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KTO Radio / L'Esprit des Lettres

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Rating
★★★★☆
4
from
3 reviews
This podcast has
59 episodes
Language
French
Publisher
KTO Radio
Explicit
No
Date created
2021/02/15
Latest episode
2026/01/30
Average duration
90 min.
Release period
42 days

Description

Le Jour du Seigneur, KTO et La Procure s’associent pour proposer le premier magazine mensuel entièrement consacré au livre religieux. Tournée dans la célèbre librairie du 6e arrondissement à Paris, cette émission donne la parole à trois auteurs. Leurs échanges sont ponctués de chroniques des libraires de La Procure qui nous font part de leurs coups de cœur, des meilleures ventes du mois, ou encore d'un portrait d'auteur. La présentation de ce rendez-vous unique a été confiée à son lancement à Pierre-Luc Séguillon, chroniqueur politique reconnu des grandes chaînes, qui a animé avec passion cette émission de janvier 2008 à septembre 2010, soit un mois avant sa disparition. Le magazine est aujourd'hui présenté par Jean-Marie Guénois.

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L’Esprit des Lettres de janvier 2026 : MG Lemaire, Philippe Le Guillou, Henri Quantin
2026/01/30
Arthur Rimbaud reçut une éducation chrétienne, mais, très vite, la révolte et l’aspiration à la liberté firent voler en éclats ce que le futur poète percevait comme un lieu de contrainte et de soumission. Le prodigue finit-il par revenir au bercail ? Philippe Le Guillou répond sur le plateau et chez DDB, dans « Rimbaud, mystique à l’état sauvage ». Il fallait sans doute renouveler en profondeur l’intelligence de la foi. À l’époque suivante, quand déferlaient l’athéisme et les totalitarismes, des voix puissantes s’y appliquèrent. Marie-Gabrielle Lemaire présente celle d’Henri de Lubac, dans la collection Veilleurs de la foi chez CLD, qui aide à se repérer dans le maquis des hommes et des idées « H de L : sa vie, son oeuvre, sa postérité ». Le théologien jésuite voulait donner « le goût de Dieu » à ses contemporains, puisant notamment dans le trésor des Pères de l’Église. Aujourd’hui aussi, des auteurs confrontent la foi au monde comme il va. Ainsi, Henri Quantin, dans son ouvrage tendre et sarcastique, plein d’une joie décapante, « Exercices d’impertinence chrétienne » (Cerf) montre ce qu’est la liberté d’esprit d’un chrétien devant l’actualité. À contrepied de la vieille critique à l’encontre de la religion, l’amour du Christ fait voler en éclats les idées étriquées et les discours figés. Une coproduction La Procure, Le Jour du Seigneur et KTO.
L’esprit des Lettres de décembre 2025 : Michèle Bimbenet-Privat, Isabelle Chave, Sophie Guérin Gasc
2025/12/19
Dans cette édition de fin d’année de L’Esprit des Lettres, KTO offre un moment de grâce où l’art, la foi et la beauté dialoguent. Avec "L’Orfèvrerie du Saint-Sépulcre XVIe - XVIIIe siècles, Terra Sancta Museum" (éditions Feuillantines), Michèle Bimbenet-Privat nous entraîne d’abord au coeur du Saint-Sépulcre : son ouvrage révèle l’éclat discret mais bouleversant de l’orfèvrerie sacrée, témoin d’une histoire spirituelle qui a traversé les siècles. Dans "Sous le toit des cathédrales" (éditions du Patrimoine), Isabelle Chave nous fait ensuite lever les yeux vers les charpentes des cathédrales, ces forêts suspendues où s’entrelacent prouesse technique et souffle mystique. Enfin, avec son "Dom Robert" (Hazan), Sophie Guérin Gasc ouvre la porte de l’univers lumineux de ce maître des tapisseries aux couleurs chantantes, où la nature devient hymne. Une émission lumineuse, comme une invitation à conclure l’année sous le signe de l’émerveillement. Une émission en coproduction KTO - La Procure - Le Jour du Seigneur.
