’à former des systèmes comme le nôtre, qu’à l’extraordinaire variété de planètes possibles. « Super-Terres », « mini- Neptunes », mais aussi planètes océans, boules telluriques, gazeuses, de grande ou de petite taille, leur diversité ne cesse de nous surprendre. Sans nul doute, couronnée par un prix Nobel en 2019, la découverte de la première exoplanète a révolutionné le monde de l'astronomie en donnant une réponse concrète à une question vieille de plusieurs siècles. Mais aussi en faisant surgir de nouvelles questions. A quoi ressemblent les « mondes extraordinaires » mis à jour par les données les plus récentes ? Toutes les planètes imaginables sont-elles possibles ? Le système solaire constitue-t-il une vraie rareté dans l’univers ? Que nous enseigne la démographie planétaire sur l’existence de mondes habitables ? Certains abritent ils des formes de vie que nous pourrions détecter ? Avec quels instruments les scientifiques vont-ils poursuivre leurs recherches dans les prochaines années ? La quête ne fait que débuter… L’invité : Guillaume Hébrard est directeur de recherche CNRS à l’Institut d’Astrophysique de Paris et à l’Observatoire de Haute Provence. Ses travaux sont principalement consacrés à la recherche et à la caractérisation d’exoplanètes. Il est impliqué dans la diffusion de la culture scientifique par le biais de conférences, expositions, spectacles de planétarium, articles ou livres. Il est l’auteur de « Extraordinaires planètes extrasolaires » paru en novembre 25 aux Éditions Berthe & Jean. Les Grands entretiens de Ciel et espace sont réalisés en partenariat avec le Club des chercheurs de la Fondation Victor Lyon de la Cité internationale universitaire de Paris, le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, animés par Alain Cirou. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Mars : sur la piste d’une vie passée
2025/11/25
Sans aucun doute, la planète rouge était autrefois une planète habitable ! Mais fût-elle habitée ? Sans prendre beaucoup de précautions, tout récemment, l’administrateur par intérim de la Nasa s’est engouffré dans la brèche d’une publication scientifique prestigieuse pour affirmer la détection par le rover Perseverance de « potentiels signes de vie » sur Mars. Un emballement préjudiciable à une découverte subtile, originale, co-signée par des chercheurs français, qui interroge l’origine de structures minérales parfois associées, sur Terre, à la l’existence de colonies de micro-organismes comme des bactéries. Sans nul doute l’exploration robotique de la quatrième planète du Système solaire vient de franchir un cap. Et les géologues peuvent aujourd’hui affirmer, à l’aide des robots qui explorent sa surface depuis le début des années 2000, qu’il y a plus de 3,5 milliards d’années Mars offrait des conditions propices à l’apparition et, qui sait, au développement de la vie. Dans la zone du cratère Jezero où a atterri le robot Perseverance, il y a maintenant quatre ans, les chercheurs ont découvert pour la première fois du quartz, qui conforte l’hypothèse d’une circulation d’eau. De l’eau qui a imprimé sa marque en surface par des galets, de l’argile, et les traces d’un ancien fleuve qui alimentait le cratère dans lequel fouillent les pilotes du robot. Plus que jamais la planète au passé aquatique fascine et interroge : ces conditions ont elles pu laisser une chance à la chimie du vivant de s’amorcer ? De quelles preuves solides, incontestables, pourrions-nous disposer pour l’affirmer ? La réponse est dans le mille-feuilles sédimentaires que fouillent les planétologues en rêvant… d’un futur retour d’échantillons. L’invitée : Agnès Cousin est géologue, astronome adjoint à l’IRAP de Toulouse, co-responsable de l’instrument SuperCam, la caméra laser du rover Perseverance sur Mars. Elle est co-autrice de l’étude publiée récemment dans Nature, qui a été présentée par la Nasa comme « une avancée majeure dans la quête de vie », et travaille sur l'analyse des compositions des roches de Mars afin de mieux comprendre l'évolution des planètes telluriques. Elle est aussi membre du groupe Système solaire au CNES. Les Grands entretiens de Ciel et espace sont réalisés en partenariat avec le Club des chercheurs de la Fondation Victor Lyon de la Cité internationale universitaire de Paris, le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, animés par Alain Cirou. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Grand entretien de Ciel & espace avec Monsieur le Ministre Philippe Baptiste
