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Les dessous de l'infox

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★★★★★
5
from
1 reviews
Categories
Country
United States
This podcast has
24 episodes
Language
French
Publisher
RFI
Explicit
No
Date created
2020/02/24
Latest episode
2026/04/17
Average duration
30 min.
Release period
8 days

Description

Repérer le faux dans l’info, ça n’est pas toujours facile. Sur Radio France internationale, on vous aide à y voir plus clair. En compagnie de tous ceux qui traquent l’infox, l’observent et l’analysent, au plus près, « Les dessous de l'infox », le magazine est diffusé tous les vendredis. Une émission présentée par Sophie Malibeaux. Diffusions le vendredi à 17h30 TU (vers toutes cibles). 

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Tiktok et META en tête du palmarès de la désinformation en ligne en Europe
2026/04/17
Les très grandes plateformes numériques que nous sommes des milliards à fréquenter -les  Tiktok, Facebook, Instagram, Youtube, Linkedin et X (twitter)- sont en train de laisser infox et mésinformation inonder la toile. Ces plateformes sont soumises au règlement européen sur les services numériques. Mais dans les faits, elles ont du mal à s’y plier, et ce que l’on constate, c’est que l’information du public en souffre. D'où l'importance d'un état des lieux chiffré et documenté.  La propagation de la désinformation s’aggrave sur les très grandes plateformes en ligne, sous le double effet du recours aux images générées par l’IA -en pleine croissance- et de la monétisation des contenus suscitant un fort engagement.  Tiktok est en tête, avec une prévalence de l'ordre de 25% de contenus trompeurs tous sujets confondus, mais Facebook, X, Youtube et Instagram sont aussi très mal notés, avec une mention spéciale pour Instagram dont 80% des contenus dans le domaine de la santé tombent dans la catégorie mésinformation-désinformation.  Contourner l'opacité des plateformes numériques Parvenir à mesurer –scientifiquement– cette amplification des publications douteuses reste un défi, face au fonctionnement opaque des services numériques. Ce défi, un groupe d’organisations de la société civile tente de le relever, c’est le projet de recherche SIMODS, d’évaluation scientifique de la désinformation en ligne sur les très grandes plateformes, c'est-à-dire, celles qui comptent plus de 45 millions d'utilisateurs dans l'Union européenne. L'étude porte sur quatre pays d'Europe, la France, l'Espagne, la Pologne et la Slovaquie. Notre invité Emmanuel Vincent est le directeur et fondateur de Science Feedback, qui conduit cette étude.  Non seulement les plateformes sont peu respectueuses des injonctions concernant l'accès aux données pour la recherche, mais -à part Youtube et Facebook- elles ne communiquent aucune information concernant la monétisation des contenus. « Sur Youtube, 80% des comptes qui partagent de la désinformation sont monétisés. Pour les sources crédibles, c'est 90% de comptes monétisés. On le voit c'est à peu près la même chose. Pour Facebook, on est en dessous de 50% de comptes qui partagent de la désinformation qui sont monétisés. On voit quand même que la désinformation, ça rapporte. ». Quant aux autres plateformes, pas moyen de savoir. La transparence est un enjeu de sécurité publique. C'est l'une des recommandations finales du rapport, à l'adresse du régulateur européen et de ces entreprises de services numériques elles-mêmes. Le minimum serait de fournir ce type d'information sur leur fonctionnement interne.    Cette série d'émissions sur « L'Europe face aux menaces informationnelles », entre dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro.