L’Esprit des Lettres de novembre 2025 : Emmanuelle Delagrange, B. de Saint Germain, P. JB Edart
2025/11/28
Comment le diable fait-il pour nous perdre ? Comment les plus humbles font-ils pour lui échapper ? Jean-Marie Guénois interroge ses 3 invités pour comprendre un peu. Le père Jean-Baptiste Edart, doyen de la faculté de théologie de l’Université catholique de l’Ouest, spécialiste de démonologie, vient de publier « Le diable dans ses oeuvres - Comprendre l’action invisible du mal et s’en libérer » (Artège). S’appuyant sur saint Thomas d’Aquin et la psychologie cognitive contemporaine, son étude montre comment le Démon exploite les émotions et les vulnérabilités mentales, et comment son emprise empêche d’accéder à la vérité et à la conversion. Bénédicte de Saint Germain a écrit « Le club des saints minuscules, Ces gens simples qui portent l’Église », aux éditions du Cerf. Elle présente des invisibles : Christian le hippie devenu laveur d’âmes, Philothée la sacristine, Élisabeth l’infatigable bénévole, Charlotte la maman solo qui dit des chapelets, Étienne le paysan maître d’espérance... Parfois cabossés par la vie mais agrippés au manteau du Christ, ils sont là, endurants. Leur lumière chasse les ténèbres. Emmanuelle Delagrange, au Cerf, évoque une autre figure, dans « Jean de Miribel, L’aventurier de l’empire céleste ». Prêtre-ouvrier dans la France de l’après-guerre, il écouta l’appel de l’ailleurs et devint Chinois parmi les Chinois, pont entre l’Orient et l’Occident. Son idéal antidémoniaque : trouver en chacun les graines de bonté, qui étaient pour lui la marque de l’Esprit Saint. Une émission en coproduction KTO - La Procure - Le Jour du Seigneur.
L’Esprit des Lettres d’octobre 2025 : Anne-Marie Pelletier, Denis Moreau, Didier Rance
2025/10/31
Ce mois-ci, les invités de Jean-Marie Guénois convoquent les grandes voix et sagesses passées, afin d’aider notre époque à résister au Mal. Anne-Marie Pelletier, au Cerf, médite avec Vassili Grossman. L’immense romancier, mort en 1964 en paria du régime soviétique, aide à déchiffrer la politique actuelle du Kremlin associant agression et terreur ; le lire, nous dit l’auteur, c’est surtout éprouver la force bienfaisante d’un regard, d’une compassion, d’une intelligence du coeur qui ne cessa de protester en faveur de l’humanité. Dans « Tous hérétiques », au Seuil, Denis Moreau se demande si les hérésies d’hier ne ressurgissent pas ; le donatisme, dans la tentation du repli identitaire ; le gnosticisme, dans le rejet de l’universalisme ; le pélagianisme, dans l’obsession de l’autonomie individuelle... Certaines idées modernes s’éclairent autrement, et aussi la pensée chrétienne, qui irrigue, souvent à notre insu, nos discussions les plus actuelles. Didier Rance initie magnifiquement au nouveau docteur de l’Église dans « John Henry Newman, maître et guide spirituel », chez DDB. L’anglican converti devenu cardinal a vu, comme Nietzsche, advenir la société sans Dieu ; mais il a cru dans la sainteté quotidienne, dans l’Église pècheresse et corps du Christ, dans le service de la vérité, qui, à la fin, vaincra le Mal. Une émission coproduite par KTO, Le Jour du Seigneur et La Procure, et animée par Jean-Marie Guénois.