2025/07/09
Mr Philippe Baptiste, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche répond aux questions d'Alain Cirou, directeur de la rédaction de Ciel et Espace. « Il n’y a pas assez de scientifiques qui s’engagent en politique » constate l’ancien président du CNES, chercheur en IA, qui préside aujourd’hui à la politique nationale de recherche. Au lendemain du salon de l’air et de l’espace au Bourget, et après le constat d’une profonde déstabilisation du monde de la science par l’attitude hostile de l’administration américaine, Philippe Baptiste discute dans ce Grand entretien de Ciel et Espace des enjeux des mois et des années à venir pour le spatial français et européen. Mais aussi de sa vision d’une recherche libre et performante ; des dialogues entre science, recherche et société pour une culture scientifique et technique forte ; de la place des femmes dans les filières dominées par les hommes. Un tour d’horizon autour de la gouvernance et du temps de la science, un fait social collectif qui rétroagit sur toute l’évolution de la société. Le Grand entretien de Ciel et espace est réalisé en partenariat avec le Club des chercheurs de la Fondation Victor Lyon de la Cité internationale universitaire de Paris, le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, la ville de Paris. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Un « œil » sur les cataclysmes dans l’Univers
2025/07/08
C’est une astronomie qui s’intéresse aux phénomènes les plus violents de l’Univers. Invisible aux instruments classiques, des particules et des rayons gamma voyagent dans l’espace sans être perturbés et, en frappant la Terre, nous parlent de phénomènes cosmiques aux énergies colossales dont l’origine est souvent inconnue. Des pulsars, des étoiles doubles, des restes d’explosions de supernovae, des noyaux actifs de galaxies dans lesquelles des trous noirs géants gobent les étoiles… Une face hyper violente de l’Univers dont personne ne soupçonnait, encore récemment, la présence et l’importance. Une petite révolution dans notre vision du cosmos que l’on doit pour une très grande part à l’entrée en service du télescope H.E.S.S. en Namibie à partir de 2002. Un « œil » sur les cataclysmes dans l’Univers, situé dans les « Khomas Highlands » du désert namibien, qui se compose d’un réseau de cinq télescopes capables de détecter le rayonnement gamma cosmique de haute énergie. Là, dans l’hémisphère sud, au niveau du tropique du Capricorne, à environ 2000 m d’altitude, il a un regard privilégié sur les régions centrales de la Galaxie et observe ses flashs lumineux dans les meilleures conditions possibles. En un peu plus de deux décennies, c’est toute une nouvelle science qui a émergé de ces observations. Une nouvelle fenêtre ouverte sur des événements dont la violence n’a pas d’équivalent sur Terre et qui pousse aujourd’hui les chercheurs de 25 pays à construire de nouveaux télescopes, au Chili et sur l’île de la Palma aux Canaries, pour étudier avec encore plus de précision les émissions gamma de la Voie lactée, les sources extragalactiques lointaines réparties sur l’ensemble de la voûte céleste, et sonder le fond diffus de rayonnement de l’Univers. Un défi technique et scientifique remarquable. L’invité : Mathieu de Naurois est astrophysicien, directeur de recherche au CNRS, spécialiste d’astronomie gamma de très haute énergie et directeur de la collaboration HESS (un réseau de télescopes installé en Namibie). Il est enseignant à l'école Polytechnique depuis 2008 où il enseigne la mécanique quantique, le développement durable, et l'astrophysique des hautes énergies. Il a obtenu la médaille d'argent du CNRS en 2018 pour ses travaux de recherche. Le Grand entretien de Ciel et espace est réalisé en partenariat avec le Club des chercheurs de la Fondation Victor Lyon de la Cité internationale universitaire de Paris, le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, la ville de Paris. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Le futur de l’Univers
