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FrenchPublisher
RFIExplicit
No
Date created
2014/10/28
Latest episode
2026/02/03
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3 min.
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2 days
Description
Du lundi au vendredi, un reportage pour mieux connaître la société française et comprendre ses débats.
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La Bretagne, nouvel Eldorado des chercheurs d'or?
2026/02/03
La Bretagne est-elle à l'aube d'une ruée vers l'or ? En décembre dernier, l'État a accordé trois permis d'exploration minière dans cette région de l'ouest de la France. Dans les prochains mois, la société Breizh Ressources, filiale du groupe canadien Aurania Resources, va explorer le sous-sol d'une quarantaine de communes à la recherche de métaux, comme l'argent, l'étain, le lithium, l'or, etc. Présentée comme un moyen de réduire la dépendance de la France aux importations de terres rares, des élus locaux, des habitants et des associations sont vent debout face aux risques environnementaux de l'exploitation minière. Notre envoyé spécial s'est rendu dans le Morbihan, près de Vannes.
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Vandalisme, menaces: les librairies, nouvelles cibles de la bataille culturelle en France
2026/02/02
Des vitrines brisées, taguées, des événements interrompus, des salariés injuriés... Ces derniers mois, des dizaines de librairies ont été visées par des actes de vandalisme, des menaces et des intimidations à Paris, Lille, Rennes, Lyon ou Marseille. En toile de fond : le conflit israélo-palestinien, mais également un climat de « guerre culturelle » qui durcit le débat public en France.
Devant la façade rose vif de la librairie féministe Violette and Co, dans le XIe arrondissement de Paris, Lu, co-gérante du lieu, observe la vitrine balafrée par des graffitis durant l'été 2025, aujourd'hui recouverte de dessins et d'une poésie. « Cette vitrine-là était dédiée à la Palestine et à l'extrême droite. On a eu deux immenses tags de peinture mélangée à de l'acide sur toute la largeur des vitrines, avec les mots ''Islamo complice'' et ''Hamas violeur''. L'acide creuse le verre, l'inscription restait visible. On a dû changer les deux vitres pour plus de 10 000 euros », raconte-t-elle.
Derrière l'apparente convivialité de ce café-librairie, où l'on trouve des ouvrages rares de littérature LGBTQ+, des classiques de l'afro-féminisme ou des essais sur l'antifascisme et les batailles culturelles, l'inquiétude est bien réelle parmi les salariés et salariées. « On a porté plainte début septembre pour les tags, mais aussi pour une campagne de cyberharcèlement : appels téléphoniques menaçants ou insultants, propos misogynes, lesbophobes, homophobes... Des personnes entraient dans la librairie pour crier sur les libraires. Il y a eu des menaces de mort, des menaces de venir brûler la librairie », détaille Lu.
Une perquisition inédite Début janvier, la situation a pris une tournure inédite. Violette and Co apprend que sa plainte a été égarée… au moment même où la librairie fait l'objet d'une perquisition policière. « Quand la police est venue, ils ont pris tous les cartons un par un. Ils les ont tous ouverts, ils ont sorti tous les livres », raconte la co-gérante, se remémorant le choc des salariés confrontés à cinq policiers et un procureur.
La perquisition visait à saisir un album de coloriage édité en Afrique du Sud, From the River to the Sea, qui raconte la vie quotidienne et l'histoire du peuple palestinien. Un ouvrage qui ne faisait l'objet d'aucune interdiction officielle au moment de sa mise en vente, en juillet 2025, au moment – justement – de la mise en vitrine d'ouvrages liés au conflit israélo-palestinien.
L'album n'est plus en stock depuis longtemps, mais il s'était retrouvé au cœur d'une croisade menée par des élus de la droite parisienne sur les réseaux sociaux qui qualifiaient l'ouvrage d'« antisémite ». En novembre 2025, la Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à la jeunesse (CSCPJ) a émis un avis défavorable à l'importation de cet ouvrage.
Ni l'éditeur, ni les libraires n'en ont jamais été informés. « On m'aurait dit qu'une librairie serait perquisitionnée pour un livre de coloriage, je n'y aurais pas cru. J'aurais dit : "Peut-être dans l'Amérique de Trump", mais pas en France », confie Lu. Pour la libraire, l'affaire s'inscrit dans un contexte plus global de criminalisation des soutiens à la Palestine, mais aussi d'attaques répétées contre des lieux féministes et LGBTQIA+. « On est à l'intersection de plusieurs choses : la Palestine, les luttes LGBT, le féminisme. Et, ce qui dérange, c'est aussi la convergence des luttes. Les librairies sont des lieux de diffusion des idées, et aujourd'hui, la droite et l'extrême droite mènent une véritable bataille culturelle sur ce terrain », analyse-t-elle.
Plusieurs librairies vandalisées À une quinzaine de minutes à vélo, dans le IIe arrondissement de Paris, se trouve la librairie La Petite Égypte. Pour le gérant, Alexis Argyroglo, ses homologues de la librairie Violette and Co subissent « un acharnement politique » dont la perquisition « choquante » est le dernier épisode. « C'est le symptôme d'une police politique, manifestement diligentée par des alertes venant du bloc de droite », insiste-t-il.
