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Propagations

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Rating
★★★★★
5
from
1 reviews
This podcast has
42 episodes
Language
French
Explicit
No
Date created
2025/09/04
Latest episode
2026/10/08
Average duration
55 min.
Release period
15 days

Description

Autour de nous, des batailles silencieuses font rage. Pas de mouvements de troupes visibles, mais des récits propagés, des croyances fabriquées, des éléments de langage amplifiés. Ces attaques ont pour champs de bataille nos espaces publics numériques et pour terrain à conquérir nos esprits. Propagation(s) propose une analyse systémique des conflits informationnels. Chaque mardi, Guillaume Ledit reçoit chercheurs et experts pour décoder les mécanismes de la désinformation, de l'ingénierie sociale et des ingérences étrangères. Au programme : sociologie des réseaux, géopolitique numérique, psychologie cognitive, analyse des propagandes... Une approche interdisciplinaire pour comprendre la menace qui pèse sur nos démocraties. L'objectif ? Outiller les citoyens pour résister aux tentatives de manipulation informationnelle et revivifier notre espace public commun. Un podcast proposé & produit par Opsci.ai Production : Justin Poncet Animation : Guillaume Ledit Réalisation son: Romane Mugnier Réalisation vidéo : Choses Communes Graphisme : Gautier Gevrey Générique : Martin Commandeur Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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QAnon : autopsie d’une manipulation de masse, avec Dusan Bozalka
2026/10/08
De prime abord, QAnon ressemble à un délire incohérent. En réalité, c'est une machinerie textuelle et technique d'une redoutable précision. En analysant les données computationnelles de près de 5 000 messages anonymes, le chercheur en sciences de l'information Dusan Bozalka (CARISM / Panthéon-Assas, ex-IRSEM) démonte les rouages de la plus grande illusion collective du web : l'architecture anonyme de 4chan, les rituels de décodage participatif et l'appropriation cynique de serveurs par des administrateurs sans scrupules. Comment l'architecture technique d'un forum éphémère comme 4chan a-t-elle déterminé la forme de nos croyances politiques actuelles ? Entre manipulation des métadonnées, rituels de numérologie et faux leaks d'État, les théories du complot sont-elles d'abord des dérives idéologiques ou de pures créations de l'ingénierie des plateformes ? Au programme : 4chan et la matrice /pol/ : comment l'anonymat intégral et l'éphémérité des messages ont servi de laboratoire aux campagnes de cyberharcèlement (Gamergate), aux théories partisanes (Pizzagate) et à l'émergence des premiers faux informateurs d'État.La mécanique des « drops » et la coproduction du récit : pourquoi QAnon ne fonctionne pas comme une propagande descendante, mais comme un jeu d'enquête participatif où les adeptes fabriquent eux-mêmes les recoupements narratifs.La rhétorique de l'esquive (« Disinformation is real ») : comment les meneurs complotistes transforment chaque prédiction ratée ou fausse prophétie en preuve délibérée de leur lutte secrète contre l'« État profond ».Le recadrage des coulisses et les coups de chance : de la pièce jointe d'un tweet de Trump à la purge princière en Arabie saoudite et au « Notre Père » modifié par le Vatican, autopsie des coïncidences qui ont assis l'autorité de Q auprès de ses fidèles.De 4chan à 8chan : la bataille des coulisses : l'éviction de Q, l'arrivée de Paul Ferber puis la reprise en main du compte par Jim et Ron Watkins pour monétiser et sécuriser l'audience du site.Normification et « Pastel QAnon » : comment les récits toxiques ont été épurés de leur violence brute par des interfaceurs puis par des influenceuses yoga et bien-être pour conquérir le grand public sur Instagram et Facebook lors de la pandémie. La franchise transnationale du complot : l'exportation des récits vers l'Allemagne, l'Italie (affaire Gladio, années de plomb) et la France (collectif 17 / Les DéQodeurs) par le biais de l'émancipation journalistique alternative et de lives communautaires. Biolabs ukrainiens et propagande russe : comment la disparition de Q et le récit de « War Clandestine » ont précipité la complosphère occidentale et les relais MAGA (Tucker Carlson) dans les bras de la désinformation du Kremlin.L'écosystème américain comme ingérence étrangère : la néo-réaction illibérale (rejet du Congrès, fermeture d'agences fédérales, élimination des contre-pouvoirs) déjà en germe dans les drops et désormais intégrée aux pratiques du pouvoir politique. Ce