L’Esprit des Lettres de septembre 2025 : V. Albanel, E. Saucourt-Harmel, Martin Steffens
2025/09/26
« Je n’ai que vénération et respect devant la personne du Christ, et devant son histoire. Je ne crois pas à sa résurrection. » Cette affirmation paradoxale d’Albert Camus constitue une énigme pour les croyants comme pour les incroyants. Alors qu’il lit la Bible et certains maîtres de la tradition spirituelle comme saint Augustin ou saint Ignace, le philosophe se déclare incroyant, mais non pas athée. Véronique Albanel, (Le Christ d’Albert Camus, DDB) en analysant les nombreuses références au Christ dans l’ensemble de l’oeuvre du philosophe, met en évidence la cohérence exemplaire de son engagement moral et spirituel. Après Augustin, voici pour la rentrée de l’émission un second clin d’oeil au pape Léon XIV : un autre Léon, promoteur de l’Enseignement social de l’Église. Léon Harmel (1829-1915) a eu une action multiforme qui intéresse aujourd’hui non seulement les historiens, mais aussi les économistes, les politiques, les entrepreneurs, les syndicalistes ou encore les théologiens. Émeric Saucourt-Harmel présente Léon Harmel, dont toutes les pensées et les actions trouvaient leur source dans sa relation personnelle avec Dieu (Léon Harmel (1829-1915) L’origine catholique de la paix sociale dans le monde contemporain Salvator). Dans un essai philosophique, Martin Steffens s’attache à approfondir une question centrale à laquelle nous ne prêtons pas suffisamment attention car elle nous semble aller de soi : qu’est ce qui nous fait hommes ? (Ce qui nous fait humains, DDB). La différence entre ce qui est humain et ce qui n’est pas, ne passe pas seulement, ni peut-être d’abord, entre l’homme et les êtres naturels (animaux, insectes, plantes...) - mais bel et bien entre les humains eux-mêmes... Une émission coproduite par KTO, Le Jour du Seigneur et La Procure, et animée par Jean-Marie Guénois.
L’Esprit des Lettres de juin 2025 : Claire Reggio, Laurent Delvolvé, FM Humann
2025/06/27
Le procès de Jésus est certainement l’un des plus connus au monde, mais personne ne s’étonne qu’il n’ait pas eu d’avocat ! Laurent Delvolvé, romancier et surtout avocat lui-même, a décidé de lui en donner un (« L’avocat de Jésus Téqui »). Nous voici entraînés à la suite de cet homme qu’il imagine juif et citoyen romain, comme Paul de Tarse, ayant fait de longues études de droit, comme Nicodème, et comme Cicéron, avocat et rhéteur devant les tribunaux romains. En suivant cet homme, on suit le Christ et sa Passion ; en écoutant sa plaidoirie, on se laisse emporter par le message de Jésus et on accepte avec humilité sa prochaine crucifixion. La Règle de saint Augustin s’est dotée il y a quelques semaines d’un avocat de prestige, en la personne du pape élu. Brève, simple et pratique, la Règle de saint Augustin est aussi juste : son auteur, qui a vécu en communauté, sait de quoi il parle. Mais cette règle monastique peut-elle intéresser un lecteur non religieux ? Oui, argumente l’auteur inspiré d’une brillante préface à cette Règle, qui aide chacun à grandir dans la concorde et la charité. François-Marie Humann, prémontré, a été élu en 2013, à 43 ans, quarante-huitième abbé de Mondaye depuis la fondation. Historienne de renom, Claire Reggio nous transporte à la fois dans le temps et dans l’espace pour revivre, une à une, les étapes décisives qui ont mené Constantin à prendre une décision fatidique : convoquer tous les évêques de l’Empire romain pour sauver la fragile paix de l’Église menacée par l’hérésie arienne (« Nicée, 1700 ans d’histoire, au Cerf »). Car, par-delà la doctrine trinitaire, Nicée marque aussi les débuts du droit canon, avec des décisions majeures touchant à la discipline ou la liturgie de l’Église comme le choix de fixer la date de Pâques. Une émission animée par Jean-Marie Guénois, coproduite par Le Jour du Seigneur, KTO et La Procure.
