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4.6from
This podcast has
870 episodes
Language
FrenchPublisher
Philippe MeyerExplicit
No
Date created
2017/09/06
Latest episode
2026/11/01
Average duration
39 min.
Release period
4 days
Description
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Paris, Milan, Madrid, Bruxelles … : la révolte de la jeunesse européenne : causes et remèdes / Israël : l’incertitude
2026/11/01
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Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 30 octobre 2026.
Avec cette semaine :
- Nicolas Baverez, essayiste et avocat.- Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.- Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.
PARIS, MILAN, MADRID, BRUXELLES … : LA RÉVOLTE DE LA JEUNESSE EUROPÉENNE : CAUSES ET REMÈDES
La jeunesse européenne se soulève depuis plusieurs semaines aux quatre coins de l’Europe. Dans les cortèges belges et italiens, mais aussi espagnols, portugais, néerlandais, allemands, autrichiens, irlandais ou serbes, la jeunesse européenne dénonce la hausse des coûts de scolarité et scande désormais un slogan : « faisons comme en France ». Au-delà de la France et de l’Italie, la colère se propage, plus ou moins éruptive, convergeant parfois avec celle de manifestants plus âgés, syndicalistes, travailleurs sociaux, personnel médical … En ce début d’automne, les jeunes Espagnols, Portugais et Grecs ont protesté contre « le prix inabordable des loyers ». Les Belges, eux, ont défilé pour le pouvoir d’achat et contre le manque de moyens à l’école. Il y a aussi eu des rassemblements à l’Est, où depuis le printemps, les jeunes, notamment albanais et serbes, vitupèrent autant contre leur horizon bouché que contre la corruption des dirigeants. Aux Pays-Bas et en Allemagne, des initiatives étudiantes prévoient des mobilisations dans les semaines à venir contre le service militaire obligatoire, qui pourrait être rétabli. En France, les manifestations ont été émaillées d’actes de violence et de vandalisme, qui ont fini par échapper au contrôle des autorités. La situation a également dégénéré sévèrement en Italie, notamment à Milan. Des débordements d’une telle ampleur n’ont pas été vus ailleurs. L’encadrement syndical plus important dans la péninsule ibérique pourrait expliquer en partie le bon déroulement des rassemblements, mieux canalisés. En France, le taux de syndicalisation est parmi les plus faibles de l’OCDE.
La mobilisation des jeunes pourrait aussi se traduire dans les urnes. Alors que des élections cruciales se profilent dans toute l’Europe – le 25 octobre en Serbie, fin novembre en Espagne, au printemps en Italie et en France, mais aussi dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le plus peuplé d’Allemagne –, la Gen Z annonce qu’elle votera de préférence pour des partis qui n’ont jamais gouverné. En France, un sondage OpinionWay du 15 octobre annonce que les 18‑24 ans comptent voter à 28 % pour le RN et à 49 % pour LFI. Mais la place des jeunes dans la population française diminue. Le pays vit un basculement générationnel majeur : si longtemps, les jeunes ont été plus nombreux que les seniors, en 2026, les plus de 65 ans sont presque aussi nombreux que les moins de 20 ans, et la dynamique d’inversion va s’amplifier, nous dit l’Insee.
Face à un mouvement hybride, déstructuré et spontané qui s’est mobilisé et organisé sur les réseaux sociaux, les gouvernants européens sont souvent désemparés. Les pays dont la dette publique explose peinent à trouver des réponses aux revendications. Sont concernés notamment la France, la Belgique, la Grèce, l'Italie, l'Espagne ou encore le Portugal, malgré une réduction de cette dette depuis 2024.
En France, une nouvelle journée d’action est annoncée pour le 5 novembre.
ISRAËL : L’INCERTITUDE
Au lendemain d’un scrutin législatif marqué par une participation élevée (77,7%) au plus haut depuis 1999, la coalition sortante, appuyée par quatre partis d’extrême droite nationaliste et religieuse, au pouvoir depuis 2022 menée par Benjamin Netanyahou passait de 64 sièges il y a quatre ans à 53 sièges, après le dépouillement de 85 % des suffrages. Le bloc d’opposition, conduit par l’ancien chef d’état-major Gadi Eizenkot n’obtenait que 48 députés. La Knesset, chambre unique du parlement israélien, compte 120 sièges. Une majorité de 61 députés est donc nécessaire pour gouverner.
Les seuls vainqueurs du scrutin sont les partis dits « arabes ». Grâce à une participation en très forte hausse dans les villes où habite une majorité d’Arabes israéliens – aussi appelés Palestiniens d’Israël –, leurs deux listes pourraient totaliser, 19 sièges, soit près du double de leurs résultats en 2022. Pour la première fois dans l’histoire du pays, leur représentation politique se rapproche de leur poids réel dans l’électorat (20 %), et bouscule les équilibres politiques. Les Arabes israéliens pèseront plus lourd que l’extrême droite d’Itamar Ben Gvir et de Bezalel Smotrich ou que les ultraorthodoxes.
Si le bloc d’opposition partage avec les deux listes arabes une même dénonciation du bilan et des pratiques politiques de Benyamin Nétanyahou, il est traversé de courants très différents : les Démocrates de Yaïr Golan (gauche) ont publiquement appelé à une alliance avec les formations arabes. Le parti Yashar ! de Gadi Eisenkot n’a pas, initialement, exclu l’hypothèse d’un rapprochement. En revanche, Israël Beitenou, dirigé par Avigdor Lieberman, en a fait une ligne rouge explicite. Sans les partis arabes, l’opposition risque de ne pas pouvoir gouverner ; en acceptant leur soutien, elle pourrait perdre une partie de son électorat.
