1500234890
Si loin si proche

Advertise on podcast: Si loin si proche

This podcast has
24 episodes
Language
French
Publisher
RFI
Explicit
No
Date created
2020/02/24
Latest episode
2026/10/18
Average duration
49 min.
Release period
11 days

Description

Le rendez-vous des voyages de RFI produit par Céline Develay-Mazurelle et réalisé par Laure Allary. Récits radiophoniques et reportages au long cours, pour se faire la malle et voir le monde avec les oreilles. *** Diffusions le dimanche à 02h10 TU et à 13h10 TU vers toutes cibles.

Unlock Si loin si proche podcast Email contact info,
Listeners & Audience details

Email contact information

Direct podcast contact details

Listeners

Audience numbers & engagement insights

Audience details

Podcast Insights

Podcast episodes

Check latest episodes from Si loin si proche podcast


Pierre Ducrozet, écrivain voyageant
2026/10/18
Depuis Le Grand Bivouac, festival international du livre et du documentaire d'Albertville, rencontre avec un auteur qui a du vent dans les semelles et dans les mots.  En un peu plus de 15 ans, Pierre Ducrozet a construit une œuvre et une démarche à la fois réfléchie et fulgurante, émaillée de romans aux allures de cavalcades qui, en même temps, cherchent à imprimer et faire résonner les défis et les tourments de notre siècle. Auteur de L’Invention des corps, Le grand vertige ou Partir léger, l’écrivain français a la bougeotte, tout en se gardant bien d’être étiqueté « écrivain voyageur ». Son territoire à lui, sur lequel il se tient debout, c’est la fiction, pour dire l’urgence climatique, la quête d’identité(s) d’une jeunesse en colère, le besoin criant de solutions, d’utopies tangibles, de mondes possibles.  Pour son dernier roman Eden, où l’on suit un gamin partir malgré lui, en cargo, chercher sa mère à l’autre bout du monde, il a embarqué sur un porte-conteneurs, afin d'être au plus près du quotidien des marins sur ces navires amiraux de la mondialisation et témoigner de ces vies à part.  Disciple de Cendrars, Kerouac ou Nicolas Bouvier, Pierre Ducrozet est lui-même parti pour un tour du monde à l’âge de 20 ans et depuis, dans beaucoup de ses livres, on retrouve le départ, le fait de rompre pour mieux être traversé ensuite par le monde, nouveau, inconnu et qui sait, meilleur.   Eden, c'est donc un roman initiatique, d'apprentissage, où l'on largue les amarres en quête de refuge(s) et d'ailleurs, qui vient poser des questions essentielles, sans jamais indiquer le chemin : où allons-nous ? Et comment allons-nous vivre et habiter le monde demain ? Doit-on s’inventer des refuges pour rêver et lutter ensemble ?  À lire - En savoir plus : Eden de Pierre Ducrozet. Éditions Actes Sud. 2026 Le grand vertige de P. Ducrozet. Éditions Actes Sud. 2020  Partir léger de P. Ducrozet. Éditions Actes Sud. 2020 L’invention des corps de P. Ducrozet. Éditions Actes Sud. 2017 Sur ​​​​​​​Le Grand Bivouac, festival international du film documentaire et du livre qui s’est tenu à Albertville du 12 au 18 octobre 2026.  ​​​​​​​
Brezhoneg : breton, langue vivante
2026/10/10
Voyager en Bretagne, de Brest, Pouldergat, Pontivy ou Ploemel à l’île de Groix, c’est d’abord voyager dans sa langue, socle identitaire puissant, résistant et encore très vivant…  Cette semaine, on va parler et écouter le breton, langue celtique spécifique à la Bretagne, une région située à l’extrême ouest de la France, de vallons et de reliefs escarpés qui finissent dans l’océan Atlantique. Là-bas, le nom des rivières, des villages ou des collines nous parlent en breton: Menez Are, Aber Wrac'h ou Trébeurden.  Parlée depuis 1 500 ans, cette langue, plus ancienne que le français ou la République, fait entendre la voix d’un peuple et d’une terre, rattachée en 1532 au royaume de France. Après quoi, au XIXè siècle, une vaste entreprise de francisation à marche forcée va se mettre en place. Le breton sera alors frappé d’interdiction et de répression par l’État français, bien déterminé à combattre les régionalismes et les langues qui vont avec. Ainsi, des affiches placardées dans les écoles interdisaient les élèves « de parler breton et cracher à terre », et ceux qui osaient parler leur langue maternelle s’exposaient aux punitions et à l'humiliation publique. Aujourd’hui, selon une étude sociolinguistique menée en 2024 par la région Bretagne, on dénombre 107 000 locuteurs bretons, soit deux fois moins qu'il y a six ans ! Et l'Unesco a classé le breton comme une langue « sérieusement en danger » d'extinction. Cependant, après d'âpres décennies de luttes pour défendre la langue et l'identité bretonne, des écoles Diwan ou bilingues, des causeries en breton, des artistes bretonnants ou des radios continuent de transmettre et partager la langue comme l'amour de la langue. Dans le paysage, l'espace public, elle se lit un peu partout, afin de nous rappeler que la Bretagne est une terre mais aussi une langue. Un voyage sonore de Jeanne Lacaille.   Avec : - Morvan Provost, enseignant à l'école publique du Groez Ven à Ploemel et les enfants de sa classe bilingue breton-français - Katell Chantreau, chercheuse et autrice de la thèse « Transmettre une langue minoritaire autochtone à ses enfants : le cas du breton » - Aodren Trehin, journaliste à Radio Bro Gwened. Présente le journal Keleier ar Vro en breton - Maïlys Princé, enseignante, créatrice de contenu et autrice avec Bernard Le Béhérec du Petit dictionnaire du breton de Groix illustré par Anna Michalak et publié aux éditions Goater. - Brieg Guerveno, musicien. Sur Instagram et Spotify - Armel Le Malabar, créateur de contenu et musicien. Sur Instagram et Youtube.     Liens utiles : - L'Office public de la langue bretonne  - Dastum, fonds d'archives dédié à la mémoire orale de Bretagne - Radio Bro Gwened, radio associative fondée en 1983 qui émet en partie en breton - L'étude sociolinguistique publiée en janvier 2025 par la région Bretagne.
Matera, la ville qui renaît de ses pierres
2026/10/04
