1514105470
C'est dans ta nature

Advertise on podcast: C'est dans ta nature

Categories
Country
United States
This podcast has
25 episodes
Language
French
Publisher
RFI
Explicit
No
Date created
2020/05/19
Latest episode
2026/10/24
Average duration
4 min.
Release period
14 days

Description

C'est dans ta nature, le rendez-vous hebdomadaire de RFI avec la biodiversité. Reportages et infos sur les végétaux et les animaux, leurs comportements, leurs secrets, leurs rôles dans les écosystèmes et dans la mondialisation. Tout ce dont on parle ici, C'est dans ta nature !

Unlock C'est dans ta nature podcast Email contact info,
Listeners & Audience details

Email contact information

Direct podcast contact details

Listeners

Audience numbers & engagement insights

Audience details

Podcast Insights

Podcast episodes

Check latest episodes from C'est dans ta nature podcast


France: avec un million de morts chaque année, pourquoi le sanglier prolifère-t-il?
2026/10/24
La chasse au cochon sauvage a atteint un record lors de la saison 2025-2026 et ne menace en rien un animal qui profite du réchauffement climatique et des immenses forêts françaises. « Vous aimez bien le sanglier, vous les Gaulois », lâche un personnage dans une aventure d'Astérix et Obélix. En réalité, même en 52 avant Jésus-Christ, les Gaulois consommaient déjà du porc, issu de la domestication du sanglier. Les années, et même les siècles, ont passé, et lors de la saison de chasse 2025-2026, selon le chiffre colossal publié cette semaine par l'Office français de la biodiversité, plus d'un million de sangliers ont été tués à travers toute la France. Un record, en hausse de 15 % par rapport à l'année d'avant. Avec un million de morts, ce n'est même plus de l'amour, c'est de la rage. Forêts et nourritures abondantes La chasse au sanglier se porte bien, parce que le sanglier se porte bien. « On n'a jamais eu autant de forêts depuis le Moyen Âge en France, et donc beaucoup de forêts, cela veut dire beaucoup de nourriture et beaucoup de zones tranquilles, explique Raphaël Mathevet, chercheur au CNRS, et auteur, avec Roméo Bondon, de Sangliers, géographie d'un animal politique (éditions Actes Sud). Ensuite, on a le changement climatique qui vient favoriser la fructification forestière, beaucoup de fanes, beaucoup de glands dans les bois, et ça c'est extrêmement calorique et donc ça procure énormément de nourriture aux animaux. » Bien manger, pour le sanglier, cela veut dire aussi bien… s'aimer et bien se reproduire. « C'est naturellement une espèce extrêmement prolifique qui peut faire cinq ou six jeunes par an, poursuit Raphaël Mathevet. Et là, avec l'abondance de nourriture, les jeunes laies peuvent se reproduire de plus en plus tôt. » Croisements avec des porcs domestiques Le sanglier fait aussi parfois des rencontres avec son cousin le porc. Le cochon sauvage n'est pas toujours très sauvage, et on le voit dans ses gènes. « Pendant la période où les chasseurs ont favorisé le développement des populations de sangliers, dans les années 1970, on est monté à près de 9 000 élevages de sangliers. Il y a pu y avoir des échappées de sangliers qui ont pu aller se reproduire avec des truies… Après, il y a pu y avoir des apprentis sorciers qui localement ont favorisé la reproduction avec des porcs domestiques. » Le sanglier, au fond, n'a qu'un prédateur, l'humain. Et de temps en temps les loups, qui sont revenus en France. Et quand il y a des loups, les sangliers se font plus rares, « mais ce n'est pas forcément qu'ils ont tous été prédatés, c'est que les sangliers sont plus malins. Et donc du coup ils se sont dit : “Bon, on ne reste pas dans le quartier parce qu'il y a des loups d'installés, on va aller voir ailleurs” », sourit Raphaël Mathevet. Ailleurs, c'est dans un champ de maïs, ou un jardin maraîcher. Les sangliers, ces ongulés, font d'énormes dégâts dans les cultures. Montant estimé : 100 millions d'euros par an. Ce sont les chasseurs qui paient la facture.  À lire aussiItalie: des militaires vont traquer les sangliers pour sauver la charcuterie d'une épidémie
Mâles alpha, mais pas que: comment les animaux choisissent leur chef
2026/10/10
Chez certaines espèces d'animaux, hippopotames, cervidés ou chimpanzés, le groupe est dirigé par un dominant, qui peut être un mâle, mais aussi une femelle, comme chez les éléphants ou les abeilles. Son pouvoir se manifeste le plus souvent par le monopole de la reproduction.  Ils ne dirigent pas le monde, mais seulement leur petit monde. Chez certaines espèces animales, le groupe est sous la coupe d'un mâle, le plus souvent, qui s'est imposé par la force, à coups de cornes, à coups de cris pour éviter de se battre. Mais parfois c'est bien à coups de dents, comme chez les hippopotames ou les éléphants de mer – ça mord, et parfois, il y a un mort. L'élection est un duel et le vainqueur remporte un accès exclusif aux femelles. Lui seul a le pouvoir de perpétuer ses gènes.  Mais les mâles alpha ne sont pas à abri d'un coup d'État ; on est rarement dominant à vie. Le terme « mâle alpha » est né au XXe siècle, en observant des loups. Mais 50 ans plus tard, on s'est rendu compte que c'était une idée fausse : une meute de loups, c'est une famille, avec un couple et des petits.  Femelles alpha Dans la nature, d'ailleurs, le mâle alpha n'est pas si dominant. Il y a aussi des femelles alpha. C'est le cas chez les hyènes. Ou chez les éléphants : c'est la doyenne, la matriarche, qui mène le troupeau de pachydermes, une grand-mère qui a de l'expérience et les connaissances.  