2025/07/04
Y’a rien qui dure toujours » chantait Michel Jonas. Pas même l’Univers, lui confirment les astrophysicien ! S’il est aujourd’hui plus facile de retracer les différentes étapes qui vont du Big Bang aux temps modernes – avec de nombreux mystères qui restent cependant à résoudre – il est bien difficile d’en imaginer précisément le futur. Pourtant, sur ce point, la physique est affirmative : la Terre, les planètes, le Soleil, les milliards d’étoiles comme les milliards de galaxies qui peuplent le cosmos, toutes et tous connaîtront une fin. Disparaîtront inéluctablement. L’Humanité, qui apparaît aujourd’hui comme la constitution la plus complexe du vivant, et nait au cours des dernières secondes de l’histoire de l’Univers, s’éteindra aussi. D’une façon ou d’une autre, à une échéance et dans des conditions dont nous ignorons tout. Où presque…Peut-on y échapper, du moins provisoirement en changeant de planète ? Peut-on imaginer une histoire future, qui n’est pas seulement de la fiction, mais s’appuie sur nos connaissances actuelles ? Comment tout finira ici-bas, la vie, les mondes proches et lointains, l’espace, le temps, l’Univers dans son ensemble ? De l’idée de la fin du monde, à l’anéantissement de toutes choses, il y a un gouffre. Que tentent de combler les mythologies et les religions – l’Apocalypse de Jean décrit ainsi la fin d’un monde pour mieux dessiner les contours de l’ordre nouveau qui doit lui succéder – mais aussi la littérature et la poésie sans qui il serait bien compliqué de vivre, d’espérer et de rêver. Confirmant la thèse de la philosophe Simone Weil pour qui notre vie réelle repose aux trois quarts sur l’imagination et la narration, explorer le futur de l’Univers est bien une invitation à « nous souvenir de l’avenir » ! L’invité : Alain Riazuelo est astrophysicien, chercheur CNRS à l'Institut d'astrophysique de Paris (IAP). Il travaille sur la topologie de l'Univers, les trous noirs et la formation des grandes structures. Il est l’auteur de nombreux livres dont : « Dix scénarios pour la fin du monde » chez Tana éditions en 2025. Mais aussi de « l’incroyable aventure de la Terre », « les trous noirs » (2024), de « Pourquoi E=mc2 » (2022), et de « Pourquoi la Terre est ronde » en 2019. Le Grand entretien de Ciel et espace est réalisé en partenariat avec le Club des chercheurs de la Fondation Victor Lyon de la Cité internationale universitaire de Paris, le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, la ville de Paris. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
La face sombre du monde
2025/05/05
Chaque jour davantage les menaces sur la science et la recherche obscurcissent l’avenir. Ce sont, depuis l’investiture de Donald Trump aux Etats-Unis et l’attelage qu’il a formé avec l’entrepreneur libertarien Elon Musk, des attaques sans précédent sur la liberté académique et scientifique. Des coupes budgétaires brutales, des licenciements abusifs et l’abandon soudain et injustifié de thèmes jugés sans importance pour l’intérêt qu’ils défendent : les gains financiers d’abord. Ce sont aussi des opinions présentées comme des faits ; la diffusion de fausses informations, la promotion de thèses anti scientifiques et la négation de problèmes bien documentés comme le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité. Plus largement, en occident ces nouveaux obscurantismes se doublent de problèmes récurrents : les filières scientifiques sont désertées par les filles et les disparités persistent aux niveaux les plus élevés de la recherche et de l’innovation. Le niveau des salaires n’est guère attractif et l’avenir des doctorants est incertain. Si l’opinion public conserve une bonne opinion de la science, dans la société les croyances les plus diverses sont en progression et le personnel politique, lui-même, ne place pas la culture scientifique au rang de priorité nationale. Que peuvent les académies, comme celle des sciences qui vient d’élire comme membres, pour la première fois depuis sa création en 1666, une majorité de femmes ? Dont une nouvelle