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De vive(s) voix

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Rating
★★★★★
4.7
from
3 reviews
This podcast has
24 episodes
Language
French
Publisher
RFI
Explicit
No
Date created
2020/02/24
Latest episode
2026/10/05
Average duration
29 min.
Release period
2 days

Description

Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine des initiatives en faveur de la francophonie. Une émission consacrée à la langue écrite qui vit, s’adapte, se développe. Mais aussi une émission où la langue parlée, blablatée, tchatchée, déclamée et murmurée aura toute sa place. En compagnie d’historiens, linguistes, traducteurs, artistes… ce nouveau rendez-vous sur RFI sera aussi celui de l’oralité : ce qui est émis, qui est énoncé de vive voix. Théâtre, slam, poésie sonore, contes, traditions orales… Émission présentée par Pascal Paradou, en collaboration avec Cécile Lavolot. Réalisation : Laura Pinto. Et en podcast sur www.rfi.fr. *** Diffusions du lundi au jeudi : à 13h30 TU vers toutes cibles ; 17h30 vers l'Afrique lusophone ; à 21h30 vers l'Afrique haoussa ; du lundi au jeudi à 22h30 vers Malabo/Bata. Le vendredi à 22h30 vers l'Afrique peul & lusophone & Malabo/Bata. Et le dimanche à 14h30 vers l'Afrique peul & lusophone & Malabo/Bata. (Heure de Paris = TU + 1 en grille d'hiver).

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Le Festival International de Poésie de Trois-Rivières au Canada
2026/10/05
Toute la semaine, se déroule le Festival International de Poésie. Nous serons à Trois Rivières sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, à mi-distance entre Montréal et Québec : une institution depuis 42 ans qui fait de cette ville la capitale mondiale de la Poésie.  Neuf jours pour célébrer la poésie !  Une centaine de poètes invités, près de trois cents activités proposées et une soirée d’inauguration : le Festival International de Poésie de Trois Rivières se déroule du 2 au 11 octobre.  Depuis plus de quatre décennies, la ville de Trois Rivières au Canada accueille chaque année des poètes du monde entier et favorise les rencontres entre les artistes et le public. Ils célèbrent chaque année les poésies singulières et la poésie plurielle.  Ce festival a été créé en 1985 par Gaston Bellemare, un poète et éditeur. Il fut l'un des premiers poètes à publier chez Les écrits des forges, une maison d'édition entièrement consacrée à la poésie créée en 1971 par le poète Gatien Lapointe. qui a publié plus de mille titres.  D'abord local, le festival a gagné en notoriété. Il est devenu petit à petit, international. Aujourd'hui, la ville de Trois-Rivières est surnommée « Capitale de la poésie ».  « C'était très important pour nous de garder l'essence même de ce festival », nous dit Louise Dupré.  Le thème retenu cette année est « Murmures », une véritable éloge de l'écoute car la poésie peut se murmurer dans les « petits gestes quotidiens. »  « Actuellement, avec tous les cris et le vacarme du monde, entendre murmurer de la poésie, c'est essentiel », précise Louise Dupré.    Invités :  Louise Dupré, présidente du Festival international de la poésie de Trois-Rivières depuis 2024. Elle est également poète et a notamment publié Exercices de joie, aux éditions Bruno Doucey.  Eveline Charland, directrice artistique du festival International de Poésie des Trois Rivières. Eric Roberge, poète, éditeur, il est président du Conseil d’administration de la maison d'édition Les Écrits des forges. Avec également un reportage dans un atelier d'écriture organisé par Maryse Baribeau qui a co-dirigé le FIPTR. Dans cet atelier, des personnes de tout âge et de toute région peuvent s'essayer à la poésie.  Programmation musicale :  L'artiste Fabiola Toupin avec le titre Revenance, un poème de Madeleine Saint Pierre mis en musique.
«La solitude des professeurs est infinie» : un roman témoignage de Yannick Haenel
2026/10/01
Dans La solitude des professeurs est infinie, l'auteur Yannick Haenel raconte l'histoire le quotidien de Jean Deichel, un jeune professeur de français qui effectue son stage dans un collège de la banlieue parisienne.  Yannick Haenel a été professeur de français en banlieue parisienne. L’assassinat de Samuel Paty et de Dominique Bernard lui a donné envie de revenir sur son ancien métier. Son expérience a été passionnante mais difficile. Il explique : « Quand on nourrit la faim et la soif des élèves, cela fait de ce métier ce qu'il y a de plus beau. »  Dans ce nouveau roman, Yannick Haenel donne vie à Jean Deichel, un professeur de 22 ans et qui rêve de parler de poésie à ses élèves. Il va alors rencontrer les élèves, mais aussi le Proviseur. Ce personnage est comme un alter ego pour Yannick Haenel « c'est moi en mieux et moi en pire », ironise-t-il. Comme lui, le personnage de son roman a une foi dans la transmission « Ça a été mon cas et c'est le cas de la plupart des profs ».   L’auteur parle également d’une politique suicidaire de l’Éducation nationale : la succession de réformes a désorienté la plupart des professeurs, qui ne savent plus dans quelle direction aller. Il dénonce une forme d’hypocrisie et d’abandon. Les enseignants sont totalement isolés du monde et de la société. Pourtant est-ce une fatalité ? Non, selon l'auteur qui pense qu'il faut transmettre autrement « Il faut trouver des professeurs qui soient des poètes ».    Invité : Yannick Haenel. Écrivain et éditeur français. Il a été professeur de français en collège et au lycée, pendant 17 ans en banlieue parisienne, un métier qu'il a arrêté en 2005. La solitude des professeurs est infinie publié chez Gallimard fait partie de la première sélection du Prix Goncourt 2026.  À lire aussi Entre les murs de François Bégaudeau. Il a été adapté au cinéma en 2008 par Laurent Cantet.  Programmation musicale :  L'artiste Talu avec le titre Gen Z.