La coalition de Benjamin Nétanyahou pourrait avoir du mal à élargir sa majorité à 61 sièges. Il lui faudrait pour cela conclure une alliance avec un parti de l’opposition, ce qui suppose de trouver un terrain d’entente sur des points clefs, comme la création d’une enquête sur le 7 octobre, ou la conscription des ultraorthodoxes.
Les résultats définitifs seront publiés le 4 novembre. Le président, Isaac Herzog, devra ensuite confier au leader le plus capable, selon lui, la tâche de former un nouveau gouvernement. Plusieurs scénarios sont sur la table : la formation d’une coalition pour atteindre la majorité, un gouvernement d’union nationale, un gouvernement minoritaire qui s’appuierait sur des soutiens ponctuels ou la convocation de nouvelles élections qui devraient être organisées d’ici au printemps 2027. En attendant, Benyamin Netanyahou restera Premier ministre.
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
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Bada Florence Méaux, directrice du Studio Raspail (2/2)
2026/10/28
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Une conversation entre Florence Méaux et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 18 septembre 2026.
2 / 2 : Dans ce nouveau bada, Florence Méaux et Philippe Meyer se promènent - métaphoriquement ! - le long du boulevard Raspail, pour s'attarder au numéro 216, où se dresse le Studio Raspail. Réinventé par Florence Méaux, ce haut lieu de l'art déco, théâtre américain construit par Helena Rubinstein devenu un cinéma, accueille de nouveau des représentations de tout genre, avec comme seul souci la qualité de l'expression artistique. Dans ce second épisode, nous revenons sur le projet porté par Florence Méaux dans la reprise de ce studio, sa vision de la programmation et de l'entrelacement des arts permis dans ce lieu ainsi que sur les prochaines actualités de ce monument ressuscité.
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Thématique : l’information à l’heure de l’Intelligence Artificielle, avec Fabrice Fries
2026/10/25
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Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 16 octobre 2026.
Avec cette semaine :
- Fabrice Fries, PDG de l’Agence France Presse.- Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors.- Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.- Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.
L’INFORMATION À L’HEURE DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, AVEC FABRICE FRIES
Comme le prouve le rapport du Reuters Institute de 2026, l’Intelligence artificielle bouscule tous les secteurs, et en premier lieu peut-être celui de l’information : 10% des sondés dans 48 pays utilisent un chatbot quotidiennement, et seuls 17% acceptent de payer pour accéder à une information de qualité, alors que 62% des personnes craignent la désinformation. Ce rapport montre également que pour la première fois de l’histoire la plupart des sondés passent par une plateforme intermédiaire (chatbot IA, réseau social …) pour accéder à l’information, ce qui hyper-personnalise cette dernière et rend le travail des journalistes de plus en plus invisible. Ces derniers perdent non seulement en visibilité mais aussi en revenu : déjà paupérisés depuis l’arrivée des réseaux sociaux et la fin de leur contrôle sur la diffusion de l’information, les journalistes n’ont désormais plus le monopole de la production d’information. Devenu liquide, l’information n’a plus de forme précise, peut d’un texte devenir un audio voire une vidéo avec un simple clic. Non seulement les journalistes n’ont plus le contrôle de la production, mais les machines deviennent également les principales lectrices de l’information, pouvant désormais fonctionner en boucles autonomes. À quoi bon les journalistes aujourd’hui alors ?
« Pendant longtemps, le journalisme a été défini par ce qu’il produisait. À l’ère de l’IA, il sera de plus en plus jugé sur ce qu’il garantit : des faits établis, des méthodes transparentes, une chaîne de responsabilité identifiable. Y parvenir ne dépend que de l’homme, pas de la machine. C’est ce qui rend la transformation en cours passionnante. »
C’est par ces mots que se concluait une tribune parue dans Le Monde le 2 juin dernier, intitulée : « Avec l’IA, la machine devient un public du journalisme, et même son premier lecteur ». Fabrice Fries, vous êtes l’auteur de cette tribune, qui cherche à dresser le bilan de la révolution historique que nous vivons. En tant que président-directeur général de l’AFP, vous êtes en effet aux premières loges de la déshumanisation de l’information, un processus qui a atteint un tel point qu’on peut aujourd’hui interviewer une IA sur ses méthodes mais aussi ses représentations, comme l’a fait un journaliste de TTSO avec l’IA Claude le 2 octobre dernier. À la croyance que cette déshumanisation peut être totale, que tout peut – doit ? – être délégué à l’IA, vous répondez que les journalistes sont et seront toujours aussi importants, si ce n’est plus : gardiens de la vérité dans une chaîne de responsabilité complète, ils peuvent et doivent continuer leur tâche de veilleurs de la démocratie, dans un monde qui s’est profondément transformé en quelques années. Pour reprendre vos mots, l’IA n’est « ni une fatalité technologique ni une nécessité économique, n’est pas un projet informatique », mais une réalité qui, comme toutes les autres, s’ouvre à l’ingéniosité comme à la responsabilité humaines.
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
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Bada : Florence Méaux, directrice du Studio Raspail (1/2)
2026/10/21
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Une conversation entre Florence Méaux et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 18 septembre 2026.