présidente, astrophysicienne, familière des structures dans l’Univers, de la physique des galaxies et du rôle joué par la matière noire et l’énergie sombre dans l’architecture et l’évolution du cosmos. Alors qu’une révolution de l’astrophysique et de la cosmologie bouleverse la vision de l’évolution du monde depuis le Big Bang, que de nouveaux satellites et télescopes ouvrent des pistes dans tous les sens, il est plus que jamais utile de rappeler les liens entre la recherche et la société, la connaissance et perception empathique du monde. Un gage essentiel de liberté. L’invitée : Françoise Combes est présidente de l’Académie des sciences, astrophysicienne à l’Observatoire de Paris, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Galaxies et Cosmologie depuis 2014. Ses activités de recherche sont consacrées à la formation et à l’évolution des galaxies, dans un contexte cosmologique. Elle a reçu la médaille d’or 2020 du CNRS ainsi que le prix international Pour les Femmes et la Science L’Oréal-Unesco 2021. Le grand entretien de Ciel et espace est réalisé en partenariat avec le Club des chercheurs de la Fondation Victor Lyon de la Cité internationale universitaire de Paris, le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, la ville de Paris. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Trous noirs, les nouvelles stars de l’Univers
2025/02/08
Ils furent d’abord une idée un peu folle, une hypothèse, une solution mathématique sortie des équations de la Relativité Générale d’Albert Einstein, qui est la théorie actuelle de la gravitation. Ils furent aussi une source de fiction, de films d’animations, où d’intrépides voyageurs spatiaux voyaient leur temporalité bouleversée par le jeu de la dilatation du temps à proximité d’une masse… infinie. Et puis un jour, ils furent une réalité. Sous la forme subtile de leur influence sur la trajectoire des étoiles environnantes, et surtout, en avril 2019, d’une première image capturée par un réseau de huit radiotélescopes répartis sur la surface de la planète. Une image qui révèlait l’existence d’un trou noir au centre de Messier 87, une galaxie massive de l’amas galactique Virgo, à quelque 55 millions d’années-lumière de la Terre , avec une masse considétable équivalant à 6,5 milliards de masses solaires.Depuis, ces fabuleux objets cosmiques caractérisés par des masses extraordinairement élevées et des dimensions incroyablement compactes, qui affectent leur environnement de manière extrême, déformant l’espace-temps et surchauffant toute matière située à proximité, ne sont plus des astres théoriques. Mieux encore, ils sont devenus incontournables dans la construction d’une histoire de l’Univers puisqu’on les trouvent aux cœurs des galaxies les plus proches du Big Bang et qu’ils ont sans doute joué un rôle dans l’organisation de la trame cosmique.Que sont-ils ? Quelle est la nature de ces astres denses ? Que savons-nous de celui qui occupe le centre de la Voie lactée ? Ont-ils un lien avec la matière noire ? Leur destin ultime est-il de se transformer en trous blancs ? Plus que jamais, alors que de nouvelles vues de ces monstres tapis au cœur des galaxies sont en cours de réalisation, les trous noirs sont les nouvelles stars de l’astronomie moderne. L'invité : Eric Gourgoulhon est astrophysicien, directeur de recherche CNRS au Laboratoire Univers et Théorie LUTH de l’Observatoire de Paris, médaillé d’argent du CNRS. Ses travaux issus de la relativité générale contribuent à interpréter les données des télescopes et des détecteurs d’ondes gravitationnelles dans le but de « comprendre la physique des astres compacts comme les étoiles à neutrons et les trous noirs ». Auteur de deux ouvrages sur la relativité restreinte et les fondements de la relativité numérique, il s’intéresse au comportement de la matière et de la lumière dans les champs gravitationnels forts. Le grand entretien de Ciel et espace est réalisé en partenariat avec le Club des chercheurs de la Fondation Victor Lyon de la Cité internationale universitaire de Paris, le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, la ville de Paris. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Le newspace : menace ou opportunités ?