que vous pourrez entendre : « Pour comprendre Q et les Anons, il ne s'agit pas simplement d'une théorie complotiste avec plein de trames narratives réactivées : Q, c'est surtout l'héritier des usages, des pratiques de mise en scène et de la façon dont on crée des messages sur 4chan. » « Moi je conçois les théories complotistes comme des processus de réencodage, où un acteur va décoder une théorie complotiste, puis va la réencoder, en laissant sa patte. » « Il y a des moments où Q s'est planté et il va dire sa formule fétiche : « Disinformation is necessary ». Il explique que l'État profond surveille le forum et qu'il était légitime d'induire tout le monde en erreur. » « La dimension performative de mise en scène du complotisme est extrêmement visible et elle ne peut pas se défaire de la composante narrative. Les deux vont forcément ensemble. » « Étant donné l'influence que l'écosystème complotiste américain possède sur l'Europe et sa proximité avec le pouvoir, moi je parle carrément d'influence étrangère. »Un podcast proposé & produit par opsci.ai & distribué par Binge Audio Production : Justin PoncetAnimation : Guillaume LeditRéalisation son : Romane MugnierRéalisation vidéo : Alban RobertGraphisme : Gautier Gevrey Générique : Martin Commandeur Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Faire de l'info sur la désinfo
2026/09/23
Journaliste à Libération, spécialiste du numérique, de la cybersécurité et des opérations d’influence, Amaelle Guiton enquête au quotidien sur les campagnes de manipulation de l’information. Des officines privées de l’affaire Black Core aux faux contenus ciblant le débat démocratique, elle explore dans cet entretien le piège tendu aux journalistes comme aux politiques : comment dénoncer et documenter ces attaques sans offrir aux manipulateurs la caisse de résonance qu'ils recherchent ? Entre l'émergence d'un mercenariat numérique sous-traité au plus offrant et la diplomatie du « mème » adoptée par le Quai d'Orsay, où se situe la frontière entre transparence légitime, risque de sur-amplification et dévaluation de la parole publique ? Démêler les infrastructures techniques, pister les traces en open source et caractériser la menace : et si la meilleure arme contre la manipulation informationnelle ne résidait pas seulement dans la contre-attaque numérique, mais dans la compréhension du terreau social qui la rend efficace ? Ce que vous pourrez entendre : « C'est la paresse des opérateurs de ces campagnes qui permet les petites erreurs. Comme on le dit souvent en cybersécurité, le maillon faible se situe entre la chaise et le clavier. » « On assiste, dans les manipulations de l'information, à l'émergence d'une forme d'ubérisation avec des boîtes privées, de la sous-traitance et des commanditaires très variés. »Un podcast proposé & produit par Opsci.ai & distribué par Binge Audio Production : Justin Poncet Animation : Guillaume Ledit Réalisation son & coordination : Romane Mugnier Réalisation vidéo : Alban Robert Graphisme : Gautier Gevrey Générique : Martin Commandeur Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Retour sur l'affaire Xenia Fedorova, avec Maxime Audinet
2026/09/15
Arrêté d'expulsion estival, gel des avoirs financiers et recours rejeté en justice : le cas de Xenia Fedorova, ex-patronne de RT France devenue consultante influente dans le giron du groupe Bolloré, a secoué le paysage médiatique et politique français. Pourquoi les autorités françaises ont-elles mis autant de temps à agir ? Comment des narratifs pro-Kremlin et la banalisation de crimes de guerre ont-ils pu être "blanchis" sur des canaux télévisés nationaux ? S'agit-il d'un simple coup d'éclat politique ou d'une réelle menace d'ingérence à l'approche des échéances électorales ? Pour ce tout premier numéro de Rebond, le format d'analyse à chaud de Propagations, nous recevons Maxime Audinet, chercheur, titulaire de la chaire « Influence et contre-influence » à l’Inalco et spécialiste des stratégies d'influence russes. Ayant lui-même fait face à 4 ans et demi de poursuites judiciaires (procès-bâillon) intentées par RT France, il décortique sans gants les méthodes, les convergences idéologiques et le vertige démocratique que pose cette affaire. Un podcast proposé & produit par opsci.ai & distribué par Binge Audio Production : Justin PoncetAnimation : Guillaume LeditRéalisation son : Romane MugnierRéalisation vidéo : Alban RobertGraphisme : Gautier Gevrey Générique : Martin Commandeur Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
De la blogosphère à l’AI slop : où va la communication politique ?