Qualifié jadis de « honte nationale », la cité méridionale, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, attire désormais le monde et incarne la fierté populaire du Mezzogiorno. Chaque année, le 02 juillet, tout au sud de l’Italie, au creux de la Botte, dans la région de la Basilicate, à la lisière des Pouilles, la ville de Matera célèbre en grande pompe sa sainte patronne la « Madonna della Bruna »…  À l’écoute de cette foule en liesse, où s’expriment toute la dignité et la dévotion du peuple méridional, on a du mal à reconnaître les mots de Carlo Levi, l’écrivain et peintre italien antifasciste, envoyé en exil par Mussolini au fin fond du vieux sud italien, qui comparait Matera à « l’enfer de Dante », dans un pays privé de la grâce de Dieu.  Son livre Le Christ s’est arrêté à Eboli a mis en lumière la condition paysanne des gens du sud, courageux mais damnés, oubliés de Dieu et de l'État, décrivant une « terre sombre, sans péché, et sans rédemption, où le mal n'est pas un fait moral, mais une douleur terrestre, qui existe toujours dans les choses mêmes, [où] le Christ n'est jamais descendu. Le Christ s'est arrêté à Eboli ». Ce livre, publié en 1945, a servi de révélateur, suscitant une prise de conscience politique nationale. En 1952, les Sassi, ces maisons troglodytiques où les habitants vivaient dans le plus grand dénuement sans eau ni électricité, vont être évacués. Et les Sassi vont être délaissés, abandonnées jusqu’à un vaste et récent projet de restauration des Sassi et de la ville peuplée de 60 000 habitants.  Aujourd’hui, marcher dans ses ruelles escarpées en étages fait l’effet d’un songe, d’une grâce justement, dans une cité labyrinthe, accrochée à flanc de roche et truffée d’églises rupestres et des « Sassi » qui font désormais le charme et la force de Matera. Après Alep et Jéricho, Matera compte parmi les cités habitées les plus anciennes au monde. On la surnomme l’autre Bethléem…  Désignée capitale européenne de la culture pour 2019, la cité historique de Matera accueille désormais des voyageurs du monde entier, jusqu’à 200 000 chaque année. Un décor biblique et calcaire, des escaliers par milliers et une foule en fête nous attendent donc à Matera, qui tel le Phœnix renaît de ses cendres ou plutôt de ses pierres, « sassi » en italien…  Un voyage sonore de Viola Berlanda.   À lire et à voir : - Le Christ s'est arrêté à Eboli, de Carlo Levi. Un livre publié en 1945 - « Les Années rugissantes », un film de Luigi Zampa, sorti en 1962 - « L'évangile selon Saint Matthieu », de Pier Paolo Pasolini. Un film tourné dans le Mezzogiorno et sorti en 1964.
Dans le sillage du Leusden au Suriname
2026/09/20
Bateau négrier naufragé, englouti en 1738 dans les eaux atlantiques, le Leusden est à l’image de la mémoire de l’esclavage au Suriname. Enfoui, tombé dans l’oubli mais hantant les esprits…   Sur cette terre d’Amérique du Sud située au cœur du plateau des Guyanes, l’histoire complexe et son peuple particulièrement métissé ont été à jamais façonnés, marqués par l’esclavage, crime contre l’humanité.  Longtemps placé sous le joug néerlandais, le Suriname a obtenu son indépendance en 1975. Et aujourd’hui, des voix s’élèvent pour faire reconnaître et réparer ce passé esclavagiste et colonial, émaillé de résistances, de marronnages mais aussi de drames.   Parmi ces drames, il y a le naufrage du Leusden : un bateau négrier hollandais qui, en janvier 1738, va échouer dans l’estuaire du fleuve Maroni, côté Guyane française, avec 664 captifs enfermés dans la cale, abandonnés à leur sort, tous noyés. Alors que le bateau sombrait, les rives du fleuve Maroni étaient toutes proches, il aurait donc été possible de les sauver… Fin 2021, la journaliste Laetitia Fernandez avait suivi une équipe de scientifiques français et néerlandais qui cherchaient à retrouver l’épave du Leusden. Comme une manière d’exhumer cette histoire tragique et plus largement celle de l’esclavage, longtemps tue, passée sous silence au Suriname.  Pour Si loin si proche, elle a alors décidé de poursuivre le voyage jusqu’au Suriname, à un moment bien particulier : celui des 50 ans de l’indépendance du pays, et alors que le roi Willem Alexander des Pays-Bas était venu sur place pour la première fois, afin de délivrer un message historique de demande de pardon.  2 décembre 2025. En face du roi, symbole d’une monarchie qui, pendant près de 300 ans, va bâtir sa fortune sur la traite en Asie mais aussi la déportation via la Compagnie des Indes Néerlandaises de 600 000 Africains en Amérique, des représentants des communautés autochtones et des descendants d’esclaves qui ont su accorder leur pardon.  Au XVIIè siècle, appelé « l’âge d’or hollandais », mais surtout au XVIIIè siècle, on dénombrait jusqu’à 500 plantations au Suriname. Un chiffre qui peine à dire la réalité des violences à cette époque et la force des résistances marronnes qui s’y sont opposées. On estime que 75 000 esclaves seraient morts sur les navires néerlandais. Parmi eux, les naufragés du Leusden, la plus grande tragédie maritime négrière jusqu'à ce jour recensée, mais dont personne ne parle ou si peu… Rencontre à Paramaribo et dans les anciennes plantations du pays avec des acteurs de cette cérémonie de pardon : chef religieux ou grand man bushinenge, des écrivains et militants de la mémoire de l'esclavage et des réparations.  Un reportage entre le Suriname et la Guyane de Laetitia Fernandez.    En savoir plus : - Sur les fouilles archéologiques du Leusden menées en 2021, l’article de Laetitia Fernandez pour le Journal Le Monde  - Sur le travail de l’historien Léo Balai sur le Leusden. En anglais - Sur Cynthia Mac Leod, écrivaine surinamaise et autrice de Tutuba, un récit librement inspiré de la vie d’une des survivantes du Leusden - Sur les sociétés marronnes du Suriname, un Grand reportage d’Hélène Ferrarini en 2022 pour RFI  - Sur le dossier des réparations au Suriname : le plan en 10 points de la CARICOM, le travail pour évaluer les réparations d’Armand Zunder, président de la commission nationale des réparations du Suriname, la demande de pardon formulée en 2025 par le Roi des Pays-Bas et le fonds de conscientisation - Sur le travail Beyond the national narrative mené par les chercheurs Henriette Louwerse et Duco van Oostrum à l’Université de Sheffield, pour appréhender l’histoire du Suriname sans reconduire la perspective du colonisateur.