Sa librairie généraliste a également été prise pour cible par un groupuscule d'extrême droite. Le 15 novembre 2025, sa vitrine a été recouverte de tags sexistes et diffamatoires (« Albanese, la putain du Hamas ») à l'encontre de Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l'ONU sur les droits humains dans les territoires palestiniens occupés, invitée ce soir-là pour une rencontre autour de son dernier livre Quand le monde dort. Récits, voix et blessures de la Palestine. Les tags étaient signés d'une étoile de David cerclée d'un cœur. Une plainte a été déposée, restée sans suite à ce stade.
Dans ce quartier du Sentier, très lié à l'histoire de l'immigration des communautés juives en France, Alexis Argyroglo sait à quel point le sujet est sensible. « Il y a une mémoire, des affects et des positionnements politiques forts. Dès lors que vous proposez des livres qui documentent la réalité de l'occupation en Cisjordanie ou du droit international à Gaza, vous êtes perçu comme “pro-palestinien”, voire hostile », explique Alexis Argyroglo, entre inquiétude et dépit. La Petite Égypte, très engagée contre l'antisémitisme, propose de nombreux ouvrages sur le sujet et a travaillé, entre autres, avec le Mémorial de la Shoah.
La profession s'alarme En quelques mois, des dizaines de librairies ont été attaquées. La librairie La Libre Pensée, dans le Ve arrondissement, pour avoir retransmis un colloque sur la Palestine, déprogrammé par le Collège de France. La librairie Transit, à Marseille, pour avoir organisé un événement en présence du collectif juif décolonial Tsedek. La librairie Les Jours Heureux, à Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, en réaction à la présentation d'un livre de Martin Barzilai sur les refuzniks – des objecteurs et objectrices de conscience refusant de servir l'armée israélienne.
Face à ces pressions, le Syndicat de la librairie française (SLF) craint que des librairies plus isolées, en province et dans le milieu rural, s'auto-censurent par peur de représailles. « Ce qui est frappant aujourd'hui, c'est que ça touche toutes les librairies, partout en France, et pas seulement Paris », indique Guillaume Husson, délégué général du SLF. Pour lui, ces attaques ne relèvent plus de faits isolés. Elles traduisent un changement profond du rapport au livre, qui n'est plus « sanctuarisé » dans un contexte de « décomplexion » de la violence. « Les librairies sont des lieux où cohabitent des idées différentes. Le jour où on n'accepte plus ça, on a un vrai problème pour la survie de notre démocratie », insiste-t-il.
Le SLF juge également la posture des pouvoirs publics vis-à-vis de Violette and Co incohérente et dangereuse. « C'est une librairie agressée à plusieurs reprises par des groupuscules d'extrême droite, qui aurait besoin d'être protégée et accompagnée, pas perquisitionnée », s'indigne Guillaume Husson, qui invoque par ailleurs des irrégularités juridiques. Suite à l'avis défavorable à l'importation, aucun arrêté ministériel n'a été pris par le ministère de la Culture pour interdire le livre de coloriage incriminé. Celui-ci n'était donc pas légalement proscrit au moment de la perquisition.
Plus largement, se pose la question d'une « censure de circonstance » : « J'invite chacun à lire cet album. Il ne répond en rien aux critères permettant d'interdire un livre : la haine, la haine raciale, la discrimination, l'antisémitisme. C'est un livre engagé, militant, mais on peut être militant sans promouvoir la haine », estime Guillaume Husson.
Quand l'affaire devient politique Dans un contexte de fortes tensions politiques autour du conflit israélo-palestinien, la droite parisienne – le groupe Changer Paris, coprésidé par la ministre de la Culture Rachida Dati, candidate aux prochaines élections municipales – avait voté en novembre 2025 contre l'octroi de 500 000 euros de subventions aux librairies indépendantes, au prétexte que la librairie Violette and Co avait donc mis en vitrine un livre qualifié d'« antisémite ». Le financement à l'ensemble des 40 librairies parisiennes a finalement été adopté le 18 décembre dans une nouvelle délibération, mais les soutiens politiques restent timides.
Plus de 400 librairies, éditeurs, auteurs et collectifs ont alerté sur la multiplication des actes d'intimidation dans une tribune, dénonçant une polarisation de la vie publique qui « exacerbe les antagonismes et menace la liberté d'expression ».
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France: à Lyon, un hôpital propose des téléconsultations pour aider les consommateurs de protoxyde d'azote
2026/02/01
Le protoxyde d'azote est un gaz utilisé pour la cuisine. Depuis quelques années, son usage est détourné par certains ; son inhalation provoque un effet euphorisant, accompagné d'une altération de la conscience. La prise excessive de protoxyde d'azote atteint les nerfs et le cerveau. Depuis deux ans, un hôpital de Lyon, dans l'est de la France, propose, chaque semaine, des créneaux de téléconsultation pour les usagers qui s'inquiéteraient pour leur santé sans oser pousser la porte d'un cabinet médical. C'est le professeur Christophe Riou qui en est à l'initiative.
