
Advertise on podcast: Puisque vous avez du talent
This podcast has
39 episodes
Language
FrenchPublisher
RTBFExplicit
No
Date created
2015/09/10
Latest episode
2021/10/17
Average duration
112 min.
Release period
15 days
Description
L’émission de Laurent Graulus consacrée aux jeunes musiciens professionnels vous est proposée le samedi et le dimanche. Musiq’3 souhaite donner un coup de pouce à la visibilité des jeunes talents qui démarrent leur carrière, en les enregistrant, en les diffusant et en proposant l’enregistrement aux radios membres de l’Union des radios européennes (UER). Un beau moyen pour les grands noms de demain de se faire connaître ! Petit changement horaire concernant l'émission : elle sera désormais diffusée uniquement le dimanche de 12h à 14h.
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Puisque vous avez du talent - Andreas Polyzogopoulos et Diederik Wissels : ' Si l'on a besoin de trop parler dans un duo, c'est qu'il y a un problème ! ' (Nouvelle diffusion) - 17/10/2021
2021/10/17
Nouvelle diffusion de cette émission qui vous avait été proposée le 5 novembre 2020.
Diederik Wissels est pianiste de jazz et compositeur. Depuis plus de 30 ans, il est l'un des grands noms de la scène jazz en Belgique. Il est également professeur de piano, de composition, et d'ensemble (ndlr. : l'équivalent de professeur de musique de chambre) au Conservatoire de Bruxelles, section néerlandophone.
C'est là qu'il a rencontré le trompettiste grec Andreas Polyzogopoulos, mais surtout lors d'un concert que donnait le jeune trompettiste. Diederik Wissels apprécie son jeu, l'invite à jouer quelques morceaux, le courant passe, ils réalisent un enregistrement "démo"... : leur duo était né !
Andreas Polyzogopoulos, c'est un musicien au parcours intéressant, et étonnant. Il a d'abord aimé le rock, puis le jazz, qu'il aborde en tant que guitariste. C'est grâce à Miles Davis qu'il découvre la trompette, et la fanfare de son village en Grèce, où il apprend à jouer l'instrument.
Rapidement, il prend conscience qu'il a quelque chose à dire avec cet instrument. A l'âge de 21 ans, il rejoint la section jazz du prestigieux Conservatoire d'Amsterdam, pour y étudier la trompette.
Passionnés, curieux, ouverts et cultivés, les deux hommes découvrent qu'ils aiment les mêmes disques, et partagent la même conception de la musique. C'est donc avec beaucoup de naturel, et de simplicité que leur duo prend forme.
Et le pianiste Diederik Wissels de nous confier " qu'un duo, c'est d'abord une rencontre personnelle. Si l'on a besoin de trop parler, c'est qu'il y a un problème ! [...] Ce n'est pas parce qu'on est deux, qu'on est petits, et qu'on ne peut pas sonner "large". Il s'agit surtout de faire appel à l'écoute de son partenaire. Pour bien écouter, il faut parfois se taire ! Chacun fait des propositions. Et c'est parfois quand votre partenaire ne vous emboîte pas le pas, que naissent des moments très forts, porteurs d'une grande créativité. "
Et le trompettiste Andreas Polyzogopoulos de compléter : " La musique de notre duo, dont celle de Diederik Wissels, n'est pas difficile techniquement. Moins on joue de notes, plus on crée de l'espace. C'est ça qu'on veut accueillir avec cette musique "
Le 13 octobre dernier, les deux musiciens étaient en concert à la Jazz Station, à Bruxelles, à l'invitation des "Lundis d'Hortense" (ndlr. : l'association des jazzmen/women de Belgique).
C'est ce concert, enregistré par Musiq3 que nous vous proposons de découvrir aujourd'hui. On y entendra essentiellement des compositions du pianiste Diederik Wissels, et en bis, une composition du trompettiste grec Andreas Polyzogopoulos.
Diederik Wissels et Andreas Polyzogopoulos : deux musiciens complices, et attentifs, mais avant tout deux belles personnes.
Bonne écoute !