1/2 : Dans ce nouveau bada, Florence Méaux et Philippe Meyer se promènent - métaphoriquement ! - le long du boulevard Raspail, pour s'attarder au numéro 216, où se dresse le Studio Raspail. Réinventé par Florence Méaux, ce haut lieu de l'art déco, théâtre américain construit par Helena Rubinstein devenu un cinéma, accueille de nouveau des représentations de tout genre, avec comme seul souci la qualité de l'expression artistique. Dans ce premier épisode, nous revenons sur l'histoire du lieu et les caractéristiques de ce studio unique, vestige d'une vie et d'un monde parisiens aujourd'hui disparus.
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
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La gauche, combien de divisions ? / Le désordre Houthi
2026/10/18
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Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 16 octobre 2026.
Avec cette semaine :
- Akram Belkaïd, journaliste au Monde diplomatique.- Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
- Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique.
LA GAUCHE, COMBIEN DE DIVISIONS ?
Avec plus de 66% des suffrages, soit environ 79.000 voix sur 134.000 inscrits, Raphaël Glucksmann a remporté, dès le premier tour, la primaire sociale-démocrate organisée le11 octobre par le Parti socialiste, Place publique et la Gauche républicaine et socialiste. Ce score marque une large approbation par les électeurs de la gauche modérée de ce qu’incarne le député européen (Place publique) : discours pro-européen, écologiste, soutien indéfectible à l’Ukraine et, surtout, refus de toute alliance avec La France insoumise (LFI) et son dirigeant, Jean-Luc Mélenchon. Derrière lui, Olivier Faure a rassemblé 14,5 % des votes, Ségolène Royal 7,6%, puis Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj au coude à coude, en dessous des 6%.
Le candidat va désormais devoir rassembler son camp et préciser son positionnement. Les défis s'amoncellent déjà à l'orée de sa campagne pour 2027. À commencer par l'espace à laisser à ses anciens concurrents. Évincé dès le premier tour, le patron du PS soutient le gagnant du bout des lèvres. Sa défaite en rase campagne signe l'effacement de son parti. Lors des débats pour la primaire, le ton est monté sur l’international avec l’Ukraine et Gaza, et surtout, sur la question des alliances avec LFI qui est apparue comme le clivage majeur entre les cinq compétiteurs.
Les divergences, rivalités et divisions au sein de cette gauche sont telles que Raphaël Glucksmann n'aura pas dès maintenant campagne facile. Il fait le pari de réinstaller le vocable « social-démocrate » dans la campagne. Un concept devenu en 2026 une tentative de société du compromis, une pratique plus horizontale du pouvoir pour adapter nos vies aux impératifs sociaux et écologiques du moment. Pour l’instant, ce terme de « social-démocratie » reste flou dans l’esprit des Français et agit comme un repoussoir pour une partie de l’électorat de gauche. En outre, Raphaël Glucksmann devrait trouver François Hollande sur son chemin.
Dans la reconstruction actuelle de la gauche, pour gagner, l'eurodéputé promet qu'il sera le « candidat de la justice sociale et fiscale, de la révolution écologique et de la démocratie », mais aussi celui de « la rupture avec le macronisme ».
Selon un sondage Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche publié le 3 octobre, soit avant le vote, 72% des Français « doute des chances » du candidat désigné par la primaire à gauche de se qualifier. Président de l'institut Cluster17, Jean-Yves Dormagen souligne qu'« il y a plus d'électeurs qui hésitent entre Édouard Philippe et Raphaël Glucksmann qu'entre Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann. » Et le sondeur de conclure, sans appel : « Les marges de progression du vainqueur de la primaire sont plus importantes dans l'espace modéré et central qu'au sein de l'électorat de la gauche mélenchoniste ».
LE DÉSORDRE HOUTHI
Le 11 septembre, à l’issue d’une offensive éclair, les insurgés houthis, pro-iraniens, ont pris le contrôle de l’ensemble du littoral yéménite de la mer Rouge, après s’être emparés du stratégique détroit de Bab el-Mandeb. En verrouillant ce point de passage au sud de la péninsule arabique qui voit transiter vers le canal de Suez quelque 20.000 navires par an, selon le Centre national d’études spatiales, les Houthis, offrent à l’Iran, une influence sur les deux principales routes d’exportations du pétrole du Moyen-Orient, avec le détroit d’Ormuz.
Les houthistes sont issus d’un mouvement né dans les années 1990, à Saada, dans le nord-ouest pauvre du Yémen, près de la frontière saoudienne. Il visait à protéger le zaïdisme – une branche minoritaire de l’islam chiite minoritaire dans le pays – et à réaffirmer une identité religieuse et culturelle fragilisée par l’essor de réseaux sunnites radicaux, salafistes et wahhabites, importés d’Arabie saoudite avec le soutien des autorités de la capitale, Sanaa. À partir de 2004, ses combattants se sont insurgés contre le pouvoir central. Dotés d'une branche politique et d'une branche armée, ils ont pris Sanaa, la capitale, en 2014 et contrôlent des territoires où vit la grande majorité de la population, tandis que les forces gouvernementales, reconnues par la communauté internationale, tiennent une superficie plus vaste mais moins peuplée. Entre 2014 et 2022, une coalition menée par Riyad en appui au gouvernement central yéménite, a tenté, sans succès, de repousser les Houthis, qui ont renforcé leurs capacités balistiques et de drones, avec l’appui de Téhéran.
Après les attaques du Hamas, le 7 octobre 2023, le mouvement houthi a changé de dimension. Relégué autrefois au rang de guérilla de montagne, il s’est transformé en une puissance régionale comptant environ 350.000 combattants, capables de paralyser les routes maritimes et d’ébranler les marchés internationaux. Au nom du soutien à Gaza, ses combattants tirent missiles et drones vers Israël et s’en prennent au trafic maritime en mer Rouge. Depuis cet été, ils mènent des attaques régulières contre l’Arabie saoudite ses installations pétrolières, ses infrastructures civiles et stratégiques, y compris des ports essentiels, comme Yanbou, et ses aéroports. Le 10 octobre, 13 personnes ont été tuées et 309 blessés dans une attaque revendiquée par les Houthis contre l'aéroport de Riyad.
