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Revue de presse internationale

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Rating
★★★★☆
4.2
from
5 reviews
Categories
Country
United States
This podcast has
30 episodes
Language
French
Publisher
RFI
Explicit
No
Date created
2021/01/06
Latest episode
2026/10/26
Average duration
4 min.
Release period
2 days

Description

Panorama de la presse internationale sur les sujets d’actualité du jour. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet.

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À la Une: au Brésil, Lula réélu pour un quatrième mandat
2026/10/26
« Un revirement de situation sans précédent », s’exclame O Globo. Luiz Inacio Lula da Silva recueille près de 4 millions et demi de voix de plus que son adversaire Flavio Bolsonaro, pourtant donné favori. « Après sa victoire, Lula affirme qu’il gouvernera pour l’ensemble des 215 millions de Brésiliens », pointe le journal. « À 80 ans, le candidat du Parti des travailleurs devient président pour la quatrième fois », constate Fohlia de Sao Paulo, mais attention prévient le quotidien, « Lula devra réorienter sa politique et notamment maîtriser les déficits publics. » En effet, renchérit Estadão, « Lula devra trouver des marges de manœuvre budgétaires pour tenir les promesses faites dans la dernière ligne droite de la campagne. » « Un quatrième mandat qui s’annonce compliqué » Une élection largement commentée par la presse internationale : « Grosse surprise au Brésil, lance La Nacion à Buenos Aires : Milei perd le partenaire qu’il espérait. » « La réélection de Lula au Brésil freine le virage à droite de l’Amérique latine », relève le Washington Post. « Pour Lula, un quatrième mandat qui s’annonce compliqué, note Le Monde à Paris, sans majorité au Congrès et sous la pression de la société civile. » En effet, renchérit El Pais à Madrid, « le président Lula, qui fêtera ses 81 ans demain, entame un quatrième mandat qui ouvre la voie à une succession au sein de la gauche et qui le contraint à répondre à un mécontentement face auquel ses anciennes formules ne sont plus efficaces. »
À la Une: un attentat «terroriste» et «raciste» en banlieue parisienne
2026/10/24
« Cette attaque a fait un mort et cinq blessés, dont une fillette de 12 ans, touchée à huit reprises (…). L’auteur de la fusillade a été très rapidement interpellé par les policiers », précise le Figaro. « Un attentat terroriste raciste », a déclaré Emmanuel Macron. « Un attentat à connotation raciste, probablement islamophobe », estime Ali Rabeh, le maire de Trappes, où les faits se sont déroulés. Le journal Le Monde s’est rendu sur place et constate : « Comme le maire de la ville Ali Rabeh, les habitants rencontrés par Le Monde voient dans l’attaque qui a tué et blessé plusieurs passants dans les rues des Yvelines, vendredi matin, la conséquence de discours qui font des musulmans et des populations d’origine africaine les responsables de tous les maux du pays. » Interrogé par le quotidien français, Moussa Diaby, un commerçant de 32 ans, explique : « À force de dire que les problèmes de la France sont les musulmans, les Noirs et les Arabes, ce qu’on vient de vivre, c’est la suite logique. » « Les habitants rencontrés, poursuit le Monde, craignent que le tireur soit présenté comme "un fou" et que le mobile raciste ne soit finalement pas retenu » . « D’ailleurs le maire de Trappes a vivement regretté que le président de la République n’ait pas qualifié "l’attentat" d'"islamophobe" », explique encore le Monde. Nouvelle journée de mobilisation Cet attentat vient alourdir le climat déjà pesant sur la France, après les manifestations du 17 octobre, émaillées de nombreuses scènes de pillage, et alors que de nouvelles manifestations sont prévues aujourd’hui. Le 17 octobre : une journée qui a suscité une grande émotion et un grand retentissement médiatique. Deuxième acte de cette mobilisation sociale, ce samedi. « La France face au défi du maintien de l’ordre, titre le Parisien, 70 000 policiers et gendarmes vont être dispersés sur tout le territoire (…) pour éviter le fiasco du 17 octobre », les forces de l’ordre ayant été, ce jour-là, totalement débordées. Mais pour Libération, cette « journée de mobilisation » va se dérouler dans « un climat de répression ». « Les autorités, juge le quotidien français, ont opté pour la voie sécuritaire et la restriction des libertés, en laissant toute latitude aux préfets d’interdire localement les manifestations de façon préventive. » Le Figaro, faisant allusion à Emmanuel Macron, parle d’une « fin de règne à risque ». « La semaine dernière, poursuit le quotidien, la France a été livrée aux pilleurs et aux casseurs (…) Hier, c’est le terrorisme qui a fait son retour (…) Le président a fini par annuler son voyage en Afrique, la semaine prochaine ». « Encore 176 jours à tenir, seul face à son impopularité. Une fin de règne à risque, sans fleurs ni couronne », conclut le Figaro. Des démocrates pleins d'espoir Aux États-Unis, les élections du mi-mandat, le 3 novembre, approchent, et les démocrates se préparent à reprendre le pouvoir au Congrès, ou l'espèrent-ils. Et, comme nous l’explique le New York Times, « ils élaborent un plan pour démanteler le programme de Trump ».   Selon le quotidien américain, « les Démocrates sont de plus en plus confiants à l’idée de remporter la Chambre des représentants et ils espèrent obtenir la majorité au Sénat. » Quel est leur programme ? Ils ne manquent pas d’idées. Ils prévoient « le rétablissement des subventions aux soins de santé et des ressources de MedicAid, la fin des droits de douane imposés par Donald Trump et la fin de la guerre contre l’Iran ». Prudence toutefois, car rien n’est encore, explique le New York Times : « Les Républicains conserveront très probablement la possibilité de bloquer les projets de loi au Sénat. De plus, Donald Trump conservera son droit de veto. » L'avenir des États-Unis ne s'écrira donc sans doute pas selon les seuls désirs des démocrates.