Sur la piste du rhinocéros et du gang des voleurs de cornes
2026/09/13
Dans son premier récit paru aux Éditions Marchialy, le journaliste Hugo Nazarenko Sas retrace avec brio l’histoire rocambolesque d’un vaste réseau de voleurs de cornes de rhinocéros, qui a sévi un temps en Europe et au-delà. Une histoire savoureuse et tragique à la fois. C’est un récit qui commence tel un polar, par une découverte terrifiante au milieu d’un champ de tournesols du Loiret, en France. Là, au beau milieu de ce champ, un agriculteur découvre avec stupeur, au sol, la tête mutilée d’un animal jamais vu dans ces contrées, les deux cornes coupées : une tête de rhinocéros. À partir de là, se déploie une toile et une histoire parfaitement vraie, captivante, qui nous emmène de zoos en petits muséums d’histoire naturelle français, chez des taxidermistes américains aux douanes françaises jusqu’en Irlande, en passant par le Vietnam, les grands parcs nationaux africains ou la Chine.  Et c’est bien cette ampleur internationale, ce réseau hallucinant, progressivement mis à jour par le journaliste français spécialisé dans les crimes environnementaux dans Le Gang des voleurs de Cornes, qui fait le sel et le grain de son livre…  Car il nous révèle ou rappelle des routes insoupçonnées : celles du trafic d’animaux sauvages, quatrième marché illicite le plus lucratif au monde ; un trafic mondialisé et sans scrupules, à l’image de notre monde, qui vient aussi puiser ses racines dans la colonisation et un certain rapport à l’Afrique, perçue comme un terrain de chasse et de prédation.  Au fil de son livre, il nous embarque aussi à la rencontre de la communauté des « Travellers », des nomades indigènes d’Irlande, dont certains membres ont parcouru l’Europe, à partir de 2010, en quête de cornes et de trophées de chasses coloniaux dans les musées ou châteaux d’Europe et constitué ce fameux gang de voleurs. Parce qu’un temps, la corne de rhinocéros, constituée de kératine, comme un ongle, mais très prisée au Vietnam et en Chine, valait plus cher que la cocaïne !  Avec Hugo Nazarenko Sas, voyage aux 4 coins du monde, sur la piste d’un animal mythique, symbole de force et de sagesse, aujourd’hui pourchassé et en danger.    À lire. À voir - Le gang des voleurs de cornes, Hugo Nazarenko Sas. 2026 - Éditions Marchialy - Rhino Dollars, un documentaire édifiant d’Olivia Mokiejewski qui a infiltré la mafia des cornes. A voir en VOD sur Arte - Une enquête en Afrique du Sud de Bryan Christy sur les éleveurs de rhinocéros dans le contexte du braconnage. Pour le National Géographic. Publié en 2016 - Un reportage RFI de Joséphine Kloeckner sur les parades utilisées par les rangers sud-africains contre le braconnage, comme introduire des isotopes radioactifs.
Emmanuel Ruben, l’écrivain arpenteur
2026/09/06
Géographe et auteur français, Emmanuel Ruben remonte le cours des fleuves et du temps sur son vélo, en quête d’extase géographique. Né sur les bords du Rhône en 1980, Emmanuel Ruben a très tôt pris la tangente, inventant dès son plus jeune âge un pays imaginaire, la Zintarie, dressant des cartes et imaginant une langue. Puis, son diplôme de géographe en poche, il va vivre en Serbie, en Lettonie ou en Turquie, multipliant les échappées cyclistes en Europe pour interroger ce qui relie et sépare sur le vieux continent, suivant la route des fleuves et des frontières qui l’aimante…  Ainsi, en 2016, il entreprend un long voyage pour remonter le cours du Danube sur près de 4 000 km, entre Odessa et Strasbourg. Le fiévreux récit de ce périple à vélo entrepris avec son ami Vlad, Sur la route du Danube le démarque, par son style nerveux, rythmé, exalté parfois, où les pensées de l’auteur lui-même, la grande histoire comme la petite et les paysages croisés en chemin se télescopent et s’entremêlent. En 2019, Emmanuel Ruben reçoit le prix Nicolas Bouvier au festival Étonnants voyageurs de Saint-Malo pour ce livre-fleuve.  Auteur de nombreux ouvrages : récits, romans ou essais, plus d’une quinzaine environ, ce géographe « défroqué » comme il aime à se désigner, chérit particulièrement les traversées à vélo de confins oubliés, mais bien réels du monde qui se révèlent parfois en être le centre.  Adepte d’une géographie humaine et de terrain, chère à Élisée Reclus, grand géographe anarchiste français du XIXe siècle, Emmanuel Ruben a un temps posé ses valises en Anjou pour diriger la Maison de l’écrivain ligérien Julien Gracq. De là, au gré des saisons et des caprices du fleuve, il a vu couler la Loire, majestueux cours d’eau, le plus long de l’hexagone qui charrie l’histoire de France avec ses nobles châteaux, ses écrivains ou ses centrales nucléaires, nombreuses le long de la Loire. Durant quatre étés, avec sa compagne Anne, il va remonter ce fleuve, comme il l’avait fait en 2016 pour le Danube, de l’estuaire en Loire-Atlantique jusqu’à sa source, le mont Gerbier-de-Jonc, située dans l’est du Massif central. Et son récit Sur la route de la Loire est sorti en 2026 aux Éditions Stock. Rencontre avec un homme avide de mouvement, qui a besoin d’aller voir pour écrire et faire géographie, soit littéralement, étymologiquement, décrire la terre.  À lire Sur la route de la Loire. Emmanuel Ruben. 2026. Éditions Stock L’usage du Japon, une traversée de l’archipel à vélo. Emmanuel Ruben. 2025. Editions Stock Malville. Emmanuel Ruben. 2024. Éditions Stock Nouvelles Ukrainiennes. Emmanuel Ruben. 2022. Éditions Points Sur la route du Danube. Emmanuel Ruben. 2019. Éditions Rivages
L'art du détour avec Victor Coutard
2026/07/26