L'Europe face aux menaces informationnelles (épisode 4) : élections en Hongrie
2026/04/10
Les Hongrois votent dimanche 12 avril 2026, dans un pays où le parti au pouvoir exerce une emprise totale sur les grands médias, et recourt massivement à l'intelligence artificielle pour dénigrer l'adversaire. Mais la bataille fait rage sur les réseaux sociaux où candidats de l’opposition et médias indépendants en ligne parviennent à se faire entendre. À la veille du scrutin, Viktor Orban est en mauvaise posture. Infox, IA et propagande d’État ne semblent pas lui profiter.  Dans la dernière ligne droite de la campagne électorale en Hongrie, la désinformation fait rage. L'emploi d'images générées par l’intelligence artificielle est devenu l'outil privilégié de la propagande du Fidesz de Viktor Orban. Mais la mainmise du parti au pouvoir sur les médias et son usage des réseaux sociaux n’ont pas découragé l’opposition, très présente elle aussi sur les grandes plateformes, de même que les médias indépendants en ligne, qui ont multiplié les révélations gênantes pour le pouvoir à l'approche du scrutin. Nous avons rencontré à Budapest nombre d’experts, universitaires, journalistes, fact-checkers. Ils racontent leur expérience de la campagne.  Szuszanna Zelenyi que nous avons rencontrée à la Central European University de Budapest, vient de publier un livre intitulé « Démocratie corrompue, Viktor Orban et la subversion de la démocratie ». Ancienne membre du Parlement hongrois, elle a fait ses débuts en politique dans les rangs du Fidesz, avant de prendre ses distances, face à la dérive illibérale du parti arrivé aux affaires en 2010. Voici ce qu'elle déclare à propos de l'avance confortable de Péter Magyar dans les sondages:  « C'est une avance significative, mais cela ne signifie pas pour autant qu'il gagnera. Parce que les règles électorales sont tellement faussées, parce que la domination médiatique du Fidesz est tellement incroyable, parce que le Fidesz utilise des vidéos générées par IA pour mener une incroyable campagne de complotisme. Peter Magyar est dépeint comme agent de l’étranger. L'Union européenne et le président ukrainien Volodymyr Zelensky, sont présentés comme des acteurs qui veulent entraîner la Hongrie dans la guerre, nous obliger à payer pour ça et envoyer nos fils mourir là-bas. » L'Ukraine de Zelensky, bouc émissaire de la campagne Pour le journaliste du site d'information en ligne Magyar Jeti, Pal Daniel Renyi, malgré tout, la lassitude gagne l'électorat,  « Cette instrumentalisation de la peur en Hongrie fait partie intégrante de la politique du parti au pouvoir depuis au moins dix ans. Ça ne marche plus parce que les gens sont épuisés d'avoir peur en permanence. »  Szilard Teczar du site de fact-checking Lakhmusz, membre du HDMO, l'Observatoire hongrois des médias numériques pointe l'aspect nocif de la propagande à long terme exercée par le parti au pouvoir, bien au-delà de la période électorale, mais ajoute-t-il, « si la désinformation produit un effet à long terme, le fact-checking, qui agit également dans la durée, en incitant à la pensée critique, à la vérification des faits, au croisement des sources ».  Ingérence et inversion accusatoire En difficulté sur le plan domestique, le Fidesz joue la carte internationale avec le soutien de la Russie, des États-Unis, et de l'extrême droite européenne. L’ingérence extérieure n’est pas dénoncée, elle est revendiquée. Venu à Budapest demander aux Hongrois de voter Viktor Orban, le vice-président américain JD Vance s’en est pris à l’Europe accusée d’ingérence, parce que l’UE a suspendu ses financements à la Hongrie, après un certain nombre d’affaires de détournement de fonds au profit du clan Orban, et pour non respect de critères tels que le respect de l’état de droit. C'est pourquoi le leader de l'opposition Péter Magyar a décidé de centrer sa campagne sur la dénonciation de la corruption, et ce thème de campagne remporte un franc succès sur les réseaux sociaux.  Par ailleurs, selon l'analyse d'Erik Uszkiewicz, à la tête du Centre pour le journalisme indépendant, il n'est pas sûr que ces leaders étrangers aient vraiment de l'influence sur l'électorat hongrois. « Beaucoup de Hongrois ne savent tout simplement pas qui est J.D. Vance ».  Gabor Poliak, fondateur de l'ONG Mertek Media Monitor, affirme quant à lui, « l’efficacité de la propagande dépend aussi du contexte. Elle était bien plus efficace quand la situation économique en Hongrie était bien meilleure », c'était avant 2020. Autant de facteurs qui permettent en partie de comprendre pourquoi, à la veille du scrutin, malgré le rouleau compresseur médiatique du parti au pouvoir, l'opposition poursuit la course en tête dans les sondages.  Cette série d'émissions sur « L'Europe face aux menaces informationnelles », entre dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro.