Réalisation, prise de son musicale et présentation : Laurent GRAULUS
Puisque vous avez du talent - Le duo Etna : ' Nous sommes à la recherche de la beauté de l'imparfait ... ' (Nouvelle diffusion) - 10/10/2021
2021/10/10
Nouvelle diffusion de cet entretien que nous avions réalisé en février 2021
Camille Fisette, 28 ans est violoniste et Marie Havaux, 32 ans, pianiste. Les deux jeunes femmes se sont rencontrées en 2015, alors que Camille Fisette donnait un concert, Marie était dans le public, elle a immédiatement été conquise par son jeu : le duo Etna était né !
Camille Fisette s'est formée à l'IMEP, auprès de Marc Danel, puis en Autriche, dans le cadre d'une année Erasmus, auprès de Helfried Fister, et enfin à Poitiers, auprès de Brigitte Barat. Passionnée par l'enseignement, elle est également détentrice d'un diplôme d'agrégation. Une passion qu'elle partage avec la pianiste Marie Havaux, elle aussi agrégée.
La jeune pianiste a, quant à elle, étudié au Conservatoire Royal de Liège, auprès d'Etienne Rappe, puis avec le grand Maître Benedetto Lupo lors de Master classes. Après sa Maîtrise à Liège, Marie Havaux a rejoint le Koninklijk Conservatorium Brussel pour y étudier le pianoforte avec Boyan Vodenitcharov.
Animées par le désir de partager, le duo Etna porte un 1er projet en 2017 avec une danseuse contemporaine. Un programme se balançant entre musique contemporaine répétitive et musique de film, qui entraîne le spectateur dans un monde surréaliste et déconcertant de mouvements et de sonorités.
Très attachées à l'éducation musicale des plus jeunes, elles proposent également une deuxième création, " Souvenirs d'enfance ", recueillant leurs meilleurs souvenirs musicaux respectifs. Une façon originale et ludique de décrire un parcours musical auprès du jeune public.
Plus récemment, elles se sont investies dans un tout autre programme autour de la femme compositrice. Grâce au soutien de la Fédération Wallonie Bruxelles, elles ont eu l'opportunité de partir à Montréal à deux reprises et d'échanger avec une compositrice et peintre québécoise, Julie Thériault.
Soucieuses d'être des artistes, mais aussi des citoyennes engagées, Marie Havaux et Camille Fisette interrogent la place de la femme dans le milieu de la musique.
Un travail initié avec cette compositrice québecoise et qui se prolonge avec la jeune compositrice belge Apolline Jésupret (25 ans), rencontrée tout récemment, et qui va leur écrire tout un programme original, violon-piano de 50 minutes !
En août 2020, le duo Etna enregistrait la musique de Julie Thériault et la 2e Sonate pour violon et piano d'Edvard Grieg.
"Enregistrer, c'est une expérience passionnante, mais c'est une toute autre énergie que celle du concert ", nous confiaient les deux artistes du Duo Etna. " Elle n'est ni meilleure, ni moins bonne, il faut juste s'y adapter. Nous avons malgré tout envisagé cette séance, comme un concert. Quand on joue pour un public, c'est un don de soi. Avec les caméras et les micros, le défi, c'est de pouvoir se réinventer dans une autre forme de don. "
Et Marie Havaux de nous raconter une anecdote de l'un de ses professeurs vis à vis de la (vaine) quête de la perfection lorsqu'on enregistre: " Nous sommes dans une forme de génération "Ikea", où tous les musiciens devraient être identiques, et... parfaits ! Or la pratique de la Musique ancienne avec Boyan Vodenitcharov ", poursuivait Marie Havaux, " Cette pratique donc, m'a appris que deux chaises d'un menuisier n'étaient jamais identiques : cela les rend d'autant plus magnifiques ! Notre duo s'inspire de ce type d'artisanat. Nous sommes à la recherche de la beauté de l'imparfait "
Camille Fisette, violoniste et Marie Havaux, pianiste : deux musiciennes complices, raffinées et solides, deux femmes généreuses et engagées, qui n'hésitent pas à à partager leurs savoirs et leurs passions.
Réalisation et présentation : Laurent GRAULUS
Prise de son musicale (E.Grieg et J.Thériault) : Simon BESÈME
Puisque vous avez du talent - Sarah Defrise, soprano : ' La découverte de Joseph Jongen m'a fait changer la façon dont j'envisage la musique ' - 03/10/2021
2021/10/03
Depuis le début de ce mois de septembre, Musiq3 vous invite à découvrir cinq podcasts originaux consacrés à de grands mythes, contes et légendes. Une série que nous avons intitulée "Au-delà du mythe"
Des mythes qui vous sont contés par cinq grandes voix lyriques belges : Jodie Devos, Anne-Catherine Gillet, Sophie Junker, Céline Scheen et Sarah Defrise.