Au diable Vauvert et sans GPS, l'écrivain et journaliste français signe un éloge des chemins buissonniers et gourmands à travers la France. Et cela vaut le détour ! Se perdre en France, au hasard des nationales et des petites routes, représente pour Victor Coutard, auteur de L'art du détour, un bonheur inégalé, un acte de libération et de résistance aussi. Quitter la grande route et s'égarer à Chassignolles ou Saint-Antonin-Noble-Val, s'y arrêter pour découvrir des campagnes et des tablées vivantes, loin des cartes postales ou de certains clichés de relégation, produit pour lui, d'emblée, un autre rapport au monde, au temps et à l’espace qui nous entoure… Pour célébrer les vertus du détour, Victor Coutard puise alors dans ses souvenirs d’enfance de voyages interminables pour rejoindre la maison familiale de Bel-Air ou de routes en famille au volant de sa Renault Captur, avec une carte IGN pour seul repère. Le journaliste culinaire convoque aussi son appétit des bonnes auberges qui réenchantent les villages ou des escapades matutinales quand, enfant, il partait à l'aube, sur la pointe des pieds, explorer la forêt voisine. Au détour de ses virées champêtres pour « entrer en résonance avec le monde », le créateur de la réjouissante newsletter « How to get Lost » partage son goût des champignons, du vélo au petit bonheur la chance et des bons vins, dans une France jamais carton-pâte mais un peu sépia parfois. Ce faisant, il fait de nous, lecteurs ou lectrices, les passagers complices de son vagabondage littéraire pour en arriver à un constat qu’il nous livre sans détour cette fois : notre société en ligne droite, assistée, dirigée par les applis et les « GAFAM », ne nous mène certainement nulle part. Parce qu’il est temps de regarder devant soi avec une attention renouvelée et de renoncer à nos illusions de contrôle, empruntons aujourd'hui les petites routes de France, histoire de se perdre et de se trouver, qui sait, en chemin… En savoir plus : - Sur L'art du détour. Du bonheur de se perdre en France de Victor Coutard. 2026. Éditions Arthaud - Sur la newsletter « How to get lost » sur Substack de Victor Coutard. En anglais.
À Abidjan, dans la roue de Yasmine Diawara
2026/07/19
Yasmine alias « La Go à vélo » est la première femme d'Afrique subsaharienne à voyager sur le continent à vélo depuis 2021. Rencontre avec une militante africaine au sacré palmarès et coup de pédale… À Abidjan, entre gros échangeurs et embouteillages chroniques, les vélos sont rares, quasiment absents. Mais peut-être un jour, sur les routes de la capitale économique ivoirienne ou ailleurs en Afrique de l’Ouest, vous croiserez une jeune femme à vélo, en combinaison colorée, casque vissé sur la tête ?  Yasmine Diawara alias « La Go à vélo » est un phénomène à sa manière. Car l’Ivoirienne de 35 ans a décidé d’enfourcher son vélo pour arpenter ses contrées africaines, partir à la rencontre de l’autre et plaider pour un certain goût de l’aventure, au moyen d’une mobilité douce, durable, dans un continent où la petite reine demeure encore marginale, voire dédaignée… Le plus souvent en Afrique, ce sont les Occidentaux qui se lancent de tels défis, qui en ont les moyens. Yasmine, elle, se les est donnés, donnant du sens surtout à ses cyclo-voyages. Car voyager à vélo, c'est prendre possession du paysage, célébrer la beauté et l’échange sur la route, cultiver l’effort, à la portée de tous et de toutes.   Après dix ans passés à développer des projets sociaux avec des institutions internationales et des ONG, Yasmine Diawara quitte son travail en 2024 et se lance à 100% dans ses voyages à vélo. Et deux ans plus tard, elle a traversé 8 pays sur près de 5 000 km. Sans jouer les modèles ou les aventurières, Yasmine a su faire du vélo un outil de plaidoyer social et profite de ses échappées pour s’arrêter dans les écoles, rencontrer des entrepreneurs et jeunes leaders afin de leur insuffler confiance et fierté, en apprendre plus sur son pays et son continent, la liberté -et ses mollets- pour seul moteur.   À travers ses voyages et ses milliers de kilomètres avalés, Yasmine plaide par l'exemple pour l'autonomie de la jeunesse africaine et des filles, tout en portant dans sa roue la défense d'une mobilité durable dans des villes africaines saturées par le moteur.  Un reportage de Raphaëlle Constant.   En savoir plus :   - Sur Yasmine Diawara alias La Go à vélo : son Facebook ;  Insta & Tik Tok.
Le Saint-Laurent à Montréal, l’écho du fleuve
2026/07/12
Le majestueux cours d'eau irrigue l'histoire, la géographie et l'identité même du Québec. A Montréal, cité portuaire d’envergure, il faut aller le chercher pour s'en rapprocher. Voyage au fil de l'eau avec des émissaires, amoureux du fleuve. C’est un fleuve monument, un emblème naturel et identitaire placé au cœur du Québec… Et où que l’on soit sur ses rives, le Saint-Laurent et ses 1197 km de long, qui part des Grands Lacs dont il est le seul émissaire jusqu’à l’océan, exerce une fascination propre aux grands récits et aux grandes aventures en terre d’Amérique.   Pendant longtemps, ce fleuve continent, ce « grand boulevard mouvant » comme l’appelait le chanteur québécois Charlebois, a fait l’effet d’un miroir dans lequel la nation québécoise s’est regardée, inspirant artistes, marins, poètes, riverains, voyageurs ou usagers du fleuve.  Le regarder en majesté, s’en approcher, le vivre pour mieux tenter d’en comprendre les enjeux passés et présents, c’est ce qu'on a fait dans ce voyage… Depuis un endroit bien précis, étonnant de prime abord : Montréal, la grande île posée au bord du Saint-Laurent, avec son port qui a bien saisi l’importance du fleuve et s’est étalé sur ses rives.  À Montréal, pour trouver l’écho du fleuve, il faut alors emprunter des chemins de traverse et se glisser dans des interstices de la ville. Ce que l'on a fait en compagnie d’émissaires du fleuve:  marins d'eau douce, artistes, écrivains, pilote du Saint Laurent, océanographes, conférencier, conservatrice ou guide naturaliste qui ont à cœur de le défendre, le raconter et le faire vivre.  Car le Saint-Laurent, plus grand fleuve d’Amérique du Nord, ne vit pas que dans l’est du Canada, sur son impressionnant golfe maritime, mais aussi à Montréal. Là où de plus de plus de riverains cherchent à se le réapproprier pour mieux le protéger, célébrant ainsi sa beauté mais aussi sa fragilité. Un voyage sonore de Laure Allary et Céline Develay-Mazurelle.    ► Pour voyager au fil du Saint-Laurent à Montréal : - Tourisme Montréal a concocté une liste des meilleurs spots les pieds dans l’eau : plages, promenades ou guinguettes. Une excursion en petit bateau électrique est notamment proposée par Le Petit Navire - Naviguer sur le Saint-Laurent à la voile avec les Jeunes Marins Urbains fondé par le navigateur québécois Yves Plante - Vous rendre au Parc National des îles de Boucherville, un sanctuaire de nature typique des bords du fleuve, situé à deux pas de la grande ville  - Aller au Musée de la Pointe à Callière, cité d’archéologie et d’histoire de Montréal qui raconte les débuts de la ville au bord du fleuve et qui en 2023-24 a imaginé l’exposition « Fleuve Saint-Laurent, échos des rivages » - Vous plonger dans les ouvrages du célèbre écrivain autochtone innu Michel Jean, publié en France aux Éditions Points/Seuil - En savoir plus sur la formidable corporation des Pilotes du Saint Laurent, un article historique  - Découvrir l’indispensable travail de l’Organisation Bleue, organisme environnemental fondé en 2018 par Anne-Marie Asselin, biologiste marine et grande amoureuse du Saint-Laurent - Suivre les conférences de Serge Lepage, vulgarisateur scientifique et conférencier sur le Saint-Laurent - En savoir plus sur l’humoriste et océanographe d’origine sénégalaise Boucar Diouf qui a consacré un spectacle  au Saint-Laurent « Magtogoek ou le chemin qui marche »  - Sur la vie atypique du seul résident permanent du Saint-Laurent, Sébastien Mignault. Par Radio Canada - Voir « Le Courrier du Fleuve », le projet de Gwenn Duval, navigatrice et océanographe de formation, de sensibilisation au fleuve - Sur les mouvements citoyens de riverains qui tentent de se réapproprier le fleuve. Un reportage de notre correspondant de RFI à Montréal en 2023 - Découvrir le travail de l’éditeur et illustrateur québécois Jimmy Beaulieu qui a grandi sur l'île d’Orléans et vit désormais à Montréal. Un travail irrigué notamment par le fleuve… - De très nombreux ouvrages reviennent sur le Saint-Laurent. Parmi eux, Saint-Laurent Mon amour de Monique Durand paru aux Éditions Mémoires d’Encrier ou « Portraits du Saint-Laurent – Histoires des pêches et récits maritimes » d’Hélène Raymond, paru aux Éditions Multimondes - L’écrivaine et réalisatrice Anais Barbeau Lavalette a également écrit « Femme Fleuve » aux Éditions Marchands de Feuille et imaginé l’exposition « Vues du Fleuve » avec sa mère Manon Barbeau. Regards poétiques et engagés au féminin - Une compilation ici des ouvrages et écrivain.e.s s’inspirant du Saint-Laurent. Par la Bibliothèque et Archives du Québec - Un article intéressant de The Conversation, qui a consacré une série au Fleuve, sur le phénomène d’hypoxie ou manque d’oxygène du Saint-Laurent également victime de l’érosion des berges, l’acidification de ses eaux, de la surpêche sans parler des sécheresses de plus en plus courantes.
L’Iran à cœur
2026/07/05
Dans son dernier récit, Lucie Azéma raconte avec délicatesse comment ses voyages, sa vie là-bas l’ont traversé et fondé. Une manière de dire la beauté, la force de tout un peuple et de ne jamais renoncer à l’espoir malgré la fureur des temps récents.  Après avoir vécu au Liban et en Inde, Lucie Azéma arrive vers l’âge de 25 ans en Iran, pour un mois. Elle y passera finalement trois ans. Sa rencontre avec l’Iran et son peuple fut alors une « collision » : inattendue, puissante, déterminante. Á tel point que cette culture persane qui n’est pourtant pas la sienne, ce pays « qui n’appartient pas à [ses] racines » devient progressivement « un point de gravité, un lieu qui a bouleversé [son] existence et redéfini [sa] trajectoire ».   Autrice de Les femmes aussi sont du voyage, L’usage du thé ou Nous avons besoin d’un ailleurs qui n’existe pas, la Française Lucie Azéma est une habituée de nos studios. On aime ses essais documentés, sensibles, mêlant impressions de voyage, analyse distanciée et grande histoire, écrits avec pudeur mais conviction par une écrivaine, voyageuse au long cours, éprise de liberté, profondément humaniste, donc féministe.    Son dernier livre Une saison à Téhéran est sans doute le plus personnel, le plus intime. Car il s'agit bien ici de raconter une histoire d’amour, qui s’est tissée avec le temps, avec ce pays et ses habitants. Au gré de lectures et de flâneries émerveillées; de son apprentissage de la langue et de l’histoire plurimillénaire de la Perse, émaillée d’empires puissants, de dynasties influentes; de temps passé autour d’un thé fumant aux fleurs, au sein de familles iraniennes pour qui Lucie Azéma a une infinie tendresse.  Par les temps qui courent, écrire et publier un récit d’impressions et de joies simples en Iran, c’est audacieux mais salutaire. Car, selon l’autrice, les clichés persistent sur l’Iran qui « ne serait qu’une ruine triste, dangereuse, un repoussoir, un pays qu’il vaut mieux oublier pour le moment, un pays en pause, un pays sans espoir, un pays perdu ». Par contre, dans son récit empreint de poésie et d’histoire(s), parmi des rossignols chantants et des jardins persans, miroirs du Paradis, Lucie Azéma ne fait jamais l’impasse sur la réalité du régime des Mollahs et sa politique qu’elle a elle-même éprouvée. Mais elle s’émeut de voir à quel point le peuple iranien est « déshumanisé depuis presque cinquante ans. Cette déshumanisation est une part essentielle de la guerre, son moyen de survie et de perpétuation ». Un livre sur l’Iran où le cœur parle et qui nous va droit au cœur.    À lire :  - Une saison à Téhéran. Lucie Azéma. Éditions les corps conducteurs. 2026 - Nous avons besoin d’un ailleurs qui n’existe pas. Lucie Azéma. Éditions Allary. 2024 - L’usage du thé, une histoire sensible du bout du monde. Lucie Azéma. Éditions Flammarion. 2022 - Les femmes aussi sont du voyage, l’émancipation par le départ. Lucie Azéma. Éditions Flammarion. 2021 - Histoire de l’Iran contemporain. Mohammad-Reza Djalili et Thierry Kellner. Éditions La Découverte. 2024 - La conférence des oiseaux. Farid al-Din Attar. Éditions Seuil. 2002 - Le livre des Rois. Ferdowsi. Actes Sud. 1996 - Robâiyât. Omar Khayyâm. Actes Sud. 2008.
Dans les pas du loup avec Adam Weymouth
2026/06/28