2025/02/05
Alors que les regards se braquent sur une nouvelle compétition lunaire entre grandes puissances, et que bien des responsables politiques saluent toujours avec emphase les progrès de « la conquête spatiale », l’espace est plus que jamais le terrain d’une compétition entre grandes puissances - et sociétés privées - dans un monde qui a bien changé. Au moment où l’Europe semble à la peine, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et l’Inde multiplient les lancements et dessinent un nouveau paysage de méga constellations et d’infrastructures en orbite chargées de véhiculer des données numériques sur toute la planète. Une nouvelle économie se dessine avec des chiffres qui donnent le tournis… Comment faire la part du mythe et de la réalité ? Les startups du Newspace ont elle un avenir ou seulement un potentiel ? Que faut-il penser des nouveaux domaines de l'économie spatiale, à savoir les ressources des planètes et des astéroïdes, la fabrication en orbite, les méga-constellations, l'énergie, les data centers, la colonisation ? Quels modèles économiques se cachent derrière les méga-lanceurs comme le Spaceship d’Elon Musk, pour qui et pour quoi faire ? Les questions ne manquent pas et distinguer les vrais enjeux de l’économie spatiale de la propagande des lobbys du domaine est devenu indispensable pour comprendre les temps à venir. L’invité : Pierre Lionnet est directeur de recherche à Eurospace. Eurospace est l'association professionnelle de l'industrie spatiale européenne. Il s'agit d'une organisation européenne à but non lucratif créée en 1961. Les entreprises membres d'Eurospace représentent aujourd'hui 90 % du chiffre d'affaires total de l'industrie spatiale européenne. Eurospace favorise le développement des activités spatiales en Europe et promeut une meilleure compréhension des enjeux et des problèmes liés à l'industrie spatiale. Le grand entretien de Ciel et espace est réalisé en partenariat avec le Club des chercheurs de la Fondation Victor Lyon de la Cité internationale universitaire de Paris, le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, la ville de Paris. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vie dans l’Univers, où es-tu ?
2025/01/09
En mai 2024, une équipe de recherche internationale incluant des chercheurs du CNRS Terre & Univers a découvert une nouvelle planète : SPECULOOS-3b. D'une taille très similaire à la Terre, située à environ 55 années-lumière de la Terre, cet astre orbite autour d’une étoile beaucoup plus froide que notre Soleil. Mais elle en est si proche que sa température y est beaucoup plus élevée que sur Terre. Ce n’est que le deuxième système planétaire découvert autour d’une étoile « ultra-froide » depuis celle du système planétaire TRAPPIST-1 en 2017, qui a depuis joué un rôle majeur dans l’étude et la compréhension des exoplanètes rocheuses. Du fait de son orbite ultra-courte, la planète SPECULOOS-3b reçoit près de 16 fois plus de radiations de haute énergie par seconde que la Terre n'en reçoit du Soleil. Dans un tel environnement, la présence d’une atmosphère autour de cette planète est très peu probable. Mais en raison de ses propriétés très singulières, cette exoplanète représente l’une des meilleures opportunités d’étudier pour la première fois la surface de planètes rocheuses en dehors du système solaire. Et en fait une cible de choix pour le télescope spatial JWST. L’un de ses instruments infrarouge, MIRI, pourra fournir prochainement des spectres détaillés de SPECULOOS-3b, et potentiellement permettre d'accéder aux propriétés minéralogiques de la surface de la planète. Après la découverte des premières exoplanètes à la fin du XX siècle, et à l’aide de nouveaux instruments d’observation révolutionnaires, une nouvelle étape s’ouvre pour la recherche : la caractérisation des « planètes habitables ». De quoi parle-t-on ? Où et comment chercher ce Graal de l’Astronomie : la Vie dans l’Univers ? L’invitée du Grand entretien Elsa Ducrot est Astronome-adjointe à l’Observatoire des Sciences de l’Univers Paris-Sud - CEA Paris-Saclay. Elle travaille sur les exoplanètes, des planètes qui tournent autour d’autres étoiles que le soleil. Et