La soprano Sarah Defrise que nous avions rencontrée en octobre 2020. A la faveur de cette série de podcasts "Au-delà du mythe", nous vous proposons de (re)découvrir cette artiste, aussi volubile que brillante !
Née dans une famille de scientifiques-mélomanes, Sarah Defrise a toujours été entourée de musique. Dès l'âge de 4 ans, elle débute le piano. Une passion à laquelle s'ajoute rapidement celle du théâtre. Dès l'âge de 10 ans, la jeune soprano décide qu'elle sera chanteuse.
Elle intègre alors la Choraline, le Choeur des Jeunes de la Monnaie. Parallèlement à ses activités musicales, elle entreprend des études de langues et littératures romanes à L'ULB. Des études qu'elle interrompra pour se consacrer désormais exclusivement à l'Art lyrique.
Un parcours académique d'Art lyrique qui se poursuivra en deux temps temps : tout d'abord au Conservatoire de Bruxelles, section néerlandophone, puis à Paris, à l'Ecole Normale de Musique Alfred Cortot, où elle travaillera avec Daniel Ottevaere, grand pédagogue belge émigré à Paris, et qui deviendra son mentor.
En 2014, la jeune soprano belge fait ses débuts à l'opéra royal de Wallonie dans le rôle de Clorinda dans la "Cenerentola" de Rossini. Depuis lors, Sarah Defrise n'a pas cessé de chanter à l'opéra. On y apprécie bien sûr la souplesse, l'agilité, et l'expressivité de sa voix lumineuse, à la projection rare. Mais c'est aussi son jeu d'actrice extrêmement convaincant et engagé, qui est particulièrement remarqué par les metteurs en scène, comme par les Directeurs musicaux.
A la question de savoir si le métier de comédienne aurait pu être une autre voie, Sarah Defrise nous répondra sans détour : " J'y pense encore toujours, mais l'Opéra n'est rien d'autre que du théâtre en Musique ! "
En septembre 2020, c'est à La Monnaie que Sarah Defrise incarne le rôle principal d'une adolescente, dans l'opéra "Dead little girl", de Jean-Luc Fafchamps, 1er volet de la trilogie "Is this the end ? " Dans cette production, filmée et diffusé en streaming, les performances vocales et théâtrales de Sarah Defrise ne font qu'un. On y ressent toute la douleur de l'adolescence, comme si la jeune soprano était vraiment cette adolescente en détresse.
Parallèlement à ce métier à l'Opéra, Sarah Defrise nourrit depuis plusieurs années maintenant, une passion pour le compositeur belge Joseph Jongen (1873-1953). Une passion qui l'a conduite à réaliser une thèse de Doctorat autour des mélodies pour voix et piano de Jongen.
Un travail intense, minutieux et méticuleux qui l'a occupée pendant quatre ans. Une thèse qui exigeait également de proposer une production musicale. Celle-ci s'est concrétisée par l'enregistrement discographique de l'intégrale des mélodies pour voix et piano de Jongen.
Le 1er volume de cette trilogie, intitulé "Entrevisions" est paru chez Musique en Wallonie. Deux autres volumes sont à paraître dans le futur. Dans ce 1er volet, Sarah Defrise est accompagnée par l'excellent pianiste londonien Craig White. ils y explorent, entre autre, l'opus 25, composé en 1902.
A propos de Jongen, Sarah Defrise nous confiera que " La découverte de sa musique m'a fait changer la façon dont j'envisage la musique [...] L'une des difficultés et des douleurs de Jongen aura été celle de ne pas comprendre, au tournant du 20e siècle tout le courant dodécaphonique qui s'amorçait. Jongen ne l'a jamais emprunté. "
En conversant avec la jeune artiste, on se rend vite compte de la richesse de sa personnalité : elle n'est ainsi pas seulement une artis
Puisque vous avez du talent - Le quatuor Desguin: ' Le secret d'un bon quatuor ? Rester de bons amis ! ' (Nouvelle diffusion) - 19/09/2021
2021/09/19
Nouvelle diffusion de cet entretien que nous vous avions proposé en décembre 2020.