Union européenne : les manipulations de l’information, une menace grimpante mais pas infaillible
2026/04/03
Le service d’action extérieur de l’Union européenne vient de publier son 4ᵉ rapport sur les menaces que représentent les manipulations de l’information et les ingérences étrangères, une étude qui porte sur l’année 2025. Selon ce document, le nombre d’attaques est en hausse. Il a atteint un niveau de complexité inédit l’an dernier. La Russie et la Chine sont présentées comme les deux acteurs les plus menaçants. Deux puissances qui se sont dangereusement appuyées sur l’intelligence artificielle. Par exemple, un incident détecté sur quatre a été produit ou relayé par l’IA. Pour décrypter ces constats ainsi que les solutions proposées par les auteurs de l’étude, nous recevons ce soir Alexandre Alaphilippe. Il est directeur exécutif de l’EU Disinfo Lab.    ► La chronique de Grégory Genévrier de la cellule Info Verif de RFI. À lire / écouter iciNon, le Japon ne vient pas d’adopter une loi anti-islam   ► Le reportage au Pérou de Martin Chabal : désinformation et IA dans la campagne pour la présidentielle du 12 avril.
Repenser la lutte contre la désinformation à l’aune des sciences cognitives
2026/03/27
Nous sommes tous vulnérables face aux fausses informations. Voici l’état des lieux dressé par l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel français. Plus d’un sondé sur cinq a jugé exacte une fausse information. Face à ce constat, faut-il repenser la lutte contre la désinformation ? Comment renforcer notre résilience individuelle et collective ? On en parle avec notre invité, Grégoire Darcy, doctorant en sciences cognitives à l’Institut Jean Nicod. Selon un rapport de l’Arcom publié mardi 24 mars 2026, 97% des Français déclarent être exposés à des fausses informations. Huit sondés sur dix considèrent qu’il est indispensable de lutter contre la désinformation. Ces chiffres, basés sur une étude déclarative, illustrent en réalité un phénomène ancien. « Ce n'est pas forcément nouveau, explique Grégoire Darcy, doctorant en sciences cognitives à l’Institut Jean Nicod. En 2020 déjà, l'OMS parlait d'infodémie pour parler de la diffusion de désinformation massive. Le United Nations Global Risk Report le met aussi parmi les premières causes de vigilance à court terme. [...] L’homme n'a pas attendu Internet pour inventer le mensonge. Pour preuve, on trouve des traces de désinformation au XIVè siècle avant Jésus-Christ. C'est quelque chose qui a toujours été là. Il ne faut pas céder à une panique morale ». « La désinformation, n’est pas forcément un problème de crédulité, c’est davantage une cognition sociale et identitaire qui va faire que vous vous retrouvez à y adhérer. » Aujourd’hui, les politiques publiques peinent à s’attaquer efficacement aux racines du problème. « Si on attaque la désinformation avec des politiques très individuelles comme le fact-checking ou l’éducation aux médias, sans s’attaquer aux causes structurelles, on écope dans un bateau qui coule sans jamais colmater la brèche », estime notre invité, Grégoire Darcy. Comment la Russie a influencé des médias ouest-africains ? C’est une fuite de documents inédite. 1 431 pages de dossiers internes à la « Compagnie », une structure russe liée au Kremlin, ont été envoyés anonymement au média panafricain, The Continent. Ils montrent comment Moscou a mené des opérations d’influence en Afrique en infiltrant la presse locale. Avec un consortium international de médias coordonné par Forbidden Stories, la rédaction des Observateurs de France 24 a analysé ces documents stratégiques, qui montrent en miroir la porosité de ces médias face aux ingérences extérieures. Nathan Gallo nous résume son travail d’enquête. CAN 2026 : l’IA alimente la polémique Le Sénégal déclaré forfait, le Maroc finalement sacré champion de la CAN 2026. La polémique après la décision de la Confédération africaine de football (CAF) ne désemplit pas sur les réseaux sociaux. Dans ce contexte, plusieurs fausses informations circulent, notamment sous forme de vidéos créées par IA. Ces clips mettent en scène des supporters des Lions de l’atlas, prenant la défense des Sénégalais. Olivier Fourt, journaliste à la cellule Info Vérif de RFI, revient sur ces images trompeuses, totalisant des millions de vues, rien que sur Tik Tok.