Chez les abeilles, la reine ne dirige rien du tout. Ce sont les ouvrières qui la choisissent à la naissance, un peu au hasard et selon les circonstances, et la nourrissent à la gelée royale. Un régime exclusif qui assure longévité et fertilité : la reine peut pondre jusqu'à 2 000 œufs par jour. Chez les abeilles et les fourmis, le pouvoir est dans les ovaires. Proche du peuple C'est finalement – et ce n'est pas étonnant – chez les chimpanzés, nos plus proches cousins, qu'on fait de la politique presque comme chez les humains. « Il ne suffit pas d'être fort, costaud, violent, témoigne la primatologue Sabrina Krief, qui observe les chimpanzés en Ouganda. Il faut avoir de bons alliés et se construire un réseau de soutien, et puis surtout, entretenir ses bonnes relations. Chez les chimpanzés, ça passe par l'épouillage, qui n'est pas juste un toilettage qui permet d'enlever les parasites, mais bien quelque chose qui permet de faire tomber les tensions. » Chez les chimpanzés, le dominant n'est pas intouchable ni sacré, mais au contraire proche du peuple. « Le mâle alpha joue beaucoup avec les autres mâles, malgré leurs 60 kilos, avec des rires, des cabrioles, etc. Donc se confronter, avoir des contacts physiques avec les autres, se faire chahuter, ça permet aussi de dénouer les tensions », poursuit Sabrina Krief, qui a publié cette année Infiniment proches. Dans le secret des chimpanzés (Grasset). Il n'y a pas d'autocrate chez les chimpanzés. Le mâle alpha n'est pas tout puissant et une femelle peut même refuser de s'accoupler avec lui. Oui, comme chez les humains.
Fraudeurs, imposteurs, manipulateurs… qui sont les animaux qui trichent?
2026/10/03
La sélection naturelle a favorisé dans le monde animal certains comportements que la morale humaine réprouve. Des oiseaux, des insectes ou des mammifères ont développé au cours de l'évolution des tactiques déloyales pour se nourrir et se reproduire. C'est la stratégie du coucou : pondre dans le nid d'autres oiseaux. Le coucou gris, un oiseau migrateur présent en Afrique durant l'hiver de l'hémisphère nord, et en Europe et en Asie le reste de l'année, pond des œufs de la même couleur que ceux des oiseaux dont il utilise le nid. Ni vu ni connu, le coucou ne s'embarrasse pas à construire un nid, à élever ses petits. Il n'est d'ailleurs pas le seul animal à pratiquer le parasitisme de couvée. Une espèce de bourdon est ainsi appelée le bourdon coucou. Il s'introduit dans le nid de bourdons ordinaires en se frottant d'abord contre les alvéoles, pour s'imprégner de l'odeur de la colonie et passer ainsi inaperçu. Il pond, et s'en va, laissant les ouvrières élever ses larves. Lui aussi se fiche bien des joies de la maternité. À lire aussiLes animaux squatteurs Brouteurs C'est de la triche, mais chez les animaux, il n'est pas question de morale, un concept très humain. C'est la sélection naturelle qui a favorisé ces comportements : tricheurs, usurpateurs, dissimulateurs… et vrais faux séducteurs. Chez une espèce de mouche, le mâle offre une proie cachée dans un cocon, suffisamment gros pour que la copulation se termine avant que la femelle n'ait le temps de défaire entièrement le paquet cadeau. Parce que, bien souvent, il n'y a rien à l'intérieur.   Usurpation d'identité Chez la mouche-scorpion, on s'offre aussi des proies, mais certains mâles se font passer pour des femelles, pour recevoir un cadeau, avant de s'envoler très vite, avec le cadeau bien sûr, qu'il utilisera pour séduire une femelle. Il y a des voleurs, et des imposteurs : en mer, la blennie se fait passer pour un poisson nettoyeur, sauf qu'au lieu d'enlever les parasites, elle mord carrément les nageoires et la peau, sans oublier d'injecter un venin qui décourage la victime de se défendre.  À lire aussiLes poissons vont-ils manquer d'oxygène dans l'océan?  Vol à l'étalage Mention spéciale pour les geais, de la famille des corvidés, parmi les plus intelligentes du monde animal. En Amérique, le geai bleu imite le cri d'un rapace pour faire fuir d'autres oiseaux qui étaient en train de manger, et se faire un festin pour lui tout seul. En Europe, le geai des chênes est connu pour espionner un congénère en train d'enterrer un gland, avant d'aller le récupérer dès que l'autre a le dos tourné. Mais on a vu aussi des geais, se sachant observés, simuler l'enterrement d'un gland, pour mieux tromper l'adversaire.  Le mensonge est dans la nature, les escrocs aussi parfois. Mais les animaux tricheurs ne finissent jamais en prison.  La question de la semaine À lire aussiFace à la chaleur et aux canicules, des animaux très ingénieux
Comment les chèvres ont séduit les humains
2026/09/26
Il y a environ 12 000 ans, les humains ont domestiqué un bouquetin, pour les nombreuses ressources qu'offrait l'animal (sa peau, sa viande ou son lait). Les chèvres les plus dociles ont été sélectionnées pour accompagner la sédentarisation de l'espèce humaine.  Et si c'était elle, la meilleure amie de l'Homme ? La chèvre est le deuxième animal domestiqué par les humains, bien après le chien (ou le loup), et à peu près au même moment que le mouton. C'était il y a environ 12 000 ans, au Moyen-Orient, où vivait et vit encore son ancêtre, l'égagre. « C'est un petit bouquetin qui vit dans les montagnes entre l'est de la Turquie et l'ouest de l'Iran. On est en marge du Croissant fertile et on a toujours des populations actuellement », précise François Pompanon, professeur à l'Université Grenoble Alpes. La chèvre était une proie Mais avant d'accompagner la sédentarisation des humains, rendue possible au Néolithique par l'agriculture, la chèvre sauvage était chassée. « L'animal était déjà à l'état sauvage en contact avec l'espèce humaine, simplement parce que c'était une proie pour les humains. Les troupeaux auraient été ensuite gérés à l'état