L’Esprit des Lettres de mai 2025 : MM. Collard, LB. de Senneville et Bertrand Vergely
2025/05/30
La foi, la morale et le Vatican. Le sommaire de L’Esprit des Lettres de mai 2025 vous semble-t-il austère ? Pas du tout ! Jean-Marie Guénois reçoit Marion Muller-Colard, pour « Croire qu’est-ce que ça change ? » chez Labor et Fides. Dans une réponse à son fils qui l’interroge sur sa foi, la théologienne protestante nous entraîne dans une réflexion sur la place qu’occupent les croyances dans nos vies et l’usage que nous en faisons. Peut-être croit-on plus qu’on ne le croit ! Un petit livre essentiel pour développer le savoir-croire et éviter de confondre connaissance et croyance. Le philosophe orthodoxe Bertrand Vergely publie « La vraie morale se moque de la morale » aux éditions Guy Trédaniel. La morale est dans l’impasse. Alors que dans certains pays, les dévots modernes conduisent une politique morale avec un ministère du vice et de la vertu, les libertins modernes appellent à toujours plus de permissivité. D’où le chaos moral qui mine les démocraties. Toutefois, ce conflit déchirant n’est pas une fatalité. La vraie morale existe. Loup Besmond de Senneville a exploré « Vatican secret : Quatre années au coeur du plus petit État du monde » et le raconte chez Stock. Envoyé spécial de La Croix au Vatican, il a plongé dans les entrailles du Saint-Siège, qui tient à la fois d’une petite ONG et d’une grande institution internationale à l’histoire millénaire et où convergent ces jours-ci les regards du monde entier. Une émission coproduite par KTO, La Procure et Le Jour du Seigneur.
L’Esprit des Lettres d’avril 2025 : AM Pelletier, Dom Olivier Quenardel, Thierry Magnin
2025/04/27
Jean-Marie Guénois nous propose de vivre davantage en chrétiens. Premier guide, sur l’exigeant et passionnant chemin, le père dominicain Thierry Magnin, auteur de « Le scientifique et l’ermite - Quand Teilhard de Chardin dialogue avec Charles de Foucauld », chez DDB. Les trajectoires du trappiste converti, devenu ermite au Sahara au milieu des Touaregs, et du jésuite, paléontologue reconnu travaillant sur le sens de l’évolution de l’univers, semblent aux antipodes. Pourtant, à y regarder de plus près, on observe de surprenantes convergences dans leurs recherches humaines et spirituelles. Pourtant, marqués par la guerre et les conflits, ils ont osé l’un et l’autre un chemin personnel de transformation intérieure en cherchant le Dieu caché qui se révèle tout particulièrement à travers le visage de Jésus de Nazareth. Nourris d’eucharistie et de fraternité, ils se sont efforcés de devenir, chacun à sa manière, les disciples d’un « Évangile vivant ». Anne-Marie Pelletier, dans « Vivre, au risque de l’autre La Bible contre l’identitarisme », également chez DDB, remarque combien les croyants sont aujourd’hui tentés par le repli sur soi et l’affirmation identitaire. Cette posture s’incarne de plus en plus dans des politiques, qui se réclament de la défense de « valeurs chrétiennes ». Tragique méprise, qui se dévoile dès l’instant où l’on ouvre les Écritures, dit l’auteur : dès les premières lignes de la Genèse s’affirme la dynamique d’un accueil, d’une ouverture à l’autre, qui est la condition de la vie. Et cela, sans naïveté, car la Bible sait combien la rencontre de l’autre comporte une dimension d’épreuve. Mais c’est l’épreuve même de la vie et la condition de son avenir, ce hors de quoi nous glissons vers la barbarie. Impossible d’esquiver cette vérité, sauf à user de la Bible à contresens. Enfin, Dom Olivier Quenardel, dans « Descendre vers le sommet - L’humilité dans la Règle de saint Benoît » chez EdB, montre toute la sagesse de celle-ci et tout le bien qu’elle peut nous apporter. Au-delà des communautés monastiques, bien des laïcs, hommes et femmes, en reçoivent un stimulant pour vivre leur baptême, et des chefs d’entreprise pour renouveler le style de leur gouvernance ! N’est-ce pas là un « signe des temps » ? Cet enseignement sur l’humilité, avec l’image paradoxale d’une échelle impossible à gravir autrement qu’en descendant, donne le ton à toute la Règle. Benoît y présente une forme de gradualité dans l’ascension de l’échelle. Plutôt que d’en faire une lecture légaliste et juridique, nous en ferons une lecture contemplative et mystérique, en cherchant à dégager, sous l’écorce de la lettre, l’eau vive qui peut désaltérer tout chercheur de Dieu. Une coproduction Le Jour de Seigneur, KTO et La Procure.