Les Zébrures : deux spectacles pour parler de l'intime
2026/09/30
Le festival des Zébrures à Limoges raconte aussi l'intime avec deux pièces : Une Vénus de 5 743 ans, d'Olivia Csiky Trnka et Rebelles en exil, de Tatiana Frolova et Soro Solo.  Jusqu'où aller dans l'intime ? Comment faire voir ou entendre une émotion profonde, à soi et pour les autres ?  Dans une Vénus de 5 743 ans, l'autrice Olivia Csiky Trnka raconte le récit d'une vieille femme dans un EHPAD, partiellement paralysée et au seuil de la mort. Sous la forme d'un long monologue, on suit son errance dans le labyrinthe intérieur de cette femme dans ses sphères les plus intimes. Elle parle de ses joies, de ses désirs, de ses regrets, de ses remords. La comédienne est nue sur scène, comme pour ajouter une dimension d’intimité à la scénographie.  Avec cette pièce, elle souhaite « Renouer le lien avec nos personnes âgées, dans nos sociétés modernes, car on n'a plus les outils, ni l'imaginaire pour accueillir la vulnérabilité du 4è âge. C'est une question qui me hante depuis la mort de mes grands-parents, et les différents scandales qui ont éclaboussé les EHPAD. » Malgré tout, la metteuse en scène fait le choix de conserver une part d'humour dans le spectacle.  Rebelles en exil est le titre du douzième épisode de Grand ReporTERRE, un concept créé par le Théâtre du Point du Jour à Lyon et qui fait rencontrer un auteur et un journaliste sur un thème commun. Le spectacle raconte une autre forme de pudeur et l'intimité liées à l'exil.  Tatiana Frolova et Soro Solo ont collaboré pour mettre en scène cet épisode.  Tatiana Frolova est née en 1961 à Komsomolsk-sur-Amour, en Russie. Elle a fondé le théâtre KnAM en 2005. La troupe est en exil en France depuis mars 2022. Dans le spectacle Rebelles en exil, elle raconte la violence et les humiliations de l'exil : « Nos corps parlent beaucoup plus que n'importe quelle histoire. » Cependant, elle ne voulait pas créer un spectacle de « trauma ». « Le trauma est devenu capitaliste, ça se vend bien. Je voulais prendre des morceaux de nos vies et les tisser pour ce spectacle ».  Le spectacle a été conçu avec Soro Solo, journaliste ivoirien réfugié politique en France depuis 2003. Avant ce spectacle, il racontait peu son expérience d'exilé : « Je n'ai jamais raconté la violence par pudeur mais aussi car je ne voulais pas qu'on ait pitié. » Lui aussi raconte la violence et la peur mais aussi « la joie de vivre une deuxième vie dans la même vie ». Invités : - Olivia Csiky Trnka, comédienne et metteuse en scène.  Son spectacle « Une Vénus de 5 743 Ans » en tournée en 2027 - Tatiana Frolova, metteuse en scène et directrice du théâtre KnAM qui fut l'un des premiers théâtres indépendants en URSS en 1985 lors de sa création, elle est exilée en France depuis 2022 au moment de l'invasion de l'Ukraine par la Russie - Soro Solo, journaliste. Ivoirien, il est réfugié politique depuis 2003 - Bleue Isambard, comédienne, traductrice et interprète. Leur spectacle Rebelles en exil : les 12 13, 14 octobre 2026 à Lyon et 26 novembre 2026 à Choisy-le-Roi.    Programmation musicale :  Le duo suisse Saint Aube.