semi-sauvage. Et petit à petit, certains individus auraient été pris à partir de ce stock-là pour commencer à habiter avec les humains. Et on se serait resserré sur des troupeaux de plus en plus contrôlés », poursuit le chercheur au Laboratoire d'Écologie Alpine qui a participé au séquençage à grande échelle du génome de la chèvre. Chassée, puis domestiquée, la chèvre a su séduire Homo sapiens en raison de la grande diversité de ressources qu'elle offrait. La chèvre, à cet égard, est comme le cochon : tout est bon ! « Tout était déjà utilisé, depuis les excréments qui pouvaient être séchés pour faire du combustible, par exemple, jusqu'aux os, aux cornes, aux peaux. La viande était utilisée, ainsi que le lait. C'était une ressource importante, comme ça l'est encore dans de nombreux pays. » La chèvre a conquis le monde, en accompagnant les migrations humaines. Elle s'est adaptée à tous les climats. Il y aurait dans le monde aujourd'hui 1 milliard de chèvres. Grande brouteuse La domestication, c'est de la sélection. Et les humains ont choisi les chèvres les plus dociles : c'est inscrit aujourd'hui dans leurs gènes. « On a un déterminisme génétique de la distance de fuite, précise François Pompanon, spécialiste de la génétique de l'évolution et de la domestication. Pour l'expérimentation, on prend un animal, soit sauvage, soit domestique, on fait s'approcher une personne et on regarde à partir de quelle distance l'animal va fuir. Et on se rend compte, effectivement, que plus on a certains gènes présents chez les animaux domestiques, plus cette distance de fuite va être courte. » Docile, la chèvre a pourtant parfois son petit caractère, comme la chèvre de Monsieur Seguin, qui s'était échappée, pour revenir à la vie sauvage, éprise de liberté – mais la liberté a un prix, celui de se faire dévorer par le loup. « Vous pensez si votre chèvre était heureuse, écrivait Alphonse Daudet dans Les Lettres de mon moulin. Plus de corde, plus de pieu, rien qui l'empêchait de gambader, de brouter à sa guise. » Brouter, elle sait faire, à tel point que les chèvres aujourd'hui sont aussi utilisées pour désherber et lutter contre les incendies. La chèvre a toujours le feu sacré. La question de la semaine
Pourquoi les animaux voient ce que l'humain ne voit pas?
2026/09/12
La vision des animaux est-elle en noir et blanc, comme on le croit souvent ? Voient-ils le monde différemment des humains ? À quoi leur sert la vue ? Vous pensez que l'herbe est verte et que le ciel est bleu (sauf en cas de sécheresse ou de pic de pollution) ? C'est vrai, pour vous, mais pas pour tout le monde. L'humain distingue trois couleurs principales, le jaune, le rouge et le bleu, les couleurs primaires. Mais le chien, par exemple, ne voit pas le rouge. Beaucoup de carnivores repèrent surtout les mouvements et font davantage confiance à leur ouïe et leur odorat. Les pigeons, à l'inverse, qui sont souvent méprisés, possèdent l'une des visions les plus élaborées parmi tous les animaux : ils distinguent des millions de couleurs.  Vision nocturne La vision, chez un animal, a deux fonctions principales. Elle sert d'abord à repérer les proies. Le serpent a deux paires d'yeux, et l'une agit comme une caméra thermique pour distinguer sa cible même dans le noir total. Le chat chasse la nuit et dans l'obscurité il voit six fois mieux que nous, humains. Les insectes, et notamment les abeilles, distinguent les rayons ultraviolets ; elles voient ce qu'on ne voit pas, les signaux fluorescents des fleurs qui leur indiquent où se trouvent le nectar et le pollen. Un regard d'aigle Mention spéciale aux rapaces, aux yeux disproportionnés, comme si nous, humains, avions des yeux de la taille d'une orange. La rétine du faucon pèlerin, qui détient déjà le record de vitesse (350 km/h en piqué), contient 50 fois plus de cellules que la nôtre, ce qui lui permet de distinguer, à 18 mètres de haut, un objet de 2 millimètres seulement. Il voit aussi les ultraviolets et détecte ainsi les traces d'urine d'une souris dans les champs.  Des yeux de côté Mais voir permet aussi de repérer les prédateurs. Il ne s'agit pas de fixer un seul point (la proie) mais d'avoir la vision la plus large possible. Les yeux sont bien en face des trous, mais les trous sont sur les côtés. C'est le cas du cheval, du mouton, ou du lapin qui possède un champ de vision de 360 degrés. En revanche, ils ne voient rien de près. Ils ne voient pas l'herbe (verte) qu'ils broutent dans le pré. La question de la semaine À lire aussiBiodiversité: plus de la moitié des oiseaux migrateurs en déclin, selon un rapport de l'ONG BirdLife
Journée mondiale du chat noir: pourquoi certains animaux nous rendent-ils superstitieux?
2026/08/15
Corbeaux, hyènes ou araignées... depuis des siècles, de nombreuses superstitions sont liées aux animaux, au risque d'entraîner des dégâts sur la biodiversité lorsqu'elles sont négatives. Une journée rien que pour lui. Tous les 17 août, les chats noirs ont droit à leur journée mondiale, comme n'importe quelle espèce menacée tel l'éléphant (chaque 12 août) ou l'orang-outan (tous les 19 août). S'ils ne sont pas à proprement parler menacés d'extinction, les chats noirs - accusés de porter malheur ou d'être le diable incarné - subissent toutefois une forme de discrimination parmi toute la gente féline. Une superstition qui remonte au Moyen-Âge... « On raconte que les sorcières s'entouraient de chats noirs parce que c'était le symbole de Satan. Elles empruntaient la physionomie de l'animal pour se rendre à leur sabbat [les réunions de sorcières]. Pendant le Moyen-Âge, il y a eu de nombreuses chasses aux sorcières, mais aussi des chasses aux animaux », raconte Denise Crolle-Terzaghi, auteur de l'ouvrage Les animaux fabuleux, légendes et superstitions, paru aux éditions Rustica. Mise à l'index papale La chasse aux hérétiques et aux chats noirs : des milliers, voire des millions, de chats noirs ont été massacrés en Europe après la publication d'une bulle papale, un texte du pape Grégoire IX, qui associait le chat noir à Satan. Et 800 ans après, les chats noirs restent des mal-aimés : dans les refuges pour animaux, personne ne veut les adopter. Mais tout est question de culture : en Angleterre ou en Asie, le chat peut aussi porter bonheur. « En Chine et au Japon, il y a le chat qui bouge sa petite patte et qu'on doit absolument avoir dans sa maison », poursuit Denise Crolle-Terzaghi.  