À la Une: le Brésil, à deux jours du deuxième tour de l’élection présidentielle
2026/10/23
Au premier tour, le sénateur d’extrême droite Flavio Bolsonaro (fils de l’ancien président Jair Bolsonaro) a créé la surprise en devançant, assez largement, Luiz Inacio Lula da Silva, le président sortant. Mais si l’on en croit les derniers sondages, le deuxième tour pourrait être plus serré que prévu. Selon le journal Folha de São Paulo, Flavio et Lula « sont à égalité à 50 % » des intentions de vote. Commentaire du quotidien brésilien : « Après ces nouveaux sondages, l’équipe de campagne du candidat du Parti des travailleurs tente de modérer son enthousiasme, alors que celle du candidat du Parti libéral vise à "ne pas commettre d’erreurs" ». Un autre sondage est publié par l’institut Datafolha et O Globo s’en fait l’écho : ce sondage est aussi favorable au président sortant. « Pour la première fois depuis le début de la campagne, explique le journal brésilien, le taux d’approbation du gouvernement de Lula dépasse le taux de désapprobation. Le taux de désapprobation a baissé de deux points pour s’établir à 48 %, alors que le taux d’approbation a progressé d’un point pour atteindre 49 %. » C’est une première depuis « le début de la campagne électorale à la mi-août, mais compte tenu de la marge d’erreur, les deux pourcentages restent techniquement à égalité », ajoute O Globo. La France vue par ses voisins La situation en France continue d'intéresser la presse internationale, et particulièrement la presse européenne. « Des manifestations violentes comme celles qui ont eu lieu en France sont-elles envisageables en Allemagne ? » interroge die Welt. Le quotidien allemand a posé la question au politologue français Fabien Jobard, alors que « des manifestations étudiantes, inspirées de celles qui ont lieu en France, sont prévues le 31 octobre ». Mais pour Fabien Jobard, « il y a trop de différences entre l’Allemagne et la France » pour parler de similitude, notamment parce qu’en Allemagne, « l’éducation relève de la compétence des Länder », soit les régions. Le politologue considère « peu probable que des manifestations s’étendent à tout le pays ». Deuxième question posée par Die Welt : « Les relations avec la police en France sont-elles similaires à celles qui ont cours en Allemagne ? » Réponse de Fabien Jobard : « Non, la police française est plus militarisée, moins accessible et fait davantage usage de la force. »  En Suisse, le journal Le Temps est lui allé à la rencontre « des commerçants et des restaurateurs parisiens qui envisagent de sombrer dans l’autodéfense lors des prochaines manifestations », dont la suivante a lieu ce samedi. « La défaillance des forces de l’ordre lors des émeutes du 17 octobre pousse certains restaurateurs à envisager l’usage d’armes », explique le quotidien helvétique. L'un de ces restaurateurs assure ainsi « qu’il n’a pas l’intention de fermer son établissement ». Il prévient : « J’aurai, dit-il, un couteau et un marteau à portée de main. (…) il est normal de protéger son bien ».  Guerre civile ? La situation en France, qui suscite des réactions jusqu’au Liban. « De quoi la France est-elle malade ? », se demande l’Orient-le Jour. « Il faut éviter certains écueils, estime le quotidien libanais, notamment celui de comparer la situation (du Liban et de la France) et d’en conclure que les Français sont des enfants gâtés qui ne comprennent pas la chance qu’ils ont d’avoir un État-providence, malgré ses dysfonctionnements, et de vivre en paix ». « Un écueil d’autant plus difficile à combattre, poursuit le quotidien libanais, que l’irruption d’une nouvelle grammaire pour décrire la situation française, tant du côté du pouvoir que des oppositions, a de quoi laisser pantois toute personne ayant déjà vécu de l’autre côté de la Méditerranée. Lorsqu’on parle de "guerre civile" ou "d’État policier" ou que l’on va jusqu’à remettre en question le fait de vivre dans une démocratie, quelles que soient les anomalies de celle-ci, c’est qu’on a basculé dans une zone grise ». « Vue de loin, la France ressemble à bien des égards à une énigme », juge l’Orient-le Jour.
À la Une: le Brésil et les États-Unis à la croisée des chemins
2026/10/22
« Deux élections majeures vont bientôt se tenir dans les Amériques, relève Libération à Paris, au Brésil dimanche, puis aux États-Unis le 3 novembre, et ces deux élections présentent les mêmes risques. Dans les deux cas, le scrutin s’annonce serré, les contestations risquent de fuser à peine les résultats annoncés, et des troubles importants sont à redouter. Surtout, pointe le quotidien français, le niveau du débat politique ne cesse d’être tiré vers le bas, les candidats populistes étant prêts à tout pour décrocher le graal (on l’a vu avec l’accord passé par Donald Trump avec Vladimir Poutine sur le diesel pour tenter de rassurer ses électeurs potentiels). Au Brésil, poursuit Libération, le candidat le mieux placé est une sorte de Trump avec quelques décennies de moins. Flávio Bolsonaro, 45 ans, le fils de Jair qui régna sur le pays de 2019 à 2023. (…) Et comme son père, le candidat d’extrême droite ne recule devant aucune outrance pour marquer les esprits, accusant la gauche et le crime organisé de connivence et allant jusqu’à moquer le zézaiement de Lula lors du dernier débat télévisé. » Un petit point d’écart Et dans les sondages, les deux hommes sont toujours au coude à coude. D’après le quotidien brésilien O Globo, à quatre jours du scrutin, Flavio Bolsonaro obtiendrait 45 % des voix et Lula 44 % : un petit point d’écart donc… Et les deux candidats devront convaincre et mobiliser les abstentionnistes et les indécis. « Au premier tour, rappelle O Globo, plus de 33 millions d’électeurs ne se sont pas rendus aux urnes et près de 6 millions n’ont voté pour aucun des deux candidats. Cela représente près de 40 millions d’électeurs “désemparés“, probablement encore plus désenchantés après le débat entre les deux prétendants. » Commentaire du journal : « L'élection présidentielle la plus imprévisible depuis le retour à la démocratie au Brésil s’achève sur une perspective insolite : le vainqueur sera celui qui aura convaincu les abstentionnistes du premier tour de voter cette fois-ci, et surtout de voter pour lui, et non pour son adversaire. La tâche est particulièrement ardue pour Lula, qui doit non seulement rattraper Flávio Bolsonaro, mais aussi le devancer dans la dernière ligne droite. » Quelle sera l’ampleur de la vague bleue aux États-Unis ? Aux États-Unis, d’après un tout dernier sondage publié par le New York Times, la cote de popularité de Donald Trump est au plus bas. « À deux semaines des élections de mi-mandat, seulement 36 % des électeurs potentiels se disent satisfaits de son action, tandis que 59 % la désapprouvent. (…) Les trois quarts des Américains jugent l’économie passable ou mauvaise. Et une majorité impute ce déclin à Trump : 69 % désapprouvent sa gestion du coût de la vie, 65 % sa gestion de la guerre en Iran et près des trois quarts sa gestion du prix du carburant qui dépasse désormais les 4 dollars le gallon. » Résultat, pointe le Washington Post, « la plupart des analystes prévoient une victoire des démocrates à la Chambre des représentants cette année, la seule question étant de savoir quelle sera l’ampleur de cette vague bleue ». Les uns s’appauvrissent, les autres s’enrichissent Le Post qui souligne aussi que « d’après un sondage Fox News, la principale préoccupation des électeurs n’est apparemment pas la cherté de la vie, mais la corruption au sommet de l’État. Un nombre record de 89 % d’Américains estiment en effet que la corruption est généralisée au sein du gouvernement. Et Trump en fait les frais : une très large majorité pense qu’il privilégie ses propres intérêts commerciaux, son propre enrichissement, au détriment du pays et des citoyens ordinaires. » Commentaire du journal : « la corruption transforme la compétition politique en un cirque pour nantis et Trump semble croire que ce spectacle détournera l’attention. Mais les électeurs ne sont pas de simples spectateurs, prévient le Washington Post. Le président et les Républicains ne devraient pas s’étonner si le lion se retourne contre son dompteur, si une vague bleue déferle sur les élections de mi-mandat. » Enfin même métaphore circassienne pour le Guardian à Londres : « Trump organise des cirques, mais les électeurs veulent aussi du pain. »
À la Une: après les violences du week-end dernier en France, la foire d’empoigne des politiques
2026/10/21