Zébrures : «Le silence des tabous» et «l'Enfant-soldat née musique» deux pièces sur les traumatismes
2026/09/29
Deux spectacles sur les traumatismes de la guerre et de l'esclavage : « Le silence des tabous » d'Ulrich N'Toyo et « L'Enfant soldat née musique » de Zarina Khan.   Dans ces deux spectacles présentés au festival Les Zébrures à Limoges, il est question de musique.  Dans « L'Enfant-soldat née musique » de Zarina Khan, Soledad est une adolescente enrôlée de force dans la guerre en tant qu'enfant soldat, dans une métropole africaine. Elle a une capacité auditive particulière : « elle prend les bruits et la fureur du monde pour les orchestrer intérieurement, elle attrape les sonorités terrifiantes pour les transformer », nous raconte la metteuse en scène.  L'art lui permet ainsi de traverser les pires horreurs et la barbarie du monde.   La musique construite à partir du texte est écrite avec des sonorités et jouée en plusieurs langues parmi lesquelles le lingala, le kikongo, le swahili et le français.  L'histoire personnelle de la metteuse en scène lui a donné l'idée de cette pièce. En effet, née en Tunisie d'une mère russe orthodoxe et d'un père musulman, elle assiste à l'âge de 4 ans à la tentative de lapidation de sa mère. Zarina Kahn va ensuite enchaîner les exils à travers le monde. « C'est la poésie qui m'a permis de survivre. »  C’est sans doute dans cette enfance marquée par la violence et le déracinement qu’elle trouve la source de son inspiration. Aujourd'hui, on estime à près de 300.000 le nombre d'enfants soldats : « un drame intemporel. »   Il est également question de souffrance dans la pièce « Le silence des tabous » d'Ulrich N'Toyo. La pièce commence comme une pièce de Marivaux : avec une dispute de couple.  Vanessa et Kongo ne parviennent pas à avoir d'enfant. Elle est originaire des Caraïbes et fait des cauchemars récurrents ; lui est originaire du Congo-Brazzaville et va la convaincre d’aller interroger les ancêtres à Loango, un ancien port d’embarquement des esclaves situé à une vingtaine de kilomètres de Pointe-Noire. Mais Vanessa est très sceptique quant au pouvoir des 'gris-gris' et de ce qu'elle appelle les amulettes et semble rejeter l'africanité qu'elle porte en elle. Ensemble, ils vont à la rencontre de Mama Nzinga « la voix, le chemin » celle qui va pousser à regarder à l'intérieur de soi. Elle va donc les remettre en connexion avec les ancêtres jusqu'à les faire voyager dans le temps... dans la cale d'un bateau négrier... Un voyage initiatique sur les traces de leurs racines.  Pour écrire cette pièce, Ulrich N'Toyo a collecté sa matière sur le terrain en Guyane, en Martinique, en Guiné-Bissau, en Guadeloupe. Le spectacle est rythmé par les sons de la rumba congolaise et le Grand Kallé. Un choix que l'auteur justifie : « quand on veut raconter l'esclavage, cela passe par la rumba ». Pour lui, il faut raconter et écrire et cela implique de fouiller les petits récits pour interroger la grande Histoire : « Revêtir le manteau des souvenirs. » À lire chez l'Harmattan : Le silence des tabous de Ulrich N'Toyo. Invités : Zarina Khan, philosophe, autrice, metteuse en scène, réalisatrice et comédienne française, née à Tunis. Formée notamment auprès de Peter Brook, Ingmar Bergman, Andréas Voutsinas et Philippe Adrien, elle fonde en 1984 la Compagnie Zarina Khan, avec laquelle elle développe une œuvre où le théâtre devient un espace de création, de transmission et de dialogue entre les cultures. Depuis plus de quarante ans, son travail est étroitement lié à la défense des droits humains et des droits de l’enfant. En 2005, sa candidature est proposée pour le Prix Nobel de la Paix.  Ulrich N'Toyo est un comédien, conteur, marionnettiste et metteur en scène ; originaire du Congo-Brazzaville. Il découvre le théâtre dès l’enfance à Brazzaville et se forme auprès de plusieurs figures majeures de la scène congolaise, parmi lesquelles Dieudonné Niangouna, Julien Bissila et Abdon Fortuné Koumbha. En 2007, il s’installe en France où il poursuit un parcours artistique partagé entre l’Afrique et l’Europe. Il est le directeur artistique de la Youle Compagnie.  Programmation musicale :  L'artiste Grand Kallé avec le titre Parafifi.
Les Zébrures 2026 : Hermine Yollo, lauréate du Prix RFI Théâtre 2026 pour Ima Maryam
2026/09/28
Cette année, c'est la Camerounaise Hermine Yollo qui remporte le prix RFI Théâtre pour la pièce Ima Maryam : le jugement de Marie. Le prix lui a été remis dimanche soir (27 septembre 2026) à Limoges.   Depuis le 23 septembre, le festival les Zébrures met à l'honneur des jeunes auteurs dans la capitale limousine et propose spectacles, lectures et concerts pour faire vivre la francophonie sous toutes ses formes.  Hassane Kassi Kouyaté, auteur, metteur en scène et directeur du festival les Zébrures vient de signer un éditorial pour résister à « l'asphyxie du théâtre ». "Le Théâtre est un lieu de résistance, il faut oser" Selon lui, l'art et la culture sont les seuls moyens de sauver nos âmes et notre libre arbitre.  « “Refuser l’isolement”, c’est d’ailleurs l’un des slogans de cette édition, face au repli identitaire. Le directeur du festival évoque des problèmes financiers, mais aussi des problèmes de visas non accordés à certains artistes venus d’ailleurs. “C’est très surprenant que ces visas leur soient refusés alors que ce sont ces artistes qui font le pont entre la France et le reste du monde. Certains visas ont été refusés pour des raisons fallacieuses.” » « Pour cette édition 2026, Hassane Kassi Kouyaté va mettre en lecture les textes de nombreux jeunes auteurs dans le spectacle Un infime bruit du monde. Les auteurs ont dû écrire entre une et trois pages à partir de ce texte. Parmi ces artistes, Patherson, slameur et poète sénégalais est en résidence d'écriture à Limoges. Il tente de créer des ponts entre slam et écritures dramaturgiques. Il souhaite rendre la poésie plus accessible et la manière de la déclamer « moins élitiste. » Il travaille sur un texte où il part des traditions orales africaines pour les enrichir d’éléments issus de l’écriture théâtrale. Au Cameroun, le slam est également très important tout comme les écritures dramaturgiques, « beaucoup de gens écrivent, il y a une grande dynamique mais il manque des vitrines pour l'autrice », nous raconte Hermine Yollo qui, elle, vient de remporter le Prix RFI Théâtre pour sa pièce Ima Maryam : le jugement de Marie., une histoire percutante autour du personnage de la Vierge Marie. Hermine Yollo, née à Douala, au Cameroun dans une famille de comédiens est autrice, metteuse en scène... ou plutôt « metteuse en mots » comme elle aime se décrire: « Je mets en scène les mots, comme je mets en scène une pièce de théâtre », précise-t-elle. Elle est également traductrice de formation, directrice de la compagnie NGOTI, une compagnie camerounaise de théâtre professionnel.   Beaucoup de femmes écrivent mais elles écrivent dans leur chambre... nous travaillons à encourager les femmes à sortir de leur chambre.    Avec Ima Maryam : le jugement de Marie, elle entend questionner des sujets tabous et déboulonner certains dogmes religieux.   En effet, elle donne la parole voix à Marie, la Sainte Vierge, mère de Jésus-Christ. « Pour moi c'était important d'entendre cette voix là ! C'est aussi ça le théâtre : mettre de la fiction, mais en allant plus loin que la fiction ». Celle qui a inspiré, c'est Maryam qui lui est venue par le rêve, celle qui a inspiré la Vierge Marie et qui n'a pas du tout la même histoire qu'on raconte sur la Vierge Marie. Elle dit « non, je ne suis pas celle que vous croyez.. .» En lisant plusieurs passages de la Bible et en cherchant dans d'autres documents, l'autrice est persuadée que ce personnage a été victime d'un viol.  Le texte a été mis en lecture à Limoges par Aurélie Van Den Daele, directrice du Théâtre de l'Union qui qualifie ce texte d' « atypique et de féministe qui nous ramène à des choses qu'on oublie. C'est très courageux car c'est un pavé dans la mare. » Programmation musicale :  L'artiste Jacques Surette avec le titre « Hallo ma belle ».  On peut également entendre le texte « Guérison » de Patherson.