Au-delà du chat noir, la couleur noire fait l'objet de superstitions : le noir étant la couleur de la mort, malheur aux animaux noirs... « Le corbeau, s'il volait pas loin d'une maison, annonçait la mort, rappelle Denise Crolle-Terzaghi. La chauve-souris, noire elle aussi, qu'on ne voit que la nuit, on la clouait sur les portes. C'est une pratique bien sûr cruelle, qui servait soi-disant de protection magique contre les mauvais sorts », ajoute-t-elle.  Charognards et sorcières Nombreux sont les animaux à faire l'objet de superstitions négatives, comme tous les charognards, pourtant fort utiles pour nettoyer la nature : les vautours, ou les hyènes associées aux sorcières dans certains coins d'Afrique. Mais dans une région d'Éthiopie, la hyène est au contraire réputée éloigner les mauvais esprits. Oui, des animaux portent aussi bonheur, sur tous les continents, comme le gecko, la coccinelle ou l'araignée mais seulement le soir. « “Araignée du matin, chagrin ; araignée du soir, espoir !” : c'est un petit dicton qu'on entend encore aujourd'hui. Quand on voyait une araignée qui courrait ou qui filait, cela voulait dire qu'on allait avoir de l'argent ». « L'argent ne fait pas le bonheur », dit un autre dicton. Mais le bonheur est dans la nature, et ce n'est pas une superstition ! La question de la semaine
Éloge de la lenteur chez des animaux: pourquoi ce handicap est un avantage
2026/08/08
Tortue, escargot ou paresseux… Certaines espèces ne se déplacent que de quelques centimètres à l'heure. Il s'agit d'une adaptation à une nourriture pauvre ou à des conditions extrêmes. Mais ces animaux risquent d'être rattrapés par le climat qui change à toute vitesse. C'est la glorieuse incertitude du sport, même dans la nature. « Il laisse la tortue aller son train de sénateur / Elle part et se hâte avec lenteur », écrit Jean de La Fontaine dans sa fable Le Lièvre et la Tortue. Face au lièvre bondissant, la tortue remporte la course, alors qu'elle n'était pas favorite, handicapée par la maison, la protection, qu'elle porte sur son dos. Une tortue se déplace en moyenne à 300 mètres à l'heure, voire à 1 km/h quand elle sprinte… L'escargot, qui porte aussi sa coquille, est encore plus lent : pour faire 1 kilomètre, il lui faut une centaine de jours en moyenne. Chez les mammifères, l'animal le moins rapide est le paresseux, en Amérique latine : 0,5 km/h en vitesse de pointe. Si bien que la mousse pousse sur ses poils. Et quand il s'accouple, ça peut durer 48 heures ! À écouter dans Autour de la questionQue nous enseignent les tortues marines ? La vitesse, de l'énergie dépensée Comme chez le paresseux, le métabolisme du koala, sa capacité à transformer en énergie les aliments qu'il ingurgite, est aussi très lent. Lui aussi vit dans les arbres et lui aussi se nourrit exclusivement de feuilles, pas très caloriques et très longues à digérer. Il faut donc s'économiser parce que la vitesse, c'est de l'énergie dépensée.  Ralentir pour vivre mieux : les humains appellent ça la slow attitude. Chez les animaux, la lenteur est un avantage évolutif, notamment face aux prédateurs. Presque immobile, on est presque invisible. On ne fait pas de bruit, on n'émet pas non plus d'odeurs.  Le climat change plus vite En mer, l'étoile de mer, malgré ses milliers de petits pieds sous ses branches, n'avance que de quelques centimètres par minute, mais c'est suffisant pour attraper des proies encore plus lentes comme les oursins. Le requin du Groenland se déplace à moins de 1 km/h pour s'économiser dans l'eau glacée. Il est lent et vieillit lentement : il peut vivre jusqu'à 400 ans.  Mais la lenteur risque d'être un handicap face au changement climatique. Face aux flammes d'un incendie, on n'a pas le temps de fuir. Et quand se déplacer prend autant de temps, pas facile d'aller coloniser de nouveaux territoires plus cléments, alors que le climat, lui, change à toute vitesse.  La question de la semaine À lire aussiDes millions de victimes: pourquoi les animaux paient-ils un lourd tribut lors des incendies?
Les pins, des arbres résineux hautement inflammables mais aussi résistants
2026/08/01