2026/09/07
Romain Pigenel a dirigé l'influence numérique de la campagne de François Hollande en 2012 avant de prendre la tête du numérique à l'Élysée puis au SIG. Il est aujourd'hui directeur de la communication de l'ENS. Quatorze ans après avoir inventé les "riposte parties", il revient sur la généalogie d'une communication politique devenue industrielle, des blogs des années 2000 aux mèmes générés par IA de la Maison Blanche.Qu'est-ce que la professionnalisation de la communication politique a changé au débat démocratique ? Entre l'effet de meute né dès 2012 et la stratégie du rire de Donald Trump, où s'arrête l'usage légitime des réseaux sociaux et où commence la dérive vers le harcèlement coordonné ? Et que retenir de ces exemples à l'aube d'une année électorale particulièrement indécise ? Au programme : - Riposte parties (2012) : comment fédérer blogueurs et tweetos anti-Sarkozy en "force de frappe numérique"- Effet de meute : le moment où Romain Pigenel voit basculer le collectif militant en ligne- Professionnalisation vs dérive : distinguer la mesure d'efficacité de l'instrumentalisation agressive- Donald Trump et la stratégie du rire : pingouin IA du Groenland, codes MMA, "entertainer" politique- Zohran Mamdani : mise en scène du community organizing et limites du story-telling importé des États-Unis- Saturation positive : contrer "l'inondation de la zone de m***e" de Steve Bannon par la culture et la science- Refus d'un internet fermé : le régime iranien comme repoussoir, la régulation comme seule optionCe que vous pourrez entendre : "Tout ce qu'il y a à savoir en communication politique, on peut déjà le lire dans les vieux traités de rhétorique latine : quasiment tous les fondamentaux sont là." "Ce qui reste pour moi définitoire d'internet, c'est la concrétude de la liberté d'expression : elle n'est plus théorique, on peut la saisir." "Je vois les prémices de ce qu'on appelle aujourd'hui l'effet de meute. Et je me dis : là, il y a un problème." "Ce n'est pas une tare de professionnaliser. Le problème, c'est quelle éthique préside à tout cela, et quel est le but." "Le rire détruit, et c'est utile pour comprendre l'efficacité de Donald Trump : il met les rieurs de son côté." "On peut faire de la saturation for good. La saturation, ça s'organise." Un podcast proposé & produit par opsci.ai & distribué par Binge Audio Production: Justin PoncetAnimation: Guillaume LeditRéalisation son: Romane MugnierRéalisation vidéo: Alban RobertGraphisme: Gautier Gevrey Générique : Martin Commandeur Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
OSINT : à qui appartient la grammaire de la vérité ?
2026/07/15
Allan Deneuville est maître de conférences en sciences de l'information et de la communication à l'Université Bordeaux-Montaigne, chercheur à GEODE et responsable du pôle recherche d'Open Facto. Ce spécialiste des arts visuels a plongé dans l'enquête en source ouverte, au point d'y consacrer un ouvrage OSINT : enquêtes et démocratie (INA). Cette méthode devenue à la fois contre-pouvoir citoyen et arme informationnelle, l'interroge. Il en démonte les formes visuelles pour comprendre comment elles peuvent être imitées, détournées, retournées. L'enquête en source ouverte a longtemps porté une promesse démocratique : la vérité par les données, vérifiable par tous. Mais sa grammaire visuelle s'apprend... et ce qui s'apprend s'imite. Que reste-t-il de l'OSINT quand la désinformation d'État en épouse les codes, et quand la factualité elle-même est attaquée de toutes parts ? Au programme :- La grammaire visuelle de la véridiction : ce concept, emprunté à Foucault, désigne ces manières de discourir qui reprennent tous les codes de la vérité sans en être une.- Boutcha, mars 2022 : des chaînes prorusses reprennent le montage, les flèches et les zooms d'une enquête du New York Times pour conclure à l'inverse — la désinformation n'imite plus seulement les faits, mais la forme de l'enquête.- Les formes qui « disent le vrai » : images de smartphone pixelisées, vues satellite, timelines, fils rouges — des codes hérités de Forensic Architecture et diffusés par un petit écosystème de motion designers.- Dark OSINT et para-OSINT : doxing, cartographies de cibles, vigilantisme d'un côté ; raisonnements de causalité erronés (chemtrails, QAnon, Loose Change) de l'autre — mêmes techniques, finalités opposées.- L'OSINT, enfant de la démocratie libérale : presse libre, données ouvertes et réseaux non censurés en font une méthode asymétrique, plus praticable sur la France que sur la Russie, l'Iran ou la Chine.- Défendre la factualité, penser le récit : de l'hôpital al-Ahli aux vidéos ludifiées de la communication stratégique, l'enjeu se déplace de la preuve vers le récit factuel. Ce que vous pourrez entendre :« C'est un peu pauvre de dire : "Ce n'est pas de l'OSINT parce que ce sont des méchants, et l'OSINT c'est les gentils." En fait, ce sont exactement les mêmes techniques. » « Ce qu'il faut sauver avec l'OSINT, c'est, d'une certaine manière, la démocratie libérale. » Un podcast proposé & produit par opsci.ai Production : Justin Poncet Animation : Guillaume Ledit Réalisation : Romane Mugnier Graphisme : Gautier Gevrey Générique : Martin Commandeur Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Désinformation : anatomie d'une notion