Antoine Volodine : onze livres publiés simultanément pour quitter la scène littéraire
2026/09/24
Il a choisi de se retirer. En cette rentrée littéraire, l'auteur Antoine Volodine publie au même moment, sous le nom du collectif Infernus Iohannes, onze livres chez onze éditeurs différents.  Antoine Volodine a initié le mouvement littéraire du « post-exotisme » au mitan des années 1990, car il estimait que ses écrits ne pouvaient se ranger dans aucune catégorie littéraire existante. Il a lui-même défini ce courant « Une littérature de l’ailleurs, venue d’ailleurs, allant vers l’ailleurs » ou « Une littérature étrangère écrite en français ». Ou encore « l'exotisme qui part d'un regard de la métropole vers l'extérieur, le cœur est à l'extérieur et regarde la métropole ».  Il a développé son œuvre sous de nombreux pseudonymes ou -hétéronymes- parmi lesquels Manuela Draeger, Elli Kronauer, Lutz Bassmann ou Infernus Iohannes. Avec ces onze livres publiés fin août, l'auteur et ses doubles entendent mettre un point final à une carrière littéraire.  «J'aime beaucoup le nombre onze », explique-t-il. Pour les dix premiers volumes, les textes sont tirés de 343 brochures jamais publiées, avec des textes, des dictons mais aussi des rubriques régulières inspirées par le bouddhisme et particulièrement par le Bardo Thödol, qui évoque la « non-vie » cette période qui se situe entre la vie et la mort... Le onzième volume « Retour au goudron. Dernière livraison » est constitué par sept dernières brochures inspirées par Macau, et qui se termine par ces trois mots « Je me tais ». L'ensemble de ces livres est pessimiste mais toujours traversé par l'humour à l'image du titre de son livre Mémoire, mode d'effroi. Antoine Volodine insiste sur le fait qu'il n'y a pas de mode d'emploi pour lire ces livres, que l'auteur décrit comme une « performance ». Il ne recommande donc pas de commencer par l'un des livres plutôt qu'un autre « on peut piocher ce qu'on veut pour commencer la lecture de l'ensemble. Ils ne sont pas écrits pour être lus les uns à la suite des autres ». Tous les styles de la littérature y sont représentés, il y a même un CV qui énumère des faits, des « brèves de dortoir ». Il n'y a donc ni de style, ni de forme unique; ni de personnage, ni de narrateur commun.   « Écrire toujours avec la même forme, c'est très ennuyeux, je voulais explorer des formes différentes pour faire surgir des images devant les lecteurs et lectrices. » Invité : Antoine Volodine. Écrivain français né en 1950. Après des études de lettres, il a enseigné le russe avant de se mettre à l'écriture dans les années 80, en publiant tout d'abord de la science-fiction aux éditions Denoël.  Il imagine dès 1995 le « post-exotisme » : un style que certains ont décrit comme étant proche de la science-fiction.  Il publie en cette rentrée littéraire ces onze livres chez onze éditeurs différents.  « Bardo solo », aux éditions Actes Sud.  « Chagrins » aux éditions de Minuit. Extrait.  « Défections et Cie » aux éditions Rivages « La Grande Misère » aux éditions de L’Olivier « Malaise chez les plongeuses » aux éditions de La Volte « Les Meilleurs d’entre nous » aux éditions du Seuil « Mémoire, mode d’effroi »  éditions Robert Laffont « Pavillons » « Retour au goudron. Dernière livraison » aux éditions La Marelle « Survies minuscules », aux éditions du Sous-sol « Ultimes sursauts », aux éditions La Fabrique « Zone crypte, zone miroir »aux éditions Verdier.   À visiter également : le site Retour au goudron  Programmation musicale :  L'artiste Bernard Lavilliers avec le titre « Coriace ».