Ukraine-Russie : comment la guerre des récits influe sur l'évolution du conflit
2026/03/20
La guerre de haute intensité menée par la Russie contre l’Ukraine depuis février 2022, se livre aussi dans le champ informationnel. La bataille des récits influe sur la perception même du conflit par les populations qui le subissent. Elle pèse également sur le soutien apporté au pays agressé, l’Ukraine. Mais en dépit des efforts fournis par le Kremlin pour ébranler ce soutien, l’Europe résiste.  On revient sur les différentes phases de cette guerre informationnelle, avec notre invitée Oksana Mitrofanova, spécialiste ukrainienne des Relations internationales, enseignante-chercheuse à l'Université Jean-Moulin, Lyon III.  Oksana Mitrofanova est l'auteure de « France-Ukraine, une histoire des relations diplomatiques et militaires 1991-2023 », Éditions de la Maison des Sciences de l'homme.  La chronique de Grégory Genevrier de la cellule info vérif de RFI : Burkina Faso: non Ibrahim Traoré n’a pas été arrêté par Donald Trump.
L'Europe face aux menaces informationnelles (épisode 3) : élections en Slovénie
2026/03/13
Dans dix jours, les citoyens de Slovénie sont appelés aux urnes, pour élire les 90 membres de l'Assemblée nationale. Un scrutin qui se tient tous les 4 ans. Comment l’environnement informationnel a-t-il évolué depuis avril 2022 ? Svoboda, le mouvement pour la liberté venait d’être créé et avait remporté un large score. Mais comme d’autres pays d’Europe, l’électorat slovène est désormais sous pression d’un fort courant populiste de droite ultra-conservatrice, de nature à polariser les débats. Les Slovènes sont appelés aux urnes le 22 mars 2026. Dans ce contexte, la bataille des récits fait rage, alimentée par un courant illibéral ultra-conservateur, sous la double influence du mouvement MAGA (Make America Great Again) des trumpistes et de la Hongrie de Viktor Orban. La Slovénie, petit pays de 2 millions d’habitants revêt néanmoins une importance stratégique en Europe. La taille modeste du pays et de son écosystème médiatique le rendent vulnérable aux ingérences étrangères, facilement pénétrable, une proie facile pour la propagande et la désinformation. Si les précédents scrutins en Europe -Roumanie, Moldavie, Allemagne- ont sonné l'alerte face à ce type de pratiques, il n'y a pas à ce stade de réponse coordonnée impliquant médias et société civile, seules quelques initiatives un peu tardives. L'issue du scrutin constituera un indicateur du degré de résilience de la population face aux attaques informationnelles.  Nous avons rencontré sur place des observateurs de la vie politique, médiatique et numérique. Ils nous livrent leurs analyses : - Marko Milosavljević, professeur de journalisme et du droit des médias à l'Université de Ljubljana.  - Katja Geršak, analyste de l'institut Trivelis, Ljubljana - Gašper Andrinek, journaliste à RTV Slovenija et président de l'Association des journalistes slovènes - Žan Premrov, journaliste à Oštro, média d'investigation slovène. Cette série d'émissions sur « L'Europe face aux menaces informationnelles », entre dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro.