s’intéresse tout particulièrement à celles qui sont potentiellement rocheuses et situées dans la zone habitable de leur étoile. L’objectif est de chercher des planètes qui pourraient réunir les conditions d’habitabilité pour le développement de la vie, comprendre comment elle apparaît, et sous quelle forme. Membre de l’équipe qui a construit au CEA l’un des instruments du JWST, elle a pu utiliser ce télescope hors pair et en connaît les qualités exceptionnelles pour la recherche scientifique. En octobre dernier, la jeune astrophysicienne a reçu le prix Jeune Talent Fondation L’Oréal-UNESCO pour les Femmes et la Science, pour ses recherches sur la vie extra-terrestre. Le slogan de la fondation est : « Le monde a besoin de science et la science a besoin de femmes ». C’est aussi ce qu’Elsa Ducrot a envie de transmettre. Le grand entretien de Ciel et espace, en partenariat avec le Club des chercheurs de la Fondation Victor Lyon de la Cité internationale universitaire de Paris. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Ariane 6, les défis de l'Europe spatiale
2024/10/10
Le grand entretien de Ciel et espace, en partenariat avec le Club des chercheurs de la Fondation Victor Lyon de la Cité internationale universitaire de Paris, Alain Cirou reçoit Xavier Pasco, Directeur de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). Si tout va bien, dans quelques semaines entre la mi-juin et le 31 juillet 2024, la nouvelle fusée européenne Ariane 6 devrait s’envoler du Centre Spatial Guyanais à Kourou. Avec quatre années de retard sur le programme, et dans un contexte géopolitique qui a privé l’Europe de tout lanceur depuis octobre 2023, le succès du vol inaugural est attendu avec impatience. Vingt-six ans se sont écoulés entre le lancement du projet d’Ariane 5, en 1988, et celui d’Ariane 6. Et le monde a bien changé. L’économie du New Space a redynamisé le secteur ; Elon Musk avec Space X a fait la démonstration du lanceur réutilisable ; les constellations de satellites ont démultipliées le nombre d’objets en orbite et la quantité de services disponibles ; les rivalités stratégiques entre grandes puissances ont imposé l’espace comme un nouveau lieu de démonstrations technologiques, de rivalités, voire de bataille. Comment s’y retrouver et comprendre l’enjeu des manœuvres en cours ? Que pèse le secteur spatial dans ce monde où les infrastructures de réseaux se sont implantées au-dessus de nos têtes ? Quelle place l’Europe peut-elle trouver dans ce nouvel ordre où les Etats-Unis et la Chine, mais aussi l’Inde et de nouvelles puissances spatiales émergentes, investissent des moyens très importants pour occuper l’orbite terrestre et au-delà ? Quelle est la place du militaire ? Sommes nous en danger de perdre nos propres moyens d’accès à l’espace et faut-il revoir les règles entre pays membres de l’Agence spatiale européenne pour rester dans la course ? Que comprendre, dans ce contexte, des promesses d’exploration robotique et humaine sur la Lune, vers les astéroïdes et la planète rouge ? L’invité : Xavier PASCO est Directeur de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) depuis octobre 2016. Spécialiste internationalement reconnu des enjeux spatiaux, il a conduit de nombreux travaux portant sur les questions de politique spatiale dans leurs dimensions civiles et militaires avec un suivi particulier des affaires spatiales américaines civiles et militaires et de la stratégie internationale des États-Unis dans les domaines de haute technologie. Il a été impliqué depuis de nombreuses années dans des groupes de travail internationaux (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne, France). Il a également participé à plusieurs groupes d’étude organisés sous l’égide de l’administration française, qu’il s’agisse du ministère de la défense ou des services du Premier ministre (Centre d’Analyse Stratégique). Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont dont le plus récent, publié en avril 2017 chez CNRS Editions, est intitulé « Le nouvel âge spatial : de la Guerre froide au New Space ». Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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