Les quatre membres du quatuor Desguin se sont rencontrés au Conservatoire d'Anvers, où ils ont tous les quatre étudié.
Wolfram Van Mechelen, 1er violon, et Ludovic Bataillie, 2e violon sont nos invités aujourd'hui. Une formation complétée par Rhea Vanhellemont à l'alto, et Pieter-Jan De Smet au violoncelle.
L'histoire du quatuor débute alors que Wolfram et Ludovic, les deux violonistes, partagent un appartement pendant leurs études au Conservatoire. Ils s'y découvrent un vrai amour pour la musique de chambre. Peu après, ils créent un quatuor au cours de musique de chambre, avec les membres actuels du quatuor. Ils l'appelleront "quatuor Desguin", du nom du médecin qui a lui-même donné son nom à la rue où est situé le Conservatoire d'Anvers : la "Desguinlei".
" Notre parcours de quatuor est avant tout un parcours d'amitié ", nous confiera Ludovic Bataillie, 2e violon.
Et Wolfram Van Mechelen de compléter : " Après tout le travail que nous avions déjà effectué pendant nos études au Conservatoire, cela nous aurait paru tellement dommage, et par ailleurs impensable, de ne pas poursuivre cette belle aventure".
Près de 3 ans après leur création, le quatuor Desguin commence à faire parler de lui de toutes parts. En février 2020, il remportait le prix Supernova. En octobre 2020, ils publiaient leur 1er enregistrement consacré au 10e quatuor D.87 de Franz Schubert, avec le soutien de l'ASBL SWUK Vlaanderen (sociale werk van de uitvoerende kunstenaar), une ASBL flamande qui soutient les débuts de carrière de jeunes artistes classiques.
Mais ce qui leur a donné confiance en l'avenir, c'est indubitablement leur rencontre avec le grand quatuor tchèque Zemlinsky. Peu de temps après la création du quatuor Desguin, ses quatre membres ont la possibilité de suivre une "Master class" avec les "Zemlinsky". Les quatre musiciens tchèques les convainquent, -si besoin en était-, de débuter une carrière dans le monde du quatuor. Un chemin aussi exigeant que passionnant. "Ce qui nous a tout de suite frappés ", nous dira Ludovic Bataillie :
" C'est le fait que les Zemlinsky avaient un profil tout à fait semblable au nôtre. Eux aussi, étaient quatre copains qui s'étaient rencontrés au Conservatoire de Prague" Et Wolfram d'ajouter : " Nous sommes rapidement devenus des amis. Lors d'une de ces Master class, Petr Strížek, le 2e violon des Zemlinsky a noté sur ma partition l'adresse du pub, où ils nous donnaient rendez-vous le soir ! Notre quatuor n'aurait jamais pris cet envol sans cette rencontre. C'est quelque chose d'inoubliable, et nous leur en sommes très reconnaissants ! ".
Wolfram Van Mechelen et Ludovic Bataillie se souviennent aussi, avec beaucoup d'émotion, d'une Master Class avec le Maître, parmi les Maîtres : Günter Pichler (° 1940), 1er violon du mythique quatuor Alban Berg.
Et Wolfram Van Mechelen de nous raconter leur 1ère rencontre : " Lorsque vous arrivez chez lui, tout doit être déjà parfaitement au point, comme par exemple les tempis, et cela au numéro près. Pour lui, 55 à la noire, ce n'est pas 54... [...] Cela dit, derrière cette immense rigueur se cache aussi une très grande générosité. A l'issue de cette Master class, ils nous a ainsi déclaré : " Vous pouvez oublier tout ce que je vous aurai dit, sauf ceci : si vous voulez faire carrière, il est essentiel que vous restiez tous les quatre de bons amis ! "
Dans la droite ligne de Gunter Pichler, le quatuor Desguin se souvient aussi du travail avec Gilles Millet, 2e violon du quatuor Danel : "Pendant deux heures, nous avons travaillé sur... deux mesures ! Vous n'avez pas idée combien cela nous a fait progresser !"