Les Saoudiens se démènent pour faire de la lutte contre les houthistes un enjeu international. Ils ont été déçus par l’allié américain qui a refusé de frapper les houthistes et pris langue avec ces derniers en septembre. Toutefois, l’armée américaine fournit à Riyad une aide de renseignement et de ciblage, et ravitaille des avions en vol. L’Arabie saoudite a obtenu un soutien défensif de la France et de la Grande-Bretagne tandis que le pacte de La Mecque, signé le 7 août avec le Pakistan et la Turquie, a finalement été activé le 5 octobre. Il devrait cependant se cantonner à des opérations défensives.
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Bada : le manga, avec Jérôme Lachasse (4/4)
2026/10/14
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Une conversation entre Jérôme Lachasse, Marc-Olivier Padis et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 29 mai 2026.
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Annulation de l’enregistrement en public à Sciences Po ce vendredi 16 octobre
2026/10/13
Chers auditrices et auditeurs,
Nous nous réjouissions de poursuivre avec Sciences Po notre collaboration en enregistrant une émission thématique ce vendredi 16 octobre avec le président de l'AFP, Fabrice Fries, autour du thème : « l'information à l'heure de l'intelligence artificielle ». Malheureusement, cet enregistrement en public n'aura pas lieu, ou plus exactement il n'aura pas lieu en public car j'ai reçu de Sciences Po un courriel me précisant que leur bâtiment serait fermé jusqu'au lundi 19 octobre au moins, je pense qu'il n'est pas nécessaire de vous expliquer les raisons de cette fermeture.
Nous poursuivrons notre collaboration avec Sciences Po, notamment le 20 novembre, peut-être aussi plus tôt, je vous tiendrai au courant, quoi qu'il en soit, malheureusement :
PAS D’ÉMISSION EN PUBLIC CE VENDREDI, c'est en studio que nous enregistrerons avec Fabrice Fries autour du thème que je vous ai indiqué.
Bien cordialement à vous,
Philippe Meyer.
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Émeutes lycéennes : mobiles, modalités, réponses / Enjeux de l’élection brésilienne
2026/10/11
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Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 9 octobre 2026.
Avec cette semaine :
- Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique.- Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors.- Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.- Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et président de la fondation Terra Nova.
ÉMEUTES LYCÉENNES : MOBILES, MODALITÉS, RÉPONSES
Il aura fallu à peine dix jours pour qu’un blocage, organisé le 21 septembre dans un lycée de Créteil afin de dénoncer des postes vacants, fasse tache d’huile dans la banlieue parisienne, avant de gagner tout le pays. Des milliers de lycéens manifestent depuis en banlieue, dans la capitale, dans les grandes villes, et dans de plus petites communes. Ils se mobilisent majoritairement dans le public, mais aussi dans le privé ; en voie générale et technologique comme au lycée professionnel. Les lycéens conspuent, pêle-mêle, un manque de personnel, des enseignants non remplacés, des « classes à 35 élèves », des emplois du temps trop chargés, la plateforme Parcoursup qui « décider[ait] de leur avenir », ou encore des bâtiments vétustes. Du fait des réseaux sociaux, c’est une mobilisation très horizontale, qui n’a plus grand-chose à voir avec les mouvements lycéens historiques. Les modes d’action sont aussi plus radicaux. Le blocage est utilisé en première intention, alors qu’avant c’étaient les appels à manifester qui scandaient les mouvements. Mardi, 450.000 personnes selon les organisations syndicales et étudiantes, 266.000 selon l'Intérieur, ont défilé partout en France.
Les deux premières semaines de la contestation ont été émaillées de violents affrontements entre manifestants et forces de l’ordre : plus de 6.000 interpellations ont eu lieu, essentiellement des mineurs. Mardi, le décompte officiel établissait un record d’au moins 215 élèves, 85 personnels de l’éducation et 750 gendarmes ou policiers blessés. Le politiste Vincent Tiberj explique, dans Le Monde, comment, avant même de chercher à amorcer un dialogue, le gouvernement a géré les rassemblements lycéens comme s’il s’agissait d’émeutes urbaines. Des chercheurs comme Sebastian Roché et Olivier Fillieule ont montré que, depuis les manifestations contre la loi El Khomri, en 2016, une bascule s’est opérée dans la gestion policière des manifestations. Les tactiques se sont durcies, le recours à l’affrontement direct avec les manifestants est devenu systématique. Nos policiers sont de plus en plus armés.
Face à la mobilisation lycéenne, le ministre de l’Éducation nationale a lancé lundi une « plateforme de consultation » en ligne pour recueillir la parole des lycéens. Mardi, à l’Assemblée nationale, le Premier ministre a annoncé la suspension des cours au lycée en fin de semaine pour organiser un « temps de démocratie interne » avec les élèves. Mercredi, le ministre de l’Intérieur a déclaré suspendre temporairement l'utilisation des grenades assourdissantes. Mercredi soir, dans une allocution télévisée, Sébastien Lecornu a exprimé une forme de compréhension vis-à-vis du mouvement des lycéens, prévenant toutefois qu’il ne pourrait pas répondre à leurs principales revendications. À l’approche des vacances scolaires de la Toussaint, qui débutent le 17 octobre, le Premier ministre a annoncé que « les premières décisions du gouvernement seront présentées à la fin du mois ».