Pourquoi les pins brûlent-ils ? Et pourquoi certains ont besoin du feu pour se reproduire ? Comment ces conifères se protègent-ils de la sécheresse mais aussi du froid ? Découvrez les secrets de ces arbres parmi les plus anciens sur Terre. Il suffit d'une étincelle, parfois, pour qu'un pin prenne feu, comme on l'a vu ces derniers jours dans le sud-ouest de la France, dans les Landes et en Gironde. Les pins sont un véritable combustible, en particulier à cause de leur résine, hautement inflammable, qui est en fait un médicament. « Cette résine est prête à s'écouler en cas de blessure ; elle bouche le trou. C'est un moyen de se défendre pour éviter l'entrée des pathogènes. La résine contient des substances hautement inflammables qui, au moment de l'incendie, vont produire de surcroît des substances volatiles qui vont augmenter l'inflammabilité de l'arbre », explique Catherine Lenne, enseignante chercheuse à l'université de Clermont-Ferrand et au laboratoire PIAF (Physique et physiologie intégratives de l'arbre en environnement fluctuant). À lire aussiFaut-il vraiment replanter des arbres après un incendie? Besoin du feu Les pins ont un rapport ambivalent au feu, puisque certaines espèces en Méditerranée, comme le pin d'Alep, ont besoin du feu pour se reproduire. « Il faut que l'arbre voie périodiquement le feu pour pouvoir libérer les graines de ses cônes, poursuit Catherine Lenne. Le pin disparaît, mais sa banque de graines contenues dans les cônes peut germer sur le sol, qui est enrichi par les cendres des arbres qui viennent de disparaître. » Des aiguilles pour ne pas transpirer… Les pins sont parmi les plus vieux arbres. Apparus sur Terre il y a 300 millions d'années, il y a deux fois plus longtemps que les feuillus. Ce sont leurs feuilles, leurs aiguilles, qui les rendent particulièrement résistants à la sécheresse. « Les aiguilles sont des feuilles très étroites, elles ont donc des surfaces d'évaporation assez faibles, précise Catherine Lenne. Les stomates, les bouches d'aération qui sont sur toutes les feuilles de n'importe quel arbre, sont enfouis sur les aiguilles dans des espèces de puits qui les protègent de l'air sec. » ... ou pour ne pas geler Ces aiguilles permettent aussi de résister au froid. Mais certains pins ont un truc en plus. « Les pins qui sont très résistants au froid sont des arbres capables de produire des antigels, donc des petites substances sucrées qui sont injectées dans les tuyaux de l'eau et qui vont en fait abaisser les points de congélation de l'eau », explique encore Catherine Lenne. Finalement, les pins, c'est une histoire sans fin. La question de la semaine À lire aussiIncendies en France: la monoculture de pins, «une épée de Damoclès» pour les forêts
Face à la chaleur et aux canicules, des animaux très ingénieux
2026/07/25
Certaines espèces animales se sont adaptées à des températures élevées. Voici leurs « trucs et astuces » pour rester au frais. Dans la nature, il n'y a pas la clim. Face au soleil écrasant, alors que la chaleur affecte l'ensemble du vivant, les animaux font avec les moyens du bord, qui sont en réalité le fruit de millions d'années d'évolution. L'invention de la ventilation Les termites ont inventé la ventilation. Leur nid, les termitières, est construit autour d'une cheminée centrale avec tout un système de conduits plus ou moins poreux. Au fil de la journée, les termites bouchent et débouchent certaines galeries, un peu comme nous, humains, quand nous fermons les fenêtres la journée pour ne les rouvrir que le soir.  Fermer sa porte, c'est ce que fait l'escargot. En période de sécheresse, il bouche l'entrée de sa coquille avec sa bave et peut survivre ainsi des semaines sans une goutte d'eau.  À coups d'ailes et d'oreilles Face aux ruptures de stock de ventilateurs, faites comme les abeilles. En période de canicule, des centaines d'ouvrières se mettent à l'entrée de la ruche et battent des ailes pour la rafraîchir. L'éléphant, lui, agite ses oreilles, mais ce n'est pas un éventail ; il s'agit de rafraîchir ses nombreux vaisseaux sanguins, ce qui fait baisser la température de tout le corps.  Pipi rafraîchissant Certains animaux pratiquent aussi l'urohydrose : autrement dit, ils se font pipi dessus. Cela n'a rien à voir avec une golden shower, au contraire : uriner sur ses pattes fait baisser la température. C'est ce que font des vautours d'Amérique, les cigognes ou encore les dromadaires. ​Chez le mâle, le pénis (qui mesure tout de même une cinquantaine de centimètres) est dirigé vers l'arrière, de manière à pouvoir atteindre les pattes arrière. Économies de sueur Les camélidés ont d'autres trucs et astuces pour affronter la chaleur du désert : en agissant notamment sur leur transpiration. Nous, humains, suons beaucoup pour maintenir le corps à 37°C, alors que la température corporelle des chameaux peut varier de plusieurs degrés. Ce n'est qu'au-delà de 40°C qu'ils se mettent à transpirer, ce qui leur permet jusque-là d'économiser de l'eau. Mais la chaleur est telle, aujourd'hui, jusqu'à 50°C, que même les dromadaires en souffrent et la mortalité explose.  Câlin naturel On termine avec le koala, qui fait des câlins aux arbres. Il se serre contre le tronc. Rafraîchissant, et tellement mignon. La question de la semaine
Infanticides dans la nature: les animaux ne sont pas psychopathes
2026/07/18
Lion, singe ou souris : près de la moitié des mammifères peuvent tuer la progéniture d'un autre. Les mâles éliminent la concurrence. Mais les femelles développent des stratégies pour éviter de perdre leurs petits.   Le danger n'est pas au coin de la rue, mais à chaque coin de nature, ou presque. Voici le genre de fait divers qui ne fait pas les gros titres rouge sang des journaux, et pourtant, il y en a tellement : près de la moitié des espèces de mammifères pratiquent l'infanticide et peuvent tuer la progéniture d'un autre. Un phénomène observé surtout chez les carnivores – mais il n'y a rien d'alimentaire – et surtout chez les primates et tous les animaux qui vivent en groupe, sous la coupe d'un mâle dominant. Les tueurs ne sont pour autant pas psychopathes. L'infanticide, dans la nature, n'est pas une anomalie mais une stratégie évolutive. Quand un lion ou un chimpanzé tue les petits d'un rival, il élimine la concurrence. Il s'agit de transmettre ses propres gènes. Un quart des lionceaux qui meurent la la première année sont ainsi victimes d'infanticides. Une femelle qui allaite n'est pas fertile et en la privant de son petit, on la rend très vite disponible à la reproduction.  