Fort de ces encouragements, le quatuor avance aujourd'hui avec confiance, mais aussi opiniâtreté et détermination : "Le quatuor est notre priorité, mais de nos jours, on ne peut plus se permettre de
Puisque vous avez du talent - Catherine Janssens et Emilio Crabbé, luthiers : ' Le bon instrument, c'est celui que le musicien va oublier, et qui va laisser sa place au discours musical ' (Nouvelle diffusion) - 12/09/2021
2021/09/12
Nouvelle diffusion de cette émission qui vous avait été proposée en première diffusion, en janvier dernier.
Catherine Janssens et Emilio Crabbé ont tous deux étudié la lutherie à Newark (ndlr. : dans les Midlands britanniques), dans l'une des grandes écoles de lutherie en Europe.
Pour tous les deux, aussi, cette passion, qui est aujourd'hui leur métier, leur est apparue un jour, comme un coup de foudre.
Emilio Crabbé a 14 ans, quand il visite pour la 1ère fois l'atelier du luthier Thomas Bertrand, à St Gilles. La lumière, l'odeur du bois, le touchent au plus profond de lui, il le sait déjà, un jour il sera luthier. Par la suite, et avant de rejoindre l'école de Newark, il sera aussi accompagné par François Bodart.
Après ses études au Royaume-Uni, Emilio travaillera pendant 6 ans, dans l'Atelier de Stephan Von Baer, d'abord à Paris, puis dans sa filiale berlinoise. Fin 2019, il s'installe à Taïwan, avec son épouse, Chilling Chen, elle aussi luthière
Quant à Catherine Janssens, c'est le violon, -qu'elle étudie dès l'âge de 4 ans-, qui la conduira à la lutherie. Une discipline qu'elle découvre en l'an 2000, alors qu'était organisée une grande exposition à Bruxelles. Après avoir étudié le violon au Conservatoire, et détentrice d'un diplôme universitaire, Catherine décide néanmoins d'étudier la lutherie : "La lutherie", nous confiera-t-elle, "réunissait tous mes centres d'intérêt ! " Elle fera ses premières armes chez Amelio Cicuttini, à Bruxelles. Après quoi, elle rejoindra l'école de Newark. Diplômée, elle revient à Bruxelles, et ouvre son propre atelier, aujourd'hui installé à Schaerbeek. En 2014, elle fonde également, avec d'autres luthiers et archetiers, le collectif Ekho qui promeut la lutherie contemporaine, et crée des ponts entre les luthiers et les musiciens.
Un lien que nos deux invités s'emploient à tisser, à renforcer, et à cultiver. " Les luthiers sont au service des musiciens", nous rappellera Emilio Crabbé, " Nous passons beaucoup de temps avec eux, ils essaient nos instruments, nous nous parlons beaucoup, c'est comme cela que nous pouvons évoluer ! "
Et Catherine Janssens de compléter : " Il faut juste que nous apprenions à développer un vocabulaire commun, pour pouvoir mieux communiquer, et par conséquent mieux nous comprendre, mais c'est quelque chose qui vient spontanément lorsqu'on apprend à se connaître. J'aime expliquer aux musiciens ce que je fais, j'aime échanger avec eux ! "
Et d'échange, il est aussi beaucoup question entre les luthiers eux-mêmes. Emilio Crabbé nous rappellera qu'à l'âge d'or de la lutherie italienne du 18e siècle, les échanges étaient omniprésents entre les luthiers, qui étaient par ailleurs tous installés dans la même rue. Une tradition qui s'est perdue au 19e siècle pour renaître aujourd'hui. Et Catherine Janssens de nous raconter, amusée que " Stradivarius était un type malin, un homme d'affaire, et lorsqu'on observe de près ses créations, on peut voir que certains détails n'étaient pas nécessairement soignés à l'extrême. En revanche, toutes les pièces essentielles de ses violons : la table, la voûte, l'âme, la touche... Tout cela était extrêmement soigné ! "
Avec Catherine Janssens, et Emilio Crabbé, on parlera aussi du mythe, parfois fantasmé de ces grands violons anciens des 17e et surtout du 18e, objets de spéculations. Aujourd'hui, la science permet d'aller très loin. On a pu étudier tous les plans, et l'on est aujourd'hui en mesure de fabriquer des violons contemporains, de la même qualité que ceux de l'époque.
A l'écoute en aveugle, on est surpris des résultats, parce que la différence n'est pas vraiment notable, ni évidente ! L'on voit ainsi que si le bois a eu le temps de bien sécher, les violons contemporains de nos deux invités peuvent développer tout leur potentiel, et tenir la dragée haute, à ceux de leurs ancêtres.