ENJEUX DE L’ÉLECTION BRÉSILIENNE
Au Brésil, lors du premier tour des élections présidentielles le 4 octobre, Flavio Bolsonaro, le candidat d’extrême droite, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, a obtenu 47 % des votes, contre 45 % pour l’actuel président, Luiz Inacio Lula da Silva qui à 81 ans brigue un quatrième mandat. Si Lula est vaincu par Flávio Bolsonaro lors du second tour le 25 octobre, le pays tombera dans l'escarcelle de la droite radicale, rejoignant l'Argentine de Javier Milei, le Chili, la Colombie et le Pérou, sous le regard approbateur de Donald Trump. L’élection pourrait reconfigurer tout le panorama politique de la droite sud-américaine, et avec lui l’avenir du Mercosur, la politique climatique en Amazonie, et l’équilibre des relations entre les États-Unis, la Chine et les Brics.
Lors de la campagne du premier tour, quatre thèmes ont dominé : l’insécurité, malgré le recul des homicides ; le coût de la vie, sur fond de croissance faible ; la corruption, avec un scandale bancaire éclaboussant les élites ; et la souveraineté nationale, remise au premier plan par les sanctions et les droits de douane américains. Au regard du bilan de son troisième mandat – un taux de chômage ramené à 5,3 %, 14 millions de personnes sorties de la pauvreté, et la réduction de moitié du taux de déforestation de l’Amazonie – Lula espérait aborder le scrutin en position de force. Il a notamment centré sa campagne sur la défense de la souveraineté face aux pressions de Donald Trump, qui a infligé plusieurs vagues de surtaxes douanières au Brésil.
La proximité du clan Bolsonaro avec le président américain, Donald Trump, suscitait des craintes pour la souveraineté du Brésil. Le sénateur promet d'amnistier son père, condamné à vingt-sept ans de prison pour tentative de coup d'Etat, et tous ceux qui ont participé aux saccages du 8 janvier 2023, peu après le retour de Lula au pouvoir. Il prône une répression sans limite contre le crime et vante les méthodes du président salvadorien, Nayib Bukele. Il a également promis une plus grande rigueur budgétaire, des baisses d'impôts et moins d'Etat.
Les Brésiliens ont voté aussi pour leurs gouverneurs, leurs députés fédéraux et ceux des assemblées locales, et les deux tiers du Sénat. Les législatives ont confirmé cette « vague à droite », dans les deux chambres, comme dans les assemblées législatives locales. Si les catholiques, majoritaires, penchent davantage pour Lula, les évangéliques constituent une base importante du bolsonarisme.
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Bada : les questions du public (visite du pape et bilan des budgets Macron)
2026/10/07
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Avec cette semaine :
- Nicolas Baverez, essayiste et avocat.- Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.- Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales.- Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
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Après le Canada, le Vatican dernière chance de l’Europe ? / Dix ans, dix budgets : un bilan
2026/10/04
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Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au Studio Raspail le 4 octobre 2026.
Avec cette semaine :
- Nicolas Baverez, essayiste et avocat.- Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.- Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales.- Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.
10 ANS, 10 BUDGETS : UN BILAN
Dès son arrivée au pouvoir, en 2017, Emmanuel Macron a mis en œuvre une politique de l’offre avec des baisses d'impôts pour stimuler la croissance et le tissu productif de l'Hexagone. À l’époque, la dette au sens de Maastricht n’avait pas encore franchi le seuil des 100 % du produit intérieur brut (PIB). Et le déficit était inférieur à 3 % de la richesse nationale.
La politique fiscale du président a engendré, durant la période 2018-2023, une baisse d'impôts (ménages et entreprises) d’une hauteur de 62 milliards d'euros (2,2 points de PIB), selon la Cour des comptes. Mais, revers de la médaille, les gouvernements successifs n'ont pas réalisé, en parallèle, suffisamment d'efforts sur la dépense publique. A cette négligence, s’est ajoutée une succession de crises : Gilets Jaunes, Covid, invasion de l’Ukraine, guerre en Iran. Si ces crises ont alourdi la facture, cependant les choix fiscaux ont également pesé : l’OFCE estime que les décisions durables non financées ont dégradé le déficit structurel. D’autant qu’après la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024, sans majorité, les votes des projets de loi de finances ont viré au chaos et les gouvernements se sont succédés, sans redonner confiance aux milieux économiques.
Partie de 98,4% du PIB en 2019, la dette française frôle désormais les 120% du PIB avec 3.595,5 milliards d’euros, tandis que le déficit des administrations peine à redescendre sous la barre des 5%. L’an prochain, la dette publique française devrait atteindre 121,7% du PIB, selon les prévisions du gouvernement. Un record historique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La France est aujourd’hui le troisième pays le plus endetté dans la zone euro, après la Grèce et l’Italie qui emprunte à un taux inférieur au nôtre - aujourd’hui 4,7 % - ce qui alourdira encore le budget 2027. La dégradation des finances publiques française ne passe pas inaperçue en Europe.
Pour le dixième et dernier budget de l'ère Macron, le Premier ministre doit faire face à l'envolée des prix de l'essence qui fait repartir l'inflation, à une dette publique à un plus haut historique, sans oublier les tensions internationales. Présenté jeudi, le budget 2027 devrait se traduire par un effort de 43 milliards d’euros. Des économies qui seront en partie absorbées par la charge de la dette. Selon le Haut Conseil des finances publiques, le projet de Sébastien Lecornu repose sur une série d’hypothèses optimistes. Alors que la mobilisation des lycéens dans la rue s’accentue et, comme l’avait écrit Edgar Morin au printemps 1968, « se radicalise et se torréfie » les crédits de l’Éducation nationale qui devraient s’élever à 64 milliards d’euros, soit une augmentation des ressources de 1,2 milliard d’euros paraissent sans rapport avec une réaction qui laisse impuissants le gouvernement et les partis.