Le ton est monté mardi à l’Assemblée. L’exécutif, comme les partis du bloc central, de droite et d’extrême droite, accuse LFI, parti d’extrême gauche, d’attiser les violences, tandis que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon dénonce « l’amateurisme » et les « manipulations » du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Des échanges musclés qui suscitent des réactions plutôt contrastées dans la presse française. Ainsi, pour Le Figaro, « LFI, La France insoumise, a un incroyable culot. Depuis le premier lycée bloqué, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon allume toutes les mèches de la contestation sociale, agglomère autour de lui l’ultragauche et les pilleurs des cités avec l’objectif affiché de produire une pyrotechnie révolutionnaire à rendre Robespierre un peu plus pâle encore. Et puis, tempête le quotidien de droite, après le carnage, quand la France n’est plus qu’un tas de gravats, LFI passe sans transition de Lénine à la chanteuse Alizée, sur l’air de " c’est pas ma faute à moi" ». Jeu dangereux ? Non, rétorque Libération, c’est « l’exécutif qui joue un jeu dangereux à six mois de la présidentielle, en focalisant l’attention sur les casseurs et La France insoumise pour faire oublier sa faillite sécuritaire le 17 octobre. (…) On peut penser ce qu’on veut de Jean-Luc Mélenchon, et pas toujours du bien quand on se réfère à sa façon d’hystériser le débat ou ses positions sur la guerre en Ukraine, mais le tenir pour seul responsable du chaos ambiant est indigne, s’insurge Libération. À six mois d’une échéance électorale majeure, LFI a bien sûr surfé sur la colère des jeunes. Mais accuser le parti d’être à la source de l’immense pétaudière qu’est devenu le pays n’est pas sérieux ». Funeste surenchère ? Pour sa part, Le Monde pointe du doigt le gouvernement : « il est comptable du fiasco du maintien de l’ordre, martèle le quotidien du soir. Les violences qui ont accompagné les manifestations, samedi, résultent d’un défaut d’anticipation et d’analyse de sa part, et d’une doctrine sécuritaire inadaptée à la situation. (…) Les seules annonces concrètes restent de nature répressive – loi "casseurs-payeurs", interdiction de rassemblements, couvre-feu, allongement des durées de garde à vue. Cette stratégie conforte la radicalité des extrêmes du champ politique au lieu de s’efforcer de les neutraliser. C’est le très grand péril de la période qui s’ouvre, déplore encore Le Monde. En ajoutant l’inefficacité du 17 octobre à des années de durcissement du maintien de l’ordre, le gouvernement a exposé le pays à une funeste surenchère : toujours plus de force, toujours moins de mesure et de contrôle dans son usage ». Un boulevard pour Le Pen… Le Temps à Genève s’interroge : « À six mois du premier tour, comment les événements du 17 octobre peuvent-ils influencer les rapports de force pour la présidentielle française ? » Réponse du quotidien suisse : « les scènes de pillages pourraient renforcer une demande d’ordre déjà forte dans le pays. Une équation politique qui a de quoi bénéficier à Marine Le Pen, qui cherche à incarner le parti de l’ordre ». Le Guardian à Londres renchérit : « Après les violences et le chaos en France, il n’y a qu’une seule bénéficiaire : Marine Le Pen ». Lutte des classes générationnelle ! « Un État qui décourage sa jeunesse est un endroit où il ne fait bon vivre pour personne » : c’est le titre d’une longue analyse à lire dans le Süddeutsche Zeitung à Munich. « Ce n’est pas un phénomène propre à la France, relève le quotidien allemand. La colère de la jeunesse se propage à travers l’Europe comme une traînée de poudre. Face à cette violence effroyable, il est presque facile d’oublier que nombre de leurs préoccupations sont légitimes. Il ne faut pas laisser aux partis extrémistes le soin de trouver des solutions ». Enfin, la Repubblica à Rome souligne le décalage démographique qui affecte toute l’Europe : de plus en plus de vieux et de moins en moins de jeunes… « La majorité des ressources sont allouées aux tranches d’âge les plus élevées, pointe le quotidien italien. Le rapport de force politique leur est favorable et l’argent va aux retraites, au détriment de l’éducation, de la formation et du logement, des secteurs essentiels pour les jeunes générations. Autrement dit, conclut la Repubblica, nous assistons à une lutte des classes générationnelle acharnée. Ce seul fait explique en partie pourquoi la jeunesse italienne, comme celle d’autres pays européens, est si démunie et déprimée ».
À la Une: la colère sociale gagne l’Europe
2026/10/20
« Coût de la vie, conditions d’études, logement… Liés ou non aux manifestations françaises, les rassemblements se multiplient à travers le continent et virent parfois aux affrontements » : c’est ce que constate notamment Libération à Paris. « En Italie, la vie chère au centre de la révolte » ; « en Belgique, les lycéens en toile de fond » ; « en Albanie, sixième jour de colère des étudiants » ; « en Allemagne, une contestation à bas bruit dans les établissements scolaires » ; et « en Grèce, au Portugal et en Espagne, l’éducation et le logement dans tous les esprits. » « Il n’y a pas qu’en France que le coût de la vie mobilise et que les citoyens s’inquiètent des conséquences de la hausse du prix de l’énergie, relève également Le Monde, d’autant que dans les prochains mois, des élections à haut risque politique, sur fond de montée de l’extrême droite, sont prévues en Espagne, en France, en Italie, en Pologne et en Grèce. Lors de leur réunion à Bruxelles, la semaine dernière, les chefs d’État et de gouvernement européens ont d’ailleurs longuement débattu de la manière de faire baisser la facture de leurs concitoyens, ayant tous en tête le mouvement des "gilets jaunes" qui avait embrasé la France, à l’automne 2018 ». Pauvres manifestants… Car, ces derniers jours, en France mais aussi en Belgique ou en Italie, on n’a pas assisté à une convergence des luttes, mais, relève Le Soir à Bruxelles, à une « convergence des agents du désordre. (…) Pauvres lycéens, pauvres manifestants de bonne foi, soupire le journal, dont le mouvement a été sali par des casseurs qui n’ont que faire de leur combat. Les manifestants belges, à Bruxelles comme à Liège, ont été victimes du même phénomène, les violences occultant leurs revendications. En France, aux militants de l’ultra-gauche se sont joints des pilleurs. Dans leur ligne de mire : des lieux de pouvoir ou… des consoles de jeux ». Et Le Soir de constater que « la France s’est appauvrie. Au bord de la crise financière, elle s’enfonce dans un syndrome du déclin. Les partis politiques de gouvernement ne s’en sont jamais remis, favorisant l’émergence de deux forces radicales qui polarisent le pays à l’extrême. Dans six mois, si tout continue comme ça, prévient le quotidien belge, il est à craindre que la France écope de la double peine : l’extrême droite au pouvoir et, dans la foulée, le chaos ». Un avant-goût ? En effet, relève le Guardian à Londres, « les derniers sondages indiquent que l’avance considérable de l’extrême droite se creuse à l’approche de la présidentielle. Parallèlement, le leader de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, continue de devancer ses rivaux progressistes, même si les chiffres suggèrent qu’il serait largement battu au second tour par Marine Le Pen. Dans un climat de plus en plus tendu, la France se dirige vers une crise majeure en mai. De façon alarmante, les violences civiles observées ce week-end ne sont peut-être qu’un avant-goût de ce qui nous attend ». Et en attendant, déplore Le Temps à Genève, « l’Assemblée nationale sans majorité même relative, et le paysage politique français plus largement, est actuellement incapable de construire le moindre consensus sur les questions polarisantes. Les partis sont chauffés à blanc par la campagne présidentielle en cours et ne cherchent qu’à affirmer sans mesure ce qui les distingue pour mobiliser au maximum leur électorat. Préférant surfer sur l’émotion du moment que de trouver une issue nécessairement complexe ». Obligation de résultat  Et on revient au Monde qui estime dans son éditorial qu’« Emmanuel Macron ne doit pas répéter les mêmes erreurs que par le passé. Le rétablissement de l’ordre républicain est un préalable indispensable pour entamer les discussions promises avant-hier avec l’ensemble des acteurs, et ainsi reprendre le fil d’un dialogue social rompu depuis trop longtemps. Mais il y a, cette fois, une obligation de résultat, tonne Le Monde. Écouter et respecter ses interlocuteurs d’abord, mais surtout apporter une réponse politique concrète à leurs différentes revendications. L’exécutif ne peut plus se permettre d’émettre une nouvelle fin de non-recevoir. La paix sociale ne pourra se reconstituer qu’à cette condition ». Enfin, vu des États-Unis, cette remarque du Wall Street Journal : « la France traverse une crise démocratique violente et la situation risque fort de s’aggraver. Mais il ne faut pas croire que cela soit impossible aux États-Unis, compte tenu du contexte politique actuel ».