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Municipales en France: à Vitry-sur-Seine, l'enjeu de l'abstention
2026/01/29
À six semaines des élections municipales en France, nous vous proposons d'écouter tous les vendredis nos reportages sur les enjeux de ce scrutin. La participation en est un majeur. Dans les quartiers populaires de certaines villes françaises, l'abstention atteint des records. C'est le cas à Vitry-sur-Seine, une commune de 90 000 habitants dans la banlieue au sud de Paris. Aux dernières élections, le maire sortant a été élu avec 4 900 voix sur 45 000 électeurs inscrits. Un chiffre inquiétant pour le collectif Parlons & Votons, qui veut sensibiliser la population et surtout les jeunes à aller s'inscrire sur les listes électorales.
Il y a des jeunes comme des moins jeunes qui ne votent pas. « Je n'ai jamais été voté. Même mes enfants disaient que ça ne changeait pas grand-chose. On ne voit pas trop de changement, je pense. C'est peut-être pour ça qu'on ne vote pas », soulève cette dame.
À Vitry-sur-Seine, l'abstention a été le grand gagnant en 2020, lors des dernières élections municipales, avec ce chiffre de 77%. « Nous, on va voir les abstentionnistes. Ceux qui ne veulent même plus participer aux élections », explique Lufian Ndongala. Cet acteur de l'éducation populaire a dirigé des centres sociaux et des dispositifs d'insertion. En 2022, il crée le collectif Parlons & votons.
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« Au lieu de toujours se plaindre que les gens ne votent pas, qu'est-ce que nous, on met en place en tant qu'acteurs de terrain ? Prendre part, aller sur le terrain, faire entendre les gens, les écouter, leur faire comprendre que c'est très important de voter parce que ça participe à l'évolution de leur ville... S'ils veulent un changement, ils ont ce pouvoir-là, d'aller voter. »
« J'ai pris la décision de ne plus voter et de laisser faire les choses » Armés de prospectus estampillés Parlons & Votons, le collectif, qui regroupe une quarantaine de personnes, va à la rencontre des jeunes éloignés des bureaux de vote. Ce jour-là, à la sortie du lycée, certains découvrent qu'ils ont l'âge d'aller voter. « On veut motiver la jeunesse à prendre leur carte et aller voter le 15 et le 22 mars », insiste Lufian Ndongala.
Un dialogue s'installe avec quelques jeunes. Cissé a 22 ans. Devant ses amis, il se met en scène, fier de donner son avis : « Je ne vote pas parce que personnellement, déjà, je ne me reconnais dans aucun parti politique, que ce soit la gauche ou la droite. Moi, je trouve que dans les deux partis politiques, il y a beaucoup d'hypocrisie. La gauche, en faisant croire qu'elle est le parti soi-disant représentatif des immigrés et des musulmans. La droite, je ne me reconnais pas et je trouve qu'elle est problématique pour les musulmans. Donc, j'ai pris la décision de ne plus voter et de laisser faire les choses comme ils veulent. »
Vitry, une ville qui ne croit plus en la politique Au pied d'une tour, ce retraité ne reconnaît plus sa ville. Un taux de chômage élevé, des commerces de proximité qui ferment... Vitry a bien changé et il comprend pourquoi les gens ne croient plus aux politiques :
« Les gens sont un peu saturés de politique parce qu'on sent qu'il y a un avenir qui est quand même très incertain. Alors, les gens ont l'impression de voter pour rien parce que c'est déjà arrivé. Il y a plein de détails, on sent que la citoyenneté n'est pas là. Je viens de passer dans le square à côté, et il y avait des cartouches de gaz hilarant. Ce n'est pas un signe d'une excellente santé mentale, ça ? »
Pas de quoi décourager le collectif Parlons & Votons, qui donne la parole aux habitants avec ce message : « Il est encore temps pour les citoyens de s'inscrire sur les listes électorales. »
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Grâce au retour d'internet, les Iraniens reprennent contact avec leurs proches à l'étranger
2026/01/28
L'Iran sort peu à peu de l'obscurité. Après plusieurs jours d’interruption, la connexion internet est désormais rétablie à 80 %, non seulement sur les téléphones portables, mais aussi sur les réseaux WIFI. Cela permet aux Iraniens de joindre à nouveau l’extérieur du pays et à leurs familles de prendre de leurs nouvelles depuis l'étranger. En France, un couple d’Iraniens et leur fille, installés en région parisienne, ont repris contact avec leurs proches il y a quelques heures. Une respiration autant qu'une prise de conscience de l'horreur de la répression.
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Parc des Princes: le quartier se transforme un soir de match
2026/01/27
C'est un des matchs incontournables de l'année pour le Paris Saint-Germain : le club de foot parisien reçoit les Anglais de Newcastle, ce mercredi soir 28 janvier, pour le compte de la dernière journée des phases de championnat de la Ligue des champions. Comme à chaque fois, le Parc des Princes sera rempli. De quoi métamorphoser le quartier de la porte de Saint-Cloud pendant quelques heures. Comment un quartier se transforme un soir de match ? Cette mutation a pu être observée lors du premier derby de l'histoire de la capitale entre le Paris Saint-Germain (PSG) et le Paris Football Club (PFC) au début du mois, le 4 janvier dernier.