Les ruses des femelles Mais du point de vue des femelles, la maternité représente un investissement coûteux : pour fabriquer un ovule, il faut bien plus d'énergie qu'un spermatozoïde. Les femelles de certaines espèces ont ainsi développé des stratégies pour éviter les infanticides. Chez les mangoustes – où c'est une femelle qui domine –, les naissances sont synchronisées. Tous les petits naissent en même temps pour éviter la tentation de l'infanticide : dans un terrier partagé, difficile de savoir qui est qui. Chez les bonobos, les femelles multiplient les partenaires. Chaque mâle pensera qu'il peut être le père, et dans le doute, il s'abstiendra. Ce qui a une conséquence inattendue : la sélection génétique passe alors par la taille des testicules, 15% plus gros que ceux des chimpanzés.  Des loups jusqu'aux souris, des phoques jusqu'aux dauphins, l'infanticide n'est pas un crime : c'est dans la loi de la nature. Et jamais un mâle ne tuera son propre petit. Une seule espèce fait exception : l'espèce humaine. La question de la semaine
Les plantes «parlent», mais vous ne les entendez pas
2026/06/06
De nombreux végétaux communiquent entre eux, et même avec des animaux. Un langage chimique destiné surtout à se défendre. Méfiez-vous des apparences. Les plantes, enracinées, immobiles, ont été longtemps sous-estimées, alors que la science a montré qu'elles possédaient des capacités de communication particulièrement inattendues. « C'est une idée très ancienne, la passivité des plantes, souligne François Bouteau, biologiste et professeur à l'université Paris-Cité. Il y a plein de mots qui sont utilisés, comme "l'état végétatif", mais en fait, on observe l'inverse. » Alerte générale Et ce qu'on observe notamment, c'est qu'une plante, attaquée par un prédateur, un insecte, un brouteur, peut émettre des molécules chimiques pour prévenir ses voisines du danger. « Ces autres plantes, avant même d'être attaquées par un prédateur, peuvent mettre en place des réponses de défense, c'est-à-dire qu'elles vont percevoir ce signal et elles vont synthétiser des molécules, des tanins qui vont être désagréables lorsque le brouteur va consommer la plante, ce qui donc va abaisser le taux de broutage et donc l'impact sur la plante », explique François Bouteau. À écouter dans Autour de la questionÀ quoi pensent les plantes ? Leurre sexuel Mais les plantes peuvent aussi communiquer avec des animaux. C'est le cas, par exemple, du maïs, quand il est attaqué par une chenille. « Pour avoir une réponse de défense, il faut déjà percevoir qu'on est agressé. Donc, ça, c'est une démonstration de la sensibilité de la plante, relève François Bouteau. Elle va émettre la phéromone sexuelle du prédateur de la chenille, une odeur qui va attirer une guêpe en l'occurrence, laquelle va venir pensant trouver un partenaire sexuel. Elle n'en trouve pas, mais elle va finalement tomber sur la chenille dont elle peut se nourrir ou pondre dedans. La guêpe va donc débarrasser la plante de la chenille après avoir été appelée par la plante. » Communication performative Les plantes seraient donc capables de parler ? « Ce n'est pas un langage avec des mots, des concepts, etc., répond François Bouteau. C'est un mode de communication. Les plantes sont capables d'émettre un signal qui va être perçu par un autre organisme. Dans ce sens-là, c'est donc une communication performative puisqu'elle permet de modifier le comportement de l'organisme qui reçoit le signal. » Dans la nature, on parle, et on agit.  La question de la semaine À lire aussiLes étonnants moyens de communication des plantes
Ruse, force et nombre: comment les animaux défendent leurs nids et leurs petits
2026/05/23
De nombreuses espèces animales, après s'être reproduites au printemps, utilisent des tactiques parfois étonnantes pour éloigner ou tromper les prédateurs attirés par des proies sans défense.  Pour naître heureux, vivons cachés. Pour espérer perpétuer son espèce, à l'abri des prédateurs, rien ne vaut le camouflage, la première des défenses. Une expérience menée sur des diamants mandarins – des oiseaux – en captivité l'a montré : parmi toutes les bandelettes de papier de différentes couleurs mises à leur disposition, les oiseaux choisissent celles de la même couleur que leur cage ; le nid se confond avec le paysage.  Les animaux sont rusés. La chevêche des terriers, une chouette qui niche au sol, imite le son strident du serpent à sonnette pour éloigner de son nid les prédateurs. La ruse encore, chez des oiseaux limicoles, qui vivent en bord de mer : la ruse de l'aile brisée. L'adulte feint d'avoir une aile blessée, s'éloigne du nid en boitant de l'aile, pour attirer le prédateur vers une proie plus facile. Avant de s'envoler dès que le danger pour ses petits semble écarté. Vomi et coups de bec Quand un prédateur s'attaque à nid, il peut s'exposer à une réplique parfois féroce, ou dégoûtante. Le fulmar, un oiseau marin, projette jusqu'à un mètre son vomi, des poissons en partie digérés, une gerbe visqueuse et odorante, si on s'approche trop près de son petit. Il arrive aussi que des corneilles attaquent des humains qui se trouvent là, sans savoir, sous l'arbre où elles ont niché. De la même manière, on déconseille de s'approcher de la tanière d'une ourse, ou d'un sanglier avec ses petits.  Chaleur mortelle Moins impressionnant pour l'espèce humaine : les moineaux. Pour défendre leur territoire, leur zone de nidification, ils sont capables d'attaquer plus de 70 espèces. Les mâles attaquent les mâles, et les femelles les femelles : c'est la guerre en non-mixité. Pour protéger leur descendance, les loups sont prévoyants : ils préparent plusieurs terriers avant les naissances. Des solutions de repli si l'on est découvert. Et puis, souvent, l'union fait la force, par exemple chez les abeilles. Quand un intrus, un frelon, pénètre dans la ruche, elles s'agglutinent autour de lui. Leur nombre et leurs vibrations produisent une telle chaleur que le prédateur finit par mourir, cuit à point. C'est chaud de s'attaquer aux abeilles.  La question de la semaine