2026/06/29
Doctorant en sciences cognitives sociales à l'Institut Jean-Nicod, Grégoire Darcy publie La désinformation (Repères, La Découverte), une synthèse de dix ans de littérature scientifique sur le sujet. À rebours du discours ambiant, il refuse d'y voir un épiphénomène marginal autant qu'un instrument tout-puissant. Il décrit un phénomène statistiquement rare mais socialement concentré, qui prospère sur des vulnérabilités bien réelles. Darcy s'attache au cours de l'entretient à donner les chiffres de la prévalence réelle de la désinformation, à démonter l'idée que le faux circulerait toujours plus vite que le vrai, et à séparer des effets directs difficilement prouvés des effets indirects sur la confiance. Au programme : — Comment mesure-t-on réellement la prévalence de la désinformation, et pourquoi les sondages déclaratifs ne disent pas ce qu'on croit ? — Le faux circule-t-il vraiment six fois plus vite que le vrai ? Ce que l'étude Vosoughi (Science, 2018) établit, et ce que ses lecteurs lui ont fait dire. — Sommes-nous crédules ? Une méta-analyse sur plus de 190 000 individus suggère que nous péchons surtout par excès de scepticisme. — Pourquoi adhérer au faux peut être rationnel socialement, quand ça ne l'est pas épistémiquement. — Le cadrage dominant de la « crédulité » : pourquoi il est incomplet, et pourquoi il résiste aux données (étude Darcy & Altay sur les professionnels du secteur). — Que ferait Darcy avec 5 milliards d'euros sur cinq ans ? Une stratégie « en portefeuille » : fact-checking positif, refinancement de la presse régionale, observatoire interministériel. Ce que vous pourrez entendre : « Ce qui est irrationnel épistémiquement peut, en revanche, être rationnel socialement. » « On peut écoper par du fact-checking autant qu'on veut le bateau qui coule, mais il faut aussi colmater la brèche. » Retrouvez ici la bibliographie constituée par Grégroire Darcy Un podcast proposé & produit par opsci.ai Production : Justin Poncet Animation : Guillaume Ledit Réalisation : Romane Mugnier Graphisme : Gautier Gevrey Générique : Martin Commandeur Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Cinq ans de Viginum: la veille a de l'avenir
2026/06/15
Pour son forum annuel, Viginum a ouvert ses portes à celles et ceux dont le métier est de douter de l'État : journalistes, ONG, chercheurs, fact-checkers. Propagation(s) y était. Marc-Antoine Brillant, chef du service de lutte contre les ingérences numériques étrangères, dresse le bilan de cinq ans d'existence ; en marge, des praticiens du contre-jeu informationnel prolongent la conversation. L'angle : ce que dit cette ouverture du déplacement de la frontière entre menace étrangère et reprise domestique. Le mandat de Viginum s'arrête à ce qui vient de l'étranger. Mais un narratif forgé à Moscou ne s'arrête pas à cette frontière : il est repris, reformulé, blanchi par des acteurs nationaux que rien n'oblige à dire d'où ils tiennent leurs récits. Que met en place une démocratie pour traiter cet espace que personne n'occupe en propre, sans toucher à la liberté de la presse qu'elle prétend défendre ? Au programme : - Viginum, cinq ans : bilan du service rattaché au SGDSN, placé sous l'autorité du Premier ministre, par son chef Marc-Antoine Brillant : six scrutins protégés, aucun épargné par des tentatives de déstabilisation- Le mandat et sa frontière - Le blanchiment des narratifs : comment des récits forgés à l'étranger sont relégitimés par des acteurs nationaux, dans un système médiatique concentré (Hervé Letoqueux, Check First, ancien chef des opérations de Viginum)- La méthode OSINT : remonter les infrastructures —plutôt que vérifier les contenus, pour établir inauthenticité et extranéité et reprendre l'avance sur le narratif- Médias, cibles et partenaires : usurpation d'identité, faux sites d'actualité (Doppelganger, Matriochka), conventions et formations conjointes avec les rédactions et écoles de journalisme- Plateformes et régulation : le défaut de diligence des réseaux sociaux, la convention VIGINUM-ARCOM et le levier du DSA (Léa Perruchon, Forbidden Stories ; William Audureau, Le Monde)- 2027 en ligne de mire : la stratégie nationale, l'approche « whole of society » scandinave et le citoyen comme premier rempart- Ce que vous pourrez entendre : « Pour eux, ces acteurs étrangers malveillants, la confiance est une cible. Pour nous, c'est notre trésor à défendre. » — Marc-Antoine Brillant « D'abord, il y a la récupération des narratifs étrangers par des acteurs et le blanchiment de ces narratifs par des acteurs nationaux. » — Hervé Letoqueux Un podcast proposé & produit par opsci.ai Production : Justin Poncet Animation : Guillaume Ledit Réalisation : Romane Mugnier Graphisme : Gautier Gevrey Générique : Martin Commandeur Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
L'IA générative, nouvel architecte de nos émotions ?