Boubacar Ndiaye, conteur, griot sénégalais et tisseur de liens
2026/09/23
Le griot Boubacar Ndiaye présentera à l'INALCO son spectacle « De bouche à oreilles » : des contes en wolof hérités de ses deux mères et de sa grand-mère.  « Raconter, c'est rencontrer » : peut-il y avoir plus beau commencement ? Boubacar Ndiaye est conteur, fils, petit fils de griot. Il parcourt le monde avec ses histoires et se définit aussi comme « tisseur de liens ». En effet, pour lui, la parole sert à relier l'homme à ses semblables et au monde. Né dans une famille de griots, dans une ville de griots, il transmet comme un gardien de la mémoire.  On ne devient pas griot. On nait griot   Dans sa famille, les femmes ont joué un grand rôle : ses deux mères, ses grands-mères, les femmes de chez lui : il en a fait un spectacle Femme mon école dans lequel il raconte cette transmission féminine : « la femme allaite, la femme nourrit, elle porte, c'est une parole qui soigne et nourrit, sa parole fait parler tout le corps. »   Pour Boubacar Ndiaye, la parole passe d'une bouche à l'autre, elle est « habillée de nos couleurs et de ce que nous sommes, de ce que vous voulons dire aux autres. » Pour lui, il s'agit de transmettre, raconter une histoire pour « élever » au lieu de « diminuer ». Dans ses contes, s'invitent la nature : la flore et la faune.  Il transmet essentiellement en wolof, sa langue maternelle « une langue puissante qui considère toutes choses visibles » mais aussi en français : « dès qu'on rencontre une autre langue, on les habille d'autres couleurs ».    Invité : Boubacar Ndiaye. Griot du Sénégal, il allie tradition et modernité pour en faire une seule voix. Dans sa langue maternelle, le wolof, il transmet les contes, devinettes et proverbes légués par sa grand-mère et ses deux mères. Son spectacle : De bouche à oreilles : les couleurs de la langue sera joué à l'INALCO lundi 28 septembre 2026.  Il a également ouvert une école de conteur dans la région de Thiès au Sénégal.  Son association « Le puits à paroles ». La 14ème édition du Festiparoles aura lieu du 12 au 18 avril 2027 et aura pour thème « Tressons nos paroles ». La puce à l’oreille Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décortique les expressions de la langue française dans sa chronique La puce à l’oreille. Et promis, il n'est pas question de « vouer aux gémonies » ceux qui ne connaissent pas l'expression du jour ! Avec Benjamin Rouxel, lexicographe aux éditions Le Robert.  La chronique La puce à l'oreille, en partenariat avec les éditions Le Robert. À retrouver sur le blog Dis-moi Robert.  Programmation musicale : L'artiste Jain & Meryl - FAM.
«Rien n'est su» : Audrey Bonnet adapte le texte de Sabine Garrigues sur la tragédie du Bataclan
2026/09/22
Le 13 novembre 2015, trois hommes ouvrent le feu dans la salle de spectacle du Bataclan et tuent 91 personnes parmi lesquelles Suzon Garrigues, 21 ans. Sa mère, Sabine, a écrit un livre publié en 2023 et mis en scène aujourd'hui par Audrey Bonnet.  « Rien n'est su » est le témoignage d'un jour d'assassinat: les heures, les jours et les mois qui ont suivi ce jour.  C'est un témoignage écrit comme un long poème en vers libres : en 36 chapitres, 36 strophes.  La comédienne Audrey Bonnet le met en scène à la MC 93. Elle découvre le livre de Sabine Garrigues grâce à Pascal Rambert, metteur en scène, avec qui elle travaille.   Il a été mis une première fois en lecture à Théâtre Ouvert. Pour Audrey Bonnet, il y avait une nécessité de le transmettre « J'avais envie de l'entendre dans toutes les langues, dans toutes les générations. » La pièce est confiée à de jeunes comédiens pour créer un « c(h)oeur » vibrant.    Invitées : Sabine Garrigues, autrice de Rien n'est su publié aux éditions du Tripode et Audrey Bonnet, comédienne et metteuse en scène. Elle a joué dans une cinquantaine de pièces. Elle met en scène « Rien n'est su » à voir à la MC 93 jusqu'au 3 octobre 2026.    Programmation musicale :  L'artiste Grand Corps malade en duo avec le rappeur SDM pour le titre «Traces».