Hantavirus, rats et oiseaux: il y a de la vie dans nos poubelles
2026/05/16
Les décharges publiques abritent, paradoxalement, de la biodiversité et des écosystèmes qui peuvent aussi attirer des ornithologues, comme l'a montré l'enquête sur les origines de la crise du hantavirus en Argentine. Une décharge publique, à Ushuaïa en Argentine : c'est là que conduit l'enquête sur l'origine de la crise du hantavirus, parce que plusieurs passagers de la croisière infernale s'y étaient rendus, avant d'embarquer, pour y observer des oiseaux. Une équipe scientifique est envoyée dans le sud de l'Argentine pour y détecter la présence éventuelle du virus chez des rats d'Ushuaïa, même s'il semble plus probable que le hantavirus ait été transmis au patient 0 dans les forêts des Andes. Quoi qu'il en soit, il y a de la vie dans les décharges. Déchets recyclés Là où finissent nos déchets, un nouvel écosystème se met en place. Il y a d'abord des bactéries, qui décomposent la matière organique. À une plus grande échelle, toute une faune est attirée : des mouches, des vers, des chiens errants, des sangliers, et surtout des rats et des oiseaux. « Il y a des oiseaux qui viennent directement chercher la nourriture. Et puis il y en a d'autres, les rapaces et en partie les goélands, qui peuvent venir se nourrir des animaux qui eux-mêmes sont attirés par la nourriture : les rats, pour ne pas les nommer. Il y a donc déjà un début de chaîne alimentaire sur les décharges du même nom », explique Frédéric Malher, ornithologue à la LPO, la Ligue pour la protection des oiseaux. Des nuées de mouettes, ou de vautours, selon les régions du monde, signalent à coup sûr un garde-manger géant à ciel ouvert. En Europe, les cigognes sont devenues les reines des décharges, jusqu'à arrêter de migrer. « On a une décharge qui contribue à fixer jusqu'à 80 cigognes en hiver, a observé Frédéric Malher en Lorraine, dans l'est de la France. Le climat lorrain, malgré le réchauffement, est quand même connu pour être un petit peu frisquet en hiver. Avant, les cigognes partaient classiquement en migration, mais désormais, elles restent sur place en hiver en profitant de la décharge. Il y a une année où ils ont fermé la décharge et effectivement, les cigognes sont parties en migration avant de revenir au printemps suivant. Et depuis que la décharge a rouvert, elles passent de nouveau l'hiver en Lorraine. » À lire aussiDes insectes nettoyeurs au service de l'humanité Nourriture plastique On trouve de tout dans les décharges, du bon (le reste de votre repas), ou du beaucoup moins bon. « Les cigognes peuvent se faire avoir par ce qu'elles trouvent, parce qu'on a remarqué qu'elles avalaient des bracelets élastiques, qu'elles prenaient sans doute pour des vers de terre. J'en ai trouvé dans les fientes de cigognes de ma bonne ville, raconte Frédéric Malher. Ces élastiques, ou des morceaux de plastique des sacs en plastique, peuvent faire des bouchons dans l'estomac. Des cigognes meurent l'intestin encombré de ces matières plastiques. » Les décharges à ciel ouvert ont un bilan finalement contrasté ; il y a bien du bon et du mauvais. « Évidemment, par principe, les décharges à l'air libre, ce n'est pas terrible, ce n'est pas bon et on est contre, convient Frédéric Malher. Mais d'un autre côté, cela favorise certaines espèces. C'est un petit peu comme la nourriture en ville : pour les oiseaux en ville, ce n'est pas de la bonne nourriture, c'est clair, cela a des conséquences sur l'état de santé. Et d'un autre côté, le fait qu'il y ait de la nourriture facile, cela maintient en ville un certain nombre d'espèces. » La question de la semaine À lire aussiComment les mouettes, les goélands et les cormorans ont colonisé la Seine à Paris
[Trésors cachés du Muséum d'histoire naturelle 1/3] L'Herbier national, une réserve botanique bien gardée
2026/04/25
Avec plus de huit millions de spécimens de plantes accumulés depuis quatre siècles, le Muséum national d'histoire naturelle à Paris abrite l'une des plus importantes collections végétales au monde. Un outil précieux pour la science. C'est un long bâtiment qui s'étend en bordure du Jardin des plantes, à Paris, et n'y entre pas qui veut. Après avoir gravi des escaliers art déco, et « avant de rentrer dans ce qui est le cœur de notre réacteur », Germinal Rouhan nous fait pénétrer dans un sas ultra-moderne, « avec une lumière verte pour détecter les insectes qui sont des ravageurs potentiels de nos collections ». Responsable scientifique de l'Herbier national, au sein du Muséum national d'histoire naturelle, Germinal Rouhan veille sur huit millions de spécimens de plantes récoltés au fil des siècles partout sur la planète. Certains ont 400 ans, l'âge du Muséum ou plutôt de son ancêtre, le Jardin royal des plantes médicinales, créé par Louis XIII en 1626. Quarantaine obligatoire « On va rentrer dans un espace dont les conditions sont contrôlées, poursuit notre guide. La température est maintenue entre 19 et 22°C, avec une humidité relative de 50% pour éviter l'installation de champignons qui sont des ravageurs du papier et des plantes. » L'Herbier est un trésor bien gardé qu'il faut préserver, pour le partager. Tout nouvel arrivant est placé en quarantaine. C'est le rôle du grand frigo qui se