À la Une: week-end de mobilisations émaillé de violences en France
2026/10/19
Des violences et des affrontements ont duré jusqu'à tard dans la soirée hier à Paris, au lendemain d'une journée de mobilisation massive dans le pays. « Ils étaient cinq fois plus, rapporte Libération, cinq fois plus que les 150 000 manifestants anticipés par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Samedi 17 octobre, entre 500 000 à 800 000 personnes ont défilé dans les rues de France, pour l’essentiel dans le calme », relate le journal français.  « Un écart qui interroge : le gouvernement et les forces de l’ordre ont-ils suffisamment pris au sérieux les appels à manifester de ce week-end ? Les critiques et les questions fusent quant à la gestion de cette journée, jusqu’au sommet de l’État », poursuit Libération, qui veut faire dans ses pages, « l'anatomie d'un fiasco ». « Il était à peine 12h20, sur la place de la République, à Paris, lorsque le gaz lacrymogène a commencé à se répandre dans le ciel, accompagné par des explosions de grenades assourdissantes. Soit près de deux heures avant le départ officiel du cortège. Des scènes similaires ont été observées à Marseille, à Bordeaux aussi, où le rassemblement a dégénéré en une dizaine de minutes à peine. Même situation à Clermont-Ferrand. À chaque endroit, ces manœuvres ont scindé les cortèges, favorisant la dissémination des groupes et une perte de contrôle des forces de police. Une stratégie qui a favorisé toute cette casse que l’on a observée », analyse Sébastian Roché, sociologue spécialiste des pratiques policières, dans les pages de Libération, qui s'interroge sur le nombre de policiers potentiellement insuffisant, mais samedi en fin de journée, Laurent Nuñez assurait pourtant « ne pas avoir sous-dimensionné le dispositif ». Emmanuel Macron a pris la parole face à la situation Il « s’est engagé dimanche à répondre à certaines revendications des manifestants, mais sans donner de précisions », estime le New York Times, outre-Atlantique. À part les condamnations de rigueur, il n’a présenté « aucune concession concrète aux manifestants, se contentant d’affirmer qu’à six mois de la présidentielle, la France avait besoin d’ordre, d’apaisement et pas d’une escalade ». Depuis Madrid, El Pais déplore le fait qu' « il n’a pas eu un seul mot pour les étudiants mutilés par les engins explosifs de la police ». La Vanguardia de son côté, juge que le dirigeant français est apparu « quelque peu impuissant, se limitant à des formules de circonstance », alors que « le conflit ne montre aucun signe d’essoufflement ». Les réactions internationales évoquent un mouvement de la jeunesse européenne Le Japan Times parle de « certaines des pires violences de rue qu'ait connues la France depuis des années, avec des pillages et des monuments incendiés ». Depuis New Dheli, « les manifestations en France ont donné l'impression d'être en guerre » ajoute de son côté le Hindustan Times. « Paris se réveille dévastée après une nuit d'horreur », renchérit Clarin à Buenos Aires, désolation, destruction et un avenir sombre ont marqué le lendemain des pillages », après « l'une des nuits les plus violentes dont la France se souvienne ». « En France et dans le monde entier, les étudiants se révoltent, poursuit le journal argentin, cette fois, ce n'est pas la révolution, mais la précarité qui les unit. Tout comme en 1968 fut un combat pour la liberté et la joie, il s'agit aujourd'hui d'un combat pour éviter de sombrer dans la pauvreté ». Et « comme toujours, tout a commencé en France, note Clarin, ce phénomène a donné naissance à un vaste mouvement de jeunesse réclamant des réformes systémiques. Il s'est désormais étendu à la Belgique, à l'Italie, à Lisbonne et au Canada ». La nouvelle génération refuse de se laisser faire, estime El Pais à Madrid. « Les Français ont inspiré les étudiants belges et italiens, "Faisons comme en France", scandent-ils depuis le sud du continent. En Italie, note le quotidien, la nuit de samedi à dimanche a dégénéré en émeutes dans plusieurs villes, notamment à Milan, rappelant les événements survenus en France. Aujourd'hui, en Europe, à l'aube d'un cycle électoral crucial où se joueront les gouvernements de quatre des cinq pays les plus peuplés de l'UE, les jeunes partagent un mécontentement générationnel marqué par le sentiment que leur avenir devient de plus en plus incertain et précaire ».
À la Une: une guerre qui devait s’achever rapidement
2026/10/16
Cette guerre, c’est celle qui oppose l’Ukraine à la Russie, « une guerre à laquelle Donald Trump avait promis de mettre fin rapidement », rappelle le New York Times. Or, « la décision provocatrice du président ukrainien de poursuivre ses attaques contre les raffineries russes, souligne l’incapacité du président Trump à mettre fin à une guerre qu’il avait promis de résoudre », accuse le quotidien américain qui rappelle que « durant sa campagne électorale de 2024, le président Trump avait promis une baisse des prix et une fin rapide de la guerre en Ukraine. Deux ans plus tard aucun de ces objectifs n’a été atteint ». C’est d’autant plus contrariant pour le président américain que les élections de mi-mandat approchent. Or, remarque le New York Times, « dans sa course effrénée pour faire baisser les prix du carburant avant ces élections, Donald Trump a encore davantage compromis ses efforts pour instaurer la paix en Ukraine ». « En échange de la levée des sanctions sur le diesel russe la semaine dernière, la Russie n'aurait fait aucune concession, ajoute le quotidien américain, mais la Maison Blanche semble espérer que les électeurs se soucient davantage des efforts de Donald Trump pour faire baisser les prix, que du sort de l’Ukraine… » « Discussions houleuses » À Bruxelles, le budget de l’Union européenne se discute âprement.  « Après une douzaine d’heures de négociations qui se sont terminées peu avant minuit, raconte die Welt, l’UE est encore loin de parvenir à un accord sur un budget septennal (…) Des sources gouvernementales allemandes indiquent que le débat sur le prochain méga-budget a été "controversé" ». Comprendre, en langage non-diplomatique, que « les discussions en coulisses ont été houleuses ». Pour le quotidien allemand, « il est clair, désormais, que Paris et Berlin, autrefois moteurs de l’UE, restent largement irréconciliables sur la question budgétaire ». « Le chancelier allemand Friedrich Merz réclame une réduction significative (…) du budget actuel de la Commission européenne », alors qu’Emmanuel Macron, « soutient la proposition de la Commission européenne d’une augmentation massive des dépenses, de près de 50 % par rapport au budget actuel ». À Paris, le Figaro juge que « le fossé se creuse entre ceux qui bénéficient à plein des largesses de Bruxelles et ceux qui, soucieux de leurs deniers, en ont assez de payer l’addition. » « Les Européens auront-ils un budget à Noël ? » questionne de son côté Le Monde. « Rien n’est moins sûr », ajoute le quotidien français. Quant au journal en ligne Mediapart, il estime que « l’opposition classique entre "dépensiers" et "radins" ne doit pas masquer l’enjeu principal : la capacité de l’Union à produire des biens publics à la hauteur du moment historique ».  Témoignages poignants Le Guardian, publie un reportage sur les fillettes afghanes vendues par leurs parents. « Face à la famine qui frappe les familles en raison du dérèglement climatique, explique le quotidien britannique, beaucoup se sentent contraints de "sacrifier" leurs filles pour sauver leurs frères et sœurs ». C’est la photographe française Elise Blanchard, qui a réalisé ce reportage pour le Guardian, « elle a rencontré des filles de 8, 10 et 14 ans, fiancées ou mariées, pour rembourser des dettes ou se nourrir ». Une décision qui déchire les parents : Bana, la mère de Gulalai, 11 ans, confie « qu’elle aurait préféré qu’elle meure plutôt que d’être mariée à un homme aussi vieux ». Il s’agit « d’un homme d’une quarantaine d’années auquel ses parents devaient de l’argent ». Khomaka, 30 ans, raconte, elle, « que son mari a conclu un accord pour marier leur fille Fatemah, âgée de deux ans, seulement trois mois après sa naissance. L’urgence est apparue car les parents n’avaient pas les moyens de payer le faible coût du transport pour emmener à l’hôpital, leur fils de huit ans souffrant d’un cancer du sang et qui a besoin d’une transfusion sanguine chaque semaine ».   Des témoignages poignants, qui accompagnent les nombreuses photos de ces enfants et leurs parents.