L’Esprit des Lettres de février 2025 : ML Kubacki, C. Charrière-Bournazel , Olivier Landron
2025/02/28
Jean-Marie Guénois reçoit Olivier Landron pour « La famille catholique du XIXe siècle à aujourd’hui » au Cerf. On y constate combien les grandes évolutions qui ont marqué la famille ont divisé les catholiques : divorce, contraception, avortement, mariage pour tous, PMA... À chaque nouvelle loi apparaissent de nouveaux clivages, et séparent peu à peu société civile et institution ecclésiale. Jusqu’où ? Marie-Lucile Kubacki a écrit « Jésus en Mongolie », au Seuil. Comment les chrétiens mongols vivent-ils leur foi et leur identité dans leur situation de minorité ? Là-bas, l’Église est en construction, portée par l’enthousiasme des débuts, et doit s’adapter à un environnement culturel bien différent de ceux qu’elle connaît ailleurs. Des tentes aux portes du désert de Gobi, à la cathédrale d’Oulan-Bator et ses gratte-ciel : et si ces premiers chrétiens avaient un message à adresser à ceux qui craignent d’être un jour les derniers ? Christian Charrière-Bournazel interroge « Bernanos, pèlerin infatigable », paru aux éditions Marie Romaine. Analysant les personnages du grand Georges ou ses lettres, l’ancien bâtonnier du barreau de Paris renouvelle notre regard sur l’oeuvre du grand romancier, sa vision de l’enfance et de l’adolescence, de la justice, de l’espérance. Une émission coproduite par KTO, le Jour du Seigneur et La Procure.
L’Esprit des Lettres de janvier 2025 : I. Cambournac, C. Delsol, J. de Saint-Cheron
2025/01/31
Chantal Delsol, dans « Insurrection des particularités » (Cerf) raconte la mutation des sociétés occidentales : l’universel supplanté par les particularités, les grands principes par les revendications communautaires, la raison par la dictature des sentiments et des passions. La pensée commune ne promeut plus que l’essor de l’ego, de la subjectivité et de la quotidienneté comme ultime épopée, explique la philosophe. Sur le plan géopolitique, l’empire de l’Occident laisse place au déploiement triomphal des particularités nationales. Ayant perdu le noyau qui l’avait auparavant structuré, le monde se fragmente et voit se multiplier discordes et conflits. Jean de Saint-Cheron, dans « Vie et mort d’une résistante mystique » chez Grasset, propose un portrait et une fine réflexion sur Yvonne-Aimée de Malestroit, au civil Yvonne Beauvais. L’écrivain catholique explore et commente ce paradoxe d’une femme héroïque depuis son enfance, exemple de dévouement charitable aux pauvres et d’humilité, résistante couverte de médailles, bâtisseuse de clinique et de tout un Ordre, et pourtant ignorée des chrétiens d’aujourd’hui. C’est qu’elle avait le défaut d’être mystique : son entourage lui attribuait des phénomènes extraordinaires, incompréhensibles (stigmates, visions, bilocations...), comme dans les récits du Moyen Âge. Or le surnaturel fait peur : il sent le soufre, le mensonge ou la folie. Qui était-elle vraiment, se demande l’auteur ? Une illuminée ? Une affabulatrice prétendant avoir rencontré Adolf Hitler pour se faire briller ? Ou une vraie sainte, victime de misogynie