Pour ces deux jeunes supporters emmaillotés PSG, l'ambiance des soirs de match commence à vibrer sous terre.
« L'ambiance. Elle commence dès la ligne 9, quand on est dans le métro et qu'on s'apprête à rejoindre porte de Saint-Cloud. On sent déjà l'atmosphère », lâche ce fan de football. « Beaucoup de gens qui sortent du métro en masse, avec des écharpes, avec des tenues adaptées justement au Paris Saint-Germain, parce qu'on est justement à côté du Parc des Princes », complète un autre supporter.
Tristan plonge les doigts dans une barquette de frites, il explique que ce quartier plutôt calme de la porte de Saint-Cloud s'anime avec le Parc des Princes. « Il y a beaucoup d'effervescence. Il y a quasiment 50 000 personnes qui viennent à chaque match. Donc, le quartier bouge. Les restos sont pleins. Dès 18 h-18 h 30, ça commence à s'animer fortement. Et puis à l'approche de l'heure du match, on voit de plus en plus de maillots, d'écharpes, etc. Donc, il y a une communauté qui est fortement présente là-dessus.»
Toute une économie autour du Parc des Princes Des CRS se tiennent en rangs serrés, plus ou moins nombreux selon les matchs. Ils font partie du décor, mais c'est bouche cousue. Dans cette brasserie célèbre du Parc des Princes, la bière fait mousser les verres en plastique. Torchon à la taille, le patron, ce soir-là, fait recette. « Ça vient un peu compenser les manques à gagner le lundi et le mardi. Le restaurant se remplit en terrasse, à l'intérieur, même quand il fait froid. »
La fumée des brochettes merguez et des oignons rissolés monte vers l'église du quartier. Ces deux footeux préfèrent acheter un casse croute dodu au stand d'un vendeur à la sauvette. « C'est un rituel. Ca fait partie du match de foot, lâche l'un des deux. Nous, notre match commence maintenant », renchérit le second.
On avance vers le stade. Marceau embrasse la joue de son papa qui vient de lui offrir une écharpe aux couleurs bleu et rouge du PSG. « On a acheté une belle écharpe. On est tous ensemble, unis pour la même cause. C'est ça qui est sympa », explique le papa. « Ça donne des frissons », souligne le fils.
Cette écharpe, Jean-Louis l'a achetée pour son fils à la boutique non officielle des supporters du PSG.
Les soirs de match, la recette s'élève autour de 2 000-2 500 € « Oui, il y a beaucoup de monde. Donc il y a 45 000 personnes qui viennent supporter une équipe. On aime beaucoup porter les couleurs. Donc on vient en maillot. Il y a une casquette, il y a une écharpe. Donc nous, quand on est ouvert les soirs de match, je ne vais pas vous le cacher qu'effectivement on explose les scores. », explique Nicolas, derrière le comptoir.
Lui, il vend jusqu'à 300 sandwiches ces soirs là qui font du gras dans le tiroir-caisse. Léon est boulanger, c'est le seul qui accepte de parler de son chiffre d'affaires. « Ça fait partie intégrante de mon chiffre d'affaires annuel. Là, maintenant, on va dire qu'on est plus autour des 2 000-2 500 €. »
En sortant de la boulangerie, on voit la foule qui se dirige vers le Parc des Princes. En sens inverse, une supportrice cherche désespérément à acheter un billet.
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Le combat des «enfants de la Creuse» pour une reconnaissance et des réparations de l'État
2026/01/26
Avec l'examen des motions de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, il est probable que le sujet soit remis à plus tard. C'est en tout cas toujours à l'agenda des députés ce mardi 27 janvier : l'examen d'une proposition de loi sur l'affaire des enfants dits de la Creuse. Une histoire sombre et encore peu connue en France. Elle concerne l’exil forcé de milliers d'enfants réunionnais vers la métropole pour repeupler certains départements comme la Creuse. De 1962 à 1984, on estime que plus de 2 000 enfants ont été envoyés à plus de 10 000 km de leur île. Aujourd’hui, ces ex-mineurs déracinés ont plus de 50 ans et luttent depuis de longues années pour obtenir une reconnaissance et des réparations de l’État par rapport au préjudice qu’ils ont subi. Rencontre avec l'un d'entre eux.
« Cette photo d'identité est la seule photo que je possède de mon enfance. C'est le moment où on m'a mise dans l'avion et qu'il a fallu que j'apprenne à me battre, à vivre. Et je lui parle. Je ne suis pas cinglée. "Tu sais ma petite, on va réussir. La vie va être plus douce." Là, j'avais dix ans. »
Les yeux de Marie-Josée Virapin brillent et s'illuminent. C'est comme si sa vie s'était arrêtée à ses dix ans.