À la Une: l’Ukraine trahie
2026/10/15
« Certains responsables ukrainiens (et en premier lieu le président Zelensky) soupçonnent le pire, s’exclame le Wall Street Journal : que le président Trump ait ordonné à Elon Musk, propriétaire de la société qui exploite le réseau Starlink, de restreindre l’accès de l’Ukraine aux systèmes satellitaires. Ces soupçons, qui n’ont pas été confirmés, soulignent à quel point les relations entre les États-Unis et l’Ukraine se sont détériorées ces dernières semaines, alors que Trump cherchait à mettre fin à la guerre. Ces derniers jours, rappelle le quotidien américain, Trump a proposé d’acheter du carburant russe dans le cadre d’un accord lucratif sur le diesel, il a exigé la démission du président ukrainien et il a décrété un cessez-le-feu énergétique entre la Russie et l’Ukraine, cessez-le-feu que Moscou a presque immédiatement violé. Résultat, pointe le Wall Street Journal : une Ukraine furieuse, les alliés de l’Amérique ébranlés et une fracture grandissante au sein du Parti républicain concernant la politique étrangère de Trump à l’approche des élections de mi-mandat. » La « perfidie » américaine Désormais, soupire la Repubblica à Rome « l’Ukraine craint de se retrouver sans défense, sans bouclier ni épée. C’est comme si les ailes de ses drones, qui lui assuraient jusqu’ici une résistance face à une armée bien plus puissante, étaient brisées. Le charme technologique a été rompu avec l’interruption des services militaires du réseau Starlink : à savoir le système Starshield qui dépend exclusivement du Pentagone. Dans un incroyable renversement d’alliances, tempête le quotidien italien, la Maison Blanche soutient désormais le Kremlin et lui offre l’opportunité de percer les défenses de Kiev. » « Trump est-il en train de saboter la défense de Kiev ? » Question posée par le Süddeutsche Zeitung qui répond sans ambages : oui… Et « si cette situation perdure, pointe le quotidien allemand, la capacité de l’Ukraine à se défendre contre l’agresseur russe s’en trouvera gravement compromise. » Le Guardian à Londres dénonce ce qu’il appelle « la perfidie américaine » : « Trump est furieux des attaques ukrainiennes contre les raffineries de pétrole russes. Mais le véritable facteur qui influe sur les prix mondiaux de l’énergie n’est pas la défense de l’Ukraine face à l’agression russe, s’exclame le quotidien britannique, mais bien l’échec de la guerre menée par Trump contre l’Iran. Or, le président américain est incapable d’admettre la moindre erreur. En rejetant la faute sur Zelensky, il peut nier sa propre responsabilité et, avec l’encouragement malveillant de Poutine, raviver l’idée absurde selon laquelle l’intransigeance ukrainienne, et non l’agression russe, serait la raison pour laquelle sa promesse de négocier un accord de paix reste lettre morte. » Les Européens vont-ils resserrer les rangs ? « Qui peut encore croire Donald Trump ? », s’interroge Le Monde à Paris. « Certainement pas les Ukrainiens. (…) Qui peut encore croire Donald Trump ? Sans doute pas les Russes, qui pensent pouvoir le manipuler. (…)  Qui peut encore croire Donald Trump ? Surtout pas les Européens, tant de fois trompés. (…) Et puisqu’ils sont désormais lucides sur Donald Trump, ils peuvent, s’ils le veulent vraiment, reprendre l’initiative, affirme Le Monde. Utiliser leur propre logiciel stratégique. Déployer tous les efforts possibles pour fournir les armes qui peuvent aider Kiev à augmenter la pression sur Moscou – les missiles à longue portée allemands Taurus, par exemple. Débloquer enfin les avoirs russes gelés pour financer l’Ukraine. Élaborer un plan sérieux de désescalade. Et ne plus croire qu’on peut croire Donald Trump. » En effet, précise Libération, « réunis à Bruxelles à partir d’aujourd’hui, les Vingt-Sept vont devoir acter ce qui ressemble à un lâchage en règle de l’Ukraine par Washington. Et aborder, demain vendredi, en présence de Volodymyr Zelensky, la façon dont il faut resserrer les rangs autour de lui, et compenser le désengagement américain. » Et même passer à la vitesse supérieure, tonne Libération : « à l’heure où Trump et Poutine se rapprochent, et alors que la possibilité même pour les Ukrainiens de se mettre à l’abri est menacée par la limitation de Starlink, il est urgent que les Vingt-Sept se mettent d’accord sur la question de l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne. »
À la Une : l’Arabie saoudite dans le piège des Houthis
2026/10/14
C’est une véritable guerre à coups de missiles à laquelle se livrent les Houthis pro-iraniens du Yémen et l’Arabie saoudite. Les échanges de tirs sont quasi-quotidiens : « la coalition menée par Riyad a ciblé hier soir un site de la Compagnie pétrolière du Yémen à l’ouest de Sanaa, rapporte Le Temps à Genève. En réponse, les combattants pro-iraniens ont frappé Riyad. Quatre personnes ont été blessées hier soir dans la capitale saoudienne par des débris de deux missiles houthis interceptés. » « L’Arabie saoudite l’a officiellement reconnu, pointe Le Figaro à Paris : le royaume, ses “infrastructures, (ses) institutions, (ses) équipes, et (sa) résilience sont mis à l’épreuve“ par les frappes meurtrières de ses voisins, les rebelles yéménites houthistes. À Riyad, ce n’est pas la panique, mais la peur d’une guerre dont l’initiative échappe aux Saoudiens est palpable, confie un expatrié, trois jours après l’attaque, imputée aux houthistes, contre l’aéroport de la capitale, qui a tué 13 personnes, la plus meurtrière en douze ans de conflit. » « Blocus contre blocus, aéroport contre aéroport » Désormais, relève Le Figaro, « l’Arabie fait face à sa première vraie menace venant de son flanc sud, où son aviation a intensifié depuis quelques semaines ses bombardements dans l’espoir d’aider ses alliés loyalistes yéménites à regagner le terrain perdu début septembre face aux houthistes : c’est-à-dire la côte le long de la mer Rouge et du détroit stratégique de Bab al-Mandab, d’où les navires saoudiens sont interdits de passage par les insurgés pro-iraniens. Mais malgré une pression militaire aérienne fournie par l’Arabie, au sol, les relais de Riyad au Yémen piétinent. » Et les Houthistes « appliquent une nouvelle stratégie : “blocus contre blocus, aéroport contre aéroport“. » Et les Saoudiens sont coincés, rapporte encore Le Figaro. « Si, grâce aux Patriot et aux Thaad américains, ils parviennent à intercepter à haute altitude les missiles balistiques houthistes, ils manquent d’équipements contre les drones et les missiles de croisière, qui ont frappé à basse altitude l’aéroport de Riyad samedi. » Ce conflit a des répercussions dans tout le Moyen-Orient et aux Etats-Unis : « Trump défendra-t-il l’Arabie saoudite contre les attaques des Houthis – et jusqu’où ira-t-il ? », s’interroge Haaretz à Tel Aviv. « Alors que Riyad peine à stopper les missiles et les drones des Houthis, le président américain doit choisir entre aider un allié proche des États-Unis et rouvrir un conflit avec le Yémen qu’il cherchait à résoudre. » Les faux pas de deux femmes de pouvoir dans le monde de Trump A la Une également, deux femmes en difficulté dans l’entourage de Trump… La première, Kimberly Guilfoyle, ambassadrice américaine en Grèce et ancienne fiancée de Donald Trump Jr, a démissionné de son poste hier après des soupçons de corruption. C’est le