Cécile Alduy: des mots aux personnes, l'épuration linguistique aux États-Unis
2026/09/21
« Crise climatique » « handicap » « diversité » « LGBT » « racisme », environ 250 mots ont été bannis des documents administratifs et des sites gouvernementaux aux États-Unis depuis janvier 2025. Comment cette guerre culturelle et linguistique laisse désormais place à une guerre concrète contre les individus ? La même chose pourrait-elle arriver en France ?  Cécile Alduy vit aux États-Unis depuis vingt ans et elle observe depuis janvier 2025 le sentiment de peur qui étreint toute la population devant un État répressif « jusque dans la manière dont on a le droit de parler ou de chercher », explique-t-elle.  « On interdit de faire de la recherche sur un certain nombre de sujets ».  Une véritable police du langage s'est mise en place et les Universités sont devenues « l'ennemie publique N°1 ». Et pour cause, le langage y est utilisé pour penser, pour débattre.  Le régime Trump utilise la langue comme une arme de destruction : on efface la langue et les mots « comme un nouvel ordre du langage ».  Au fil de son enquête, Cécile Alduy a recensé près de 400 mots interdits. Une liste tentaculaire.  Des mots comme « gender » ont été retirés des textes fédéraux. Ce qui est visé, au fond, c’est tout ce qui n’est pas « pensée MAGA ». Ce ne sont pas seulement des mots qui disparaissent, mais les gens qu’ils désignent : une véritable purification lexicale. Pour Cécile Alduy, supprimer ce vocabulaire, c’est attaquer des droits concrets : « si on élimine le mot “transgenre”, cela veut dire qu’on ne peut plus renouveler son passeport, on n’existe plus socialement. Ce sont des attaques réelles. On nettoie de l’espace public la visibilité de beaucoup de gens. » Selon la chercheuse, une menace comparable pèse aujourd’hui sur la France : « on commence à être sous emprise, on commence à s’autocensurer ». Elle propose de faire de ces mots interdits des « mots‑étendards »: « si ces mots sont interdits, c’est qu’ils ont du pouvoir. Il faut les utiliser, même un mot comme “fœtus” : sans ce mot, pas de droit à l’avortement. Il faut une langue qui nous aide à penser plus. » Invitée : Cécile Alduy, professeur de littérature à l’Université de Stanford. Chercheuse associée au CEVIPOF à Paris. Son essai D’abord, ils sont venus chercher les mots est paru aux éditions des Arènes. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Lomé pour parler de la saison 10 du festival « Rendez-vous international du rire à Lomé » et c’est Valentin Vieyra, artiste humoriste - formateur en techniques d'écriture humoristique et en gestion scénique et directeur de ce festival qui nous en parle !  Programmation musicale :  L'artiste BEN Plg avec le titre Histoire sans fin.
Adèle Haenel pour «Viser juste», un premier roman sur la reconstruction
2026/09/17
Dans son premier roman, Adèle Haenel nous fait suivre les métamorphoses d’un enfant fantôme lancé sur les traces de sa propre disparition au travers de la vie et de l’art.  Elle est celle qui parle : elle avait témoigné en 2019 des violences qu'elle a subies dans l'enfance, celle qui a dénoncé aussi la complicité du milieu du cinéma. Elle publie aujourd'hui « Viser juste » pour faire taire le silence, briser le déni. Elle y parle de la possibilité de construction ou de reconstruction.  Invitée : Adèle Haenel, artiste, interprète. Elle a collaboré au cinéma avec les frères Dardenne et Céline Sciamma. Elle est également metteuse en scène.  « Viser juste » est publié aux éditions de l’Arche.     Programmation musicale :  Les artistes Supremnova & Jemma's Palace avec le titre « La Var ».
L'art de la chute : six jeunes auteur-ices s'emparent des codes du stand-up
2026/09/16
« L'art de la chute » est une mise en voix qui réunit sept auteurices sur scène. Tour à tour, ils livrent un récit à la première personne où s’entremêlent joyeusement vécu et fiction, poésie et politique. Quand écrire devient aussi l’art de tenir sur ses jambes. Tantôt drôles, absurdes, inquiets, tendres, et toujours percutants, les textes qui composent L'Art de la chute font résonner des voix singulières pour transformer l'espace théâtral en lieu d'affirmation et de réinvention de soi.  Les thèmes abordés sont les violences économiques et sexuelles, la transidentité, le racisme systémique, les troubles psychiques.  Ainsi, Pierre Koestel, écrivain de théâtre et dramaturge, endosse le rôle de maître de cérémonie et imagine plusieurs façons de faire vibrer les textes du collectif. « Avec le stand-up, on tend vers le comique, pourtant c'est une technique d'écriture assez rigide ! Il y a des règles de musicalité de la langue. » Il utilise la chute comme fil conducteur. C'est un art qui peut paraître minoré, et pourtant c'est très politique. « Une vanne, ça se construit, ça doit être saillant. Il faut parfois réécrire la punchline jusqu'à ce qu'elle fasse mouche ! » Marie de Dinechin est comédienne et autrice. Elle axe son travail autour de la bipolarité. Elle même atteinte de ce trouble psychique, elle joue avec les codes de l’autofiction. Son écriture est tournée vers le public pour tenter de lui raconter cette maladie, avec beaucoup d’humour et de joie. Invités : Pierre Koestel et Marie de Dinechin.   La puce à l’oreille Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décortique les expressions de la langue française dans sa chronique La puce à l’oreille. Cette semaine, elle nous met dans « de beaux draps » avec Benjamin Rouxe, lexicographe aux éditions Le Robert.  La chronique La puce à l'oreille, en partenariat avec les éditions Le Robert. À retrouver sur le blog Dis-moi Robert.  Programmation musicale : L'artiste Eddy de Pretto avec le titre « Sous influence ».