L’écrivain voyageur anglais s’est lancé dans un vaste périple en Europe, sur les traces de ce prédateur qui à lui seul incarne la liberté et le sauvage, insaisissable et redouté…  Du loup, on ne voit souvent que le passage, avec ces empreintes reconnaissables entre mille. C’est d’ailleurs avec un tampon qui reprend ces empreintes de loup dans son sac à dos, qu’Adam Weymouth est récemment passé en France, pour partager son dernier récit « Dans les pas du loup » paru récemment en France, le dédicacer de cette empreinte de loup, et recevoir le Prix Nicolas Bouvier qui lui a été décerné au Festival « Étonnants Voyageurs » de Saint-Malo.  Déjà remarqué par la presse internationale pour « Les Rois du Yukon », récit d’un long périple sur plus de 3 000 km en canoë en Alaska pour suivre la migration des saumons, Adam Weymouth s’inscrit dans la grande tradition des « travels writers » anglais, livrant sensations et questionnements en chemin. Et pour ce nouveau récit, il a décidé de refaire à 10 ans d’écart le voyage d’un jeune loup slovène, Slavc, qui après plus d’un millier de kilomètres d’errance ou de quête à travers les Alpes, s’est établi en Italie, en Lessinie.  D’une plume alerte et sensible, Adam Weymouth se rapproche de la réalité de l’animal, de sa vie en meute tout en convoquant avec finesse et érudition l’histoire contrariée des hommes et de cette bête, qui peuple les imaginaires depuis toujours. Jadis, le loup, le canis lupus, était le mammifère terrestre le plus répandu sur notre planète… Après quoi, il sera quasiment réduit à l'extinction au XIXè siècle. Aujourd’hui, sa population est estimée à 23 000 individus dans les pays de l'Union européenne, dont un millier en France.    À lire et à voir : - Dans les pas du loup, d’Adam Weymouth. Éditions Albin Michel 2026. Prix Nicolas Bouvier 2026 - Les rois du Yukon, d’Adam Weymouth. Éditions Albin Michel 2021.  - Le loup, une histoire culturelle, de Michel Pastoureau. Éditions du Seuil. 2018 - Les diplomates – Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant, de Baptiste Morizot, Éditions Wildproject. 2016 - Vivre avec les loups – Livre + Film – Jean-Michel Bertrand, Éditions La Salamandre. 2023 - La peur du loup, de Geneviève Carbone, Éditions Gallimard. 1991 - Le site du « Festival Étonnants Voyageurs » qui s’est tenu du 23 au 25 mai 2026 à Saint-Malo.
La tête dans les nuages
2026/06/21
Dans son dernier livre, l’écrivaine et journaliste française Virginie Troussier nous invite à un voyage du regard et de la pensée en observant les nuages, présages du temps qui passe et qui s’en vient. Ils sont le visage du vent et de la pluie. Larmes du ciel en suspens, flocons blancs vaporeux ou menaçants… Plus que tout autre élément naturel, les nuages sont une source d’émerveillement et d’inspiration, propices à la contemplation et la rêverie. Les paysans, les marins ou les montagnards les regardent aussi avec une attention décuplée, façonnant une certaine science des nuages. Les météorologues les ont classés, inventoriés : Cirrus, griffes cotonneuses dans le ciel, Stratus ou « étendue » pour désigner les formes allongées ; Cumulus pour qualifier ces amas en paquets ou en balles de coton…  Les nuages sont donc des phénomènes précis, amas de vapeur d’eau dans l’atmosphère. Mais avec leurs formes variées, changeantes, leur caractère à la fois singulier et universel, les nuages offrent à toutes et tous des paysages, des horizons infinis, dans lesquels l’autrice férue de mers et de montagnes, Virginie Troussier, nous invite à plonger.  Son Petit éloge des nuages, qui vient de paraître en France, a alors des airs de « Petite philosophie des nuages », interrogeant notre liberté de regard dans un monde truffé d’écrans, la place du mouvement et de l'éphémère dans des vies parfois trop rangées, le rôle de la poésie et du rêve, sel de l’existence et de la création littéraire de cette femme libre, adepte de la voile et de la grimpe, habitée par les mots.  Après avoir grandi dans les Alpes, Virginie Troussier vit désormais entre Paris et la Bretagne. Et depuis une décennie au moins, elle nous livre des récits sensibles d’alpinisme, de destins sportifs ou de vies maritimes qui interrogent notre rapport intime aux éléments, où la géographie importe et nous emporte, autant que les nuances du ciel… Tout en regardant ce ciel mouvant, Virginie Troussier convoque également dans son livre des destins singuliers : le pharmacien anglais du XVIIIè siècle Luke Howard, « l’homme qui a inventé les nuages », des chasseurs de tornades, des « nimbophiles » réunis en société, des peintres anglais fascinés par les variations du ciel, l’alpiniste Nicolas Jaeger disparu dans les nuages sur la face Sud du Lhotse en 1980, le peintre des alpages Samivel, le philosophe des éléments Gaston Bachelard ou les époux Krafft, volcanologues de renom, en quête de nuages de cendres.  Une fois refermé ce petit éloge, on est alors tenté d’aller dehors, s’allonger sur un bout d’herbe ou de sable et lever le nez, pour avoir nous aussi la tête dans les nuages.   ► À lire : - Petit éloge des nuages, de Virginie Troussier. Éditions Les Pérégrines. 2026 - Au milieu de l’été, un invincible hiver, de Virginie Troussier. Éditions Paulsen Guérin. Prix Jules-Rimet 2021 - L’homme qui vivait haut, de Virginie Troussier. Éditions Paulsen Guérin. 2023 - La fin des nuages, de Mathieu Simonet. Éditions Julliard. 2023.   ► À voir : - Le site de l’Atlas international des nuages, par l’Organisation Météorologique Mondiale - La journée internationale des nuages, crée par Mathieu Simonet, a lieu chaque année le 23 mars - Le site de la Cloud Appreciation Society, une société de nimbophiles, amateurs de nuages - Le travail de l’artiste néerlandais Berndnaut Smilde qui place des nuages dans des scènes d’intérieur ou celui de James Turell, immense artiste de la lumière, qui crée notamment des expériences immersives du ciel à travers l’architecture.
Sur la piste du lynx des Balkans, fantôme de la forêt
2026/06/14