« On nous a mis dans l'avion. Un aller sans retour. Et je n'ai aucun souvenir de ce voyage. Une amnésie complète, sauf au moment où il fallait prendre l'escalier mécanique. On avait nos petites chaussures serrées, on n'était pas du tout habitués, donc on avait une peur terrible. On pleurait, on criait comme elle. »
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« Moi, j'ai vécu avec ce mensonge » Comme elle, ce sont des milliers d'enfants qui seront déplacés pour repeupler les zones rurales. Certains sont orphelins, d'autres non, mais ils sont emmenés parfois avec l'accord des familles, des parents souvent démunis et qui imaginent un avenir meilleur pour leurs enfants. La réalité fut tout autre.
« La directrice m'a dit : "Tu es orpheline de père et de mère. Tu n'as ni frère ni sœur". Moi, j'ai vécu avec ce mensonge car c'en était un. J'arrive à consulter mon dossier et c'est là que j'ai vu que j'avais une famille. J’avais une maman. Et de suite, j'ai commencé à l'âge de 28 ans à effectuer mes recherches. J'ai retrouvé ma mère. C'est très difficile de retrouver sa famille, de créer des liens quand il n'y en a plus eu depuis très longtemps. »
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« J'ai beaucoup de colère contre l'État » À 67 ans, Marie-Josée Virapin se considère comme une survivante.
« J'ai beaucoup de colère contre l'État parce qu'il a fait une faute et qu'il doit la reconnaître et la réparer. Parce que nous, nos vies ont été brisées. »
La députée de la Réunion, Karine Lebon, porte un texte à l'Assemblée qui vise à réparer financièrement et moralement les préjudices subis par les enfants réunionnais dits de la Creuse. « Moi, ce que je dis tout le temps aux victimes, ce n’est pas possible de chiffrer une existence qui, finalement, est partie en miettes à cause d'une politique extrêmement néfaste de l'État. En revanche, on peut se dire que maintenant que l'État a reconnu sa responsabilité, maintenant qu'on octroie une réparation financière, on peut se dire que maintenant on va de l'avant. C'est ce que demandent les victimes. Mais elles ont conscience que ce qui a été fait ne peut pas être défait, malheureusement. »
Si l'Assemblée nationale adopte le texte, il sera ensuite examiné par le Sénat.
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À Marseille, Orange ferme temporairement son site après des impacts de balles
2026/01/25
En France, l'insécurité qui touche certains quartiers conduit de grandes entreprises à reconsidérer leur implantation locale ; c'est le cas d'Orange, à Marseille. Située dans le quartier de Saint-Mauront, dans le centre de Marseille, l’entreprise a fermé en décembre à la suite de rixes à la sortie du métro, puis a de nouveau fermé temporairement en janvier après des impacts de balles retrouvés sur la façade du bâtiment.
De notre correspondante à Marseille,
À la sortie du métro National s’érige un complexe de grands bâtiments sécurisés par des grilles et des agents de sécurité, il s’agit de l’unique site de l'entreprise Orange à Marseille. Il abrite près de 1 200 salariés. Depuis décembre, ces derniers vivent une situation exceptionnelle : à la suite de bagarres à la sortie du métro, le site a été temporairement fermé pendant deux semaines, puis, lorsqu’il rouvre en janvier, les employés découvrent avec surprise quatre impacts de balles de kalachnikov sur la façade.
« C'est extrêmement impressionnant ! Quand on voit ça, on se dit : heureusement que le collègue n'était pas à son bureau et qu'à ce moment-là, il n'a pas eu besoin d'aller chercher une photocopie, témoigne Nadège Poët, représentante du syndicat CFE-CGC. Je pense que c'est plus pour nous effrayer, pour nous demander d'arrêter de porter l'alerte et pour nous faire partir. »
Une dégradation des relations avec le quartier L’entreprise est à la recherche d’un nouveau site pour délocaliser une partie des salariés. Mais une chose est sûre, Orange ne quittera pas Saint-Mauront, il s’agit d’un site trop stratégique pour la compagnie de télécoms.
Orange est implantée depuis 1974 dans ce quartier populaire de Marseille où plus de la moitié des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. « Avant, on jouait avec les équipes du quartier, on avait une équipe d'Orange qui jouait et les directeurs offraient au club de Saint-Mauront des maillots, des ballons, des sacs de sport. Il y avait quelque chose qui était fait socialement avec le quartier, se rappelle Olivier Neri, représentant CGT. On était implantés dans beaucoup d'associations de quartier, ça faisait du bien-être et c'était le vivre-ensemble. »
Une situation qui a changé, déplore-t-il : « On sent que depuis une dizaine d'années, Orange a complètement arrêté et je pense qu'on est en train de le payer maintenant. »
À écouter dans Grand reportageDrogue à Marseille, anatomie d’un système urbain
« Presque une fois par semaine, il y a un décès » Dans ce quartier où les garages côtoient les alimentations générales, les règlements de compte liés au narcotrafic sont fréquents. « C'est un quartier très pauvre, parce que la majorité des gens ne travaillent pas. Presque une fois par semaine, il y a un décès, déplore cette commerçante qui n’a pas souhaité donner son nom. Ce sont surtout les règlements de compte, les jeunes et tout... »
Pour elle, la situation se dégrade dans toute la ville. « Maintenant, c'est presque dans tous les quartiers de Marseille. C'est de pire en pire, ajoute-t-elle. Là, maintenant, ils brûlent et mettent dans les coffres, ils tuent comme ça. On a trop peur pour nos enfants. »
La préfecture de police des Bouches-du-Rhône a annoncé plus de rondes et de patrouilles policières aux abords du site.