Des ancêtres dont nos i
Puisque vous avez du talent - La soprano Gwendoline Blondeel : ' La musique baroque m'a permis de m'exprimer, telle que je suis. ' (Nouvelle diffusion) - 05/09/2021
2021/09/05
Nouvelle diffusion ce dimanche du 29 novembre 2020.
Gwendoline Blondeel, 25 ans, intègre les Choeurs d'enfants de La Monnaie, à l'âge de 13 ans. C'est là qu'elle découvre le monde de la musique classique.
Un Choeur dans lequel elle chantera jusqu'à ses 18 ans.
En 2014, c'est toujours en tant que choriste de ces Choeurs d'enfants de La Monnaie, qu'elle participe à l'opéra "Orphée et Eurydice" de Ch.W. Gluck. Dans les rôles principaux de cette production, la mezzo soprano Stéphanie D'Oustrac, et la soprano Sabine Devieilhe, dans une mise en scène, très remarquée de Romeo Castellucci.
La jeune soprano est touchée, séduite, presque irradiée par cette production. Et ce ne sont pas seulement les voix de ses deux aînées qui l'ont conquise, mais aussi la puissance de la mise en scène de Romeo Castellucci. Le choc est tel qu'à l'issue de la production, elle décide de devenir chanteuse, et s'inscrit à l'IMEP (ndlr. : Institut supérieur de Musique et de pédagogie), à Namur. Elle y décrochera un Master en 2019.
Artiste à la voix lumineuse, le travail, la modestie, et le charisme de Gwendoline Blondeel ont rapidement payé. C'est ainsi que le chef et claveciniste Leonardo García Alarcón la repère, alors qu'elle est encore étudiante, et l'invite à venir chanter dans le Choeur de Chambre de Namur.
Et c'est toujours avec Leonardo García Alarcón, qu'elle répète en ce moment "Le Palais enchanté" (1642) de Luigi Rossi, à l'opéra de Dijon, dans une mise en scène de Fabrice Murgia.
En 2019, elle remporte le très convoité "Concours de chant baroque" de Froville, en France. Une victoire qui lui permet cette fois d'attirer l'attention d'un autre Maître incontesté dans le monde de la Musique ancienne : William Christie.
En septembre 2020, c'est dans le cadre du Festival d'Ambronay, qu'elle interprète "Les leçons de ténèbres" de François Couperin, aux côtés de William Christie, à l'orgue positif, et de Myriam Rignol à la viole de gambe.
" Une semaine de répétitions avec William Christie, c'est aussi dense qu'une année de cours au Conservatoire !" , nous dira la jeune chanteuse. " William Christie ne parle pas de technique vocale. Il vous donne des directions d'interprétation. A vous de vous débrouiller avec votre technique, pour que le résultat soit à la hauteur de ses attentes ! "
Lorsqu'on écoute la jeune soprano, on est d'abord impressionné par la lumière, et la sincérité qui émanent de sa voix.
Tout paraît simple, et évident. L'émission est naturelle, le vibrato mesuré, et l'expression toujours parfaitement "juste".
A la question de savoir si ce sont les hasards de la vie qui l'ont conduite à chanter aujourd'hui, essentiellement de la Musique ancienne, Gwendoline Blondeel nous répondra que " non, pas vraiment ! La musique baroque m'est très chère, parce qu'elle me permet de m'exprimer telle que je suis. Et aussi étonnant que cela puisse paraître, je retrouve cette même liberté, et cette même ouverture dans le répertoire contemporain ".
Du haut de ses 25 ans, Gwendoline Blondeel, est donc en train de se faire une jolie petite place dans le monde de la Musique ancienne. Et elle a déjà compris bien plus que la Musique, en tant que telle.
Elle ne sera donc jamais de celles/ceux qui ont besoin de jouer des coudes pour se faire une place au soleil ! Elle ne doit son exposition qu'à son travail, son engagement total dans tous ses projets, sa technique vocale, son vibrato et... sa culture !