La chanteuse Camille pour son nouvel album «The Sound of Milk»
2026/09/15
Neuf ans après Ouï, Camille sort un nouvel album The Sound of Milk, un disque enregistré sur plus de 15 ans autour de la maternité, de l’enfance et de l’adolescence, et des chansons qui grandissent en même temps.  Il aura fallu près de quinze ans à Camille pour composer ce nouvel album. Pensé comme un triptyque, il se déploie comme un véritable hommage à la maternité. Tout commence avec le titre « The Sound of Milk », choisi en anglais parce qu’elle redoutait la polysémie du mot « lait » en français. « C’est aussi la douceur du son milk qui m’a décidée », confie-t-elle. Articulé en trois volets — naissance, enfance, adolescence — l’album est une suite de récits intimes. Camille a attendu que ses enfants grandissent avant de poser un regard distancié sur la maternité et sur eux. Elle y célèbre la joie, comme force vitale dans une époque troublée « Dans cet état d'anxiété, on peut rester tendre. J'aime croire qu'une chanson pourrait avoir la possibilité de sauver le monde. » Pour écrire ses textes, elle puise parfois dans un mot d’enfant, une onomatopée, une phrase lâchée au hasard. Elle se dit « plus sensible aux sons qu’aux images » et évoque « une montée en sons à partir de mots simples », comme si le langage se réinventait à hauteur d’enfant. Camille est une chanteuse, auteure-compositrice et musicienne française reconnue pour son univers singulier, mêlant pop expérimentale, chanson française et recherches vocales contemporaines. Révélée au début des années 2000, notamment avec l’album Le Fil, elle s’est imposée par sa façon de traiter la voix comme un véritable instrument, en jouant sur les textures, les boucles et les percussions vocales. Parmi ses titres marquants, on peut citer « Ta douleur », « Au Port », « Pale Yellow » ou encore « Je ne mâche pas mes mots ».  Au fil de sa carrière, elle a exploré des univers variés à travers des albums comme Le Sac des filles, Music Hole ou Ilo Veyou, où l’on trouve des chansons telles que « Paris », « Gospel With No Lord » ou « L’Étourderie ». Elle a aussi participé à des projets collectifs et à des bandes originales,  théâtre et performance vocale.  Invitée : la chanteuse Camille. Son album triptyque « The sound of milk » sortira le 18 septembre 2026.   Programmation musicale :  - Comptine extraite du volet 1 Naissance - La terre du volet 2 Enfance - Monsieur Garçon du volet 3 Adolescence - GTB du volet 3 Adolescence.
Théâtre : Dans «Casting Lear», Andrea Jimenez réinvente le Roi Lear chaque soir
2026/09/14
Chaque soir, la metteuse en scène Andrea Jiménez invite un nouvel acteur à monter sur scène pour endosser le rôle du Roi Lear… mais sans aucune répétition préalable et sans avoir appris le texte : un véritable saut dans le vide ! Le comédien est uniquement guidé par la metteuse en scène en direct… à l’aide d’un acteur souffleur.   Mathieu Amalric, Nicolas Bouchaud, Pascal Gregory, Arthur Nauziciel, Laurent Pointrenaux, Pascal Reneric et Dorcy Rugmaba, Marcel Bozonnet : un casting de luxe avec des acteurs majeurs du théâtre et très célèbres qui acceptent de se jeter dans le vide pour jouer le Roi Lear ! le spectateur ne sait pas à l'avance quel comédien jouera le vieux roi shakespearien « c'est pour créer cet effet de surprise de l'irrépétible, de l'unique », explique Andrea Jimenez. « Les comédiens eux-mêmes acceptent pour ce désir d'être toujours surpris, de faire face à quelque chose de nouveau. »  « C'est même plus qu'une expérience, c'est un voyage. », précise Marcel Bozonnet.  Sur scène, Andrea Jimenez joue le rôle de Cordélia, la fille de Lear, et il y a un acteur qui souffle le texte à l’acteur qui joue Lear avec une oreillette... Cet acteur ne sait rien du texte... La metteuse en scène a appliqué ce dispositif 135 fois avec 135 acteurs différents et notamment au festival d'Avignon.  Le Roi Lear, tragédie de Shakespeare, a été écrite entre 1603 et 1606. La pièce raconte l’histoire d’un vieux roi qui décide de partager son royaume entre ses trois filles en échange de déclarations d’amour. Trompé par les flatteries de Goneril et Regan, il déshérite Cordélia, la seule sincère. Les deux aînées, une fois au pouvoir, l’humilient et le chassent, tandis qu’un complot parallèle oppose le duc de Gloucester à son fils légitime Edgar, trahi par l’ambitieux Edmund. Lear sombre alors progressivement dans la folie en découvrant la trahison de ses deux filles et la fragilité du pouvoir. Cordélia revient avec une armée pour le sauver, mais la défaite, les exécutions et les meurtres se succèdent, aboutissant à la mort de Cordélia et de Lear, et à une fin profondément tragique qui interroge la justice humaine et divine...  Avec cette pièce, la metteuse en scène Andrea Jimenez entend faire le lien entre son histoire personnelle et celle contée par William Shakespeare : ainsi que le Roi Lear a répudié Cordélia, la metteuse en scène a elle-même été répudiée par son père... Invités :  Andrea Jiménez, autrice et metteuse en scène de Casting Lear et Marcel Bozonnet, l'un des comédiens qui joue le rôle du Roi Lear.    Andrea Jiménez est metteuse en scène, interprète, auteure et productrice espagnole. Marcel Bozonnet est un acteur, metteur en scène et pédagogue français né à Semur-en-Auxois, le 18 mai 1944. Ancien directeur du Conservatoire national, ancien administrateur de la Comédie française, il a joué des dizaines de rôles sur toutes les scènes d’Europe avec les plus grands metteurs en scène. Il joue le rôle du Roi Lear.  Casting Lear, d’après Le Roi Lear, de William Shakespeare : à voir au Théâtre de la Ville, aux Abbesses jusqu’au 18 septembre 2026. Et la chronique Ailleurs au Canada avec Sherry Simon, professeure émérite de l’Université Concordia. Elle participe à une conférence consacrée aux Langues minorisées, pour fêter les 30 ans de la Déclaration universelle des droits linguistiques qui aura lieu le jeudi 17 septembre 2026 à l’Université Concordia Montréal.  Programmation musicale :  Le groupe Java et Winston « Macanuf » avec le titre En fait.