Wall Street Journal qui a révélé l’affaire. Kimberly Guilfoyle a été poussée vers la sortie par Donald Trump qui a déclaré à son propos : « elle faisait du bon travail, mais on n’aimait pas ce qu’on lisait dans la presse. » Commentaire du Monde à Paris : « le sacrifice de Kimberly Guilfoyle témoigne du contexte politique actuel, à trois semaines des midterms. Les démocrates ont réussi à promouvoir l’idée que la corruption généralisée se faisait au détriment des Américains, dont la vie au contraire était plus onéreuse que jamais. Une communication de crise s’imposait. » L’autre « Trumpette » en difficulté, c’est Katie Zacharia, la toute nouvelle porte-parole de la Maison Blanche. Elle se présente comme avocate de profession. Mais les experts juridiques n’en sont pas vraiment certains, rapporte la presse américaine, dont le Washington Post. Et ses compétences en tant que porte-parole de la présidence ne sont pas évidentes. « Ses premiers pas dans la salle de presse hier ont été chancelants, relate Le Monde. Très nerveuse, lisant ses notes, elle s’est contentée de répondre à trois questions, annonçant justement le départ de Kimberly Guilfoyle, puis elle est partie au bout d’un quart d’heure. » Le Guardian à Londres rappelle pour sa part que Katie Zacharia est une farouche militante MAGA : « elle croit que l’élection de 2020 a été volée et c’est une adepte des vérités alternatives, des thèses complotistes, notamment celle qui prétend que Trump sauve le monde d’une cabale de pédophiles sataniques. » Commentaire du Guardian : « Katie Zacharia est parfaitement à sa place… »
À la Une : la jeunesse française en plein désarroi
2026/10/13
« Estève, 15 ans, porte un pansement sur la pommette gauche, relate La Croix, stigmate d’une course-poursuite à pied avec des représentants des forces de l’ordre. “Je me suis fait attraper et on m’a plaqué contre un mur“, raconte ce lycéen de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre de l’Hexagone. Lucrèce, elle, a 17 ans, n’a pas de bleu sur son visage radieux. Elle est en première au lycée Alain du Vésinet, dans les Yvelines, une des communes les riches du pays. “C’est un milieu privilégié, mais on ne peut pas ne pas se sentir solidaire de ceux qui ne sont pas privilégiés“, dit-elle d’emblée. Ces deux adolescents vivent dans deux banlieues d’Île-de-France que tout oppose, relève La Croix, distantes l’une de l’autre de cinquante minutes de métro et de RER. Ils ne se croiseront probablement jamais. Sauf peut-être dans une manifestation à Paris… Tous deux sont engagés dans la mobilisation lycéenne qui va connaître un acte V ce mardi 13 octobre, alors que des établissements scolaires ont été à nouveau bloqués hier. » Déficit et dette… Un cinquième appel à manifester donc… « Une journée décisive et en même temps hautement symbolique », pointe Libération. Symbolique parce que ce nouvel acte de protestation coïncide « avec l’arrivée à l’Assemblée nationale du budget 2027, avec deux mots-clés pour résumer le contexte dans lequel cet examen démarre : déficit et dette. Qu’il faut impérativement réduire pour ne pas sacrifier… l’avenir des jeunes, s’exclame Libération. Cet avenir que les doléances des lycéens veulent précisément préserver, mais maintenant, pas celui de leurs petits-enfants, plus tard. Dans la rue comme dans l’hémicycle, il sera en réalité question de la même chose. Bien sûr de l’impact de choix budgétaires sur la marche du pays, en l’occurrence du système éducatif. Mais peut-être aussi d’une forme d’impuissance de la politique qui plus que jamais mine le pays. » L’autorité perdue ? « Lycées, violences, le tableau noir d’un pays qui ne sait plus où il va », soupire pour sa part Le Figaro. « Cette semaine encore et jusqu’aux vacances de la Toussaint, les élèves et les étudiants vont vivre au rythme des blocus, des manifs, des incendies volontaires, d’une rage stérile. Cela fait longtemps que l’école n’est plus un sanctuaire, mais le réceptacle des pulsions les plus dangereuses. » Le Figaro, nostalgique d’une certaine époque : « ce qui nous manque, affirme le journal, c’est cette chose antique que le “peuple adolescent“ a rangée au musée : l’autorité. Et, avec elle, l’admiration qui permet au plus humble de se hisser au-dessus de lui-même. Il n’y a qu’à relire ce qu’écrit (Marcel) Pagnol sur son père, (instituteur) quand il était au tableau pour mesurer à quel point nous avons détruit, par légèreté et par arrogance, l’irremplaçable alchimie du maître qui enseigne et de l’élève qui apprend. » Que le système fonctionne ! Autre point de vue pour Le Monde : « pour parler concrètement, les lycéens refusent de griller dans des salles de classe surchauffées lorsque la canicule s’installe ; ils ne veulent pas subir l’absence de professeurs non remplacés dès que l’heure de la rentrée a sonné ; ils refusent d’avoir la boule au ventre lorsqu’ils préparent le marathon de Parcoursup et ils ne veulent pas se voir claquer la porte au nez lorsque, à la fin du master 1, on leur annonce que leur niveau est trop faible pour intégrer l’année cruciale, celle qui leur permettra d’obtenir le diplôme qui les rendra réellement attractifs sur le marché du travail. Bref, s’exclame Le Monde, ils souhaitent que le système fonctionne, mais cette revendication est devenue quasiment révolutionnaire tant elle a du mal à être exaucée. » Que faire ? Les politiques n’avancent aucune recette miracle, de même que les différents candidats à la présidentielle… « Leur chance, pointe Le Monde, est que le nombre d’élèves va drastiquement baisser – de 1 million – au cours des prochaines années en raison du reflux démographique, ce qui offrira l’occasion d’engager une révolution éducative à bas bruit. Encore faut-il que tous soient parfaitement clairs dans l’énoncé de leurs objectifs et insistent sur ce qui apparaît comme le maillon faible du système : l’articulation entre la fin du secondaire et le début des études supérieures. »
À la Une: l’accord Trump-Poutine sur le diesel, chaos et confusion
2026/10/12
« Jusqu’ici, l’ambiguïté permettait de sauver les apparences, pointe Le Figaro à Paris. Tout en asséchant l’aide directe à l’Ukraine, Donald Trump vendait des armes aux Européens destinées à Kiev, continuait à partager du renseignement militaire et, pas plus tard que le mois dernier, signait une loi renforçant les sanctions économiques contre la Russie. Pour l’équivalent d’une (seule) journée de consommation mondiale de gazole, il vient d’opérer un virage stratégique à 180 degrés. La suspension des sanctions sur les exportations russes d’hydrocarbures permettra de financer la machine de guerre de Vladimir Poutine sans aucune contrepartie de sa part. Cela marquera peut-être, estime Le Figaro, un tournant dans le conflit, qui redouble d’intensité à l’amorce de son cinquième hiver. C’est assurément un tournant géopolitique majeur pour les États-Unis, qui ne s’étaient jamais aplatis de la sorte devant l’impérialisme russe ». Poutine peut se frotter les mains… « Lever les sanctions sur le diesel russe relève d’une mise en scène politique irresponsable », renchérit le Times à Londres. « L’accord de Trump pose trois problèmes majeurs, pointe le quotidien britannique. Premièrement, il constitue un grave échec moral. Il est inutile de rappeler que l’Ukraine est victime de l’un des actes d’agression les plus odieux commis par un État souverain au cours de ce siècle. (…) Deuxièmement, il est peu probable que cet accord aboutisse. Selon le ministère de la Défense ukrainien, les frappes ukrainiennes ont mis hors service plus de la moitié des capacités de raffinage de pétrole russes, ce qui remet en question la capacité de Poutine à tenir ses engagements. (…) Troisièmement, estime encore le Times, cet accord engendre des tensions diplomatiques inutiles. Trump a déclaré qu'il était "temps pour l’Ukraine d’avoir un nouveau président" ; Zelensky a rétorqué qu’il organiserait volontiers des élections si Poutine acceptait un cessez-le-feu total de 60 jours. Et l’annonce par Trump d’un cessez-le-feu "convenu", aussitôt démenti par Kiev, a exacerbé le climat de chaos et de confusion ».   