2026/06/08
Nadia Guerouaou, docteur en neurosciences cognitives et psychologue clinicienne, a mené sa thèse à l'IRCAM, au CNRS et à Sorbonne Université sur les filtres vocaux émotionnels. Elle publie Notre cerveau sous influence aux éditions Eyrolles, une enquête systémique sur les IA génératives comme technologies affectives qui paramètrent en temps réel l'expression de nos émotions et reconfigurent le paysage moral de nos sociétés. Que devient la confiance lorsqu'un sourire se synthétise et qu'une voix se clone en quelques secondes d'audio ? Quels acteurs détiennent ces capacités de façonnement et selon quelle logique ? Et que reste-t-il de la délibération démocratique si nos affects, devenus paramétrables, se voient neutralisés au nom du bien-être collectif ? Au programme : - Filtres vocaux émotionnels : du dispositif Emotion Cancelling Voice de SoftBank au Smart Face du chercheur japonais Shigeo Yoshida, ces technologies qui modifient en temps réel l'expression des émotions sur les visages et dans les voix- IA-affectivité : le concept proposé par Nadia Guerouaou pour saisir la reconfiguration progressive de nos émotions et de notre paysage moral par la médiation des IA génératives- Théorie des émotions construites : les travaux de la neuroscientifique Lisa Feldman Barrett qui défont l'idée d'émotions universelles et innées au profit d'une fabrique cérébrale ancrée dans nos environnements- Hyperpersonnalisation affective : comment le profilage des données comportementales, des capteurs biométriques et des réseaux sociaux ouvre un terrain inédit aux opérations d'influence et aux deepfakes ciblés- AI Action Plan de la Maison Blanche (juillet 2025) : la bataille culturelle pour définir la "neutralité" des LLM et la question, jamais innocente, de savoir qui encode les valeurs dans ces modèles- Failles de l'AI Act européen sur la reconnaissance émotionnelle : pourquoi l'autorisation de catégoriser une voix ouvre mécaniquement la voie à sa transformation- Domestication émotionnelle et passions publiques : ce que la neutralisation algorithmique des affects, sous couvert de débat apaisé, coûterait à nos démocraties Ce que vous pourrez entendre : « Avec cette technologie-là, de plus en plus, on va déléguer à la fois l'expression, mais aussi l'interprétation, la reconnaissance émotionnelle. » « En appliquant ce mute algorithmique sur certains discours d'insatisfaction qui peuvent être véhiculés par de la colère, on se prive aussi de l'accès à des informations qui sont importantes pour notre société. » Un podcast proposé & produit par opsci.ai Production : Justin Poncet Animation : Guillaume Ledit Réalisation : Romane Mugnier Graphisme : Gautier Gevrey Générique : Martin Commandeur Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Le trumpisme, une guerre contre le réel
2026/06/01
Historienne spécialiste des États-Unis et chercheuse associée à l'Université Sorbonne Nouvelle (CREW), Maya Kandel suit le mouvement national-conservateur américain depuis 2016. Auteure d'Une première histoire du trumpisme (Gallimard, 2025) et de la série Les sombres mages de la Maison Blanche pour Mediapart, elle décortique l'appareil de propagande para-médiatique du second mandat Trump et la stratégie de pourrissement du débat public qui en constitue le moteur. Comment une administration en vient-elle à gouverner par memes, posts sur Truth Social et vidéos générées par IA ? Pourquoi la Maison Blanche s'est-elle muée en entreprise médiatique sélectionnant ses propres journalistes, effaçant 150 000 pages gouvernementales et licenciant les producteurs de statistiques officielles ? Que reste-t-il du réel quand un État en fait l'adversaire ? Au programme : - L'expertise médiatique de Trump : 14 saisons de The Apprentice, codes de la téléréalité et maîtrise précoce des réseaux sociaux comme matrice politique- Le trauma de la déplatformisation post-Capitole : naissance d'un écosystème parallèle (Truth Social, Rumble, X racheté par Musk) et instrumentalisation de la liberté d'expression- La Maison Blanche comme média de combat : équipe de réactions rapides, vidéo « Riviera Gaza », codes de jeux vidéo appliqués à la frappe sur la frégate iranienne- Les influenceurs au pouvoir : Kash Patel au FBI, Pete Hegseth au Pentagone, Jack Posobiec en mission diplomatique, Laura Loomer pilotant la purge du Conseil de sécurité nationale- La fabrique d'une ignorance structurelle : effacement de bases de données fédérales, mise au pas des Smithsonian, casse des « thermomètres statistiques » (Bureau of Labor Statistics)- Le soft power MAGA en Europe : hub hongrois d'Orbán, déclinaison du MNC à Bruxelles, importation des récits par Zemmour, Le Pen et les extrêmes droites européennes- Viginum, French Response, modèle brésilien : peut-on répondre sans s'aligner sur les armes de l'adversaire ?- Ce que vous pourrez entendre : « Je pense qu'il y a vraiment une stratégie délibérée de pourrissement du débat public. (...) Là, oui, c'est une guerre contre le réel. » « Le grand succès du trumpisme, c'est de proposer une forme de synthèse des deux récits dominants qu'on a depuis l'après attentat du 11 septembre 2001 : ce récit civilisationniste (...) et du récit complotiste. » Un podcast proposé & produit par opsci.ai Production : Justin Poncet Animation : Guillaume Ledit Réalisation : Romane Mugnier Graphisme : Gautier Gevrey Générique : Martin Commandeur Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Guerre des récits : la France contre-attaque