Il est aussi délicieux de constater que jamais, elle n'éprouve le besoin de chanter fort, pour se faire entendre. Et Gwendoline Blondeel de nous confier que " Mes amis s'étonnent toujours du fait que je n'écoute pas de chanteurs/euses "à voix". La voix, ce n'est pas tant l'organe, en tant que tel, mais ce qu'on en fait. C'est une question d'expression "
A coup sûr, Gwendoline Blondeel n'est qu'au début d'un très joli parcours, qu'on lui souhaite aussi brillant
Puisque vous avez du talent - L'ensemble vocal Kairos - Avec Bruno Crabbé et Colette Richard - 05/07/2021
2021/07/05
Chaque dimanche, Laurent Graulus reçoit de jeunes talents pour évoquer leur parcours musical.
Puisque vous avez du talent - 20/06/2021
2021/06/20
Chaque dimanche entre 12h et 14h, Laurent Graulus propose une émission consacrée aux
jeunes musiciens professionnels d'ici et d'ailleurs. Musiq'3 offre ainsi une belle visibilité pour
les jeunes talents qui démarrent leur carrière en les enregistrant, en les diffusant et en
proposant l'enregistrement aux radios membres de l'UER.
Production et présentation : Laurent Graulus
Puisque vous avez du talent - Angelo Moustapha, batteur et percussionniste de jazz : ' L'improvisation, c'est beaucoup de recherche, de bagage, et d'ouverture ! ' - 13/06/2021
2021/06/13
C'est à la faveur d'un concert du quartet du guitariste Philip Catherine, que nous avons découvert Angelo Moustapha. Un quartet dont Angelo était le batteur.
Né il y a 27 ans, à Savalou, au Bénin, Angelo Moustapha commence à jouer des percussions dès l'âge de 7ans, dans la paroisse de son village : " L'Eglise du christianisme céleste ".
Dès que son pied pourra toucher le sol, et par conséquent actionner la grosse caisse, il sera proclamé "batteur officiel" de la chorale de la paroisse.
Parmi les cantiques traditionnels, se glissent des mélodies gospel. Elles seront pour lui un marche-pied vers le jazz. S'ensuivra la création d'un orchestre "Les pionniers de Savalou", dont le tout jeune batteur sera le chef d'orchestre.
Dès son enfance, le jeune batteur béninois nous dira avoir toujours eu " le goût d'approfondir quelle que matière que ce soit, d'aller au bout des choses "
" J'ai toujours été un chercheur, un explorateur ", nous confiera Angelo Moustapha.
Diplômé de l'École supérieure des Métiers d'Art et de la Culture de Cotonou, il est détenteur d'un diplôme professionnel de compétence et de capacité intrinsèque.
" C'est une école qui développe le potentiel artistique de chacun ", note Angelo Moustapha.
"Tout ce que j'ai appris, c'est ici au Bénin [...], nous rappellera le batteur béninois. " Je ne suis pas allé étudier aux Etats-Unis ou en Europe. J'ai beaucoup écouté les grandes figures du jazz : Miles Davis, John Coltrane, Herbie Hancock, Chick Corea, et toute une génération de batteurs américains que j'admire : Dennis Chambers, Dave Weckl, Brian Blade... Et après m'être imprégné de leur esthétique, j'ai tenté de reproduire ce qu'ils faisaient [...]
En 2019, le grand guitariste belge Philip Catherine est invité par l'Ambassade belge à Cotonou. A la suite de son concert, il dispense une Master Class, à laquelle participe Angelo Moustapha. Entre les deux hommes, le courant passe instantanément : Philip Catherine est charmé par la rigueur rythmique, la créativité et l'élégance du jeune batteur béninois.
Il l'invite à jouer avec lui en Belgique. Angelo Moustapha vit désormais dans notre pays, depuis quelques mois.
" La rencontre avec Philip Catherine a changé ma vie ! ", souligne le jeune Béninois. " Ce qui est merveilleux, c'est l'ouverture d'esprit de Philip Catherine. Il me laisse jouer comme je le souhaite, ne tente pas de me faire rentrer dans une quelconque esthétique. Il m'incite seulement à être moi-même [...]
Compatriote du grand guitariste béninois Lionel Loueke (ndlr. : découvert par Herbie Hancock), Angelo Moustapha reconnaît que si l'on souhaite faire carrière dans le jazz, il faut s'expatrier. La scène "jazz" au Bénin est trop confidentielle pour pouvoir en vivre.