«C'était ça ou mourir» de Thélyson Orélien : journal de bord d'un Haïtien sur les routes de l'exil
2026/09/10
Jonas voit son quartier de Port-au-Prince s'embraser. Il quitte Haïti, pour fuir vers le Canada en emportant quelques objets dans un sac plastique. Un périple à travers les Amériques commence alors, où les dangers se mêlent aux élans de solidarité.  Après l’embrasement de son quartier de Port-au-Prince, Jonas n’emporte presque rien avec lui en quittant Haïti. Se réfugiant d’abord en République dominicaine, puis au Brésil et au Mexique, ce professeur d’histoire franchit les frontières dans l’espoir d’atteindre le Canada et le peu de famille qu’il lui reste, Jonas se retrouve aux portes des États-Unis, seul face aux agents de l’ICE et d’une administration prête à tout pour mener sa chasse aux migrants.  Lorsque Jonas, professeur d'histoire et poète fuit Haïti, ce n'est pas pour devenir riche mais pour vivre, pour fuir la vie dans un « pays mort » aux mains des gangs. Il emporte dans un sac plastique Carrefour, la photo de sa mère, une brosse à dents, un savon et un recueil de poèmes de René Depestre à qui il rend hommage en écrivant ce roman, un modèle pour l'auteur « un refuge en papier, un abri pour mes pensées », écrit-il. Il connait les épreuves mais aussi des choses joyeuses d'ailleurs le héros rit beaucoup dans le livre : un rire pour tenir, « je ris pour ne pas tomber », fait-il dire à Jonas.  Thélyson Orélien met la langue au cœur du roman : lorsque Jonas parle, il parle en créole, c’était essentiel pour l'auteur.  Il y a beaucoup d’étapes dans ce périple terrible et plein de mots car le personnage est d’abord un fuyard, puis un migrant, puis un clandestin, puis un dossier quand il demande l’asile... Chaque étape lui demande de rester debout.  Ce roman n'est pas à proprement parler autobiographique même si l'auteur a certains points communs avec son héros qui a aussi connu le rejet et la violence administrative. L'auteur se dit, avec ce roman, « engagé mais pas militant ».  Invité : Thélyson Orélien. Son roman C'était ça ou mourir est publié aux éditions Grasset.    Né aux Gonaïves en Haïti en 1988, Thélyson Orélien quitte son pays en 2010 après le terrible séisme qui a touché le pays et s'installe au Québec où il vit toujours.  C'était ça ou mourir a été publié en 2026 aux Éditions du Boréal, une maison d'édition canadienne, basée à Montréal, qui publie en langue française de la littérature générale. Le succès a été tel qu'il a été publié chez Grasset en cette rentrée littéraire. Une trentaine de traductions sont déjà en cours.  L'ouvrage fait partie des premières sélections des prix Goncourt 2026, prix Décembre 2026, Prix Renaudot 2026 et prix Femina 2026.  Thélyson Orélien sera présent pour une rencontre, au festival littéraire Maillage au Palais de la Porte Dorée le 27 septembre 2026.  Programmation musicale : La chanteuse Alma Rechtman avec le titre « Papa la maison s'effondre ».
«Nadja», un siècle plus tard : Léona Delcourt, André Breton et une correspondance surréaliste
2026/09/09
Cent ans après la parution de Nadja, Gallimard publie la correspondance échangée entre André Breton et la jeune femme qui inspira le livre, Nadja — de son vrai nom Léona Delcourt — entre octobre 1926 et février 1927. Une exposition vient également mettre en lumière ces lettres, longtemps conservées à la Bibliothèque nationale de France.  André Breton (1896–1966) est un écrivain et poète français, surtout connu comme le principal théoricien et fondateur du surréalisme, mouvement artistique et littéraire du XXè siècle. Nourri par la psychiatrie, la psychanalyse freudienne et son expérience de la Première Guerre mondiale, il rejette le rationalisme et les valeurs bourgeoises pour promouvoir une littérature tournée vers le rêve. Il a notamment publié le Manifeste du surréalisme (1924). Au cœur de son œuvre se trouve également Nadja publié en 1928, un récit hybride mêlant autobiographie, enquête, journal intime et photographies. L'auteur y raconte sa rencontre avec une femme mystérieuse, Nadja, figure à la fois réelle et fantomatique. Cette femme qui s'appelle Léona Delcour a réellement existé. Elle connaitra un destin tragique puisqu'elle deviendra folle et sera internée avant de décéder à l'asile, en 1941 à l'âge de 38 ans.   Invité : ​​Alban Cerisier, historien, archiviste.  À lire :  Nadja d'André Breton, 1928.  Nadja : Lettres à André Breton. Suivi d'autres textes et d'un choix de dessins. Édition d'Olivier Wagner À voir :  Nadja « Ma main écrit ce que tu penses... ». À voir à la Galerie Gallimard du 4 septembre au 3 octobre.  La puce à l’oreille Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décortique les expressions de la langue française dans sa chronique La puce à l’oreille. Cette semaine, elle nous propose de «vider son sac» avec Géraldine Moinard, lexicographe aux éditions Le Robert. Mais de quel sac parle-t-on au juste ?  La chronique La puce à l'oreille, en partenariat avec les éditions Le Robert. À retrouver sur le blog Dis-moi Robert.  Programmation musicale : L'artiste Philippe Katerine avec le titre «Je te donnerais».

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