et de jalousie, que firent finalement souffrir les grâces stupéfiantes qu’elle avait reçues ? La réponse est moins simple qu’on pourrait le croire, quel que soit le camp dans lequel on se place, sceptique ou admirateur. Si ces deux textes forts vous ont troublé, inquiété, voici la meilleure des médecines : Isolde Cambournac vous propose « Heureux comme Dieu ! Le bonheur selon saint Thomas d’Aquin » publié chez DDB. Quels que soient notre foi, nos origines culturelles, notre milieu social, dit la théologienne de Fribourg. Nous recherchons tous le bonheur, mais comment le définir précisément et surtout comment l’obtenir ? Les réponses à ces questions sont moins évidentes qu’il n’y paraît. D’où la nécessité de faire appel au guide préféré d’Isolde Cambournac, saint Thomas d’Aquin. Un religieux dominicain du XIIIe siècle reste-t-il pertinent ? Sans nul doute. Avec sérieux et légèreté, l’auteure nous donne des clés de discernement pour distinguer les faux des vrais bonheurs et quelques ingrédients pour parvenir à être heureux... comme Dieu, source et fin ultime du bonheur.
L’Esprit des Lettres de décembre 2024 : JF Blondel, Paule Amblard, Pierre Fesquet, JM Leniaud
2024/12/20
Tout à l’émerveillement de la réouverture de Notre-Dame de Paris, Jean-Marie Guénois propose, juste avant Noël, quatre rencontres autour de la cathédrale. Paule Amblard, dans « Notre-Dame de Paris. Le symbole des pierres » chez Salvator, se demande ce qu’est une cathédrale, et pourquoi une telle entreprise mobilise toute une population pendant des siècles. À travers la multitude de statues peuplant les façades et les murs, du bas jusqu’en haut, comme les centaines de figures sur les vitraux des baies et des rosaces, que voulait-on dire aux hommes et à tous leurs descendants en construisant pour l’éternité ? Jean-Michel Leniaud présentera le très beau livre édité par Place des Victoires, « Les Résurrections de Notre-Dame. Histoire, chantiers et ferveur ». Le chantier de restauration est mis en perspective à l’aide de textes clairs et d’une riche iconographie. Jean-Francois Blondel, dans « Notre-Dame de Paris - Lorsqu’une cathédrale renaît de ses cendres » aux Éditions Dervy, rappelle que les cathédrales de France ont toutes été la proie des flammes, à un moment ou à un autre de leur histoire, mais que celui du 15 avril 2019 a eu un retentissement mondial, parce que Notre-Dame, c’est Paris et l’âme de la France. Paul Claudel n’a-t-il pas écrit : « Paris est une grande rue qui descend vers Notre-Dame... ». C’est esquisser en si peu de mots le vrai visage de la cathédrale parisienne. Pierre Fesquet, dans « Notre-Dame des femmes » chez DDB, fait parler des femmes qui, au cours de l’Histoire, ont entretenu avec la cathédrale un lien intime. Elles ont toutes, d’une manière qui leur est propre, célébré la beauté et la force de Notre-Dame. Femmes de roi ou d’empereur, personnage de roman ou chanteuse, de Marie-Antoinette à Joséphine de Beauharnais, d’Esméralda à Édith Piaf, elles dessinent le portrait sensible d’une cathédrale vivante, écrin millénaire des aspirations spirituelles les plus hautes de l’humanité.