En résumé, « Trump transforme la victime en bourreau, assouplit les sanctions contre la Russie et suggère à l’Ukraine de se trouver un autre chef d’État. Quelle joie pour le président du Kremlin ! » Un commentaire désabusé à lire dans le Süddeutsche Zeitung à Munich. En effet, pointe le quotidien allemand, cet accord a tout pour réjouir Poutine : « il peut constater avec une grande satisfaction que Trump non seulement a largement transféré l’aide occidentale à l’Ukraine aux Européens, mais aussi que désormais il la compromet en faisant affaire avec lui. » France : Raphaël Glucksmann candidat de la gauche non-mélenchoniste à la présidentielle À la Une également, en France, la victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire socialiste. « Ce sera donc Raphaël Glucksmann qui représentera la gauche non mélenchoniste à la présidentielle », relève Libération. « Avec son "plus jamais LFI", l’eurodéputé espère convaincre les électeurs de gauche et du centre qu’il est capable, lui et non Édouard Philippe, d’empêcher un duel Mélenchon-Le Pen au second tour. Pour gagner ce pari, il doit convaincre les électeurs de gauche un temps séduits par Emmanuel Macron de revenir vers leur famille initiale, vantant une gauche qu’il présente comme non hystérisante, non poutinienne et surtout très européenne ». « Raphaël Glucksmann au défi de mettre la famille sociale-démocrate en ordre de bataille », pointe Le Monde. « Le coprésident de Place publique a revendiqué hier la "rupture avec le macronisme" et la fin de "l’hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche", tout en assurant que le principal adversaire restait "l’extrême droite" ». Mais, pour lui, « le plus dur est à venir », commente Le Soir à Bruxelles. « Vainqueur dès le premier tour de la primaire, Raphaël Glucksmann peut espérer un petit coup de boost dans les intentions de vote. Mais un homme l’attend déjà au tournant, relève le quotidien belge. L’ancien président François Hollande, qui l’a félicité, est convaincu que Raphaël Glucksmann, qui n’est ni un professionnel de la politique ni un champion de la tactique, ne tiendra pas la route et s’effondrera en chemin. Il se ferait alors un plaisir de se proposer en recours pour tenter de regagner le palais de l’Élysée qu’il avait dû quitter il y a dix ans, trahi par son ancien protégé, Emmanuel Macron ».
À la Une: le prix Nobel de la paix remis à la sud-africaine Navi Pillay
2026/10/10
C’est surtout la presse française qui reprend l’information ce samedi. Libération est enthousiaste : « Si certains Nobel de la paix ont pu par le passé susciter plus d’une interrogation quant à leur légitimité et leur ancrage dans l’actualité, estime le journal de gauche, la récompense de cette année ne souffre, elle, d’aucune ambiguïté. En décernant son prix à la juriste sud-africaine Navi Pillay, le comité Nobel a primé une combattante pionnière pour les droits humains et la justice internationale ». Un enthousiasme que ne partage pas vraiment le Figaro, qui parle d’un prix Nobel « politique et polémique ». Le quotidien conservateur souligne « qu’Israël dénonce une validation des accusations de "génocide" formulées à son encontre par une commission que présidait Navi Pillay ». Commission de l’ONU qui « à l’automne 2025, avait accusé Israël de commettre un "génocide" dans la Bande de Gaza ». « La mise en lumière de cette figure de la lutte contre l’apartheid constitue non seulement une mauvaise nouvelle pour l’État hébreu, poursuit le Figaro, mais aussi un camouflet pour Donald Trump », toujours candidat à la prestigieuse récompense. D’ailleurs, coïncidence ou non, quelques heures après la remise du prix Nobel de la paix, les États-Unis ont annoncé des sanctions (en forme d’ultimatum) contre la Cour Pénale Internationale, dont Navi Pillay fut l’une des juges.  Pays riche en ressources naturelles Le New York Times publie une enquête sur la présence de mercenaires en République démocratique du Congo. Le quotidien américain décrit ainsi la situation : « La blessure d’un ancien béret vert et la mort d’un soldat d’élite néo-zélandais ont mis en lumière le rôle croissant du fondateur de Blackwater dans l’un des conflits les plus inextricables d’Afrique ». Cet homme, c’est Erik Prince, le fondateur d’une société militaire privée, « tristement célèbre, rappelle le New York Times, pour le massacre de civils en Irak en 2007 ». Le quotidien américain précise aussi que « depuis des années, Erik Prince recherche des opportunités dans des pays riches en ressources naturelles et ravagés par les conflits, notamment en Afrique ». Selon le quotidien américain, c’est Kinshasa qui se serait « tournée vers Erik Prince, lui confiant un rôle central » dans la guerre dans l’est de la RDC. Erik Prince aurait notamment « fourni des drones et des mercenaires pour aider le Congo à combattre le M 23 ». Ce qu’ont révélé la blessure d’un ancien béret vert américain et la mort d’un ancien soldat d’élite néo-zélandais, le mois dernier, c’est, selon le New York Times, « l’influence croissante d’Erik Prince au Congo, alors que l’administration Trump cherche à renforcer la présence des entreprises américaines dans le secteur minier lucratif du pays, où la domination de la Chine sur des minerais stratégiques comme le cobalt, suscite une inquiétude grandissante à Washington ». Des centaines d'arbres condamnés De Donald Trump, il en est encore question, dans un article du Washington Post… « Plus de 500 arbres pourraient être abattus sur un terrain de golf que Trump souhaite réaménager », explique le quotidien américain ». « À partir de ce samedi, poursuit le Washington Post, les équipes du Service des parcs nationaux entameront une nouvelle phase d’abattage sur ce terrain de golf public et historique ». Telle est la réponse de l’administration américaine, « à une action en justice contestant le projet de Donald Trump, qui veut transformer ce site centenaire en un parcours d’élite capable d’accueillir de grands championnats ». Toutefois, les opposants à cet abattage massif ont perdu devant la justice. Le mois dernier, « la juge de district Ana Reyes a refusé d’empêcher l’abattage d’arbres, se fondant sur l’argument du gouvernement selon lequel il s’agit de travaux d’entretien et non d’un projet de rénovation ». Ce qui n’est pas du goût des « cyclistes », des « coureurs », des « familles » et des « pêcheurs » qui fréquentent le site. « Une pétition a recueilli plus de 5 000 signatures ». Mais l'espoir d'un recul de l'administration américaine est bien mince...