L'Europe face aux menaces informationnelles (épisode 2) : municipales en France
2026/03/06
C’est l’une des techniques les plus insidieuses de la désinformation en ligne et des ingérences étrangères numériques : le typo squattage ou détournement de noms de domaine, pour répandre des contenus trompeurs, fallacieux ou diffamatoires. En amont des municipales en France, c’est autant d’occasions d’usurpation d’identité visant les candidats. On en parle avec Pierre Bonis, le directeur général de l’AFNIC, Association française pour le Nommage internet en Coopération. L'association qui gère les noms de domaines en.fr., donne des conseils pour ne pas tomber dans les pièges de la désinformation en ligne.  Ce vendredi 6 mars 2026, le bulletin hebdomadaire du « réseau de coordination et de protection des élections » mis en place par les pouvoirs publics, relate un nouveau cas d'ingérence étrangère dans la campagne municipale 2026 à Paris. Le contenu trompeur détecté sur la plateforme X vise à modifier la perception de ce candidat auprès de l'opinion, avec un narratif clivant sur la question des migrants. Le montage vidéo mensonger a été primodiffusé sur un site web usurpant la charte graphique du site officiel du candidat en question. C'est contre ce type de manœuvre informationnelle que met en garde notre invité, Pierre Bonis, et son association l'Afnis. Viginum, le service de l'État en charge de la lutte contre les ingérences numériques étrangères, estime pouvoir attribuer cette opération au mode opératoire informationnel russe Strom-1516, avec un haut niveau de confiance. À ce stade, l'effet produit sur le débat public apparaît marginal, du fait de l'audience limitée de l'infox. La plupart des opérations précédentes sont tombées à l'eau, la plupart des noms de domaine étant désormais inactifs, mais ce nouvel exemple montre que la campagne se poursuit.  Cette série d'émissions sur « L'Europe face aux menaces informationnelles », entre dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro.
L'Europe face aux menaces informationnelles (épisode 1) : l'offensive russe
2026/02/27
Cela fait 4 ans que la Russie a lancé une offensive à grande échelle contre l’Ukraine, mais cela fait beaucoup plus longtemps que les manœuvres informationnelles ont commencé. Acteurs étatiques et non étatiques : comment la Russie pousse ses pions, à coups d’infox et de propagande, avec quelle efficacité ? Dans quelle mesure les opérations de désinformation pro-russes affectent le débat démocratique en Europe ?  Comprendre la fabrique de l'influence d'un État autoritaire comme la Russie, ses modes opératoires, son recours à la propagande et la désinformation, c'est devenu un impératif pour la sauvegarde des démocraties. Depuis plus d'une décennie, les processus électoraux sont systématiquement visés, avec plus ou moins de résultats. Autour de quels narratifs, s'articule cette stratégie d'influence mise en place par la Russie de Vladimir Poutine ? Comment se propagent-ils ? Pour en parler, nous recevons le chercheur Maxime Audinet, professeur Junior à l’Inalco, titulaire de la chaire « Stratégies d’influence et de contre-influence en contexte numérique », spécialiste de la politique étrangère et d’influence de la Russie. Il est cofondateur du collectif CORUSCANT et participe au projet GEODE, de géopolitique de la data sphère.  Cette émission est la première d'une série consacrée à l’Europe face aux menaces informationnelles, dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro. 
IA : entre innover et réguler, quelle «troisième voie» entre la Chine et les États-Unis ?