APRÈS LE CANADA, LE VATICAN DERNIÈRE CHANCE DE L’EUROPE ?
Au quatrième jour de sa présence en France, le pape Léon XIV s’est rendu à Metz, aux rencontres intitulées « Aux racines de l'Europe pour la paix et l'unité ». Il a prononcé un discours pour « retrouver les fondements premiers » de la déclaration Schuman de 1950. Dans la liste des étapes proposées il y a plusieurs mois par le cardinal Jean-Marc Aveline, grand ordonnateur de cette visite apostolique, figuraient trois autres cités symboliques : Ars-sur-Formans, Lisieux, et Lyon. Mais Léon XIV a choisi « Metz, à cause de l’Europe ! », a indiqué le cardinal. À Metz donc, le pape a lancé à l’Europe un appel « à sa survie » à travers la « redécouverte de ses racines » et « l'ouverture au dialogue avec l'autre ». Léon XIV a décrit la façon dont l’ensemble de l’Union européenne a appris à fonctionner depuis sa fondation, où chaque accord se fait au prix de compromis parfois difficiles, mais qui permettent de maintenir des relations pacifiques entre pays qui se sont longtemps combattus. Ainsi, l’Europe est présentée comme un exemple pour le maintien de la paix entre ses membres. Il a notamment loué le modèle de réconciliation franco-allemand, rendu possible par l'action de catholiques : la plupart des pères fondateurs étaient des démocrates-chrétiens ou des sociaux-démocrates. La paix, telle que la conçoit Léon XIV, doit être fondée sur le respect du droit international, la poursuite du désarmement, et le multilatéralisme, qui suppose un dialogue continu entre les nations, sur un pied d'égalité. Sans nommer l’Ukraine, le pape Léon XIV a expliqué qu'il « fallait faire preuve de courage dans la négociation » et « être prêt à sacrifier certaines positions pour le bien supérieur de la paix » en Europe. Le pape dit se défendre toutefois d'un « irénisme naïf » et s'inspirer des pères fondateurs de l'Europe. Sur les migrants, comme aux îles Canaries en juin 2026, Léon XIV a réclamé des « voies légales et sûres » : accueillir, c’est intégrer « comme dans sa propre famille ». Le propos tombe trois mois après le vote, au Parlement européen, d’un « règlement retour » qui ouvre la voie à des centres d’expulsion hors de l’Union et deux mois après la crise migratoire à Ceuta.
Léon XIV sait que l’année 2027 sera jalonnée de nombreuses élections importantes en Europe. En France, où l’extrême droite menace, il a interpellé des citoyens qui forment « ensemble un peuple au sein duquel la diversité des origines contribue à vivifier la vie démocratique et [à] enrichir l’art de vivre ensemble ». Dans l’avion qui le ramenait à Rome, il a déclaré au sujet de la montée de l’AfD en Allemagne : « On observe une certaine tendance à associer ces points de vue d’extrême droite à une forme particulière de religion », ajoutant que « cela ne constitue pas une expression authentique du christianisme ».
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
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Bada : le manga, avec Jérôme Lachasse (3/4)
2026/09/30
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Une conversation entre Jérôme Lachasse, Marc-Olivier Padis et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 29 mai 2026.
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La flambée du prix de l’essence et ses conséquences politiques / Les Européens et l’Ukraine
2026/09/27
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Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 27 septembre 2026.
Avec cette semaine :
- Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.- Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors.- Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.
LA FLAMBÉE DU PRIX DE L'ESSENCE ET SES CONSÉQUENCES
POLITIQUES
La flambée des prix des carburants s'est invitée dans l'agenda du Premier ministre, qui met la dernière main à son budget. Elle fait redouter une crise sociale qui percuterait la course à l'Elysée et pourrait profiter au Rassemblement national et à La France insoumise. Face à « une colère immense » en France, la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a exhorté à augmenter les salaires et bloquer les prix du carburant, demandant au gouvernement d'arrêter « les cadeaux aux plus riches et aux plus grandes entreprises ». Le gouvernement assure œuvrer pour la « maîtrise des prix », comme le lui a enjoint le 16 septembre, le président de la République. Mais les marges d'action paraissent singulièrement limitées, entre l'état des finances publiques et l'impossibilité d'influer sur le principal facteur de la varation des prix, la guerre au Moyen-Orient.
Pour beaucoup de pays, y compris la France, le dilemme est le même : faut-il laisser les consommateurs supporter le fardeau de l'inflation, ce qui nourrit leur ressentiment et pèse sur la croissance, ou prendre des mesures de soutien et charger la barque de finances publiques déjà sous pression? En réalité, les choix économiques dépendent bien souvent des échéances électorales. Or, les politiques le savent, il n'y a jamais loin de la pompe aux urnes.