2026/05/25
Marie-Doha Besancenot, conseillère en communication stratégique au cabinet du ministre Barrot et ex-secrétaire générale adjointe de l'OTAN pour la diplomatie publique, et Paul Charon, directeur du domaine renseignement, anticipation et stratégie d'influence à l'IRSEM et sinologue, incarnent deux postes d'observation rares. De l'immuabilité doctrinale otanienne à l'agilité réactive du Quai d'Orsay, ils interrogent une question qui traverse tout le podcast : qui fabrique les récits, et comment riposter sans les subir. Si le récit est le soubassement de presque toute opération d'influence, comment l'analyser pour mieux le démonter ? La narratologie peut-elle armer la contre-influence ? Et pourquoi le répertoire d'action chinois, massif et largement physique, échoue-t-il à Taïwan là où il prospère ailleurs ? Au programme : - La Stratcom otanienne : un récit de la constance, adossé au traité de l'Atlantique Nord, dont la force et la limite résident dans son refus d'évoluer.- Le pivot du Quai d'Orsay : création d'un poste de communication stratégique, importation de la planification militaire dans une culture diplomatique de la réaction à chaud.- La greffe narratologique : Charon hybride Genette, théorie de la sérialité et narratologie factuelle (Fludernik, Ryan) pour comprendre des récits que le fact-checking ne suffit pas à neutraliser.- French Response et les comptes de riposte : un modèle inspiré des dispositifs américains, où l'on répond à la provocation russe (comptes Dmitriev, Medvedev) par l'ironie plutôt que par le communiqué.- Taïwan, laboratoire : l'entièreté du répertoire chinois observable en un lieu — fermes de contenu, réseaux d'anciens officiers, triades, temples — pour un résultat globalement inefficace, du dénigrement à la satire.- L'influence invisible : pression économique, relais humains, autocensure (l'affaire Tibet/Xizang au musée Guimet), ces canaux classiques plus dommageables que le numérique.- Ce qui manque en France : moyens, coordination interministérielle, et un développement de l'approche narratologique comme clé de lecture opérationnelle.- Ce que vous pourrez entendre : « Avant, là où on allait argumenter directement, aujourd'hui, on raconte une histoire. » « C'est le seul endroit où on peut observer l'entièreté du répertoire d'action chinois. » Un podcast proposé & produit par opsci.ai Production : Justin Poncet Animation : Guillaume Ledit Réalisation : Romane Mugnier Graphisme : Gautier Gevrey Générique : Martin Commandeur Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Saturer pour mieux régner : la nouvelle économie de la guerre informationnelle
2026/05/11
Chloé Debiève a passé deux ans et demi au Centre interarmées de concepts, de doctrines et d'expérimentations (CICDE) à participer à la doctrine française d'influence et de lutte informationnelle. Désormais consultante, elle déchiffre ce qui se joue quand l'inondation de l'espace public devient une stratégie en soi, et non plus un simple effet de bord des plateformes. De la Roumanie à la Hongrie, des chaînes d'info en continu à TikTok, elle déplace le regard du « faux » vers le « trop ». L'enjeu n'est plus seulement la fake news qui circule, mais le milieu dans lequel elle trouve les bonnes conditions pour se propager. Comment lutter contre une manipulation qui ne s'appuie pas sur le mensonge, mais sur l'épuisement, la perte de repères et la confusion entre vrai et faux ? Et que reste-t-il de l'espace public habermassien à l'heure du flood the zone with shit ? Autant de passionnantes questions qu'on aborde avec elle. Au programme : - Le cas roumain comme laboratoire : 27 000 comptes inauthentiques, une centaine d'influenceurs TikTok activés, et la première élection annulée pour ingérence numérique dans l'histoire de l'UE- Doctrine et architecture française : du CICDE à Viginum, en passant par le SGDSN et le rapport Pouzyreff-Récalde sur la fonction stratégique influence- La manipulation par le « trop » : pourquoi l'inondation informationnelle vise l'épuisement et la perte de repères plutôt que la conviction- L'angle mort des chaînes d'info en continu : un vecteur de saturation aussi puissant que les plateformes, mais bien moins étudié- Hyperpersonnalisation algorithmique vs médias de masse : le précédent néerlandais et le bras de fer engagé contre Meta pour rétablir le fil chronologique- Stratégie nationale 2026-2030, DSA, sanctions à 6 % du chiffre d'affaires : ce que l'architecture européenne peut faire et ce qu'elle ne pourra pas- Au-delà de la lutte : pourquoi la réponse passe par l'accompagnement, l'éducation aux mécanismes (astroturfing, gaslighting, saturation) et la reconquête des espaces de débat hors-ligne Ce que vous pourrez entendre : « C'est grâce au trop qu'on a le faux. » « On a créé des réseaux pour se rapprocher, on s'éloigne. » Un podcast proposé & produit par opsci.ai Production : Justin Poncet Animation : Guillaume Ledit Réalisation : Romane Mugnier Graphisme : Gautier Gevrey Générique : Martin Commandeur Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Désinformation : la France a-t-elle enfin un plan de bataille ?