2026/02/20
Le sommet mondial sur l’intelligence artificielle s'est tenu en Inde, cette semaine, une quinzaine de chefs d’État étaient présents, notamment le président français Emmanuel Macron, mais aussi le gotha des patrons de la tech, de Sam Altman pour OpenAI à Sundar Pichai pour Google.  L’Inde a présenté cet évènement comme l’occasion de faire de l’IA un outil démocratique et universel, se faisant ainsi le porte-voix des pays du Sud Global. New Delhi et Paris partagent d’ailleurs l’ambition d’ouvrir une « troisième voie » entre les mastodontes que sont les États-Unis et la Chine, tout en régulant ce secteur en pleine expansion.  Est-il possible de dépasser les dépendances aux systèmes actuels, et aux plateformes où pullule la désinformation ? Quelle stratégie adopter entre soutien à l’innovation et régulation pour bâtir une souveraineté numérique ? Nous en parlons avec nos deux invités : - Tariq Krim, entrepreneur du web, ancien vice-président du Conseil national du numérique et créateur de la newsletter Cybernetica. - Stefania di Stefano, docteure en Droit international et chercheuse postdoctorale au sein de la Chaire sur la modération des contenus, Conservatoire national des Arts et Métiers (CNAM). La chronique de Grégory Genevrier de la cellule Info Verif de RFI : Inde : plusieurs deepfake ciblent le Rafale et les relations avec la France.
Qui est Yevgeny Shevchenko, à la tête du réseau prorusse Pravda et désinformateur de l’année 2025 ?
2026/02/13
Son nom veut dire « vérité » en russe, ce qui est assez ironique. « Pravda » est un réseau de sites web, un relais de la propagande pro-Kremlin qui a publié 6 millions 300 000 articles en 2025. Derrière cette nébuleuse, se trouve Yevgeny Shevchenko, le désinformateur de l’année 2025, un titre décerné par Newsguard, entreprise américaine qui lutte contre les fausses informations.  Comment ce réseau d’infox est parvenu à polluer des dizaines de pays, en 49 langues, qui est son fondateur, comment les modèles d’intelligence artificielle se font parfois piéger et comment lutter contre Pravda ? Éléments de réponse avec notre invité, Chine Labbé, rédactrice en chef Europe chez Newsguard. La chronique d’Olivier Fourt de la cellule Info vérif de RFI : Non, des missiles Javelin ukrainiens n’ont pas fini entre les mains de jihadistes nigérians   La chronique de Emilie Béraud de l’AFP Factuel : Attention, cette vidéo d'un prétendu «quartier rouge» à Accra a été générée par IA.
Ces actions clandestines russes qui visent à déstabiliser l’Occident, du réel au numérique
2026/02/06
Opération clandestine à des fins de subversion, c’est une des armes de l’arsenal russe pour faire dérailler les démocraties. L'affaire des mains rouges au printemps 2024 en est un cas d'école. Depuis, d'autres opérations du même type se sont multipliées en Europe. Leur point commun: l'amplification artificielle sur les réseaux sociaux afin d'alimenter la polarisation de la société. Ces manipulations de l'opinion témoignent d’une stratégie russe de plus en plus offensive en Europe.  Retour sur l’affaire des mains rouges, opération clandestine menée en lien avec les services de renseignement militaire russe. Le procès des principaux exécutants a permis de lever le voile sur une partie du dispositif. Notre invité le chercheur Clément Renault est l'auteur d'un article éclairant sur cette opération: « Des mains rouges dans les rues de Paris: un petit acte de vandalisme au service d’une grande stratégie russe », dans Le Rubicon.  Clément Renault est chercheur à l'IRSEM, spécialiste du renseignement. La chronique de Pierre Moutot de l'Afp factuel: Affaire Epstein : des personnalités ciblées par des infox après la publication de nouveaux documents La chronique de Grégory Genevrier de la cellule Info vérif de RFI: Cameroun : des cuves de fermentation de bière présentées comme des armes nucléaires.