dresse devant nous. « Tous les spécimens qui nous arrivent, que ce soient les dons ou les spécimens qu'on ramène nous-mêmes du terrain, doivent passer par la chambre froide pour désinsectisation, explique Germinal Rouhan. On peut lire -19,4°C, ce qui permet de tuer les insectes et les larves qui pourraient être sur certains spécimens. » Plus de la moitié des espèces végétales La visite se poursuit au milieu d'immenses rayonnages coulissants : l'Herbier est sous nos yeux. C'est une bibliothèque de la nature où il n'y a pas de livres, seulement des feuilles – des feuilles mortes conservées précieusement dans des pochettes. Chaque planche possède une partie de plante, le plus souvent la feuille, parfois des fleurs ou des graines, ainsi que la date, le lieu et le nom de celle ou de celui qui l'a récoltée, sans oublier toute observation utile à son identification. Chaque planche a son histoire. « On a plus de la moitié des espèces qui sont connues aujourd'hui dans le monde, se félicite Germinal Rouhan. On peut voir dans les rayonnages de nombreuses chemises cartonnées rouges. Ce sont les spécimens qui ont servi aux botanistes à décrire pour la première fois une espèce nouvelle pour la science. » À lire aussi[Diaporama]Le deuxième plus grand herbier du monde en voie d'être numérisé Prélèvements ADN Aujourd'hui encore, l'herbier continue de faire progresser la science. « On voit que nos collections sont des plantes sèches, apparemment mortes, mais elles ont encore une vitalité scientifique importante », souligne le responsable de l'Herbier. Grâce à la numérisation de plus de six millions de planches, les chercheurs du monde entier – et n'importe quel amoureux des plantes – peuvent désormais accéder à distance à l'Herbier sur un site internet dédié. Certains scientifiques choisissent aussi de venir sur place, notamment pour effectuer des prélèvements ADN. La génétique a révolutionné la botanique. Génomes et virus « Ici, on a un spécimen qui n'est pas forcément très joli, mais on voit qu'un morceau de feuille a été enlevé, montre Germinal Rouhan. Il s'agit d'une espèce proche du manioc qui a été récoltée en Afrique en 1928. Et pourquoi a-t-on fait ce prélèvement ? Parce qu'on a vu un symptôme d'une pathologie de la plante qui est un fléau dans les cultures africaines. Il a été possible de séquencer entièrement le génome de ce virus-là, pour mieux le combattre. » Dans cette collection où le moindre ravageur est persona non grata, on peut donc traquer sur les plantes des virus et même des insectes morts il y a parfois des siècles, grâce à l'ADN environnemental. « Même si on ne retrouve pas l'insecte lui-même, on passe un petit coton-tige et on va pouvoir retrouver l'identité de l'insecte qui a pu être hébergé par cette plante », révèle Germinal Rouhan. La nature n'est jamais tout à fait morte.   À lire aussi2. Qu'y a-t-il dans l'herbier du Muséum?
Une guerre sans pitié: ces plantes qui éliminent leurs rivales
2026/04/18
Dans la nature, pour vivre et survivre, tous les coups sont permis : empoisonnement, parasitisme, invasion, mercenaires... Découvrez les stratagèmes du monde végétal pour éradiquer la concurrence. Que le meilleur gagne et que les autres crèvent. Bienvenue dans un monde où règne une concurrence effrénée, sans pitié, où Margaret Thatcher et Javier Milei passeraient pour de tendres agneaux pacifistes. Bienvenue dans la nature.  Armes chimiques Dans cette guerre pour la vie, certaines plantes ont des armes chimiques. C'est le cas de l'arbre à créosote qui pousse dans les déserts d'Amérique du Nord, où l'eau est rare et le sol pauvre. La plante, aux jolies fleurs jaunes, contient de la créosote, une toxine si puissante que rien ne pousse autour. Un désherbant XXL. La plante s'assure ainsi le monopole de l'eau et des nutriments. Et c'est efficace : dans le désert californien, un arbre à créosote a dépassé les 11 500 ans – ce serait la plus vieille plante au monde.  Plante vampire Il y a parfois des câlins mortels : ceux que prodiguent les cuscutes, qui s'enroulent autour d'une plante après avoir détecté ses composants chimiques volatils. Les cuscutes n'ont quasiment pas de feuilles ; elles n'ont pas besoin de faire de photosynthèse puisqu'elles se nourrissent en plantant des espèces de suçoirs dans les tiges de leurs victimes pour en aspirer l'eau et les nutriments. La cuscute est un parasite. Très cher envahisseur Une autre plante grimpante ne fait pas non plus dans le détail : le kudzu, qui recouvre tout, étouffe tout sous ses feuilles et ses lianes, rendant la vie impossible. Introduit aux États-Unis pour lutter contre l'érosion des sols, le kudzu y a très vite été interdit. L'envahisseur coûte chaque année à la société des centaines de millions de dollars. La plante est tellement coriace que ses graines peuvent germer plusieurs années après alors qu'on croyait s'en être débarrassé. Fourmis mercenaires D'autres plantes recrutent des mercenaires, en l'occurrence, des armées de fourmis : l'acacia leur offre le gîte et le couvert (le nectar de ses fleurs), pendant que les fourmis dévorent la moindre pousse autour de l'arbre – la concurrence est éliminée. Les fourmis attaquent aussi les herbivores qui viendraient manger les feuilles de l'acacia. Leurs morsures font fuir les éléphants. Même un milliard de fois plus lourd, face à la fourmi, l'éléphant ne fait pas le poids. La question de la semaine À lire aussiPlantes toxiques, pour le pire et parfois le meilleur

Podcast reviews

Read C'est dans ta nature podcast reviews


0 out of 5
0 reviews

Podcast sponsorship advertising

Start advertising on C'est dans ta nature relevant audience podcasts


What do you want to promote?