À écouter dans 8 milliards de voisinsComment le trafic de drogue a infiltré le milieu du rap ?
Municipales 2026 à Marseille: duel annoncé entre le maire PS sortant Benoît Payan et le candidat RN Franck Allisio
2026/01/22
Dans sept semaines, les Français seront appelés à choisir leurs maires. Ces élections municipales sont d'ores et déjà présentées comme un tour de chauffe avant l'élection présidentielle 2027. Le scrutin est donc très attendu, notamment par l'extrême droite du Rassemblement national (RN) et la gauche de la France insoumise, qui comptent progresser voire remporter des municipalités. Tandis que la gauche et la droite traditionnelles sont à la peine. Et une ville symbolise particulièrement ce rapport de force : Marseille, ville dirigée depuis six ans par une alliance de gauche après avoir été longtemps aux mains des Républicains.
De notre envoyé spécial à Marseille,
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Une Maison en Côte d'Ivoire: le rêve des femmes ivoiriennes de France devient réalité avec les premières clés rendues
2026/01/21
« Une femme de la diaspora, Une maison en Côte d'Ivoire » est le nom d'un programme immobilier initié par l’Union interfédérale des associations féminines et des femmes ivoiriennes de France. Cette fédération s’est lancée dans un projet inédit et original : la construction de 300 logements destinés aux Ivoiriennes de la diaspora installées en France. Et dans une grande première, la cérémonie de remise de clés des cinquante premières villas a eu lieu la semaine dernière, où s'est rendue notre correspondante à Abidjan, Marine Jeannin.
«Biguine», la vache qui devait représenter la race ultramarine Brahman au Salon de l’agriculture
2026/01/20
Dans un mois, du 21 février au 1er mars, Paris accueillera le Salon international de l'agriculture, une édition marquée par l'absence de bovins : pour la première fois depuis 60 ans, aucun ne sera présent, en raison de l'épidémie de dermatose nodulaire contagieuse. Une mesure de précaution bien comprise par les éleveurs bovins, et notamment par André Prosper, éleveur de Biguine : cette vache de la race Brahman, présente en Martinique et en Guyane, devait être l'égérie de la 62ème édition du salon.
C'était la première fois qu'une vache d'outre-mer était ainsi mise à l'honneur. Si elle ne défilera pas à Paris, Biguine pourra néanmoins représenter dignement le patrimoine agricole ultramarin depuis l'est de la France, où elle s'est installée. Notre journaliste a passé un moment privilégié avec la mascotte du salon, présente en Franche-Comté.
Fin de vie les soignants face à la mort: «Bien sûr qu'il y a de l'affect[...]Mais je suis là aussi pour apaiser»
2026/01/19
En France, les deux textes sur la fin de vie et les soins palliatifs poursuivent leur parcours législatif. Examinées par la commission des affaires sociales du Sénat début janvier, les deux propositions de loi doivent désormais être débattues dans l’hémicycle à partir de ce mardi 20 janvier, avant un vote solennel prévu le 28 janvier. Ces deux propositions de loi sont examinées en parallèle. Une première plutôt consensuelle sur les soins palliatifs, et une autre, nettement plus sensible, sur la création d'une aide à mourir. Au sujet de la fin de vie, une question est rarement abordée : le ressenti des soignants face à la mort. À Paris, le docteur Isabelle Arbaret est médecin et chef de service à la maison médicale Jeanne Garnier, entièrement spécialisée en soins palliatifs avec une capacité d'accueil de 81 lits, 163 soignants dont 39 médecins. Comme les autres soignants, Isabelle Arbaret est confrontée quotidiennement à la mort, elle livre son témoignage.
La maison médicale Jeanne Garnier n'a rien de morbide. C'est avant tout une maison pleine d'humanité. Le docteur Isabelle Arbaret est une femme douce. Elle a toujours travaillé dans les soins palliatifs et a accompagné des milliers de patients en fin de vie.
Isabelle Arbaret explique comment elle appréhende la mort dans son quotidien professionnel : « C'est d'abord un métier. Donc, je suis médecin avant tout et donc je me dois d'être professionnelle et de savoir accompagner le patient et ses proches. Je ne suis pas seule. Là, c'est la force de l'équipe qui fait que nous pouvons tenir ensemble sur la durée, sur le long terme et pouvoir s'entraider les uns les autres. »
Et quand cette entraide n'est pas suffisante, les soignants sont soutenus avec des groupes de parole et la présence d'un psychologue chaque semaine. Dans ce lieu de soins où la mort est inéluctable, Isabelle Arbaret n'est pas pour autant insensible aux décès.