Une loi contre l'effet nocif des écrans sur la santé mentale des plus jeunes
2026/01/30
Un texte de loi a été adopté, cette semaine, à l'Assemblée nationale pour restreindre l'accès des plus jeunes aux réseaux sociaux. Ce n'est que le début du processus législatif qui devrait aboutir à la prochaine rentrée. Et ce n'est qu'un volet de l'action envisagée pour protéger enfants et adolescents des pratiques abusives constatées sur certaines plateformes numériques. C'est, en tout cas, le résultat d'une prise de conscience généralisée face à l'impact des écrans sur nos vies.  Les dispositifs de captation de l’attention sur les réseaux sociaux, défilement automatique des vidéos et algorithmes de recommandation de plus en plus personnalisés, tout cela impacte la santé physique et mentale des plus jeunes. Une loi vise à restreindre l'accès des moins de 15 ans, aux plateformes numériques les plus nocives. Notre invitée, Servane Mouton, neurologue, a contribué à son élaboration. Elle co-présidait la commission sur l'exposition des enfants aux écrans, qui a rendu son rapport en 2024 à Emmanuel Macron. Servane Mouton estime que l’on est au bord d’un désastre sanitaire, que ses premiers effets sont déjà constatés, mais qu'il est encore temps d'agir.  Servane Mouton est l'autrice de « Écrans, un désastre sanitaire, il est encore temps d'agir », éditions Tracts-Gallimard La chronique de Grégory Genevrier de la cellule Info vérif de RFI: Syrie: une vieille infox ciblant la Croix-Rouge refait surface La chronique de Quang Pham des Observateurs de France 24: Sexe et IA : l’identité de la police française usurpée.
Un an de Donald Trump au pouvoir : une communication outrancière, un rapport à la vérité écorché
2026/01/23
Donald Trump a célébré, mardi 20 janvier 2026, sa première année de mandat de président des États-Unis. L’occasion de plonger au cœur de sa rhétorique si particulière.  Avec ses sorties médiatiques et ses innombrables messages sur les réseaux sociaux, Donald Trump a réponse à tout, et il ne s'embarrasse pas des coutumes associées à son poste. Il menace, il insulte, il humilie pour obtenir ce qu’il veut.  Entre communication compulsive, médias ultra-sollicités et dans le même temps malmenés, quelle stratégie le milliardaire conservateur a-t-il mise en place pour essayer d’imposer sa vision du monde ?  Décryptage avec notre invité, le chercheur Jérôme Viala-Gaudefroy, docteur en Civilisation américaine, chargé de cours à Sciences Po Paris et auteur du livre « Les mots de Trump » (éd. Dalloz, 2024). La chronique de Grégory Genevrier de la cellule Info vérif de RFI : Ukraine : une opération de désinformation pro-russe cible la France et ses «Rafale» La chronique de Cintia Cabral de l'Afp factuel : En Ukraine, les veuves expropriées au profit de l’État ? C’est de la désinformation.
L'IA et ses dérives, quand nous ne penserons plus que sous forme de prompt
2026/01/16
L'accélération d'un déploiement massif des IA génératives d'images et de textes à l'attention du grand public, se perçoit très nettement sur les réseaux sociaux et pas toujours pour le meilleur. Les infox à base de vidéos et images artificielles sèment le doute non seulement parce qu'elles véhiculent souvent de la désinformation, mais aussi parce qu'elles font désormais douter de tout. La meilleure parade est déjà de s'interroger sur le fonctionnement et l'innocuité des modèles proposés.  Le problème avec ce que l’on appelle aujourd’hui « l'intelligence artificielle », c’est que justement les machines ne le sont pas… intelligentes. En tout cas, pas à la manière des humains. Que seraient les machines sans leurs créateurs ? Dans son livre « De la bêtise artificielle », la philosophe Anne Alombert envisage les relations entre les esprits humains et leurs prothèses artificielles dans une relation dynamique. Elle affirme également que cette façon de présenter les IA, à l'attention du grand public, n'est pas anodine. Outre la création d'un rapport de dépendance aux machines, le mythe transhumaniste des grands propriétaires de plateformes est une supercherie qui risque fort d'aboutir à un appauvrissement des savoirs. « Alors que les idées reçues sont intensifiées, les originalités sont évacuées. Le véritable danger n'est pas la singularité technologique mais l'élimination des singularités idiomatiques, la suppression des exceptions et des nouveautés, conditions du renouvellement culturel et de l'évolution des sociétés. » Anne Alombert est philosophe, maîtresse de conférence à l'Université Paris 8, et auteur de « De la bêtise artificielle », éditions Allia:  « Tant qu'elle cherchera à imiter et à remplacer les capacités humaines par des performances computationnelles, la soi-disant « intelligence artificielle » ne pourra conduire qu'à la bêtise généralisée. », écrit Anne Alombert et de citer un certain nombre d'initiatives d'acteurs du numérique témoignant, en revanche, de « la possibilité de réconcilier les calculs des algorithmes et les savoirs singuliers, essentiels à la vie politique et culturelle des sociétés. » La chronique de Grégory Genevrier de la cellule Info vérif de RFI: CAN 2025: les vidéos générées par intelligence artificielle occupent le terrain La chronique de Kahofi Suy de l'Afp factuel à Abidjan : Non, le président Tinubu n'a pas rendu visite à Anthony Joshua à l'hôpital.
