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This podcast has
166 episodes
Language
FrenchPublisher
Pierre MénardExplicit
No
Date created
2020/06/06
Latest episode
2026/10/09
Average duration
15 min.
Release period
15 days
Description
Lectures versatiles de Pierre Ménard
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Une prière pour John Coltrane, de Jérome Schmidt
2026/10/09
John Coltrane entame sa première et unique tournée de concerts au Japon, en juillet 1966, quelques mois avant sa mort. Dans ce pays encore hanté par le traumatisme de la guerre, sa musique libre et spirituelle rencontre immédiatement l’adhésion du public. On peut l’écouter notamment dans les jazzkissa, ces cafés jazz emblématiques du Japon, tenus par des collectionneurs, gardiens du temple souvent octogénaires, lieux encore fréquentés cependant par une nouvelle génération. Jérôme Schmidt livre une enquête exploratoire de ces lieux, entre Hokkaido et Okinawa, en passant par Nagasaki, pour sonder la mémoire collective d’un peuple, son rapport au jazz, à cette musique intemporelle, à travers la figure de Coltrane.
Une prière pour John Coltrane, Jérome Schmidt, Les Éditions Noir sur blanc, collection Notabilia, 2026
Rien à voir, de Gaëlle Obiégly
2026/09/25
Cette fiction est librement inspirée du travail de Boris Achour, l’artiste y apparaît sous l’anagramme d’Ari Bosochur. La narratrice est invitée à participer à sa prochaine rétrospective. Ce récit, d’une grande liberté de ton, explore les liens entre l’art, le langage et la mémoire. Il progresse au rythme d’incessantes digressions qui font dialoguer le quotidien, les livres, les musées et les rencontres. La parole devient le principal moyen de transmettre les œuvres et d’interroger leur place dans nos vies, ce que signifie voir, raconter et partager une expérience esthétique, tout en donnant une place essentielle à celles et ceux qui gravitent autour de l’art sans en occuper le devant de la scène.
Rien à voir, Gaëlle Obiégly, Verticales, 2026
Dans les grandes lignes, de Philippe Vasset
2026/09/11
Après Un livre blanc sur les zones laissées vierges de toutes indications, qui émaillent la carte de la région parisienne, et Une vie en l’air où il s’empare du rail de l’aérotrain de l’ingénieur Bertin, projet abandonné au cœur de la Beauce, Philippe Vasset clôt sa trilogie de littérature géographique. Dans ce livre, l’auteur chemine à pied, à travers l’Île-de-France, pour suivre, sans carte, les lignes à haute tension, « en usant des pylônes pour seuls guides ». Ce périple électrifié crée un réel sentiment de dissociation lié aux brusques déconnexions qu’il provoque dans le paysage traversé. On passe ainsi « d’un jardin public à une bande d’arrêt d’urgence, d’une base militaire à un circuit de course automobile, d’un parking de supermarché à un cimetière. »
Dans les grandes lignes, Philippe Vasset, Flammarion, 2026
La vie brute, de Joy Sorman
2026/08/28
Irène Gérard naît avec un handicap, une déficience mentale, modérée. Jusqu’à son entrée, en 2007, aux ateliers de la S, centre d’art brut et contemporain qui rassemble en Belgique des artistes porteurs de déficience mentale, « cette anomalie, cette dérogation à la norme psychique vont en effet être un handicap, une malédiction, avant de dévenir le moyen d’une révélation. » Joy Sorman évoque sa rencontre avec cette artiste qui « a inventé un style, à rebours des pratiques figuratives communes, pour représenter autrement les visages. » Pendant un an, elle tente de percer le mystère de cette femme dont l’art, à la fois brut et poétique, fascine et intrigue. Un livre qui interroge la marginalité, la création artistique, et la quête de sens à travers la rencontre avec l’autre.
La vie brute, Joy Sorman, Flammarion, 2026
Le mur, de Christian Guay-Poliquin
2026/08/14
Dans une ville coupée en deux par un mur frontalier, Héléna se déplace à vélo avec sa remorque à outils pour gagner sa vie, en effectuant des réparations chez les habitants. Un jour, elle découvre par accident un groupe de clandestins qui tentent de franchir la frontière en creusant un tunnel souterrain. Cela fait remonter en elle des souvenirs de son passé. Elle se joint à eux pour tenter de retrouver le monde qu’elle a quitté. « La ville de l’autre côté du mur lui apparaît comme un monde enfoui que l’on exhume. » Christian Guay-Poliquin compose un roman dans lequel s’entrelacent les différents thèmes de la catastrophe écologique, du contrôle des frontières et des liens familiaux à l’épreuve de la distance. Entre récit d’anticipation, roman d’aventure souterrain et méditation sur l’exil, il explore ce qui pousse les êtres à poursuivre un horizon, même lorsque celui-ci semble s’éloigner à mesure qu’ils avancent.