2026/04/27
Anne-Sophie Dhiver, directrice adjointe de VIGINUM, et Jean Cattan, rapporteur de la Stratégie nationale de lutte contre les manipulations de l'information, viennent déchiffrer au micro (et à la caméra) le premier document de doctrine français sur les ingérences numériques étrangères. Une plongée dans un plan de bataille qui mise sur l'intelligence collective plutôt que sur la centralisation étatique. Comment l'État peut-il armer les citoyens face aux manipulations sans s'ingérer lui-même dans le débat démocratique ? Quels leviers structurels mobiliser quand la menace s'industrialise et se monétise ? Comment articuler souveraineté nationale et action distribuée ? Au programme : - La fabrique d'une doctrine : 10 000 contributions citoyennes, consultation publique, travail interministériel inédit réunissant DGSE et Éducation nationale autour d'une même table- Les quatre critères de l'INE : extranéité, contenu trompeur, diffusion inauthentique, atteinte aux intérêts fondamentaux. Ce que Viginum traque, et ce qu'il ne traque pas- La pression narrative : importation en Europe d'une vision absolutiste de la liberté d'expression portée par la sphère Maga, instrumentalisée contre la régulation européenne- L'économie de la manipulation : programmes de monétisation des plateformes, publicité programmatique, et émergence d'une interférence numérique étrangère à vocation lucrative: l'exemple de la vidéo IA burkinabée à 17 millions de vues- L'angle structurel : agir sur l'architecture des plateformes (interopérabilité verticale, algorithmes alternatifs) plutôt que sur les contenus, en s'appuyant sur le DMA- Bâtir le capacitaire : Académie de lutte contre les manipulations chez VIGINUM (juin 2026), centre d'excellence IA, et logique distribuée inspirée des Cafés IA Ce que vous pourrez entendre : « Cette résilience nationale, c'est le prix à payer pour défendre notre souveraineté. » — Anne-Sophie Dhiver « On va intervenir sur la structure qui est très largement déterminante pour assurer la nature démocratique, ouverte, pluraliste des échanges. » — Jean Cattan Un podcast proposé & produit par opsci.ai Production : Justin Poncet Animation : Guillaume Ledit Réalisation : Romane Mugnier Graphisme : Gautier Gevrey Générique : Martin Commandeur Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
La propagande russe s'invite au JT : que révèle l'interview de Lavrov ?
2026/04/20
Maxime Audinet, spécialiste de la politique étrangère de la Russie, Professeur junior et titulaire de la chaire dédiée aux stratégies d'influence et de contre-influence en contexte numérique à l'INALCO. Au-delà de la polémique, on se penche dessus en tant que cas d'école pour disséquer le fonctionnement de la propagande russe contemporaine et la porosité d'une partie de l'écosystème médiatique français à cette dernière. Pourquoi nos médias peinent-ils à équiper leurs dispositifs face à des propagandistes aguerris ? Comment un ministre des Affaires étrangères russe peut-il dérouler son récit stratégique à 20h sans contradiction suffisante ? Et que faire, dans une démocratie libérale, d'une parole propagandiste qui n'est pas, en tant que telle, interdite ? Au programme : - Le trophée Lavrov : pourquoi accéder au JT de France 2, deuxième programme le plus regardé du pays, constitue l'un des principaux succès de la propagande russe en France ces dernières années- L'arsenalisation du relativisme : au-delà des mensonges grossiers, le whataboutism hérité de la rhétorique soviétique comme procédé central du discours de Lavrov et Zakharova- La comparaision Deranque / Navalny : l'équivalence manipulatoire qui révèle une connaissance fine des écosystèmes locaux et leur instrumentalisation dans des récits stratégiques adaptés- Trois facteurs de porosité médiatique : déficit de contextualisation lié à la temporalité de l'info continue, convergences idéologiques (écosystème Bolloré, recrutement des anciens de RT France), fascination française pour les « éminences grises » russes- Récits stratégiques vs désinformation : pourquoi se concentrer uniquement sur les fake news occulte le cœur du dispositif: la production d'histoires à forte élasticité discursive (conservatrice en Europe, anticoloniale dans les Suds)- Le paradoxe sécuritaire français : un des meilleurs dispositifs européens de détection des ingérences numériques coexiste avec des brèches béantes dans l'espace audiovisuel domestique- Le chantier de la contre-influence : sortir du paradigme purement défensif pour investir le terrain des récits sans trahir les principes de la démocratie libérale Ce que vous pourrez entendre : « Ce n'est pas simplement de la désinformation au sens classique du terme. C'est aussi une forme de relativisme arsenalisé. Et c'est précisément pour ça que c'est difficile à déconstruire en direct dans le format d'un JT. » « On a l'impression que d'un côté il y a quelque chose de très sophistiqué qui est fait, et puis de l'autre il y a des brèches énormes. » Un podcast proposé & produit par opsci.ai Production : Justin Poncet Animation : Guillaume Ledit Réalisation : Romane Mugnier Graphisme : Gautier Gevrey Générique : Martin Commandeur Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Et si le problème, c'était nos cerveaux ?