L’Esprit des Lettres de novembre 2024 : Stéphane Bataillon, Philippe Martin, Christophe Dickès
2024/11/29
Stéphane Bataillon vient de vivre, à l’approche de la cinquantaine, l’aspiration de beaucoup de nos contemporains : prendre enfin le temps de se poser pour faire le point sur une quête de sens entamée depuis l’adolescence. Il raconte cette expérience spirituelle sous forme d’un journal touchant et très personnel, où se mêlent rencontres et silences, doutes et émerveillements, sensations et réflexions dans « Les heures décisives, chez DDB ». Que faire de sa vie ? Comment se relier aux autres sans s’oublier ? Comment ralentir dans la frénésie de nos existences numérisées ? Et comment redonner une place au sacré dans nos solitudes tout en restant ouverts à l’inattendu ? Jean-Marie Guénois lui demandera. Philippe Martin a péleriné plus loin vers l’Orient. En une vingtaine de portraits d’une écriture vivante, l’auteur de « Sur les chemins de Jérusalem » (Tallandier) nous emmène à la rencontre de celles et ceux - religieux, écrivains (Chateaubriand, Pierre Loti ou Arthur Koestler) ou simples pèlerins - qui, de l’Antiquité à nos jours, ont fait cette expérience. Il nous raconte ce qu’ils vivent : leurs sentiments, leurs prières et le rapport qu’ils entretiennent avec les autres communautés. Depuis des millénaires, Jérusalem, la ville trois fois sainte, ne cesse de fasciner ceux partis à sa découverte pour transformer leur vie. Christophe Dickès, bien connu des téléspectateurs de KTO, se risque davantage encore. Il propose une défense et une illustration du catholicisme. Risque, car l’Église et son histoire n’ont pas bonne presse. Victimes des critiques anticléricales depuis le XVIe siècle, l’apport des hommes d’Église à notre civilisation est le plus souvent ignoré. Il est pourtant considérable, sans que nous le sachions vraiment. Christophe Dickès a retenu dix thèmes forts afin de révéler ce que le monde lui doit : de la création des hôpitaux à celle des universités, en passant par l’organisation même du temps ou l’approche des sciences, l’Église a marqué durablement les sociétés jusqu’à nos jours. Il vient le raconter dans l’émission mensuelle coproduite par Le Jour du Seigneur, La Procure et KTO.
L’Esprit des Lettres d’octobre 2024 : Céline Guillaume, Claire Leuridan, Natalia Trouiller
2024/10/25
Jean-Marie Guénois reçoit, ce mois-ci, trois aventurières. Natalia Trouiller et le frère Olivier de Saint Martin invitent à « marcher avec Dieu » (Cerf). Ils se font nos guides, pour nous conduire tantôt en promenade, tantôt en pèlerinage, ou encore sur les chemins de l’exode, de l’exil et de la mission. De la récréation divine au jardin d’Éden à la longue traversée du désert par le peuple hébreu... De la marche à reculons du prophète Jonas à la marche dépitée des pèlerins d’Emmaüs, en passant par l’immobilité volontaire et prophétique d’Ézéchiel... Autant de chemins de transformation et de conversion, pour entrer dans la liberté des enfants de Dieu. Céline GUILLAUME veut « Mener le bon combat » (également au Cerf). Pour qui, pour quoi, lutter aujourd’hui ? Pour quelle juste cause ? En vue de quel bien ? Comment savoir quel est le bon combat ? Comment s’y préparer, le livrer et l’emporter ? Voici un autre guide, un traité de l’engagement au quotidien des soldats du Christ et des soldats de la Nation. À l’heure où les doutes minent l’intériorité, où les divisions rongent la société, où les fractures dissolvent l’unité, voici une méthode éprouvée pour redonner vérité, liberté et fécondité à notre trajectoire personnelle ainsi qu’à notre devenir partagé. Comment éviter des pièges fréquents et sortir de mécompréhensions qui desservent notre course à la suite du Christ ? Claire Leuridan nous guide, elle, dans l’aventure intérieure, avec sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (Douze leçons de vie spirituelle, chez CLD). La jeune sainte communique l’envie, l’audace et le goût de nous laisser entraîner plus profondément, et finalement rend l’ordinaire extraordinaire puisque les plus petites choses sont transfigurées par la manière dont Dieu y est caché et agissant. Une coproduction KTO/Le Jour du Seigneur/La Procure.