A l'écoute d'Angelo Moustapha, on est charmé, et séduit par la manière dont il mélange subtilement sa culture africaine, à une culture "occidentale" du jazz parfaitement intégrée et maîtrisée.
Son jeu s'en trouve particulièrement original et créatif.
Angelo Moustapha, un musicien incroyablement cultivé, à la technique époustouflante, toujours au service de la Musique.
Un homme rayonnant et généreux : une personnalité à découvrir sans délai.
Bonne écoute !
Réalisation et présentation : Laurent GRAULUS
Puisque vous avez du talent - Aurelia Visovan, pianofortiste : ' Chaque pianoforte est un autre monde ! ' (Nouvelle diffusion) - 06/06/2021
2021/06/06
Nouvelle diffusion ce dimanche de notre rencontre avec Aurelia Visovan, c'était en octobre 2020.
Aurelia Visovan est née à Cluj, en Roumanie, il y a 30 ans.
C'est dans son pays qu'elle a étudié le piano moderne.
C'est à la faveur d'une Master class de piano moderne, du grand Maître américain, Robert Levin, qu'elle découvre le pianoforte. Il faut dire que l'homme est un grand spécialiste mondial du pianoforte. Et Aurelia Visovan de nous confier que " Robert Levin est l'un des rares pianistes qui peut encore improviser à la manière de Mozart "
Mais c'est à Vienne, où elle fera ses études supérieures, qu'elle découvrira le monde des instruments historiques. Elle y étudiera, en parallèle, le clavecin et le pianoforte.
Travailleuse et infiniment curieuse, Aurelia Visovan remporte le 1er Prix du Concours de Musique ancienne de Bruges, en 2019, en catégorie pianoforte.
C'est suite à ce prix qu'elle a pu enregistrer son 1er disque de Musique de chambre au pianoforte. Il paraît en ce moment chez Ricercar, et sera au coeur de notre entretien.
La genèse de ce disque est assez amusante : " Lors du Concours de Bruges en 2019 " nous racontera la jeune pianiste " J'avais à jouer une transcription du 24e Concerto pour piano de Mozart, par Johan Nepomuk Hummel. Une transcription pour pianoforte, flûte, violon et violoncelle. Les musiciens engagés par le Concours étaient la flûtiste Anna Besson; la violoniste Cecilia Bernardini, et le violoncellliste Marcus van den Munckhof. L'entente musicale et humaine ont été telles, qu'au moment d'enregistrer ce disque, j'ai eu l'idée de l'enregistrer avec ces musiciens-là, et avec ce répertoire symphonique, transcrit par Hummel "
Le résultat est passionnant. Sur ce disque, on peut entendre deux transcriptions magistrales de J.N. Hummel : celle du 24e Concerto pour piano de Mozart, dont nous parlions, et celle de la 1ère Symphonie de Beethoven. Outre ces transcriptions, la pianofortiste a également enregistré la Sonate en fa mineur, opus 20, toujours de Hummel.
Epaulée par trois musiciens aussi efficaces que subtils, Aurelia Visovan fait sonner son piano comme une voix. Elle fait entendre toutes les inégalités de cet instrument, dont on se rappelle, en l'écoutant, que ces inégalités confèrent à l'instrument un feu d'artifice de couleurs.
A la question délibérément provocatrice que nous lui poserons : " Mozart aurait certainement été ravi de jouer sur le Steinway de concert moderne, alors pourquoi donc s'évertuer à jouer ce répertoire sur des instruments historiques, et par conséquent imparfaits ? ". La musicienne ne se laissera pas démonter, et nous répondra, pleine de malice : " Si Mozart avait connu le piano moderne, il aurait surtout écrit une autre musique que celle que nous connaissons !! ". Et de rajouter : " Pour nous, jouer les instruments historiques, c'est aussi une immense curiosité ! Ce n'est pas un fardeau, c'est une passion ! ".
Tout au fil de l'écoute de ce disque, on est charmés d'abord par le génie de transcription de J.N.Hummel, mais aussi par la fluidité du discours musical de ce quatuor, dont on sent qu'il poursuit le même but : produire de la beauté avec des instruments historiques !
Aurelia Visovan, une musicienne cultivée, raffinée, et généreuse, une femme infiniment sympathique, et ouverte sur le monde.
Réalisation et présentation : Laurent GRAULUS
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