« Je suis là aussi pour apaiser, accueillir, accompagner et guider » « Bien sûr qu'il y a de l'affect. Bien sûr qu'il y a de l'émotion. Si je commence à pleurer chaque décès avec les proches et à faire des deuils successifs, ça va être trop difficile. Et, donc, je suis touchée, évidemment, par la peine, par la souffrance que j'entends et comprends. Mais je suis là aussi pour apaiser, accueillir, accompagner et guider. »
La moyenne d’âge des patients est de 75 ans, mais il lui arrive aussi d’accompagner de jeunes personnes dans des situations de fin de vie. « Il y a parfois quelque chose de plus révoltant quand c'est une maman qui accompagne sa fille. Il y a quelque chose qui ne va pas dans l'ordre de la nature et qui est en effet déroutant et qui peut provoquer de la colère. Quand on sait que le patient ou la patiente va laisser derrière elle des jeunes enfants, c'est toujours extrêmement triste », reconnaît Isabelle Arbaret.
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À la maison médicale Jeanne Garnier, la durée de séjour ne dépasse pas quinze jours. Parfois, il peut y avoir cinq décès dans une journée, mais cela ne freine pas l'engagement du médecin.
« Au contraire, quand le temps est compté, on ressent, je pense, l'urgence de vivre et donc l'envie de vivre à fond. Et vous allez voir, ici, c'est au contraire très joyeux, beaucoup de rires, beaucoup de moments d'échanges, de communion. Et donc ce sont des moments extrêmement forts et puissants. Parce que la mort ce n'est qu'un moment précis. Et c'est ce moment suspendu où avant la personne était là et après elle n'est plus. Mais jusqu'avant son décès, elle est vivante jusqu'au bout. »
Et vivante jusqu'au bout, elle l'est, cette dame aux cheveux gris qui lève la tête de son journal et vous adresse en signe d'au revoir un regard malicieux.
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Les entreprises à l'assaut des pouvoirs du plancton
2026/01/18
Ce samedi 17 janvier est entré en vigueur le traité des Nations unies sur la haute mer. Il vise à empêcher l'accaparement des richesses de l'océan, parmi lesquelles le plancton. Ces êtres, souvent invisibles à l'œil nu et qui flottent dans l'océan, sont vitaux pour les êtres humains et ont encore bien des secrets à révéler !
De notre envoyée spéciale à Villefranche-sur-Mer,
Premières espèces vivantes apparues sur Terre, les planctons sont à l'origine de toutes les autres. Elles sont capables d'absorber notamment le CO₂ qui cause le réchauffement climatique et elles produisent la moitié de l'oxygène que nous respirons. Nous sommes donc dépendants de ces êtres microscopiques.
En 10 ans, près de 150 000 millions de nouveaux gènes planctoniques ont été découverts. Parmi eux, les industriels espèrent notamment découvrir des molécules pour de futurs médicaments. 98 % des brevets déposés le sont par des entreprises des dix pays les plus riches.
Près de Nice, à Villefranche-sur-Mer, des chercheurs spécialistes du plancton partent en mer. Avec l'aide du mécano de bord, Margaux Gras plonge un filet extrafin à presque 80 mètres de profondeur. Un treuil le remonte ensuite sur le pont du bateau scientifique de l'Institut de la mer de Villefranche. « C'est le filet à phytoplancton, on récupère l'eau pour récupérer les échantillons qui sont à l'intérieur du collecteur », explique l'ingénieure qui se dépêche ensuite de rejoindre Lionel Guidi, directeur de recherche, et le petit laboratoire de bord pour filtrer les échantillons et les conserver congelés dans l'azote liquide. Leur ADN sera analysé une fois à terre.
À écouter dans Autour de la questionÀ quoi sert le plancton ?
Le plancton regroupe plusieurs centaines de milliers d'espèces différentes Lionel Guidi montre le phytoplancton et il explique : « Ce sont des micro-algues qui sont plus petites que 20 microns, récoltées avec le filet qu'on a déployé à l'arrière. Et l'autre filet, c'est le zooplancton, poursuit-il, ce sont les organismes plus grands qui se nourrissent du phytoplancton. Donc, la bouteille, c'est ce que Margaux va passer après. »
Algues et animaux invisibles à l'œil nu, bactéries ou virus marins, le plancton regroupe plusieurs centaines de milliers d'espèces différentes. Une formidable diversité d'organismes encore méconnus.
« Une grosse partie de l'inconnu, c'est les gènes qui sont présents dans ces organismes. On sait aujourd'hui que quand on fait un échantillon dans la rade, on a à peu près 50 % du signal en génétique qui est inconnu, détaille Lionel Guidi. C'est tellement vaste, tellement varié et encore très peu connu qu'il y a énormément de découvertes potentielles. »
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Un « néocolonialisme des ressources marines » Si les chercheurs comme Lionel Guidi tentent d'en comprendre le fonctionnement pour mieux protéger cette brique essentielle du système Terre, ces découvertes aiguisent d'autres appétits. « Depuis une vingtaine d'années, il y a une accélération de l'enregistrement de brevets par rapport à des gènes marins, explique Vincent Domeizel, conseiller à l'ONU. On en a aujourd'hui près de 30 000. La moitié le sont par BASF, leader mondial allemand de la chimie. Ça veut dire qu'il y a une prédation du secteur privé des pays développés, puisque ce plancton marin, il appartient évidemment au monde entier. Donc, on a une forme de néocolonialisme des ressources marines qui est extrêmement inquiétante. »
Futurs médicaments anti-cancer, super-aliments, produits de beauté, matériaux de construction, les innovations tirées du plancton doivent bénéficier à tous, plaide Vincent Domeizel. Et c'est justement l'un des objectifs du traité sur la protection de la haute mer.