Dans les reliefs et forêts de Macédoine du Nord et d’Albanie, se niche ce grand félin à la fourrure tachetée et aux oreilles pointues, un des mammifères les plus rares au monde. Voyage à pas lents et pistage ​attentif...  Au début des années 2000, alors qu’on le croyait disparu, le lynx des Balkans a été redécouvert, entre les massifs du parc national de Mavrovo au nord-ouest de la Macédoine et les monts de Munella au nord de l’Albanie. Aujourd’hui, une quarantaine de ces animaux seraient présents à l’état sauvage, dans des contrées retirées quoique de plus en plus anthropisées, altérées par l’homme. Classé par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) comme une espèce en danger critique d'extinction, ce lynx hante depuis longtemps l’imaginaire et les récits populaires dans les Balkans. En Macédoine du Nord, il est un emblème national qui orne les pièces de 5 denars, et en Albanie, on raconte que ceux qui croisent ses yeux en amande deviennent aveugles.  « Lynx lynx balcanicus », c’est le nom de cette sous-espèce du lynx boréal, prédateur solitaire qui avance la nuit ou le soir et que l’on dit insaisissable, fantomatique même. On le surnomme d’ailleurs « le fantôme de la forêt ». Mais au-delà de la fascination qu’il suscite, ce lynx des Balkans fait désormais l’objet d’une surveillance et d'une protection bien spécifiques, dans le cadre d’un programme transnational de rétablissement du lynx des Balkans.  Survivant discret d’un monde en recul, le lynx rôde entre les arbres, franchit les cols, traverse les frontières. Car son territoire, lui, ne connaît pas les lignes sur les cartes. Et dans une région longtemps marquée par les frontières et les tensions, le combat pour cet animal emblématique oblige alors les humains à coopérer et veiller sur le sauvage, ou du moins ce qu'il en reste.  Un voyage sonore entre la Macédoine du Nord et l’Albanie de Sibylle d’Orgeval.    En savoir plus : - Sur le programme transnational de rétablissement du lynx des Balkans - Sur l’ONG Macedonian Ecological Society impliquée dans ce programme côté Macédoine du Nord. En macédonien.  - Sur l’association PPNEA: Protection and Preservation of Natural Environment in Albania, engagée dans ce programme côté albanais - Sur le parc national de Mavrovo en Macédoine du Nord. En anglais.   - Sur l'UICN et le classement du lynx des Balkans. En anglais.
Hommage à Maurice Freund, passeur de désert
2026/06/07
À l’âge de 82 ans, s’est éteint en France, le 9 mai 2026, un grand nom du voyage en Afrique en la personne de Maurice Freund. Hommage en voyages…  En Mauritanie, on l’a surnommé « le frère du désert » ou « le pilier de la tente, la khayma ». Ici ou ailleurs, on l’appelait parfois « Momo » ou « Monsieur Maurice ». Dans la presse, il était « le Robin des airs », « le pirate des airs » aussi.  Celles et ceux qui ont un jour voyagé au Sahel et dans le Sahara connaissent l’empreinte profonde que Maurice Freund, né en Alsace en 1943, et disparu récemment, a laissé derrière lui. À l’annonce de son décès, les hommages ont d’ailleurs plu sur le désert et la toile, venus du Mali, du Burkina Faso, du Tchad, de Mauritanie, d’Algérie, du Niger ou de France ; mais aussi les récits des nombreux voyages, échanges et rencontres qu’il aura permis, rendu possible.  Entrepreneur baroudeur et militant, Maurice Freund aura donc fait voyager des milliers d’Occidentaux sur le continent africain, en particulier dans le Sahel. Mais ce proche de Thomas Sankara et ami de Pierre Rabhi, une figure de l’agroécologie, aura surtout fait du tourisme solidaire, de la démocratisation de l’aérien et du désenclavement des zones subsahariennes, le combat de sa vie. Et ce, en dépit d’un contexte politique, économique et sécuritaire compliqué, qui a beaucoup changé depuis la création de sa coopérative de voyageurs Point Afrique en 1995. Maurice Freund mènera ce combat jusqu’au bout, puisqu’en février 2026, il était encore au Tchad pour évaluer, promouvoir une relance du tourisme dans le nord du pays… Maurice, on le connaissait bien à Si loin si proche, pour avoir déjà retracé sa trajectoire de pionnier des vols charters, de son vivant, dans une série en deux épisodes, mais aussi pour avoir voyagé à de nombreuses reprises grâce à lui et ses avions, via sa coopérative Point Afrique qui a succédé au Point Mulhouse fondé en 1964. Aujourd’hui, pour lui rendre hommage, on vous emmène sur certains de ces voyages au Tchad, au Maroc ou en Mauritanie, auprès de peuples du désert qu’il aimait tant… Un hommage à travers enfin, des paroles de certains de ses proches qui reviennent sur l’héritage laissé par Maurice Freund, et que beaucoup entendent défendre, perpétuer… Le 28 mai 2026, la coopérative Point Afrique et ses membres réunis en AG ont annoncé vouloir continuer l'œuvre de Maurice, afin de défendre une certaine idée du voyage : engagé, durable et équitable. Que cela soit dit… Un point c’est tout !    En savoir plus : - Sur Point Afrique Voyages, la coopérative de voyageurs fondé par Maurice Freund - Sur Maurice Freund et l’épopée du Point Mulhouse puis du Point Afrique. Un podcast Si loin si proche en deux épisodes - Sur le Festival « Le Sahara s’invite à Fort Barraux » les 24, 25 et 26 juillet 2026. Avec des délégations venues du Mali, de la Mauritanie, du Tchad, d’Algérie, de Libye et du Niger. Par l’association 20 Degrés Nord dont Jade Mietton - Sur le témoignage livré par Maurice Freund lui-même dans « Est-ce ainsi que les hommes volent ? Mémoires d’un Robin des airs » et paru aux Éditions La Martinière.
Kwe! Au Québec autochtone, chez les Innu de Pessamit #3
2026/05/31