Après une réunion le 18 septembre à l'Elysée avec des chefs de partis et des candidats à la présidentielle, le Président a martelé que les prix de l'énergie étaient dus « intégralement aux guerres». La crise va durer et le prix du pétrole « va rythmer la vie du pays », confirmait Emmanuel Macron devant la presse après la réunion, plusieurs représentants des forces politiques évoquant la probabilité d'un litre d'essence à 3 euros à la fin de l'année. Hanté par la crainte d'un retour des « Gilets jaunes », Matignon a annoncé mardi la prolongation des aides ciblées, réservées aux Français les plus touchés en particulier l'agriculture, le BTP et les pêcheurs. Le nouveau dispositif prévoit une aide de 100 euros pour les gros rouleurs (soit 5,5 millions de Français éligibles contre 3 millions actuellement) et la prolongation du chèque énergie, pour un coût total de 450 millions d'euros. Une réponse trop timorée aux yeux de l'opposition qui réclame des mesures plus ambitieuses pour soulager le pouvoir d'achat tandis que selon un sondage Elabe/BFM, 70% des Français estiment que les mesures d'aides sur le carburant annoncées sont
« insuffisantes ». Si le sociologue à l'université de Caen, Patrick Vassort, spécialiste des mouvements sociaux observe qu'« un certain nombre de feux sont au vert pour qu'une mobilisation se constitue », il rappelle toutefois qu'à la veille d'une année électorale, grèves et manifestations ont tendance à ralentir, les citoyens se trouvant dans l'attente des propositions des candidats.
LES EUROPÉENS ET L'UKRAINE
Alors que l'Ukraine célébrait le 24 août les 35 ans de son indépendance, le Premier ministre britannique, Andy Burnham a choisi de se rendre à Kyiv pour sa première visite à l'étranger avec, le président du Conseil européen Antonio Costa, dont c'était la cinquième visite dans le pays. Andy Burnham n'est pas arrivé les mains vides. Il a annoncé qu'en coordination avec la France et après elle, il avait autorisé le missilier européen MBDA à livrer ses secrets de fabrication à l'Ukraine, afin qu'elle puisse construire sur son sol des missiles de croisière Storm Shadow (qu'on appelle Scalp en France). Depuis Kyiv, Burnham a également coprésidé, en visioconférence, avec le président français et le chancelier allemand, un sommet de la « coalition des volontaires » les 35 pays européens lancée conjointement en 2025 par son prédécesseur Keir Starmer et Emmanuel Macron. Les trois plus grandes puissances européennes considèrent comme contraire à leurs intérêts une victoire de la Russie sur l'Ukraine.
Le même jour, la Commission européenne a annoncé débloquer une nouvelle tranche du prêt de 90 milliards d'euros sur deux ans (2026 et 2027) promis à Kyiv ; elle porte sur 6,1 milliards d'euros « pour les systèmes de défense aérienne, les munitions et les radars dont l'Ukraine a un besoin urgent », précise son communiqué. Cette somme s'ajoute aux 16 milliards d'euros déjà débloqués en 2026, dont 8,35 milliards ont été déboursés. Les responsables européens évoquent déjà un nouveau programme d'aide d'une ampleur comparable, qui pourrait être financé par les avoirs russes gelés. Déjà, l’armée de Kyiv utilise les centres logistiques d'autres pays, comme la Pologne, l'Allemagne et la Roumanie, tandis que les entreprises ukrainiennes du secteur de la défense ont installé leur production dans toute l'Europe, avec par exemple une usine de carburant pour missiles balistiques en cours de construction au Danemark.
Au Royaume-Uni, le soutien à l'Ukraine est défendu par les différents gouvernements depuis 2022, indépendamment de leur couleur politique, et il reste largement partagé, malgré les critiques de certains partis populistes et d'extrême droite. Au sein de la population aussi, le soutien reste fort, alors qu'une certaine lassitude peut s'observer dans d'autres pays européens. Un sondage YouGov de février 2026 indiquait par exemple que 70% des Britanniques souhaitaient une victoire de l'Ukraine, contre seulement 45% des Français.
Les mois qui viennent pourraient voir la victoire de forces électorales plus à l'écoute de la Russie de Poutine dans plusieurs pays clefs de l'Europe. Les partis favorables à Moscou gagnent du terrain, comme en France avec le Rassemblement national ou en Allemagne avec l’AfD.
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Bada : le manga, avec Jérôme Lachasse (2/4)
2026/09/23
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Une conversation entre Jérôme Lachasse, Marc-Olivier Padis et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 29 mai 2026.
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Le Canada de Mark Carney, dernière chance de l’Europe ? / Combien d’extrêmes droites ?
2026/09/20
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Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 19 septembre 2026.
Avec cette semaine :
- Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l’Intérieur.- Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique.- Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors.- Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.
LE CANADA DE MARK CARNEY, DERNIÈRE CHANCE DE L’EUROPE ?
En pleine guerre commerciale avec les États-Unis de Donald Trump, le Canada cherche de nouveaux partenaires, tandis que l'Europe, dont les relations avec Washington sont tout aussi houleuses, cherche des appuis à sa stratégie de rééquilibrage entre les deux super-puissances, Chine et États-Unis. Mark Carney dans son discours de Davos du 20 janvier 2026, avait acté le basculement dans un âge des empires fondé sur la coercition. Il y avait exposé le dilemme des puissances moyennes : choisir entre l'autonomie ou la soumission, et proposé une stratégie fondée sur la limitation des dépendances vis-à-vis des empires, la diversification des partenariats et le renforcement de la coopération entre les puissances moyennes.
Mercredi, dans son discours annuel sur l’état de l’Union devant le parlement européen à Strasbourg en présence du Premier ministre canadien Mark Carney, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen a proposé que le Canada devienne le « premier membre associé » de l'Union européenne. « Nous voyons le monde avec les mêmes yeux : de l’IA au changement climatique, de l’Arctique à la géopolitique », a souligné Mme von der Leyen, appelant Ottawa et Bruxelles à « bâtir » un « avenir commun ». A l’annonce de cette proposition, les eurodéputés se sont levés pour applaudir longuement M. Carney.