2026/04/06
Antoine Marie est psychologue politique et chercheur postdoctoral au CEVIPOF (Sciences Po). Ses travaux explorent les mécanismes cognitifs de la polarisation, de la propagation des théories du complot et de ce qu'il appelle « le côté obscur de la moralité ». Dans cet épisode de Propagations, il décortique les ressorts psychologiques qui font que la désinformation fonctionne: non pas malgré notre intelligence, mais souvent grâce à elle. Et si croire une fausse information était parfaitement rationnel ? La recherche en psychologie politique révèle que la crédulité n'est pas qu'un déficit de pensée critique : c'est un signal d'appartenance, un outil de mobilisation, une expression de convictions morales. Comprendre la désinformation par la demande plutôt que par l'offre modifie en profondeur la façon de penser la lutte informationnelle. Au programme : - Psychologie politique : une discipline émergente à la croisée des sciences cognitives et des sciences politiques, encore peu mobilisée dans le débat français- Autopersuasion et pensée motivée : les mécanismes empiriquement documentés par lesquels nos engagements sociaux façonnent nos croyances — et non l'inverse- Le côté obscur de la moralité : comment nos convictions morales et nos loyautés de groupe deviennent des vecteurs de diffusion de la mésinformation, à gauche comme à droite- Réseaux sociaux et polarisation : ce que la recherche dit réellement de leur rôle — non pas créateurs mais activateurs de ressorts tribaux profondément ancrés dans la nature humaine- Ingérences étrangères : la Russie n'invente pas les fractures, elle appuie sur des lignes de faille préexistantes — colères sociales, défiances intergroupe, sentiments d'humiliation- Les limites du fact-checking : utile mais insuffisant face à des croyances enracinées dans des motivations sociales, des appartenances et des colères politiques- LLM et biais de négativité : pourquoi les grands modèles de langage pourraient contribuer à défragmenter le paysage informationnel, et pourquoi le biais de négativité nous empêche de voir les bénéfices de l'IA Ce que vous pourrez entendre : « Souvent, la désinformation est intuitive : elle exploite des prédispositions à croire, des pentes de l'esprit assez naturelles, des petites théories naïves, des intuitions morales. » « On est en 2026, les gars, il faut se réveiller. Les sciences cognitives vont exploser, elles se diffusent dans les sciences sociales. Ce n'est pas un impérialisme disciplinaire, c'est une synergie. » Un podcast proposé & produit par opsci.ai Production : Justin Poncet Animation : Guillaume Ledit Réalisation : Romane Mugnier Graphisme : Gautier Gevrey Générique : Martin Commandeur Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Autonomie stratégique : l'Europe peut-elle couper le cordon américain ?
2026/03/23
Rayna Stamboliyska, fondatrice de RS Strategy, praticienne en résidence au Centre Internet & Sociétés du CNRS et ancienne Digital EU Ambassador, dissèque le brouillard conceptuel qui entoure la souveraineté numérique européenne. De la migration forcée de la CPI vers Proton à l'abandon de Microsoft par Lyon, Copenhague et Aarhus, elle analyse les dépendances critiques de l'Europe et les rapports de force qui façonnent (ou empêchent) son autonomie stratégique. L'Europe importe plus de 80 % de ses technologies numériques et ne contrôle que 2 % du marché du cloud. Mais que recouvre exactement la « souveraineté numérique » ? Quelle distinction opérer entre souveraineté, subsidiarité et autonomie stratégique ? Et surtout : comment passer du normatif au capacitaire quand un allié se transforme en levier de pression ? Au programme : - Souveraineté vs autonomie stratégique : déconstruire un brouillard conceptuel qui mélange philosophie politique, subsidiarité et capacité industrielle- Le « capacitaire » européen : pourquoi la base industrielle numérique est le nœud gordien de l'indépendance du continent- CPI, Microsoft, Proton : quand les sanctions américaines transforment la dépendance technologique en urgence opérationnelle- Le trade deal UE-US et le « tariff racket » : anatomie d'une pression américaine sur la régulation européenne du numérique (DSA, DMA)- RGPD, innovation et narratifs : comment le discours « la régulation tue l'innovation » s'écrase contre les réalités de terrain- Gaia-X, EuroStack, identité numérique : les initiatives européennes existent, mais avancent en rang dispersé- Ingérence américaine et souveraineté démocratique : de Musk/Weidel aux menaces de sanctions contre des juges français, une nouvelle frontière de l'influence Ce que vous pourrez entendre : « Ne pas engager le politique, c'est un risque existentiel pour ton activité. Et depuis Trump, c'est un risque existentiel pour nous tous et tout, tout court. » « L'Amérique innove, la Chine copie, l'Europe régule — rien que cette phrase, c'est vraiment l'espèce de manque d'arguments qui vient s'écraser crânement contre la nuance et la subtilité de ce qu'on a réussi à construire ensemble. » Un podcast proposé & produit par opsci.ai Production : Justin Poncet Animation : Guillaume Ledit Réalisation : Romane Mugnier Graphisme : Gautier Gevrey Générique : Martin Commandeur Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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