Le mur, Christian Guay-Poliquin, La Peuplade, 2026
Cumul I, de Kev Lambert
2026/07/31
Alice, femme trans, est professeure d’histoire de l’art à Montréal. L’un de ses étudiants désire qu’elle dirige sa thèse sur Cumul I une œuvre de Louise Bourgeois qui donne son titre au livre. Elle se rend à Paris pour voir cette sculpture au Centre Pompidou avant de prendre sa décision. Prisonnière d’un sentiment de culpabilité diffus, elle interroge obsessionnellement son identité, ses actes, les rapports de pouvoir, le regard des autres et la menace permanente d’une faute passée, présente ou à venir. L’œuvre de Louise Bourgeois, aux formes organiques et ambiguës, déclenche en elle un flot de pensées. Ce court récit explore l’anxiété, la culpabilité et ce qui « perce à travers rêves et cauchemars pour s’échouer sur les rives du langage ».
Cumul I, Kev Lambert , Grasset / Centre Pompidou, collection (un seul art), 2026
Chiens, de Julien Viteau
2026/07/17
En 1985, Julien, adolescent précoce, tente de survivre à une famille dysfonctionnelle et passe l’été au Touquet où il travaille dans une librairie. Entre les bunkers de la plage et les néons du Midnight, il s’éveille au désir, guidé par deux boussoles mythologiques : Argos le Grec, chien du mythe et de l’errance, et Keleb le Juif, gardien de l’érudition. Julien cherche à désapprendre le monde plutôt qu’à le conquérir. Ce troublant récit d’initiation a une forme inédite. Certains mots, mis en relief, en gras, suspendent le temps du récit. Ces boussoles émotionnelles fragmentent le texte, leurs fulgurances renforcent la singularité du regard du narrateur sur son propre parcours. Une enquête métaphysique sur le temps, l’identité et le langage.
Chiens, Julien Viteau, Verdier, 2026
Irène, de Christine Lapostolle
2026/07/03
Le récit de Christine Lapostolle s’articule autour de Janis, la fille d’Irène, qui meurt d’un arrêt cardiaque. Sa mort soudaine déchire un quotidien jusque-là tissé d’amour et d’attention. La narratrice croise le chemin d’Irène et devient son amie. Elle restitue pudiquement les trajectoires de ces deux femmes. Leur révolte silencieuse face aux injustices sociales. Leur refus des normes imposées par le pouvoir ou l’argent. Une œuvre chorale et circulaire sur le deuil et l’amitié, où ces trois voix féminines se croisent et s’enchevêtrent, la perte devenant le catalyseur d’une rencontre profonde et singulière, une manière d’être au monde. « Les âmes de nos morts nous entourent, parfois nous sollicitent. Ce sont des puissances. »
Irène, Christine Lapostolle, Éditions MF, 2026
Love Supreme, d’Olivier Cadiot
2026/06/19
Le narrateur, en quête d’amour absolu, traque la « consistance de l’être aimé ». Il croise Anita la concierge, Winn, un philosophe-alpiniste, Maximilien, son colocataire musicologue, et Carol, la comédienne habitée par Tchekhov. Contre la brutalité de prédateurs immobiliers, cet aéropage de personnages excentriques fait sécession avec le projet utopique de transformer le toit-terrasse de leur immeuble en jardin suspendu. « Une île au sommet où tout se partage et s’échange. » Leurs obsessions et leurs modes de vie participent à la dimension fantastique et burlesque du récit. Ce livre, à la prose coupée, syncopée, est une robinsonnade urbaine en quête de « paradis mode d’emploi ».
Love Supreme, Olivier Cadiot, P.O.L., 2026
Venise, millefleurs, de Ryoko Sekiguchi
2026/06/05
De 2023 à 2025, Ryoko Sekiguchi a effectué huit séjours à Venise. Elle y découvre l’herbier d’Ilaria, jeune botaniste du XIXᵉ siècle. Ce journal intime l’incite à engager une relation épistolaire avec la jeune femme à travers le temps. Il l’incite ainsi à appréhender d’une manière inédite l’espace de la cité lacustre qu’elle perçoit comme un archipel familier, un espace vivant avec ses jardins secrets. Sensible aux eaux stagnantes et à l’isolement des îles, elle délaisse le décor de théâtre et les clichés du tourisme de masse pour rendre la parole aux habitants et aux plantes. Ce livre, qui s’inspire de la technique verrière du millefiori, assemble une mosaïque de fragments qui nous révèle que Venise est moins une ville de pierre qu’un poème vivant en perpétuelle germination.