« Le traité sur la haute mer a un objectif de répartition des profits générés par les gènes marins et cette répartition doit se faire en finançant la formation et les infrastructures dans les pays émergents, estime ce conseiller à l'ONU. Puisque pour étudier, découvrir et innover sur le plancton, il faut évidemment financer des infrastructures, financer du matériel de haute technologie, financer des formations pour des jeunes chercheurs. »
Les États signataires de ce traité doivent maintenant s'entendre pour appliquer concrètement ces mesures, un défi dans un contexte géopolitique aussi tendu.
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Le drame de Crans-Montana en Suisse soulève la question des normes de sécurité des bars et boîtes en France
2026/01/15
Deux semaines après l'incendie meurtrier de Crans-Montana, en Suisse, des questions subsistent sur la sécurité du bar Le Constellation. Était-il aux normes anti-incendie ? C'est à cette question que les enquêteurs suisses devront répondre. De l'autre côté des Alpes, en France, les bars et boîtes de nuit sont soumis à des normes plus ou moins strictes selon le type d'établissement. Une jungle administrative complexe, qui assure une sécurité inégale pour les clients. Notre journaliste s'est rendu dans des établissements parisiens pour tenter d'y voir plus clair.
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Manifestations en Iran: l'inquiétude et les espoirs de la diaspora exilée en France
2026/01/14
Alors que les communications avec les habitants de la République islamique reste toujours très compliquées et que les informations sur ce qu'il s'y passe exactement n'en sortent qu'au compte-gouttes - l'Iran vit sous cloche depuis maintenant une semaine -, les Iraniens de la diaspora vivent très mal cette situation. Exemple dans la communauté iranienne exilée en France, forcée de suivre cette révolte populaire à distance.
« On a fait des études à l'Université de Téhéran. On se connaît depuis à peu près 2010. » Sarah et Azar s'expriment sous un nom d'emprunt. Âgées toutres les deux de la trentaine, elles sont arrivées en France il y a une dizaine d'années, mais continuent de suivre l'actualité iranienne de très près. Et aujourd'hui, les deux femmes sont convaincues de l'importance du moment. « J'ai envie de dire que ce n'est pas une protestation, ce n'est pas une manifestation, c'est une révolution », soutient Sarah. « C'est une révolution. On veut un changement de régime afin de pouvoir passer à autre chose, car dans celui-ci, il n’y a pas de liberté de parole », renchérit Azar.
« Je pense que c'est très important de réagir et de soutenir les Iraniens. Notre peuple vit aujourd'hui dans un silence insupportable. L’Internet a été coupé. Il n'y a aucun moyen de connexion. On ne sait pas ce qui se passe là-bas », lâche Sarah.
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« Depuis jeudi, je n'ai plus de nouvelles de ma famille » Depuis l’étranger, il est difficile d’avoir des informations sur la situation actuelle en Iran. Même obtenir des nouvelles de la famille semble compliqué. Voilà maintenant cinq ou six jours que le réseau a été coupé.
« La première fois, c'était pendant les manifestations de 2018-2019. Là, depuis jeudi, je n'ai plus de nouvelles de ma famille. Hier, j'ai eu un appel des États-Unis qui m'a mis en contact avec ma mère sur un haut-parleur, explique Azar. Pendant une minute, une minute et demie. Elle m'a assuré que tout le monde allait bien ».
« La situation ne nous permet pas d'entendre la voix des gens qui sont sur place, qui manifestent dans la rue, qui vivent là-bas. Ni vraiment de savoir ce qu'il qui se passe », complète Sarah
« Pour nous, les médias sincères, ce sont nos parents et nos proches qu'on connaît et qui peuvent nous raconter et témoigner de ce qui se passe là-bas, mais il n'y a pas d'accès », se désole Azar.
L'objectif commun de la chute du régime « Ces traumatismes se répètent à chaque fois et ça devient de plus en plus insupportable », confesse Sarah. Malgré le peu d'information qu'elle possède, ça ne fait aucun doute pour Sarah : le régime iranien est en train de s'affaiblir. « Quand un régime commence à perdre son véritable pouvoir, il fait appel à la violence. La violence qu'on observe aujourd'hui, c'est un signe d'affaiblissement de ce régime, parce qu'il n'a pas d'autres moyens pour continuer à exister, analyse Sarah. Nous, les Iraniens, on a aussi fait des erreurs mais aujourd'hui, ce n'est pas le moment de se diviser. Il y a bien sûr des désaccords entre nous. Mais c'est plutôt le moment d'être réunis et d'avoir un seul objectif : la chute du régime. »
Tant que la situation n'évolue pas, Sarah et Azhar ne souhaitent pas retourner en Iran.
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