Dark Osint: quand la recherche en sources ouvertes se retourne contre la démocratie
2026/01/09
C’est une méthode d’enquête de plus en plus en vogue. L’Osint, ou recherches en sources ouvertes, bouleverse notre rapport à l'information. Utilisée par des chercheurs, des journalistes et des citoyens, cette technique d’investigation permet de mettre en lumière des faits d’intérêt public. Remède et poison, l’Osint peut aussi être détournée à des fins de contrôle et de manipulation. Dans son dernier ouvrage, Allan Deneuville, décrypte ce phénomène du « Dark Osint ». Héritée des services de renseignement, l’Osint (acronyme anglophone pour Open Source Intelligence), permet de produire des enquêtes autonomes, sourcées et susceptibles de révéler des informations d'intérêt public. Grâce à cette méthode d’enquête en sources ouvertes, il est possible de documenter des faits d’actualités, comme c’est le cas de la guerre en Ukraine, ou plus récemment de l’attaque américaine au Venezuela. Dans un contexte où les infox se multiplient, l’Osint sert également à contrecarrer des opérations de désinformation. Mais si l’Osint permet de décrypter, elle peut au contraire être dévoyée et utilisée à des fins antidémocratiques. On en parle avec Allan Deneuville, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication, chercheur associé au centre Géode de géopolitique de la datasphère, partenaire de l'émission. Il vient de publier « Osint : enquêtes et démocratie », aux éditions de l’INA. Au Venezuela, la désinformation ne désemplit pas Près d’une semaine après la capture de Nicolas Maduro et de son épouse, Cilia Flores, les autorités vénézuéliennes ont libéré plusieurs prisonniers politiques. Une mesure saluée par Donald Trump qui affirme avoir annulé une deuxième attaque. Un contexte tendu, propice à la désinformation. Ces derniers jours, de nombreuses infox soutiennent, à tort, que les habitants de Caracas auraient massivement célébré la chute du régime et la gloire du président Trump. Décryptage avec Cassiopée Etchevers, journaliste en formation à Sciences Po Paris. À lire aussiVenezuela: quand la désinformation vise à légitimer l’opération américaine   Groenland : les infox ciblent l’armée danoise Début janvier, le président américain Donald Trump a de nouveau tenu des propos hostiles envers les autorités danoises qui, selon lui, ne sont pas capables de défendre le Groenland face aux appétits chinois et russes en Arctique. Dans le même temps, sur les réseaux sociaux, des propos outranciers et des images détournées circulent dans le but de décrédibiliser l’armée danoise chargée d’assurer la sécurité de ce territoire. C’est le sujet de la chronique des Dessous de l’infox, présentée cette semaine par Olivier Fourt.   À lire aussiGroenland: la désinformation accompagne les propos de Donald Trump

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