L’Esprit des Lettres de septembre 2024 : François CT, Emmanuel Durand, Emmanuel Godo
2024/09/27
« Notre temps est celui des illusions perdues. Les crises s’accumulent, les perspectives se brouillent, les repères se dérobent les uns après les autres. À tort ou à raison, demain nous inquiète. Lorsque les possibles se rétrécissent, l’espérance, elle, devient cruciale. Elle n’est pas une illusion facile qui déresponsabilise les sujets. Elle anime des existences résilientes et leur donne une ardente vigueur. Nos histoires de vie exigent d’affronter bien des seuils, des deuils et des impasses. L’être humain est foncièrement un résistant et l’espérance lui permet de rester debout, jusque dans la nuit, comme un veilleur à l’affût de l’aurore », écrit Emmanuel Durand, comme en préface de L’Esprit des Lettres de cette rentrée. Dans « Théologie de l’espérance » aux Éditions du Cerf, le Dominicain nous invite à reconsidérer, sous cet angle spécifique de l’espérance, les mystères centraux de la foi chrétienne : Dieu, la création, le Christ, l’Esprit Saint, la charité, etc. Sa conviction : l’espérance en Dieu est vitale dans les situations fermées où le salut n’est plus représentable. François Cassingena-Trévedy, retiré au coeur de l’Auvergne après des décennies de vie monacale en abbayes bénédictines, nous apporte lui aussi sa réponse. L’adéquation, sinon l’équivalence, entre le temps ordinaire des tâches les plus humbles, soumises aux aléas des saisons et des bêtes, et le temps liturgique qui élève l’âme par ses rites et ses chants dans « Paysan de Dieu » chez Albin Michel. Emmanuel Godo propose, lui, chez Artège, un chemin spirituel pour nos âmes, en suivant les escarpements de la Divine comédie de Dante. Bonne rentrée avec l’émission coproduite par Le Jour du Seigneur, La Procure et KTO.
L’Esprit des Lettres de juin 2024 : Jérôme Alexandre, Haïm Korsia et Fabrice Hadjadj
2024/06/28
Quelle écologie ? Quel christianisme ? Quelle espérance pour la France ? Votre émission mensuelle du livre spirituel et religieux chahute nos idées. Le théologien Jérôme Alexandre examine avec attention le christianisme, supposé conservateur, et l’anarchisme, supposé antireligieux ; il met au jour des affinités, dont la protestation contre les injustices, l’esprit de désintéressement, la révolte devant les usages destructeurs des pouvoirs, de l’argent et de la peur de l’autre, un même horizon de liberté-libération... (Le christianisme est un anarchisme, Textuel). Le rabbin Haïm Korsia publie « Comme l’espérance est violente », chez Flammarion. « Vienne la nuit, sonne l’heure, les jours s’en vont, nous demeurons : la France. Ce n’est donc pas de la violence des révolutions que je voudrais vous entretenir dans ce livre, mais de la seule qui vaille la peine d’être considérée : celle de l’espérance. » Fabrice Hadjadj fait paraitre « Ecologie tragique » chez Mame. L’écologie, oui, mais laquelle ? « Car si la Nature est puissance de fécondité, elle est indissociable, aussi, de la violence et de la mort. Entre idéalisation excessive et désespoir, entre muséification généralisée et pulsion nihiliste, il s’agit donc de trouver la juste attitude qui donne réellement sa chance à la vie ». L’ennui ne nous guette pas ! Une émission coproduite par KTO, Le Jour du Seigneur et La Procure.

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