Jeudi, Mark Carney, a accueilli favorablement, « cette ambition ». S’exprimant à, son tour devant les députés européens, à Strasbourg, il a assuré que « les sondages montrent qu’une écrasante majorité de Canadiens sont favorables à des liens beaucoup plus étroits avec l’Europe ». Pour le Premier ministre canadien le Canada et l’Europe sont « plus forts ensemble » et ils sont liés par des « valeurs communes », non par des « deals », une allusion claire au président américain, Donald Trump. « Le Canada et l’Europe devraient garantir leur autonomie stratégique grâce à une coopération approfondie couvrant l’ensemble des capacités stratégiques », a développé M. Carney, arguant que les deux blocs devraient « œuvrer en faveur d’échanges numériques fluides, ainsi que d’une libre circulation des produits non agricoles et d’une vaste gamme de services. Nous devrions renforcer les liens entre nos populations, en permettant à nos jeunes de travailler, d’étudier et de vivre où ils le souhaitent, de part et d’autre de l’Atlantique », a-t-il déclaré. Pour autant, le Premier ministre canadien a assuré ne pas chercher la construction d’un « troisième bloc pour devenir une grande puissance rivale qui aurait de meilleures manières ». « Nous ne recherchons pas le pouvoir pour dominer autrui. Nos démocraties sont fondées sur l’État de droit », a-t-il souligné, avant de qualifier cette alliance future de « phare pour les démocraties ».
COMBIEN D’EXTRÊMES DROITES ?
Pour son premier grand discours depuis que la justice lui a rouvert la voie vers l'Élysée, Marine Le Pen a déroulé un programme refermant, point par point, la parenthèse libérale que Jordan Bardella et certains de ses conseillers avaient tenté d'ouvrir, gravant dans le marbre son slogan « ni droite ni gauche ». Pour 2027 elle veut mener « plus que jamais » la « bataille sociale ». Une formule qui sonne comme un désaveu pour ceux qui, en interne, espéraient muscler le versant pro-entreprise du parti. Affichant sa volonté de mettre l’accent sur la « priorité nationale » – « un droit naturel et juste », Marine Le Pen a promis d’appliquer ce principe controversé au logement social, l’un des « grands chantiers » de son potentiel quinquennat. En martelant cette thématique, elle s'est épargnée toute explication sur les polémiques qui ont émaillé la rentrée du RN. C’est à peine si elle a, sur le réseau X, promis de soumettre l’interdiction du voile à un réferendum. Elle n’est pas plus revenue sur la retraite à 62 voire à 60 ans, que sur les saillies racistes et sexistes d'un policier municipal membre du service d'ordre du parti, ou sur la fin de l'aide à l'Ukraine annoncée par le maire de Perpignan, Louis Aliot. Des propos qui viennent rappeler les positions prorusses longtemps tenues par le RN, que n'endosse pas totalement Jordan Bardella. La stratégie du « tandem complémentaire » tenue l'année passée, avec une ligne plus libérale incarnée par Jordan Bardella, et une ligne plus sociale et populiste jouée par Marine Le Pen, prend désormais des allures de duel au sommet.
Le 13 septembre, un autre duo à l’extrême droite mettait en scène ses ambitions, et ses possibles rivalités : Sarah Knafo puis Éric Zemmour ont conclu, chacun à leur tour, les universités d'été de Reconquête. Si le chef de la formation, n'a pas encore confirmé sa probable candidature, il a entamé sa rentrée en ciblant son créneau favori, l'islam, se déclarant contre le port du voile dans l’espace public, pour la « remigration » et critiquant sa meilleure ennemie, Marine Le Pen. Tandis qu’Éric Zemmour mise sur l'identitaire, sa compagne, Sarah Knafo combat sur le champ libéral. L'énarque creuse un sillon dans le secteur économique, portant un discours antifiscal, anti-État et techno-capitaliste, inspiré par Elon Musk et les politiques menées en Argentine et au Salvador.
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Bada : le manga, avec Jérôme Lachasse (1/4)
2026/09/16
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Podcast reviews
Read Le Nouvel Esprit Public podcast reviews
Yapapeno 2023/11/13
Réjouissant!
Un podcast incontournable…
ThierryIntra 2019/11/03
L’esprit des Salons du XVIIIème
L’esprit des Lumières chaque dimanche. Quel plaisir de retrouver cette émission que je pensais disparue des ondes. C’est pétillant d’intelligence, de ...
JDelage 2019/05/16
Superbe discussion erudite chaque semaine
On aimerait que cette emission dure deux heures. Le seul changement que j'aimerais faire c'est d'entendre la perspective de Philippe Meyer plus souven...
SL@69 2017/09/14
Excellente émission!
Quel plaisir de la retrouver....
Moez, NYC 2017/09/11
Bonne continuation !
Je ne me voyais pas un dimanche sans écouter Philippe Meyer et ses invités de qualité débattre des sujets importants de la semaine écoulée. C'est inte...
Marie C. Bruxelles 2017/09/11
Philippe Meyer continue, bravo!
Que c'est bon de retrouver l'esprit fin, inimitable de Philippe Meyer! Il continuera d'attirer bien des auditeurs, les fidèles et des nouveaux. L'inte...
delpheeeeeeeeeees 2017/09/10
génial de retrouver l'original
un plaisir de retrouver le véritable esprit public. merci!!!
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