Venise, millefleurs, Ryoko Sekiguchi, P.O.L., 2026
Rien que les heures, de Pierre Ménard
2026/05/22
Ce livre se déploie, au fil des heures d’une journée, sur la ligne du méridien de Paris. À chaque étape géolocalisée le long de ce parcours, traversant la ville du nord au sud, une mosaïque de brefs récits et de scènes variées se succède dans différents lieux du monde, exactement au même moment. La juxtaposition de ces fragments d’histoires, de ces arrêts sur image, permet d’explorer simultanément différents points de vue. Le texte détourne la chronologie d’une journée pour la transformer en une topographie de l’omniprésence des expériences humaines. Un voyage immobile, une cartographie de l’intime et du collectif, pour observer le monde en l’espace d’un instant.
Rien que les heures, Pierre Ménard, Éditions JOU, 2026
Marginalia Woolf, de Christine Jeanney
2026/05/08
Traductrice de l’œuvre de Virginia Woolf (Les vagues, Des fantômes dans les arbres), Christine Jeanney propose dans ce texte à la forme inédite, à l’architecture visuelle et textuelle hybride, une déconstruction de la structure classique du récit biographique. L’ouvrage est en effet composé de blocs de texte spatialement organisés sur la page pour créer un dialogue constant entre plusieurs voix. Les paroles et les écrits de Virginia Woolf. Les témoignages et les impressions de ceux qui l’ont côtoyé. Les réflexions de Christine Jeanney sur l’autrice et sur l’écriture. Cette accumulation de fragments permet de s’approcher au plus près de Virginia Woolf « et de la voir en papillon qui refuse de rester épinglé dans sa boite ».
Marginalia Woolf, Christine Jeanney, Abrüpt, 2026
Un chien arrive, de Camille Ruiz
2026/04/10
Camille Ruiz observe au quotidien son chien Ziggy, un grand golden retriever aux « longs poils couleur plage », dans ce livre qui avance par fragments, mêlant souvenirs, lectures et scènes de promenade. À travers cette relation singulière, l’autrice interroge également les mécanismes de domination qui traversent nos sociétés, du corps féminin au corps animal. Une réflexion sensible et brillante sur l’attention, l’attachement, pour « rendre étrange ce qui est familier, familier ce qui est étrange. » Un livre « dessinant une carte de rencontres, d’anecdotes, de lieux se mettant à jour, creusant le sens du verbe tenir : dans le monde, se tenir, tenir au monde, montrer comme nous y tenons - autant que possible à l’écoute. »
Un chien arrive, Camille Ruiz, Éditions Corti, 2026
Mille millilitres de Ganymède, de Philippe Savet
2026/03/27
Philippe Savet détourne la figure mythologique du protégé de Jupiter dans une « catabase contemporaine ». Ici, Ganymède ne monte pas vers l’Olympe, il s’enfonce dans la nuit des clubs et l’addiction chimique. Après sa disparition, il ne reste rien de lui que des écrits poétiques, ainsi que les témoignages disparates de ses proches qui cherchent à comprendre ce qui lui est arrivé. Ce « livre à trous » explore une identité queer oscillant entre autodestruction et quête viscérale de liberté. À travers une narration discontinue, l’auteur étudie ce que l’excès et la vulnérabilité font au corps, transformant la consommation de drogues en un acte sacrificiel. Le récit refuse toute cohérence rassurante pour laisser place à une urgence de vivre brute, où le plaisir se mêle irrémédiablement à la perte de soi.
Mille millilitres de Ganymède, Philippe Savet, Éditions Le Nouvel Attila, 2026
Tout le monde quelque chose, de Corinne Lovera Vitali
2026/03/13
Corinne Lovera Vitali déploie un labyrinthe de monologues entretissés où douze voix s’expriment depuis leurs enfermements. Ce récit est conçu comme un « cabinet de parole » qui explore les méandres de la psyché à travers un flux de pensées obsessionnel, où le rythme devient l’unique souffle de liberté. Le texte aborde avec vivacité des thèmes universels comme les liens familiaux, le vieillissement et le besoin viscérale d’attention. L’autrice y interroge les pouvoirs et les impuissances du langage, utilisant la libre association pour traduire une forme d’aliénation ordinaire. C’est une œuvre exigeante sur la difficulté d’exister au-delà de ses propres égarements. Une invitation à devenir quelque chose d’autre que soi seul.
Tout le monde quelque chose, Corinne Lovera Vitali, Éditions MF, 2026
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