À la Une: l’Iran et les Houthis, alliés contre les États-Unis
2026/10/09
C’est le Wall Street Journal qui s’intéresse à la manière dont la situation a récemment évolué : « La semaine dernière encore, nous dit le quotidien américain, l’Iran semblait dos au mur dans sa guerre contre les États-Unis : ses ports étaient bloqués et son influence sur le détroit d’Ormuz s’amenuisait. Aujourd’hui, Téhéran tente de reprendre l’ascendant ». Car, explique le Wall Street Journal, « l’Iran et ses alliés houthis au Yémen ont porté un double coup aux producteurs de pétrole du Golfe persique lors d’attaques distinctes menées mercredi soir et jeudi matin, ce qui a fait grimper en flèche les prix du pétrole, et a encore davantage ébranlé le sentiment de sécurité dans la capitale saoudienne ». Ainsi, selon des analystes interrogés par le quotidien américain, « Téhéran cherche à débloquer la situation dans le détroit d’Ormuz et à accentuer la pression sur Washington, afin de parvenir à un règlement diplomatique ». Pas d'attaque américaine contre l'Iran Règlement diplomatique qui serait l’objectif de Donald Trump, si l’on en croit ses dernières déclarations… Le président américain a en effet assuré hier « qu’il n’attaquerait pas l’Iran, avant les élections de mi-mandat aux États-Unis », répondant ainsi à une rumeur qui se répandait ces derniers jours sur une possible attaque américaine contre l’Iran, avant le 3 novembre. Il faut dire, si l'on en croit Politico, que « les électeurs en ont assez des troubles au Moyen-Orient. Mais, remarque le site d’information politique américain, le conflit avec les Houthis ne fait que commencer ». En effet, explique le site d'information américain, « l’Arabie saoudite n’envisage pas de cessez-le-feu avec les Houthis, tant qu’elle n’aura pas reconquis les territoires récemment perdus au Yémen, ce qui laisse présager une escalade de combats avant les élections de mi-mandat, où le conflit au Moyen-Orient et le prix du pétrole seront en jeu ». Politico cite ainsi les prévisions du « stratège républicain Matthew Bartlett", selon lequel « même si les électeurs ignorent les subtilités du conflit houthi, ils réagiront aux conséquences sur les marchés ».  « Ils ne font même pas semblant de nous écouter » En France, la colère des lycéens ne faiblit pas…« On sait où on va et ce qu’on veut », titre Mediapart, reprenant les propos des lycéens. « À Paris, ajoute le journal en ligne, le mouvement lycéen ne relâche pas la pression (…) les jeunes rencontrés par Mediapart disent ne plus rien attendre du gouvernement… ». Une nouvelle journée de mobilisation est prévue mardi prochain. Interrogée par Mediapart, Chloé, une étudiante de 20 ans, n'a pas de mots assez durs pour les responsables du gouvernement : « Ils sont ridicules, pas à la hauteur. Ils ne font même pas semblant de nous écouter. Ça attise encore plus la colère ».   Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray a tenté hier soir de répondre à l’une des revendications des lycéens. « L’exécutif annonce 3 000 professeurs remplaçants », titre le Parisien, qui ajoute toutefois : « Alors que plus de 70 000 lycéens et étudiants se sont de nouveau mobilisés à travers la France, le ministre de l’Éducation tente de donner des gages. Sans totalement convaincre ».  Essoufflement ?  Certains de nos voisins européens continuent à s’intéresser au mouvement lycéen. C’est le cas du journal le Temps, en Suisse, selon lequel « le gouvernement français semble miser sur l’essoufflement », même si « lycéens, étudiants et syndicats appellent encore à manifester mardi prochain, avant les vacances scolaires d’automne ». À Londres, le Times insiste, lui, avec à l’appui de nombreuses photos, sur les affrontements avec la police. « Plus de 500 personnes ont été arrêtées lors de manifestation d’adolescents réclamant de meilleures conditions scolaires, explique le quotidien britannique, qui juge « peu probable que le gouvernement accepte de débloquer 10 milliards d'euros », comme le réclame un syndicat d'élèves » . « Compte tenu, ajoute le Times, de l'endettement abyssal de la France et de la hausse des taux d'intérêt sur ses remboursements ».
À la Une: en Espagne, la mort de Maricarmen Abascal, symbole de la lutte pour le logement
2026/10/08
La retraitée espagnole est décédée à l'âge de 87 ans à l'hôpital, et non pas dans son appartement, d'où elle a été expulsée fin septembre. Un lieu « où elle vivait depuis soixante-dix ans, rappelle El Pais, six ans auparavant, une société avait racheté son appartement à un prix dérisoire pour le quartier, précisément parce qu'elle y habitait (...). Les images de l'expulsion – sur une civière, au milieu d'un important dispositif policier, avec des centaines de jeunes dans la rue criant " Vous n'êtes pas seule ! " – ont profondément marqué le pays. Les jours suivants, les places publiques se sont remplies de personnes qui voyaient en cette femme âgée à mobilité réduite le reflet des obstacles considérables auxquels sont confrontés des millions de citoyens pour se loger, et encore moins pour payer un loyer », poursuit le quotidien espagnol. « Maricarmen Abascal n'aurait jamais imaginé qu'à la fin de sa vie, elle déclencherait un séisme social et politique. Elle n'aurait jamais imaginé devenir le symbole d'un mécontentement qui couvait depuis quelque temps en Espagne ». « La nouvelle de sa mort a provoqué une grande consternation au campement de la place de la Puerta del Sol à Madrid, où une minute de silence a été observée et où une foule immense s'est rassemblée pour manifester sa colère, relate la Vanguardia, avec « de nouveaux slogans : Maricarmen est partie, mais la lutte continue ». La lutte continue, c'est aussi l'opinion d'El Pais, pour qui « le plus bel hommage que nous puissions lui rendre à partir d'aujourd'hui serait de nous attaquer enfin à cette crise par des mesures ambitieuses et efficaces. Tel est l'héritage de Maricarmen, et il exige désormais le plus grand respect de tous ». À la une également, des soupçons de peste en Russie Après la mort d'une laborantine qui étudiait la bactérie en Sibérie, le monde garde un œil inquiet sur les risques sanitaires potentiels. Ce sentiment d'alarme généralisé, s'explique, aux yeux du New York Times, par « le manque de précisions de la part des autorités russes, qui a inquiété de nombreuses personnes à travers le monde, encore marquées par la pandémie de Covid-19. À l'époque, c'était un gouvernement autoritaire en Chine, où le virus a fait son apparition, qui avait dissimulé des informations », se souvient le journal étasunien. Immédiatement après le décès de la scientifique, « les autorités russes sont restées très laconiques. Elles n'ont fourni aucune précision sur ses déplacements avant sa mort ni répondu aux questions concernant un éventuel accident survenu à l'institut ». Une réaction de Moscou qui ne surprend pas le Times, à Londres. Si « la Russie nie toute épidémie de peste, ses antécédents en matière de dissimulation sont moins rassurants (...) . De l'époque soviétique à nos jours, le réflexe des responsables russes face à une catastrophe est de tout nier et d'espérer que le problème disparaisse », constate amèrement le quotidien britannique, de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl à l'épidémie mortelle de charbon à Iekaterinbourg et au coronavirus, il existe une tactique bien huilée d'obscurcissement et de diversion ». Alors faut-il paniquer ? « D'après les informations dont nous disposons à ce jour, non, veut rassurer le New York Times, malgré toutes les inconnues, les experts affirment que même si la peste était confirmée (...), le risque de contagion généralisée serait limité ». Sophie Adenot, sur le chemin du retour de l'espace « Après presque 240 jours de mission, la seconde femme française dans l’espace revient sur le plancher des vaches (...). Sophie Adenot aura participé à la mission de tous les records, relate l'Humanité, et en a, au passage, battu plusieurs comme première femme française à effectuer une sortie extravéhiculaire, dans le vide à 400 km au-dessus de la Terre ». « Au-delà de ses apparitions à l'écran tête en bas ou cheveux en l'air, de ses prises de parole affichant un enthousiasme sans faille, elle a marqué au sein de l'ISS l'histoire du spatial », ajoute Les Echos. Elle est devenue « l'astronaute européenne ayant réalisé la plus longue mission spatiale, hommes et femmes confondus. Après Thomas Pesquet, Sophie Adenot s'est définitivement fait un nom parmi les astronautes et les Français ».

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