Kwe signifie «bonjour» dans de nombreuses langues autochtones et c’est sur le principe de la rencontre, fertile, respectueuse, que les communautés autochtones accueillent et se présentent aux visiteurs de passage. Troisième et dernière étape: à Pessamit, sur la Côte Nord, parmi les Innu, un peuple de tradition nomade, profondément ancré dans son territoire ancestral: le Nitassinan. Aujourd’hui, malgré les blessures coloniales, les Innu de Pessamit s’attachent à partager leur culture millénaire. Celui ou celle qui pose le pied au Québec, connaît certainement le roman de la Nouvelle France, terre de pionniers et de colons francophones en Amérique. Une terre qui jadis, avant l’arrivée de Jacques Cartier ou Samuel de Champlain, se vivait depuis des millénaires en partage et en mouvement par des hommes et des femmes parmi les lacs, les rivières et la forêt boréale. Des peuples autochtones, à qui l’on doit -notamment- le nom du Canada, « Kanata » signifiant village en langue iroquoienne ou wendat, ou Québec qui désigne « là où le fleuve se rétrécit » en langue algonquienne. Des peuples qui, pour la plupart, s’appellent, se désignent dans leurs langues simplement « humains ». C’est donc aux sources de cette humanité en Amérique que l’on vous propose de vous emmener pour une série en 3 épisodes, au Québec autochtone, à la rencontre de communautés que l’on connaît trop mal, à commencer par leurs noms. Petit rappel : au Québec, il existe 11 nations autochtones : les Inuit et dix Premières Nations parmi lesquelles les Wendat, les Innu, les Anishinaabeg, les Atikamekw, les Mi'kmaq, les Kanien’kehá:ka, les Naskapi, les Eeyouch, les Wolastoqiyik et les W8banakiak. Leurs communautés se déploient à travers tout le Québec et sont encore placées sous le régime des dites « réserves indiennes », des territoires non cédés par les autochtones mais appartenant à la Couronne, réservés à l’usage d’une « bande indienne » ou d’une communauté autochtone. Longtemps perçus par les allochtones ou non autochtones, comme des lieux clos, interdits, ces communautés sont en fait des lieux de vie ouverts à tous et toutes, des espaces de transmissions et de cultures passionnants. Là-bas, des musées, des sites culturels mais aussi les paysages de rivières, de lacs ou de forêts racontent l’histoire et la grandeur de ces premiers peuples. Le Québec autochtone est un territoire immense -le Québec est 3 fois plus grand que la France- et les réalités comme les histoires de chaque Nation et à l’intérieur, de chaque communauté, sont multiples voire infinies. Même si elles ont toutes en commun d’avoir été malmenées par la colonisation et la sédentarisation forcée. Mais les autochtones sont toujours là, bel et bien là ; et aujourd’hui, tous et toutes ont à cœur de reprendre la main et le narratif sur qui ils sont et d’où ils viennent.  Troisième étape, à Pessamit, une communauté innu placée au bord du Fleuve Saint Laurent sur la Côte Nord. Autrefois appelés Montagnais, les Innu sont la nation la plus importante en population de la province francophone, soit plus de 20 000 personnes déployées en 11 Communautés, entre le Québec et le Labrador, sur des terres ancestrales qui n’ont jamais été cédées par des accords ou des traités. Présents dans la région depuis des millénaires (des fouilles ont prouvé l'existence d'un peuple de chasseurs remontant à 5 500 ans avant notre ère), les Innu étaient là au moment du passage des « explorateurs » européens Jacques Cartier ou Samuel de Champlain au XVIè et XVIIè siècle. Aujourd’hui, à Pessamit, on dénombre 2 500 habitants environ, dont plus de 80% parlent encore leur langue, l’innu aimun. Car jusque dans les années 50, les Innu ont su garder un lien puissant avec leurs traditions, des traditions mises à mal par les barrages, la colonisation et l’évangélisation. Depuis quelque temps, Pessamit développe l’été des visites guidées, à la découverte d’une culture nomade millénaire, tournée vers l’intérieur des terres, la terre ancestrale, socle de leur pensée et de leur civilisation : le Nitassinan.  Avec des habitants, acteurs, actrices culturel.le.s et touristiques, pêcheur, ancien chef de bande, guides, conteur ou poétesse comme Joséphine Bacon que l’on avait rencontrée en 2021. C’est elle qui nous avait donné envie de partir dans le vaste Nitassinan innu.   Une série en 3 épisodes de Laure Allary et Céline Develay-Mazurelle.  Avec :  - Joséphine Bacon, poétesse innu de renom, originaire de Pessamit - Robert Dominique, aîné de la communauté et ancien chef de bande de Pessamit - Kathy Moreau Lacasse, guide innu au centre communautaire Ka Mamuitunanut  - Wilfrid Apik Hervieux, conteur de mythes et légendes innu - Lily-Rose Bacon, jeune étudiante innu  - Jean-Louis ou Muâku, pêcheur à la truite innu - Céline Bacon, agent culturel et touristique innu à Pessamit - Moïse Junior Ashini travaille au camp innu Uamastakenis qu’a créé son père - Geneviève Ashini, soeur de Moïse, travaille au camp innu Uamastakenis qu’a créé son père. Pour préparer votre voyage à Pessamit : - Le site de Tourisme Autochtone Québec regorge de ressources et d’idées - La présentation des 11 Nations du Québec par Tourisme Autochtone Québec et un guide très utile sur comment voyager en pays autochtone - Le site du Conseil des Innus de Pessamit - En savoir plus sur la poésie de Joséphine Bacon - Sur le Camp innu Uamastakenis qui propose une immersion et un hommage à la culture innu en territoire  - Sur le site traditionnel innu Kanapeut, espace de partage et de connaissances sur l’innu aïtun fondé par Michel et Erik Kanapé - Pour en savoir plus sur la culture innu plus largement, allez sur le site de l’institut Tshakapesh ou voir les capsules vidéos de Nametua Innu, mémoire et connaissance du Nitassinan.   À lire et à écouter : - Bâtons à message. Tshissinuashitakana, de Joséphine Bacon. Éditions Mémoire d'encrier, 2009 - Les vertèbres de Joséphine, de Joséphine Bacon et Laure Morali. Éditions Mémoire d’encrier. 2026 - Eukuan Nin Matshi-Manitu Innushkueu. Je suis une maudite sauvagesse, d’An Antane Kapesh. Éditions Mémoire d’encrier. 2019 - Tiohtiá:ke, de Michel Jean. Éditions du Seuil, 2023 - Kuessipan, de Naomi Fontaine. Éditions Mémoire d’encrier. 2011 - Le peuple rieur. Hommage à mes amis innus, de Serge Bouchard. Lux Éditions. 2018 - Le passionnant balado produit par Radio Canada Laissez-nous raconter : L’histoire crochie avec Marie-Andrée Gill autour de 10 mots clés à décoloniser - La musique du groupe historique innu Petapan. Sur la plateforme de découverte des artistes et des musiques autochtones actuelles Nikamowin.

Podcast reviews

Read Si loin si proche podcast reviews


0 out of 5
0 reviews

Podcast sponsorship advertising

Start advertising on Si loin si proche relevant audience podcasts


What do you want to promote?